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	<title>Émirats arabes unis - Billet de France</title>
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	<title>Émirats arabes unis - Billet de France</title>
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		<title>L’enseignement supérieur, un outil d’influence : l’exemple franco-émirati</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/lenseignement-superieur-un-outil-dinfluence-lexemple-franco-emirati/13/11/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Yves de Cara]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Nov 2023 22:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
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		<category><![CDATA[Sorbonne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 13/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/lenseignement-superieur-un-outil-dinfluence-lexemple-franco-emirati/13/11/2023/">L’enseignement supérieur, un outil d’influence : l’exemple franco-émirati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’enseignement supérieur constitue désormais un marché international. La mobilité des étudiants à travers le monde incite les établissements d’enseignement à attirer des étudiants étrangers, parfois par des formations spécifiques, ou inversement à projeter leurs offres de formation à l’étranger. Dans le second cas le défi est d’une tout autre ampleur. L’Amérique, l’Asie, le Proche Orient sont des régions cibles privilégiées avec des fortunes diverses liées notamment à la langue et à la culture locale. Dans le golfe arabo-persique, l’ouverture de la Sorbonne à Abou Dabi a suscité une curiosité narquoise, des espoirs, des imitations puis une certaine concurrence.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A l’échelon fédéral des Émirats arabes unis (EAU), existaient plusieurs institutions. L’Université des EAU avait été créée sitôt après l’indépendance, en 1976, à Al Ain, couvrant les humanités et sciences sociales, l’éducation, les sciences administratives et politiques, le droit et la Shari’ah, l’agriculture et la santé. Elle a été suivie par les Higher Colleges of Technology en 1988 pour satisfaire des besoins de productivité, d’autonomie et de formation technique, puis par l’université Zayed (1998) et celle d’Al Ain en 2004, de nature pluridisciplinaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A côté de cet embryon d’enseignement supérieur, des établissements privés apparaissent sous l’impulsion d’entreprises, comme l’université Khalifa de sciences et technologie dont la création en 1989 est liée au développement des télécommunications puis à l’industrie pétrolière et à laquelle s’est ajoutée une branche recherche en 2007 (KUSTAR) ; par la suite l’Institut Masdar de recherche et de formation dans le secteur des énergies nouvelles et du développement durable y a été associé. Un décret de 2017 fusionne l’université et les centres de recherches Masdar et l’institut du pétrole.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A l’échelon de chaque émirat, des établissements d’enseignement supérieur sont établis ; ils sont tantôt publics (Ajman, Fujeirah, Dubai, Charjah…), tantôt privés comme l’American University of Sharjah fondée par l’émir Cheikh Sultan bin Mohammed al Qasimi ou l’université Al Ghurair de Dubaï du nom de la famille qui l’a créée en 1999 et qui a fermé ses portes en octobre 2022. Certains établissements sont pluridisciplinaires et proposent des formations générales qui se spécialisent à l’échelon du master, d’autres sont spécifiques et liées à une activité locale (Emirates Aviation university, Emirates Academy of Hospitality à Dubaï, Emirates Institute for Banking and Financial Studies à Charjah). Cette trentaine d’universités nationales traduit la volonté des autorités de conduire le développement du pays et de dégager une élite nationale destinée à se substituer aux étrangers qui participent à l’encadrement du jeune État.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un programme ambitieux</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’ambitieux programme de développement et d’internationalisation de l’enseignement supérieur s’est donc fait jour très tôt aux Émirats. Néanmoins, la place des expatriés était et demeure dominante dans les secteurs de pointe du développement économique, technique, administratif et de l’éducation. Les nationaux représentent moins de 12% d’une population d’environ dix millions d’habitants. Or, il importe encore de former les cadres nationaux appelés à intervenir dans les différents domaines visés par les plans stratégiques de 2030, 2050 ou pour la 4e révolution industrielle (Mohamed bin Zayed university of artificial intelligence), et de créer des centres de recherche.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ce contexte, l’entrée d’universités étrangères sur le marché de l&rsquo;enseignement supérieur aux Émirats est encouragée. Sans doute est-elle soumise à des contraintes administratives notamment d’accréditation du ministère de l’Éducation. Elle doit s’inscrire aussi dans la perspective du développement durable des Émirats tout en assurant l’accès aux humanités, à une formation juridique adaptée et aux techniques avancées de la finance. A cette fin, a été établi The University Leadership Council présenté comme un hub chargé d’identifier les entreprises ou les projets innovants et de coordonner les principaux intéressés avec le monde académique pour renforcer les capacités de la jeunesse nationale (BUNYAN initiative for the capacity building of the youth).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un intérêt stratégique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’arrivée de ces universités étrangères aux Émirats peut servir leurs intérêts financiers, leurs ambitions de développement international (American University in the Emirates 2006, University of Wollongong 1993), ou une stratégie politique. Elles résultent parfois de l’amitié des princes (Université Mohammed V). La création de</span> <a href="https://www.sorbonne.ae/fr/">Paris Sorbonne Abou Dhabi</a> <span style="color: #000000;">en 2006, à l’initiative inspirée du Président Jean-Robert Pitte et sous le patronage du Prince héritier Cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan, a un sens diplomatique ; elle s’inscrit aussi dans la tendance des universités françaises à s’internationaliser. Mais en raison d’une tradition anglo-saxonne plus ancienne dans la région et pour des raisons culturelles et linguistiques, la mission est périlleuse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pour les EAU, il s’agit de la volonté d’offrir aux élites de l’Émirat, de la Fédération et du Golfe, une option entre la formation anglo-saxonne traditionnelle dans cette région, orientée vers la technique, la gestion, les affaires, et une formation française classique, ouvrant la voie à l’esprit critique, à l’éducation des femmes et permettant aux Émirats d’affirmer leur indépendance face aux alliances traditionnelles, tout en se proclamant « un pont entre les civilisations ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour la France, l’ouverture de la seule université francophone du Golfe arabique favorise à terme un rayonnement culturel et politique. Elle complète le projet de construction d’un ensemble de musées dont le Louvre. Elle est étroitement liée aux autres projets dont la Sorbonne est le symbole et son succès dans l’esprit des autorités de l’État hôte, la condition de la poursuite des autres projets : militaire, contrats, investissements, art et culture…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le rapprochement avec la France</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Fondée par un accord de partenariat entre l’Université Paris Sorbonne et l’Émirat d’Abou Dabi, et par une loi de l’Émirat, l’université Paris Sorbonne Abou Dhabi (PSUAD) est un établissement émirati, dont le campus définitif est installé en 2009 sur l’île de Reem. Aussitôt, il est apparu que les programmes ne correspondaient pas à l’attente des Émiratis. Il fallut compléter le projet par une formation juridique et économique confiée en 2007 à la Faculté de droit de l’université Paris Descartes aux termes d’une convention particulière entre les deux universités parisiennes. Cette dernière, au départ simple prestataire de services est devenue le premier département académique de l’université par le nombre d’étudiants. Elle a contribué largement à l’implantation de l’université dans la région, par le succès de ses formations de troisième cycle et en assurant la majeure partie des ressources financières propres de l’établissement, dans des circonstances difficiles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Celles-là tenaient à la situation régionale dominée par les intérêts et la présence enracinée des pays anglo-saxons, aux différences culturelles profondes, à l’absence de tradition linguistique française, à l’engagement incertain du partenaire français, dès 2008 lors de la succession de Jean-Robert Pitte. Dans ces circonstances, la convention a été renouvelée en 2016 mais elle a été amendée de telle sorte que l’établissement n’est plus Paris Sorbonne mais bien la Sorbonne d’Abu Dhabi. A la faveur des évolutions de l’université en France, l’établissement s’est affirmé comme une institution nationale dans sa direction et son administration et elle s’est élargie aux formations scientifiques en mathématiques en physique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Néanmoins, la concurrence a été stimulée. Du côté français, outre quelques tentatives avortées, l’université Paris 2 Panthéon Assas poursuit son programme d’internationalisation en ouvrant, en 2018, une nouvelle antenne de son École internationale de droit, après l’île Maurice et Singapour. Son projet s’attache à répondre aux besoins de la région avec une offre plus sélective, ouverte aux étudiants diplômés en droit, relations internationales et diplomatie. Aux termes d’une convention avec la Dubaï International Financial Centre Authority, elle propose une formation au droit international des affaires au niveau du master sanctionnée par un LLM.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les universités anglo-saxonnes</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">New York University s’est établie sur de toutes autres bases que les universités françaises. Avec efficacité, détermination et unité d’action elle s’est imposée par son sens de l’adaptation, la diversité de ses actions culturelles et sa volonté d’ancrage dans la société locale, n’ouvrant ses premiers cours qu’en 2010, trois ans après son arrivée. Les établissements étrangers se sont multipliés, anglais, américains, australiens, canadiens avec, parfois, des replis obligés telle que Georges Mason University ouverte en 2005, fermant en 2009 mais dont le campus est repris par le Cheikh Saud bin Saqr el Qasimi pour constituer l’American University Ras al Khaima.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le marché est étroit : 295 000 étudiants inscrits avec un taux de défection important, dont 242 000 en licence, 27 420 en master. Les thèses entreprises visent davantage le titre de docteur que l’ébauche d’un travail de recherche à long terme. La connaissance des langues étrangères, notamment du Français est approximative, alors même que les Émirats sont membre associé de l’organisation internationale de la francophonie. Ce fait paradoxal et l’intérêt porté par les cheikhs à la présence d’universités étrangères aux Émirats dénotent combien l’enseignement supérieur participe désormais de la diplomatie culturelle des États.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Oct 2023 07:48:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquités]]></category>
		<category><![CDATA[Bagdad]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Trafic]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9372</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 11/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b style="color: #000000;">Le gouvernement de Bagdad a annoncé le retour sur son territoire de plus de 23 000 objets antiques pillés en Irak suite à l’invasion américaine du pays en 2003. Mais des dizaines de milliers d’objets – d’Irak ou d’autres zones de conflit de la région – continuent de faire les choux gras des trafiquants pour finir aux Etats-Unis ou en Europe. Un </b><b>véritable</b><b style="color: #000000;"> trafic </b><b>d&rsquo;antiquités</b><b style="color: #000000;"> mondial.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">À Bagdad, le ministre de la Culture a le sourire. Le pays a une bonne nouvelle à célébrer : <a href="https://ina.iq/eng/27200-culture-ministry-announces-numbers-of-recovered-artifacts-over-the-past-three-years.html">23 000 objets</a> antiques auraient ainsi réintégré leur pays d’origine ces trois dernières années. Une information qui a fait les gros titres sur les berges de l’Euphrate et du Tigre en juin dernier. L’Irak est une terre riche d’histoire, avec les royaumes babylonien et assyrien, le passage des empires Perses, Sassanides ou Abbassides et l’enracinement de communautés religieuses musulmanes, juives ou chrétiennes. Si ces périodes lointaines sont aujourd’hui méconnues du grand public, elles font la fierté de tout un peuple, des responsables du patrimoine irakien et des conservateurs du musée national de la capitale. Mais elles ont aussi ravi les pilleurs et les collectionneurs d’objets volés au cours des deux dernières décennies.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un pillage venu avec les Américains</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Avril 2003. Une dizaine de jours après le début de l’</span><a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1968510/guerre-irak-invasion-bagdad-archives">invasion de l’Irak</a><span style="color: #000000;">, les soldats et les blindés américains prennent possession des grandes artères de Bagdad et font tomber les centres névralgiques du pouvoir de Saddam Hussein. Les ministères sont sécurisés, les entreprises de premier plan – surtout dans le domaine des hydrocarbures – également. Mais le musée national, lui, n’a pas les mêmes égards : ses portes grandes ouvertes sont une invitation au pillage. Parmi les dizaines de milliers d’objets qui disparaissent, certaines pièces sont si rares qu’elles n’ont pas de prix, tel que le masque taillé dans le marbre de la Dame de Warka, considéré comme la Joconde de Mésopotamie. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais de nombreux autres objets, moins célèbres et de valeur plus modeste, ont fait l’objet de trafics. Leur traçabilité était pour beaucoup impossible à établir. « <em>Il est tellement facile d’en falsifier la provenance »</em> explique</span> <a href="https://www.theatlantic.com/international/archive/2018/03/iraq-war-archeology-invasion/555200/">Oya Topçuoğlu</a><span style="color: #000000;">, maître de conférences à l’Université Northwestern et spécialisé en archéologie mésopotamienne. « <em>Vous pouvez dire : « Mon grand-père a acheté ceci lors de sa visite au Moyen-Orient en 1928 et il est depuis dans notre grenier » ou « Cela appartient à la collection d’un gentleman suisse qui l’a acheté dans les années 50 ». Personne ne peut prouver le contraire, et personne n’en saura rien</em>. » Ces dernières années, tout le problème pour le gouvernement irakien a consisté à dresser une liste des objets volés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Le musée national contenait des milliers d’objets et des manuscrits rares, mais il n’existe aucune statistique officielle sur le nombre d’antiquités volées dans le musée en 2003</em>, déplore l’expert en antiquités</span> <a href="https://new.thecradle.co/articles/how-the-us-uae-and-israel-plundered-iraqs-antiquities">Haider Farhan</a><span style="color: #000000;">. « <em>Les forces américaines sont directement et indirectement responsables du vol du contenu du musée.</em> » Les autorités irakiennes avancent tout de même une estimation : selon elles, quelque 120 000 objets auraient été dérobés et exfiltrés d’Irak entre 2003 et 2017, entre le pillage sous supervision américaine et celui de Daesh au musée de Mossoul. Vingt ans plus tard donc, une page se referme. Le ministre de la Culture irakien, Ahmed al-Alaywi, fait ses comptes : avec 23 000 objets de retour au pays, c’est une victoire toute symbolique. Car l’immense majorité du butin reste introuvable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>Des plaques tournantes du trafic d&rsquo;antiquités</strong></h3>
<p><span style="color: #000000;">« <em>La grande majorité des antiquités volées en Irak ont été envoyées vers l’un des pays du Golfe persique, puis vers les États-Unis</em>, poursuit Ahmed al-Alaywi. <em>Certaines, suite au pillage du musée national par les soldats américains, d’autres par des entreprises mafieuses qui ont profité du chaos sécuritaire.</em> »  En 2017, une affaire a fait grand bruit dans le monde feutré des collectionneurs internationaux : celui de la</span> <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2017/jul/06/hobby-lobby-iraq-artifacts-fine">société américaine Hobby Lobby</a><span style="color: #000000;">, condamnée par la justice de son pays à une amende de 3 millions de dollars pour avoir acheté illégalement 5 500 objets anciens venus d’Irak – des tablettes gravées de cunéiformes principalement – auprès de revendeurs basés dans des pays du Golfe persique dont les Émirats arabes unis.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le plan d’action de Hobby Lobby était simple : les revendre aux plus offrants, aux États-Unis, grâce à de faux certificats d’authenticité. Acculé, le président de l’entreprise américaine, Steve Green, a reconnu à l’époque qu’il « <em>aurait dû exercer davantage de surveillance et remettre en question soigneusement la manière dont les acquisitions avaient été gérées </em>». Un euphémisme. Depuis 2004, la justice américaine avait totalement interdit l’importation de biens culturels et patrimoniaux venus d’Irak. Tandis que le gouvernement irakien, dès sa remise sur pied, avait lui aussi voté une loi stipulant que toute antiquité originaire d’Irak était propriété de l’État irakien et qu’aucun individu ne pouvait en posséder sans l’autorisation express du gouvernement de Bagdad. Suite au scandale, plusieurs personnes avaient été arrêtées, des Israéliens et des Émiratis. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>Un trafic qui nourrit la violence</strong></h3>
<p><span style="color: #000000;">Certains analystes vont même plus loin, au-delà du « simple » trafic d’antiquités. Selon The Docket, une initiative de la Clooney Foundation for Justice, les trafiquants de la région se sont largement servis dans le patrimoine irakien, mais aussi plus récemment en Syrie, en Libye et au Yémen. Leurs butins servent avant tout à alimenter les efforts de guerre des belligérants et des milices. « <em>Le pillage d’antiquités est souvent considéré comme un crime sans victime, mais c’est loin d’être le cas </em>», dénonce</span> <a href="https://www.middleeasteye.net/news/middle-east-stolen-antiquities-trade-fuelling-conflict">Anya Neistat</a><span style="color: #000000;">, directrice juridique de The Docket. « <em>Le pillage d’objets culturels est destructeur physiquement et socialement, et la vente d’antiquités permet aux groupes armés de financer les conflits, le terrorisme et d&rsquo;autres crimes contre les civils.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Selon le rapport publié en 2022 par The Docket, « <em>Les zones franches – essentiellement des entrepôts hors taxes créés pour conserver temporairement des produits manufacturés – jouent un rôle important dans le trafic international d&rsquo;antiquités pillées</em>. » Reste maintenant aux instances internationales – à commencer par l’UNESCO – de continuer à faire son travail.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Hélicoptères militaires : les Émirats lâchent la France</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/economie/helicopteres-militaires-les-emirats-lachent-la-france/17/05/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Fourneyron]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2023 06:14:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Airbus Helicopters]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
		<category><![CDATA[H225M Caracal]]></category>
		<category><![CDATA[Hélicoptère]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8957</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 17/05/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/helicopteres-militaires-les-emirats-lachent-la-france/17/05/2023/">Hélicoptères militaires : les Émirats lâchent la France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">La société Airbus Helicopters a annoncé que les Émirats arabes unis avaient annulé une commande de 12 hélicoptères militaires H225M Caracal. Une déception pour l’industrie de défense française. Des tensions sont à prévoir entre Paris et Abu Dhabi.</span> </strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">C’était « le meilleur allié de la France dans la région ». Depuis une quinzaine d’années, la France avait fait des Émirats arabes unis un partenaire privilégié dans le Golfe dans les échanges économiques et culturels, mais aussi sur les questions de défense. La France dispose d’ailleurs d&rsquo;une base militaire permanente aux EAU, ouverte en 2009, qui lui permet de participer à la sécurité régionale et à la lutte contre le terrorisme. Enfin et surtout, Abu Dhabi est le premier client de la France dans la région pour les ventes d&rsquo;armement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais le ciel s’obscurcit dans la lune de miel diplomatique. Le 10 mai dernier, Airbus Helicopters a annoncé que les Émirats arabes unis avaient annulé une commande de 12 hélicoptères militaires H225M Caracal, qu&rsquo;ils avaient pourtant signée en décembre 2021 lors de la visite du président Emmanuel Macron à Abu Dhabi. Un contrat important, estimé à près</span> <a href="https://www.capital.fr/entreprises-marches/airbus-les-emirats-arabes-unis-annulent-un-contrat-a-un-milliard-deuros-1468033">d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros</a><span style="color: #000000;">.&nbsp;L&rsquo;agence Tawazun &#8211; l’autorité émiratie chargée des acquisitions du Royaume dans la défense &#8211; reprocherait à Airbus de ne pas satisfaire ses demandes, avec un coût d&rsquo;utilisation trop élevé et d&rsquo;insuffisantes compensations industrielles et de transferts de technologie.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;">Crainte au siège du groupe, à Marignane</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Et si Airbus Helicopters n&rsquo;a pas fait de commentaire sur cette décision, la nouvelle inquiète dans les usines du groupe à Marseille-Marignane, où l’essentiel des appareils est fabriqué. Le H225M Caracal est un hélicoptère lourd (11 tonnes) destiné aux missions de transport, de combat ou de recherche et sauvetage. Il est utilisé par plusieurs pays, dont la France, le Brésil ou le Mexique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais le « Caracal » n’a plus la cote : l&rsquo;Australie a annoncé il y a plusieurs mois qu&rsquo;elle ne renouvellerait pas ses commandes et qu’elle se tournerait à l&rsquo;avenir vers un fournisseur américain, remplaçant ses</span> <a href="https://air-cosmos.com/article/fin-du-mrh90-en-australie-l-ultime-rejet-de-l-armement-europeen-au-profit-des-etats-unis-25667">22 EC665 “Aussie Tigers”</a> <span style="color: #000000;">d’Airbus par 29 hélicoptères AH-64E de Boeing. Idem pour la Norvège, qui avait commandé 14 appareils et qui a finalement annoncé avoir jeté son dévolu sur une&nbsp;demi-douzaine</span> <a href="https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/faute-dhelicopteres-europeens-la-norvege-se-tourne-vers-les-sea-hawk-americains-1915577">d&rsquo;hélicoptères américains de Sikorski</a><span style="color: #000000;">, des MH-60R Sea Hawk, pour un peu plus d’un&nbsp;milliard d&rsquo;euros.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les Émirats arabes unis choisiront-ils eux aussi les appareils américains ? Réponse dans quelques mois. Mais l’affaire rappelle de mauvais souvenirs au Quai d’Orsay et à l’Hôtel de Brienne, où l’on garde encore un goût amer du désistement australien des sous-marins de Naval Group. Le «&nbsp;contrat du siècle&nbsp;» de 34 milliards d’euros pour 12 sous-marins avait finalement été coulé sous pression de Washington.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bis repetita à Abu Dhabi ?</span></p>
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