Malgré des inquiétudes sur sa chaîne industrielle et un marché export du Rafale moins dynamique, Dassault Aviation clôt l’année 2025 sur une note globalement positive. Portée par une hausse de la production militaire et un carnet de commandes record, l’entreprise revoit son chiffre d’affaires à la hausse et confirme la centralité du Rafale dans sa stratégie.
En 2025, Dassault Aviation a dépassé ses objectifs de production de Rafale, démontrant sa capacité à monter en cadence malgré les craintes pesant sur son réseau de sous-traitants. Si l’aviation d’affaires marque le pas, la défense tire l’ensemble de la performance financière du groupe, dont le chiffre d’affaires devrait dépasser les 7 milliards d’euros. Une année sans triomphalisme commercial, mais marquée par la robustesse industrielle.
Le Rafale, pilier industriel et financier de Dassault
Avec 26 Rafale livrés en 2025, soit un de plus que l’objectif initial et cinq de plus qu’en 2024, Dassault Aviation a tenu ses engagements. Parmi ces livraisons, 15 appareils ont été exportés et 11 remis à l’armée française, confirmant la priorité donnée aux avions de combat.
LIRE AUSSI → Airbus signe une année 2025 solide en frôlant les 800 livraisons d’avions
Ce choix stratégique, assumé par le PDG Éric Trappier, s’est fait au détriment partiel de l’aviation d’affaires. Le groupe n’a livré que 37 Falcon, contre 40 prévus, même si cette performance reste en hausse de six appareils par rapport à 2024. La montée en cadence du Rafale a clairement primé.
Sur le plan commercial, l’année 2025 a toutefois été plus terne pour l’avion de combat français. Seuls 26 nouveaux Rafale ont été commandés, contre 30 en 2024. Un unique contrat s’est concrétisé : l’achat par l’Inde de 26 Rafale Marine, une commande majeure et symbolique puisqu’il s’agit de la première exportation navale du Rafale. En revanche, Dassault a essuyé un échec en Colombie face au Gripen de Saab, tandis que les perspectives au Canada et au Portugal restent incertaines, ce dernier représentant un enjeu clé pour l’européanisation de l’appareil face au F-35 américain.
Un carnet de commandes record et des perspectives sous tension
Malgré ces revers commerciaux, le carnet de commandes du Rafale atteint un niveau historique, avec 220 appareils à livrer au 31 décembre 2025, dont 175 à l’export et 45 pour la France. À l’inverse, celui des Falcon recule légèrement, passant de 79 à 73 jets d’affaires.
Cette dynamique permet à Dassault Aviation de revoir à la hausse sa prévision de chiffre d’affaires 2025, désormais attendue au-dessus de 7 milliards d’euros, contre 6,23 milliards d’euros en 2024. Les résultats financiers complets seront dévoilés le 4 mars prochain.
LIRE AUSSI → Rafale : face à la Turquie, la Grèce se projette vers une nouvelle commande
Pour faire face à cet afflux de commandes, Dassault s’est engagé à porter la cadence de production du Rafale jusqu’à cinq appareils par mois, notamment afin d’honorer le contrat stratégique signé avec les Émirats arabes unis, dont les premières livraisons doivent débuter. L’Inde reste également un marché clé, avec un besoin confirmé de 114 chasseurs supplémentaires et des discussions en cours sur une possible délocalisation partielle de la production.
Vous avez apprécié l’article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant

