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	<title>Agribashing - Billet de France</title>
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	<title>Agribashing - Billet de France</title>
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		<title>«Agribashing» : jusqu&#8217;où iront les détracteurs du terroir français ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/agribashing-jusquou-iront-les-detracteurs-du-terroir-francais/16/09/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Patrick Renard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Sep 2021 09:07:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Agribashing]]></category>
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		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/09/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/agribashing-jusquou-iront-les-detracteurs-du-terroir-francais/16/09/2021/">«Agribashing» : jusqu&rsquo;où iront les détracteurs du terroir français ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Agriculteurs attaqués, élevages incendiés, campagnes de dénigrement dans les médias grand public… le monde paysan n&rsquo;a pas besoin de cela pour être au bord de la rupture.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;« agribashing » est un nom commun apparu sur Twitter en 2016. Il critique des modes de production intensif ; le dénigrement systématique du secteur agricole. Dans les faits, l&rsquo;« agribashing » a pris plusieurs formes ces dernières années, de la désinformation aux insultes en passant par les violences physiques. Voici un tour d&rsquo;horizon de ce phénomène qui cible nos campagnes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Les&nbsp;émissions&nbsp;télé&nbsp;:&nbsp;la&nbsp;grande&nbsp;fabrique&nbsp;anxiogène</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Étonnamment, les coups les plus rudes portés au secteur agricole sont venus des chaînes de télévision du secteur public. L&rsquo;émission la plus connue reste sans conteste le programme-phare de France 2, <em>Cash Investigation</em> d&rsquo;Elise Lucet, qui promettait à ses téléspectateurs, numéro après numéro, de lever le voile sur les mauvaises pratiques des entreprises et des industries. Le monde agricole n&rsquo;y a pas échappé, les agriculteurs étant comparés à des empoisonneurs à cause, par exemple, de l&rsquo;utilisation de produits phytosanitaires. Des accusations relayées par le quotidien <em>Le Monde </em>avec un titre sonnant comme un couperet :</span> <a href="https://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2016/02/02/cette-agriculture-qui-tue_4857651_1655027.html">«&nbsp;Cette agriculture qui tue&nbsp;»</a><span style="color: #000000;">. Le postulat de départ de l&rsquo;émission sensationnaliste est clair : « <em>Les pesticides, nous en mangeons, nous en buvons et nous en respirons. Ils font la fortune de quelques géants de l&rsquo;agrochimie &#8211; six, exactement &#8211; et ont des conséquences graves sur la santé publique.</em> » Et l&rsquo;émission de monter en épingle des cas de maladies graves, attribués aux pesticides, de quoi entretenir la peur des Français, surtout quand une voix off assène un chiffre choc : 97% des fruits et légumes que nous mangeons contiendraient des pesticides.</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #000000;">Mais&nbsp;voilà,&nbsp;après&nbsp;diffusion&nbsp;de&nbsp;l&rsquo;émission,&nbsp;</span><a href="https://www.liberation.fr/desintox/2016/02/17/pesticides-episode-2-cash-investigation-a-toujours-tort_1432658/">les révélations font pschitt&nbsp;</a><span style="color: #000000;">. Non, 97% des produits ne sont pas empoisonnés, mais se situent sous la limite des taux autorisés par les autorités sanitaires, parmi les plus strictes qui soient. Cette désinformation mise&nbsp;à&nbsp;jour&nbsp;n&rsquo;a&nbsp;pas&nbsp;empêché&nbsp;l&rsquo;équipe&nbsp;de&nbsp;<em>Cash&nbsp;Investigation</em> de remettre le couvert en 2019 avec une émission consacrée aux semences, en parlant d&rsquo;un</span> <a href="https://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/enquete-sur-les-semences-cash-investigation-encore-trop-cash-1,0,441740488.html">hold-up des multinationales</a>&nbsp;<span style="color: #000000;">sur nos fruits et légumes. Rebelote en 2019, cette fois au programme d&rsquo;<em>Envoyé&nbsp;spécial</em>, avec une fois encore Elise Lucet à la baguette. Cette fois, c&rsquo;est Monsanto qui est&nbsp;dans&nbsp;la&nbsp;ligne&nbsp;de&nbsp;mire&nbsp;de&nbsp;journalistes&nbsp;aux&nbsp;</span><a href="https://www.reussir.fr/decouvrez-les-trois-reportages-que-les-agriculteurs-ont-detestes">pratiques faisant fi de toute déontologie</a><span style="color: #000000;">.&nbsp;«&nbsp;<em>J&rsquo;ai&nbsp;été&nbsp;piégé</em> &#8211; raconte Vincent Guyot, agriculteur de l&rsquo;Aisne, accusé de faire du lobbying pour la firme américaine &#8211;<em>Ça a été difficile lors de la diffusion, et très </em><em>difficile lors de la reprise par la presse régionale, ils m&rsquo;ont fait passer pour un salaud. Les journalistes ne sont pas venus chercher l&rsquo;information pour leur histoire, et ont donc manipulé la vraie histoire.&nbsp;</em>»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Trop souvent, les journalistes dits d&rsquo;investigation veulent prouver leur postulat de départ sans faire d&rsquo;enquête sérieuse. C&rsquo;est également le cas de l&rsquo;un des collaborateurs habituels d&rsquo;Elise Lucet pour l&rsquo;émission&nbsp;<em>Vert&nbsp;de&nbsp;rage</em>. En 2020 par exemple, une conférence de presse&nbsp;organisée&nbsp;par&nbsp;Martin&nbsp;Boudot&nbsp;prétendait&nbsp;révéler&nbsp;que</span>&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=gUEdkFM8Q40">les Bretons étaient empoisonnés</a> <span style="color: #000000;">à cause de l&rsquo;utilisation d&rsquo;engrais minéraux nécessaires à la culture de la pomme de terre. Sa conclusion : 20% des 57 personnes dont l&rsquo;urine a été testée montreraient un taux trop élevé de cadmium. L&rsquo;information est reprise sans discernement</span>&nbsp;<a href="https://www.leparisien.fr/societe/sante/substances-cancerogenes-des-taux-eleves-de-cadmium-detectes-chez-des-bretons-12-09-2020-8383362.php">par plusieurs médias</a><span style="color: #000000;">. Là aussi, comme pour <em>Cash </em><em>Investigation</em>, les conclusions reposent sur un postulat de départ et non pas sur des preuves. En effet, la contamination au cadmium &#8211;&nbsp; métal lourd qui est ici pointé du doigt &#8211; se fait principalement par le tabagisme et par la consommation de poisson et de fruits de mer, comme vient de le confirmer</span> <a href="https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/pollution-et-sante/sols/documents/enquetes-etudes/impregnation-de-la-population-francaise-par-le-cadmium.-programme-national-de-biosurveillance-esteban-2014-2016">une nouvelle étude de Santé publique&nbsp;France&nbsp;en&nbsp;juillet&nbsp;dernier</a>, et non à cause des&nbsp;pommes&nbsp;de&nbsp;terre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>Les&nbsp;insultes&nbsp;:&nbsp;le&nbsp;moindre&nbsp;geste&nbsp;devient&nbsp;suspect</strong></h3>
<p><span style="color: #000000;">Toutes ces fausses informations atteignent leur but : mettre le doute dans l&rsquo;opinion publique. Au point où le moindre</span>&nbsp;<a href="https://rmc.bfmtv.com/emission/agribashing-on-se-prend-des-bras-d-honneur-des-insultes-raconte-un-agriculteur-1791615.html">geste des agriculteurs devient suspect&nbsp;</a><span style="color: #000000;">.&nbsp;«&nbsp;<em>J&rsquo;étais en train de pulvériser dans mon </em><em>champ</em> &#8211; raconte Guillaume Larchevêque, agriculteur dans l&rsquo;Orne &#8211; <em>J&rsquo;ai </em><em>été stoppé par un voisin qui m&rsquo;a indiqué que la semaine passée, j&rsquo;étais déjà en train de traiter et que depuis sa femme toussait.</em>» </span><span style="color: #000000;">L&rsquo;agriculteur n&rsquo;était pas en train d&rsquo;épandre de pesticides, mais des produits&nbsp;destinés&nbsp;à&nbsp;la&nbsp;production&nbsp;bio.&nbsp;«&nbsp;<em>Je suis resté un peu </em><em>estomaqué de me dire &lsquo;mais comment ça se fait qu&rsquo;on me demande des comptes sur ce que je suis en train de faire dans mes champs ?&rsquo;. J&rsquo;essaie d&rsquo;évoluer, de progresser. On ne se pose plus la question de ce que l&rsquo;on fait. Si on sort ce type de matériel, on est mis au banc des accusés. On se fait insulter, on nous fait des bas d&rsquo;honneur, c&rsquo;est dévalorisant.&nbsp;Heureusement&nbsp;que&nbsp;nous&nbsp;avons&nbsp;les&nbsp;nerfs&nbsp;solides.</em> » L&rsquo;affaire en est restée là. Mais tous n&rsquo;ont pas les nerfs aussi solides&nbsp;:&nbsp;le</span> <a href="https://agriculture.gouv.fr/remise-du-rapport-sur-lidentification-et-laccompagnement-des-agriculteurs-en-difficulte-et">suicide des agriculteurs&nbsp;</a> <span style="color: #000000;">a d&rsquo;ailleurs fait l&rsquo;objet d&rsquo;un rapport parlementaire remis au ministre de l&rsquo;Agriculture et de l&rsquo;Alimentation&nbsp;Julien&nbsp;Denormandie&nbsp;en&nbsp;décembre&nbsp;dernier.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette</span>&nbsp;<a href="https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/est-insulte-montre-du-doigt-c-est-dur-a-vivre-des-agriculteurs-bretons-expriment-leur-ras-le-bol-1569247437">suspicion permanente est devenue insupportable&nbsp;</a>&nbsp;<span style="color: #000000;">pour les agriculteurs français : « <em>On est insulté, montré du doigt, c&rsquo;est dur </em><em>à&nbsp;vivre</em> &#8211; déplore Fabienne Garel, productrice de lait et présidente de la FDSEA des Côtes d&rsquo;Armor. &#8211; <em>Au quotidien, toutes nos pratiques sont </em><em>remises en cause. Quand certains de mes collègues prennent le tracteur avec&nbsp;la&nbsp;tonne&nbsp;à&nbsp;lisier&nbsp;ou&nbsp;le&nbsp;pulvérisateur,&nbsp;ils&nbsp;sont&nbsp;insultés.</em>» Et parfois, les militants écologistes ou animalistes comme</span>&nbsp;<a href="https://www.ege.fr/infoguerre/2013/11/l214-quand-le-fanatisme-menace-notre-terroir">les radicaux du groupe L214&nbsp;</a>&nbsp;vont beaucoup plus loin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Les&nbsp;attaques&nbsp;physiques&nbsp;:&nbsp;les&nbsp;agriculteurs&nbsp;comparés&nbsp;à&nbsp;des&nbsp;nazis</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Au-delà des insultes, Fabienne Garel sait aussi que ses pairs sont les cibles&nbsp;d&rsquo;actions&nbsp;violentes&nbsp;:&nbsp;«<em> Nos élevages subissent des intrusions,&nbsp;</em><em>des attaques de plus en plus violentes et ça nous fait très peur et très mal parce que nous faisons notre métier avec engagement, dans le respect&nbsp;de&nbsp;l&rsquo;environnement&nbsp;et&nbsp;du&nbsp;bien-être&nbsp;animal. </em>» Ces faits divers </span><span style="color: #000000;">se retrouvent dans les pages intérieures des quotidiens régionaux : un élevage vandalisé par-ci, un autre incendié par-là, avec des tags accusateurs&nbsp;et&nbsp;diffamatoires&nbsp;tels&nbsp;que&nbsp;«&nbsp;assassins&nbsp;»&nbsp;ou</span>&nbsp;<a href="https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/un-poulailler-incendie-et-des-slogans-anti-specistes-dans-le-perche-1568740486">« camp de la mort »</a><span style="color: #000000;">, comme ce poulailler réduit en cendres à Normandel, dans le Perche. Qu&rsquo;ont fait les agriculteurs français pour être comparés&nbsp;à&nbsp;des&nbsp;nazis&nbsp;?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«&nbsp;<em>Ce sont des bâtiments et du matériel qui sont touchés, mais ça </em><em>va&nbsp;plus&nbsp;loin&nbsp;que&nbsp;ça</em> &#8211; déplore Alexis Graindorge, président des Jeunes Agriculteurs&nbsp;de&nbsp;l&rsquo;Orne.&nbsp;&#8211; <em>C&rsquo;est un outil de travail qui disparaît </em><em>totalement, ce sont des salariés qui se retrouvent au chômage, c&rsquo;est une production qui va mettre du temps à repartir. J&rsquo;ai peur que certains agriculteurs se fassent justice eux-mêmes.</em>» Autant de situations qui avaient par exemple poussé</span> <a href="https://www.radioclassique.fr/magazine/articles/manifestations-des-agriculteurs-insultes-denigres-ils-vont-bloquer-paris/">les agriculteurs français à « monter » sur Paris en 2019 </a><span style="color: #000000;">avec leurs tracteurs, à l&rsquo;appel du principal syndicat agricole, la FNSEA, pour crier leur ras-le-bol face à l&rsquo;agribashing.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Depuis 2016, de nombreuses actions ont ciblé les agriculteurs français. Au point que le Sénat, en 2021, publie finalement un rapport d&rsquo;enquête&nbsp;sur</span>&nbsp;<a href="http://www.senat.fr/rap/r20-451/r20-4517.html">les conséquences de l&rsquo;agribashing</a>&nbsp;<span style="color: #000000;">: «&nbsp;<em>40% des </em><em>agriculteurs interrogés ont vécu au moins une situation de harcèlement lors du dernier mois (critiques permanentes, harcèlement téléphonique, fausses rumeurs, jugements blessants ou injustes, introduction illégale dans l&rsquo;exploitation, etc.). 20% d&rsquo;entre eux indiquent y avoir été confronté tous les jours ou presque. […] Les rapporteurs ont acquis la conviction que la fréquence accrue de ces faits isolés, à l&rsquo;apparence mineure, augmentent considérablement, ces dernières années, la détresse des agriculteurs, ayant perdu à la fois la reconnaissance économique de leur travail et la reconnaissance sociale de leur fonction.&nbsp;</em>» Il&nbsp;est&nbsp;temps&nbsp;que&nbsp;cela&nbsp;change.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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