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	<title>Cécile Dantès | Rédacteur à Billet de France</title>
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	<title>Cécile Dantès | Rédacteur à Billet de France</title>
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		<title>«Il faut sauver le soldat Allex» : un combat acharné pour la libération d’un agent de la DGSE</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/il-faut-sauver-le-soldat-allex-recit-et-enseignements-dun-combat-acharne-pour-la-liberation-dun-agent-de-la-dgse/26/01/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cécile Dantès]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 19:02:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[COS]]></category>
		<category><![CDATA[Denis Allex]]></category>
		<category><![CDATA[DGSE]]></category>
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		<category><![CDATA[Somalie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 26/01/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/il-faut-sauver-le-soldat-allex-recit-et-enseignements-dun-combat-acharne-pour-la-liberation-dun-agent-de-la-dgse/26/01/2022/">«Il faut sauver le soldat Allex» : un combat acharné pour la libération d’un agent de la DGSE</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le 11 janvier 2013, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure lançait une opération de grande envergure avec pour objectif la libération d’un de leurs agents, de son pseudonyme «Denis Allex», détenu depuis près de trois ans en Somalie par le groupe djihadiste Harakat al-Chabab al-Moudjahidin<em>. </em>Cet adjudant-chef du Service Action, marié et père de trois enfants, avait été envoyé en Somalie en tant qu’instructeur pour les forces de police et la garde présidentielle du gouvernement de transition.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est enlevé par un commando armé le 14 juillet 2009, dans l’hôtel où il loge alors, à Mogadiscio, capitale somalienne. Si l’un de ses confrères, Marc Aubrière, parvient à s’échapper des mains du groupe Hizbul Islam, Denis Allex lui, n’aura pas cette chance. Son enlèvement signe trois années de captivité, sans issue heureuse, puisque la DGSE, malgré les efforts déployés, ne parviendra pas à libérer son agent. Denis Allex est exécuté au cours de l’opération d’exfiltration. Il ne retrouvera jamais ni son pays, ni les siens. </span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ambitieuse, complexe, cette opération fut qualifiée par les médias d’échec cuisant, de débâcle sans nom, bref, de “foirade”. Elle fut pour autant, malgré son dénouement malheureux, courageuse, acharnée, déterminée. Le fruit d’une préparation minutieuse, millimétrée : la “Piscine” &#8211; surnom donné à la DGSE &#8211; veut récupérer son agent, et les moyens seront déployés en conséquence. L’enlèvement de Denis Allex, une fois connu, produit en effet une sorte de déflagration, et mène à une lutte sans relâche pour le libérer, ce qui conduira même certains à qualifier cet objectif prioritaire d’obsession.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>&nbsp;LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a><br></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Plusieurs mois de recherches et de négociations, entrecoupés d’espoirs souvent déçus par de longues périodes de silence des ravisseurs, permettent finalement de localiser définitivement Denis Allex, en décembre 2012, à Bulo Maler. Avec l’aval de François Hollande, fraîchement élu à la tête de la République française, l’opération d’exfiltration de l’agent français est décidée et montée. « <em>Au contraire de l’infiltration, qui consiste à introduire clandestinement un agent ou une source dans un pays ou un milieu donnés, l’exfiltration est l’opération par laquelle on en extrait quelqu’un lorsque sa mission s’achève ou que le contexte est hostile<a name="_ftnref1" href="#_ftn1"><sup>[1]</sup></a></em>.» </span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ainsi, les opérations d’exfiltration sont « <em>clandestines par nature<a name="_ftnref2" href="#_ftn2"><sup>[2]</sup></a></em>». Le raid de libération n’est lancé qu’en janvier 2013. Entre quarante et cinquante hommes constituent l’équipage, embarqués dans des hélicoptères Tigre et Caracal. La France a également fait jouer la négociation à un niveau élevé avec les Etats-Unis pour que ces derniers appuient en matériel le commando français chargé de l’opération. C’est au moment où celui-ci est le plus près de la cible que tout se renverse : un français trébuche… sur le gardien de la maison, qui prévient, avant d’être abattu, les occupants du lieu. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>&nbsp;LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Tout se précipite : l’effet de surprise étant désormais nul, les shebabs sont en état d’alerte. Un militaire meurt à peine entré dans la cour, et Denis Allex est exécuté immédiatement après. Le commando français fait face à une résistance tenace et beaucoup mieux armée que prévu, ce qui laisse à penser que les sheebabs auraient été prévenus par des villageois de l’arrivée du raid. Un autre militaire perd la vie. On dénombre donc trois morts du côté français en comptant l’otage, dont les corps ne pourront être rapatriés, ainsi que des blessés graves dont l’un décédera des suites de ses blessures. Côté terroriste, une vingtaine de morts.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading has-black-color has-text-color"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quels enseignements ?</span></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une opération manquée, certes, mais nécessaire. « <em>La France est une nation qui n’abandonne jamais ses enfants</em> » a pu dire Emmanuel Macron quelques années plus tard, lors d’une autre libération d’otages, cette fois-ci au Burkina Faso, elle aussi coûteuse en vies<a name="_ftnref3" href="#_ftn3"><sup>[3]</sup></a> .</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, spécialiste du terrorisme, « cette opération est une défaite encore plus grande pour les terroristes que pour la France : ils n’ont pas vu leurs revendications satisfaites – ni rançon, ni libération de prisonniers -, n’ont plus de monnaie d’échange, ont perdu au moins 17 des leurs et savent désormais que nous ne cédons pas et que nous pouvons les frapper au cœur de leurs sanctuaires. (&#8230;) <em>Nemo me impune lacessit </em>[« Personne ne me provoque impunément »]. Devise de l’Ordre du Chardon ainsi que de plusieurs régiments écossais de l’armée britannique.<a name="_ftnref4" href="#_ftn4"><sup>[4]</sup></a> ». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>&nbsp;LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il rappelle ainsi que ces missions sont une nécessité, mais demeurent évidemment extrêmement dangereuses par nature, et surtout, qu’elles sont soumises à l’aléa de l’imprévisibilité. Tout peut basculer au moindre aléa, à la moindre coquille, ou erreur (humaine). Pour cette raison, le risque d’échec &#8211; donc de mort &#8211; existe bel et bien, et il est d’ailleurs pris en compte par les autorités qui décident du déclenchement d’une telle opération, et accepté dans son entièreté par ceux qui la mènent. « <em>La gestion de chacune tient du sur-mesure, et non pas du prêt-à-porter</em><a name="_ftnref5" href="#_ftn5"><sup>[5]</sup></a> », comme le dit Bernard Bajolet, ancien directeur général de la sécurité extérieure ayant pris ses fonctions après l’affaire Allex. </span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Celui-ci retient, dans son livre <u>Mémoires d&rsquo;Orient. Le soleil ne se lève plus à l&rsquo;est</u><em>, </em>plusieurs enseignements applicables non seulement à l’affaire Denis Allex, mais plus largement à toutes les affaires d’enlèvements et d’otages : à commencer par la surmédiatisation, nocive au bon déroulement des opérations et surtout à la phase de négociation avec les ravisseurs. La frontière entre la liberté d’expression propre au journalisme et la mise en danger d’autrui est trop souvent franchie lorsque survient ce type d’évènement.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Par ailleurs, la prise d’otages pose la question de savoir comment réagir à une telle situation : faut-il négocier avec les terroristes à l’origine des enlèvements de nos ressortissants ? Si certains estiment que cette solution limiterait le nombre de morts, elle implique aussi une forme de chantage auquel il n’est pas forcément bon de céder. C’est finalement le serpent qui se mord la queue, un cercle vicieux dont l’on devient incapable de sortir, démontrant un affaiblissement du côté occidental : une rançon contre les otages revient à fournir les terroristes en matériel, et à financer leurs activités… Retour de bâton assuré. Pourtant, c’est une option plus souvent envisagée que l’action de force, nos sociétés étant de moins en moins habituées aux pertes humaines.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading has-black-color has-text-color"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">DGSE ou COS ? Vieille querelle, éternel (et irrésolu) débat</span></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Des débats ont ensuite refait surface quant à la gestion de cette opération : aurait-elle dû être menée par les forces spéciales avec le COS (Commandement des Opérations Spéciales<a name="_ftnref6" href="#_ftn6"><sup>[6]</sup></a>), plutôt que par le Service Action de la DGSE ? Rappelons qu’il existe en effet une distinction entre opération spéciale et action clandestine. La première désigne une action militaire menée par des unités des forces armées spécialement désignées, organisées, entraînées et équipées pour atteindre des objectifs stratégiques fixés par le Chef d’Etat-Major des Armées<a name="_ftnref7" href="#_ftn7"><sup>[7]</sup></a> : discrète, elle est néanmoins revendicable par un Etat. </span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’action clandestine, considérée quant à elle comme une sorte de troisième voie aux côtés de la diplomatie et de la guerre selon Kissinger, est intraçable, menée par des civils, et non revendicable par l’Etat qui en est à l’origine. Elle a pour objectif de peser sur le cours d’un événement ou d’inverser des tendances politiques par exemple, et doit avoir pour objet un impératif ou un intérêt national majeur. Ainsi, « <em>[les] opérations clandestines sont une tentative d’inflexion qui relève de ce que l’on appelle aujourd’hui influence mais qui doit demeurer masquée<a name="_ftnref8" href="#_ftn8"><sup><strong>[8]</strong></sup></a></em> », ce qui la différencie de l’activité militaire et même de l’activité de renseignement stricto-sensu. Elles se distinguent donc tant par leurs finalités respectives que par leurs modes d’action.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>&nbsp;LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-lherminier-un-officier-de-marine-qui-refusa-le-sabordage-de-la-flotte-en-1942/31/03/2022/">Jean l’Herminier : un officier de marine qui refusa le sabordage de la flotte en 1942</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En l’espèce, l’opération Denis Allex s’est révélée, il faut le reconnaître, relativement spécifique : la DGSE n’a pas cherché à infiltrer ses agents pour aller récupérer Denis Allex, mais a monté un véritable groupe d’assaut. Pour le général (2S) Christophe Gomart, alors commandant du COS, « <em>Dès lors que l’on monte une opération avec un groupe d’assaut, ça devient une opération militaire. Le COS est fait pour ça. Une opération clandestine, c’est autre chose : trois ou quatre personnes subtiles et rusées, au grand maximum</em><a name="_ftnref9" href="#_ftn9"><sup>[9]</sup></a> ». </span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Tout en réaffirmant son admiration pour le courage des hommes du SA, il assume son désaccord avec un “mélange des genres” qui aurait pu selon lui être évité. A ses yeux, l’on est sorti de l’action clandestine pour empiéter sur le terrain de l’opération spéciale, pour laquelle la DGSE n’est pas adaptée.  La frontière semble donc de plus en plus floue entre ces deux services, et le doublon DGSE/COS est placé sous le feu des critiques. </span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une vision nuancée par le général de division Éric Vidaud (désormais à la tête du COS), auditionné par La Commission Défense de l’Assemblée nationale le 13 janvier 2021, pour lequel « <em>les choses ont bien changé : nous avons des relations très régulières et essayons de nous coordonner autant que possible sur les différents théâtres où nous sommes présents. Je vois donc une complémentarité entre nos deux entités – exactement comme celle qui existe entre les forces spéciales et les forces conventionnelles – plutôt qu’une rivalité. Je compte poursuivre dans cet état d’esprit : favoriser l’équipe France et non une rivalité fondée sur la recherche de succès individuels, car le succès, selon moi, est bien collectif</em><a name="_ftnref10" href="#_ftn10"><sup>[10]</sup></a>. »</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La mort de Denis Allex et celle de ses frères d’armes morts durant la tentative de sauvetage seront vengées plus d’un an après les faits : en septembre 2014, Ahmed Abdi Godane, chef des shebabs traqué par la France et les Etats-Unis, est tué lors d’un raid américain.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Mafart, Jean. « Exfiltration », Hugues Moutouh éd., <em>Dictionnaire du renseignement</em>. Perrin, 2018, pp. 372-373.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> <em>Ibid</em>.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Deux otages français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, enlevés le 1er mai dernier au Bénin, ont pu être sauvés par les forces spéciales françaises, en mai 2019. Une opération qui a cependant causé la mort de deux commandos marine, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><sup>[4]</sup></a> DENECÉ Eric, “Missions à haut risque”, <em>Centre français de recherche sur le renseignement,</em> éditorial n°29, février 2013, URL : <a href="https://cf2r.org/editorial/missions-a-haut-risque/#_ftn1">https://cf2r.org/editorial/missions-a-haut-risque/#_ftn1</a></span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref5" name="_ftn5"><sup>[5]</sup></a> BAJOLET Bernard. “Otages : le dilemme”, dans <em>Mémoires d&rsquo;Orient. Le soleil ne se lève plus à l&rsquo;est.</em> Perrin, 2020, p.436.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref6" name="_ftn6"><sup>[6]</sup></a> Créé en 1992 au lendemain de la première guerre du Golfe, il est rattaché à l’Etat-Major des Armées, et regroupe entre autres le 1er RPIMA, le 13ème RDP, les commandos marine (Kieffer, Hubert, Trepel, Joubet…), le CPA10, etc. Sa devise est “agir autrement”.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref7" name="_ftn7"><sup>[7]</sup></a> <em>Glossaire interarmées de terminologie opérationnelle, </em>Document cadre. DC-004_GIATO(2013),N°212 /DEF/CICDE/NP, Commandement interarmées de concepts, doctrines et expérimentations, 16 décembre 2013, p.109.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref8" name="_ftn8"><sup>[8]</sup></a> COUSSERAN Jean-Claude, et HAYEZ Philippe. « Chapitre 7. L’action clandestine, un adjuvant délicat de l’action politique », <em>Renseigner les démocraties, renseigner en démocratie</em>. sous la direction de Cousseran Jean-Claude, Hayez Philippe. Odile Jacob, 2015, pp. 151-169.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref9" name="_ftn9"><sup>[9]</sup></a> GOMART Christophe, <em>Soldat de l’ombre</em>, extrait diffusé dans “Forces spéciales &#8211; DGSE : les soldats de l’ombre”,<em> Le Figaro magazine, </em>septembre 2020, page 52.</span></p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="#_ftnref10" name="_ftn10"><sup>[10]</sup></a> “COS / Forces spéciales : Audition du général Éric Vidaud à La Commission Défense de l’Assemblée nationale (13 janvier 2021)”, <em>Theatrum Belli,</em> publié le 3 mars 2021, en ligne : <a href="https://theatrum-belli.com/cos-forces-speciales-audition-du-general-eric-vidaud-a-la-commission-defense-de-lassemblee-nationale-13-janvier-2021/">https://theatrum-belli.com/cos-forces-speciales-audition-du-general-eric-vidaud-a-la-commission-defense-de-lassemblee-nationale-13-janvier-2021/</a></span></p>
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		<title>La «Bleuite» : l&#8217;opération d&#8217;intoxication des renseignements militaires français en Algérie</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/la-bleuite-loperation-speciale-des-renseignements-militaires-francais-en-algerie/10/11/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cécile Dantès]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Nov 2021 13:44:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Armée française]]></category>
		<category><![CDATA[FLN]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre d'Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[La bleuite]]></category>
		<category><![CDATA[Paul-Alain Léger]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=6396</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/11/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/la-bleuite-loperation-speciale-des-renseignements-militaires-francais-en-algerie/10/11/2021/">La «Bleuite» : l&rsquo;opération d&rsquo;intoxication des renseignements militaires français en Algérie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Année 1957. À Alger, dans la Casbah, forteresse aux murs sans fenêtres et aux terrasses </strong><strong>formant des passerelles entre elles, c’est le silence qui règne en maître depuis que le Front de </strong><strong>Libération Nationale a imposé sa loi : interdiction formelle de fumer, de boire de l’alcool, </strong><strong>d’écouter la radio ou de mettre la musique, ou encore de jouer. Les réfractaires au mot </strong><strong>d’ordre, pris la main dans le sac ou dénoncés, sont immédiatement sanctionnés au moyen de </strong><strong>la mutilation. Histoire de la bleuite. </strong></span></p>
<p> </p>
<p><span style="color: #000000;">Arrive un groupe d’hommes, vêtus de bleus de chauffe, portés par les jeunes Algériens. Ils entrent dans un café, et lorsque le tenancier, sur leur demande, refuse d’allumer la radio au prétexte de ne pas contrer la loi du Front, il se voit administrer une magistrale paire de gifles. “A partir de maintenant, tu sauras que ce n’est pas le Front qui commande, c’est lui”, et de désigner Paul-Alain Léger, militaire issu du SDECE (ancêtre de la DGSE) et revenant d’Indochine. Ceux qui le suivent sont des parachutistes français, accompagnés de leurs nouvelles recrues issues de la rébellion et retournées contre le FLN. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lorsqu’ils quittent le café, la musique et les jeux ont repris. Le premier succès de Léger et son commando est psychologique et porte un coup non négligeable à la loi du FLN et à la crédibilité de ce dernier. Ce n’est que le début d’une opération bien plus vaste qui va permettre de remporter la bataille d’Alger, et marquer la primauté du renseignement militaire dans cette nouvelle guerre : la Bleuite. On l’appelle ainsi en raison des bleus de chauffe (uniformes de travail souvent portés dans la Casbah) revêtus par les hommes de Léger pour cette mission </span><span style="color: #000000;">d’infiltration, et de l’espionnite aiguë découlant des actions du GRE, poussant le FLN à purger ses propres rangs.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;">La bleuite, une réponse au terrorisme algérien</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La bataille d’Alger a lieu à partir de l’année 1957, ensanglantée par des attentats répétitifs commis par le FLN contre la communauté européenne de la ville. Déposées dans les cafés, les discothèques, ou en pleine rue, les bombes viennent briser brutalement la sérénité d’Alger, causant plusieurs centaines de morts, hommes, femmes et enfants confondus. Ce déferlement de violence engendre alors des actes de vengeance européens de plus en plus fréquents. Le général Massu est réclamé par le pouvoir politique, qui lui fixe la mission d’éradiquer le terrorisme urbain, mission relevant pourtant habituellement de pouvoirs de police. Si les débuts de la bleuite sont laborieux, le capitaine Paul-Alain Léger et ses hommes vont se distinguer par leur redoutable système de renseignement.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/la-bas-de-lautre-cote-de-leau-une-histoire-damour-en-pleine-guerre-dalgerie-au-theatre/07/12/2021/">«Là-bas de l’autre côté de l’eau» : une histoire d’amour en pleine guerre d’Algérie au théâtre</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Afin d’obtenir des informations sur le groupuscule terroriste d’Alger, le capitaine Léger créé le Groupement Renseignement Exploitation (GRE). Celui-ci vient assurer un renfort auprès du Dispositif de Protection Urbaine, qui quadrillait la ville d’Alger en plusieurs quartiers placés sous le contrôle d’un régiment. Si le DPU avait pour mérite d’éviter la dispersion des terroristes, notamment en les maintenant regroupés dans la zone musulmane, sa fonction renseignement se trouvait limitée. Il ne permettait en effet pas de recueillir suffisamment d’informations pour aller jusqu’à démanteler le réseau terroriste. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Parmi les membres du G.R.E, on trouve des officiers et sous-officiers parachutistes, mais aussi d’anciens terroristes ou soutiens des réseaux terroristes d’Alger, que le capitaine Léger a retourné contre le FLN. Les musulmans, comme l’explique Léger dans son livre <em>Aux Carrefours de la guerre</em>, devaient absolument être à la base de tout recrutement pour optimiser l’efficacité du G.R.E et favoriser l’infiltration chez l’ennemi. Ainsi, “<em>estimant qu’une des solutions envisagées pour </em><em>juguler le terrorisme était de noyauter son organisation, je pensais que l’action souterraine </em><em>de rebelles retournés et réinjectés dans le circuit était la meilleure façon d’y parvenir</em>”. Cette infiltration dans la Casbah portera ses fruits, grâce aux jeunes recrues anciennement rebelles. Progressivement, arrestation sur arrestation, Léger et ses hommes parviennent à remonter jusqu’aux origines du réseau terroriste d’Alger.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;">La méthode Léger, intoxiquer tout le réseau du FLN </span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le Capitaine Léger est la pièce maîtresse de la bleuite, un dispositif bien rôdé. Habitué des méthodes d’infiltration, il connaît les ressorts psychologiques de ceux qu’ils retournent contre le FLN. Ainsi, Ouria, une femme musulmane à l’éducation européenne, est un exemple d’agent acquis à la cause française. Internée par son mari pour protéger sa maîtresse, elle est rendue libre par Léger en échange de ses services pour l’armée. Mine d’informations pour le GRE, se faisant passer pour une rebelle auprès du FLN, elle permet la saisie conséquente de stocks d’armes et d’explosifs. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Progressivement, l’infiltration menée par les militaires français et leurs recrues fait son œuvre, jusqu’à arriver au démantèlement complet du réseau terroriste. Yacef Saâdi, chef du réseau, et son second, Ali la Pointe, sont retrouvés et tués ou faits prisonniers. Le nombre de morts liés aux attentats ne fait alors que diminuer, jusqu’à devenir nul. L’objectif initial est donc atteint. Cependant, le capitaine Léger ne compte pas s’arrêter là. Voyant la grande efficacité de sa méthode, il décide de l’étendre aux autres wilayas (régions administratives d’Algérie), et va monter une véritable opération d’intoxication.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/ligue-arabe-un-demi-sommet-pour-alger/03/11/2022/">Ligue arabe : un demi-sommet pour Alger</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Entretenant une correspondance régulière avec le chef de la région de Kabylie, le colonel Amirouche, Léger va se faire passer pour un homme du FLN. Pour cela, il s’est procuré les tampons officiels du Front, et convainc Amirouche que l’organisation terroriste est toujours active. Ce dernier en vient à désigner Léger comme le représentant officiel du FLN dans la zone d’Alger, sans se douter le moins du monde que c’est en réalité à l’armée française qu’il confie cette mission. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le GRE improvise alors de vrais-faux attentats : ici et là, des bombes explosent, à la différence près qu’elles ne font aucun mort. Cette ruse permet à Léger de récupérer des armes et des munitions qui lui sont fournies pour sa pseudo activité terroriste. Lorsque le colonel Amirouche, voyant le manque d’efficacité des attentats, menace Léger de ne pas lui fournir des explosifs particulièrement puissants, ce dernier s’aperçoit que sa ruse arrive en bout de course. Enfilant à nouveau les fameux bleus de chauffe, il décide d’aller avec son commando chercher directement le matériel au PC de la Wilaya III.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;">Les revers d&rsquo;un espionnage à grande échelle </span></h3>
<p><span style="color: #000000;">C’est le début d’une spirale de violences inouïes dans les rangs du FLN. Amirouche, dupé, est persuadé de l’existence d’un traître ayant travaillé pour la France, croyance que va exacerber Léger. Une jeune femme, prénommée Roza, sera le vecteur direct de ce virus de la bleuite. Prétendant vouloir rejoindre le camp français, elle se présente au capitaine Léger, qui ne se laisse pas duper. La laissant seule dans son bureau le temps de passer un appel bienvenu, il l’observe du coin de l&rsquo;œil se pencher sur de fausses correspondances de responsables du maquis supposément retournés contre le FLN. Mémorisant les noms imaginaires, la jeune femme disparaît pour délivrer les fausses informations volontairement données par Léger, à l’un des chefs des wilayas.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/la-france-macronienne-une-nation-potemkine/24/03/2022/">La France macronienne : une nation Potemkine</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Passée sous la torture par le second d’Amirouche, Ahcène Mahiouz, qui veut en savoir plus, la jeune femme s’autoaccuse sous la douleur de traîtrise et donne d’autres noms, cette fois-ci réels. Convaincu de la présence de traîtres et d’espions dans le maquis, Amirouche organise une purge monumentale : c’est plus d’un millier d’hommes qui passent sous la torture, avant d’être exécutés. Les jeunes étudiants venant d’Alger et les plus lettrés sont la cible principale de cette paranoïa destructrice, qui se répand </span><span style="color: #000000;">dans toutes les wilayas, puis dans la population. Le FLN s&rsquo;auto fragilise jusqu’à un point de non-retour. Aucun chiffre officiel n’a pu être donné pour connaître le nombre de morts liés à cette “espionnite aiguë » qu’est la Bleuite.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si la bleuite demeure une victoire tactique indéniable pour l’armée française, elle n’en demeure pas moins un traumatisme, expliquant en partie le délaissement de l’armée française de ce type d’opérations, qui connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt.</span></p>
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