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	<title>Armement - Billet de France</title>
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	<title>Armement - Billet de France</title>
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		<title>Vœux aux armées : les industriels de la défense sommés de faire toujours mieux</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/voeux-aux-armees-les-industriels-de-la-defense-sommes-de-faire-toujours-mieux/27/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 17:01:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Armée française]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 27/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/voeux-aux-armees-les-industriels-de-la-defense-sommes-de-faire-toujours-mieux/27/01/2026/">Vœux aux armées : les industriels de la défense sommés de faire toujours mieux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Les vœux aux armées du président de la République pourraient rester dans les annales cette année. Au-delà du rappel de la dureté géopolitique et du bilan positif de son action comme chef des armées, Emmanuel Macron a distribué les bons et surtout les mauvais points au secteur privé, tandis qu’il passait sous silence les échecs majeurs de la coopération européenne.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le chef de l’État a souligné, avec une satisfaction légitime, les progrès réalisés en termes de trajectoire budgétaire depuis son engagement pris en 2017 : <em>«&nbsp;Je vous disais, nous atteindrons 2 % de produit intérieur brut en 2025 pour réparer notre outil de défense, pour répondre aux menaces&nbsp;». </em>Le pari a été <a href="https://www.vie-publique.fr/eclairage/284741-budget-de-la-defense-les-etapes-pour-le-porter-5-du-pib#:~:text=Un%20budget%20d%C3%A9fense%20%C3%A9quivalent%20%C3%A0,qui%20est%20programm%C3%A9%20en%20LPM.">tenu</a>, avec 2,06 % du PIB en 2025 – un chiffre aligné avec le niveau cible des États membres de l’OTAN.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/desinformation-washington-devoile-loffensive-chinoise-contre-le-rafale-dans-un-rapport/21/11/2025/">Désinformation : Washington dévoile l’offensive chinoise contre le Rafale dans un rapport</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après 8 ans de mandat, le durcissement de l’ordre géopolitique donne raison au président, dont le discours s’inscrivait pour la première fois dans un contexte désormais <a href="https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-lhypothese-dune-guerre-impliquant-la-france-nest-pas-un-objet-de-debat-mais-une-realite-d004141a-c85b-11f0-8ddc-e3dc0f9c5bad">ouvertement assumé</a> de risque de guerre avec la Russie d’ici la fin de la décennie. Mais, après des propos appuyés sur les impératifs de souveraineté et de puissance, c’est le discours inhabituellement offensif du président à l’égard des industriels qui a marqué les esprits.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>La BITD française dans la ligne de mire </strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Esquissant un bilan de « l’économie de guerre », Emmanuel Macron a reconnu certains progrès, mais il a surtout souligné qu’à défaut d’efforts supplémentaires de la part des industriels de défense en matière de vitesse d’innovation et de production, il n’hésiterait pas à aller voir ailleurs, en Europe, pour équiper les armées. <em> Si nous étions en guerre, j&rsquo;ose espérer que nous ne produirions pas ainsi […] », </em>a-t-il assené. <em>J&rsquo;ai besoin d&rsquo;une industrie de défense (…) qui ne considère plus que les armées françaises sont des clients captifs, parce que nous irons peut-être chercher des solutions européennes si elles sont plus rapides ou plus efficaces. »</em></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une menace qui pourrait ne pas forcément bien passer auprès des industriels. Car, en partie sur fonds propres, la BITD française a mis les bouchées doubles ces dernières années pour accroître la cadence et répondre aux impulsions présidentielles, qu’il s’agisse de livraison aux armées, d’aide à l’Ukraine, ou d’engagements à l’export.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/sous-marins-barracuda-naval-group-accelere-la-cadence-de-production/30/12/2025/">Sous-marins Barracuda : Naval Group accélère la cadence de production</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">KNDS France a ainsi multiplié par <a href="https://www.forcesoperations.com/nexter-accelere-encore-sur-le-caesar/">plus de quatre</a> la cadence de fabrication des tubes du canon Caesar&nbsp;; Dassault Aviation a <a href="https://www.defnat.com/e-RDN/affiche_breve.php?cid=918">accéléré la cadence de production de ses Rafale</a> de 21 appareils en 2024 à 26 en 2025 et un objectif de 30 en 2026&nbsp;; et le missilier MBDA <a href="https://www.gifas.fr/press-summary/sebastien-lecornu-cherche-des-pistes-pour-accelerer-la-production-du-missile-aster">a réduit de 26 %</a> le temps de production des missiles Aster du système SAMP/T, vanté par le président comme le meilleur au monde. Nous pouvons certes encore mieux faire, mais ces efforts sont à mettre en perspective avec les <a href="https://www.challenges.fr/entreprise/defense/8-milliards-deuros-de-factures-impayees-quand-la-ruse-comptable-du-ministere-des-armees-derape_603831">8 milliards d’impayés</a> du ministère des Armées en 2024, et leurs effets en cascade sur la trésorerie des 4 500 entreprises de la BITD.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Projets européens : une mémoire sélective, et quelques illusions</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette présentation quelque peu biaisée de la réalité industrielle s’est accompagnée d’un tour d’horizon pour le moins sélectif des projets européens de coopération, qui interroge sur l’intention de dédouaner l’État d’une certaine responsabilité dans l’échec de projets pourtant structurants.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Côté « omission », aucun mot sur le SCAF ou le MGCS, projets pourtant constamment présentés comme essentiels pour l’avenir des armées européennes, françaises y compris. Reconnaissance tacite de l’incapacité de l’exécutif à soutenir les intérêts industriels français dans ces projets structurants sur plusieurs décennies ? Face à l’européisme enthousiaste d’Emmanuel Macron, ce sont en effet les capitaines d’industrie, tels Éric Trappier pour Dassault Aviation dans le cas du SCAF, qui bataillent pour <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/26/eric-trappier-pdg-de-combat-du-groupe-dassault_6649638_3234.html">sécuriser le capital technologique</a> français face à des partenaires issus de BITD concurrentes.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armes-pour-kiev-le-compromis-europeen-qui-fragilise-la-ligne-francaise/23/01/2026/">Armes pour Kiev : le compromis européen qui fragilise la ligne française</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le cas du MGCS, moins médiatisé, les positions dominantes de KNDS Allemagne, sur le point d’être côté en bourse, et du « monstre » Rheinmetall, dont la capitalisation boursière <a href="https://companiesmarketcap.com/fr/rheinmetall/capitalisation-boursiere">a progressé de 156 %</a> en 2025, laissent peu de doutes quant à la place accordée à KNDS France dans ce projet et sur le risque de disparition d’une filière française de blindés lourds.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En miroir du silence sur le SCAF et le MGCS, le chef des armées s’est en revanche fendu de références satisfaites au programme franco-allemand JEWEL d’alerte anti-missile avancée, et surtout à l’initiative ELSA de « <em>capacités de feu dans la très grande profondeur »</em>. Cette initiative, lancée par la France au printemps 2024, réunit six pays de l’Union européenne aux BITD les plus avancées, en vue de sélectionner les meilleures solutions de ce domaine.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pourtant, alors que la ministre déléguée Alice Rufo rappelait encore récemment «<em> <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/300764-catherine-vautrin-alice-rufo-22102025-politique-de-la-defense"><em>l’avance [prise] grâce à l’initiative ELSA </em></a></em>»,<em> </em>les travaux n’ont toujours pas débouché sur la sélection des best athletes initialement prévue. D’où peut-être l’insistance présidentielle, appelant à des projets avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne, alors que la seule annonce officielle issue d’ELSA est justement celle d’un <a href="https://www.rfi.fr/fr/europe/20250515-l-allemagne-et-le-royaume-uni-vont-d%C3%A9velopper-des-missiles-d-une-port%C3%A9e-de-2000-kilom%C3%A8tres">projet germano-britannique</a>…</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sans la France, donc, et alors que la filiale française de MBDA, impliquée dans l’initiative, proposera dès 2028 le LCM (Land Cruise Missile), version terrestre du MdCN qui, avec une portée supérieure à 1000 km, représente une alternative européenne au Tomahawk américain.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un flou artistique persistant sur le nerf de la guerre</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il résulte de ce discours une impression de clair-obscur quant à la réalité du soutien du gouvernement à sa propre BITD, sur le plan national comme à l’export. Les injonctions à « faire mieux » risquent de n’avoir que des effets marginaux, tant, en matière de défense, le gain en cadence et en volume dépend de la commande publique.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-bruxelles-tente-dimposer-un-controle-sur-les-exportations-militaires-francaises/17/01/2026/">Armement : Bruxelles tente d’imposer un contrôle sur les exportations militaires françaises</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Or, s’il est vrai que le budget défense progresse sous l’ère Macron, il fait grise mine à côté de celui de la Bundeswehr, dotée de… 108 milliards d’euros rien que pour 2026. En demandant aux industriels de prendre des risques industriels sans garanties financières, et sous la menace de flécher d’éventuelles commandes vers la concurrence européenne, Emmanuel Macron se dédouane trop aisément de sa responsabilité première dans l’atonie de la situation actuelle.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comment envisager sereinement l’adoption d’une <a href="https://www.latribune.fr/article/defense-aerospatiale/defense/13257104788509/emmanuel-macron-promet-36-milliards-deuros-supplementaires-pour-les-armees">«&nbsp;surmarche&nbsp;» budgétaire de 36 milliards d’euros</a> sur la période 2026-2030, alors que le chef du gouvernement Sébastien Lecornu vient de risquer une nouvelle dissolution en annonçant <a href="https://www.lemonde.fr/politique/live/2026/01/19/en-direct-budget-2026-sebastien-lecornu-confirme-son-recours-au-49-3-pour-l-adoption-du-plf-avec-regrets-et-un-peu-d-amertume_6663217_823448.html">recourir à l’article 49-3 de la Constitution pour le vote du budget</a> ?</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un tel narratif est donc plutôt de nature à générer incompréhension et défiance chez les partenaires industriels de nos armées, un facteur d’instabilité supplémentaire dans un paysage déjà passablement incertain. Il reviendra aux équipes de Catherine Vautrin et de Patrick Pailloux, <a href="https://lemarin.ouest-france.fr/defense/patrick-pailloux-confirme-a-la-tete-de-la-direction-generale-de-larmement-21543f82-be68-11f0-9782-2e849b0bafb0">nouveau patron de la DGA</a>, de remettre du liant et redonner l’élan nécessaire pour que les projets les plus stratégiques soient dûment financés en temps utile. Au risque, dans le cas contraire, de voir l’industrie française de défense isolée voire déclassée en Europe. Urgence signalée.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Armes pour Kiev : le compromis européen qui fragilise la ligne française</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/armes-pour-kiev-le-compromis-europeen-qui-fragilise-la-ligne-francaise/23/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 10:29:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=12532</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 23/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armes-pour-kiev-le-compromis-europeen-qui-fragilise-la-ligne-francaise/23/01/2026/">Armes pour Kiev : le compromis européen qui fragilise la ligne française</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Malgré l’insistance de Paris pour réserver les commandes d&rsquo;armes à l’industrie européenne, l’Union européenne a finalement opté pour une ligne plus souple. Grâce aux 90 milliards d’euros de prêts accordés par Bruxelles, Kiev pourra, si nécessaire, se tourner vers des fournisseurs extra-européens, notamment américains, pour renforcer son effort de guerre.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est un arbitrage stratégique qui illustre les tensions persistantes entre souveraineté industrielle européenne et impératif militaire immédiat. En autorisant l’Ukraine à acheter, en cas d’urgence, des armements non européens avec des fonds issus de prêts de l’Union, Bruxelles a tranché en faveur de l’efficacité opérationnelle. Une décision qui marque un revers pour la France, fervent défenseur d’une préférence européenne stricte, et qui confirme le rôle toujours central des États-Unis dans l’architecture de sécurité du continent.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une préférence européenne… mais sans exclusivité</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur les 90 milliards d’euros de prêts décidés par les dirigeants européens en décembre, l’Ukraine pourra consacrer jusqu’à 60 milliards d’euros au renforcement de ses capacités militaires en 2026 et 2027. Présentant le dispositif, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur la priorité accordée aux industriels européens, afin de soutenir la base industrielle et technologique de défense de l’Union.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/defense-renault-va-produire-des-drones-militaires-avec-turgis-gaillard/20/01/2026/">Défense : Renault va produire des drones militaires avec Turgis Gaillard</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Avec 60 milliards d’euros d’aide militaire, l’Ukraine peut tenir bon et, dans le même temps, s’intégrer plus étroitement à la base industrielle de défense européenne </em>», a-t-elle affirmé. L’enjeu est double : répondre aux besoins urgents de Kiev en termes d&rsquo;armes tout en générant un retour sur investissement pour l’Union, en termes d’emplois, de recherche et de développement. Mais cette préférence reste volontairement flexible. Si l’offre européenne s’avère insuffisante ou inadaptée, Kiev pourra se tourner « à l’occasion » vers des fournisseurs extérieurs à l’UE, au premier rang desquels les États-Unis, notamment pour des systèmes de défense antiaérienne.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un compromis politique au détriment de la ligne française</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette ouverture n’était pas la priorité de Paris. La France, soutenue par plusieurs États membres, plaidait pour une conditionnalité stricte en faveur des industriels d&rsquo;armes européens, dans une logique de souveraineté stratégique. Une position contestée par Kiev et par d’autres capitales, qui mettent en avant l’urgence du champ de bataille et la capacité américaine à répondre rapidement à certaines demandes critiques.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-bruxelles-tente-dimposer-un-controle-sur-les-exportations-militaires-francaises/17/01/2026/">Armement : Bruxelles tente d’imposer un contrôle sur les exportations militaires françaises</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un responsable européen résume le compromis : la préférence européenne existe, mais elle ne doit pas devenir un obstacle à l’efficacité militaire ukrainienne, à un moment où les États-Unis restent incontournables pour certaines capacités clés. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les 30 milliards d’euros restants du prêt serviront, eux, au financement du budget ukrainien, sous réserve de réformes liées à l’État de droit et à la lutte contre la corruption. Les premiers versements sont attendus dès avril. Le remboursement du prêt n’interviendra qu’une fois d’éventuelles réparations versées par la Russie, tandis que les intérêts – environ trois milliards d’euros par an – seront pris en charge par le budget de l’Union. À noter que trois pays, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, ont obtenu une exemption de ce mécanisme. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Derrière ce montage financier inédit, une réalité s’impose : l’Europe investit massivement, mais n’a pas encore les moyens industriels de s’imposer seule comme arsenal du conflit ukrainien.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Armement : Bruxelles tente d’imposer un contrôle sur les exportations militaires françaises</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-bruxelles-tente-dimposer-un-controle-sur-les-exportations-militaires-francaises/17/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Jan 2026 07:22:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Bruxelles]]></category>
		<category><![CDATA[Rafale]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 17/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-bruxelles-tente-dimposer-un-controle-sur-les-exportations-militaires-francaises/17/01/2026/">Armement : Bruxelles tente d’imposer un contrôle sur les exportations militaires françaises</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le Parlement européen souhaite confier à la Commission européenne un pouvoir inédit de contrôle sur les exportations militaires des États membres vers des pays tiers. Une initiative perçue à Paris comme une atteinte directe à l’autonomie stratégique française, dans un secteur où la France figure parmi les tout premiers acteurs mondiaux.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="isSelectedEnd wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alors que le gouvernement français est absorbé par des arbitrages budgétaires complexes et des débats internes sur l’effort de défense, une bataille bien plus silencieuse se joue à Bruxelles et à Strasbourg. En toile de fond : la capacité de la France à décider seule de ses exportations militaires. Un amendement soutenu par le Parlement européen pourrait profondément rebattre les cartes en transférant à la Commission européenne un droit de regard sur ces décisions, jusqu’ici jalousement conservées par les États.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un contrôle européen qui heurte les intérêts stratégiques français</span></h3>



<p class="isSelectedEnd wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un rapport publié le 22 décembre, relatif à la modification des directives 2009/43/CE et 2009/81/CE, les eurodéputés plaident pour une harmonisation des procédures d’approbation et de certification des licences d’exportation de produits de défense. L’argument avancé est celui d’une exigence accrue de cohérence et de sécurité au niveau européen, dans un contexte international jugé de plus en plus instable.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/en-2025-dassault-aviation-a-depasse-ses-objectifs-de-livraisons-de-rafale/09/01/2026/">En 2025, Dassault Aviation a dépassé ses objectifs de livraisons de Rafale</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="isSelectedEnd wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour la France, cette évolution constitue une ligne rouge. Deuxième exportateur mondial d’armements sur les cinq dernières années, loin derrière les États-Unis mais devant de nombreuses puissances militaires, Paris considère le « contrôle export » comme un attribut fondamental de sa souveraineté. Déléguer cette compétence à Bruxelles reviendrait, selon plusieurs sources, à affaiblir sa politique étrangère et ses partenariats stratégiques, notamment avec des pays tiers comme les Émirats arabes unis.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Si la modification de la directive n’est pas encore entérinée, le signal politique est fort. Porté par les rapporteurs Pekka Toveri (PPE) et Anna-Maja Henriksson (Renew), le texte suscite une vive inquiétude à Paris, où l’on redoute qu’un tel mécanisme ne soumette les ambitions françaises en matière d’exportation militaires à des arbitrages européens influencés par des considérations politiques, voire par des acteurs de lobbying étrangers. Un nouveau bras de fer s’annonce entre la France et les institutions européennes, sur fond de débat plus large autour de l’autonomie stratégique du continent.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>L’armée française va bientôt recevoir ses premières munitions téléopérées Damoclès</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/economie/larmee-francaise-va-bientot-recevoir-ses-premieres-munitions-teleoperees-damocles/07/07/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2025 10:34:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Armée française]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[DGA]]></category>
		<category><![CDATA[Munitions téléopérées]]></category>
		<category><![CDATA[MX-10 Damoclès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/07/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/larmee-francaise-va-bientot-recevoir-ses-premieres-munitions-teleoperees-damocles/07/07/2025/">L’armée française va bientôt recevoir ses premières munitions téléopérées Damoclès</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Fruit d’un développement accéléré, ces premières munitions téléopérées (ou drones kamikazes) fabriquées en France seront livrés dès juillet. Elles marquent un tournant technologique et doctrinal majeur pour les forces terrestres.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En seulement douze mois, la France est passée de la contractualisation à la livraison opérationnelle de ses premières munitions téléopérées. La Direction générale de l’armement (DGA) a confirmé, à l’occasion du Salon du Bourget, que les 30 premiers systèmes Damoclès seront livrés à l’armée de Terre avant le 14 juillet. Conçue et fabriquée par la PME toulousaine Delair et le groupe KNDS France, cette munition téléopérée (MTO) marque l’entrée des forces françaises dans une nouvelle ère, celle des drones kamikazes tactiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/armee-francaise-le-rapport-choc-de-deux-deputes-francais/11/06/2025/">Armée française : le rapport choc de deux députés français</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Doté d’une portée de 10 km, d’une autonomie de 40 minutes et d’une tête militaire de 500 grammes, le MX-10 Damoclès pourra être déployé rapidement par l’infanterie et la cavalerie. Sa mise en œuvre, via une tablette de contrôle durcie, promet une prise en main rapide et une utilisation en moins de cinq minutes sur le terrain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Des performances modulables et évolutives</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le MX-10 Damoclès reprend des briques technologiques éprouvées lors du projet Colibri et les adapte aux besoins spécifiques de l’armée française. Sa charge peut être récupérée en toute sécurité en cas de non-détonation, et sa boule optronique bi-canal – complétée par une vision infrarouge – autorise des opérations de jour comme de nuit. Trois modes de vol sont disponibles, du pilotage automatique par points de passage au guidage manuel avancé de type FPV, en fonction de la situation et du niveau de formation des opérateurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/defense-la-belgique-confirme-son-choix-du-f-35-et-ecarte-a-nouveau-le-rafale-francais/23/04/2025/">Défense : la Belgique confirme son choix du F-35 et écarte à nouveau le Rafale français</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La DGA a volontairement engagé une qualification progressive, en privilégiant la sécurité et la rapidité de prise en main. Les premières évaluations avec des systèmes inertes ont laissé place à des essais en conditions réelles, dont un ultime tir actif en juin sur le site de Bourges. La validation technique ouvre désormais la voie à des livraisons successives jusqu’à fin 2025, pour atteindre un total de 460 MTO.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une montée en puissance appelée à se poursuivre</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ces premières séries ne sont qu’un jalon. Le ministère des Armées prévoit l’acquisition de 2 000 munitions téléopérées sur la période 2024-2030, un volume qui pourrait encore croître face à la multiplication des menaces et à la nécessité de disposer d’un parc régulièrement renouvelé.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Face aux capacités de brouillage toujours plus sophistiquées des adversaires, le système Damoclès ne restera pas figé. Des évolutions sont déjà envisagées, qu’il s’agisse d’améliorer la robustesse des liaisons de données ou de concevoir des variantes filaires. La tête militaire elle-même pourrait être optimisée au fil des retours d’expérience et des avancées industrielles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-transnistrie-la-republique-fantome-deurope-de-lest/05/04/2025/">RÉCIT – Transnistrie : la république fantôme d’Europe de l’Est</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La filière française se dit prête à relever le défi. Le site KNDS de La Chapelle-Saint-Ursin, qui produit déjà les charges militaires, pourrait monter en cadence et passer à plusieurs centaines d’unités par mois. Une dynamique qui s’inscrit dans une volonté partagée : concilier production de masse, adaptation permanente et souveraineté technologique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<item>
		<title>Armement : la politique de puissance russe</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-la-politique-de-puissance-russe/12/04/2022/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-la-politique-de-puissance-russe/12/04/2022/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Priscillia Martin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Apr 2022 13:03:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 12/04/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-la-politique-de-puissance-russe/12/04/2022/">Armement : la politique de puissance russe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Suite à son expérience d’occidentalisation, la Russie se sent flouée. Contrariée, elle se tourne vers une double politique : eurasienne et eurasiatique. L’idée eurasiatique vient du refus de l’occidentalisation de la Russie. Dès lors, les années 2000 marquent un renversement puisque l’autorité de l’Etat a été restaurée en Russie de manière non-libérale, l’unité de la Nation a été affermie, l’armée a été restructurée, la puissance russe a été rétablie.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En 1998, sous la présidence d’Ieltsine, les crises kosovares et irakiennes tendent peu à peu les relations entre la Maison blanche et le Kremlin. Ces conflits territoriaux, rendent compte d’une globalisation des enjeux du conflit puisqu’ils viennent se greffer sur les tensions mondiales.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La rupture entre l’Occident et la Russie</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A cette époque, Moscou appuie la Serbie face aux sécessionnistes albanais soutenus par les Occidentaux. En 1997, selon le <em>Stockholm international Peace Research Institute</em> (SIPRI), la Russie exporte de l’armement vers la Serbie pour une valeur de 6&nbsp;millions de dollars. De même, elle appuie la levée des sanctions datant de 1990-1991 sur l’Irak baasiste face aux Anglo-américains. Les désaccords se multiplient. Le problème de la base navale de Sébastopol et la flotte de la mer Noire concernant la Russie et l’Ukraine participent également aux désaccords entre l’Occident et la Russie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Outre la symbolique de la ville, si la Russie n’a plus Sébastopol, elle ne sera plus une puissance méditerranéenne. C’est ainsi qu’elle conclue des traités bilatéraux dont un bail de location de la base de Sébastopol pour 20 ans. La chute du premier ministre ukrainien Ianoukovitch (pro-russe) en 2004 et l’arrivée d’Iouchtenko (pro-occidental) ainsi que la potentielle entrée de l’Ukraine dans l’OTAN augmentant ainsi l’avancée de l’Ouest à l’Est, change la donne. Comprenant l’expansionnisme européen, la Russie se recentre autour de l’Eurasie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’Organisation de Coopération de Shanghai</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les révolutions colorées suscitent des réactions défensives voire hostiles des autres républiques anciennement soviétiques. L’Iran et la Chine (RPC) suivent également ce mouvement à l’égard des Occidentaux favorisant ainsi la politique eurasiatique. La Russie participe à la création de l’Organisation de Coopération de Shanghai. (OCS.) qui s’institutionnalise en 2001. Du règlement frontalier et militaire, la tendance passe à la lutte contre l’islamisme, et à une forme d’alliance face à « l’ingérence occidental ». Pour exemple, l’Ouzbékistan qui a accueilli l’US Air Force sur son territoire et a adhéré au GUAM reprend ses distances avec l’Oncle Sam. Une voie que suit le Kirghizistan en 2014.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Concernant l’Iran, le tournant est intervenu avec la Pacte de Coopération Civil et Militaire du 16 mars 2001 avec la Russie. Celui-ci porte sur des ventes d’armes notamment, principalement des systèmes anti-aériens. Cela met fin à l’accord américano-russe du 23 septembre 1996, qui interdisait la livraison d’armements à Téhéran. En outre, la Russie lance depuis une de ses bases, le satellite SINAH 1 iranien en 2005. Avec l’accord nucléaire du 14 juillet 2015, la Russie couvre l’Iran au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, empêchant par son veto, des sanctions « collectives » onusiennes. Moscou substitue ainsi la politique eurasiatique incarnée par l’OCS à la politique pan-européenne ou pan-occidentale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Importations de la Russie</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La Russie cherche à gagner en puissance. Les exportations d’armes depuis le pays peuvent être un facteur d’un programme d’armement. L’achat des Mistral français en est un bon exemple. Les rapports effectués entre 1990-2020 par la SIPRI rendent compte que la plupart des importations russes d’armements proviennent de l’Ukraine, de la Tchéquie, et de l’Italie sur un total de 1 milliard de dollars en exportations (TIV) tout pays exportateur confondu sur cette période. Selon le rapport de SIPRI (TIVs), il n’y a pas d’importation de la Russie en matière d’armements des années 1990 jusqu’en 2006.</span><a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est seulement à partir de cette dernière date que l’on voit les effets de l’effort russe dans l’armement. Cette modernisation est introduite par le président Dmitri Medvedev avec l’exportation de missiles, des anti-missiles, dans l’Aéronautique, le Cyberespace, l’espace extra-atmosphérique. Autrement dit, entre 1990 et 2020 (en 1992 et à partir de 2006), la Russie importe pour une valeur de près de 600 millions de dollars dédiés aux avions, 251 millions de dollars pour des moteurs, 100 millions de dollars pour des missiles, 60 millions de dollars pour des navires et 54 millions de dollars pour des véhicules blindés ; le tout en provenance de l’Ukraine majoritairement, de Tchéquie et de l’Italie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Exportations de la Russie</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Inversement, Moscou tente de se constituer un portefeuille de partenaires étrangers</span><a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> <span style="color: #000000;">dans le domaine de l’armement. Sur 30 ans (1990-2020), selon SIPRI, Moscou exporte pour une valeur de plus de 42,7 milliards de dollars à l’Inde, 37 milliards à la Chine,&nbsp; 12,7 milliards à l’Algérie, 7,3 milliards au Vietnam. Autrement dit, entre 1990 et 2020, les exportations totales d’armement russe ont dépassé les 150 milliards de dollars. Sur ce total, on constate que l’effort est vraiment effectué aux alentours des années 1999. Selon la valeur des exportations, la Russie devient ainsi le deuxième plus important vendeur d’armes au monde.</span><a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a></p>
<p><span style="color: #000000;">Si les partenaires stratégiques se multiplient, et si parfois il s’agit de partenaires traditionnels de l’URSS</span><a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a> <span style="color: #000000;">tels que la Chine et l’Inde (80% des ventes jusque dans les années 2000</span><a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a><span style="color: #000000;">) ou la Syrie et la Libye&nbsp;; parfois ce sont d’anciens partenaires des Etats-Unis. C’est le cas de l’Amérique latine, des pays arabes, de l’Iran ou encore de la Malaisie entre 2006 et 2010. Dès lors le président Poutine développe l’idée d’une Russie hégémonique en Eurasie afin d’éviter l’explosion du pays par la montée d’idées indépendantistes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fédération de Russie, construit donc une politique de puissance qui promeut l’unité panrusse de l’Eurasie. À cela s’oppose deux idées qu’elle rejette&nbsp;: l’ingérence de l’Occident et l’universalisme de ce dernier. Rejet qu’elle partage avec la Chine, soucieuse de ne pas oublier les traités inégaux, et la Turquie, soucieuse de ne pas oublier l’humiliation du traité de Sèvres. Constatant une montée en puissance eurasiatique menaçante pour les Etats-Unis et l’Occident en général&nbsp;; la blessure humiliante laissée par les Occidentaux pèse encore dans les tensions actuelles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
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<p></center><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a>A<span style="color: #000000;"> l’exception d’une importation provenant de la Pologne d’une valeur de 40&nbsp;000&nbsp;000$ dédiés aux navires en 1992.</span></p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> <span style="color: #000000;">C’est le Président de la Fédération de Russie qui à la pleine main sur le tout. Pour ce tout, à part quelques exceptions, Rosoboronexport (ROE), est le seul et unique intermédiaire pour l’exportation et l’importation d’armement entre la Fédération de Russie et l’étranger. Elle détient le monopole pour la négociation des contrats d’armement sur le marché en particulier, celui de l’Amérique latine, du Moyen Orient, et de l’Asie&nbsp;; c’est l’entremetteur pour les contrats internationaux quitte à être remise en cause pour l’industrie nationale.</span></p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> <span style="color: #000000;">Il y a de nombreuses industries d’armements sur lesquelles l’Etat à la haute main. On le voit avec Russian Technologies puisqu’il y a notamment des Oboronprom (Russian helicopters, United Engine Corporation etc), Avtogaz, Kamaz, KBM, VSMPO-AVISMA, NIIPH, Orion, Radiopribor. Tandis que l‘Agence fédérale pour la gestion des biens d’Etat dispose de Sukhoi, Tupolev, Rac Mig, Irkut Cooporation, Tactical Missiles Corporation etc.</span></p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> <a href="https://russie.fr/wp-content/uploads/2013/03/russie-Rosoboronexport.pdf">russie-Rosoboronexport.pdf</a>&nbsp;<span style="color: #000000;">: «&nbsp;Le Vietnam, Cuba, Le Pérou, l&rsquo;Inde, la Syrie, l&rsquo;Algérie, l&rsquo;Iran, la Chine, l&rsquo;Irak et la Libye font partie de ces Etats.&nbsp;»</span></p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> <span style="color: #000000;">Ibid.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-la-politique-de-puissance-russe/12/04/2022/">Armement : la politique de puissance russe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>«Armes dissuasives» : l&#8217;illusion de la dénucléarisation</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/societe/armes-dissuasives-lillusion-de-la-denuclearisation/28/02/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Léo Bonnemaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Feb 2022 09:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Dénucléarisation]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Nucléaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/02/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/armes-dissuasives-lillusion-de-la-denuclearisation/28/02/2022/">«Armes dissuasives» : l&rsquo;illusion de la dénucléarisation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Les cinq pays membres du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France) se sont engagés lundi 3 janvier 2022 à « <em>prévenir la poursuite de la dissémination </em>» des armes nucléaires, dans une déclaration commune avant une conférence d&rsquo;examen du Traité sur la non-prolifération (TNP). </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">« Un monde exempt d&rsquo;armes nucléaires », tels sont les mots de&nbsp; la présidence française, qui coordonne les travaux de ces pays depuis deux ans. Le contexte de cette prise de décision découle d&rsquo;une volonté visant à péreniser la paix. En effet, dans le cadre de négociation avec l&rsquo;Iran, soupçonné de vouloir se doter de la bombe atomique, ces cinq puissances nucléaires soulignent leur « <em>volonté de travailler avec tous les États pour mettre en place un environnement de sécurité permettant d&rsquo;accomplir davantage de progrès en matière de désarmement, avec pour objectif ultime un monde exempt d&rsquo;armes nucléaires </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette déclaration est publiée avant la tenue, prévue cette année sous l&rsquo;égide de l&rsquo;ONU, de la 10e&nbsp; Conférence d&rsquo;examen des parties au Traité sur la non-prolifération (TNP), le traité international entré en vigueur en 1970 afin d&#8217;empêcher la propagation des armes nucléaires, dont 191 États en sont membres « <em>Nous affirmons qu&rsquo;une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée</em> », affirment les cinq pays signataires. <em>« Compte tenu des conséquences de grande ampleur qu&rsquo;aurait l&#8217;emploi des armes nucléaires, nous affirmons également que celles-ci, tant qu&rsquo;elles existent, doivent servir à des fins défensives, de dissuasion et de prévention de la guerre </em>», ajoutent-ils. « <em>Chacun d&rsquo;entre nous entend maintenir et renforcer encore ses mesures nationales destinées à empêcher l&rsquo;utilisation non autorisée ou non intentionnelle d&rsquo;armes nucléaires </em>», poursuit le texte. Une intention noble.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Réduire les « tensions »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les 5 Etats considèrent cette décision comme une volonté de réduire les tensions.&nbsp; Un exemple qui résume l&rsquo;objectif, est celui de la déclaration, à travers un communiqué,&nbsp; du ministère russe des Affaires étrangères&nbsp;: « <em>Nous espérons que, dans les difficiles circonstances actuelles pour la sécurité internationale, l&rsquo;approbation d&rsquo;une telle déclaration politique contribuera à réduire le niveau des tensions internationales</em> ». En outre, on peut également évoquer la déclaration du vice-ministre des Affaires Etrangères chinois Ma Zhaoxu considérant que cette décision «&nbsp;<em>contribuera à accroître la confiance mutuelle et à remplacer la concurrence entre les grandes puissances par la coordination et la coopération </em>». «&nbsp;<em>Accroître la confiance mutuelle</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>coordination</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>coopération</em>&nbsp;». Traduction&nbsp;: éviter le piège de Thucydide, théorisé par Graham T.Allison, qui évoque une situation où un pouvoir montant et de plus en plus puissant, provoque la peur au sein d&rsquo;un autre pouvoir établi ce qui dégénère en guerre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les Occidentaux soupçonnent l&rsquo;Iran de chercher à développer des lanceurs balistiques à longue portée capables d&#8217;emporter des charges conventionnelles ou nucléaires. Des négociations ont repris en décembre à Vienne pour relancer l&rsquo;accord de 2015 sur son programme nucléaire (dont l&rsquo;acronyme en anglais est JCPOA), devenu moribond après le retrait des États-Unis en 2018. Les signataires sont les cinq États juridiquement reconnus comme «<em>dotés de l&rsquo;arme nucléaire</em>» par le TNP. Trois autres pays considérés comme détenteurs de la bombe atomique &#8211; Inde, Pakistan et Israël &#8211; sont non-signataires du TNP.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un objectif, ou bien un rêve&nbsp;?&nbsp; </span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans une perspective réaliste, les relations internationales reposent sur le rapport de force. La paix, n&rsquo;est que précaire. Elle est possible grâce à un équilibre de puissance. Toutefois, la doctrine qui guide les instances internationales comme l&rsquo;ONU, est une doctrine dite libérale. Autrement dit, l&rsquo;objectif est la paix et le développement par la coopération des acteurs. Le désarmement découle ,par principe, de cette doctrine. Or, le paradoxe, c&rsquo;est que l&rsquo;arme nucléaire par ses capacités dissuasives, est probablement un outil de paix possible entre les nations. Dans une certaine mesure, enlever l&rsquo;arme nucléaire c&rsquo;est favoriser dans un sens un conflit sur le terrain. Une violence qui peut être évitée lorsque l’on dispose d’une telle arme au vu de sa capacité destructrice.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Évidemment, aucune nation n&rsquo;est à l&rsquo;abri de l’erreur stratégique d&rsquo;un Etat qui pourrait un jour l’utiliser. Toutefois, la position des Etats principalement occidentaux, est délicate, pour ne pas dire difficile. Il est de plus en plus complexe d&rsquo;interdire aux Etats de posséder une arme nucléaire (les exemples cités plus haut nous le prouvent). En revanche, on ne peut pas prendre le risque que certains Etats puissent en posséder pour des raisons stratégiques. A titre d&rsquo;exemple, en ce qui nous concerne, on aimerait éviter l&rsquo;image que l&rsquo;on pourrait se faire si la Corée du Nord ou encore l&rsquo;Iran détenait une telle arme dans la mesure où ces derniers ont développé un sentiment hostile vis à vis du monde occidental. Sans compter les éventuelles crises qui pourraient se dérouler au sein de leur région. Le dilemme est donc délicat, mais un monde sans arme nucléaire semble être utopique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
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<p></center></p>
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		<title>Défense : vers un divorce du couple franco-allemand ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/defense-vers-un-divorce-du-couple-franco-allemand/11/02/2022/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/monde/defense-vers-un-divorce-du-couple-franco-allemand/11/02/2022/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léo Bonnemaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Feb 2022 16:22:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=7192</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 11/02/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/defense-vers-un-divorce-du-couple-franco-allemand/11/02/2022/">Défense : vers un divorce du couple franco-allemand ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le groupe Vauban, groupe d&rsquo;une vingtaine de spécialistes sur les questions de défense, a fait part d&rsquo;un bilan des relations franco-allemandes. Leur constat est impitoyable : la relation franco-allemande dans la défense et l&rsquo;armement est un échec cuisant.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Alors que la nouvelle coalition au pouvoir en Allemagne a adopté son contrat de gouvernement le 24 novembre 2021et que la France prend les rênes de la présidence européenne, il est nécessaire de revenir aux causes premières de cet échec tant vanté.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">France-Allemagne&nbsp;: «&nbsp;je t&rsquo;aime moi non plus&nbsp;»</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 2019, Emmanuel Macron et Angela Merkel signe le traité d&rsquo;Aix-la-Chapelle. Celui-ci préconise un certain nombre d’accords bilatéraux&nbsp;: un approfondissement dans l&rsquo;ancrage européen et la solidarité européenne, le rapprochement des politiques économiques, diplomatiques et de défense des deux pays, une coopération écologique, l&rsquo;encouragement de l&rsquo;apprentissage de la langue et de la culture du voisin, ainsi qu&rsquo;un renforcement de la coopération transfrontalière. Toutefois, force est de constater que le penchant stratégique de l’Allemagne reste invariablement américain depuis des décennies. En effet, le 15 juin 1963 le&nbsp;<em>Bundestag&nbsp;</em>a ajouté, par la force de son vote&nbsp; la référence à l&rsquo;Alliance Atlantique dans le Traité de l&rsquo;Élysée («&nbsp;traité d&rsquo;amitié franco-allemande&nbsp;»)&nbsp; par un préambule interprétatif qui en dénaturait totalement l&rsquo;esprit. Depuis ce jour, on sait à Paris que la relation transatlantique matérialisée par l&rsquo;OTAN est la pierre angulaire de la politique de sécurité allemande.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette affection pro-OTAN se retrouve aujourd&rsquo;hui au sein du contrat de coalition du 24 novembre 2021 : SPD, Verts et F.D.P n&rsquo;ont pas eu un mot sur «&nbsp;<em>l&rsquo;autonomie stratégique européenne&nbsp;</em>». Les «&nbsp;nouveaux maîtres&nbsp;» à Berlin concèdent que l&rsquo;Europe de la Défense peut certes progresser mais à la condition&nbsp;<em>sine qua non</em>&nbsp;que tout progrès se fasse «&nbsp;<em>dans le respect de l&rsquo;interopérabilité et de la complémentarité avec l&rsquo;OTAN</em>&nbsp;». Joignant la parole aux gestes, la Chancellerie a autorisé l&rsquo;étude de l’avion de chasse F-35 pour remplacer le&nbsp;<em>Tornado&nbsp;</em>dans sa version de bombardier nucléaire afin de permettre la poursuite de la mission nucléaire réalisée par l&rsquo;armée de l&rsquo;air allemande. Il est vrai que le F35 est le seul avion moderne à être certifié pour emporter la future bombe américaine à gravitation B-61-12, mais le groupe Vauban pointe l&rsquo;interrogation suivante&nbsp;: comment ne pas voir dans son acquisition certaine, à la fois une allégeance totale à l&rsquo;OTAN et aux Etats-Unis et une traîtrise envers la France et le projet SCAF dont les budgets pâtiront évidemment de cette acquisition ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le groupe revient sur deux points nocifs de la relation franco-allemande. Tout d&rsquo;abord, il y a une illusion mystérieuse au sein de ce couple qui est de croire que la politique des moyens parviendra à combler les divergences. Paris et Berlin continuent leurs coopérations, mais celles-ci portent sur des moyens (institutionnels, capacitaires, industriels) et non sur des objectifs communs, preuve d&rsquo;un divorce de fond. Le groupe souligne une autre idée naïve au sujet de ce couple&nbsp;: «&nbsp;<em>penser que la relation bilatérale peut changer</em>&nbsp;»,&nbsp;notamment à la faveur de la nouvelle coalition allemande ou de la présidence française de l&rsquo;Europe. Or, le groupe dénonce le fait que le contrat de coalition est un «&nbsp; <em>mélange schizophrénique d&rsquo;utopie et d&rsquo;orthodoxie, totalement défavorable aux intérêts français</em> ». Utopie d&rsquo;un monde sans armes nucléaires mais orthodoxie dans la participation aux débats nucléaires de l&rsquo;OTAN ; utopie d&rsquo;un multilatéralisme mais orthodoxie dans la défense de ses intérêts nationaux en Chine, en Russie, dans les opérations extérieures et commerciales ; utopie d&rsquo;une loi sur l&rsquo;exportation d&rsquo;armement mais orthodoxie dans la défense de son pré-carré commercial européen, otanien et… israélien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un dualisme franco-allemand</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le portrait de l&rsquo;Allemagne que dessine le contrat de coalition est en tout point opposé à celui d&rsquo;une France pour qui la paix passe par la dissuasion nucléaire et la diplomatie, parfois par les armes et l&rsquo;exportation d&rsquo;armement. Le contrat de coalition confirme que la politique de défense de l&rsquo;Allemagne s&rsquo;éloigne clairement de l&rsquo;identité stratégique française telle que matérialisée depuis novembre 1959. Le groupe Vauban précise ces affirmations sur&nbsp; le plan diplomatique, idéologique et militaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sur le plan diplomatique l&rsquo;Allemagne reste focalisée sur la Russie et n&rsquo;envisage aucune opération extérieure à part quelques missions de soutien et de formation. Par opposition, la France est orientée vers les grands horizons d&rsquo;une part grâce à son siège permanent au conseil de sécurité de l&rsquo;ONU et d&rsquo;autre part grâce à son large domaine ultramarin. Sur le plan idéologique, il y a une contradiction entre le programme allemand et le programme français. Alors que le contrat de coalition affirme une position anti-nucléaire, neutre et pacifiste, l&rsquo;architecture stratégique française est bâtie à l&rsquo;encontre de ces idéologies. En effet, cette architecture est portée sur la dissuasion, se maintenir comme puissance militaire active. De plus, l&rsquo;Allemagne est basée sur une éthique de conscience, (diplomatie sans exportation d&rsquo;arme ou d&rsquo;utilisation de force armée) alors que la France repose sur une éthique de responsabilité. Deux éthiques différentes, est ce bon pour un couple ? Enfin, sur le plan militaire le gouvernement allemand penche pour un renforcement de sa doctrine. Autrement dit, une doctrine tournée davantage vers un penchant atlantiste plutôt qu&rsquo;européen en ayant une armée « passive ». Alors que la doctrine utilisée en France correspond à une armée réactive, plus combative et imaginative qui se prépare à tout type de conflit. En bref, deux identités militaires différentes avec des buts différents. Alors, comment est-il possible de développer du matériel militaire en commun ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">France-Allemagne, les deux étendards</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Trois ans après le Traité d&rsquo;Aix la Chapelle, on voit bien ce que ce dernier a apporté à Berlin : le soutien de Paris dans la conquête d&rsquo;un siège permanent avec droit de veto au Conseil de sécurité des Nations-Unies et l&rsquo;industrie aéronautique, spatiale et terrestre françaises sur un plateau d&rsquo;argent. Quel bénéfice pour la France ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un aperçu froid des effets néfastes de ce traité&nbsp;;&nbsp; la critique acerbe (par une ministre allemande de la Défense) d&rsquo;un projet d&rsquo;autonomie stratégique européenne porté par le président français (inédit dans la relation bilatérale), le non-financement allemand du programme Tigre MK-III pourtant un programme phare commun, la fin du projet d&rsquo;avion de patrouille bilatéral au profit d&rsquo;un avion américain, la déstabilisation du projet de char de combat par l&rsquo;irruption encouragée de Rheinmetall, le transfert des moteurs de réallumage de l&rsquo;étage supérieur d&rsquo;Ariane 6 de Vernon vers Ottobrun, qui affaiblira la maîtrise française sur la technologie de projection&#8230;Un constat froid d&rsquo;une relation toxique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Trois ans après le Traité d&rsquo;Aix-la-Chapelle et trois mois après le contrat de coalition, après tant de méprises françaises et de traîtrises allemandes conduisant à tant d&rsquo;abandons, comment ne pas voir le néant d&rsquo;une relation franco-allemande qui nie aussi puissamment l&rsquo;identité stratégique profonde de la France ?&nbsp; Il est préférable qu&rsquo;en avril prochain, la France puisse s&rsquo;y opposer.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Spatial : la France dans la (nouvelle) guerre des étoiles</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/societe/spatial-la-france-dans-la-nouvelle-guerre-des-etoiles/22/11/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Léo Bonnemaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Nov 2021 15:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Espace]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Satellite]]></category>
		<category><![CDATA[Spatial]]></category>
		<category><![CDATA[Syracuse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=6423</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 22/11/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/spatial-la-france-dans-la-nouvelle-guerre-des-etoiles/22/11/2021/">Spatial : la France dans la (nouvelle) guerre des étoiles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Les signes de militarisation de l&rsquo;espace montrent une nouvelle guerre des étoiles se dessiner. Durant les années du président américain R. Reagan (1981-1989), l’expression a fait florès. Quarante ans plus tard, les passions pour le domaine spatial agitent de nouveau les Etats dont la Chine par exemple qui est animée par deux objectifs: l&rsquo;exploitation des ressources dans l’espace et « l’arsenalisation » de l’espace. Des défis que la France a bien saisis.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;espace est un enjeu stratégique. Les mots du général Christophe Gomart dans un entretien accordé dans le journal <em>Le Monde</em> le 8 octobre 2021, ne font que confirmer cet enjeu :&nbsp;« <em>Tout peut dégénérer, même si la vraie menace de demain, à mon sens, est avant tout cybernétique et dans le domaine spatial.</em> » Dans cet objectif de suivre cet enjeu stratégique contemporain,&nbsp; la France a placé en orbite, le samedi 23 octobre dernier, un satellite de communication militaire. Ce lancement marque à la fois l&rsquo;avancée technologique et stratégique de la France dans le domaine spatial, et également une garantie de sa souveraineté. Ce satellite <em>4A</em> du programme <em>Syracuse</em> permettra aux armées françaises déployées aux quatre coins du globe de communiquer à haut débit en permanence et en toute sécurité depuis des relais au sol, aériens, marins et sous-marins. Outre l’avancée technologique de l’Armée française, cette étape illustre également les tensions géopolitiques dans le monde. Celles-ci s&rsquo;exportent désormais jusque dans l&rsquo;espace.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La France et l&rsquo;espace</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La France s’est lancée dans cette ruée vers l’espace en suivant quatre impératifs :&nbsp;le guidage, la télécommunication, le positionnement, et le renseignement.&nbsp; La France a développé tardivement des applications spatiales militaires. Or, depuis les années 1990, elle a considérablement rattrapé ce retard. Par ailleurs, en l&rsquo;espace de 4 ans, la France a pu moderniser l&rsquo;ensemble de son arsenal spatial.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Tout d&rsquo;abord, les télécommunications militaires spatiales françaises ont évolué vers plus d&rsquo;indépendance. En effet, elles étaient prises en charge dans un premier temps par des équipements de télécommunications spécialisés emportés par des satellites de télécommunications civils nationaux de la série Telecom nommé <em>Syracus 1 et 2</em> lancés entre 1984 et 1996. Il est à noter que pour le programme <em>Syracus 2</em>, la propriété exclusive n’appartenait plus à France Telecom mais à la Direction Générale de l&rsquo;Armement (DGA) qui en était propriétaire, et qui avait le droit de participer aux décisions des déplacements des satellites. Enfin, les satellites sont devenus la propriété exclusive de l&rsquo;armée en 2005 avec la série <em>Syracus 3</em>. Ce dernier se compose d’un satellite lancé en 2006 et de deux satellites développés en coopération avec l&rsquo;Italie. Cette capacité est complétée par les satellites militaires franco-italiens <em>Siracal 2</em> (38 % de la capacité réservée pour la France, lancé en 2015) et <em>Athéna-Fidus</em> (2014). Aujourd’hui, nous sommes à l’étape de la quatrième génération de satellite avec le programme <em>Syracuse 4</em> et le lancement du satellite <em>4A</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans le domaine du renseignement d&rsquo;origine électromagnétique, la France a développé de petits prototypes. Ce sont d&rsquo;abord les petits satellites <em>Clémentine</em> (lancement en 1994) et <em>Cerise</em> (lancement en 1995) puis les constellations <em>Essaim</em> (lancement en 2004) et <em>Elisa</em> (2011). Le premier système opérationnel CERES constitué d&rsquo;une constellation de trois satellites, doit être déployé prochainement (mi-novembre 2021. Les grandes puissances spatiales disposent de satellites d’alertes avancés permettant de détecter le lancement de missiles balistiques. La France n&rsquo;a développé jusqu&rsquo;à présent dans ce domaine qu&rsquo;un prototype constitué de deux satellites <em>SPIRALE</em> lancés en 2009 et dont la mission s&rsquo;est achevée en 2011.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La France face aux enjeux contemporains de l&rsquo;espace</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le premier enjeu est relatif à la protection des engins spatiaux, notamment les satellites. A ce titre, <em>Syracus 4A</em> est l’exemple de cet accomplissement technologique. « <em>Syracuse 4A est conçu pour résister aux agressions militaires depuis le sol et dans l&rsquo;espace ainsi qu&rsquo;au brouillage </em>», a expliqué le colonel Stéphane Spet, porte-parole de l&rsquo;armée de l&rsquo;Air et de l&rsquo;Espace. Il est équipé de moyens de surveillance de ses abords proches et d&rsquo;une capacité de déplacement pour échapper à une agression. Un risque réel : en juillet 2020, le commandement spatial américain avait accusé Moscou d&rsquo;avoir « <em>conduit un test non-destructeur d&rsquo;une arme anti-satellite depuis l&rsquo;espace</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ultime performance, <em>S4</em> est protégé contre les impulsions électromagnétiques qui résulteraient d&rsquo;une explosion nucléaire, explique Marc Finaud, expert en prolifération des armes au Centre Politique de Sécurité de Genève (GCSP). « <em>C&rsquo;est le scénario de l&rsquo;ultime avertissement, en cas d&rsquo;échec de la dissuasion </em>» annonce-t-il. Le programme <em>Syracuse</em> représente un investissement total de 4 milliards d&rsquo;euros. La quatrième génération multipliera par trois le débit de communications de <em>S3</em>. La DGA s&rsquo;est engagée avec Thalès à hauteur de 354 millions d&rsquo;euros et avec Airbus pour 117 millions d’euros pour ce programme.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La course aux armements et le risques des hackers</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, la France fait face à des enjeux de modernisations qu&rsquo;elle parvient à surmonter, comme le prouve le lancement de Syracus 4. En revanche, on assiste également à une course&nbsp; aux armements dans ce domaine à laquelle il est stratégiquement nécessaire de rester. Les mots de Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) en témoignent&nbsp;: « <em>Politiquement, c&rsquo;est la mise en évidence que la France reste une puissance peut-être moyenne, mais dont l&rsquo;étendue d&rsquo;action reste internationale</em> ». En outre, avec ses deux milliards d&rsquo;euros d&rsquo;investissements annuels dans le spatial militaire et civil, l&rsquo;Hexagone reste loin du trio de tête. Néanmoins, elle reste toujours dans la course : 50 milliards pour les Etats-Unis, 10 pour la Chine et 4 pour la Russie, selon des chiffres de 2020 du gouvernement français.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi, le satellite <em>S4</em> permet à la France de rester dans le peloton de tête et confirme que Paris participe bien à la course aux armements. Cependant, un autre enjeu relevant des problématiques plus complexe a fait son apparition. Ce dernier consiste à anticiper de nouvelles menaces au sein du secteur spatial. Le problème ? Personne ne connaît le scénario exact d’une guerre spatiale. Marc Finaud évoque au passage le risque potentiel venant de la « <em>nébuleuse de hackers, pirates, acteurs criminels ou terroristes qui pourraient se lancer dans une sorte de guerre des étoiles plus artisanale</em> ». Quant à la géopolitique spatiale, elle se tend un peu plus chaque année. « <em>On parle de guerre spatiale et ce risque-là est admis par tout le monde</em> » prévient-il.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L’ancien porte-avions Foch va être démantelé en Turquie</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/lancien-porte-avions-foch-va-etre-demantele-en-turquie/03/04/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hugues de Courrèges]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Apr 2021 08:09:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[Foch]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Porte-avions]]></category>
		<category><![CDATA[São Paulo]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5125</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/04/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/lancien-porte-avions-foch-va-etre-demantele-en-turquie/03/04/2021/">L’ancien porte-avions Foch va être démantelé en Turquie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 12 mars 2020, le gouvernement brésilien a annoncé&nbsp;la vente pour démantèlement du seul porte-avions de sa marine, le <em>São Paulo</em>. Le navire, initialement français sous le nom <em>Foch</em>, accomplira sa dernière transatlantique au cours des prochains mois en direction de la Turquie.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans l’histoire de la marine, le Charles de Gaulle n’est pas le premier des porte-avions français. Du <em>Bapaume</em> au futur <em>PANG</em>, nos porte-avions se sont succédé dans la lourde tâche d’assurer la capacité de projection d’aéronefs français aux quatre coins du globe. Depuis les années 1960 jusqu’en 2000, cette mission était confiée à deux bâtiments de la marine : le <em>Clemenceau, </em>désarmé en 1997, et le <em>Foch</em>. Ironiquement, s’il s’agit du deuxième bâtiment portant le nom du maréchal, celui-ci avait pourtant déclaré en 1911 que&nbsp;: les «&nbsp;<em>aéroplanes</em> (…) <em>ne présentent pas de valeur militaire</em>&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/le-rafale-fleuron-tricolore-de-larmee-francaise/01/04/2021/">Le Rafale, fleuron tricolore de l’Armée française</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Du <em>Foch</em> au <em>São</em> <em>Paulo</em></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le <em>Foch</em> a été inscrit à la liste des bâtiments de guerre de la marine pendant près de 37 ans. En 2000, il ne fut pas décidé de le désarmer et de le démanteler, mais de le vendre. La transaction d’un montant de 90 millions de francs (soit un peu plus de 12 millions d’euros) est actée le 15 novembre 2000, au bénéfice de la marine brésilienne. Le <em>São Paulo</em> (ex-<em>Foch</em>) venait remplacer le <em>Minas Gerais</em>, bâtiment de conception britannique (ex- <em>HMS</em> V<em>engeance</em>) en service depuis 1945 dans la Royal Navy racheté par le Brésil en 1956. D’après des propos de l’analyste Alex Pape recueillis par Le Point : « <em>L&rsquo;expérience d&rsquo;opérer un ancien bâtiment racheté à une autre marine était bien présente chez les Brésiliens, mais ils ont peut-être sous-estimé la complexité et le coût de maintenance du Foch</em> ». En effet, à la liste des navires rachetés par la marine brésilienne on compte, en plus du <em>São Paulo</em> et du <em>Minas Gerais</em>, leurs quatre frégates de Type 22 et la majorité de leurs navires d’assaut amphibies.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/le-suffren-nouveau-sous-marin-nucleaire-francais-du-programme-barracuda/21/03/2021/">Le «Suffren» : le nouveau sous-marin nucléaire français du programme Barracuda</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une succession de réparations de plus en plus coûteuses</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En tant que bâtiment de guerre de la marine brésilienne, le <em>São</em> <em>Paulo</em> compte peu de jours en mer à son actif, quelques 206 jours selon le site brésilien Airway. En revanche, on ne compte plus les heures passées à quai pour l’entretenir. Toujours selon Le Point, ce sont plus de 100 millions d’euros qui ont été investis dans le navire. Et si de gros travaux de rénovation ont eu lieu entre 2005 et 2009, l’âge avancé du bâtiment aurait encore dû nécessiter d’importants travaux de modernisation pour qu’il reste opérationnel. Par ailleurs, deux incendies majeurs, l’un en 2005 et l’autre en 2012, ont lourdement touché le navire. Selon le site Opex 360, une modernisation complète du navire fut envisagée un temps par la marine brésilienne. Étaient notamment prévue « <em>l’installation de nouvelles catapultes, d’un système de propulsion neuf et d’un système de combat modernisé. Naval Group était d’ailleurs sur les rangs pour ce marché alors évalué à 250 millions d’euros.&nbsp;</em>». Cette remise à niveau aurait permis au bâtiment de rester en activité jusqu’en 2039, date à laquelle il aurait fêté sa 79<sup>e</sup> bougie. En 2017, compte tenu des contraintes budgétaires, il est décidé d’abandonner ce projet et de déclasser le bâtiment.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/portrait-du-porte-avions-charles-de-gaulle-piece-maitresse-de-la-marine-nationale/24/04/2020/">Portrait du porte-avions «Charles de Gaulle», pièce maîtresse de la Marine Nationale</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une dernière transatlantique direction la Turquie&nbsp;?</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le navire est finalement revendu le 12 mars dernier à une société turque, Sök Denizcilik, pour une somme d’un peu plus d’1,6 millions d’euros. Cette société, spécialisée dans le démantèlement de navires, a bénéficié d’un ajout à la liste européenne des installations de recyclage de navires par une décision de la commission en date du</span> <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32020D0095&amp;from=EN">22 janvier 2020</a><span style="color: #000000;">. Dans le contrat de vente du <em>Foch</em> au Brésil, une clause disposait que le démantèlement du navire devait se faire par une entreprise agréée par l’Union Européenne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/projet-longshot-la-darpa-developpe-de-nouveaux-drones-de-combat-aerien/17/02/2021/">Projet «LongShot» : l’armée américaine développe de nouveaux drones de combat aérien</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ayons en mémoire la rocambolesque histoire du jumeau du <em>Foch</em>, le <em>Clemenceau</em>, qui erra des mois durant en mer sans atteindre l’Inde, son lieu de démantèlement prévu. Le navire, vendu en 2003 afin d’être recyclé, ne sera finalement démantelé qu’en 2010 par une société britannique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Porte-avions «Charles de Gaulle» : une pièce maîtresse de la Marine Nationale</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/histoire/portrait-du-porte-avions-charles-de-gaulle-piece-maitresse-de-la-marine-nationale/24/04/2020/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/histoire/portrait-du-porte-avions-charles-de-gaulle-piece-maitresse-de-la-marine-nationale/24/04/2020/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2020 17:53:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Armée française]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Gaulle]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Porte-avions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=2717</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/04/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/portrait-du-porte-avions-charles-de-gaulle-piece-maitresse-de-la-marine-nationale/24/04/2020/">Porte-avions «Charles de Gaulle» : une pièce maîtresse de la Marine Nationale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-group is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Mis en service le 18 mai 2001, le porte-avions Charles de Gaulle demeure l’unique bâtiment de combat de surface à propulsion nucléaire construit en Europe. Il assure ainsi à la France une place non négligeable sur les mers comme dans les airs. Le bâtiment majeur de la Marine nationale française soulève plus que jamais l’éternelle question de son remplacement.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> Indicatif R91.  Le Charles de Gaulle est un bâtiment de classe CATOBAR, <em>Catapult Assisted Take Off But Arrested Recovery</em>, statut qu’il est le seul à partager avec les porte-avions de construction américaine, tout en restant nettement moins imposant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un géant français aux caractéristiques extraordinaires</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce sont pourtant les dimensions qui alertent à la vue de ce monstre de fer et d’acier. Mesurant deux-cent-soixante et un mètres de long, soixante-quatre mètres de large, soixante-quinze mètres de haut et pesant quarante-deux mille cinq-cents tonnes, le Charles de Gaulle représente l’équivalent d’un immeuble de vingt-cinq étages. Avec un pont d’envol de douze mille mètres carrés et deux hangars de stockage et manutention représentant une superficie de 4 500 mètres carrés, une capacité de stockage permettant le transport d’un million de pièces de rechange et une logistique de ravitaillement garantissant l’apport de centaines de milliers de pièces, le porte-avions est en réalité une véritable usine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/desinformation-washington-devoile-loffensive-chinoise-contre-le-rafale-dans-un-rapport/21/11/2025/">Désinformation : Washington dévoile l’offensive chinoise contre le Rafale dans un rapport</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La propulsion nucléaire lui assure, outre une autonomie énergétique de plus de sept ans, une vitesse de près de cinquante kilomètres heure, atteinte en sept minutes, soit moins que les porte-avions français précédents mais permettant le décollage d’avions plus lourds par vent plus fort. Summum de l’excellence, la combinaison du système de stabilisation SATRAP et des deux-cent quarante tonnes de wagonnets métalliques du système COGITE permettent au navire de virer à plat et de compenser toute gêne occasionnée par le déplacement d’avions sur le pont d’envol.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> Car ce sont bien les aéronefs qui sont la pièce maîtresse du Charles de Gaulle. En plus des hélicoptères AS565 Panther et SA.365 dont les larges capacités permettent d’envisager des missions très polyvalentes, le Groupe Aérien Embarqué (GAE) peut atteindre pas moins de quarante aéronefs. Les missions accomplies par le GAE sont diverses : les deux avions de surveillance Hawkeye, développés par le constructeur américain Grumman, permettent un contrôle aérien sur un rayon de cinq-cents kilomètres tandis que les deux hélicoptères NH90 NFH, de construction européenne, sont des garanties de sécurité et de permanence à la mer. L’avion iconique du porte-avions français reste cependant le Rafale M, construit par Dassault Aviation et dont trente à quarante exemplaires peuvent être embarqués. En ces avions réside la véritable arme du Charles de Gaulle : outre ses missions de soutien du sol, d’attaque sur mer, de reconnaissance tactique et stratégique, le Rafale est une arme diplomatique de dissuasion nucléaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une arme diplomatique d’importance internationale</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nous l’avons dit, le Rafale M est une icône. Plus encore, les pilotes du GAE du Charles de Gaulle sont des références aéronavales à l’échelle mondiale, comptant parmi les rares unités capables de réaliser un appontage sur une surface équivalente à un terrain de tennis, soit un passage de deux-cent quarante kilomètres/heure à un arrêt total en moins de quatre secondes. La qualité du groupe aéronaval français ainsi que la seule présence du porte-avions, véritable outil de prestige, permettent à la France d’aspirer à un rang supérieur au sein de la géopolitique mondiale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/outre-mer-des-territoires-francais-sous-exploites/21/10/2025/">Outre-mer : des territoires français sous-exploités</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Car en réalité, la capacité d’un pays à projeter des avions via les océans est en grande partie assurée par la puissance de toute sa flotte : le porte-avions ne suffit pas. Bien que le Charles de Gaulle dispose, pour parer aux menaces, de trente-deux missiles surface-air Aster 15, de douze missiles de courte-portée MISTRAL, de huit canons F2 de 20 mm et quatre mitrailleuses de 12,7 mm, un groupe naval d’escorte doit l’accompagner pour le protéger. Ainsi, le porte-avions est un véritable gage de puissance pour les autres nations, la France s’érigeant comme l’un des rares pays capable d’assurer l’autonomie et le commandement de plusieurs navires hauturiers à plusieurs milliers de kilomètres et d’associer la défense de surface, la protection aérienne et la lutte anti-sous-marine.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pourtant, on tend à oublier que lors de la Guerre du Pacifique, qui a opposé l’empire du Japon aux Etats-Unis, les porte-avions américains auraient pu disparaître, l’arme atomique étant alors délivrée par les bombardiers, plus autonomes et à long rayon d’action du fait du contrôle américain sur de nombreux îlots du Pacifique. C’est entre 1950 et 1953, alors que les Etats-Unis prennent part à la Guerre de Corée, que le porte-avions devient le nouveau symbole de la présence des forces des Nations Unies, les aérodromes américains étant alors neutralisés. Si depuis lors le porte-avions a été adopté comme pièce maîtresse de la représentation militaire, c’est parce qu’il est un véritable passe-droit. Naviguant dans les eaux internationales, un porte-avions peut ainsi s’affranchir de toute autorisation de survol d’autres pays.  </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« </span>Un porte-avions, c&rsquo;est cent mille tonnes de diplomatie »</h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La célèbre formule de Henry Kissinger est sans appel : la diplomatie moderne passe en un sens par la capacité d’un pays à produire, équiper, escorter et déployer un porte-avions. L’utilité de ce type de navire est pourtant parfois remise en cause par l’évolution du potentiel des missiles de croisière qui permet à une corvette de neutraliser un porte-avions. Cette position est notamment celle qu’affiche la Russie qui multiplie sa production de bâtiments de petit tonnage dotés de missiles aux calibres importants. En réalité, décrier le porte-avions est souvent une pensée pilotée par des motifs économiques. Et pour cause, le coût du successeur du Charles de Gaulle, qui cessera d’être exploité en 2040, est estimé entre cinq et sept milliards d’euros !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/armee-francaise-le-rapport-choc-de-deux-deputes-francais/11/06/2025/">Armée française : le rapport choc de deux députés français</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La question du successeur du Charles de Gaulle est un long débat, qui est, à l’origine, celui du deuxième porte-avions. Depuis le désarmement en 1997 du tandem formé par les porte-avions Clémenceau et Foch, la succession de ce dernier se fait attendre. Promesse de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, le projet d’un nouveau porte-avions sera éternellement repoussé, François Hollande allant même jusqu’à abandonner les évaluations entreprises depuis 2009.  C’est finalement le 23 octobre 2018 que la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé le lancement de la phase d’étude relative au remplacement du Charles de Gaulle pour les années 2035 ou 2040, estimant ainsi le coût de cette construction à deux-cent vingt-cinq millions d’euros pendant vingt ans. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En réalité, la question du deuxième porte-avions est celle du besoin. En effet, pour de nombreux experts, un second porte-avions n’est pas forcément synonyme d’un second groupe aéronaval mais bien d&rsquo;un groupe aéronaval permanent, l’escorte comme une partie de l’équipage pouvant être les mêmes. Nous l’avons vu en 2017, l’entrée en cale sèche pour dix-huit mois du Charles de Gaulle, un arrêt technique majeur programmé depuis la mise en service du porte-avions il y a plus de trente ans, a privé la France de son navire amiral et d’une forme d’utilisation de l’arme nucléaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une indépendance stratégique</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Face à ce constat glaçant, il convient de se souvenir que c’est une partie de l’indépendance militaire de la France qui est en jeu. Les mots du Chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck, commentant l’inauguration du porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth en 2017, l’opportunité selon lui de « <em>partager le fardeau de la sécurité de notre continent</em> », font état d’une France dépendante, presque subordonnée aux britanniques en l’absence du Charles de Gaulle et devant pourtant assurer la protection européenne. Ce schéma est d’autant plus bouleversé par le Brexit : la France, en ayant le statut d’alliée solide des britanniques mais étant la première armée européenne, saura-t-elle assumer son rôle grâce à son porte-avion ou devra-t-elle s’en remettre à ses voisins d’outre-Manche, dont les intérêts n’ont jamais semblé aussi peu tournés vers l’Europe ?    </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au-delà de l’Europe, la France, par la possession d’un porte-avions, aspire à un certain statut, celui d’une puissance mondiale à part, plus que légitime à siéger au conseil de sécurité de l’ONU. Les mots de l’amiral Prazuck le 4 décembre 2017 reflètent tout à fait le schéma actuel : « <em>Un deuxième porte-avions peut-être une ambition. Les chinois veulent en construire quatre</em>, (le premier conçu en Chine, Shandong, de classe STOBAR, <em>Short Take-Off But Arrested Recovery</em>, en service depuis 2019, viens compléter le Liaoning, de fabrication russe, mis à flot en 2011, tandis qu’un « Type 003 », probablement à propulsion nucléaire, est en construction en 2020)<em> les britanniques vont en avoir deux</em> (le HMS Queen Elizabeth et le HMS Prince of Wales, tous deux de classe STOBAR, respectivement mis en service en 2017 et 2019, premiers porte-avions construits par le Royaume-Uni en quarante ans).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-jean-bexon-les-taaf-sont-une-richesse-francaise/18/10/2024/">ENTRETIEN – Jean Bexon : «les TAAF sont une richesse française»</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><em>C’est un outil militaire mais aussi un outil politique</em> ». En Nouvelle-Calédonie, la Zone Economique Exclusive française est régulièrement pillée par des pêcheurs de diverses nationalités, repoussés par la marine chinoise qui, convoitant des ressources énergétiques, accroît sa surveillance en mer de Chine. Le déploiement du Charles de Gaulle étant le plus souvent nécessaire au large du Moyen-Orient, on pourrait voir en un deuxième porte-avions l’arme dissuasive nous permettant de nous imposer et de contrôler l’ensemble de nos territoires et de nos eaux territoriales.  </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En définitive, la question de fond est la suivante : sommes-nous prêts à abandonner notre présence sur certaines mers ou voulons-nous nous doter d’une disponibilité opérationnelle permanente ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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