<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Arthur Ballantine | Rédacteur à Billet de France</title>
	<atom:link href="https://www.billetdefrance.fr/author/arthur-ballantine/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.billetdefrance.fr/author/arthur-ballantine/</link>
	<description>Voir, écouter, transmettre</description>
	<lastBuildDate>Fri, 23 Jan 2026 08:57:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.3</generator>

<image>
	<url>https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/12/cropped-BDF.png?fit=32%2C32&#038;ssl=1</url>
	<title>Arthur Ballantine | Rédacteur à Billet de France</title>
	<link>https://www.billetdefrance.fr/author/arthur-ballantine/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">159653392</site>	<item>
		<title>Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 17:04:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Cadets de Saumur]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Michon]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=11879</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/08/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le colonel Charles Michon est un militaire français commandant les Cadets de Saumur qui, en juin 1940, ont résisté à l&rsquo;armée allemande avec leurs armes d&rsquo;instruction.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 20 juin 1940, une section de la Wehrmacht rend les honneurs militaires aux élèves aspirants de réserve de l’École de cavalerie de Saumur, après deux jours de combat pour la défense de la Loire : ils entreront dans l’Histoire sous le nom de « Cadets de Saumur ». Vétéran du Maroc, blessé de la Grande Guerre, leur chef, le colonel Charles Michon, qui est à l’origine de cet acte de résistance, reste pourtant méconnu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Ils s’instruisent pour vaincre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">François, Marie, Charles Michon naît le 17 juillet 1882 à Joigny, sur les bords de l’Yonne, d’un père lieutenant de dragons. Son ancêtre direct, Pierre Bénigne Michon fut fait chevalier d’Empire et mourut lors d’une campagne napoléonienne. Étudiant dans un collège jésuite de Dole, Charles Michon est tiré au sort pour le service militaire en 1902, à vingt ans. Catholique fervent, attiré par l’expansion coloniale de la France en Afrique et conquis par cette première expérience au sein des Armées, il présente le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr l’année suivante. Il intègre la promotion « La Tour d’Auvergne », décimée entre 1914 et 1918, plus d’un tiers des élèves ayant été déclaré « morts pour la France ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Affecté au 14ème régiment de chasseurs à cheval de Dole, le jeune sous-lieutenant est d’abord formé à Saumur, au sein de l’École de cavalerie. Noté « très bien » malgré un apprentissage laborieux de l’équitation militaire, il est déjà remarqué pour ses qualités d’officier et son aptitude au commandement. En 1906, après avoir choisi le 2ème régiment de chasseurs d’Afrique, unité qui répond au cri d’« En avant, tout est vôtre ! » depuis les combats face à Abd el Kader, il découvre l’Oranais et la frontière marocaine. Atteint d’une fièvre typhoïde, il devance la fin de sa convalescence pour vivre son baptême du feu lors de l’affrontement de Port-Say, où deux mille marocains assaillent les troupes françaises.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« C’est dans cet endroit délicieux que j’ai eu la vision nette de ce que peut être l’Enfer » [1]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marié en 1912 et père d’un premier fils l’année suivante, Charles Michon apprend l’attentat de Sarajevo à Beaune, où il sert au sein du 16ème régiment de chasseurs. Dès août 1914, il prend part à la bataille de la trouée de Charmes et assure la liaison téléphonique de sa division sous feu nourri durant trois jours. Cité à l’ordre de la division à la suite des combats d’Apremont et du bois d’Ailly, il est promu capitaine en février 1915. Volontaire pour « l’arme du martyre » déjà décimée, il est affecté au 106ème régiment d’infanterie en tant que commandant de compagnie, comme l’est alors Maurice Genevoix. Il rejoint son affectation cinq jours avant l’attaque des Éparges.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 26 avril 1915, à proximité de l’endroit où tombait, un an auparavant, l’écrivain Alain-Fournier, Charles Michon reçoit une balle qui lui transperce trois côtes. Enseveli durant deux jours sous les cadavres, il est porté disparu. Retrouvé par des soldats allemands, il est soigné à Stuttgart, avant d’être transféré, comme prisonnier de guerre, en Suisse, où le rejoint sa femme. Chevalier de la Légion d’honneur en 1917, Charles Michon souffrira toute sa vie du fait de cette blessure, qui l’invalidera à 30%.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nommé attaché militaire auprès du consulat français de Lausanne dès la fin de la guerre, le jeune capitaine est muté en Turquie, où les tendances nationalistes exacerbent les tensions avec la Grèce et occasionnent les massacres des chrétiens grecs et arméniens. Cette parenthèse diplomatique close, il reprend ses fonctions militaires dans plusieurs régiments de cavalerie, où il assure la formation des escadrons et se consacre à ses six enfants, nés au gré de ses différentes affectations. En 1935, il est affecté à l’École d’application de la cavalerie et du train à Saumur, dont il prendra le commandement en second cinq ans plus tard : commence alors un nouveau chapitre de sa vie, insoupçonné.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête des Cadets de Saumur</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mai 1940. Alors que le commandement des armées françaises, sous l’impulsion du général Weygand, tente d’enrayer l’irrésistible percée des troupes allemandes, échoie à l’École de cavalerie de Saumur la défense de quatre ponts à proximité de la ville. Minés, ces ponts offrent à des millions de réfugiés une porte de sortie vers le sud de la France. Le 14 juin, dans la cour de l’École, le colonel Michon convoque ses 768 élèves et clame : « On nous demande de combattre sur place pour sauver l’honneur de l’armée. Si vous êtes d’accord, vous le dites ! ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Devant l’assentiment général, il organise, en lien avec le Ministère, la défense de son secteur, au mépris du discours du maréchal Pétain et des réticences des édiles locales, qui déclarent Saumur « ville ouverte ». Après le départ de ses chevaux vers Montauban, l’École accueille plusieurs unités dispersées, portant à 1890 hommes les effectifs combattants.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré les difficultés annoncées de la mission, la bataille de Saumur s’engage le 19 juin, dans la nuit. Sacrifiant tout repos à la coordination des combats et aux destructions successives des ponts, le colonel Michon apprend, par épisodes successifs, les actes héroïques des Cadets de Saumur, ainsi baptisés par un officier allemand persuadé, à l’issue des combats de la ferme d’Aunis, d’avoir combattu un régiment entier. Après trois jours d’acharnement allemand et de faits d’armes français, le commandant de l’École décide, avec hauteur de vue, d’ordonner le repli général.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête d’une colonne surarmée, il se rend à Montauban, tandis que ses élèves sont déclarés libres par le commandement de la 1. Kavallerie Division, admiratif de l’impétuosité des jeunes élèves-officiers de réserve. Cité à l&rsquo;ordre de l&rsquo;armée le 24 août 1940 par le général Weygand, le colonel Michon entre dans l’Histoire : « Reflétant l&rsquo;âme de son chef, l&rsquo;École Militaire et d&rsquo;Application de la Cavalerie et du Train a combattu les 19, 20 et 21 juin 1940, jusqu&rsquo;à l&rsquo;extrême limite de ses moyens de combat, éprouvant de lourdes pertes, prodiguant les actes d&rsquo;héroïsme et inscrivant dans les fastes de la cavalerie une page digne entre toutes de son glorieux passé, a suscité, par sa bravoure l&rsquo;hommage de son adversaire ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur 560 élèves-officiers, 79 sont morts ou disparus, 47 sont blessés, 366 restent vivants. 12 officiers et 30 élèves recevront la Croix de guerre. Le colonel Michon est terrassé par une embolie pulmonaire à Montauban, le 26 octobre 1940. Son corps est inhumé, à Dole, dans le caveau de sa famille.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Nous vous avions confié nos enfants. Je vous remercie d’en avoir fait des hommes » [2]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En faisant des Cadets de Saumur un nom de légende, la Grande Histoire a failli, laissant le grand public ignorant du nom de leur chef. Réparation fut faite de cet oubli en 2020, lorsque sa petite-fille, Pascale Michon, publie, avec le journaliste et biographe Thierry Dromard, une biographie richement sourcée. Avec « Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice », ressuscite la vie héroïque d’un officier français resté debout, dans le tumulte des journées de juin 1940.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A l’occasion de la préface de cet ouvrage, le général de brigade Patrice Dumont Saint Priest, ancien commandant de l’École de cavalerie, souligne que « cette décision n’est pas celle d’un irresponsable ou d’un va-t-en-guerre, c’est au contraire celle d’un colonel d’expérience, ayant déjà beaucoup souffert, celle d’un homme de devoir, de caractère et de convictions, celle d’un officier de cavalerie qui n’avait rien à gagner et tout à perdre, et enfin celle d’un chef respecté par ses hommes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_11889" aria-describedby="caption-attachment-11889" style="width: 204px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-11889 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="204" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&amp;ssl=1 204w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=695%2C1024&amp;ssl=1 695w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=768%2C1132&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?w=950&amp;ssl=1 950w" sizes="(max-width: 204px) 100vw, 204px" /><figcaption id="caption-attachment-11889" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pascale Michon et Thierry Dromard, Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice, 2020, Éditions Lamarque, 207 p., 19 euros</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[1] Lettre du colonel Charles Michon à son épouse, 11 avril 1915. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice</em>, 2020, Éditions Lamarque, p. 19.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[2] Hommage du père de l’un des Cadets de Saumur au colonel Charles Michon. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>op. cit.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un <a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1">don</a> ou en <a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2025-billet-de-france">adhérant</a></span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2025-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">11879</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2024 09:34:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Madeleine Fourcade]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvette Dionisi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10923</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/10/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Seule femme en charge du renseignement militaire au sein de la Résistance, Marie-Madeleine Fourcade s’est hissée, à seulement trente ans, au sommet du réseau Alliance et de ses 3 000 membres. Mère de famille et dirigeante de presse, libre et engagée, elle mena, durant une grande partie de la Seconde Guerre mondiale, une « Arche de Noé » au service de la France.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marie-Madeleine Fourcade est née le 8 novembre 1909 à Marseille. Son père, directeur des Messageries maritimes françaises à Shanghai et membre du 2<sup>ème</sup> Bureau, y est rejoint par sa femme et ses enfants, choix original pour l’époque. La fratrie y reçoit une éducation moderne et cosmopolite : tandis qu’une <em>amah</em> leur enseigne la culture chinoise, une institutrice anglaise leur permet une émancipation précoce, due à la place tout à fait particulière qu’occupent les femmes au sein de la société britannique. Elevée dans la conscience du Premier conflit mondial, qui ne la touche en réalité que de loin, Marie-Madeleine (née Bridou) développe dès l’enfance un très fort attachement à sa patrie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/citadelle-de-saint-exupery-une-allegorie-poetique-et-politique/31/08/2024/">« Citadelle » de Saint-Exupéry : une allégorie poétique et politique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Orpheline de père dès 1922, elle intègre le couvent des Oiseaux à Paris, puis l’Ecole normale de musique, y étudiant le piano. Mariée à dix-sept ans au capitaine Edouard-Jean Méric, elle le suit au Maroc en 1925. Suivant son mari dans le bled, elle apprend l’arabe, l’équitation, la conduite automobile, les soins d’urgence et d’accouchement et gagne le respect des caïds et des femmes indigènes. Libre et féminine, elle marque les réceptions de l’état-major stationné à Rabat mais rentre dès 1933 à Paris, avec ses deux enfants, séparée de son mari. Rue Vanneau, elle mène une vie agréable, au cours de laquelle elle obtient une licence de pilote ainsi qu’un emploi à Radio-Cité comme publiciste, où elle côtoie Colette.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Rencontre avec Georges Loustaunau-Lacau</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fréquentant les salons catholiques parisiens, elle assiste chez sa sœur, Yvonne Georges-Picot, aux échanges qui opposent les deux grands officiers du temps, issus de la même promotion de l’Ecole de guerre, Charles de Gaulle et Georges Loustaunau-Lacau. Séduit par la personnalité de Marie-Madeleine Méric, qui n’hésite pas à intervenir lors des discussions stratégiques, ce dernier demande à la rencontrer. Persuadé que « nous allons être confrontés à une Seconde Guerre mondiale et [qu’]il faut s’y préparer », Georges Loustaunau-Lacau tait ses activités à la tête du réseau Corvignolles, qui chasse les communistes évoluant au sein des armées et lui présente son ambition de créer un réseau de renseignement en Belgique, en Suisse et en Allemagne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/napoleon-iii-lhistorien-thierry-lentz-celebre-la-modernite-inachevee-dun-illustre/15/02/2023/">Napoléon III : l’historien Thierry Lentz célèbre la modernité inachevée d’un Illustre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La publiciste de Radio-Cité, propriétaire d’une Traction Avant 11 chevaux, est toute indiquée pour établir des contacts avec des informateurs et ainsi prendre le pouls du pays. Très efficace, Marie-Madeleine Méric gère également le groupe de presse de l’officier, La Spirale, notamment orienté vers la propagande anticommuniste et antiallemande. En trois ans, elle s’impose auprès de Loustaunau-Lacau, qui la décrit ainsi : « <em>Elle est le chef d’état-major, le pivot sans lequel rien ne peut tourner : elle a une mémoire d’éléphant, une prudence de serpent, un instinct de fouine, une persévérance de taupe et elle peut être méchante comme une panthère</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un Hérisson à la tête de l’Arche de Noé</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En juin 1940, Marie-Madeleine Méric confie ses enfants à sa mère et rejoint, dans les Pyrénées-Atlantiques, « Navarre », Georges Loustaunau-Lacau, évadé et Châlons-sur-Marne. Se pose alors la question de l’entrée de chacun dans « l’Armée des Ombres ». Après un contact décevant avec le général de Gaulle, elle s’infiltre au sein des administrations déplacées à Vichy dans le double but de constituer des PC de renseignement opérationnels ainsi que de récolter des fonds. Fin 1940, le « réseau SR Alliance » passe dans la clandestinité totale et le quartier général déménage à Pau.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès l’été 1941, Marie-Madeleine Méric change de dimension : « Navarre » condamné à de la prison ferme pour avoir tenté de faire entrer l’Armée d’Afrique en dissidence, elle informe Londres et l’Intelligence Service, par un télégramme rédigé au masculin, qu’elle prend la tête du réseau. En octobre, les six premiers émetteurs livrés par les Britanniques sont en fonction. Liant des contacts avec l’ambassade de France à Madrid, elle surprend, comme femme, le monde des renseignements, qui lui fait cependant confiance du fait de ses résultats dans l’organisation du plus grand réseau en lien avec l’Intelligence Service. Elle y emploi de nombreuses femmes et y développe des couvertures inspirées de noms d’animaux : le groupe mené par « Hérisson » est surnommé par les Allemands « l’Arche de Noé ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/">«L’Europe au temps de Napoléon» : l’échec de l’unification raconté par Jean Tulard</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A une époque où un chef de réseau ne reste en place qu’en moyenne six mois, elle part pour Londres en juillet 1943, après trente-deux mois de commandement. Sommée de rester en Angleterre, où sa connaissance des organisations clandestines est requise, elle assiste à l’hécatombe qui atteint le BCRA, au sein duquel « Alliance » se fond en mars 1944. Les sections du réseau en Bretagne et en Méditerranée procurent d’importants renseignements à la Royal Navy, qui protège ses opérations des U-Boot. Une carte détaillée de dix-sept mètres de long détaillant les défenses allemandes sur les côtes normandes est apportée par l’un de ses agents à l’état-major britannique qui s’étonne du niveau de précision fourni.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Retour en France : l’honneur dans l’horreur</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En mars 1944, le MI6 informe Marie-Madeleine Méric qu’elle est autorisée à rejoindre la France, sous deux identités, qu’elle incarne en se grimant. Se rendant à Aix-en-Provence afin de préparer le prochain débarquement, elle est victime d’une rafle de grande ampleur : refusant de s’adresser à quelqu’un d’autre que le responsable de la Gestapo, elle gagne une nuit. Extrêmement amaigrie, elle parvient à se faufiler entre les barreaux de sa cellule et s’enfuie, pieds nus, dans la campagne. Rejoignant des amis, elle est informée de la vague d’assassinats qui marque les prisons : dans la panique des débarquements de Provence et de Normandie les Allemands liquident tous les suspects qu’ils détiennent. Au volant d’une ambulance de la Croix-Rouge, « Hérisson » suit de près l’avancée américaine dans l’espoir de retrouver les membres de son réseau.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur le millier de membres du réseau Alliance arrêtés, 438 disparaîtront. Avec grande dignité, Marie-Madelaine Méric affronte les deuils successifs : « <em>J’ai été couverte de honte toute au long de l’occupation par le manque de moyens qui m’empêchaient de sauver mes amis incarcérés. On finissait par admettre sauvagement l’inéluctable : un homme pris était un homme perdu </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">«La fin du Moyen Âge» : une époque d’une rare vitalité créative</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La vie de cette « inclassable » résistante ne s’est pas arrêtée en 1945. Le 20 novembre 1947, elle épouse l’homme d’affaires et Français Libre Hubert Fourcade, qu’elle avait rencontré à Londres, ce qui la rapproche de la nouvelle société gaulliste. Marie-Madeleine Fourcade</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> poursuit, quelques années après-guerre, son travail de renseignement au profit du MI6, portant son attention sur les réseaux communistes. En 1957, elle est présentée à Elisabeth II pour ses actions en faveur du renseignement britannique, à la demande du monarque. La <a href="https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/20635/Libre-et-resistante-Marie-Madeleine-Fourcade">biographie</a> que lui consacre en 2024 Sylvette Dionisi témoigne d’un engagement sans faille : animatrice de <em>La Voix de la Résistance</em>, elle préside la Comité d’action de la Résistance et s’engage politiquement en faveur du gaullisme.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Décédée à près de 80 ans au Val-de-Grâce, Marie-Madeleine Fourcade bénéficie, par l’intermédiaire du ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, d’une dérogation lui ouvrant le droit à des funérailles aux Invalides : elle est la première femme honorée en ce lieu. Durant l’homélie prononcée par le révérend Père Riquet, furent exaltée un esprit de Résistance hors du commun ainsi qu’une féminité sublimée par l’engagement : « <em>Admirable exemple d’un courage viril en cœur de femme, elle s’est dépensée jusqu’à son dernier souffle pour sauvegarder la mémoire des héros de l’Armée des ombres, mais également venir en aide à leurs veuves et à leurs orphelins ainsi qu’aux rescapés et handicapés […]. Elle avait le don des mots qui réconcilient et qui entraînent, avec la finesse et la grâce de sa féminité que la guerre n’avait pas compromise</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec <em>Libre et résistante. Marie-Madeleine Fourcade. L’inclassable</em>, l&rsquo;auteur poursuit un nécessaire devoir de mémoire, renouvelant au profit du grand public les précieux souvenirs de cette résistante de premier plan, publiés en 1968 sous le titre <em>L’Arche de Noé</em>. Sylvette Dionisi est présidente de <em>Res Femina</em>, association créée en 2009 afin de promouvoir l&rsquo;engagement citoyen des femmes dans la sphère publique et politique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10932" aria-describedby="caption-attachment-10932" style="width: 195px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-medium wp-image-10932" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=195%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="195" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=195%2C300&amp;ssl=1 195w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=667%2C1024&amp;ssl=1 667w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=768%2C1179&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?w=912&amp;ssl=1 912w" sizes="(max-width: 195px) 100vw, 195px" /><figcaption id="caption-attachment-10932" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sylvette Dionisi, <em>Libre et résistante</em>. Marie-Madeleine Fourcade. L’inclassable. Paris, Les éditions du Cerf, mai 2024, 239 p.</span></figcaption></figure>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">10923</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Fondation Custodia : Douze ans d’acquisitions de Ger Luijten</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/fondation-custodia-douze-ans-dacquisitions-de-ger-luijten/14/06/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/fondation-custodia-douze-ans-dacquisitions-de-ger-luijten/14/06/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Jun 2024 14:26:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Idées de sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Fondation Custodia]]></category>
		<category><![CDATA[Ger Luijten]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10555</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/06/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/fondation-custodia-douze-ans-dacquisitions-de-ger-luijten/14/06/2024/">Fondation Custodia : Douze ans d’acquisitions de Ger Luijten</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le conservateur hollandais Ger Luijten s’est éteint en décembre 2022. La Fondation Custodia, établissement parisien qu’il dirigea durant douze années, rend aujourd’hui hommage à l’instigateur d’une politique d’acquisition originale, marquée par une consciencieuse diversité.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Créée en 1947 par les collectionneurs d’art Frits Lugt et Jacoba Lugt-Klever, la Fondation Custodia occupe depuis 1953, au 121 rue de Lille, l’hôtel XVIIIème du contrôleur des finances Turgot, lequel fut enfermé en 1895 au sein d’un immeuble moderne par le comte de Lévis-Mirepoix. La collection du couple hollandais est depuis lors conservée dans cet hôtel français, dont les intérieurs ont été remaniés « à la hollandaise », en référence aux tableaux du Siècle d’Or que connurent les Pays-Bas grâce, entre autres, à Johannes Vermeer ou Pieter de Hooch.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/" data-wplink-edit="true">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec ses 7 000 dessins, 15 000 estampes et 450 peintures portant sur tous les genres du XVème au XVIIème siècle, la Fondation s’impose depuis plus d’un demi-siècle comme la « maison de l’art sur papier » en France. Les dessins et estampes mobilisent l’ensemble des écoles européennes, mais les maîtres hollandais et flamands dominent l’ensemble. La quasi-totalité de l’œuvre gravée de Rembrandt y figure, aux côtés de l’une des plus importantes collections de lettres d’artistes au monde, rassemblée par Frits Lugt et comptant les signatures de Michel-Ange, Albrecht Dürer, Paul Gauguin ou encore Henri Matisse. Un fond de près de 300 tableaux européens du XIXème siècle ainsi qu’un millier de cadres originaux complètent cet <a href="https://www.fondationcustodia.fr/Un-oeil-passionne-Douze-ans-d-acquisitions-de-Ger-Luijten">ensemble réfléchi</a>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rotterdam, Amsterdam, Paris : hommage à Ger Luijten </span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né en 1956, Ger Luijten entreprit, à l’âge de 23 ans, des études d’histoire de l’art, après s’être formé au métier de professeur de dessin. Il mènera aux Pays-Bas une carrière muséale fulgurante, alliant à l’œil de l’artiste le talent de l’acquéreur avisé. D’abord conservateur du musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam puis conservateur du département des arts graphiques du Rijksmuseum d’Amsterdam, qu’il dirigera, il révolutionne son métier en éditant la collection Hollstein. Ces catalogues de gravures hollandaises et flamandes, paraissant depuis 1949 sont, sous son impulsion, révisés : y sont ajoutées des analyses portant sur les inventeurs et les éditeurs des gravures, lesquelles sont reproduites.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/kessel-sur-les-planches-de-la-liberte/04/03/2024/">Kessel : sur les planches de la liberté</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les travaux du Rikjsmuseum au début du XXIème siècle le poussent, à la suite de Mària van Berge-Gerbaud, à prendre la direction de la Fondation Custodia à Paris. Deux après la mort prématurée de son directeur, l’établissement présente une exposition consacrée à sa politique consciencieuse et passionnée. Spécialiste international de l’estampe néerlandaise, il ouvrit un fond alors axé sur les œuvres flamandes et hollandaises aux artistes allemands et anversois. Il acquit également 600 tableaux de plein air durant son directorat, actant la diversification de la fondation et en faisant ainsi un lieu de plus en plus connu des amateurs.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au travers d’une exposition baptisée « Douze ans d’acquisitions de Ger Luijten », l’endroit rend hommage à « un œil passionné », qui fit entrer quelque 10 000 œuvres dans ses collections depuis 2010. Un parcours organisé par technique brosse un large portrait de l’histoire de l’art, de XVème au XXIème siècle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nos coups de cœur</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’exposition est organisée autour de onze thèmes chers à Ger Luijten. On relèvera pelle-mêle : des dessins sur livres ; des esquisses à l’huile ; une multitude d’estampes anciennes ; des dessins du XIXème siècle ; plusieurs tableaux de maitres du XVIIème siècle ; une sélection de portraits miniatures ; le carnet des <em>333 oiseaux </em>de Peter Vos ; le livre-hommage des frères Goncourt au peintre Paul Gavarni ; ou encore des lettres de Théodore Géricault, Ingres, Edouard Manet et autres. En voici un avant-goût.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10559" aria-describedby="caption-attachment-10559" style="width: 250px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-10559" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/0-e1718221824645.jpg?resize=250%2C256&#038;ssl=1" alt="" width="250" height="256" /><figcaption id="caption-attachment-10559" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Geen dag sonder trek, par Jan Goere, (1670-1731), Plume et encre grise, lavis gris et brun, sur un tracé à la sanguine. Libre illustration de l’adage « Pas un jour sans une ligne » issu de la vie du peintre Apelle par Pline l’Ancien.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10560" aria-describedby="caption-attachment-10560" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10560" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?resize=640%2C391&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="391" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?resize=1024%2C626&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?resize=300%2C183&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?resize=768%2C470&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?resize=1536%2C939&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/42_2012-s.7_la-cour-444f3.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10560" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Oliviers près de Tivoli, par Janus La Cour, (1837-1909), Huile sur toile. Un travail méticuleux mené sur plusieurs jours permit à l’artiste de figurer la puissance du soleil sur les troncs noueux.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10561" aria-describedby="caption-attachment-10561" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10561" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/allegory-catholic-church-plenary-indulgences-36357539.jpg.webp?resize=300%2C198&#038;ssl=1" alt="" width="300" height="198" /><figcaption id="caption-attachment-10561" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Indulgences plénières, par Louis-Jean Desprez, (1743-1804), Eau-forte au trait, aquarelle. L’architecte parodie la procession du Vendredi Saint dans un décor monumental et séduit par des saynètes moqueuses.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10563" aria-describedby="caption-attachment-10563" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10563" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?resize=640%2C490&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="490" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?resize=1024%2C784&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?resize=300%2C230&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?resize=768%2C588&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?resize=1536%2C1176&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/SaftlevenAllegorie.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10563" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Allégorie de la folie humaine, par Cornelis Saftleven, (1607-1681), Huile sur panneau. La chouette, volatile des sots au XVIème siècle, couve ses œufs sous la Mort : elle est moquée par les sept péchés capitaux.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10564" aria-describedby="caption-attachment-10564" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10564 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/image_0858828_20240428_ob_980c1f_custodia-qaz6-byvrvobsmrxhdkjcq-paris.jpg?resize=640%2C920&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="920" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/image_0858828_20240428_ob_980c1f_custodia-qaz6-byvrvobsmrxhdkjcq-paris.jpg?resize=712%2C1024&amp;ssl=1 712w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/image_0858828_20240428_ob_980c1f_custodia-qaz6-byvrvobsmrxhdkjcq-paris.jpg?resize=209%2C300&amp;ssl=1 209w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/06/image_0858828_20240428_ob_980c1f_custodia-qaz6-byvrvobsmrxhdkjcq-paris.jpg?w=715&amp;ssl=1 715w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10564" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’exposition « Douze ans d’acquisitions de Ger Luijten, un œil passionné » se tient du 27 avril au 7 juillet 2024 au 121 rue de Lille, Paris VIIème. Ouverture du mardi au dimanche de 12h à 18h.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/fondation-custodia-douze-ans-dacquisitions-de-ger-luijten/14/06/2024/">Fondation Custodia : Douze ans d’acquisitions de Ger Luijten</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/fondation-custodia-douze-ans-dacquisitions-de-ger-luijten/14/06/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">10555</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2024 15:56:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Germaine de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Madame de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution française]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10373</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Madame de Staël fut sans aucun doute le plus grand esprit féminin de la Révolution française. Fine lectrice des Lumières, critique littéraire avertie, ennemie terrible de Bonaparte, elle influa sur un siècle entier en dévoilant à la France le sentiment allemand, forgeant ainsi un nouvel « esprit européen ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Anne-Louise-Germaine Necker est née le 22 avril 1766 en l’hôtel d’Hallwyll à Paris. Issue d’une famille de protestants genevois très aisée, son père, Jacques Necker, est ministre des finances de Louis XVI de 1776 à 1781. Elle est élevée par sa mère, fille d’un pasteur calviniste, qui lui transmet les conceptions dévotes et encyclopédiques du moment, affichant ainsi une opposition frontale aux injonctions éducatives présentées par l’<em>Émile</em> de Jean-Jacques Rousseau. Le salon de Suzanne Necker est alors un haut lieu de la vie parisienne : y prennent part le naturaliste Buffon, le diplomate bavarois Friedrich Melchior Grimm ou encore le critique suisse Jean-François de La Harpe. Dès quatorze ans, Anne-Louise Necker y tient déjà un cercle et converse, brillant par son latin, son anglais et sa culture littéraire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Auréolée du prestige de son père, Anne-Louise Necker repousse les prétendants les plus prestigieux du monde protestant : l’ambassadeur de Suède Axel de Fersen, propriétaire du Royal-Suédois et correspondant secret de la reine Marie-Antoinette, le général allemand Georges-Auguste de Mecklembourg, beau-frère du roi de Grande-Bretagne George III, le colonel Louis-Marie de Narbonne-Lara, fils naturel de Louis XV ou encore William Pitt, Premier ministre britannique. En 1786, à dix-neuf ans, elle consent à épouser le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur de Gustave III de Suède à Versailles. Aristocrate d’origine immémoriale mais ruiné, le diplomate, âgé de dix-sept ans de plus que sa femme, profite d’une dot confortable et relève son train de vie. Anne-Louise Necker devient alors Germaine de Staël et entre dans le monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Paris : Amours, idées et politique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A l’heure où les femmes des salons font et défont les rois, Madame de Staël accueille le premier mouvement révolutionnaire avec enthousiasme. Son regard change bien vite, à mesure des atrocités que voit naître cette France nouvelle. Elle présente un plan d’évasion des Tuileries à destination de la famille royale dès 1789 et, après la mort du roi, transmet au gouvernement révolutionnaire une défense en faveur de Marie-Antoinette. Le salon de Madame de Staël ouvre dès 1795, en l’hôtel de Suède, rue du Bac. S’y présentent les principales figures de la nouvelle génération, marquée par la guerre d’Indépendance américaine. Outre la réception régulière du marquis de La Fayette, du marquis de Condorcet, du comte de Clermont-Tonnerre ou du vicomte de Noailles, l’hôte la plus courue de Paris se lie avec Mathieu de Montmorency-Laval, qui mène sa croisade contre les Lumières, vit une passion incontrôlable avec Louis de Narbonne-Lara et finance le retour d’exil de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-de-broglie-un-diplomate-espion-promoteur-de-la-fayette/29/09/2022/">Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Attachée à l’unité de l’Europe, elle publie une brochure destinée au Premier ministre britannique, <em>Réflexions sur la paix adressées à M. Pitt et aux Français</em>. Liée avec Benjamin Constant, elle anime à ses côtés l’influent Cercle constitutionnel, théâtre intellectuel au sein duquel se développe l’idée que le Fructidor du Directoire préfigure le Brumaire de Bonaparte. D’abord fascinée par le vainqueur de l’Italie, Germaine de Staël aurait quitté une entrevue outrée, lui ayant demandé « <em>Général, quelle est pour vous la première des femmes ?</em> » et s’étant vu répondre « <em>Celle qui fait le plus d&rsquo;enfants, Madame</em> ». Préoccupée du sort des droits féodaux des propriétaires suisses, elle s’emploie à empêcher la conquête des cantons par l’armée républicaine. Elle est finalement interdite de séjour parisien par Bonaparte, ce qui l’oblige à s’établir à Coppet, auprès de son père. Malgré plusieurs tentatives de retour, elle reste persécutée par la Révolution pour son attachement à la monarchie constitutionnelle, et est contrainte de se réfugier en Suisse à plusieurs reprises, au mépris du statut de diplomate de son mari.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’exil : « Un seul homme de moins et le monde serait en repos »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Eloignée de Paris, Germaine de Staël publie en 1802 son premier roman, <em>Delphine</em>, un ouvrage anticatholique primaire, dont les considérations sur la condition féminine, en net recul depuis la fin de l’Ancienne France, constituent une charge contre le Code civil. Si cette attaque lui vaut un immense succès en Europe, elle signe aussi son éloignement. Après un voyage de plusieurs mois en Allemagne en 1804, où elle rencontre Goethe et Schiller, elle entreprend la rédaction de <em>L’Allemagne</em>, bientôt suivi, dans le même esprit, par <em>Corinne ou l’Italie</em>. Ces deux œuvres majeures constituent la découverte par la France des auteurs allemands et italiens. Si le ton romantique reste tout à fait ancré dans l’époque, la teneur des propos révèle une véritable modernité : celle de l’équilibre entre pensée classique et élans libertaires, la seule qui eut pu mettre un terme aux errements de la Révolution.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avançant avant l’heure l’idée d’un « esprit européen », Madame de Staël pourrait être rapprochée de Tocqueville qui, dans sa <em>Démocratie</em>, présentera la nécessité d’une prise en compte des problèmes ayant provoqué la Révolution mais mettra en garde contre l’inévitable tyrannie de la majorité. Première opposante à Napoléon, qui la fera sans cesse espionner, la nommant « cette folle », elle sera reçue à Stockholm ainsi qu’à Saint-Pétersbourg. Veuve depuis 1802, elle se remarie en 1811 avec un officier genevois, Albert de Rocca, ce qui lui permet d’ouvrir à nouveau son salon, résolument tourné vers la Restauration de la maison de Bourbon et la réalisation de la monarchie constitutionnelle. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lorsque le ministre de la Police, Savary, homme de confiance de Bonaparte responsable de la perte de Cadoudal et de la mort du duc d’Enghien, lui annonce que <em>De l’Allemagne</em> « n’est point français », Madame de Staël lui répond, en héroïne libertaire : « <em>Quelle gracieuse manière d’annoncer à une femme alors, hélas ! mère de trois enfants, à la fille d’un homme qui a servi la France avec tant de foi, qu’on la bannit, à jamais, du lieu de sa naissance, sans qu’il lui soit permis de réclamer d’aucune manière contre une peine réputée la plus cruelle après la condamnation à mort !</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si Germaine de Staël devint l’exemple que l’Empereur ne sut jamais considérer les femmes sans y voir autre chose que des dangers, celle-ci lui montrera toute sa supériorité en lui proposant sa plume lors de l’exil sur l’île d’Elbe. Visitant Joséphine à la Malmaison, elle tentera, à son retour à Paris, de comprendre celui qui manqua le monde. Hélas, l’exil ayant fait de l’opium le support de son génie, Madame de Staël succombe le 14 juillet 1817 d’une hémorragie cérébrale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Inclassable Madame de Staël </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Femme de passion, Germaine de Staël déclencha toute sa vie les sentiments les plus divers. Amante effrénée des plus grands esprits de son temps, elle connut les attaques de tous les partis, des jacobins aux ultras. Huée par les Classiques, elle sera contestée par les Romantiques tardifs qu’elle a pourtant nourri. A la fin du XIXème siècle, <em>De l’Allemagne</em> lui vaut un ressentiment important, lié à la défaite &#8211; d’un Bonaparte ! – qui entraina une peine de cinquante ans envers les Provinces perdues. Les libéraux de tout temps ne lui pardonnant jamais son attachement au roi, les nationalistes n’entendant pas son européisme romantique, Madame de Staël fut, durant le siècle qui suivi sa mort, associée à la polémique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ses écrits purent être oubliés, sans doute plus par froid rejet que par une critique stylistique véritable, laquelle pourrait pourtant être nourrie de bien des observations sur ce romantisme des premiers temps, parfois si sentimental qu’il en devient étouffant. Plus encore que l’oubli de l’œuvre, le temps participa à l’effacement de la Femme, laquelle fut pourtant, au cœur des temps les plus troublés que connu la France, une figure à part entière, bien difficile à cerner. Fille du dernier grand ministre de la Monarchie, élevée dans l’un des salons féminins les plus courus, elle fut de toutes les cours et de tous les cercles, y tenant les premières places. Si, vivante, le monde la manqua, morte, elle le possède.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">10373</post-id>	</item>
		<item>
		<title>ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2024 17:31:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Association des vignerons bretons]]></category>
		<category><![CDATA[Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vigne]]></category>
		<category><![CDATA[Vin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10280</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 05/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/">ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong><em>In vino veritas</em></strong><strong>… en Bretagne aussi ! La Bretagne compte aujourd’hui cent hectares d’exploitation viticole, une tendance en pleine expansion ces dernières années. Entre tradition, pratique, formation et revendications, le vignoble breton est tourné vers l’avenir. </strong><strong><span style="color: #000000;">Entretien avec Guillaume Bauché, trésorier de l’</span><a href="https://vigneronsbretons.bzh/">Association des Vignerons Bretons</a><span style="color: #000000;">, créée par les premiers viticulteurs professionnels de Bretagne administrative en 2021.</span></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Arthur Ballantine : La production de vin dans les « régions non-viticoles » de France métropolitaine (Hauts-de-France, Normandie et Bretagne) a été interdite par la loi dans les années 1930. En 2016, grâce au combat mené par l’Association pour la Reconnaissance des Vins de Bretagne, une directive européenne met fin à cette situation : la France peut désormais accroître ses plantations viticoles à raison de 8 000 hectares par an, cela sur l’ensemble du territoire. Le vin est-il pour autant un produit breton historique ? Assistons-nous au retour d’une tradition ou à un évènement nouveau en Bretagne ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Guillaume Bauché (AVB) : </strong>Je dirais plutôt que nous assistons à une renaissance du vignoble breton avec modernité. Jadis, la Bretagne eut une <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/histoire/">histoire</a> viticole, et ce depuis le Moyen-Age ! Les premières traces de la vigne remontent à l&rsquo;an mille à l&rsquo;abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys. L&rsquo;existence de la vigne était souvent corrélée à l&rsquo;existence d&rsquo;un lieu de culte chrétien pour la production des vins de messe. A l&rsquo;âge d&rsquo;or de la vigne, des communes bretonnes comme celle de Sarzeau ont pu recenser jusqu&rsquo;à 400 hectares servant à élaborer la célèbre « fine de Rhuys » dont la production s&rsquo;est arrêtée au cours de la première moitié du XX siècle. Aujourd&rsquo;hui, la surface du vignoble breton avoisine les 100 hectares pour produire principalement des vins blancs de gastronomie. Que ce soit les cépages, les méthodes de production ou encore le produit recherché, tout est différent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Il a longtemps été dit que la Bretagne n’était pas une terre favorable à la pratique viticole. Les nouvelles conditions météorologiques observées ces dernières années inversent-elles la donne ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>En réalité, aucune instance officielle ne l&rsquo;a prouvé. L’histoire du vignoble breton nous montre au contraire que ces considérations participent, souvent sans le savoir, au dogme d&rsquo;une pensée établie au XXème siècle. Les nouvelles conditions météorologiques ne sont pas le signe d’un inversement mais constituent un atout quand on sait que le Sud de la France fait face à des épisodes de sécheresse inquiétants pour le vignoble. En réalité, le Morbihan vit actuellement un phénomène de « méditerranéisation ». Nous bénéficions par exemple autour de Pontivy (Morbihan) des mêmes températures que connaissait l’Anjou il y a quarante ans. La région rennaise traverse, elle, les mêmes conditions météorologiques que connaissant le Bordelais dans les années 1980 ! Le climat breton actuel nous permet de trouver de meilleurs équilibres et d’accéder à un plus grand choix de cépages : si les vignerons bretons utilisent une quarantaine de cépages différents, nous utilisons en majorité le chenin, surtout présent dans la Loire, le pinot noir, connu en Alsace, Champagne et Bourgogne ainsi que le Chardonay. Ces cépages dits « sorciers », nous permettent de produire trois ou quatre types de vin, et, lors des années pluvieuses permettent de produire des effervescents. A ces conditions climatiques s’ajoute une certaine qualité de sol superficiel. Le plateau armoricain, vieux de près de 600 millions d’années, nous donne un sol constitué de granite et de schiste, lesquels forment un <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/patrimoine/">patrimoine</a> géologique rare.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">A.B. : Qui sont les viticulteurs bretons d’aujourd’hui ? A quoi ressemble la formation de ce nouveau territoire viticole ?</span> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>Notre population de viticulteurs est assez hétéroclite, de tout âge, de toute nationalité, de différents milieux &#8211; agricole ou non. Le seul prérequis à l’installation d’une activité viticole en Bretagne est l’obtention d’un diplôme agricole, que ce soit le Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole (BPREA) ou les baccalauréats, licences et master spécialisés. La taille moyenne des exploitations bretonne est de quatre hectares, avec des unités pouvant varier d’un à dix. Notre association regroupe les trois quarts des vignerons bretons, avec 35 membres. Nous comptons, depuis novembre 2021, une installation toutes les deux semaines environ. Le département le plus représenté est le Morbihan, où vivent les deux tiers des vignerons bretons. Tous assez différents, nous avons tous le même objectif : proposer un vin de qualité et engagé. Les vignerons bretons, des quatre départements, recherchent au maximum le respect de la biodiversité sur les parcelles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10300" aria-describedby="caption-attachment-10300" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10300" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=640%2C381&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="381" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=1024%2C610&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=300%2C179&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=768%2C457&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?w=1202&amp;ssl=1 1202w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10300" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Autorisée depuis 2016, la pratique viticole professionnelle en Bretagne connaît un développement fulgurant, avec une installation tous les quinze jours depuis novembre 2021.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : La crise agricole qui touche la France en général a des répercussions sur le monde viticole. Le vignoble bordelais, tiraillé entre surproduction et prix tirés vers le bas, opte aujourd’hui pour l’arrachage afin de sauver ses vignerons. Quel est le regard breton sur cette situation ? La plantation de vigne a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>Aujourd&rsquo;hui, la plantation de vigne a un sens si on se donne l&rsquo;effort de lui donner du sens. Nous autres bretons, nous ne voulons en aucun cas entrer dans une production de masse. C&rsquo;est pourquoi nous sommes attachés à des valeurs de qualités, d&rsquo;artisanat, et surtout de durabilité, notamment à travers notre charte, dont la signature est obligatoire. Le vigneron breton doit pratiquer l’agriculture biologique, vendanger manuellement, recycler ses déchets de cave, développer la biodiversité. Tout un programme qui permettra à notre petit vignoble breton de perdurer : seule une agriculture propre peut répondre aux défis d’aujourd’hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">A.B. : Les menaces écologiques, économiques et parfois politiques qui pèsent sur le monde rural et sur notre terroir sont-elles considérées par les vignerons bretons ? La création d’une Indication géographique protégée (IGP) est-elle souhaitable ?</span> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>L&rsquo;agriculture n&rsquo;a jamais eu autant de défis qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Nous ne les prenons pas comme des menaces, mais comme des défis qu’il nous incombe de relever. Une IGP aujourd&rsquo;hui serait précoce alors que nous savons que seulement deux vignerons ont vendu du <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/vin/">vin</a> en 2023. Cependant, elle constituerait, d’ici à un certain temps, la consécration de tout notre travail. Nous ne sommes qu’au début d’une grande aventure : entre 12 et 15 000 bouteilles ont été vendues par deux vignerons en 2023, 40 000 sont attendues en 2024 pour cinq vignerons.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10301" aria-describedby="caption-attachment-10301" style="width: 326px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10301" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?resize=326%2C318&#038;ssl=1" alt="" width="326" height="318" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?w=326&amp;ssl=1 326w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?resize=300%2C293&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px" /><figcaption id="caption-attachment-10301" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L’Association des Vignerons Bretons, créée par les premiers viticulteurs professionnels de Bretagne administrative en 2021.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/">ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">10280</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Mar 2024 19:09:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Fustel de Coulanges]]></category>
		<category><![CDATA[La Cité antique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10164</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/03/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’identité personnelle de Numa-Denis Fustel de Coulanges fut triple. Romain et grec par ses prénoms, breton par son nom, il fut un grand français par son œuvre. Lecteur de François Guizot, il fut le père d’une méthode historique nouvelle, qui influença plusieurs générations, d’Émile Durkheim à Marc Bloch en passant par Jacques Bainville. Avec son ouvrage majeur, <a href="https://editions.flammarion.com/la-cite-antique/9782081223905"><em>La Cité antique</em></a>, Fustel de Coulanges nous invite, encore et toujours, au voyage : « Je ne cours pas à la recherche d&rsquo;une marche oubliée de l&rsquo;Acropole, je vais observer les hommes et ceux d&rsquo;autrefois et ceux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 18 mars 1830 à Paris, Numa-Denis Fustel de Coulanges reçoit à son baptême le nom du deuxième roi de Rome ainsi que celui que l’on attribuait au dieu des Grecs qui fut sans doute le plus « religieux », célébré par l’orphisme. Sa famille, brestoise tout au long du XVIIIème siècle, est issue de la bourgeoisie bretonne et compte, outre de nombreux militaires, quelques notables, industriels ou universitaires. Son père, disparu dès 1832, fut un lieutenant de vaisseau marginal, qui semble avoir trouvé la mort sur les barricades hostiles à la politique du régime de Louis-Philippe. Recueilli par son grand-père maternel, qui le fait admettre d’abord à l’institution Massin du Marais puis au lycée Charlemagne, le jeune Fustel grandit dans l’atmosphère de poudre et de vacarme de la monarchie de Juillet. C’est sans aucun doute à l’ombre des murs de ces temples du savoir parisien qu’il se réfugie avec délectation dans la lecture des leçons de François Guizot sur la Civilisation en France, d’où naît son intérêt pour l’histoire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La révolution de 1848, qui installe la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte, voit l’arrivée au pouvoir du parti de l’ordre, lequel supprime les concours spécialisés d’entrée à l’École normale supérieure. Reçu au concours unique – de lettres- en 1850, Fustel obtient la charge de bibliothécaire et plonge ainsi, se détournant de l’agitation de la rue, dans les trésors de la rue d’Ulm. Il confiera par la suite y avoir acquis un esprit qu’il qualifie de « cartésien », érigeant le doute en méthode. Membre de l’École française d’Athènes de 1853 à 1855, il dirige les fouilles archéologiques de l’île de Chios, encore marquée des combats entre grecs et ottomans. Il publiera à son retour un mémoire d’analyse déjà marqué par le souci du temps long, scrutant une situation historique des temps archaïques aux situations les plus proches. Professeur de seconde au lycée d’Amiens en 1856, dans un monde où les bacheliers sont encore rares et marqués du sceau de l’excellence, il est reçu à l’agrégation de lettres l’année suivante. Le 10 avril 1858, il est adoubé par ses pairs, soutenant ses deux thèses de doctorat ès lettres. La première, rédigée et présentée en latin, porte sur le culte de Vesta, déesse du foyer du peuple romain. La seconde, en français, portant sur l’historien grec Polybe, cette figure de l’élite grecque ralliée à Rome au IIème siècle avant J.-C. et incarnant le sentiment des qualités propres des Hellènes. Numa et Denis étudiants sont devenus Fustel professant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« De la nécessité d’étudier les plus vieilles croyances des anciens pour connaître les institutions »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Titre de l’introduction de l’ouvrage majeur de Fustel de Coulanges, cet axiome, qui n’en est d’ailleurs pas un, résume le fond et la finalité de sa carrière universitaire. Professeur d’histoire à l’Université de Strasbourg, en 1860, Fustel travaille avec Émile Joseph Belot, autre grande figure du romanisme universitaire de l’époque. Il y donne un cours public, renouvelé chaque année et qui s’adresse tant aux étudiants de la Faculté qu’aux élites locales. Son prisme, celui de l’Histoire « première des psychologies et première des sociologies », le pousse à l’exploitation directe des sources, au mépris de l’historiographie : il s’agit de reconstituer la manière dont les sociétés ont pensé en tentant de voir ce qu’elles ont vu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les enseignements donnés lors de l’année 1862-1863, intitulés « De la famille et de l’État chez les Anciens » deviennent en 1864 un livre, <em>La Cité antique</em>. Cette somme de plus de cent analyses particulières menées pendant dix ans propose une analyse des questions de droit privé à Rome, dont le régime de la propriété, prisme de la compréhension des structures familiales et, par extension, des institutions politico-religieuses. Soulignant que les rapports privés constituent la clé d’analyse des mutations politiques, Fustel de Coulanges plonge, soixante ans après le Génie du christianisme, son lecteur au cœur d’une vision du monde antique qui déborda sur l’avènement de la nouvelle religion.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Fort de son extraordinaire succès de librairie – l’ouvrage sera tiré à 5 000 exemplaires en 1865 -, lequel lui permet d’accéder aux éditions Hachette, il cède à la tentation du bon mot afin de rejoindre la rue d’Ulm : « La province a du bon, mais encore n&rsquo;en faut-il pas abuser. Je crains de m&rsquo;endormir ; je deviens paresseux ». Présenté à Victor Duruy, alors encore ministre de l’Instruction publique, il est nommé maître de conférences à l’École normale supérieure, dont il prendra la direction dix ans plus tard. Il se rend régulièrement aux Tuileries afin de donner des leçons à l’impératrice Eugénie, lesquelles constitueront un livre, <em>Leçons à l’Impératrice</em>, réédité jusqu’en 1930.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Des valeurs antiques aux idées politiques : « la patrie, c’est ce que l’on aime »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La vie universitaire de Fustel de Coulanges est interrompue le 2 septembre 1870 par le dépôt des armes de l’empereur Napoléon III à Sedan. Volontaire au service, il porte l’uniforme de la Garde nationale sur les remparts de la capitale. Le retour à la paix, conclue malgré la perte de l’Alsace-Moselle, pousse l’historien vers la polémique. Il s’engage alors pleinement dans la <em>Revue des Deux Mondes</em> de François Buloz, devenu depuis 1848 l’organe littéraire conservateur le plus en vogue dans les milieux intellectuels.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> Le romaniste Theodor Mommsen, réjouit par l’idée de l’unité allemande au point d’en haïr la politique de la France : il figure parmi les premières victimes de Fustel, qui lui consacre plusieurs articles très virulents, le qualifiant d’agent de la « guerre d’envahissement ». Dans l’ombre du traumatisme de 1870, il développe, dix ans avant Ernest Renan, le concept de Nation sur le principe de l’adhésion et non sur celui du sang. Il participe ainsi, avec Hippolyte Taine, à rompre avec la tradition germanophile des milieux parisiens, poussant le débat historique à fournir une nouvelle analyse du commencement des problèmes du siècle, soit à s’intéresser à la Révolution. L’aventure de la <em>Revue des Deux Mondes</em> pousse Fustel dans la bataille des idées, au cœur de la Cité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Fort de longues études menées avec méthode, il développe des thèses favorables à l’aristocratie terrienne et provinciale, balloté entre un sentiment profondément antirévolutionnaire mais rarement vraiment favorable à la figure du roi. Élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques en 1875, il obtient, sur proposition de Léon Gambetta, la première chaire d’histoire médiévale à la Sorbonne en 1878. Deux fois président de l’École normale, il met en place le modèle des travaux dirigés, mettant fin au règne absolu des cours magistraux publics. Pédagogue novateur, il prépare un projet de classes préparatoires littéraires nouvelles, pour lequel il ne sera pas immédiatement écouté mais qui préfigurera, au début du XXème siècle, le modèle actuel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La guerre l’ayant poussé à intégrer à ses études des institutions antiques leurs évolutions franques, Fustel de Coulanges entame la rédaction d’une œuvre monumentale, l’Histoire des institutions politiques de l’ancienne France. Ses préfaces, ouvrant chacun des tomes de cette somme, sont des considérations méthodologiques précieuses, qui modifièrent à jamais tant le rôle de l’Histoire que celui de l’historien. Pénétrée de l’idée de temps long et de nécessité scientifique, il joue un rôle déterminant dans les débats portant, depuis le XVIIIème siècle, sur les origines de l’aristocratie française. Contestant l’idée de conquête franque, Fustel de Coulanges développe en France une tradition romaniste, dépassant ainsi l’opposition artificielle posée par la doctrine entre l’autoritarisme romain et la liberté germanique. Mort à 59 ans, incarnant pour ses élèves une figure de professeur-martyr, qui écrivait dans son lit tordu par la douleur, il ne put jamais achever cette « longue Histoire », allant de l’Empire romain à la Révolution française. Son disciple, Camille Jullian, en achèvera trois tomes, à partir des notes laissées par le maître.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Mort à l’ouvrage de l’artisan de la Cité antique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Fustel de Coulanges consacra sa vie à l’étude des sources historiques. De lui plus que de quiconque est-il sans doute légitime de dire qu’il avait tout lu. Méprisant son corps malade, il mourut jeune, harassé par des années de labeur au service de la seule chose qui ne l’ai jamais dépassé : l’Histoire. Sa postérité immédiate fut forte, <em>La Cité antique</em> devenant le livre de prix des lauréats de l’école républicaine, son esprit hantant les publications de <em>La Revue des Deux Mondes</em>. S’il fut parfois contesté sur le fond, il fut surtout peu aidé par les tentatives diverses de récupération de la génération qui le suivra. Si celles-ci ne manquèrent pas d’à-propos, elles soumirent l’œuvre à la vindicte dans laquelle l’auteur n’avait jamais versé.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/benoit-chasseriau-lagent-secret-francais-au-service-de-simon-bolivar/31/12/2022/">Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Salué pour sa méthode, Fustel de Coulanges nourri par sa vision de l’Histoire l’excellence de la fin du XIXème siècle, parmi laquelle les études médiévales de Ferdinand Lot, les considérations de Jacques Bainville et de Pierre Gaxotte ou encore la conception du Métier d’historien développée par Marc Bloch. Trop peu lu aujourd’hui, Fustel conserve le privilège de l’influence de conception, telle qu’on la ressent dans le tome premier de l’<em>Histoire de France</em> dirigée par Jean Favier, rédigé par Karl Ferdinand Werner. Claude Nicolet lui consacre enfin un chapitre entier de sa <em>Fabrique d’une nation</em>, en faisant « le seul historien français […] à traiter de manière continue et systématique l’histoire de la Gaule romaine et de la Gaule franque ». Plus encore, Claude Nicolet pose la question qui s’impose à tout lecteur de <em>La Cité antique</em>, « Comment oublier Fustel de Coulanges ? »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Décédé brutalement le 12 septembre 1889 à Massy, Fustel de Coulanges laisse un testament aux échos tant philosophiques que spirituels, démontrant l’aboutissement d’une démarche intellectuelle tendant à la complétude. « Je désire un service conforme à l’usage des Français, c’est-à-dire un service à l’Église. Je ne suis à la vérité ni pratiquant, ni croyant ; mais je dois me souvenir que je suis né dans la religion catholique et que ceux qui m’ont précédé dans la vie étaient aussi catholiques. Le patriotisme exige que si l’on ne pense pas comme les ancêtres, on respecte au moins ce qu’ils ont pensé ». Éternellement, Numa Denis Fustel de Coulanges nous montre un chemin à suivre : celui des bonnes idées exprimées par les bons mots.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10175" aria-describedby="caption-attachment-10175" style="width: 288px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10175" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/03/Fustel.jpeg?resize=288%2C475&#038;ssl=1" alt="" width="288" height="475" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/03/Fustel.jpeg?w=288&amp;ssl=1 288w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/03/Fustel.jpeg?resize=182%2C300&amp;ssl=1 182w" sizes="auto, (max-width: 288px) 100vw, 288px" /><figcaption id="caption-attachment-10175" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La Cité antique, étude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome, l’ouvrage majeur de Numa-Denis Fustel de Coulanges. A (re)lire au plus vite.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">10164</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 08:50:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Dachau]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre de Porcaro]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10073</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/02/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Pierre de Porcaro est l’un des cinquante prêtres et séminaristes déportés à Dachau à cause de leur action clandestine au sein des usines du STO. Ouvrier le jour, prêtre la nuit, il y meurt le 12 mars 1945 du typhus, laissant derrière lui un seul exemple : la sainteté.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 10 aout 1904 à Dinan, dans les Côtes-du-Nord, Pierre de Porcaro est le fils d’un officier « mort pour la France » en 1916. Il entre, en septembre 1917, au petit séminaire Notre Dame du Grandchamp à Versailles, puis au grand séminaire de Versailles en octobre 1923. Lors de sa retraite d’ordination, en 1929, Pierre de Porcaro écrit : « Il faut que je devienne un saint. C’est le seul moyen de m’assurer plus tard un ministère fécond. Je crois pouvoir le dire en toute sincérité : j’ai soif des âmes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès son ordination, Pierre de Porcaro est nommé professeur au Petit Séminaire de Versailles, où il cumule les fonctions de maître de chapelle et professeur d’histoire. Mélomane et musicien, il maîtrise tout le répertoire sacré et enregistre les cantiques chantés par ses séminaristes sous sa direction. Il développe le théâtre et, préoccupé par la crise des vocations, s’investit pour la jeunesse, donnant plus de deux cent conférences pour près de trente mille adolescents. Nommé vicaire de Saint-Germain-en-Laye en 1935, il est préposé à la jeunesse et y reprend la Passion, qu’il joue devant des foules de spectateurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un prêtre dans la « drôle de guerre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 3 septembre 1939, à dix-sept heures, la France entre en guerre. Pierre de Porcaro rejoint son unité, le 15ème bataillon du génie de la VIIIème Armée, chargé de compléter la ligne Maginot près d’Altkirch. Comme ses frères Yves et André, il apprend sur le front la mort dans un accident d’avion de son ainé Jean. Dans cette drôle de guerre et jusqu’à l’armistice du 17 juin 1940, la jeunesse européenne assiste à l’agonie du vieux monde des années trente et, dans sa grande majorité, reste spectatrice médusée. A Pâques, aucun homme ne communie auprès du père de Porcaro : tout, même la foi, semble suspendu, attendant sa fin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-lherminier-un-officier-de-marine-qui-refusa-le-sabordage-de-la-flotte-en-1942/31/03/2022/">Jean l’Herminier : un officier de marine qui refusa le sabordage de la flotte en 1942</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fait prisonnier le 23 juin, Pierre de Porcaro s’évade et rejoint librement une colonne de prisonniers marchant vers Colmar. Trente prêtres français célèbrent la messe pour huit mille prisonniers au sein de l’Empire allemand. Malgré des espoirs chimériques de libération, les soldats sont déplacés, toujours plus à l’est. Strasbourg puis Stuttgart, où le train les emmène au stalag V-A. Le 3 septembre, sélectionné avec les soldats bretons, Pierre de Porcaro est désinfecté puis transféré au stalag IX B. Révolté, il prend, le jour de la Toussaint, la ferme résolution d’achever son ministère : il développe un cercle liturgique, célèbre la messe quotidiennement et poursuit la formation des séminaristes qui l’accompagnent. Libéré le 25 juillet 1941, il rentre à Saint-Germain-en-Laye et lance les fondations d’œuvres en faveur des femmes de prisonniers.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aumônier clandestin volontaire pour le STO</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 16 avril 1943, une lettre de Monseigneur Rolland-Gosselin demande à Pierre de Porcaro de repartir clandestinement en Allemagne comme ouvrier-aumônier du Service du Travail Obligatoire (STO). Sans même rencontrer son évêque, le vicaire de Saint-Germain-en-Laye a déjà dit oui. Il écrit « Oui mon Dieu, j’accepte avec toute la volonté possible, tout, y compris d’en mourir, de mourir sur une terre étrangère, loin de tout, loin de tous ». Sa mère, déjà affectée par la perte de l’un de ses fils et par la captivité des deux autres, accepte avec une grande dignité le départ de Pierre, écrivant « nous pouvons être fiers de lui, il est le digne fils de son père ». Après un mois de visites auprès de sa famille, Pierre de Porcaro rédige son testament.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Arrivé le 15 mai 1943 à Dresde, il accompli sa mission d’infiltration du STO et exerce son apostolat auprès des ouvriers français au sein d’une usine de carton. Rapatrié en France à la suite d’un accident du travail, il apprend depuis Saint-Germain-en-Laye les arrestations des responsables des Jeunesses ouvrières chrétiennes du STO dues au décret Kaltenbrunner du 3 décembre 1943. Se sachant dénoncé par un ouvrier, il repart, conscient des risques qu’il encourt. Interdisant à son frère de donner le nom de son Judas, il est arrêté le 11 septembre 1944 puis est déporté au camp de concentration de Dachau. Dans sa dernière lettre envoyée avant de mourir, il écrit « Quoiqu’il arrive, tout se passera dans l’amour ». Malade et épuisé, il exerce son ministère et meurt du typhus le 12 mars 1945. Il avait quarante ans.Durant la durée de la guerre, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés à Dachau et occupent ce que l’Histoire retient comme « les baraques à prêtres ». 1 034 d’entre eux y laisseront leur vie, faisant de Dachau le plus grand cimetière de prêtres catholiques au monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Appel à la sainteté</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1988 est ouverte une cause collective de béatification à l’intention des cinquante victimes françaises de la persécution nazie lancée en septembre 1943 en application de la décision de rechercher et emprisonner tout prêtre, séminariste ou scout exerçant un apostolat au sein du STO. Pierre de Porcaro étant déclaré martyr de l’Église catholique, une preuve miraculeuse n’est pas exigée. Dans son hommage funèbre, le père Edmond Cleton de Lille y décrit l’abbé de Porcaro comme « l’un des plus capables ; le plus gai, le plus serein d’entre nous. Il rejoignit le père Dillard libéré le premier de Dachau. Tous deux volontaires des galères, témoins du Christ au milieu des exilés, aimés de tous. Ils nous laissent dans la tristesse humaine, mais dans l’espoir du ciel ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10076" aria-describedby="caption-attachment-10076" style="width: 202px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10076 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="202" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?w=672&amp;ssl=1 672w" sizes="auto, (max-width: 202px) 100vw, 202px" /><figcaption id="caption-attachment-10076" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Guillaume Zeller, <a href="https://www.tallandier.com/livre/la-baraque-des-pretres/">La baraque des prêtres. Dachau, 1938-1945</a>. Le récit de la vie quotidienne des 2 720 religieux ayant été emprisonnés dans le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">10073</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Série « Cœurs noirs » : une immersion avec les forces spéciales en Irak</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/societe/serie-coeurs-noirs-une-immersion-avec-les-forces-speciales-en-irak/11/02/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/societe/serie-coeurs-noirs-une-immersion-avec-les-forces-speciales-en-irak/11/02/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Feb 2024 22:30:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Armée]]></category>
		<category><![CDATA[Cœurs noirs]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Mossoul]]></category>
		<category><![CDATA[Série]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9986</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 11/02/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/serie-coeurs-noirs-une-immersion-avec-les-forces-speciales-en-irak/11/02/2024/">Série « Cœurs noirs » : une immersion avec les forces spéciales en Irak</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">Irak, octobre 2016. « Cœurs Noirs » est le nom d’un groupe de combattants de Daesh désireux de faire ses preuves lors de la bataille de Mossoul. Imaginé par les scénaristes Corinne Garfin et Duong Dang-Thai, ce groupe fait l’objet de l’attention d’un groupe des forces spéciales françaises spécialisé dans la récupération des terroristes liés aux projets d’attentats en Europe. Mis en ligne sur <em>Prime Video</em> à partir de février 2023, les six épisodes réalisés par Ziad Doueiri sont désormais diffusés sur <a href="https://www.france.tv/france-2/coeurs-noirs/"><em>France 2</em></a>.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le 17 octobre 2016, les forces gouvernementales irakiennes engagent, aux côtés des forces armées du Kurdistan iranien, de milices sunnites, chiites et chrétiennes, un déploiement sans précédent sur la ville de Mossoul, sur les bords du Tigre. La coalition internationale en Syrie et en Irak, engagée contre Daesh, est également impliquée, celle-ci regroupant la France, les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, le Canada, le Maroc, ainsi que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Qatar et Bahreïn. 100 000 hommes s’apprêtent à prendre la deuxième ville d’Irak, où sont terrés une dizaine de milliers de jihadistes. Symbole de Daesh, qui en fit sa capitale religieuse, Mossoul représente l’apogée de la guerre confessionnelle en Irak. Après une progression dans les villes environnantes puis au cœur de la ville durant l’hiver, le gouvernement irakien annonce sa libération complète le 10 juillet 2017.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span></strong><strong><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’armée française est engagée en Irak à la demande du gouvernement irakien depuis 2014 au travers de l’opération Chammal. Elle vient de concentrer, durant l’été 2016, une écrasante majorité de ses actions en direction de Mossoul. : « 344 sorties, menant 61 raids, dont dix avaient été planifiés à l&rsquo;avance et 51 menés sur des cibles d&rsquo;opportunité ». Depuis le début de l&rsquo;opération, l’État-major des armées annonce que les Mirage et Rafale français ont mené en Syrie et en Irak 829 frappes au cours de 4 540 sorties, permettant la neutralisation de 1 415 objectifs. A la veille de l’offensive automnale, 250 français sont présents à Mossoul, dans les rangs de Daesh. C’est ce contexte qui est choisi lors de l’écriture de « Cœurs noirs » par les scénaristes Corinne Garfin et Duong Dang-Thai, déjà à l’œuvre dans « Le Bureau des Légendes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un pas de côté vers la petite histoire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Des blindés auréolés de poussière surgissent du désert, drapeaux irakiens flottant au vent. Leurs occupants forment un ensemble hétérogène, mêlant membres des forces armées irakiennes et soldats français. L’objectif est le suivant : capturer un responsable de Daesh de nationalité française, Zaïd Osman (Moussa Maaskri). Dans la débandade qui précède les frappes de la coalition, certains djihadistes n’y croient plus et souhaitent fuir. Adèle Brockner (Marie Dompnier), officier de renseignement, passe un marché avec le prisonnier : l’exfiltration de sa fille et de son petit-fils en échange d’informations sur les cellules djihadistes prêtes à frapper l’Europe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le groupe 45, commandé par Martin Manzard (Nicolas Duvauchelle), est chargé des opérations de terrain. Cette équipe, composée d’un dépiégeur (Victor Pontecorvo), d’un auxiliaire sanitaire (Tewfik Jallab), d’un droniste (Jérémy Nadeau), d’un tireur d’élite (Nina Meurisse) et d’un adjoint (Quentin Faure), est au centre de l’action des six épisodes de la série « Cœurs noirs ». Faisant le choix d’un pas de côté vis-à-vis des événements historiques de Mossoul, les scénaristes expérimentent une plongée fictionnelle plausible, documentée auprès du 13ème régiment de dragons parachutistes. En marge du grand conflit, le groupe 45 nous montre les capacités d’un groupe de spécialistes ainsi que son inscription dans la chaîne de commandement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/sahel-le-senat-dresse-le-bilan-de-loperation-barkhane/22/07/2023/">Sahel : le Sénat dresse le bilan de l’opération Barkhane</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ziad Doueiri, réalisateur libanais primé pour « West Beyrouth » en 1998 puis « L’insulte » en 2017, est ici à la manœuvre. Déjà remarqué pour son travail dans les séries « Baron noir » (2016) et « Dérapages » (2020), l’adaptation du roman <em>Cadres noirs</em> de Pierre Lemaître, il récidive en 2023 avec un travail remarquable. On retrouve, avec une photographie épurée, une très belle lumière et un son exceptionnel de réalisme, l’atmosphère étouffante de « La Chute du Faucon Noir » (Ridley Scott, 2001). Chaque épisode de la série « Cœurs noirs », d’environ une heure, crispe le spectateur, qui, haletant, entame une immersion complète en plans rapprochés. La production française renoue ainsi avec le genre peu exploré du <em>thriller</em> militaire, dans la continuité de « Sentinelles » (2022), qui contait le quotidien du 22ème régiment d’infanterie au Mali.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">L’opération Chammal et la France</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Présente en Irak depuis la Guerre du Golfe, la France se trouve engagée au cœur de l’apogée du conflit que constituent les prises de Mossoul puis de Raqqa. Les militaires présents dans le cadre de l’opération Chammal en payent, depuis 2014, le lourd tribut. L’adjudant-chef Stéphane Grenier, 34 ans, du 13ème régiment de dragons parachutistes est « tué au combat » en Syrie en septembre 2017 ; le caporal-chef Bogusz Pochylski, 31 ans, du 2ème régiment étranger d’infanterie meurt « dans l’accomplissement de sa mission au service de la France » en mars 2018. En août 2023, trois soldats trouvent la mort en dix jours : le sergent Baptiste Gauchot, 26 ans, du 19ème régiment de génie, l’adjudant Nicolas Latourte, 29 ans, du 6ème régiment de génie, tous deux « morts en opération dans l’accomplissement de leur mission » et le sergent Nicolas Mazier, 31 ans, du commando parachutiste de l&rsquo;air n° 10, mortellement touché lors d’un échange de tirs avec un groupe terroriste.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/serie-coeurs-noirs-une-immersion-avec-les-forces-speciales-en-irak/11/02/2024/">Série « Cœurs noirs » : une immersion avec les forces spéciales en Irak</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/societe/serie-coeurs-noirs-une-immersion-avec-les-forces-speciales-en-irak/11/02/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9986</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 21:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Eugène Sue]]></category>
		<category><![CDATA[Le Juif errant]]></category>
		<category><![CDATA[Les Mystères de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9931</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 30/01/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Chirurgien de Marine devenu dandy, Eugène Sue inaugure sous la monarchie de Juillet le genre du roman social au travers d’une fresque monumentale, Les Mystères de Paris. Bourgeois converti au socialisme, il laissera une empreinte littéraire indélébile, Théophile Gautier allant jusqu’à prétendre que « des malades ont attendu pour mourir la fin » d’une œuvre qui constitue d’abord le Mystère d’un homme.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 26 janvier 1804 et mort le 3 août 1857, Marie-Joseph Sue accompagne le Bonaparte du sacre et s’éteint alors que celui du coup d’État déroule à la face du monde la grandeur du Second Empire. Il est le fils de Jean-Joseph Sue (1760-1830), chirurgien de la Garde impériale fait chevalier d’Empire et devenu médecin personnel de Joséphine de Beauharnais, de Joseph Fouché puis de Louis XVIII. Grand serviteur de la dynastie qui ouvre le siècle, Jean-Joseph Sue offre à son fils, grâce à un poste de médecin chef de la maison militaire du roi, les plus belles relations qui puissent être nouées en 1815. Déjà filleul de Joséphine et d’Eugène de Beauharnais, Marie-Joseph Sue entre au lycée Condorcet, où il développe son impertinence. Quittant cet environnement qui l’ennuie en 1821, il est placé par son père comme stagiaire de la Maison militaire du roi, qui l’envoie en 1823 aux hôpitaux de Bayonne. Aux portes de l’Espagne, il soigne les blessés de Trocadéro puis est affecté à Cadix. Le soleil andalou lui inspire une première œuvre, théâtrale, qui sera jouée devant les notables de la ville en l’honneur du sacre de Charles X.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9938" aria-describedby="caption-attachment-9938" style="width: 345px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9938 " src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?resize=345%2C459&#038;ssl=1" alt="" width="345" height="459" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?w=612&amp;ssl=1 612w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w" sizes="auto, (max-width: 345px) 100vw, 345px" /><figcaption id="caption-attachment-9938" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Portrait de Jean-Joseph Sue, chirurgien en chef de la garde impériale et de son fils, à qui il se dispose à donner une leçon de botanique, portrait présenté par Adèle Romany au Salon de 1810. Une plongée au sein de la haute société bourgeoise de l’Empire.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Démissionnaire en 1825, il rentre à Paris et tente de noyer sa passion littéraire dans les journaux <em>La</em> <em>Nouveauté</em> et <em>Le</em> <em>Kaléidoscope</em>, où paraissent de premiers textes. Moins d’un an plus tard, il répond à l’appel des combats navals et s’embarque en tant que chirurgien, d’abord vers le Pacifique puis en parcourant les mers, des Antilles à la Méditerranée. Témoin en 1827 de la destruction de la flotte ottomane lors de la bataille de Navarin, dernière bataille navale de la marine à voile, il s’éprend en 1828 d’une femme antillaise qui le soigne de la fièvre jaune. Familier du bleu des flots, des clartés d’âmes comme des rougeurs du sang, le jeune officier quitte le service actif après cinq années de course vers le destin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A vingt-six ans, en 1830, il devient Eugène Sue, héritier de la superbe fortune familiale. Dandy couru par le Tout-Paris, « le Beau-Sue » noue une solide amitié avec le peintre de marine Théodore Gudin (1802-1880), déjà influencé par l’école anglaise. Alors que la France succombe au séjour parisien de Fenimore Cooper (1789-1851), auteur de The Red Rover et de The Water Witch, Sue obtient ses premiers succès en plongeant dans sa mémoire guerrière, d’où émergent successivement, entre 1830 et 1832 Kernok le pirate, El Gitano, Atar-Gull et La Salamandre. Membre dès 1834 du Jockey Club, il érige le snob en profession et dilapide son patrimoine en sept ans. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Encouragé par les critiques enthousiastes de Balzac et des lecteurs de La Mode, remarquant son pouvoir satirique, Eugène Sue décide de faire du métier d’écrivain sa passerelle vers la gloire. Le critique littéraire Sainte-Beuve (1804-1869) souligne le choix maritime de Sue en déclarant que celui-ci avait, pour l’éternité, « l&rsquo;honneur d&rsquo;avoir risqué le premier roman français en plein Océan, d&rsquo;avoir le premier découvert notre Méditerranée en Littérature ! ». La plume d’Eugène Sue se veut acérée, révélatrice des mœurs les plus basses comme sublimant l’ordinaire des gens de bien. Hélas, après une décennie de succès, il ne parvient pas à accrocher au roman historique et connaît un échec monumental avec une <em>Histoire de la Marine</em> en cinq volumes, parus de 1835 à 1837.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La plume qui perça <em>Les Mystères de Paris</em></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Rarement, et sans doute jamais, une œuvre littéraire ne fit trembler quotidiennement une société. Même les gens qui ne savaient pas lire, dira Théophile Gautier (1811-1872), trouvaient le moyen de connaître des aventures du distingué grand-duc Rodolphe, travesti en ouvrier redresseur de torts. Publiés de juin 1842 à octobre 1843 au sein du Journal des débats, l’un des principaux organes libéraux de la monarchie de Juillet, <em>Les Mystères de Paris</em> paraissent en feuilleton et inaugurent le genre du roman social, s’intéressant aux classes laborieuses. D’abord presque gêné de sa propre conversion aux histoires populaires, Eugène Sue est rapidement dépassé par son œuvre, qui entraine son héros, aux côtés du Chourineur, bagnard à la violence repentie, et d’une myriade de personnages aux vices aléatoirement corrigés ou multipliés, au beau milieu du plus grand théâtre du XIXème siècle : les rues de Paris. Premier roman-feuilleton à grand succès, <em>Les Mystères de Paris</em> constituent un exercice littéraire repris dans l’Europe entière et que Dumas auréolera au travers du <em>Comte de Monte-Cristo</em> (<em>Le Journal des débats</em>, 1844-1846) et des <em>Trois Mousquetaires</em> (<em>Le Siècl</em>e, 1844).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avec <em>Les Mystères de Paris</em>, Eugène Sue décrit une crèche laïque, vivante d’aspirations, dépassant maintes fois le manichéisme attendu en laissant libre cours à l’émotion. Balançant sa plume entre représentations et imaginaires bourgeois et restitution des malheurs et aspirations du petit peuple parisien, l’auteur réalise son propre fantasme de dandy confronté au réel, un non-sens apparent qui reflète une lente conversion au socialisme. Adulé par ses lecteurs, Eugène Sue se hisse en 1843 au sommet de la gloire : il est assimilé à son héros, auquel sont adressées chaque jour des lettres implorant bonnes œuvres et déroulant sollicitations, pour lesquelles l’auteur se ruine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9939" aria-describedby="caption-attachment-9939" style="width: 336px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-9939" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=336%2C508&#038;ssl=1" alt="" width="336" height="508" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=677%2C1024&amp;ssl=1 677w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?w=695&amp;ssl=1 695w" sizes="auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px" /><figcaption id="caption-attachment-9939" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Le Prince Rodolphe, héros des <em>Mystères de Paris</em>, dessiné par Pierre-Gustave Staal (1817-1882) en 1850. On notera que le dessinateur s’emploie à opposer le mouvement du corps et du vêtement : représenté dans une pose aristocratique, il arbore un visage aux traits des plus fins, ce qui contraste avec son habit typique d’ouvrier parisien. Il est la figure du prince immergé dans l’univers fantasmagorique des bas-fonds.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un créateur de héros populaires devenu porte-parole du petit peuple</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Plus que le brillant peintre d’une époque, Eugène Sue décide d’en devenir le critique. Devenu le héraut mythique du peuple de la rue, il est élu député de la Seine le 28 avril 1850, se déclarant républicain et socialiste. La légende atteint son paroxysme : Paris raconte que, lors de la rédaction des <em>Mystères de Paris</em>, Sue, manquant un jour à ses obligations de membre de la Garde nationale, fut emprisonné et dut son salut au maréchal Jean-de-Dieu Soult, Président du Conseil sous Louis-Philippe Ier, qui refusait que le feuilleton se trouve interrompu. La méthode d’Eugène Sue est la clé de compréhension de l’œuvre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/">David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"> S’appuyant, outre l’observation, sur les enquêtes du médecin Alexandre Parent du Châtelet (1790-1836), qui, préfigurant la sociologie empirique, publie en 1836 une monumentale étude hygiéniste intitulée <em>De la prostitution dans la ville de Paris</em>, Eugène Sue plonge au cœur des problématiques du siècle. Avec l’utilisation Tableau de l&rsquo;état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie du médecin Louis René Villermé, paru en 1840, il contribue à faire éclater les scandales du monde aux yeux du grand public. C’est cette connaissance scientifique, profonde et millimétrée des difficultés des habitants du Paris encore médiéval de l’île de la Cité qui fonde la popularité des <em>Mystères de Paris</em>. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le deuxième grand succès de l’auteur, <em>Le Juif errant</em> (<em>Le Constitutionnel</em>, 1844-1845) vérifie le poids du roman-fleuve, s’immisçant au milieu du débat sur l’enseignement secondaire et suscitant une réprobation populaire pour les méthodes jésuites. Le genre du roman social parisien se trouve ainsi bouleversé, surpassant ses premiers entrepreneurs, Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) et son <em>Tableau de Paris</em> ou Nicolas Edme Restif de la Bretonne (1734-1806) et ses <em>Nuits de Paris</em>. Vingt après Eugène Sue, sous la plume de Victor Hugo, le personnage de Fleur-de-Marie deviendra celui de Cosette dans <em>Les Misérables</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Refusant l’orientation anti-libérale du régime, Eugène Sue s’engouffre en 1849 dans un nouveau feuilleton, <em>Les Mystères du peuple</em>, dont l’exergue est « Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l’insurrection ». Censurés par le gouvernement du prince-président, mis à l’Index de Rome, condamnés par les évêques de France, les feuillets de cette nouvelle fresque sont traqués par la police et leur publication réduite à de discrets envois postaux. Eugène Sue fuit le coup d’État du 2 décembre 1851 et s’installe au sein des libéraux États de Savoie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">S’il entretiendra une certaine réserve, tentant encore une dizaine d’œuvres, romans sociaux ou ouvrages historiques teintés de révolte politique, Eugène Sue ne parvient jamais à emprunter le chemin que dessine, à coup de modernité galopante, l’empereur Napoléon III. Une fois l’œuvre des <em>Mystères du peuple</em> achevée, en 1857, 60 000 exemplaires sont saisis et détruits. L’imprimeur et l’éditeur sont condamnés à la suite du réquisitoire terrible du procureur Pinard (1822-1909), déjà tombeur de <em>Madame Bovary</em> et des <em>Fleurs du Mal</em>. Eugène Sue, sous le choc, se laisse mourir : il a cinquante-trois ans. Sa seule consolation, posthume, sera celle d’avoir provoqué un rassemblement sans précédent à Annecy lors de ses obsèques, pourtant célébrées à six heures du matin afin de prévenir tous troubles. Inhumé civilement, « en libre-penseur », Eugène Sue fut l’une des clés du Mystère français.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9953" aria-describedby="caption-attachment-9953" style="width: 351px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9953" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?resize=351%2C576&#038;ssl=1" alt="" width="351" height="576" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?w=351&amp;ssl=1 351w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?resize=183%2C300&amp;ssl=1 183w" sizes="auto, (max-width: 351px) 100vw, 351px" /><figcaption id="caption-attachment-9953" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;"><em>Les Mystères de Paris</em> d’Eugène Sue sont réédités pour la première fois au format poche en 2023 aux éditions 10/18. Plus de 2 000 pages découpées en quatre volumes, vendus moins de dix euros.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2024-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9931</post-id>	</item>
		<item>
		<title>«Voyage dans le cristal» : une exposition au musée de Cluny</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Dec 2023 22:48:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Idées de sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Cluny]]></category>
		<category><![CDATA[Cristal]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Musée]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9824</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 21/12/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/">«Voyage dans le cristal» : une exposition au musée de Cluny</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le cristal de roche s’est imposé à travers les siècles tant comme un objet de science que comme un matériau d’art. Utilisé par toutes les civilisations, privilège des pouvoirs spirituels et temporels, muse de nombreux artistes, ce quartz transporte, transforme, trompe, conquiert et défait l’Homme depuis toujours.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">« Vite, vite, ami, partons pour les féeriques régions du cristal ». Du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024, le musée de Cluny, musée national du Moyen Âge, propose une exposition intitulée « Voyage dans le cristal », en collaboration avec le musée du Louvre et avec le soutien de l’Ecole des Arts Joailliers. Les deux commissaires d’exposition, Isabelle Bardiès-Fronty, conservateur général du patrimoine au musée et Stéphane Pennec, archéologue et conservateur-restaurateur réussissent à cette occasion leur pari : celui de nous faire voyager, tant au travers du temps que de la matière.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi intitulée d’après le roman fantastique de Georges Sand Laura, sous-titré « Voyage dans le cristal » et paru en 1864, l’exposition est d’abord un hommage à l’évasion que procure la minéralogie. Georges Sand, que le musée de Cluny encense déjà pour la découverte en 1841 des tapisseries de <em>La Dame à la Licorne</em>, avait conduit Walter, le héros de Laura vers l’hypnotique et mythifié monde des Esquimaux. Elle est à nouveau le passeur des néophytes pour ce si surprenant monde minéralogique : « Regarde donc où je t’ai conduit et reconnais que j’ai ouvert tes yeux à la lumière du ciel ». Fascinant pour sa transparence et sa capacité à diffracter la lumière, nous offrant mille et une compositions, le cristal est tant un objet de science que d’art. Il a pourtant longtemps été l’objet d’interrogations.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9826" aria-describedby="caption-attachment-9826" style="width: 315px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9826" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?resize=315%2C236&#038;ssl=1" alt="" width="315" height="236" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?w=315&amp;ssl=1 315w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 315px) 100vw, 315px" /><figcaption id="caption-attachment-9826" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Têtes de lion sculptées dans un bloc de quartz, Rome, VIème siècle. Sans doute éléments d’accoudoirs, elles évoquent la pureté du cristal de roche lequel, associé au lion, symbolise le pouvoir.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un objet de science, d’art… et d’interrogation </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">On trouve des gisements de quartz hyalin partout : les plus connus se situent en Allemagne, dans les Alpes, en Arabie, aux Indes, au Pakistan, au Sri Lanka, en Amérique du Nord et du Sud et à Madagascar. Toutes les civilisations lui ont accordé une place dans leur spiritualité. Toutes l’ont considéré, travaillé, lui ont donné un rang, jamais des moindres. Appréhendé par Strabon comme <em>krystallos</em>, « glace » ou « eau gelée », il a été repris par Pline l’Ancien et occupe ainsi, de l’Antiquité jusqu’au premier cristallographe, la primauté dans tous les ouvrages de sciences naturelles. L’encyclopédiste Barthélemy l’Anglais (1202-1272), le définit, dans <em>Livre des propriétés des choses</em> (1247) comme une pierre reluisante et clere, qui a la couleur d’yaue, car il est engendré de nege ou de glace endurcie par moult de temps ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/le-vouvoiement-histoire-dun-panache-francais/02/03/2023/">Le «vouvoiement» : histoire d’un panache français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Cette approche pré-chimiste est remise en cause par Anselme Boèce de Boodt (1550-1632), qui ne parvient pourtant pas à expliquer l’origine de la pierre. Seul Jean-Baptiste Romé de l’Isle (1736-1790) y parvient en 1783 et mentionne le quartz, qu’il distingue encore du cristal. C’est la chimie du deuxième XVIIIème siècle qui permettra de considérer le cristal de roche comme un quartz. La portée symbolique de cette « mère des gemmes », responsable des propriétés de toutes les autres, fut longtemps issue, en Europe, de l’analyse du médecin Jean de Mandeville (1300-1372). Cette conclusion, curieuse pour nous, qui séparons le règne minéral du règne du vivant, conférait aux gemmes claires une vie rythmée par la naissance et la mort et faisait du cristal, par analogie, un conducteur de fécondité favorable aux mères.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une gemme pour le sublime</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Caton l’Ancien avait déclaré que « la vie humaine est comme le fer, elle s’use dans la pratique et se rouille dans l’inaction ». L’observation de l’utilisation par les hommes du cristal de roche nous permet de compléter cette analogie métallurgique en y introduisant une réflexion minéralogique. La vie humaine si elle s’use et se rouille, peut aussi se sublimer : tel est le rôle du cristal. Propice à la glyptique, l’art de la gravure, le cristal est partout, ce que nous montrent de nombreux travaux d’artistes au cours des siècles. Des perles de Tello (Irak) à l’<em>Aphrodite accroupie</em> de la Villa Getty, l’Antiquité représente un passage dans la sphère figuratif pour le cristal. On appréhende ainsi beaucoup mieux le travail minutieux des bagues papales du XVème siècle ou de la <em>Chute de Phaéton</em> en cristal gravé par Giovanni Bernardi (1494-1553) d’après un dessin de Léonard de Vinci.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-tulipomanie-de-la-bulle-speculative-a-la-vanite-florale/13/04/2020/">La Tulipomanie : de la bulle spéculative à la vanité florale</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’art européen comme oriental s’est saisi de cette matière, nous léguant un indice symbolique et spirituel sur son utilisation. Reliquaire de Saint Luc, collier à boule de Chilpéric, phylactère de Saint Hubert, châsse de Sainte Fausse : le cristal s’impose comme un moyen de visiter, plusieurs siècles après, les ateliers d’artisans dévoués répondant aux commandes des puissants. Le prêt par le musée du Louvre du <em>Salvator Mundi </em>de Joos Van Cleve (1485-1541) sublime cette relation, le Christ porteur d’un globe de cristal trônant au milieu du <em>frigidarium</em> clunisien transformé en Jérusalem céleste. On devine un jeu millénaire d’exposition des œuvres médiévales aux variations de la lumière, reflet de la puissance ecclésiastique. De nombreux objets moins attendus, telle une aiguière à forme de dragon de l’atelier des Saracchi, artisans lapidaires milanais, nous plongent dans l’usage profane de la matière, souvent conviée à la table des rois de France.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9827" aria-describedby="caption-attachment-9827" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9827" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?resize=480%2C354&#038;ssl=1" alt="" width="480" height="354" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?w=480&amp;ssl=1 480w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?resize=300%2C221&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption id="caption-attachment-9827" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Aiguière en forme de dragon, Atelier des Saracchi, Milan, XVIème siècle. © 2009 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un pont entre les hommes</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’usage du cristal pourrait être un objet anthropologique, tant la matière fut utilisée par les civilisations les plus éloignées. L’énergie vitale attribuée au cristal trouve une illustration dans l’association amérindienne d’un quartz et d’une dent, sans doute à fin rituelle. Un polissoir à papier iranien portant une inscription coranique, l’intégralité de la sourate « <em>Ya-Sin</em> », lue en cas de guerre, de voyage ou de maladie nous renseigne sur la façon dont le monde médiéval relaya la fonction divinatoire de la gemme.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9828" aria-describedby="caption-attachment-9828" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9828" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?resize=640%2C521&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="521" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?resize=300%2C244&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9828" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Polissoir à inscription coranique, Iran, XVIIIème-XIXème siècle © 2012 Musée du Louvre / Hervé Lewandowski</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La Renaissance et son nouveau regard apporté sur Euclide pousse Luca Pacioli (1447-1517), par son <em>De Divina Proportione </em>(1498) à adopter un regard géométrique sur le cristal. Albrecht Dürer (1471-1528) en déploiera les volumes tandis que les sculpteurs de vanités italiens feront les joies des grandes familles princières. Le quartz sera également partie prenante au XXème siècles et aux aventures de l’optique et du surréalisme. Revanche de la matière sur les hommes, le cristal sera aussi le support de l’une des plus belles blagues modernes : le crâne de cristal prétendument précolombien. Une série de crânes « découverts » au XIXème siècle et attribués au Mictecacihuati aztèque, tel celui longtemps exposé au musée d’Ethnographie du Trocadéro ne sont en effet considérés comme ce qu’ils sont, soit des créations allemandes contemporaines, que depuis quelques petites dizaines d’années. Le sujet fait sourire et évoque tout un pan de la pop-culture amatrice de prêt-à-penser, tel le <em>Royaume du crâne de cristal</em> qu’explore l’aventurier Indiana Jones (Steven Spielberg, 2008).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9829" aria-describedby="caption-attachment-9829" style="width: 300px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-9829" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="300" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-9829" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Crâne de cristal du musée du quai Branly, Paris. Eugène Boban, un marchand d&rsquo;antiquité controversé, vend cette pièce à Alphonse Pinart, un jeune explorateur qui en fit don au Musée d&rsquo;ethnographie du Trocadéro.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’exposition poursuit sa réussite en montrant les capacités actuelles du cristal, qui, s’il est bien un minéral, reste un moteur vivant pour nos artistes. L’un d’entre eux, Patrick Neu, invité de l’exposition réinterprète certains motifs artistiques sur cristal : une scène de bataille sur un verre de cristal au noir de fumée, ainsi qu’une danse macabre dessinée sur la matière brute.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2023-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/">«Voyage dans le cristal» : une exposition au musée de Cluny</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9824</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Shane MacGowan : un irlandais chez les punks</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/shane-macgowan-un-irlandais-chez-les-punks/06/12/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/shane-macgowan-un-irlandais-chez-les-punks/06/12/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Dec 2023 14:58:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Chanteur]]></category>
		<category><![CDATA[Irlande]]></category>
		<category><![CDATA[Musicien]]></category>
		<category><![CDATA[Punk]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Shane MacGowan]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9741</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/12/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/shane-macgowan-un-irlandais-chez-les-punks/06/12/2023/">Shane MacGowan : un irlandais chez les punks</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Ce 30 novembre 2023, la musique est en deuil : la journaliste Victoria Mary Clarke annonce le décès de son mari, le musicien Shane MacGowan, icône de la scène rock celtique des années 1980. Il affirmait ne jamais avoir été sobre depuis ses quatorze ans. Il aura surtout transporté durant plus de quarante ans, avec son groupe « The Pogues », les cœurs d’une jeunesse résolument punk, résolument irish.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Shane Patrick MacGowan est né en Angleterre le 25 décembre 1957 de deux parents irlandais. Son père, employé de magasin, lit et écrit, sa mère chante, pose comme mannequin et danse aux rythmes de la musique traditionnelle irlandaise. Rentré en Irlande dès sa naissance, Shane est complètement immergé au sein de la culture du « pays fertile ». L’alcool, les cigarettes, le jeu, le catholicisme : tout est en accès libre au sein d’une famille permissive qui laisse Shane plonger dans tous les domaines, dès la plus petite enfance. Enfant timide mais brillant, il obtient en 1971 une bourse d’études musicales et intègre le <em>Royal College of Saint Peter</em> de Londres, la prestigieuse <em>Westminster School</em>. Teintée d’un accent cockney attrapé dans les faubourgs de la capitale britannique ainsi que d’un intérêt marqué pour les drogues, une vie publique démarre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/le-vouvoiement-histoire-dun-panache-francais/02/03/2023/">Le «vouvoiement» : histoire d’un panache français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Exclu dès la deuxième année de son collège londonien pour possession de drogues, Shane adopte le nom d’O’Hooligan et fréquente toute la scène punk londonienne, alors marquée par les succès des <em>Sex Pistols</em>. L’une des premières photographies connues du jeune musicien est issue d’un article de 1976 titré « Cannibalism At Clash Gig ». Elle présente Shane couvert de sang, le lobe d’oreille déchiré par la parolière du groupe Mo-dettes, Jane Crockford, qu’il avait tenté d’embrasser lors du concert du groupe londonien <em>The Clash</em>. Membre du groupe <em>The Nips</em> du punk Shanne Bradley, O’Hooligan signe un premier succès avec un titre extraordinairement mélodique et nostalgique, « Gabrielle ». Il y rencontre, alors à la guitare, son futur accordéoniste, James Fearnley.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Le prince irrévérencieux</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Après l’éphémère groupe <em>The Millwall Chainsaws</em> des années 1970, Shane, redevenu MacGowan, fonde avec Peter Stacy et Jem Finer le groupe qui le fera connaître : « The Pogue Mahone », traduction de la délicate expression gaélique « óg mo thóin », ce qui signifie « embrasse mon cul ». Refusé dans de trop nombreuses radios, le trio deviendra bien vite <em>The Pogues</em> et se produira pour la première fois le 4 octobre 1982 au <em>Pindar of Wakefield</em>. Rejoint par un ensemble de basses et de guitare, le groupe présente un harmonica, deux banjos et une flûte irlandaise. Ouverture des Clash lors de la tournée de 1984, <em>The Pogues</em> sort un premier album, « Red Roses for Me », qui réalise un bon résultat au Royaume-Uni. En 1985, avec le churchillien « Rum, Sodomy and the Lash », clin d’œil aux traditions de la Royal Navy, Shane MacGowan développe ses textes et réalise des tubes, dont « Sally MacLennane » et « Dirty Old Town » ainsi qu’une reprise de « And the Band Played Waltzing Matilda », désormais plus connue que l’original. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Aux dires de Shane MacGowan, avec <em>The Pogues</em>, « l’idée n’était pas compliquée : jouer de la musique traditionnelle irlandaise mais à fond la caisse ». Le succès devenu international grâce à « Dirty Old Town », le groupe se trouve confronté à la personnalité de son meneur. Tirant son originalité d’une voix rauque nourrie au tabac et à l’alcool, il titube à tous les concerts, performe ivre, sous acides et amphétamines. Dans <em>The Dark Stuff : L’envers du rock</em> (Naïve, 2006), le journaliste Nick Kent, autorité en la matière, livre ce qui est sans doute la plus belle description du personnage : « <em>Il fait preuve d&rsquo;un attachement très romantique à son héritage celtique, mais ses manières, son attitude, sont celles du zonard punk londonien typique. Disons qu&rsquo;il y a chez lui un délicat mélange d&rsquo;aristocrate et de crétin, de dandy et de dadais. Il n&rsquo;a pas son pareil pour faire rimer académique avec bordélique</em> ». Shane MacGowan fut un prince de la mélodie, un ivrogne scénique, un déchaîné sensible, un catholique chaotique : le plus brillant cas social qui puisse être présenté à l’<em>establishment</em>.  </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un conteur d’Irlande</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Produisant de superbes pièces de musique traditionnelle, dont une reprise de « Irish Rover » en collaboration avec <em>The Dubliners</em>, <em>The Pogues</em> s’emparent dans les années 1980 de deux places au classement des « 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie ». En 1988, « Fairytale of New-York », proposant un duo entre Shane MacGowan et Kirsty MacColl, cri de détresse de la jeunesse irlandaise émigrée, devient un énorme succès commercial qui achève d’inscrire <em>The Pogues</em> à la postérité. Incontrôlable, MacGowan quitte le groupe en 1991 et fonde <em>The Popes</em>, support de nombreuses collaborations. Il rejoint <em>The Pogues</em> pour une tournée de Noel en 2001 et multiplie les apparitions en festival, de Chicago (2011) à Landerneau (2014).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Présent dans tous les foyers de culture celte à Noël, Shane MacGowan est également adulé par les républicains irlandais comme l’un des meilleurs dénonciateurs des erreurs britanniques dans les « troubles » d’Irlande du Nord de 1988. Avec « Streets of Sorrow/Birmingham Six », <em>The Pogues</em> crient à l’injustice en faveur des six Nord-Irlandais condamnés à tort dans l’explosion du pub de Birmingham en 1975. Suspectés d’être membres de la <em>Irish Republican Army</em>, ceux-ci ne seront innocentés qu’en 1991 ce qui représente la plus grande erreur judiciaire du pays. Le « champion de la justice sociale » salué par le Sinn Fein devint, par ses chansons, le grand frère de toutes les âmes démunies de l’émigration irlandaise en Angleterre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/john-stuart-petit-fils-de-roi-fils-de-regent-connetable-de-france-portrait-dune-figure-de-lauld-alliance/17/09/2020/">John Stuart : petit-fils de roi, fils de régent, connétable de France, portrait d’une figure de l’Auld Alliance</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Atteint d’une encéphalite virale et se déplaçant en chaise roulante depuis 2015, Shane MacGowan succombe le 30 novembre 2023 à l’âge de 65 ans. Le président irlandais Michael D. Higgins salue en lui « l’un des plus grands paroliers de la musique », auteur de « poèmes parfaitement rédigés ».    </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un seul mot d’ordre : « Póg mo thóin ! »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Comment porter un jugement sur le punk alors que celui-ci est, cette fois-ci, bel et bien mort ? Le souvenir de quinze ans d’une modernité exceptionnelle s’est envolé, après avoir tout contesté, tout déchiré, après avoir crié à la face du monde l’impensable. Impardonnable pour son nihilisme pré-déconstructiviste, le mouvement réalise cependant une synthèse merveilleuse de mélodies traditionnelles et de paroles argotiques révoltées. Shane MacGowan nous permet, pour l’éternité, de dépasser l’immonde idéologie « No future » des <em>Sex Pistols</em> pour celle de « Un jour peut-être ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ceci parce qu’un « punk » incarne depuis des siècles la « personne sans roi », l’esprit jeune et libre des déchirés de la vie, de ceux dont l’avenir s’écrit par la débrouille, de ceux dont le groupe, qu’il soit peuple ou génération, a été maté. Le punk celtique résume ce cri, celui d’un peuple soumis à la rigueur de l’occupant depuis toujours, du Cygne de Jean IV de Bretagne aux morts du Bloody Sunday, d’une jeunesse désemparée par la négation de son héritage. Shane MacGowan avait hissé le punk au plus haut, conjuguant tradition et modernité dans un élan énergique, sacrifiant un corps irlandais pour des idées universelles, celles des peuples libres. Car en Irlande, sous les pavés, on trouve l’herbe verte, moteur des hommes depuis deux mille ans.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2023-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/shane-macgowan-un-irlandais-chez-les-punks/06/12/2023/">Shane MacGowan : un irlandais chez les punks</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/shane-macgowan-un-irlandais-chez-les-punks/06/12/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9741</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 22:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Édouard Corniglion-Molinier]]></category>
		<category><![CDATA[Indochine]]></category>
		<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9718</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Édouard Corniglion-Molinier combattit lors de deux guerres mondiales, produisit au cinéma cinq films et fut plusieurs fois ministre. Sa vie constitue un témoignage du bouleversement que fut l’aviation pour une génération de chevaliers célestes qui, d’une guerre à l’autre, firent démonstration de leur goût pour l’aventure.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né à Nice le 23 janvier 1898, Édouard Corniglion refuse, malgré de brillantes études secondaires, le chemin tracé pour lui par son père notaire. Au sein du lycée Masséna de Nice, il fait la rencontre de Roland Garros, son aîné de dix ans et trublion débarqué de Cochinchine. Ce dernier l’initie au football, à la bagarre, à l’aviation mais surtout à l’école buissonnière, ce qui lui permet d’assister au fameux meeting aérien de Nice d’avril 1910, lors duquel il réalise son baptême de l’air. Issu de la même génération que Hubert Latham, Jorge Chávez ou Georges Legagneux, tous pionniers de l’aviation fauchés dans les airs avant 1914, Édouard Corniglion découvre, parcourant les salons aériens, sa véritable vocation. Dès l’âge de 17 ans, Édouard Corniglion, qui portera aussi le nom de sa mère, Anne Molinier, rêve de s’engager.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/roland-garros-portrait-dun-aviateur-qui-donna-son-nom-a-un-terrain-de-tennis/28/02/2021/">Roland Garros : un aviateur qui donna son nom à un terrain de tennis</a></span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès 1915, encore âgé de seize ans, il maquille son état-civil et s’engage au 27ème bataillon de chasseurs alpins. Face à l’insistance de son père, il rejoint très vite la cavalerie et passe au 5ème régiment de dragons à Saumur. Un mois plus tard, il demande sa mutation dans l’aviation et décroche son brevet de pilote de chasse à Ambérieu, le 27 avril 1916. Brigadier, il est envoyé en Italie et intègre l’escadrille N392 où il combat les austro-hongrois dans le ciel adriatique. Il se porte volontaire pour toutes les missions, d’observation, de bombardement ou de chasse et obtient plusieurs victoires, malgré une blessure et le paludisme. Démobilisé avec le grade de sous-lieutenant en 1919, décoré de la Légion d’honneur et médaillé militaire, il est le plus jeune pilote de chasse français de la guerre, l’un des seuls rescapés d’une génération d’as qui comptait Georges Guynemer, Maurice Boyau, Michel Coiffard et tant d’autres.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-9727"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="464" height="276" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?resize=464%2C276&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-9727" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?w=464&amp;ssl=1 464w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?resize=300%2C178&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 464px) 100vw, 464px" /><figcaption class="wp-element-caption"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nieuport 23 d’Édouard Corniglion. L’avion porte le juron vénitien qui est sa marque de reconnaissance : « Ocio ! Fiol d&rsquo;un can » (« Attention ! Fils de chien. »). ©Collection Paolo Varriale</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Entre-deux-guerres : des rêves plein la tête</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Docteur en droit et licencié ès lettres après-guerre, Édouard Corniglion-Molinier est peu emballé par la perspective paternelle. Fasciné par le Napoléon d’Abel Gance, l’un des derniers chefs d’œuvre du cinéma muet, il achète en 1927 les studios Victorine de Nice, où se rencontreront Marcel Carné et Jacques Prévert, duo iconique du cinéma d’entre-deux-guerres. Après l’adaptation du roman d’Antoine de Saint-Exupéry Courrier Sud (1937), il produit Drôle de drame (1937), devenu un classique par le célèbre « Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre » prononcé par Louis Jouvet. Lié à André Malraux depuis 1934, il produit son unique film, <em>Espoir, sierra de Teruel</em>, interdit en Espagne et censuré en France. Collaborateur du journal <em>Paris-Soir</em> puis de <em>L’Intransigeant</em> dans les années 1930, il participera en 1945 à la fondation du magazine <em>Point de Vue</em>.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le regard toujours tourné vers les cieux, il accepte en 1934 ce qu’Antoine de Saint-Exupéry et Jean Mermoz ont refusé : accompagner André Malraux sur les traces du royaume de Saba. Sans plan de vol, sans autorisations, sans connaissances archéologiques précises, ils éprouvent leur amitié au Yémen, vivant mille aventures. Sans jamais rapporter de résultats, ils deviennent les héros du magazine de comics américain Argosy, alors célèbre diffuseur de la série Tarzan. En 1936, aidés par Jean Moulin, le duo inséparable livrera des avions aux républicains espagnols. Enfin, Édouard Corniglion-Molinier s’embarque fin 1936 pour le Cap aux cotés de Jim Mollison, le plus jeune pilote britannique de la Première Guerre Mondiale, tentant de battre un record de vitesse depuis l’Angleterre.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Seconde Guerre Mondiale : les ailes de la Liberté</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fin août 1939, il est appelé comme capitaine de réserve à l’état-major, et demande immédiatement une affectation à la chasse, renonçant à tous les privilèges de son grade et de son âge. Entre mai et juin 1940, lors de la campagne de France, il abat trois appareils ennemis et devient ainsi l’un des trois pilotes français à avoir descendu un avion dans les deux guerres. Prenant contact avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie dès août 1940, il fonde le mouvement de sabotage et de recrutement La Dernière colonne. Surveillé par le Ministère de l’Intérieur du fait de sa proximité avec Malraux, il est arrêté à Marseille mais vite libéré : il rejoint alors New-York et s’engage au sein des Forces françaises Libres.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Inconnu du général De Gaulle, qui avait ordonné « Que Corniglion me rejoigne et que Molinier reste en France », il devient chef d’état-major des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) au Moyen-Orient. Au cours des campagnes de Lybie et de Cyrénaïque, il constitue le groupe de chasse « Alsace » et le groupe de bombardement « Lorraine » et détruit une colonne de chars de l’Afrikakorps. Commandant des FAFL en Grande-Bretagne à partir de 1942 puis commandant des forces aériennes de l’Atlantique chargées de la neutralisation des poches de résistance de La Rochelle et Royan, il finit la guerre comme général de division aérienne. Édouard Corniglion-Molinier se voit alors proposer un poste en état-major, ce à quoi il répond « Je suis la mode, en temps de paix, je suis toujours en civil ». Compagnon de la Libération par décret du 20 novembre 1944, il ajoute à ses nombreuses décorations étrangères de 1914-1918 une deuxième Croix de Guerre, avec quatre citations.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mener sa vie sans chercher à l’écrire</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre terminée, Édouard Corniglion-Molinier revient à ses passions : l’aéronautique, le cinéma et la presse. Administrateur de grandes sociétés, il est vite séduit par l’aventure parlementaire. Il est élu député des Alpes-Maritimes en juin 1951, après avoir été sénateur de la Seine et conseiller de la République en 1948. Lors de ses meetings, il s’associe au cinéaste Marcel Pagnol, entré en 1946 à l’Académie française. Il participe également, au travers du conseil général, dont il est membre, à la création du Festival international du film. Membre de la commission de la défense nationale et de la commission de la presse, de la radio et du cinéma, il se voit confier plusieurs portefeuilles ministériels : d’abord ministre d’Etat chargé du Plan puis Garde des Sceaux, ministre de la Justice, il devient ministre d’Etat chargé du Sahara et délégué général permanent de la République de Côte-d’Ivoire en France.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-lazareff-portrait-dun-des-plus-grands-patrons-de-presse-francais-du-xxeme-siecle/05/03/2020/">Pierre Lazareff : un des plus grands patrons de presse français du XXème siècle</a></span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rallié au gaullisme au sein de l’Union pour la nouvelle République, il est à nouveau élu député des Alpes-Maritimes en 1962, mandat qu’il exercera jusqu’à sa mort. Membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, il reste conseiller général des Alpes-Maritimes et maire du village de Roquebillière. Très attaché à la modernisation de l’aviation civile et militaire, le général Édouard Corniglion-Molinier réalise le 18 juin 1955 le record de vitesse du trajet Paris-Nice à bord d’un Mystère IV N aux cotés de Gérard Muselli. Il est alors ministre des Travaux publics en fonction.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-9723"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="640" height="360" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=640%2C360&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-9723" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?w=996&amp;ssl=1 996w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption class="wp-element-caption"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le général Édouard Corniglion-Molinier passe les troupes en revue, 1945 © Service historique de la Défense</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ayant refusé toute sa vie la mollesse de la conformité, il demande, toujours ministre, l’autorisation de sauter sur Diên-Biên-Phu, ce qui lui est refusé. Édouard Corniglion-Molinier avait déclaré « ne pas vouloir mener de vie tranquille et refuser de mourir dans son lit » : il meurt le 9 mai 1963 à bord de la Caravelle qui le ramène de Nice à Paris. Son éloge funèbre est prononcé en la cathédrale Saint Louis des Invalides par Gaston Palewski, lieu d’où, entourée des Compagnons de la Libération, s’éleva l’âme d’un chevalier du ciel.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 2019, dans une biographie intitulée <em>Édouard Corniglion-Molinier : un paladin au XXème siècle</em>, son gendre Maurice Ligot lui rendit hommage en livrant le récit d’une vie qui fut « un hymne aux facettes nouvelles et passionnantes du génie humain ». Du 2 octobre 2023 au 4 février 2024, le Musée de l’Ordre de la Libération, situé au cœur de l’Hôtel national des Invalides, consacre une exposition temporaire à « Un chevalier du ciel : Édouard Corniglion-Molinier ».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2023-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9718</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 18:01:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9478</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="s5"><strong><span style="color: #000000;"><span class="s4">Guillaume le Maréchal, issu </span><span class="s4">d’une modeste famille anglo-normande du XIIème siècle, vainqueur de nombreux tournois</span><span class="s4"> et</span><span class="s4"> survivant à cinq batailles, fut considéré par ses contemporains comme le meilleur chevalier du monde. </span><span class="s4">Elevé par ses dons dans la hiérarchie féodale jusqu’à devenir l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre, il devint, sous la plume de Georges Duby, </span><span class="s4">une</span><span class="s4"> sublime figure littéraire qui nous transporte aux Âges chevaleresques.</span></span></strong></p>
<h3 class="s3"></h3>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">La date de naissance exacte de Guillaume le Maréchal nous est inconnue. Les historiens l’on fixée aux alentours de 1145. Toujours est-il que l’homme lui-même n’a jamais </span><span class="s4">s</span><span class="s4">u</span><span class="s4"> son âge avec certitude. Sur son lit de mort, en 1219, il se plaignait de la lassitude que lui offraient ses quatre-vingt ans passés. Sans doute exagérait-il un peu. Au moins ajoute-il ainsi à sa légende un élément : celui d’avoir su, partant d’un lignage </span><span class="s4">relativement modeste, mourir l’égal des rois, offrant même</span><span class="s4"> un</span><span class="s4"> festin aux pauvres du royaume le jour de s</span><span class="s4">on passage. Un</span><span class="s4"> attribut </span><span class="s4">régalien</span><span class="s4">.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s2">« Dieu aide le Maréchal »</span><span class="s2"> : une fortune faite de bravoure</span></span></h3>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Fils de Jean le Maréchal et petit-fils de Gilbert, maréchal de la cour de Henri Beauclerc (1168-1135), Guillaume est l’héritier d’une famille de petits barons ayant</span><span class="s4"> la</span><span class="s4"> charge de seconder les connétables anglo-normands. Par sa mère, Sybille de Salisbury, il est allié à la famille de Tancarville, longtemps dépositaire de la charge de chambellan du duc de Normandie. C’est d’ailleurs auprès de Guillaume de Tancarville</span><span class="s4">, chambellan d’Angleterre, qu’il fera son apprentissage, sur le continent.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Plongé dès son enfance dans les luttes intestines </span><span class="s4">de l’Anarchie anglaise</span><span class="s4"> qui opposent les fidèles d’Etienne de Blois, neveu du défunt Henri Ier, à son héritière légitime et désignée, Mathilde l’Emperesse, épouse du roi des Romains, que Guillaume est </span><span class="s4">promis à un engagement politique et militaire</span><span class="s4">. </span><span class="s4">Preuve en est, ce jeune garçon jalousé en Normandie car chéri de son maître, ce qui lui vaut le surnom de « gâte-viande », est ceint dès sa vingtaine de l’épée, que Georges Duby</span><span class="s4"> (1919-1996) </span><span class="s4">analyse comme « un outil, mais d’avantage, un emblème du droit et du devoir de combattre ». </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Désormais jeté sur les routes comme cherche-fortune, Guillaume se met en quête d’un parti à servir. Le haut lignage de sa mère lui permet de se mettre à la disposition du comte Patrice de Salisbury, alors chargé par le roi Henri II (1133-1189) de veiller à la protection de son épouse, Aliénor d’Aquitaine (1122-1204). C’est à l’occasion de cette mission d’escorte que Guillaume prouve sa bravoure : son oncle Patrice est assassiné « à la poitevine », c’est-à-dire sans respect de l’honneur chevaleresque. </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Répondant aux attentes de son lignage,</span><span class="s4"> il se jette dans une mêlée qui l’oppose à soixante-huit adversaires</span> <span class="s4">ce qui, malgré une défaite rapide, fait de lui un chevalier accompli, n’ayant pas </span><span class="s4">hésité</span><span class="s4"> à venger le lieutenant du roi et ainsi, le roi lui-même. Cet épisode lui permet, dès 1170, d’être choisi par Henri II comme membre de la </span><span class="s11">mesnie</span><span class="s4"> de son héritier, Henri le Jeune.</span> <span class="s4">Cet épisode fondateur nous permet de pleinement comprendre l’homme, à la suite de Georges Duby : « Il n’avait jamais cessé d’agir selon les règles de la chevalerie. En simple chevalier. Il n’avait jamais été que cela ».</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s3"><span class="s2" style="color: #000000;">Guillaume le Maréchal, u</span><span class="s2" style="color: #000000;">n tournoyeur devenu régent d’Angleterre</span></h3>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Guillaume le Maréchal relève-t-il de l’anomalie ou </span><span class="s4">poursuit-il une ascension sociale classique à la fin du XIIème siècle ? Pour Georges Duby, l’adresse militaire et politique de cet homme qui ne s’éloigna pas de son éducation chevaleresque lui permirent une fortune certes exceptionnelle, mais toujours juste, ne relevant pas d’autre chose que de son sens de l’honneur. </span><span class="s4">« Lorsque j’interroge ce document si riche afin de suivre la trajectoire d’une ascension personnelle, et ceci dans l’intention de construire, partant de cet exemple, des hypothèses mieux fondées sur ce que purent être les mouvements de capillarité, de promotion dans l’aristocratie d’Occident durant ce demi-siècle qui encadre l’an 1200, un fait m’apparaît très clair : la roue de la fortune élevant les uns, rabaissant les autres, tournait de plus en plus vite en ce temps-là, même dans ce milieu social apparemment stable »</span><span class="s4">. Le seul caractère de Guillaume lui permit donc d’être qualifié à sa mort de « meilleur chevalier du monde ».</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​</span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Car c’est bien la chevalerie, cet art de vivre guerrier, qui permit au jeune serviteur d’Henri le Jeune d’accèder à l’inaccessible. Prenant le parti du fils contre son père lors de la révolte de 1173 </span><span class="s4">et 1174, il sert l’opposition au roi Henri II formée par ses trois fils, Henri, Richard, Geoffroy et leur mère Aliénor auxquels se joignent de nombreux barons. Cette lutte entre deux partis, Guillaume y participe brillamment au cours des tournois qui prennent place dans le nord du royaume de France. Capturant plus de cinq cent chevaliers lors de ces manifestations guerrières, où les prisonniers s’échangent à prix d’or, il acquiert la réputation d’un tournoyeur redoutable. </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">En cette époque, ces théâtres de l’honneur réunissaient la fleur de l’Europe presque chaque semaine que compte les beaux jours et opposaient les équipes en « grande noise et grand bruit ». Dix ans de ce jeu qui n’en était pas un firent de lui le serviteur le plus connu des révoltés, si bien qu’à la mort d’Henri le Jeune en 1183</span><span class="s4">, son père le roi le pria à son service. Après une période de croisade au sein de l’ordre du Temple, temps méconnu par les chroniques, il devient le plus fidèle serviteur du roi dans la lutte contre Richard Cœur de Lion. </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Le temps des tournois semble alors s’éloigner et Guillaume, confirmé lors de l’avènement au trône de Richard, épouse l’un des plus beaux partis du royaume, « la pucelle de Striguil », Isabelle de Clare (1172-1220). Pupille du roi Henri II, elle était dotée du château de Pembroke et du comté de Buckingham. Petite-fille du roi de Leinster, elle possédait un quart de l’Irlande ainsi que, par ses origines capétiennes, de nombreuses terres </span><span class="s4">au sein de </span><span class="s4">l’honneur de Longueville. </span><span class="s4">A la tête de soixante-cinq fief, Guillaume le Maréchal se transforme : il atteint le cercle étroit de ceux qui dominaient le monde.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Ne défiant jamais Jean Sans Terre, qui usurpe son frère Richard parti pour la Terre Sainte, Guillaume</span><span class="s4"> n’en fut pas pour autant son familier : il s’attacha à préserver l’Angleterre, exsangue des dépenses du roi croisé. Ainsi, il s’engagea naturellement à combattre les barons anglais ralliés au prince Louis (1187-1226) et, septuagénaire, remporta la bataille de Lincoln, le 20 mai 1217. Chevalier jusqu’au bout, il tua le jeune comte du Perche, âgé de vingt ans et raccompagna, sans faire de lui son prisonnier, le dauphin capétien sur les rivages sud de l’Angleterre. Dans un ultime élan de fidélité, il accepta la garde de l’héritier de Jean Sans Terre, le futur Henri III (1207-1272), alors âgé de neuf ans. Dans un monde où la chevalerie n’était déjà plus, le XIIIème siècle laissant la politique </span><span class="s4">guider les rapports humains, il se contenta donc, durant deux ans, de veiller à la bonne régence du royaume.</span></span></p>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Relique d’un monde qui n’était plus, </span><span class="s11">William Marshal</span><span class="s4"> expira le 14 mai 1219, auréolé à jamais d’avoir été celui qui, atteignant au cœur d’un</span><span class="s4">e réalité</span><span class="s4"> changé</span><span class="s4">e</span><span class="s4"> le plus haut degré d’humanité, avait fait vivre l’incorruptible esprit chevaleresque du XIIème siècle. </span><span class="s4">Revêtu du manteau blanc à croix rouge de l’Ordre du Temple, il vit ses ultimes heures dans un nouvel état</span><span class="s4">,</span> <span class="s4">celui de moine, plus proche de l’hôte de sa dernière demeure</span><span class="s4">.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s3"><span class="s2" style="color: #000000;">La vie de Guillaume le Maréchal, un testament pour l’Europe</span></h3>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">De ses cinq fils, Guillaume (1190-1231), Richard (1191-1234), Gibert (1197-1241), Gauthier (1199-1245) et Anseau (1208-1245), tous comtes de Pembroke, le Maréchal n’obtiendra aucune descendance légitime. Opposé toute sa vie à une succession d’archevêques de Cantorbéry fidèle à Richard Cœur de Lion, il fut, en une génération, </span><span class="s4">dépouillé de tout héritage</span><span class="s4"> matériel. Son sang lui survit au travers de ses filles : Maud (1194-1248) par son premier mariage avec Hugues Bigot, comte de Norfolk, est l’ancêtre directe de </span><span class="s4">deux</span><span class="s4"> rois Plantagenet puis de tous les monarques d’Angleterre à partir d</span><span class="s4">e </span><span class="s4">Henri VIII (1509-1547)</span><span class="s4"> ; </span><span class="s4">Isabelle (1200-1240)</span><span class="s4">, par son premier mariage avec Gilbert de Clare, comte d’Hertford et de Gloucester, figure parmi les ascendants des dynasties écossaises Bruce et Stuart.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/silius-italicus-naitre-avocat-vivre-consul-mourir-poete/31/07/2022/">Silius Italicus : naître avocat, vivre consul, mourir poète</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Mort, Guillaume survécu aux siècles au travers d’une chanson biographique narrée par son écuyer, Jean d’Early, et mise en forme par un clerc copiste</span><span class="s4"> et trouvère</span><span class="s4">.</span> <span class="s4">Financé par Guillaume le Jeune, ce manuscrit, voué à l’ultime hommage d’un fils à son père, détonne avec les éloges de Philippe Auguste ou de Geoffroy Plantagenet, dont le souvenir fut fixé par la langue savante des liturgie ecclésiastiques.</span><span class="s4"> Plus proche de la chanson de geste que du modèle qu’était la </span><span class="s11">Vie des douze Césars</span><span class="s4"> de Suétone (70-140), ce récit fait du Maréchal un être à part.</span></span></p>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Cette œuvre</span> <span class="s4">monumentale,</span><span class="s4"> octosyllabique rythmé de plus de 19 000 vers</span><span class="s4">, dont subsiste un manuscrit du XIIIème </span><span class="s4">siècle, fut remise à la lumière du jour par Paul Meyer (1840-1917), qui le </span><span class="s4">publia en trois volumes</span><span class="s4"> sous le titre</span> <span class="s11"><em>Histoire de Guillaume le Maréchal</em>, comte de Striguil et de Pembroke, régent d&rsquo;Angleterre</span><span class="s4">. En 1984, l’historien Georges Duby grand </span><span class="s4">spécialiste</span><span class="s4"> du Moyen-Âge et auteur en 1978 du célèbre </span><em><span class="s11">Les Trois Ordres ou L&rsquo;Imaginaire du féodalisme</span></em><span class="s4">, lui consacra</span><span class="s4"> un ouvrage</span><span class="s4"> en 1978</span><span class="s4">,</span> <em><span class="s11">Guillaume le Maréchal ou Le meilleur chevalier du monde</span></em><span class="s4">, dans lequel, sur le modèle du </span><em><span class="s11">Dimanche de Bouvines</span></em><span class="s4"> (</span><span class="s4">Fayard, </span><span class="s4">1973), il présente une analyse d’un homme dans une société et dans un environnement donnés : « Mon propos est d’éclairer ce qui l’est encore très mal, en tirant de ce témoignage, dont j’ai dit l’exceptionnelle valeur, ce qu’il apprend de la culture des chevaliers</span><span class="s4">. Je veux simplement voir le monde comme le voyaient ces hommes ».</span><span class="s4"> Véritable œuvre théâtrale, cette œuvre moderne donne l’un des plus beaux récits de chevalerie.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-de-broglie-un-diplomate-espion-promoteur-de-la-fayette/29/09/2022/">Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</a></strong></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​</span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Le dernier hommage notable qui accompagne le nom de Guillaume le Maréchal est celui que lui re</span><span class="s4">n</span><span class="s4">dit le royaume de France. Apprenant la nouvelle de sa mort, Philippe II, qui portait le surnom des empereurs romains, </span><span class="s4">l’annonça</span><span class="s4"> à son plus preux serviteur, Guillaume des Barres</span><span class="s4"> (1160-1234), qui, par son éclatant esprit chevaleresque reste, pour l’éternité, l’Achille de son temps. Ce dernier, se levant, souffla au roi de France que seul le Maréchal devait être digne des éloges du capétien : « Sire, je juge que ce fut le plus sage chevalier qui fut vu, en nul lieu, de notre temps ». Ainsi, le royaume de France, celui du premier lieutenant de Dieu sur Terre, rendit à son plus grand adversaire</span><span class="s4"> le plus juste des hommages</span><span class="s4">.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/devenez-adherent-billet-de-france/widget-bouton" data-mce-fragment="1"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton" data-mce-fragment="1"></iframe></p>
<p style="text-align: center;">
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9478</post-id>	</item>
		<item>
		<title>ENTRETIEN &#8211; TAAF : l’excellence de la recherche polaire française</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Oct 2023 07:24:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Antarctique]]></category>
		<category><![CDATA[Dumont d’Urville]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche polaire]]></category>
		<category><![CDATA[TAAF]]></category>
		<category><![CDATA[Valentin Guillet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9386</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/">ENTRETIEN &#8211; TAAF : l’excellence de la recherche polaire française</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), où la France assure une présence humaine continue, constituent un vivier pour l’étude scientifique des régions polaires et subpolaires. Au sein de ces quatre districts que sont Amsterdam, Crozet, Kerguelen et Terre Adélie, l’activité de la recherche polaire française se trouve confrontée à des conditions parfois difficiles. </strong><strong>Entretien depuis l&rsquo;Antarctique avec <a href="https://valantarctique.fr/vous-avez-dit-lidariste/">Valentin Guillet</a>, ingénieur dans la base scientifique Dumont d’Urville.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><b>Arthur Ballantine : Distantes d’a minima 12 000 kilomètres de Paris, les Terres australes et antarctiques françaises sont encore trop souvent méconnues de la part de nos compatriotes. En quoi ces territoires si particuliers sont-ils essentiels pour la recherche française ?</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Valentin Guillet :</strong> Les TAAF sont situés dans l’hémisphère sud, et permettent ainsi à la recherche française d’être déployée sur l’ensemble du globe. Ils sont particulièrement isolés des activités humaines et d’une partie de ses pollutions, ce qui en fait des territoires adaptés pour l’étude de l’atmosphère, ainsi que des espèces endémiques et de leurs espaces naturels. L’antarctique emprisonne dans ses glaces l’Histoire du climat, ayant permis de remonter 740 000 ans en arrière. Aussi, l’évolution du climat est plus marquée aux pôles que sur le reste du globe. A ce titre, ces territoires fournissent un poste avancé d’observation de certaines des conséquences déjà visibles du dérèglement climatique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’Antarctique pourrait bien être un point de bascule de l’évolution du climat et de la hausse du niveau des océans. Les mesures de terrain sont essentielles. Nous sommes le premier maillon indispensable d’une longue chaîne de traitement et d’analyse des données recueillies sans discontinuer depuis plus de 70 ans. La recherche est un processus long, qui a besoin d’accumuler des données sur plusieurs décennies pour aboutir à des conclusions fiables et rigoureuses. La recherche polaire française est un exemple en la matière. Parmi les plus anciennes dans ces territoires, elle reste, aujourd’hui encore, dans le wagon de tête, en nombre comme en citations de publications scientifiques, malgré des moyens très limités.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Quelles sont les activités scientifiques développées par la France au sein des Terres australes et antarctiques françaises ? En quoi sont-elles essentielles pour notre pays ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> La science menée dans les TAAF se découpe en 4 grands domaines : Premièrement, la physique du globe et les sciences de l’univers. Sur chacune des 4 stations, nous mesurons l’activité sismique et sommes reliés au réseau international, permettant de contribuer de manière opérationnelle à la localisation des séismes, ainsi que de contribuer à l’étude des entrailles de la Terre. Nous étudions également le champ magnétique terrestre, ainsi que l’activité solaire via des détecteurs de particules. Deuxièmement, l’étude du climat et de son évolution. Au travers de programmes de glaciologie et de chimie de l’atmosphère, nous étudions les précipitations, la composition de l’air, la couche d’ozone en stratosphère, la banquise et la calotte antarctique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A ce titre, plusieurs observatoires fournissent des données mondialement reconnues, notamment pour la mesure de CO2 dans l’atmosphère. Ces données de terrain sont essentielles pour la rédaction des rapports du GIEC. Troisièmement, l’étude du vivant et de son adaptabilité aux changements Nous étudions beaucoup d’espèces, animales et végétales, sur l’ensemble des districts. Certaines espèces sont dites sentinelles, au sens où elles sont très dépendantes des variations de leur écosystème, étant hautes dans le réseau trophique (chaîne alimentaire). Étudier ces espèces bioindicatrices permet d’obtenir un aperçu de l’état de santé global de l’environnement, et de prévoir l’adaptation ou non de ces espèces aux changements (climatiques notamment).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Enfin, les sciences humaines. L’isolement important de nos stations offre un terrain privilégié à l’étude des interactions humaines en milieu fortement contraint. Nous vivons ensemble en vase clos, isolés de nos familles et amis durant 8 à 14 mois, dans un groupe restreint d’individus, avec des conditions météo parfois difficiles. Il n’existe pas beaucoup d’équivalents ailleurs. La station Concordia fait d’ailleurs l’objet d’études conjointes avec l’Agence Spatiale Européenne pour préparer les futures missions vers la Lune et Mars.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutes ces recherches ont à la fois un intérêt en soi, par la volonté d’acquérir des connaissances sur le monde qui nous entoure, mais aussi et surtout un véritable intérêt opérationnel. Alerte et localisation des séismes, diagnostic et prévisions de l’évolution climatique, définition d’aires marines protégées pour préserver les espèces. Les enjeux sont immenses et s’étendent bien au-delà des intérêts nationaux. Nos résultats permettent à la France de s’asseoir à la table des négociations concernant notamment le futur de l’Antarctique. En effet, s’agissant d’un territoire de paix et de sciences jusqu’en 2048, il est important de comprendre que son avenir s’écrit dès aujourd’hui, afin d’empêcher les ambitions d’exploitation ou de militarisation du territoire. Ces études permettent aussi de tenir une position de leader dans l’engagement des nations pour l’avenir de la planète face aux défis climatique et d’érosion de la biodiversité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9421" aria-describedby="caption-attachment-9421" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9421 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9421" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les scientifiques installent une station de mesure sur le glacier de l&rsquo;Astrolabe. ©Institut polaire français</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Ces activités méritent un personnel qualifié. Qui sont les chercheurs et agents que vous côtoyez ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> A Dumont d’Urville, nous sommes 23 personnes à rester toute une année sur la base, dont 8 mois en isolement total, sans évacuation ni approvisionnement possible. Nous sommes en autonomie complète, livrés à nous même en cas d’urgence. 11 membres, soit la moitié de l’équipe, sont recrutés en tant que Volontaire de Service Civique (VSC) par l’Institut polaire français – les autres membres étant généralement en CDD, ou employés par l’État. Nous sommes 6 scientifiques sur la station, tous VSC. Vétérinaire, écologue, informaticien, glaciologue, ingénieur électronicien et ingénieur opticien, nous sommes responsables de nos programmes de recherche et de leur déploiement sur le terrain. Nous collectons les données, les traitons et les envoyons à nos laboratoires. Nous sommes responsables de la maintenance de nos instruments, soumis à des conditions climatiques parfois dantesques, afin d’assurer une continuité dans les données collectées.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’équipe technique est composée de salariés de l’IPEV : chef technique, plombier chauffagiste, électrotechnicien, chef centrale, et de 4 VSC : second centrale, menuisier, mécanicien de précision, mécanicien diéséliste. Sans eux, pas de science possible. Ils sont seuls représentants de leur corps de métier sur station, assurent l’entretien des bâtiments et installations, se relayent en quart de jour ou de nuit pour opérer la centrale de production d’eau douce, électricité et chauffage, en plus de leur semaine de travail. Pour assurer la logistique, la météo et les fonctions régaliennes, un chef cuisinier et une boulangère pâtissière (en VSC), un médecin, deux militaires qui gèrent les communications, 3 membres de MétéoFrance, et un chef de district qui représente la préfecture des TAAF sur le territoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A nos missions principales s’ajoutent des rôles indispensables en cas d’urgence. Nous sommes tous membres de l’une au moins des équipes de pompiers, de secouristes ou de l’équipe médicale. Il faut pouvoir éteindre un feu ou secourir une personne en cas d’incendie, rapatrier à l’hôpital une personne qui se serait blessée sur le terrain, ou assister le médecin pour opérer un membre de l’équipe en cas d’urgence médicale. L’équipe de VSC est jeune, nous avons de 24 à 31 ans sur notre district, et sommes recrutés pour nos diplômes, nos compétences et notre expérience professionnelle. Chaque membre de l’équipe est indispensable à la vie de la station, et s’engage pleinement dans son métier, avec dévouement et responsabilité. S’agissant des autres stations dans les iles subantarctiques, la situation est assez similaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Quel est l’avenir des conditions et du financement de la recherche polaire française ? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> L’Institut polaire français est l’agence logistique qui déploie les moyens humains et logistiques permettant de mettre en œuvre les programmes scientifiques – sélectionnés par un comité indépendant – sur le terrain. Elle gère avec beaucoup de réussite, malgré un budget extrêmement réduit de 18 millions d’euros, la station Concordia (avec l’Italie), la station Dumont d’Urville, ainsi que la science dans les îles subantarctiques, et une partie de la station arctique de Ny Alesund. A titre de comparaison, la recherche polaire française déploie autant de scientifiques que la recherche sud-coréenne, avec un budget deux fois et demi inférieur. Cependant, si ce budget parvient à peine à couvrir les dépenses courantes, des défis de taille se présentent. Les stations et les équipements sont vieillissants, alors même que les ambitions scientifiques affichées sont grandissantes, comme le montre la stratégie polaire portée par Olivier Poivre-d’Arvor, ambassadeur chargé des pôles et des affaires maritimes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il y a selon nous deux options pour l’avenir de la recherche polaire française. Soit le sujet continue d’intéresser et les enjeux sont compris et acceptés. Une proposition de loi de programmation polaire pour la période 2024-2030 avec un budget de 450 millions d’euros a été remise en mains propres à Elisabeth Borne en juillet dernier par un groupe de députés transpartisans. Si elle rentrait à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale, cette loi pourrait résoudre une grande partie des problématiques rencontrées, et pérenniser la recherche polaire française, en la finançant à la hauteur des ambitions annoncées. Soit, inversement, le sujet n’intéresse plus et il nous faut abandonner nos positions dans les TAAF. Il s’agit là d’un choix de société, d’une réponse de la France à la question : « Voulons nous poursuivre nos recherches aux pôles ou abandonner nos positions ? ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien que convaincus de l’importance de ces résultats et de tout ce qui se joue aux pôles, nous ne pouvons pas trancher seuls cette question. Nous pouvons cependant alerter sur la manière dont se fera ce désengagement. Il s’agirait en effet de réduire les activités et de démanteler progressivement les stations, ce qui demande un investissement financier conséquent. Pour cela, il faut s’intéresser de près au sujet. Une autre manière de faire, qui serait délétère, serait de se désengager du sujet lui-même. En sous-finançant les activités, les ressources matérielles et humaines sur place – dans une situation où l’Institut polaire français, constitué de passionnés, mettra tout en œuvre pour poursuivre un maximum de programmes – pourrait conduire à des situations dangereuses.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9422" aria-describedby="caption-attachment-9422" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9422 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9422" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Une colonie de manchots empereurs aux abords de la base Dumont d’Urville. ©Institut polaire français</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une station vieillissante, un sous-dimensionnement de certains équipements de sécurité, un isolement absolu, des ressources humaines et techniques très limitées, des conditions climatiques extrêmes, il y a tous les ingrédients d’une catastrophe si le sujet est délaissé. La recherche polaire française se trouve face à un choix qui n’est pas totalement entre ses mains. Sur le terrain, isolés, nous n’avons que peu de marge de manœuvre, nous ne pouvons que subir les conditions qui nous sont imposées, ou alerter afin que la situation s’améliore à l’avenir pour nos successeurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Informés d’une perte d’indemnités, vous avez, avec une trentaine d’autres volontaires, mis en demeure l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) afin d’améliorer vos conditions de recherche. Qu’espérez-vous tirer de ce bras de fer ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> Tous volontaires et très impliqués dans notre travail, nous avons accepté d’être peu indemnisés et éloignés des nôtres pour nous engager pour notre pays, pour la recherche polaire, et pour vivre une expérience hors du commun. La perte de 1 600 €, sur un total de 12 000 € pour l’année, nous a été annoncé en juin dernier, sans préavis ni possibilité de négociation. Certains d’entre nous payent encore un loyer et des charges en France. Bien que conscients de la faible marge de manœuvre possible pour l’Institut polaire, après nous être réunis et concerté entre différents districts, nous estimons nécessaire d’alerter et de dénoncer certains abus. Il y a en réalité deux sujets assez distincts.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’abord un litige juridique et financier avec l’Institut polaire, qui est l’employeur d’une trentaine de VSC dans les TAAF. A la suite d’un dialogue infructueux avec la direction, nous avons décidé avec notre avocat de les mettre en demeure de compenser cette perte financière et de régulariser notre contrat pour qu’elle se conforme à l’emploi et aux responsabilités que nous occupons. Malheureusement, l’Institut nie les accusations et ne souhaite pas répondre positivement à cette demande de régulation à l’amiable. Notre volonté affichée a toujours été de nous retrouver autour de la table des négociations pour obtenir réparation du préjudice. Nous réfléchissons actuellement sur les suites que nous allons donner à ce conflit.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ensuite se pose un problème d’envergure sur l’utilisation abusive du statut de volontaire de service civique dans le cadre de la majeure partie de nos missions. Que ce soit par le nombre d’heures que nous faisons, le processus de recrutement sur diplôme et expériences – contraire au code du service national –, les responsabilités et l’autonomie auxquels nous sommes confrontés, le travail de nuit, les astreintes explicites ou implicites, le caractère essentiel de nos missions pour la structure qui nous emploie – là aussi contraire au code du service national –, nous estimons que notre engagement correspondent à un travail de salarié et nous demandons la requalification de nos contrats en CDD. Nous échangeons avec plusieurs députés sur ces questions.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Notre souhait est de construire une situation pérenne et d’obtenir une véritable reconnaissance de notre travail. Pour cela, nous souhaitons vivement travailler conjointement avec l’Institut polaire pour défendre nos intérêts auprès des institutions. C’est dans cette démarche que l’IPEV nous a dernièrement proposé de former des groupes de réflexions sur l’avenir de ce statut. Bien que satisfait par cette réouverture du dialogue, nous attendons de l’Institut polaire français une véritable reconnaissance du dévoiement du statut de VSC, et de la précarité relative dans laquelle il nous place (pas de droit au chômage à notre retour, très faible cotisation pour notre retraite etc.).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous espérons également une prise de position forte auprès des pouvoirs publics pour modifier notre situation à court terme et obtenir les budgets et rehaussement des plafonds d’emploi nécessaire à l’embauche de 30 personnes sous CDD et non sous contrat de volontariat. La proposition de loi de programmation polaire pour 2024-2030 représente une véritable aubaine calendaire. Nous souhaitons sincèrement que l’Institut polaire s’en saisisse. Une autre possibilité consisterait à adapter les missions au statut de volontariat. Cela réduirait drastiquement l’envergure des missions menées, et accroîtrait les différences de statut sur les stations entre salarié et volontaire. Adapter les contrats aux missions réalisées nous semble clairement à privilégier.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La recherche polaire française s’est menée depuis des décennies avec beaucoup d’engagement et de passion. Nous intégrons pleinement cette lignée et souhaitons rappeler notre volonté de travailler et de nous investir pour ces sujets capitaux. Nous alertons sur la précarisation de notre statut afin qu’une véritable réflexion soit engagée et que des décisions fortes permettent à la recherche polaire française d’être menée dans des conditions pérennes, sécurisantes et satisfaisantes. Nous espérons que notre voix portera suffisamment, depuis nos districts respectifs, pour atteindre nos plus hautes institutions.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/devenez-adherent-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/">ENTRETIEN &#8211; TAAF : l’excellence de la recherche polaire française</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9386</post-id>	</item>
		<item>
		<title>REPORTAGE – Mobilisation pour l’Artsakh : «nous nous battrons jusqu’à la mort»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Oct 2023 22:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Artsakh]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
		<category><![CDATA[Bruxelles]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9408</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/">REPORTAGE – Mobilisation pour l’Artsakh : «nous nous battrons jusqu’à la mort»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Plusieurs milliers d’arméniens étaient rassemblés à Bruxelles ce dimanche 1er octobre devant la Commission européenne pour exiger des sanctions à l’égard du régime de Bakou, accusé de génocide en Artsakh.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ils sont venus de toute l’Europe défier les plus hautes instances de l’Union. En ce début d’automne, une clameur trouble le calme installé par la vacance dominicale des institutions européennes. Des milliers de membres de la diaspora arménienne, dont environ 2 500 franciliens, laissent éclater leur juste désespoir face à l’assourdissant silence émanant de la haute tour de verre qui abrite la Commission européenne, à Bruxelles. Le collectif « Europeans for Artsakh », lequel regroupe plus de 500 organisations arméniennes dans toute l’Europe, entendait alerter les responsables politiques avant le troisième sommet de la Communauté politique européenne prévu ce 5 octobre. Cette rencontre réunira Nikol Pashinyan, Premier ministre de la République d’Arménie et Ilham Aliyhev, président de la République d&rsquo;Azerbaïdjan, en présence notamment d’Emmanuel Macron, de Charles Michel et d&rsquo;Olaf Scholz.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-armenie-les-consequences-douloureuses-de-la-defaite/15/04/2021/">REPORTAGE – Arménie : les conséquences douloureuses de la défaite</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>« Ils veulent nous supprimer mais nous nous battrons jusqu’à la mort »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Souvent entrecoupées par de dignes larmes, les paroles de la chanson d’ouverture du rassemblement ont été reprises tout l’après-midi par les membres de la communauté arménienne. Résolus, tous affichaient leur désespoir vis-à-vis de la situation catastrophique de plus de 100 000 habitants d&rsquo;Artsakh (sur 120 000) que les troupes azéries ont poussé sur les routes ce mois-ci. Femmes, hommes et enfants déploient chants, slogans et drapeaux et demandent unanimement une chose : l’aide de l’Europe, jadis consciente d’être liée au premier royaume chrétien du monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9413" aria-describedby="caption-attachment-9413" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9413 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=640%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=1024%2C498&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=300%2C146&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=768%2C373&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=1536%2C746&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9413" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La foule accuse le président de l&rsquo;Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, de meurtrier en Artsakh. © Arthur Ballantine</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">« Je ne comprends pas » déclare le président des Arméniens de Belgique, Karen Tadevosyan à la lecture de la réponse faite à une lettre adressée il y a plus de deux mois à Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères. Pour la foule, la « prise de note des mesures proposées » est aussi insuffisante qu’incompréhensible. L’inaction européenne laisse place, sur toutes les lèvres, au slogan « complicité européenne ». Partout, des groupes de manifestants agitent des pancartes, dont les messages se répondent : « L’Azerbaïdjan commet tous les jours des crimes de guerre » &#8211; « La communauté européenne se tait » &#8211; « Reconnaissez l’Artsakh ! ». Si le président de la République d&rsquo;Azerbaïdjan Ilham Aliyhev est qualifié partout de « dictateur », de « criminel de guerre », de « terroriste » auteur d’un « nettoyage ethnique », ce sont bien les dirigeants de l’Union européenne et l’indifférence de la communauté internationale qui sont au centre de l’évènement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/guerre-au-haut-karabagh-les-enseignements-pour-la-france/20/08/2021/">Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>« Ils font couler le sang du peuple arménien en Artsakh »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les organisateurs du rassemblement ont qualifié les dirigeants européens de « criminels » faisant « couler le sang du peuple arménien ». Une attitude générale de défiance envers le personnel politique de l’UE s’est bien vite installée, tel un ordre de marche. Sont notamment visés la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que Charles Michel, président du Conseil européen. Outre leur mutisme sur la situation, c’est l’achat par l’Union européenne de gaz azéri qui scandalise. Ce choix politique lié au conflit russo-ukrainien était le cœur de l’analyse de la situation par les différents intervenants, qui s’exprimaient devant une bannière portant l’inscription « Stop fueling the armenian genocide, cancel the gas deal, sanction Azerbaïdjan ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9414" aria-describedby="caption-attachment-9414" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9414 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ-1024x498.jpeg?resize=640%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=1024%2C498&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=300%2C146&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=768%2C373&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=1536%2C746&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9414" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Des milliers de manifestants ont dénoncé la collusion de l’Union Européenne et de l’Azerbaïdjan ce dimanche à Bruxelles. © Arthur Ballantine</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le message des différents intervenants montés à la tribune est clair : il enjoint les européens à l’action à l’encontre du régime azéri. « Nous nous tenons face aux institutions européennes pour soutenir nos compatriotes d&rsquo;Artsakh, soumis à une dictature fasciste. Nous exigeons des sanctions de l’Union européenne à l’égard de Bakou et de sa politique génocidaire ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armenie-le-cri-dalerte-face-aux-agressions-de-lazerbaidjan/25/09/2022/">Arménie : le cri d’alerte face aux agressions de l’Azerbaïdjan</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’espoir d’une Nation, le devoir d’une Civilisation</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les femmes, ainsi que les jeunes hommes, sont les participants les plus investis dans ce rassemblement. Beaucoup nous font part d’histoires personnelles. Tous sont liés à la terre de leurs frères et de leurs ancêtres, déjà victimes en 1915 d’une entreprise génocidaire. « Nous ne voyons que trop peu de signaux en notre faveur. Chaque jour qui passe, une mauvaise nouvelle arrive », nous confie une étudiante de 19 ans, membre de la communauté arménienne du Val-de-Marne. Une seule solution semble s’offrir chez ces hommes et femmes : combattre, par tous les moyens, usant de toute échelle disponible, et préparer l’avenir. « Nous ne pouvons pas nous éteindre, nous n’en avons pas le droit. Nous devons nous battre pour que vivent nos enfants et la nation arménienne » clame une intervenante, fortement acclamée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9415" aria-describedby="caption-attachment-9415" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9415" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW-1024x498.jpeg?resize=640%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=1024%2C498&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=300%2C146&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=768%2C373&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=1536%2C746&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9415" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Plus de 100 000 habitants de l&rsquo;Artsakh ont déjà quitté leur territoire face à l&rsquo;avancée de l&rsquo;Azerbaïdjan. © Arthur Ballantine</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une chose surprend lors de ce rassemblement : d’« Européens pour l’Artsakh » nous ne trouvons trace. Si la diaspora arménienne mêle tous les âges et toutes les citoyennetés européennes, les <a href="https://blogs.letemps.ch/pierre-d-herbes/2021/08/27/haut-karabagh-le-retour-de-la-vraie-guerre-partie-ii-aspects-diplomatiques/">Européens</a> restent très rares. C’est d’ailleurs le premier constat d’un manifestant belge, spontanément venu nous en entretenir et s’estimant « très surpris du manque de soutien, au moins par la présence, des français en général et des catholiques en particulier. C’est pourtant notre devoir d’Européens de venir soutenir ces gens ». Une mission humanitaire, la première depuis trente ans, a été dépêchée ce dimanche dans le Haut-Karabagh en vue de rendre compte des besoins des populations restantes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/devenez-adherent-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/">REPORTAGE – Mobilisation pour l’Artsakh : «nous nous battrons jusqu’à la mort»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9408</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Aug 2023 08:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Dessinateur]]></category>
		<category><![CDATA[Dom Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Guy de Chaunac-Lanzac]]></category>
		<category><![CDATA[Moine]]></category>
		<category><![CDATA[Peintre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9314</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/08/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Guy de Chaunac-Lanzac, devenu moine bénédictin sous le nom de Dom Robert, fut un dessinateur et peintre cartonnier qui marqua, aux côtés de Jean Lurçat, le printemps artistique que connut la tapisserie d’Aubusson au cours du XXème siècle. Devenu très célèbre grâce à des travaux éminemment poétiques réalisés au sein du monastère tarnais d’En-Calcat, il offre désormais à qui les contemple plus qu’une œuvre : une flânerie illimitée.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 15 décembre 1907 à Nieuil-l’Espoir dans la Vienne, Dom Robert est le fils de Henri de Chaunac-Lanzac, officier colonial stationné en Indochine. Elevé par l’une de ses tantes, elle-même artiste, il montre dès le plus jeune âge une forte appétence pour le dessin : « J’avais une table dans un grand couloir ; je hissais une chaise sur la table et, à la lingerie, il y avait du charbon de bois. Je faisais ainsi de grands dessins sur le mur. C’est comme cela que j’ai pris contact avec les arts décoratifs ». Ses premières promenades, les longues chasses ainsi que l’initiation à l’histoire de l’art qui lui sont offertes sont hélas bien vite refroidies par son entrée au collège des Jésuites de Poitiers. Cette épreuve de jeunesse lui permet cependant de rejoindre l’Ecole des Arts Décoratifs à Paris, alors sous l’influence du cubisme et de l’abstraction.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI </span><span style="color: #000000;">→</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-renaissance-carolingienne-entre-synthese-de-lantiquite-et-renouveau-medieval/06/12/2020/">La Renaissance carolingienne : entre synthèse de l’Antiquité et renouveau médiéval</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Peu convaincu par les travaux qui lui sont demandés, il passe ses journées à croquer la vie des champs de courses et acquiert le sens du mouvement. L’école du croquis le poursuit à Marrakech et dans l’Atlas lors de son entrée, en 1927, au sein du 2<sup>ème</sup> Régiment de Spahis Marocains. La pratique du dessin devenant irrésistible, il « gardait même [ses] carnets à cheval où [il] dessinait sur le pommeau de la selle ». Ses premiers contacts avec l’aquarelle lui permettent, rentré à Paris en 1929, de travailler aux dessins des tissus de la Maison Ducharme.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A Paris, il fréquente notamment le théologien jusnaturaliste Jacques Maritain (1882-1973), qui, au tournant des années 1930, clôt sa période de passions politiques pour rejoindre l’idée de rassemblement portée par la démocratie chrétienne. Sous son influence, certains jeunes artistes, tel le prometteur compositeur Maxime Jacob (1906-1977), embrassent le catholicisme et choisissent, comme ce dernier, de rejoindre la jeune communauté bénédictine de l’abbaye d’En-Calcat, au pied de la montagne Noire, limite sud du Tarn. Guy de Chaunac-Lanzac, tout à fait fasciné par le succès surréaliste de Picasso, choisit alors, aux côtés de son ami Maxime Jacob tout juste encensé par Ravel, de s’adonner aux cycles de formation bénédictins, où l’étude stricte de la philosophie et de la théologie l’oblige à abandonner le dessin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Découvertes et révélations : la tapisserie d’Aubusson</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ordonné prêtre en 1937 puis mobilisé et projeté en Lorraine en 1939, la vocation artistique semble s’être effacé chez ce moine pieux, dont le caractère affirmé transparaît dans tous les témoignages. Pourtant, en 1941, Dom Robert est confronté à une véritable révélation dans l’Aude, aux environs de Carcassonne : une cour de ferme peuplée de paons amorce la quête d’une vie : « Le plus beau cadeau de la nature, c’est d’être intarissable, une affaire de poursuite, non de contemplation ». La Nature exaltée, réduite à sa plus simple expression pour en révéler toute la Magnificence, tel sera l’objet des premiers dessins du désormais Dom Robert.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9321" aria-describedby="caption-attachment-9321" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-9321" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/967081-main-62b9d2a985e85.jpg?resize=640%2C448&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="448" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/967081-main-62b9d2a985e85.jpg?resize=1024%2C717&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/967081-main-62b9d2a985e85.jpg?resize=300%2C210&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/967081-main-62b9d2a985e85.jpg?resize=768%2C538&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/967081-main-62b9d2a985e85.jpg?w=1113&amp;ssl=1 1113w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9321" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">« Scolopendres », 1969, laine, tapisserie d’Aubusson.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En 1941, le destin du jeune dessinateur est bouleversé par la venue à En-Calcat de Jean Lurçat (1892-1966), qui incarne alors le renouveau de la technique de tapisserie mise au point depuis six siècles à Aubusson, dans la Creuse. Frappé par la vision de la <em>Tenture de l’Apocalypse</em> à Angers, il se prend de passion pour cet art séculaire et le renouvelle en adoptant une technique de dessin préalable sur carton. Contemporain de Matisse, Braque et Picasso, Lurçat est alors au summum de sa renommée, il crée une vingtaine d’oeuvres à Aubusson, côtoie Raoul Dufy (1877-1953) et expose à Paris, Londres, New-York et en URSS.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI </span><span style="color: #000000;">→ </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/le-vouvoiement-histoire-dun-panache-francais/02/03/2023/">Le «vouvoiement» : histoire d’un panache français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Décidant Dom Robert à embrasser une carrière d’artiste cartonnier, il participe à la fois au rapide succès du moine, mais aussi à la construction du dilemme qui entourera un moine-artiste désormais tiraillé entre vie monacale et gloire artistique : « Après un succès rapide, trop rapide, sous l’impulsion de Lurçat, j’avais maintenant la pénible sensation d’entrer dans un épais brouillard. J’ignorais encore que tout être traverse une crise entre trente et quarante ans et l’on dut se débarrasser de moi, comme j’avais voulu être débarrassé de moi-même ». Après plusieurs œuvres tissées à Aubusson chez Tabard puis chez Suzanne Goubely, Dom Robert s’exile, d’abord au monastère de Kerbénéat dans le Finistère en 1947, puis, jusqu’en 1958 au monastère de Buckfast en Angleterre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9323" aria-describedby="caption-attachment-9323" style="width: 590px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9323" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/maitres_tapissiers5.jpg?resize=590%2C687&#038;ssl=1" alt="" width="590" height="687" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/maitres_tapissiers5.jpg?w=590&amp;ssl=1 590w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/maitres_tapissiers5.jpg?resize=258%2C300&amp;ssl=1 258w" sizes="auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px" /><figcaption id="caption-attachment-9323" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">« La chasse aux papillons », 1968, laine, tapisserie d’Aubusson</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Peindre les Psaumes, célébrer la Création</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">« Faire difficilement des choses faciles. Règle de Racine qui me paraît être la racine de toutes les règles : tout un monde de complications les plus enchevêtrées traduit par l’expression la plus simple ». Telle fut sans doute la clef du succès de Dom Robert, qui, depuis l’Angleterre, connaît un succès mondial et poursuit une quête intérieure qui le conduit à affirmer qu’« il y a quelque chose qui est avant le Beau. C’est le Vrai. ». La Vérité, sans doute la chose qu’il recherchera tout au long de son œuvre, mêlant la Création qui l’environne à la célébration des Psaumes qui guident les moines d’En-Calcat.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI </span><span style="color: #000000;">→ </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/bataille-de-marchfeld-ainsi-naquit-la-puissante-famille-des-habsbourg/08/06/2022/">Bataille de Marchfeld : ainsi naquit la puissante famille des Habsbourg</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’abbaye, au sein de laquelle Dom Robert fait son retour en 1958, devient progressivement le lieu de vie de tout ce que la France compte de génies marginaux habités par la Grâce : les mélodies nouvelles du désormais Dom Clément Jacob influencent toute la chrétienté, le pianiste Thierry de Brunhoff s’y retire à quarante ans… L’abbaye bénédictine procure, sous l’influence du frère David d’Hamonville, le cadre nécessaire à des personnalités excentriques, originales et caractérielles : l’ordre choisi devient ainsi l’espace de liberté nécessaire à la création artistique. Persuadé d’être un artiste religieux, Dom Robert se conforte en visitant à Albi le musée Toulouse-Lautrec, qu’il admirait. Il démontre en effet que si l’on peut faire des chefs d’oeuvres à partir de maison closes, on peut, à plus forte raison, en faire d’après le langage divin, celui de la Nature. D’où sa croyance ferme en le fait qu’il concevait un art religieux, une représentation des Psaumes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dom Robert, dont la réputation après-guerre dépasse largement celle de l’abbaye elle-même, s’y épanouit : la seule observation de la clôture du lieu, dans l’ombre impénétrable de la Montagne Noire, fomente un univers pictural simple entre fleurs, insectes, oiseaux et petit bétail. Car c’est bien la plus simple, la plus quotidienne des promenades qui figure au sein de ses œuvres : « Dans une tapisserie, on se promène… Une promenade sans but précis, on se plait à flâner. Un détail vous conduit vers un autre… le même plaisir qu’en un sous-bois, une sorte de jeu de cache-cache ». Entouré de moines dont certains, grands intellectuels, redécouvrent la <em>lectio divina</em>, Dom Robert trouve au sein des Psaumes l’expression biblique de ses observations campagnardes : « Il n’y avait plus qu’à chanter tout cela en aquarelle ». Dans son <em>Journal d’un curé de campagne</em>, Georges Bernanos (1888-1948) tirera les mêmes conclusions, écrivant que « les petites choses n’ont l’air de rien mais elles donnent la paix. C’est comme les fleurs des champs, vois-tu. On les croit sans parfum, et, toutes ensemble, elles embaument ». L’artiste de ce petit monde de Dieu s’éteint en 1997, entouré de ses frères moines.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9324" aria-describedby="caption-attachment-9324" style="width: 444px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9324" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/Sans-titre.png?resize=444%2C468&#038;ssl=1" alt="" width="444" height="468" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/Sans-titre.png?w=444&amp;ssl=1 444w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/08/Sans-titre.png?resize=285%2C300&amp;ssl=1 285w" sizes="auto, (max-width: 444px) 100vw, 444px" /><figcaption id="caption-attachment-9324" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">« Le grand Inquisiteur », 1944, gouache, aquarelle, encre de Chine, feuille d’or sur papier</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’abbaye-école royale militaire de Sorèze, située à quelques kilomètres d’En-Calcat, abrite depuis 2015 le musée Dom Robert et de la tapisserie du XXème siècle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2023-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9314</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jun 2023 10:16:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mariotti]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Calédonie]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9074</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/06/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Jean Mariotti est l’une, si ce n’est la principale figure littéraire moderne de la Nouvelle-Calédonie, territoire le plus autonome de l’État et terre française la plus éloignée de Paris. Fils d’un bagnard, élevé dans la tradition kanak, lycéen amoureux des lettres, exilé volontaire à Paris, ce rêveur lyrique sera l’auteur de sept romans, de dizaines de nouvelles et poèmes ainsi que de contes inspirés de légendes mélanésiennes.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 23 août 1901 à Farino, sur la côte Ouest de la Grande Terre, Jean Mariotti est le huitième enfant de Paul Louis Mariotti, un corse transporté au bagne à l’âge de vingt et un ans pour vendetta, et de sa seconde épouse, Marguerite Aïna, elle-même fille d’un bagnard libéré originaire du Piémont. Libéré en 1884, Paul-Louis Mariotti devient peu à peu, s’inscrivant au cœur du nouveau schéma colonial voulu par les autorités françaises à Farino, l’un des acteurs majeurs de la Nouvelle-Calédonie du XXème siècle. Planteur de café et d’agrumes, éleveur et tanneur, Paul-Louis Mariotti offre à ses enfants une vie de travail, rude et rurale, où la nature se conquiert à cheval et se découvre à pied. Élu président de la Commission municipale de Farino en 1910, son fils ainé est employé des laboratoires miniers de la Société Le Nickel.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/christiane-desroches-noblecourt-une-vie-pour-la-preservation-du-patrimoine-de-lhumanite/15/12/2023/">Christiane Desroches Noblecourt : une vie pour la préservation du patrimoine de l’humanité </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De cette société d’exilés, attachés à la réussite au sein d’un régime juridique colonial et d’une expansion industrielle inédite, le futur écrivain reste d’abord, tout au long de son enfance, assez éloigné. Peu de temps après sa naissance, il est mis entre les mains, conformément à la coutume, d’une kanak, vraisemblablement nommée Aroua mais dont Watchouma demeurera l’occurrence littéraire au travers d’au moins deux de ses romans. Auprès de cette nourrice, bénévole envoyée par la chefferie locale mais qui restera attachée à la maison familiale, le jeune Mariotti connaitra une véritable initiation kanak.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les contes et légendes des peuples du Pacifique, leur sens et l’observation de la nature, l’inimitable mélange des monde de la nouvelle société de la Grande Terre dont s’est entourée l’enfance de ce fils de bagnard feront de lui un être dont l’ensemble de l’œuvre pourrait résonner comme un éternel remerciement. Alors que la Nouvelle-Calédonie emprunte à cette période un chemin nouveau, Jean Mariotti fait état d’une distance manifeste existant entre le Pacifique et la métropole : « <em>Je suis né dans ce qu’il est convenu d’appeler le bout du monde. Je suis né aux antipodes. Je suis né en Nouvelle-Calédonie, là où il fait nuit quand il fait jour en Europe </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un exil intérieur … À bord de l’Incertaine</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">​Au sein de l’école républicaine et de sa brutale obsession pour la transformation des « petits kanaks » en « gens civilisés », il se montre un élève doué, faisant la fierté de sa famille. Sa découverte passionnée des auteurs classiques lui permet d’obtenir en 1920 le sésame qu’est le Certificat de Capacité coloniale. Entrant au lycée de Nouméa, il est désormais promis à la vie rêvée des jeunes colons, ouverte sur la métropole, loin de la société coloniale et de son harassant labeur. Découvrant les arts et les ambitions culturelles de la moderne Nouméa, il nourrit lui aussi le rêve de découvrir Paris, chose qu’il réalisera lors de son service militaire en 1922.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde» </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La célèbre expression « changer de lieu, c’est changer de misère » qui lui est attribuée illustre pourtant l’ambivalence lyrique que recouvre cette fugue métropolitaine : en s’affranchissant de l’étroitesse d’une cité coloniale pour découvrir la grandeur de la ville que l’on dit Lumière, Jean Mariotti se condamne volontairement à vivre dans une atmosphère grise et bruyante, bien éloignée de toute nature sauvage. Dans son premier roman, <em>Au fil des jours. Tout est, peut-être, inutile</em> (1929), Jean Mariotti se définira d’ailleurs, au travers de son héros Jacques, comme un être « malade ». « <em>Il y a dans mon être conscient et sensible quelque chose qui ne va pas. Je suis ce produit hybride, le fils d’un colon, un broussard, un sauvage qui a reçu l’éducation d’un civilisé</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Achevant ses obligations militaires en 1926, il épouse une géorgienne, Ludmilla Karjinska, et devient employé aux écritures chez Hachette. Bien vite, un nouvel emploi de secrétaire dans une société de caoutchouc lui permet, entouré de sa sœur Faustine, de se consacrer davantage à l’écriture. Après <em>Tout est peut-être inutile </em>(1929), il se lance dans l’écriture du prodigieux <em>Takata d’Aïmos</em>, publié en 1930, à la veille de l’exposition coloniale de mai 1931. Cet ouvrage, inspiré d’un récit légendaire tribal, confronte l’impitoyable et le superbe, figurant l’ingurgitation d’un enfant par un chef cannibale tout en plongeant le lecteur dans un tableau vivant, réellement observé depuis Farino, sa ville d’enfance, adossée à la forêt et surplombant les communes d’origine libre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Conquête du séjour paisible</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Diminué par un accident en 1930, profondément marqué par les décès successifs de ses parents en 1927 et 1934, ainsi que par l’hospitalisation de sa femme, Jean Mariotti souffre, au cœur de l’Europe déchirée des années 1930, de ne pouvoir se rendre sur son île. Avec <em>Nostalgie</em>, recueil poétique publié en 1935, c’est emplein de pudeur qu’il fait apparaitre pour la première fois les douleurs causées par l’exil. Ces douleurs intérieures s’apaisent chaque année à Oléron, où il anime des centres de loisirs, ce qui lui permet de renouer avec un imaginaire insulaire : les <em>Contes de Poindi</em> (1939) sont nés. Mobilisé en 1940, il est arrêté sur la ligne Maginot puis emprisonné au stalag de Fallingbostel jusqu’en 1942. « Evadé légal » pour raison de santé, il publie <em>À bord de l’Incertaine</em> (1942), véritable cri d’un cœur exilé, désireux d’apercevoir à nouveau les forêts et collines natales mais dont l’écho écolier des rêves de voyage entretient l’ambivalence des débuts.  </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/">David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs» </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1947, l’écrivain retrouve la Grande Terre pour plusieurs mois et rentre à Paris chargé des <em>Nouveaux</em> <em>contes de Poindi</em> (1948). Auréolé d’un succès qui fait de lui l’écrivain de la Nouvelle-Calédonie par excellence, il réalise, à la demande du Conseil Général, un <em>Livre du Centenaire</em> (1953) au sein duquel transparait une volonté complexe de figurer une société calédonienne paisible, à la fois fidèle à la France et attachée à la culture kanak. Cette vie paisible en Nouvelle-Calédonie rêvée par Mariotti demeure, alors qu’elle sera largement entravée par le sang et les rancœurs au cours du XXème siècle, à jamais inscrite au sein des <em>Contes de Poindi</em>.  </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette histoire est celle de la grande lutte qui donna l’accord majeur des éléments contraires ». L’idée de Conquête du séjour paisible, sous-titre des Contes, permet de se plonger un instant dans ce rêve, d’entrer dans la part d’enfance qui marqua à jamais un grand conteur : « <em>Poindi, dans sa case, avant de s’endormir, écoutait le bruit du vent dans les feuilles. Tout là-haut, dans la brise, le pin colonnaire et le cocotier se parlaient par leurs branches. Leurs voix étaient sereines et leurs propos amicaux. Cette case était bien le lieu du séjour paisible</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Plus encore, Jean Mariotti interroge le lien de chacun à sa terre, soit la volonté propre de l’Homme de renouer avec ses racines, parfois avec incertitude. L’expérience de l’exil, loin de la tribu, racontée dans <em>À bord de l’incertaine</em> en est la plus belle preuve : « <em>Retrouver Nemdin</em><em>e, c’était retrouver la vie perdue. Hors de ce coin de terre, les canaques de Nemdine était des parias, des êtres incomplets, ni mort ni vivants, sans espoir et maudits pour toujours. Il fallait retrouver la terre des ancêtres, reconstruire la tribu</em><em>, se mettre en accord avec les puissances de la Terre et des airs, continuer la vie selon la Loi</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un poète pour l’éternité</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Résolument océanien, naturellement éloigné de toute tentation pour l’exotisme littéraire, Jean Mariotti réussit l’exploit d’accompagner les rêves d’Outre-mer de ses lecteurs de façon réaliste, jamais empruntée, toujours vécue. Son regard omniscient, intérieur aux scènes décrites, fera dire à l’historien Louis-José Barbançon que « <em>son coup de crayon est précis. Il ne peint pas la nature calédonienne, il la dessine</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Expliquant le silence de la littérature calédonienne qui perdurera durant les quarante années qui suivront la mort de l’écrivain, en 1975, le spécialiste de l’histoire des bagnards expliquera que « <em>l’œuvre de Mariotti est un tel monument qu’il faut oser écrire et surtout, publier après lui</em> ». Installé de toute éternité au panthéon des conteurs, Jean Mariotti reste, toujours selon le même observateur, « <em>le premier à faire comprendre que lorsqu’un insulaire monte sur sa colline, du haut de sa crète, lorsqu’il regarde à l’horizon, il ne voit pas que du bleu. Il peut voir le monde.</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’ensemble des œuvres de Jean Mariotti est réédité par Les Editions Grain de Sable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2023-billet-de-france/widget-bouton" data-mce-fragment="1"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton" data-mce-fragment="1"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">9074</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La Dame de Pierre : un spectacle pour «rebâtir Notre-Dame de Paris dans le cœur de chacun»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/la-dame-de-pierre-un-spectacle-pour-rebatir-notre-dame-de-paris-dans-le-coeur-de-chacun/22/03/2023/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/la-dame-de-pierre-un-spectacle-pour-rebatir-notre-dame-de-paris-dans-le-coeur-de-chacun/22/03/2023/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Mar 2023 17:40:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Idées de sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Corentin Stemler]]></category>
		<category><![CDATA[Hommage]]></category>
		<category><![CDATA[La Dame de Pierre]]></category>
		<category><![CDATA[Notre-Dame de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8793</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 22/03/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/la-dame-de-pierre-un-spectacle-pour-rebatir-notre-dame-de-paris-dans-le-coeur-de-chacun/22/03/2023/">La Dame de Pierre : un spectacle pour «rebâtir Notre-Dame de Paris dans le cœur de chacun»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">Le 7 février 2023, à Montparnasse, la société de production Symphonia et ses partenaires présentaient une nouvelle création originale portée par Corentin Stemler. Intitulé «&nbsp;La Dame de Pierre&nbsp;», le dernier spectacle de ce jeune auteur de 25 ans se veut une grande fresque historique retraçant la vie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, depuis sa fondation, jusqu’à sa reconstruction.</span> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Auteur de spectacles déjà reconnu, Corentin Stemler présentera cet été à Paris son plus gros projet, dont le sous-titre, «&nbsp;le spectacle hommage à Notre-Dame de Paris&nbsp;», parle seul. Bénévole de la <em>Cinéscénie</em> du Puy du Fou depuis 2008, écrivain de théâtre depuis l’âge de dix-huit ans, ce vendéen étudiant en droit dévoile « une grande fresque historique » prenant la cathédrale Notre-Dame de Paris comme point d’attache. Depuis le chantier du XIIIème siècle à celui, actuel, de la reconstruction, il entend faire découvrir les événements marquants du monument en 1h30. L’arrivée de la Couronne d’épines le 18 août 1239, le vœu de Louis XIII, les saccages révolutionnaires, le sacre du 2 décembre 1804, l’abandon terrible dont témoigna Victor Hugo, la restauration d’Eugène Viollet-le-Duc, le <em>Te Deum</em> du 26 aout 1944, l’incendie du 15 avril 2019 et l’ambition de la reconstruction&nbsp;: tous ces évènements seront convoqués en 18 tableaux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A l’œuvre depuis juillet 2019 pour la construction de ce projet, Corentin Stemler et sa société Symphonia productions ambitionnent de présenter « une synthèse fidèle » des héritages laissés par Victor Hugo et Paul Claudel, dont un poème sera lu lors de la représentation. Sorte d’Objet Scénique Non-Identifié au service du voyage temporel, l’œuvre de ce passionné associera au théâtre une bande-son, composée d’une voix-off, de voix enregistrées et d’une musique originale, signée Richard Liégeois, compositeur déjà remarqué dans <em>Le Grand Hiver</em> (Corentin Stemler, 2023).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce dernier, qui confie avoir travaillé sur «&nbsp;<em>une mélodie simple pour un projet compliqué</em>&nbsp;», entend accompagner l’action afin de la mettre en valeur, dans la tradition incarnée par John Powell (<em>Mr. Et Mrs. Smith</em>, <em>Rio</em>, <em>L’appel de la forêt</em>, etc.) ou encore, à un certain titre, John Williams (<em>Star Wars</em>, <em>Indiana Jones</em>, etc.). Richard Liégeois a donc, pour ce projet, dirigé un orchestre symphonique regroupant une quarantaine de musiciens, dont l’œuvre complétera une scène de comédie musicale chantée en direct et un <em>Ave Maria</em> final.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Musique, chants, poèmes défileront donc sur une scène «&nbsp;verticale&nbsp;» qui célébrera le monument parisien et dont l’inspiration doit être recherchée au plus près des travaux de Robert Hossein (<em>La Prodigieuse Aventure du cuirassé Potemkine</em>, 1975&nbsp;; <em>Notre-Dame de Paris</em>, 1978&nbsp;; <em>Danton et Robespierre</em>, 1978&nbsp;; <em>Les Misérables</em>, 1980&nbsp;; <em>Un homme nommé Jésus</em>, 1983).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Bénévolat et professionnalisme pour conter 800 ans d’histoire</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Avec 90 artistes, dont 75 comédiens et 15 danseurs, la société de production Symphonia entend représenter 800 ans d’histoire. Au cœur du projet, ce sont pas moins de 200 adhérents de l’association qui se relaieront en coulisse et sur scène l’été prochain. Ce bénévolat reflète un travail de longue haleine, qui a regroupé une troupe enthousiaste lors de six week-ends par an depuis deux ans et d’une semaine estivale de répétition générale. Dans l’ombre, les quelques 300 costumes nécessaires aux représentations ont été confectionnés, eux-aussi par des bénévoles. Une idée semble avoir guidé cette belle entente, le choix de « mettre chacun à la bonne place ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le montage financier du projet reflète lui aussi une large envie, définitivement bien française, de voir Notre-Dame à nouveau rebâtie, au moins dans les cœurs. La levée de 600 000 euros avec un ticket moyen de 3 000 euros et la prévision d’un budget de 8 millions sur trois ans en témoignent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un projet dédié au Beau… qui séduit&nbsp;!</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">«&nbsp;<em>Qu’est ce qui peux réunir, dans un café parisien, un officier des sapeurs-pompiers de Paris, un prêtre, une fondation, un auteur de théâtre, un musicien et une quinzaine de journalistes&nbsp;?</em>&nbsp;». En posant cette question, à laquelle une seule réponse, s’impose «&nbsp;Notre-Dame&nbsp;», murmurée à mi-voix par chaque membre de l’assistance, Corentin Stemler affirme sa détermination. Convaincu «&nbsp;d’œuvrer pour le Beau&nbsp;», il s’est assuré le soutien d’acteurs bien différents, qui saluerons tous, chacun leur tour, le sens donné à ce projet. Ainsi, le capitaine Marc Lemoine, représentant de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, véritables «&nbsp;anges gardien des monuments français&nbsp;», s’est dit conquis par un projet qui relate un «&nbsp;évènement qui a marqué toute une génération de pompiers&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Outre des conseils de réalisme et un prêt de matériel destinés aux deux tableaux consacrés à l’incendie de 2019, les pompiers de Paris se déclarent ravis de s’inscrire dans un nouveau projet, en complément des livres et du film « Notre Dame brûle » (Jean-Jacques Annaud, 2022). L’Eglise, représentée par le Père de Villefranche, chapelain de Notre-Dame, a célébré « une œuvre culturelle et cultuelle » qui s’inscrit dans la continuité d’un projet extrêmement divers tout en faisant figure « d’évènement ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cet enthousiasme s’est avéré partagé par Sylvie Bretones, déléguée générale de la Fondation Notre Dame, qui a souligné combien les partenaires culturels du projet avaient été frappés par la jeunesse et le dynamisme des bénévoles. Le vocable « œuvrer pour le Beau » était donc sur toutes les bouches en ce début février et devrait persister dès les premières représentations. Enfin, <a href="https://www.billetdefrance.fr/">Billet de France</a>, qui a bénéficié pour vous d’un aperçu filmographique du projet, est tout aussi conquis !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«&nbsp;La Dame de Pierre&nbsp;», un spectacle écrit et mis en scène par Corentin Stemler sur une musique originale de Richard Liegeois, les 30 juin, 1<sup>er</sup> et 2 juillet 2023 au Palais des Congrès à Paris, puis en tournée dans toute la France. Billetterie ici.</span> <a href="https://ladamedepierre.fr/infos-pratiques/">Infos Pratiques &#8211; La Dame de Pierre &#8211; Le Spectacle</a>&nbsp;<span style="color: #000000;">et</span> <a href="https://youtu.be/g7DpMdBpz9o">Bande-annonce ici.</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2023-billet-de-france/widget-bouton"></iframe></p>
<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p></center></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/la-dame-de-pierre-un-spectacle-pour-rebatir-notre-dame-de-paris-dans-le-coeur-de-chacun/22/03/2023/">La Dame de Pierre : un spectacle pour «rebâtir Notre-Dame de Paris dans le cœur de chacun»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/culture/la-dame-de-pierre-un-spectacle-pour-rebatir-notre-dame-de-paris-dans-le-coeur-de-chacun/22/03/2023/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">8793</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
