Menacé de liquidation, les fonderies Hachette & Driout, site centenaire de Saint-Dizier, l’un des plus stratégiques de l’ex-groupe ACI, a été repris par le britannique en partenariat avec Framatome. Une décision qui préserve 167 emplois et sécurise un maillon clé de la filière nucléaire française.
C’était le dernier grand site industriel du groupe ACI encore en attente de repreneur. Et sans doute le plus sensible. Implantées à Saint-Dizier (Haute-Marne), les fonderies Hachette & Driout ont échappé à la liquidation judiciaire mardi 24 février, à l’issue de la décision du tribunal des affaires économiques de Lyon.
Une reprise décisive pour un site stratégique
L’offre retenue, portée par le britannique Paralloy en étroite collaboration avec Framatome, ouvre un nouveau chapitre pour cette usine spécialisée dans les aciers moulés de haute technicité. Un savoir-faire essentiel pour la sous-traitance nucléaire et les composants métalliques à haute performance.
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Placée en redressement judiciaire le 9 décembre 2025 à la suite des difficultés du groupe ACI, l’entreprise traversait depuis plusieurs mois une zone de fortes turbulences : activité partielle, incertitudes financières, inquiétude sociale. La reprise, effective au 1er mars, permet de préserver 167 des 242 emplois du site. Au-delà du sauvetage social, l’enjeu est stratégique. Dans un contexte de relance du nucléaire civil en France, conserver sur le territoire une capacité de production d’aciers spéciaux apparaît comme un impératif industriel.
Souveraineté industrielle et nouvelle ambition
Le tandem Paralloy–Framatome affiche une ambition claire : consolider la filière nucléaire française et renforcer la souveraineté industrielle dans un secteur critique. Le repreneur s’est engagé à investir pour moderniser les installations et adapter l’outil de production aux besoins croissants du marché énergétique.
Pour Paralloy, qui réalise environ 120 millions d’euros de chiffre d’affaires et exploite six sites au Royaume-Uni, l’usine haut-marnaise doit devenir un pilier central de sa stratégie mondiale dans les alliages spéciaux. L’intégration au sein d’un écosystème nucléaire structuré, aux côtés de Framatome, constitue un levier de développement majeur.
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À Saint-Dizier, la décision est accueillie comme un soulagement. Le maire de la commune a salué une issue positive, assurant travailler en coopération étroite avec le repreneur afin d’accompagner l’investissement et de pérenniser l’activité industrielle locale. Ce dénouement marque également la fin de l’ère Philippe Rivière pour le site bragard. L’ancien président d’ACI, dont la stratégie d’acquisitions a fragilisé plus d’une quinzaine de sociétés, fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pénale pour abus de biens sociaux.
Pour Hachette & Driout, l’histoire ne s’achève pas dans une salle d’audience. Elle se poursuit désormais sur le terrain industriel, avec la perspective d’une relance inscrite dans la dynamique stratégique du nucléaire français.
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