<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Art contemporain - Billet de France</title>
	<atom:link href="https://www.billetdefrance.fr/tag/art-contemporain/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.billetdefrance.fr/tag/art-contemporain/</link>
	<description>Voir, écouter, transmettre</description>
	<lastBuildDate>Tue, 29 Dec 2020 14:08:21 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.2</generator>

<image>
	<url>https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/12/cropped-BDF.png?fit=32%2C32&#038;ssl=1</url>
	<title>Art contemporain - Billet de France</title>
	<link>https://www.billetdefrance.fr/tag/art-contemporain/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">159653392</site>	<item>
		<title>Réduction des heures de cours : les écoles d’art en danger</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reduction-des-heures-de-cours-les-ecoles-dart-en-danger/29/12/2020/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reduction-des-heures-de-cours-les-ecoles-dart-en-danger/29/12/2020/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Irène d'Avout]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Dec 2020 14:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Artisan]]></category>
		<category><![CDATA[Artisannat]]></category>
		<category><![CDATA[École Boulle]]></category>
		<category><![CDATA[École Estienne]]></category>
		<category><![CDATA[Ensamaa]]></category>
		<category><![CDATA[Rectorat]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Saint Quentin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=4412</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les étudiants d’écoles d’art ont manifesté vendredi 4 décembre devant le rectorat de Paris, pour...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reduction-des-heures-de-cours-les-ecoles-dart-en-danger/29/12/2020/">Réduction des heures de cours : les écoles d’art en danger</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Les </strong><strong>é</strong><strong>tudiants d’</strong><strong>é</strong><strong>coles d’art ont manifest</strong><strong>é</strong><strong> vendredi 4 d</strong><strong>é</strong><strong>cembre devant le rectorat de Paris, pour protester contre la r</strong><strong>é</strong><strong>duction des heures de cours impos</strong><strong>é</strong><strong>e par la direction. Une d</strong><strong>é</strong><strong>cision pr</strong><strong>é</strong><strong>judiciable aux cr</strong><strong>é</strong><strong>ations des </strong><strong>é</strong><strong>tudiants. Reportage.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Environ 200 professeurs et étudiants d’Oliviers de Serres, de l’Ensamaa, de l’école Estienne, de Saint Quentin et de l’école Boulle se sont réunis vendredi 4 décembre, boulevard d’Indochine à Paris, en chantant et criant&nbsp;: «&nbsp;<em>Métiers d’arts en danger&nbsp;!</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’atmosphère est chaleureuse, mais l’inquiétude sur l’avenir plane. De nombreuses pancartes surgissent du groupe telles que : « </span><span style="color: #000000;"><em>Laissez-nous apprendre </em>» <em>; </em>« </span><span style="color: #000000;"><em>Sauvons les métiers d’arts </em>»<em> ;</em></span><span style="color: #000000;"> « </span><span style="color: #000000;"><em>Diplôme raboté, j’ai les Boulle </em>»<em> ; </em>« <em>Éc</em></span><span style="color: #000000;"><em>ole de Passion, pas école de gestion </em>»<em> ; </em>« </span><span style="color: #000000;"><em>Formation standardisée, diplômes réformés </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><em>&nbsp;</em></strong></span></p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Des élèves et des professeurs soudés</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd’hui ce sont les étudiants et artisans d’art qui réclament davantage d’heures d’atelier dans leurs emplois du temps, afin de mieux maîtriser les techniques. Professeurs et élèves s’alarment de ce qu’ils considèrent être le « <em>début d’une chute vertigineuse</em> » dans la transmission de l’artisanat.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«<em>&nbsp;On vient manifester aujourd’hui pour éviter que l’on nous retire des heures d’atelier&nbsp;! » </em>témoigne Méryl, une jeune élève en 1<sup>ère</sup> année de Diplôme national des métiers d’arts et du design (DNAMDE). Après trois années au lycée de l’école Boulle en menuiserie en sièges, elle estime que « <em>la force [de son école] est de mettre en commun le design et l’atelier, ce qui doit être le plus important ! Des écoles de design et de créations d’objets, il y en a des centaines ! Mais des écoles où l’on a la chance d’apprendre un savoir-faire unique, enseigné par des professeurs Meilleur Ouvrier de France, c’est rare ! </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les métiers d’art sont précieux. C’est par l’artisanat que s’est construit le patrimoine français et le rayonnement mondial de notre pays. Si, aujourd’hui, quelques écoles d’art sont uniques en France, c’est grâce à l’enseignement de ces métiers ancestraux. Des professeurs d’excellence, inscrits aussi bien dans l’univers scolaire que dans le monde du travail, partagent leurs connaissances. Sous-estimer cet enseignement est selon eux « <em>une grave erreur</em> ». Va-t-on laisser tomber à jamais dans l’oubli leurs savoir-faire, leurs tours de main, leurs secrets, bases de la création contemporaine&nbsp;?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Le DNAMDE, une adaptation à la société</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Il y a trois ans, le ministère de l’Éducation nationale et les directeurs d’école d’art ont imposé une réforme non-obligatoire aux écoles d’art de Paris, et dans d’autres provinces, celle du Diplôme national des métiers d’art et du design (DNAMDE). Celui-ci cherche à adapter à l’époque et aux tendances actuelles l’artisanat d’art, souvent perçu comme « ringard<em>&nbsp;</em>». Les différents professeurs devraient prendre du temps pour enseigner aussi bien la conception contemporaine d’un objet (le «&nbsp;design&nbsp;») que la réalisation de l’objet fait main.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois la pression économique et celle du progrès sont fortes et grignotent le temps et les méthodes traditionnelles du travail artisanal. Côté économie, les directeurs, sous les yeux sévères des recteurs, choisissent des heures à retirer afin d’avoir moins de professeurs à payer. Le choix est vite fait, puisque les directeurs d’écoles d’art sont tous des designers et souhaiteraient les réunir en une seule. Adieu donc le local et les formations particulières ! Côté progrès, et comme un rouleau compresseur, les directeurs submergent les élèves de projets d’art appliqués, d’expressions plastiques et de petit projets expérimentaux, sans prendre conscience du temps nécessaire dont les élèves ont besoin pour apprendre les bases techniques du métier.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>« Il faut du temps pour apprendre, concevoir et réaliser un objet. Il ne faut pas qu’il soit uniquement bien réussi, mais qu’il soit vraiment beau et innovant&nbsp;!&nbsp;» </em>lance Méryl. La réduction des heures d’atelier est donc une catastrophe. «<em>&nbsp;Enlever les heures d’atelier serait uniformiser et standardiser cette école d’exception&nbsp;! Il n’y a que deux formations en France de menuiserie en sièges. C’est un savoir-faire unique et précieux&nbsp;! » </em>continu Théo, un autre étudiant en menuiserie en sièges.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les élèves connaissent peu les détails de la réforme, qui est complexe et fourmille d’obstacles administratifs. Toutefois ils comprennent les enjeux et les conséquences potentielles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>«&nbsp;Le risque est que, sur le long terme, nous serons de moins en moins bien formés. On perdra l’authenticité des métiers d’art. Ce n’est pas seulement un savoir-faire qui va disparaître, mais un patrimoine, qu’ils touchent en nous pénalisant&nbsp;», </em>explique Domitille, une élève en deuxième année d’ébénisterie. <em>«&nbsp;C’est notre avenir qui est en jeu. Nous ne serons pas crédibles dans les entreprises si nous ne sommes pas capables de travailler correctement. L’école nous permet de prendre le temps de pratiquer avant de répondre rapidement aux futurs clients&nbsp;».</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Garder les heures en atelier</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les élèves et professeurs désirent garder leurs heures afin de conserver la qualité du diplôme de troisième année. Mais par manque de temps, les élèves réaliseront une «&nbsp;idée&nbsp;» de l’objet du diplôme, mais pas d’objet final…</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>«&nbsp;L’école vend sa richesse et variété d’ateliers. Cela fait rêver les étudiants à la rentrée&nbsp;; et finalement on se retrouve coincé dans son atelier, à terminer au mieux sa pièce, avec le temps qu’il nous reste. En ébénisterie, la recherche, les méthodes d’utilisation, l’assemblage des pièces, le montage, le collage, ensuite le moulage, sans oublier la recherche de matières, et bien entendu la conception d’un objet innovant, demandent énormément de temps&nbsp;! On souhaiterait maîtriser notre principal métier et expérimenter, s’initier aux autres ateliers de l’étage du dessous. En nous retirant le peu de temps que l’on a dans nos ateliers, nous serons complètement démotivés. On ne cherchera pas à bien faire, mais simplement à terminer&nbsp;! </em>» s’alarme Ximun, élève en ébénisterie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une problématique partagée également par Gaétan, élève en tapisserie :</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>&nbsp;«J’ai deux pièces à terminer pour le partenariat avec le théâtre des Champs Elysées pour le mois de mars, plus d’autres projets avec l’atelier. Tout cela va nécessiter de la patience. Je devrai apprendre à me servir de nouvelles machines, faire la structure de la pièce, la garniture, le tissage, le tricot, le macramé… le tout avec moins d’heures d’atelier&nbsp;? Il nous faudrait sélectionner les projets, au lieu de pouvoir tous les réaliser, quel dommage&nbsp;!&nbsp;».</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le rectorat et les directeurs restent très fermes sur le sujet&nbsp;; mais les élèves et professeurs tentent de se mobiliser pour résister malgré leurs emplois du temps chargé. Une</span> <a href="https://www.change.org/p/direction-des-%C3%A9tudes-sup%C3%A9rieures-pr%C3%A9server-l-excellence-des-formations-en-m%C3%A9tiers-d-art-en-france-236f9e91-79b8-46bc-b405-74f05241f73e">pétition</a> <span style="color: #000000;">a été créée à ce sujet. Elle rassemble actuellement près de 15 000 signataires.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reduction-des-heures-de-cours-les-ecoles-dart-en-danger/29/12/2020/">Réduction des heures de cours : les écoles d’art en danger</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reduction-des-heures-de-cours-les-ecoles-dart-en-danger/29/12/2020/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">4412</post-id>	</item>
		<item>
		<title>« Art contemporain » : le sommet de l’art a-t-il trébuché sur… une peau de banane ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/art-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane/03/05/2020/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/art-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane/03/05/2020/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 May 2020 17:23:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Banane]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Maurizio Cattelan]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=2918</guid>

					<description><![CDATA[<p>The Comedian, présenté en décembre dernier à Art Basel Miami par Maurizio Cattelan, artiste contemporain...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/art-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane/03/05/2020/">« Art contemporain » : le sommet de l’art a-t-il trébuché sur… une peau de banane ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-social-links aligncenter is-style-logos-only is-layout-flex wp-block-social-links-is-layout-flex">

<li class="wp-social-link wp-social-link-facebook wp-block-social-link"><a href="https://www.facebook.com/sharer.php?u=https%3A%2F%2Fwww.billetdefrance.fr%2Fchroniques-libres%2Fart-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane%2F03%2F05%2F2020%2F" class="wp-block-social-link-anchor"><svg width="24" height="24" viewBox="0 0 24 24" version="1.1" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" aria-hidden="true" focusable="false"><path d="M12 2C6.5 2 2 6.5 2 12c0 5 3.7 9.1 8.4 9.9v-7H7.9V12h2.5V9.8c0-2.5 1.5-3.9 3.8-3.9 1.1 0 2.2.2 2.2.2v2.5h-1.3c-1.2 0-1.6.8-1.6 1.6V12h2.8l-.4 2.9h-2.3v7C18.3 21.1 22 17 22 12c0-5.5-4.5-10-10-10z"></path></svg><span class="wp-block-social-link-label screen-reader-text">Facebook</span></a></li>

<li class="wp-social-link wp-social-link-twitter wp-block-social-link"><a href="https://twitter.com/intent/tweet?url=https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/art-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane/03/05/2020/" class="wp-block-social-link-anchor"><svg width="24" height="24" viewBox="0 0 24 24" version="1.1" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" aria-hidden="true" focusable="false"><path d="M22.23,5.924c-0.736,0.326-1.527,0.547-2.357,0.646c0.847-0.508,1.498-1.312,1.804-2.27 c-0.793,0.47-1.671,0.812-2.606,0.996C18.324,4.498,17.257,4,16.077,4c-2.266,0-4.103,1.837-4.103,4.103 c0,0.322,0.036,0.635,0.106,0.935C8.67,8.867,5.647,7.234,3.623,4.751C3.27,5.357,3.067,6.062,3.067,6.814 c0,1.424,0.724,2.679,1.825,3.415c-0.673-0.021-1.305-0.206-1.859-0.513c0,0.017,0,0.034,0,0.052c0,1.988,1.414,3.647,3.292,4.023 c-0.344,0.094-0.707,0.144-1.081,0.144c-0.264,0-0.521-0.026-0.772-0.074c0.522,1.63,2.038,2.816,3.833,2.85 c-1.404,1.1-3.174,1.756-5.096,1.756c-0.331,0-0.658-0.019-0.979-0.057c1.816,1.164,3.973,1.843,6.29,1.843 c7.547,0,11.675-6.252,11.675-11.675c0-0.178-0.004-0.355-0.012-0.531C20.985,7.47,21.68,6.747,22.23,5.924z"></path></svg><span class="wp-block-social-link-label screen-reader-text">Twitter</span></a></li>





</ul>


<p><span style="color: #000000;"><strong><em>The Comedian</em></strong><strong>, présenté en décembre dernier à Art Basel Miami par Maurizio Cattelan, artiste contemporain de renom, a fait grand bruit. Cette banane, scotchée comme un défi lancé par l’artiste à la face des collectionneurs, est présentée alternativement comme indécente ou révolutionnaire. Retour sur la polémique, à tête reposée.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000;"><strong>Un goûter onéreux&nbsp;</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000;">Maurizio Cattelan a agité les foules en provoquant rires et incompréhensions lors de la présentation de <em>The Comedian</em>&nbsp;: une banane scotchée à un mur. L’œuvre existe en trois exemplaires, tous vendus entre 120 000 et 150 000$ &#8211; un rapport calorie/prix discutable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Comble du scandale, l’une de ces bananes a été mangée par un visiteur de la foire, qui a posté la vidéo de son acte <em>a priori</em> iconoclaste, le revendiquant comme une performance. Si certains s’en sont émus, en réalité, l’œuvre mangée n’a en rien perdu de sa valeur – le «&nbsp;buzz&nbsp;» créé lui a même fait gagner en notoriété.</span></p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/mathias-souverbie-la-beaute-de-loeuvre-dart-reside-dans-sa-similitude-avec-lhomme/18/04/2020/">Mathias Souverbie : «La beauté de l’œuvre d’art réside dans sa similitude avec l’homme»</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000;">La banane mangée, que reste-t-il de <em>The Comedian</em>&nbsp;? De fait, il reste son certificat d’authenticité et le protocole fournis par l’artiste&nbsp;: c’est-à-dire, l’œuvre en substance. En effet, le protocole indique qu’il convient de changer de banane plus ou moins tous les dix jours, et de la re-scotcher sur le support désiré.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le prix de plus 100 000$ pour une banane, qui doit être changée tous les dix jours, a pu sembler obscène. La banane scotchée, vendue à une telle valeur, a été considérée comme un ultime geste de mépris de la part du monde de l’art contemporain, scotché à la figure des collectionneurs et passionnés. Non seulement la réalisation est enfantine, mais encore, cette œuvre pousse dans ses derniers retranchements la création artistique. &nbsp;</span></p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/art/a-la-decouverte-de-3-grands-joailliers-oublies/22/04/2020/">Histoire de l’art : partez à la découverte de 3 grands joailliers oubliés</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Alors, pourquoi se vend-t-elle, et à un tel prix ? Il convient de rappeler que Maurizio Cattelan est un artiste contemporain à la cote très élevée, dont les œuvres ont été exposées dans nombre d’institutions de prestige. Le prix de sa banane, de fait, suit simplement la valeur des autres créations de l’artiste. Par ailleurs, il semblerait aberrant de vouloir calquer le prix des matériaux employés pour la création artistique à la valeur de l’œuvre d’art. Cependant, puisque la valeur intrinsèque des matériaux utilisés n’importe pas et que seule l’œuvre finale doit être prise en considération, d’aucuns se sont interrogés sur la quasi-absence du geste artistique dans l’œuvre de Cattelan.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000;"><strong>La main de l’artiste doit-elle faire l’œuvre&nbsp;? </strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000;">Si Maurizio Cattelan laisse à ses collectionneurs le soin de renouveler son œuvre tous les dix jours, peut-on réellement la considérer comme de l’art, en l’absence de travail technique fourni par l’artiste&nbsp;? Cette question semble animer le milieu de l’art contemporain&nbsp;; sans parler des <em>ready-made</em>, sur lesquels nous reviendrons, on s’offusque du fait que des artistes osent travailler avec l’aide d’un atelier. Le mythe de l’artiste créateur, seul face à sa toile blanche, attendant la divine inspiration, est bien loin. On a entendu affirmer que de nos jours, l’artiste <em>businessman</em> règne sur le marché, au détriment de la création artistique. Pourtant, ce point de vue nous semble trop simpliste.</span></p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-tulipomanie-de-la-bulle-speculative-a-la-vanite-florale/13/04/2020/">La Tulipomanie : de la bulle spéculative à la vanité florale</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Rappelons que la pratique de l’atelier, c’est-à-dire, dans le sens où nous l’entendons ici, le rassemblement de divers travailleurs sous les ordres d’un maître, doit être réinscrite dans le temps plus long de l’histoire de l’art. S. Sofio, sociologue et historienne de l’art, souligne que très peu d’artistes travaillent totalement seuls avant le XIX<sup>e</sup> siècle. A ce titre, les ateliers de la Renaissance préfigurent les ateliers contemporains, à une moindre échelle. Rembrandt, pour ne citer que lui, ne travaillait pas seul mais bien entouré. S. Alpers, dans un ouvrage qui fait date, a même qualifié Rembrandt de «&nbsp;<em>pictor economicus</em>&nbsp;»&nbsp;: acteur économique, le peintre, grâce à sa pratique d’atelier, a pu produire des œuvres massivement en capitalisant sur sa manière de peindre. Le maître n’est donc pas celui qui réalise une œuvre du début à la fin, mais celui qui donne des instructions pour que ceux sous ses ordres la réalisent, selon son idée.</span></p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/actualites/coronavirus-des-fans-de-tintin-profitent-du-confinement-pour-detourner-des-oeuvres-dart/23/03/2020/">Coronavirus : des fans de Tintin profitent du confinement pour détourner des œuvres d’art</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Et c’est bien ce qu’il se passe dans la création contemporaine. Remémorons-nous Andy Warhol et sa <em>factory</em>, mais aussi Olafur Eliasson (artiste contemporain dont on peut admirer, par exemple, <em>Inside the horizon</em> à la Fondation Louis Vuitton), qui prône la transparence dans le processus de création artistique en atelier. Interrogé sur son caractère collaboratif, il déclare&nbsp;: «&nbsp;<em>J’aimerais penser que je suis responsable de l’idée. J’espère que nous sommes tous d’accord pour dire que je suis celui qui a le dernier mot</em>&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000;"><strong>La banane promue Art par le simple choix de l’artiste – un geste novateur&nbsp;?</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000;">Après avoir établi que le statut d’œuvre d’art ne dépend pas entièrement de sa réalisation par la main de l’artiste, revenons sur sa composition. En l’espèce, une banane, fruit périssable, et du scotch. Est-ce si novateur&nbsp;? La premier <em>ready-made</em>, ou «&nbsp;<em>objet usuel promu à la dignité d’art par le simple choix de l’artiste&nbsp;</em>», selon le Dictionnaire abrégé du Surréalisme, a été présenté par Marcel Duchamp, il y a de cela plus de 100 ans. Cela fait donc environ un siècle que l’on sort des objets, souvent manufacturés, de leur contexte pour les élever au rang d’art. Ce n’est pas non plus le premier <em>ready-made</em> de Maurizio Cattelan. En 1996, il présente <em>Another fucking ready-made</em>&nbsp;: l’exposition de l’entièreté du contenu de la galerie voisine, mobilier compris, emballé et subtilisé au cours de la nuit précédant le vernissage.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_2926" aria-describedby="caption-attachment-2926" style="width: 888px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-2926" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/catt_amster.jpg?resize=640%2C592&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="592" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/catt_amster.jpg?w=888&amp;ssl=1 888w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/catt_amster.jpg?resize=300%2C278&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/catt_amster.jpg?resize=768%2C711&amp;ssl=1 768w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-2926" class="wp-caption-text">Maurizio Cattelan, <em>Another fucking ready-made</em>, 1996</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Si le caractère périssable de l’œuvre peut sembler novateur, notons tout de même que l’art organique a déjà été expérimenté depuis plusieurs dizaines d’années. Michel Blazy, par exemple, réalise des installations en purée, yaourt, croquettes pour animaux, écorces d’orange&#8230; Son <em>Mur de poils de carotte</em>, présenté en 2000 à Toulouse, est réalisé en étalant de la purée de carotte sur un mur. La réalisation est déléguée au musée acquéreur de l’œuvre organique, que l’on laisse ensuite se décomposer sur place.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_2927" aria-describedby="caption-attachment-2927" style="width: 447px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-2927" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/s_leonard_3.jpg?resize=447%2C450&#038;ssl=1" alt="" width="447" height="450" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/s_leonard_3.jpg?w=447&amp;ssl=1 447w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/s_leonard_3.jpg?resize=298%2C300&amp;ssl=1 298w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/05/s_leonard_3.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w" sizes="(max-width: 447px) 100vw, 447px" /><figcaption id="caption-attachment-2927" class="wp-caption-text">Exposition « 10 ans : un musée, un Frac, une collection », avril-aout 2010, les Abattoirs ; Photogr. S. Léonard © Adagp, Paris</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Alors, qu’est-ce qui change ? Au-delà du caractère plaisant et à l’esthétique choc et provocante de la banane, ce qui change est le protocole de l’œuvre de Cattelan. Il nous semble insister encore davantage, si cela est possible, sur le fait que la matérialité de l’œuvre n’est pas son sujet principal. La banane, puisqu’elle est vouée à être remplacée tous les 10 jours, n’a aucune incidence en tant que telle. Il importe peu que le fruit utilisé soit celui choisi par l’artiste, et placé là dès le premier jour : ce qui compte est <em>l’idée</em> de la banane scotchée, et non l’utilisation d’une banane <em>x</em> ou <em>y</em>. La matérialité de la banane, périssable, remplaçable, multiple, est négligeable face au concept de l’œuvre. L’idée de l’œuvre prime la matérialité.</span></p><p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/art-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane/03/05/2020/">« Art contemporain » : le sommet de l’art a-t-il trébuché sur… une peau de banane ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/art-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane/03/05/2020/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">2918</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
