L’Inde a donné son feu vert à une commande militaire historique de 33 milliards d’euros, incluant l’achat de 114 avions de combat Rafale. Un accord stratégique, à la fois militaire, industriel et diplomatique, qui pourrait être finalisé lors de la prochaine visite d’Emmanuel Macron en Inde.
C’est un signal fort envoyé à la fois à Paris, à Pékin et à Islamabad. Le Conseil indien des acquisitions de Défense a approuvé une commande militaire record de 39 milliards de dollars, dont l’élément central est l’achat de 114 Rafale français. Pour Dassault Aviation, il s’agirait tout simplement du plus important contrat jamais signé de son histoire, confirmant le Rafale comme pilier de la modernisation de l’armée de l’air indienne et de la relation stratégique franco-indienne.
Un renforcement massif des capacités militaires indiennes
Selon le ministère indien de la Défense, ces acquisitions doivent permettre de renforcer la capacité de la Force aérienne indienne à mener des missions de supériorité aérienne « sur l’ensemble du spectre des conflits » et à améliorer significativement ses capacités de dissuasion grâce à des frappes de longue portée.
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Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par des affrontements récents avec le Pakistan et par une érosion préoccupante du format de l’aviation indienne. Le nombre d’escadrons est tombé à 29, bien en deçà de l’objectif officiel de 42, tandis que plusieurs appareils vieillissants – MiG-21, anciennes versions de MiG-29, Jaguar et Mirage 2000 – sont appelés à quitter le service. Déjà premier client export du Rafale avec 62 appareils commandés, l’Inde confirmerait ainsi son choix stratégique en faveur de l’avion français.
Un contrat stratégique sous le signe du « Make in India »
Au-delà de l’enjeu militaire, l’accord revêt une dimension industrielle majeure. La majorité des Rafale destinés à l’Inde devraient être fabriqués localement, conformément à l’initiative « Make in India » lancée par le Premier ministre Narendra Modi. Dassault Aviation est déjà engagé dans des partenariats avec le groupe indien Tata pour la production de fuselages, et des discussions sont en cours sur la fabrication de moteurs d’avion en Inde.
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Ce contrat, négocié depuis plusieurs années, répond aux exigences indiennes en matière de transferts de technologies et d’ancrage industriel. Il s’inscrit également dans la diversification des approvisionnements militaires de New Delhi, qui se détourne progressivement de la Russie au profit de partenaires occidentaux comme la France, les États-Unis et Israël.
Un jalon diplomatique à la veille de la visite d’Emmanuel Macron
La présidence française a salué un « jalon très important » vers un contrat qualifié d’« historique », laissant entrevoir une finalisation lors de la visite d’Emmanuel Macron en Inde du 17 au 19 février. Si Dassault Aviation se refuse pour l’heure à tout commentaire, l’annonce marque déjà un tournant stratégique.
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Dans un contexte de hausse de 15 % des dépenses militaires indiennes et de tensions régionales accrues, cette méga-commande de Rafale pourrait redéfinir durablement l’équilibre aérien en Asie du Sud, tout en consolidant l’axe Paris–New Delhi comme l’un des partenariats de défense les plus structurants de la décennie.
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