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	<title>Antiquité - Billet de France</title>
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	<title>Antiquité - Billet de France</title>
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		<title>Procès et discussions de Socrate avec Criton</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jan 2021 16:33:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
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		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’œuvre de Platon est composée presque exclusivement de dialogues mettant en scènes les formulations classiques...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">L’œuvre de Platon est composée presque exclusivement de dialogues mettant en scènes les formulations classiques des problèmes majeurs de l&rsquo;histoire de la philosophie occidentale.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Nous sommes en présence de deux textes majeurs, que nous apprécions grandement tant ils sont riches d’enseignements et de réflexions. Le premier raconte le procès de Socrate sous la forme d’un échange qui tourne au débat entre l’accusé et ses accusateurs. Le deuxième nous présente une discussion entre Socrate et son ami d’enfance Criton. Cet échange verbal se déroula dans la cellule de Socrate, là où il attendait son exécution capitale. Les deux (courts) livres sont très intéressants car ils évoquent des thèmes fondamentaux et donc toujours actuels : justice, injustice, religion, le pouvoir, l’amitié, l’attente face à la mort et la mort elle-même…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Prenons le temps de rappeler brièvement le contexte. En avril 399 av. J.-C., Socrate est accusé par Mélétos, et ses amis Lycon et Anytos, de trois crimes : ne pas reconnaître les dieux de la cité ; introduire des nouvelles divinités ; corrompre la jeunesse. Ce procès dépasse le seul cadre juridique « d’incroyance et d’impiété » comme nous le démontrerons. Athènes et Sparte, deux cités-états très puissantes se sont férocement livrées bataille de 431 à 404. Les combats se déroulèrent à la fois sur terre et sur mer. Les belligérants mirent tout en œuvre pour littéralement détruire l’ennemi. Victor Davis Hanson, un des plus grands spécialistes de la Guerre Antique, parle même de « conflit total » (1). Cependant, à la fin de la guerre, Sparte la brutale ne fera raser que les seuls murs d’Athènes, épargnant chefs-d’œuvre et citoyens.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quoiqu’il en soit, la brillante et raffinée Athènes est vaincue par Sparte la guerrière, et l’empire athénien s’effondre de la même manière que tant d’autres avant et après lui. Cette défaite ne constitue pas en soi un mince revers. La guerre a duré presque trois décennies, au cours desquelles tous les coups ou presque furent permis. Athènes se vit dépossédée de sa flotte &#8211; or sa domination reposait entre autres sur cette capacité de projection &#8211; et elle perdit en outre un quart de ses citoyens. De plus, elle connut une dramatique crise financière et d&rsquo;importantes tensions politiques. De son côté, Sparte la victorieuse devenait la principale force dans le monde grec, mais son hégémonie fut de courte durée. En effet, une fois la victoire acquise très chèrement par Sparte, celle-ci subira rapidement le joug d’autres adversaires.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La reddition d&rsquo;Athènes en 404 est souvent considérée comme la fin de l&rsquo;âge d&rsquo;or de la Grèce antique. Cela en dit long sur l’état d’esprit qui animait les vaincus ayant dû subir l’occupation et les humiliations du vainqueur. Ainsi, certains Athéniens commencèrent à rechercher ou à désigner des coupables. Précisons qu’au début du conflit, une défaite athénienne ne semblait nullement envisageable, tant celle-ci apparaissait forte, puissante et riche. On sait ce qu’il advint. Pendant ce conflit que nous pouvons qualifier de fratricide, des voix à Athènes s’élevaient contre les tenants du pouvoir au point que certaines remettaient déjà en cause le régime démocratique. L’ingénieux tacticien et controversé Alcibiade, ami, disciple voire amant de Socrate selon certains, avait déjà tenté d’installer un régime oligarchique en 411. Lui aussi fut accusé d&rsquo;avoir moqué les dieux et mutilé des statues les représentant, et même d’avoir trahi les Mystères d’Eleusis. Ne voulant pas être jugé, Alcibiade préféra l’exil chez l’ennemi héréditaire Sparte, pour ensuite finir ses jours chez un satrape perse. Sa mort fut à l’image de sa vie (2)…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lorsqu’Athènes médita sa défaite, plusieurs jugèrent que la raison de cet échec se fondait dans l’abandon des valeurs traditionnelles. On se mit à accuser les modérés, les sophistes et certains philosophes. Certains rappelèrent que le très proche disciple de Socrate, Alcibiade, passa dans le camp spartiate en plein conflit, sans oublier son attitude &#8211; réelle ou inventée &#8211; peu respectueuse à l’égard des dieux. Les preuves s’accumulaient… D’après plusieurs disciples de Socrate, celui-ci avançait souvent des idées contre le régime démocratique estimant « que ce n&rsquo;est pas l&rsquo;opinion de la majorité qui donne une politique correcte, mais plutôt le savoir et la compétence professionnelle, qualités que peu d&rsquo;hommes possèdent », comme le lui fait dire Platon dans Criton. Socrate, par ailleurs, ne se privait pas de vanter les mérites des régimes non démocratiques de Sparte et de la Crète, ainsi que leurs lois.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les amis de Socrate voyant la tournure que prenaient les événements &#8211; une mort certaine &#8211; lui proposèrent de l’aide pour s’échapper. Or, Socrate ne voulait pas fuir et agir comme un vulgaire brigand. Il refusa en invoquant l’argument suivant : « Le respect des lois de la cité est plus important que ma propre personne ». Avait-il tort ? Raison ? Le respect d’une loi ou d’une décision de justice iniques est-il louable au sens de servir la Vérité et le Bien Commun ? Chacun aura son opinion… En revanche, nous partageons sans aucune réserve cette idée de Socrate : « Il est préférable de subir une injustice que de la commettre ». Cependant, son ami Criton voulut lui faire entendre raison et ne se contenta pas d’acquiescer aux paroles du maître. Il argumenta en expliquant que si Socrate mourait à cause d’une décision injuste, non seulement sa famille et ses amis seraient tristes, mais surtout, ses proches pourraient être accusés de n’avoir rien tenté pour le sauver. Les conséquences s’enchaînent : en plus d’éprouver une très grande tristesse due à la perte d’un être cher, ses amis et parents passeraient aux yeux des Athéniens pour des lâches et des personnes infidèles abandonnant l’un des leurs dans la difficulté.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Socrate répondit avec sa verve antidémocratique que l’opinion publique se trouve inconséquente car la Vérité (et heureusement dirons-nous) ne dépend pas d’elle. La recherche de la richesse, de la renommée, de bien paraître aux yeux du plus grand nombre ne constituent nullement les attributs des gens sages, selon Socrate. D’une manière générale, celui-ci ne voulait pas s’évader au risque de violer une des lois de la cité. Le dialogue avec Criton atteste sa volonté d’être digne face à l’injustice et de regarder son sort droit dans les yeux, en respectant les lois, même si celles-ci venaient de le condamner à mort… Il désirait, en quelque sorte, ne pas trahir le « Contrat social » passé tacitement entre sa cité et lui-même.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sans connaître le contexte politique et historique, il est impossible de comprendre comment une ville aussi majestueuse qu’Athènes, qui a éclairé l’Europe pour des millénaires, a pu juger et envoyer à la mort l’un de ses plus brillants philosophes. Ces deux joutes verbales et la présentation des événements qui conduisirent à ce procès permettent de saisir que la démocratie au sens large du terme, le pathos et le sentimentalisme, conduisent souvent à la catastrophe. N’oublions pas que le procès de Socrate eut lieu peu après la tyrannie des Trente &#8211; un gouvernement oligarchique composé de trente magistrats appelés tyrans &#8211; qui succédèrent à la démocratie athénienne. Il est évident, pour reprendre une appellation qui n’avait pas cours à l’époque, que Socrate fut victime d’une chasse aux sorcières. S’agissait-il, en quelque sorte, d’offrir un sacrifice pour calmer la colère des dieux et des Athéniens ? Non. Il fallait éliminer un ennemi politique gênant faisant figure d’icône et frapper d’effroi ceux qui approuvaient ses idées. Et là, nous en arrivons à René Girard et à sa thèse passionnante consacrée à la notion de bouc-émissaire (4)…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, la justice finit toujours par faire son office. Effectivement, à peine Socrate mort et enterré, le bannissement ou la mort frappèrent immédiatement ses trois accusateurs publics. Pouvons-nous parler de prise de conscience ? Nous ne le croyons pas. Nous pensons surtout à la versatilité d’une foule dans une période de choc émotionnel comme il s’en produit tant en de pareils cas (5). La mort et le bannissement de ces trois hommes rendent-ils à la vie à celui qui venait de mourir ? Non. Est-il juste d’envoyer trois hommes subir de tels châtiments alors que dans une assemblée de 501 personnes une majorité de jurés les suivit pour voter la mort de Socrate ? Non. Décidément, pouvoir au peuple, rhétorique émotionnelle et sentimentalisme sont de biens mauvais conseillers.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En définitive, que faut-il penser des accusations d’impiété et de corruption de la jeunesse lancées contre Socrate ? Ami et enseignant d’Alcibiade, de Critias et de Charmide, Socrate pouvait passer, sans trop de difficultés majeures, pour le vrai mentor de certains jeunes hommes politiques, dont les inclinations personnelles les amenaient à considérer avec respect l’oligarchie et à rejeter la démocratie. Socrate, à l’instar de plusieurs philosophes ou sophistes, valorisait davantage la logique que la foi. Les vieux Grecs voyaient sûrement en Socrate un anticonformiste qui devait forcément dévier de la religion traditionnelle. Pourtant, dans son « Apologie » et même dans le « Criton », Platon n’écrit nullement que Socrate est athée ou incroyant voire même impie, bien au contraire. L’accusation d’impiété et de corruption des jeunes générations cachait en fait des motifs politiques… Deux conceptions du pouvoir, du savoir et de la relation à l’Autre s’affrontaient.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Paradoxalement, ce procès ne marqua pas tant que cela les contemporains, hormis les milieux dits intellectuels adversaires et partisans de Socrate. Effectivement, les Athéniens, dans leur très grande majorité, devaient panser leurs nombreuses blessures et surtout reconstruire leur Ville, considérée déjà à l’époque comme un haut lieu du savoir et de la connaissance. Cependant, la mort de Socrate reste un événement marquant pour la civilisation occidentale. La dimension du temps a permis de donner à cette étonnante affaire la pleine mesure de la justice et de l’injustice (6). De fait, la représentation du philosophe victime de l’intolérance de ses concitoyens démocrates, mais remarquable de lucidité, de courage et de sagesse conserve encore toute sa pertinence aujourd’hui, même si nous vivons dans un espace civilisationnel qui a répudié depuis fort longtemps les antiques vertus…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><span style="color: #000000;">(1) La guerre du Péloponnèse de Victor Davis Hanson</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(2) Alcibiade de Jacqueline de Romilly</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(3) Mémorables de Xénophon</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(4) Le bouc émissaire de René Girard</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(5) Psychologie des foules de Gustave Le Bon</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(6) Le procès de Socrate : un philosophe victime de la démocratie ? de Claude Mossé</span></p>
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		<title>La Renaissance carolingienne : entre synthèse de l’Antiquité et renouveau médiéval</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-renaissance-carolingienne-entre-synthese-de-lantiquite-et-renouveau-medieval/06/12/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Dec 2020 09:26:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Charlemagne]]></category>
		<category><![CDATA[François Guizot]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[Pépin le Bref]]></category>
		<category><![CDATA[Renaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Renaissance carolingienne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1830, dans la vingtième leçon de son cours intitulé Histoire de la civilisation en...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>En 1830, dans la vingtième leçon de son cours intitulé <em>Histoire de la civilisation en France</em>, le futur président du Conseil François Guizot (1787-1874) établissait la conclusion suivante&nbsp;: «&nbsp;<em>Charlemagne marque la limite à laquelle est enfin consommée la dissolution de l’ancien monde, romain et barbare, et où commence vraiment la formation de l’Europe moderne, du monde nouveau. C’est sous son règne, et pour ainsi dire sous sa main, que s’est opérée la secousse par laquelle la société européenne, faisant volte-face, est sortie des voies de la destruction, pour entrer dans celles de la création</em>&nbsp;». Alors qu’au VIIIème siècle la dynastie carolingienne a établi à jamais le prestige du <em>regnum francorum</em>, un nouveau monde émerge, érigeant palais et monastères, produisant mosaïques et enluminures.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>25 décembre 800&nbsp;: Charles, empereur entre Dieu et les hommes</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A la mort de Pépin le Bref, deux états territoriaux sont nés : les États de l’Église romaine, dont les deux pôles sont Ravenne et Rome, et l’Empire des Francs, synthèse entre Austrasie et Neustrie, où se côtoient les anciens gallo-romains et les anciens barbares. En effet, les descendants du <em>princeps francorum</em> Pépin de Herstal (645-714), qui hérite des possessions de la dynastie des Arnulfo-Pippinides et engage l’unité de la Gaule, construisent entre 714 et 814 l’Empire des Francs, s’étendant des Alpes au Rhin et aux Pyrénées. Successivement, Charles Martel (714-741) gouvernera un palais sans roi, Carloman (741-747) l’imitera, Pépin III le Bref (741-768) se proclamera roi et enfin Charlemagne (768-814), restaurera un empire en Occident.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/john-stuart-petit-fils-de-roi-fils-de-regent-connetable-de-france-portrait-dune-figure-de-lauld-alliance/17/09/2020/">John Stuart : petit-fils de roi, fils de régent, connétable de France, portrait d’une figure de l’Auld Alliance</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ces hommes s’inscrivent dans la directe lignée de leurs prédécesseurs mérovingiens, c’est d’ailleurs ce que nous présente le prologue de la <em>Lex salica&nbsp;</em>: «&nbsp;<em>une race illustre des Francs instituée par Dieu, courageuse à la guerre, constante dans la paix, profonde dans ses desseins, de noble stature, au teint d’une blancheur éclatante, d’une beauté exceptionnelle, audacieuse, rapide et rude, convertie à la foi catholique et indemne de toute hérésie lorsqu’elle était encore barbare, cherchant la clef de la connaissance sous l’inspiration de Dieu, ayant le désir de la justice dans son comportement de vie et cultivant la piété. C’est alors que ceux qui étaient les chefs de cette race, dans ces temps-là, dictèrent la loi salique</em> […]. <em>C’est alors que, grâce à Dieu, Clovis, le roi des Francs, impétueux et magnifique, fut le premier qui reçut le baptême catholique&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est cependant avec le dernier de ces géants, Charles le Grand, intitulé à partir de 800 « Charles, sérénissime Auguste, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur, gouvernant l’empire romain, et, par la grâce de Dieu, roi des Francs et des Lombards », que s’impose à jamais la dynastie carolingienne. Il est d’ailleurs aisé de se représenter l’aura de celui qui grandit dans le modèle barbare où s’accumulaient, avec hérédités partagées, royaumes, villes et duchés formant de vastes ensembles hétérogènes mais rêva d’un empire chrétien unifié sur l’ancien modèle romain. La période que l’on appelle « Renaissance carolingienne » n’advint pas le 25 décembre 800 d’une idée soudaine de celui qui devint l’héritier de Constantin le Grand (306-337) mais est bien le fruit d’une volonté politique mûrement réfléchie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’Europe comptait à cette époque plusieurs systèmes liturgiques opposés : trois en Italie, à Rome, Milan et Aquilée, un en Espagne et un dans chaque province ecclésiastique des Gaules. En unissant toutes ces provinces sous la liturgie romaine, Charlemagne se fit, et les Francs avec lui, l’égal de Byzance et l’ami du Pape. Tel fut celui qui ne porta jamais la barbe fleurie que lui donna <em>La Chanson de Roland</em>, mais qui insuffla une impulsion artistique et culturelle majeure qui devait éblouir le monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4315" aria-describedby="caption-attachment-4315" style="width: 535px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4315 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/louvre-statuette-equestre-quotcharlemagnequot-charles.jpg?resize=535%2C768&#038;ssl=1" alt="" width="535" height="768" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/louvre-statuette-equestre-quotcharlemagnequot-charles.jpg?w=535&amp;ssl=1 535w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/louvre-statuette-equestre-quotcharlemagnequot-charles.jpg?resize=209%2C300&amp;ssl=1 209w" sizes="(max-width: 535px) 100vw, 535px" /><figcaption id="caption-attachment-4315" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Statuette équestre dite de Charlemagne, (Artiste inconnu, bronze, IXème siècle, Musée du Louvre). Seule ronde-bosse carolingienne qui nous soit parvenue, cette statue est un assemblage d’un cheval exécuté sur le modèle antique de la Statue équestre de Marc-Aurèle (Artiste inconnu, bronze, IIème siècle, Musé du Capitole) et d’un personnage plus tardif au corps et la tête distincts, sans doute exécuté d’après la description de Charlemagne donnée par le biographe Einhard, auteur de la Vita Karoli.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La cour carolingienne installée à Aix-la-Chapelle</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Comme ses prédécesseurs, Charlemagne parcourt d’abord son royaume afin de contrôler son administration et de recevoir les hommages qui lui sont dus. Bien vite pourtant, son statut d’empereur l’oblige à imiter les souverains romains et byzantins et à s’établir, entouré d’une cour permanente. Ainsi, sous son règne et sous celui de son fils Louis le Pieux (768-855) naissent plus de quatre cents monastères, une centaine de résidences royales ainsi que vingt-sept nouvelles cathédrales. Commandé dès 790 à l’architecte Eudes de Metz (742-814), le palais d’Aix-la-Chapelle s’impose lors de sa consécration par le pape Léon III (795-816) en 805 comme le nouveau centre de rayonnement de la puissance carolingienne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/le-15-aout-recit-dune-ancienne-fete-nationale/15/08/2020/">Le 15 août, récit d’une ancienne fête nationale</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: inherit; color: #000000;">Au centre, quatre bâtiments forment un carré où l’on trouve les appartements impériaux, les salles de réception, les salles d’intendance et les bibliothèques tandis qu’autour s’agrègent écoles, salle de justice et bâtiments administratifs. Au sud est érigée une chapelle Palatine construite sur deux niveaux, selon le modèle alors populaire de la basilique Saint Vital de Ravenne. Un portique construit en forme de tour dessert deux escaliers qu’empruntent les membres de la cour pour se rendre à l’étage des tribunes où chacun peut s’installer dans l’une des seize alcôves. Au centre, Charlemagne siège face à l’abside au-dessus de laquelle les plus belles mosaïques du siècle représentent le Christ en majesté. Autour de lui, des arcades en plein cintre soutiennent la coupole centrale. Enfin, un déambulatoire de voûtes d’arêtes confirme l’arrondi pris par cet immense polygone de seize côtés.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4317" aria-describedby="caption-attachment-4317" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-4317 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?resize=640%2C481&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="481" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?w=1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?resize=300%2C226&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?resize=768%2C578&amp;ssl=1 768w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4317" class="wp-caption-text">Vue centrale de la chapelle palatine</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4318" aria-describedby="caption-attachment-4318" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-4318 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Karlsthron_Cathedral_Aachen_Germany.jpg?resize=640%2C962&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="962" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Karlsthron_Cathedral_Aachen_Germany.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Karlsthron_Cathedral_Aachen_Germany.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4318" class="wp-caption-text">Trône de Charlemagne</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4320" aria-describedby="caption-attachment-4320" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4320 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/640px-Aachen_Dehio_1887.jpg?resize=640%2C820&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="820" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/640px-Aachen_Dehio_1887.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/640px-Aachen_Dehio_1887.jpg?resize=234%2C300&amp;ssl=1 234w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4320" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Esquisses des différentes parties de la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle, Georg Dehio et Gustav von Bezold, 1887</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>«&nbsp;Pour qu’ainsi brillât Votre lumière à la face des hommes&nbsp;»</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Comment ne pas s’émerveiller devant la simplicité de cette maxime prônée par le capitulaire <em>Admonitio generalis</em> de 789&nbsp;? Outre l’exposé des grandes directives prises par Charlemagne pour engager les bouleversements de son règne, cette «&nbsp;exhortation générale&nbsp;» se révèle être un recueil d’injonctions concrètes visant à l’union définitive de l’Empire et du christianisme. En ordonnant, entre autres, la christianisation des objets de culte païen, la création d’écoles et de monastères et en consacrant l’usage du chant grégorien, Charlemagne devient l’un des pères des arts qui devaient forger l’Occident pour toujours.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/le-sabordage-de-la-noblesse-lorsque-fadi-el-hage-revient-sur-les-mythes-et-les-realites-dune-decadence/13/07/2020/">«Le Sabordage de la noblesse» : lorsque Fadi El Hage revient sur les mythes et les réalités d’une décadence</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Au IXème siècle, la peinture murale ne relève encore que d’une pâle imitation de l’art byzantin. En Suisse actuelle, dans la région des Grisons, l’église Saint Jean de Müstair abrite encore les plus belles fresques carolingiennes qui illustrent le bouleversement artistique engagé par la renaissance carolingienne. Si le visiteur actuel pourrait n’y voir qu’une succession de couleurs ternes, les peintures qui recouvrent les absides et les murs latéraux, l’église est en réalité couverte de nouvelles teintes d’azur, de pourpre, d’or, de vermeil et d’argent. Outre des représentations christiques monumentales, de grands panneaux content les vies de saint Jean-Baptiste, saint Pierre, saint Paul et saint Etienne en un cycle ininterrompu.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Importée de Byzance, la mosaïque se développe dans le contexte de querelle des images. Durant près d’un siècle, les empereurs iconoclastes d’Orient donnent malgré eux une impulsion nouvelle à cette technique, cette fois-ci en Occident. Le mélange de tesselles de verre, de plomb et d’étain associé aux oxydes colorants fait de cette décoration murale un produit de luxe notamment utilisé en matière de représentation divine. Saint Théodulf, évêque d’Orléans de 798 à 818, assiste au couronnement impérial de Charlemagne et en devient le conseiller théologique. Sa position de prince de l’église lui permet de bâtir en 806 une villa et une chapelle de modèle palatin parmi les plus luxueuses du monde carolingien. C’est d’ailleurs dans cet édifice de Germigny-des-Prés (Loiret) que l’on trouve une célèbre mosaïque représentant l’Arche d’Alliance vénérée par deux anges monumentaux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4323" aria-describedby="caption-attachment-4323" style="width: 673px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4323 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?resize=640%2C431&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="431" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?w=673&amp;ssl=1 673w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?resize=300%2C202&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4323" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Vue centrale de l’église Saint Jean de Müstair où l’on remarquera, entre autres, la fresque représentant le Repas d’Hérode Antipas et la Statue de Charlemagne</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4326" aria-describedby="caption-attachment-4326" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4326 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/74852b3c7ece4f8c6f477bfa72ec5337.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/74852b3c7ece4f8c6f477bfa72ec5337.jpg?w=720&amp;ssl=1 720w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/74852b3c7ece4f8c6f477bfa72ec5337.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4326" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Vue de la mosaïque de l’oratoire de Germigny-des-Prés, où l’on remarquera, outre les figures angéliques, les techniques utilisées en matière de rosaces ainsi que le croisement des ailes</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong><em>Karolus</em></strong><strong> ou la signature d’un lettré</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Chacun peut imiter le fameux monogramme de Charlemagne, que l’empereur apprit de la science de son biographe et conseiller Einhard et où l’on trouve de façon très symbolique les initiales du carolingien mais aussi une croix et les quatre points cardinaux. Volontaire dans l’apprentissage des arts et des lettres, Charlemagne est à l’origine de la construction d’une multitude de <em>scriptoria</em>, ateliers d’écriture religieux où l’administration impériale devint si puissante. Ces cabinets sont le lieu de production des plus grandes enluminures du Haut Moyen-Âge, produites par les plus fins lettrés d’Europe, qui inscrivent pour les siècles à venir les versets bibliques en minuscule caroline, la nouvelle écriture.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">La fin du Moyen Âge : une époque d’une rare vitalité créative</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le premier livre enluminé, <em>l’Evangile de Godescalc</em>, réalisé vers 781, montre une importance des modèles latins et byzantins mais aussi des traditions celtes venues d’Irlande. Cette technique, issue de la combinaison de couches de blanc d’œuf battus, de feuilles d’or et de couleurs broyées issues des pierres les plus précieuses forme un parchemin doux et lisse, passé à la pierre ponce et où les couches de teintes sont posées de la plus claire à la plus ombragée. Les miniatures représentant les grands personnages de l’Église alternent avec de véritables planches dessinées à l’encre et à la plume où l’on trouve des tableaux architecturaux et les batailles fondatrices de l’Antiquité chrétienne. Le <em>Psautier d’Utrecht</em>, écrit vers 820 en l’abbaye d’Hautvillers (Marne), en est sans doute l’illustration la plus flagrante dans un monde qui produit également des enluminures d’inspiration hellénistique, aux tons pourpres, telles les enluminures de l’école de Fulda (diocèse de Mayence).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En parallèle de cette production écrite, les ateliers carolingiens deviennent les lieux de domestication des ivoires et des techniques d’orfèvrerie. Les reliures bibliques se composent bien souvent de sculptures minimes d’ivoire entourées d’or, d’émaux et de pierreries. Les héritages mérovingiens en matière d’orfèvrerie font de l’Occident du IXème siècle le centre de la production des reliquaires, calices et bijoux qui adoreront le Christ durant des siècles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4329" aria-describedby="caption-attachment-4329" style="width: 220px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4329" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/220px-Utrecht_psalter_salterio_di_utrecht_utrecht_Bibliothek_der_Rijksuniversiteit_Ms.32_f.30_r._820-830_circa.jpg?resize=220%2C123&#038;ssl=1" alt="" width="220" height="123"><figcaption id="caption-attachment-4329" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Planche du Psautier d’Utrecht, 820-830, sans doute le manuscrit le plus précieux des Pays-Bas et l’une des plus importantes sources carolingiennes qui nous soit parvenue.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4330" aria-describedby="caption-attachment-4330" style="width: 220px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4330 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/unnamed.jpg?resize=220%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="220" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/unnamed.jpg?w=220&amp;ssl=1 220w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/unnamed.jpg?resize=212%2C300&amp;ssl=1 212w" sizes="auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px" /><figcaption id="caption-attachment-4330" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Saint Luc, miniature de l’école d’Ada, vers 800, 36,6 x 24,5 cm, Bibliothèque nationale de Trèves</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Synthèse du premier millénaire, exemple pour le troisième&nbsp;? </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">S’intéresser à l’art carolingien pourrait aujourd’hui relever du fantasme. Après Charlemagne, l’unité créée lors de son règne est défaite, l’empire est disloqué en autant de royaumes que de provinces et seigneuries : le temps de la féodalité se profile. Pourtant, les impulsions guerrières carolingiennes ont fait des Francs un peuple grand, guerrier et cultivé, rude et fin, craint et respecté. Charlemagne mourut le 28 janvier 814 et fut enterré dans sa chapelle palatine sous l’épitaphe de « grand et orthodoxe empereur », associant ainsi son nom à un titre qui fera rêver nombre de ses successeurs. L’unification des Gaules méridionales et septentrionales forgea la France que nous connaissons : les pierres, les peintures et les écrits que jamais le temps n’usera sont aujourd’hui les témoins d’une véritable renaissance qui laissera bientôt sa place à l’art roman et à sa splendeur si particulière. A l’heure où la performance prédomine en matière artistique, où le <em>Comédien</em> (entendre <em>Banane scotchée sur un mur</em>) de l’artiste italien Maurizio Cattelan s’envole pour 108&nbsp;000 euros, ou encore lorsque l’on constate que cet artiste est réputé pour son <em>America</em>, véritables chiottes d’or 18 carats, on ne peut qu’appeler au secours les générations d’artisans qui firent la France du IXème siècle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Sans jamais nous lasser d’étudier ceux qui firent la France, méditons enfin les mots du diacre Alcuin (735-804) : « <em>Heureux, le peuple exalté par un chef et soutenu par un prédicateur de foi dont la main droite brandit le glaive des triomphes et dont la bouche fait retentir la trompette de la vérité catholique.</em> » Préférons l’éternel à l’instant.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-renaissance-carolingienne-entre-synthese-de-lantiquite-et-renouveau-medieval/06/12/2020/">La Renaissance carolingienne : entre synthèse de l’Antiquité et renouveau médiéval</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>La véritable histoire des douze Césars par Virginie Girod</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-veritable-histoire-des-douze-cesars-par-virginie-girod/10/11/2019/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Nov 2019 18:20:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[Douze Césars]]></category>
		<category><![CDATA[Virginie Girot]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/11/2019</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-veritable-histoire-des-douze-cesars-par-virginie-girod/10/11/2019/">La véritable histoire des douze Césars par Virginie Girod</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Virginie Girod est docteur en histoire et spécialiste de l’Antiquité romaine. Elle a publié les biographies d’Agrippine et de Théodora, qui ont rencontré un beau succès. Avec son dernier ouvrage, elle revient sur « <em>la véritable histoire des douze Césars</em> ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Suétone fut un haut fonctionnaire romain, membre de l’ordre équestre qui travaillait comme secrétaire et bibliothécaire. Cette charge lui permit de consulter librement les archives impériales et de rédiger les biographies des premiers Césars, de Jules à Domitien. Nous pouvons écrire que la <em>Vie des 12 Césars</em> constitue l’apogée de sa carrière. Le clin d’œil et bien plus de Girod à Suétone paraît donc évident dans le choix de son titre. Elle confesse volontiers, ce qui suit, à la fin de l’ouvrage : « <em>En hommage à Suétone, mon compagnon d’études, je réécris les Douze Césars, mes douze Césars, car cela fait plus de douze ans que je vis un peu avec eux. Tout fait sens</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">« La fin du Moyen Âge » : une époque d’une rare vitalité créative</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 2019, n’est-il pas étonnant d’écrire une énième histoire des premiers empereurs romains ? Dès les premières lignes, l’auteur répond à cette question avec vivacité et pertinence : « <em>Pourquoi revenir aux douze Césars ? Parce qu’ils ne cessent de nous fasciner. Qui n’a jamais rêvé d’avoir l’audace de César et de franchir, comme lui, le Rubicon ? Qui n’a jamais imaginé d’être doué d’un esprit aussi rusé que celui d’Auguste et de devenir un meneur d’hommes adulé ? Qui en son for intérieur, n’a jamais envié les nuits orgiaques de Caligula ou Néron ? </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nous sommes les héritiers de cette histoire romaine. Par conséquent, il semble logique de nous intéresser à ceux qui ont marqué leur époque et les siècles… jusqu’à nous ! Girod constate que «<em> bons ou mauvais, les Césars ont tous été animés par une volonté de puissance au sens nietzschéen, une pulsion de vie si extraordinaire qu’elle aboutit irrémédiablement à l’hybris… </em>». De fait, l’auteur avoue que ces hommes « <em>rendus immortels par l’histoire sont toujours présents dans les manuels de nos écoliers, jusque dans les œuvres de fiction les plus variées. De l’opéra aux séries télévisées, en passant par les grands péplums hollywoodiens et la bande dessinée, ces mégalomanes, visionnaires ou pervers, hantent délicieusement notre imaginaire</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il faut bien mesurer la tension exceptionnelle qui saisit ces romains une fois devenus empereurs. Le pouvoir corrompt bien souvent les puissants. Girod écrit qu’ils s’isolent. De même, elle précise un autre point très important : « <em>Être Auguste signifie avoir une valeur supérieure aux autres, et il ne peut y avoir qu’un Auguste à la fois. L’empereur se trouve à une place intermédiaire entre les hommes et les Dieux</em> ». Dans ces conditions, l’historienne pose la question suivante : « <em>Comment garder les pieds sur terre dans cet espace symbolique où personne ne peut vous rejoindre </em>? » Elle rappelle des faits historiques pour donner de l’ampleur à sa réflexion : « <em>Les effets de cette solitude sont particulièrement palpables chez les plus tyranniques tels Tibère ou Domitien. Le premier s’est isolé à Capri et le second s’enfermait plusieurs heures par jour pour échapper à la promiscuité du palais</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En fin de compte, la solidité sur le plan mental reste une condition essentielle pour résister à la corruption du pouvoir et la pression exercée par tout un empire. Nous l’avons déjà dit : le pouvoir isole. De plus, il permet l’expression de la démesure si l’empereur n’enracine pas ses actions dans les plus pures et meilleures intentions. Il n’est donc pas étonnant que « <em>le pouvoir confère par ailleurs un sentiment d’impunité. Caligula et Néron n’ont renoncé à aucun de leurs désirs, même lorsqu’ils étaient socialement réprouvés : le fils du général Germanicus laissait libre cours à sa féroce volonté d’humiliation et Néron a mené une carrière au théâtre comme s’il avait été un histrion né dans les bas-fonds</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/saint-just-larchange-de-la-revolution-une-biographie-critique-dantoine-boulant/10/08/2020/">« Saint-Just, l’Archange de la Révolution » : une biographie critique d’Antoine Boulant</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour lire cet ouvrage et celui de Suétone, il demeure fondamental de comprendre que « <em>les douze Césars s’inscrivent dans une histoire de famille particulièrement complexe. Ils ne peuvent être réduits à une succession de biographies se chevauchant plus ou moins. Ils forment ensemble la fresque humaine la plus cynique du Haut-Empire et sans doute l’une des plus captivantes de l’histoire de l’Occident. </em>» En réalité, la véritable histoire des Césars s’analyse comme « <em>une sorte de saga familiale ou chaque destin d’empereur est lié à celui de son entourage sur près de cinq générations </em>». Dans notre époque terne et bien triste, la violence politique en France se résume à des mots, parfois à des coups, alors que « <em>le palais où ils évoluent est un lieu d’une grande violence psychologique et parfois physique </em>». Les meurtres, les assassinats, les empoisonnements, les vengeances étaient monnaie courante pour accéder au pouvoir ou le garder. En définitive, Girod estime « <em>que ces douze empereurs incarnent encore, deux mille ans plus tard, les figures paroxystiques de nos passions</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour être précis, l’auteur explique « <em>que les empereurs sont bien évidemment les produits de leur époque, mais aussi de leur famille particulièrement toxique et violente. Je tenais à les replacer dans leurs constellations familiales et ne pas me limiter à leurs hauts faits sur le champ de bataille ou au sénat</em> ». Elle poursuit en développant l’idée suivante que nous ne partageons pas forcément : « <em>Le pouvoir n’a fait qu’ouvrir leurs failles et laisser paraître au jour ce qu’ils portaient en eux de plus noir : un surmoi fragile, un complexe d’infériorité, un ego hypertrophié, des tendances sadiques</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-mythes-de-la-seconde-guerre-mondiale-decryptees-par-jean-lopez-et-olivier-wieviorka/17/10/2020/">Les mythes de la Seconde Guerre mondiale décryptées par Jean Lopez et Olivier Wieviorka</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Elle opère une césure entre les douze empereurs sur une base que nous trouvons intéressante : « <em>A part César, Auguste et Vespasien, parce qu’ils sont allés chercher le pouvoir et ont su le conserver et le transmettre, les Césars me sont apparus faibles, esseulés, souvent brisés avant même d’être parvenus à la pourpre, quand ils n’étaient pas animés par une vaine arrogance à l’instar de Galba, d’Othon et de Vitellius</em>. » Cependant, en étudiant le passé il convient de ne jamais succomber à l’anachronisme : « <em>Je voulais expliquer les comportements les plus fous, trouver l’étiologie de leur paranoïa ou de leur mégalomanie. Pour cela, il faut être bienveillant mais sans complaisance, interroger leur nature sans les juger et jeter des ponts en toute modestie avec d’autres sciences humaines</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’auteur conclut en écrivant que « <em>les Douze Césars ne sont en définitive ni des héros ni des monstres, et encore moins des démons, car non, Néron n’est pas un agent de l’Antéchrist ! Ils sont humains et j’ai tenté de leur rendre, avec humilité et compassion, une part de cette humanité diluée dans leurs mythes</em> ». Que Virginie Girod accepte la  contradiction : nous considérons vraiment Auguste comme un héros. A nos yeux, il reste à ce jour l’un des plus grands chefs d’Etats européens. Lire <em>sa véritable histoire</em> permettra sans aucun doute aux futurs et nombreux lecteurs de ce très bon ouvrage de comprendre l’immense respect que nous inspire le fondateur du Principat.</span></p>
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<figure id="attachment_11691" aria-describedby="caption-attachment-11691" style="width: 183px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-11691" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/11/La-Veritable-Histoire-des-douze-Cesars-Poche-Virginie-Girod-2020-.jpg?resize=183%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="183" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/11/La-Veritable-Histoire-des-douze-Cesars-Poche-Virginie-Girod-2020-.jpg?resize=183%2C300&amp;ssl=1 183w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/11/La-Veritable-Histoire-des-douze-Cesars-Poche-Virginie-Girod-2020-.jpg?w=600&amp;ssl=1 600w" sizes="auto, (max-width: 183px) 100vw, 183px" /><figcaption id="caption-attachment-11691" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Véritable Histoire des douze Césars &#8211; Poche &#8211; Virginie Girod &#8211; 2020</span></figcaption></figure>
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