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	<title>Entretien - Billet de France</title>
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	<title>Entretien - Billet de France</title>
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		<title>ENTRETIEN &#8211; «Aux Héros de la Nation» : le livre d&#8217;or des poilus</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-aux-heros-de-la-nation-le-livre-dor-des-poilus/25/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 15:01:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Première Guerre mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-aux-heros-de-la-nation-le-livre-dor-des-poilus/25/01/2026/">ENTRETIEN &#8211; «Aux Héros de la Nation» : le livre d&rsquo;or des poilus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Influenceur sur Instagram, Henri de Notre France* consacre un ouvrage aux poilus de la guerre de 1914-1918. À travers cet entretien, il revient sur les raisons de cet hommage, sur le devoir de mémoire à l’ère des réseaux sociaux et sur la manière dont une génération connectée peut encore faire vivre le souvenir de ceux qui ont tenu, au prix de leur vie, la ligne de front.</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Blondin : Comment est née l’idée de rendre hommage aux poilus?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Henri de notre France :</strong> Cette idée est née d’une manière assez spontanée. Dans mon salon, trône le portrait de mon arrière arrière-grand-père en uniforme militaire, juste avant la mobilisation générale. Avec mon épouse, nous visionnions une série télévisée sur la Grande Guerre lorsqu’en regardant ce portrait m’est venue cette idée : mettre à l’honneur des poilus dont personne n’a jamais entendu parler. Je suis parti de l’idée que chaque poilu a son histoire, et parfois les plus grand inconnus ont les plus belles des histoires. À ce moment-là, l’idée était née. Lorsque la question m’est venue de « quels poilus mettre à l’honneur ? », j’ai rapidement pensé à ceux de mes abonnés. Sincèrement, au début je pensais recevoir une quarantaine de poilus. Lorsque j’en ai parlé à Colin Simon, mon ami mais également mon éditeur, je lui ai donné ces chiffres-là. Finalement, c’est près de 250 poilus qui sont mis à l’honneur dans ce monument de papier.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Sur quels critères avez-vous sélectionné les soldats représentés dans cet ouvrage, et quelle place ont occupé les archives et les récits personnels dans ce choix ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Les critères étaient simples en réalité. Ayant plus de 90 000 abonnés sur Instagram, et étant proche de ma communauté, j’ai voulu rendre hommage aux ancêtres de ceux qui me suivent. C’est une façon pour moi de remercier ceux qui donnent du crédit à ce que je fais. Pour ce qui est de la place qu’occupent les archives et les récits personnels, j’ai fait des recherches pour chacun des poilus que l’on m’a partagé. J’ai retrouvé de très nombreuses fiches matricules dont j’avais besoin pour connaître le parcours de ces soldats.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Parfois, j’ai eu la chance d’avoir des anecdotes personnelles venant des descendants. Dans d’autres cas, bien plus fréquents, j’ai dû, à partir des seuls noms, dates et lieu de naissance, rechercher le rôle qu’ils ont joué durant la Grande Guerre. C’est ainsi que j’ai réussi à retracer des parcours complets à partir de rien, bien que parfois, des informations détaillées soient plus ardues à trouver. Vous savez, chaque département possède un site d’archives départementales numérisées (plus ou moins ergonomique). Les fiches matricules des poilus font partie de ces fonds accessibles à tous. La clé, c’est avoir la patience de rechercher.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Parmi tous les poilus dont vous avez retracé l’histoire, y a-t-il un destin qui vous a particulièrement bouleversé ou accompagné durablement ? Pourquoi ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Il est difficile pour moi de n’en citer qu’un seul, de nombreux récits m’ayant marqué profondément. Si je devais n’en citer qu’un, là, tout de suite, ce serait celui du Sergent Xavier Hesteau, dont la mort est racontée dans la lettre d’un témoin de la scène. En voici un extrait : « <em>Mon pauvre ami Hesteau est tombé au milieu de la bataille, littéralement broyé par un obus qui l&rsquo;a atteint en pleine poitrine. Pendant tout le combat, il est resté debout sous la mitraille pour mieux commander ses hommes. Je le savais brave. Il est mort en brave dans un combat glorieux à jamais pour le Régiment, pour la France </em>»<em>.</em></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/armee-francaise-le-rapport-choc-de-deux-deputes-francais/11/06/2025/">Armée française : le rapport choc de deux députés français</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Pensez-vous que notre époque mesure encore pleinement le prix humain de la guerre, ou&nbsp;est-ce&nbsp;que la distance historique en a atténué la violence et la réalité ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Malheureusement, je ne le pense pas. Aujourd’hui, à l’aube où notre société semble perdre ses repères, beaucoup de personnes ne mesurent plus le sacrifice immense consenti par nos ancêtres. Certes, ces événements remontent à plus d’un siècle, mais leur impact reste visible encore aujourd’hui, les monuments aux morts parsèment nos communes. L’Europe, et notamment la France, n’a jamais réellement compensé le gâchis humain provoqué par le million et demi de Français morts au front. Cette distance historique tend à atténuer la violence et la réalité de la guerre dans les consciences contemporaines.</span></p>



<p><strong>&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-instagram wp-block-embed-instagram"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DQ7dldhDSzu/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:640px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/reel/DQ7dldhDSzu/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; 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</div></figure>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Peut-on parler de courage uniquement sur le champ de bataille, ou réside-t-il&nbsp;encore aujourd’hui une forme de courage dans notre monde moderne&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Le courage ne se manifeste pas uniquement sur le champ de bataille. S’il a longtemps été associé au combat armé et au sacrifice des soldats, je pense qu’il existe encore aujourd’hui des formes de courage dans notre monde moderne. Ce courage est, selon moi, souvent moral et culturel. Défendre la culture française et chrétienne, ses traditions, son héritage et ses valeurs, peut demander du courage dans une société où celles-ci sont parfois minimisées, contestées ou tournées en dérision. Par exemple, le simple fait de faire son bénédicité en public ou d’assumer ouvertement sa foi et son attachement aux traditions françaises peut constituer un acte courageux. De même, transmettre cet héritage, le faire vivre et le défendre face à l’oubli ou au rejet exige une certaine force morale. Je dirais donc que si le courage a changé de forme, il demeure une vertu essentielle, indispensable à la préservation de l’identité et de la mémoire collective.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-jean-bexon-les-taaf-sont-une-richesse-francaise/18/10/2024/">ENTRETIEN – Jean Bexon : «les TAAF sont une richesse française»</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : En regardant ces vies brisées par la guerre, le courage des poilus a-t-il un message pour notre époque ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> C’est dans l’horreur et la souffrance des tranchées que le courage de nos ancêtres s’est forgé. L’un des messages les plus flagrants selon moi est l’amour pour la patrie, et le devoir de protéger la terre de nos aînés. À Verdun, par exemple, nous comptons plusieurs centaines de milliers de morts pour seulement quelques kilomètres de frontières alors même qu’aujourd’hui nos dirigeants ne sont même plus capable de faire le quart de ce sacrifice pour notre pays. Après tant de nos ancêtres morts la patrie, le message de cette guerre devrait être de ne pas abandonner ce qu’ils sont parvenus à nous préserver et à nous transmettre au prix de leur sang.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Quel était votre objectif premier en accomplissant ce travail de mémoire ? </strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Ce travail de mémoire s’inscrit dans un combat contre l’oubli de notre histoire. Aujourd’hui, à l’école de la République, nous pouvons apprendre comment Joffre et d’autres grands généraux nous ont fait remporter la guerre, mais trop rarement nous ne parlons des soldats. Je ne suis pas du genre à dire que les généraux sont les moins méritants car cela serait mentir ; je les évoque d’ailleurs aussi dans le livre. Les responsabilités sont différentes. Cependant, il m’était important de donner du crédit à ceux qui n’en ont jamais reçu, ou si peu. Les portraits que je mets en avant dans mon ouvrage pourraient être ceux des aïeux de n’importe quel Français. Il y a des hommes du rang, partis au front dans le cadre de la mobilisation générale, des militaires de carrière, des officiers issus de grandes écoles… tout le monde y est représenté. Avec ce livre, je souhaite aller au-delà des chiffres et des chants de batailles pour me concentrer sur ceux qui étaient dans les tranchées, dans les sous-marins, dans les chars, sur leurs chevaux… pour parler pleinement de nos ancêtres. Je suis très heureux d’avoir pu leur consacrer mon premier livre.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous pouvez <a href="https://www.colinsimon.fr/product-page/livre-d-or-des-poilus" type="link" id="https://www.colinsimon.fr/product-page/livre-d-or-des-poilus">précommander l&rsquo;ouvrage ici</a></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">*Henri de Notre France est un pseudonyme.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



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		<title>Olivier Hanne : un regard historique et nuancé sur l’islam</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/olivier-hanne-un-regard-historique-et-nuance-sur-lislam/21/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 09:49:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Coran]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Frères Musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Hanne]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 21/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/olivier-hanne-un-regard-historique-et-nuance-sur-lislam/21/01/2026/">Olivier Hanne : un regard historique et nuancé sur l’islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Dans un entretien vidéo sur notre <a href="https://youtu.be/gSV3TBKOB2Y">chaîne YouTube</a>, l’historien et chercheur en islamologie Olivier Hanne analyse les enjeux culturels, religieux et politiques liés à la présence de l’islam en France et dans le monde. Retour sur un entretien riche en perspectives historiques et contemporaines.</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Billet de France a récemment publié un entretien vidéo avec Olivier Hanne, docteur en histoire médiévale, agrégé et spécialiste de l’islamologie, pour discuter des dynamiques autour de l’islam en France et à l’échelle mondiale. Dans cette vidéo, il offre un éclairage approfondi sur la manière dont celle-ci s’articule avec les réalités sociales et politiques contemporaines, tout en rappelant les enjeux historiques qui sous-tendent ces débats.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/une-famille-en-chemin-justine-et-romain-bres-sur-les-routes-de-france/03/11/2025/">« Une famille en chemin » : Justine et Romain Brès sur les routes de France</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Selon lui, l’islam ne se réduit pas à des perceptions contemporaines : il faut remonter aux racines historiques et culturelles qui ont façonné son évolution, tant au Moyen-Orient qu’en Europe.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio" style="margin-top:0;margin-right:0;margin-bottom:0;margin-left:0"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<p>&nbsp;</p>



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		<title>ENTRETIEN – Guerre en Ukraine : un volontaire français raconte</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-guerre-en-ukraine-un-volontaire-francais-raconte/07/12/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille Casarotto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 14:44:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Volontaire français]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=12112</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/12/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-guerre-en-ukraine-un-volontaire-francais-raconte/07/12/2025/">ENTRETIEN – Guerre en Ukraine : un volontaire français raconte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis sa chambre d&rsquo;hôpital à Lviv, un jeune volontaire français blessé sur le front nous raconte par téléphone l&rsquo;enfer de la guerre en Ukraine. Une musique mécanique, en bruit de fond, rend la scène irréelle. Sa voix grave au léger accent la rend plus vraie que jamais.</span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Domitille Casarrotto&nbsp;: Où êtes-vous actuellement&nbsp;? Racontez-moi.</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Volontaire français</strong>&nbsp;: Je suis à l’hôpital, à Lviv. C’était une belle ville, la plus grande et la plus proche de l’Occident. Très européenne, loin de la guerre. Les gens sont un peu déconnectés, il y a une ambiance très étrange. Ici, il y a des voitures de luxe, des touristes lambda qui viennent, et qui rentrent chez eux, et qui diront « j’ai été dans un pays en guerre ». Alors qu’on n’y voit rien du tout.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-odessa-entre-memoire-et-conflit/01/02/2025/">RÉCIT – Ukraine : Odessa, entre mémoire et conflit</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mon bataillon se situe dans le même oblast, mais caché dans une forêt. Je suis dans le troisième bataillon d’artillerie. Je reviens des environs Kharkiv, vers l’Est, pas loin de Poltava. Le déroulé de nos missions est simple&nbsp;: une compagnie part, et malheureusement, elle se fait dissoudre la plupart du temps. Parce que beaucoup des mecs sortent blessés ou meurent. Alors on rentre à la base et tout recommence : on reforme une compagnie avec ceux qui restent. Nous sommes restés deux mois là-bas et ils ont fait rentrer ceux qui n’étaient pas blessés. Moi, j’ai été évacué après une opération.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Qu’est-ce qui vous a poussé à partir&nbsp;au front&nbsp;? Comment êtes-vous arrivé là-bas ? </strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Ma motivation principale, c’est la défense de l’Europe et ça au-delà des questions politiques. On peut critiquer Zelenski, mais moi je suis venu pour défendre l’Europe, combattre pour le peuple ukrainien qui a été très éprouvé et pas seulement dans l’histoire récente. Quand tu parles avec des Ukrainiens, que tu t’assoies avec eux, qu’ils t’offrent un verre, ils commencent à te parler de l’histoire du pays. Tu te rends compte que cette guerre, ces problèmes entre la Russie et l’Ukraine, ce n’est pas une question récente.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il y a un écart énorme entre les très riches et les très pauvres ici. Quand tu entres dans la zone de combat, tu rencontres les familles qui sont toujours dans leur village. Ils n’ont pas envie de le quitter parce qu’ils n’ont nulle part où aller. Ou tout simplement parce qu’ils se disent&nbsp;: «&nbsp;c’est ma terre, je n’ai pas envie de partir, je veux vraiment mourir ici&nbsp;». C’est aussi dans ces moments que tu vois l’extrême gentillesse et la simplicité de ces personnes-là. Ces personnes qui n’ont rien et qui ont tout en même temps.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Tu vois leur mode de vie très solidaire, pas seulement avec les étrangers, mais avec tous les soldats. C’est ce que j’ai vécu. Ces vieilles mamies qui voient le patch français, qui savent que tu ne comprends rien, mais qui t’abordent, puis le lendemain te ramène quelques poissons, et puis le surlendemain des œufs ou du fromage. Des petits détails comme ça qui font chaud au cœur. Ce sont ces personnes-là que je défends.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/guerre-en-ukraine-moscou-expose-ses-trophees/09/05/2024/">Guerre en Ukraine : Moscou expose ses «trophées»</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Même si je ne suis pas Français d’origine, dans ma démarche, j’ai choisi de me battre aux côtés des Français. Je voulais représenter la France et porter le patch français, pour essayer de rendre à la France ce qu’elle a fait pour moi ces dernières années. J’ai eu la chance et l’honneur de porter le patch français sur le front.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Comment êtes-vous arrivé là-bas ? </strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Pour arriver ici, c’est assez simple. Il y a un site où tu soumets ta candidature, puis deux semaines après, on te contacte et tu as un rendez-vous avec un recruteur. On te pose quelques questions sur tes raisons de venir, ton expérience militaire, puis on te dit ok et on t’envoie une lettre d’acceptation qui te permet de traverser la frontière plus facilement.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour traverser la frontière à pied, je suis allé à Medyka du coté Pologne, puis je suis passé de l’autre côté vers Shehyni. Une fois que tu y arrives il y a un bureau d’accueil de la légion. A partir de ce moment, tu es pris en charge, logé, nourri et tu vas vers le centre d’entraînement. Ils proposent ensuite à ceux qui ont déjà de l’expérience de sauter cette étape, et d’aller directement dans un bataillon de la légion.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il y en a quatre, le quatrième est le bataillon d’entraînement. On m’a proposé d’aller dans celui de mon choix et j’ai rejoint une unité du troisième bataillon, en novembre. Je ne sais pas si j’ai choisi la bonne période. Apparemment, la légion a aussi de plus en plus de difficulté à recruter, car c’est de plus en plus connu que les missions sont à très haut risque. Il faut savoir que tout le front est difficile, mais il y a des zones ou c’est beaucoup plus chaud.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">On est souvent déployés dans les secteurs où les Russes sont en train de pousser fort. Il y a beaucoup de légionnaires qui meurent. Mais c’est normal&nbsp;: beaucoup d’Ukrainiens meurent aussi. Et un étranger qui meurt à la place d’un ukrainien, c’est mieux pour les stats. On se fait charcuter quand on va là-bas, mais pour les autres, c’est pareil.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Est-ce que des éléments, des situations de cette guerre de haute intensité vous ont surpris,</strong> <strong>malgré vos expériences de combat précédentes&nbsp;? </strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La camaraderie. Il y a des liens qui se créent forcément. Cette notion de frère d’arme, de camaraderie, c’est incroyable&nbsp;! Ça prend une dimension complètement différente quand tu sais que le mec à côté de toi est prêt à mourir pour te sauver, et que tu es prêt à mourir pour lui aussi. Je ne peux pas en dire plus. Une fois qu’on est sur le front, les questions politiques sont mises de côté, cela devient une question de survie.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-ukraine-dodessa-a-mykolaiv-un-calme-oppressant/11/11/2022/">REPORTAGE – Ukraine : d’Odessa à Mykolaïv, un calme oppressant</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Et puis les drones, la puissance d’artillerie. Ce n’est pas ma première guerre, mais c’est la première fois que je participe à une guerre de haute intensité comme c’est le cas ici. Ça a complètement changé la logique de la guerre. Le combat d’infanterie classique devient assez rare. La plupart des dégâts sont causés par des drones, donc par des opérateurs qui sont à plusieurs kilomètres et qui vont te tuer de loin. C’est très dur, mais visiblement la guerre prend cette voie-là&nbsp;: une guerre technologique.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">J’espère qu’après cette guerre, on essaiera d’encadrer l’usage des drones. Si tu as la malchance de te faire suivre par un drone FPV (kamikaze), tu l’entends quand il va exploser, donc tu l’entends quand tu n’as déjà plus beaucoup de chances de survie et ça, c’est terrible. Et puis il y a les drones qui lâchent des grenades ou des munitions de RPG, tu les entends pendant longtemps, car ils se posent sur toi et font des calculs avant de lâcher les explosifs. C’est une sensation qui fait très peur, quand tu es entouré de drones et que tu entends toutes les explosions autour de ta position. Et le pire, c’est que tu ne peux rien faire contre ça.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Pouvez-vous nous raconter une de vos missions&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Oui, la dernière fois que je suis allé au front par exemple. J’ai survécu par miracle. Je me suis retrouvé en lisière, au milieu d’une attaque d’artillerie, il faisait moins 20 degrés, je n’avais pas de manteau, rien sur moi. Ce jour-là, il y avait eu une évacuation et je devais être évacué avec cette voiture. J’ai décidé de donner ma place à un Ukrainien blessé à qui nous avions effectué les premiers secours, et de partir plus tard dans la journée. C’était un monsieur de cinquante ans, il avait un poumon perforé et des éclats de grenade ou de mortier un peu partout.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/france-maurice-un-rapprochement-des-relations-bilaterales-est-necessaire/18/10/2025/">France-Maurice : un rapprochement des relations bilatérales est nécessaire</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Je lui ai laissé ma place dans le véhicule et je suis resté encore un jour sur la position. Mais j’avais mis mes affaires dans le véhicule avant qu’il ne parte, mon casque et mon sac à dos avec le peu d’eau qu’il me restait, et ma veste. Quand le véhicule est parti, je me suis retrouvé sur le front sans casque et sans veste d’hiver, sans mon équipe qui avait évacué. Je me suis retrouvé seul sur le point d’extraction et cette nuit-là, il y a eu une grosse attaque d’artillerie qui a duré 4h.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une attaque d’artillerie, c’est un coup toutes les deux ou trois minutes, puis ça s’arrête et ça reprend. Ils recalibraient pour être plus précis et tiraient. Et ça continuait, ça continuait. Toutes les deux ou trois minutes, un obus tombait à côté de moi. Et les tirs au mortier que tu n’entends pas. Pour l’artillerie, tu entends un sifflement qui vient du ciel. Plus il est long, plus ça va tomber proche de toi. J’entendais les sifflements très longs et à chaque fois, je me disais que c’était la fin. Je n’avais pas vraiment peur&nbsp;: j’avais déjà accepté ma mort et je me disais: «&nbsp;j’ai tourné mon cœur vers Dieu et je demande pardon à maman&nbsp;», parce que je ne lui pas dit que j’étais au front.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Et ça à chaque fois que j’entendais le sifflement, je me disais juste que c’était la fin de ma vie, le dernier chapitre. Je n’aurais pas aimé que ça finisse comme ça. J’avais encore des choses à faire de ma vie. Me marier, avoir des enfants… Mais je me disais ça y est, mon histoire finit comme ça, et c’est honorable, au moins, je serais mort mon arme à la main, pour défendre ma vision du monde. Et ça pendant 4 h, par à-coups. Comme si toutes les trois minutes, je mourrai à chaque fois, en acceptant que c’était la fin pour moi.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Comment êtes-vous rentré vivant finalement ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Dieu m’a sauvé. Pour me cacher des drones à la fin de l’attaque, j’ai creusé dans le sol, il faisait -20° et je n’avais pas de pelle, rien. J’avais seulement mon fusil et l’espoir que j’allais y échapper. J’ai essayé de gratter, de faire un trou avec mes ongles. La terre était congelée. J’avais du sang sur les mains, mes ongles étaient éclatés, mes doigts saignaient. Puis j’ai aperçu une petite cahute dans un grand arbre qui était tombé là, couché. Et je me suis caché là.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/outre-mer-des-territoires-francais-sous-exploites/21/10/2025/">Outre-mer : des territoires français sous-exploités</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">J’ai juste pris les branches tombées autour et j’ai tenté de me faire un petit abri comme ça. Je suis sûr que c’était un miracle, il n’y avait aucun moyen d’en sortir vivant. A chaque fois qu’un obus tombait et s’éclatait, je voyais le flash blanc à quelques mètres, la terre qui retombait sur moi. Je me suis pris beaucoup de blast. Je suis sorti blessé, c’est là que je me suis blessé la jambe et j’ai eu de contusion de la tête et du thorax, j’étais très mal.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A chaque fois que je partais en mission, j’avais surtout l’envie de ne pas mourir parce que ma motivation c’était ça, sortir vivant pour un jour raconter à ma mère la vérité. Pendant cette mission-là par exemple, pendant que je parlais à Dieu, je lui ai promis que si je sortais vivant de là, je ferai tout pour voir ma mère et lui dire la vérité.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Et à quoi pense-t-on au cœur de l’attaque&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Mon expérience m’est personnelle, en tant que catholique et engagé volontaire. Dans les moments durs, je n’avais pas peur. Tout ce que je me disais, c’était que j’acceptais ma mort et que c’est Dieu qui avait décidé que je ne resterai pas là. Tout ce que je faisais c’était cela, accepter ma mort, prier et combattre. J’espérais seulement que j’irai au paradis. C’est une situation assez particulière, mais je n’avais pas peur, car j’avais accepté sciemment le grand risque que l’on prend quand on vient ici.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Pour vous, de quelle manière est-ce que le combat change une personne&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La guerre ça te change forcément. Quand tu vois les premiers blessés, les premiers morts, ça te touche de près… C’est ton camarade qui est mort. Celui qui s’est entraîné avec toi pendant des mois. Ça te marque à jamais. Je dirais que ça change ta vision de la vie. Ça m’a sûrement fait apprécier la vie beaucoup plus maintenant qu’avant. Certains aiment les conduites à risque, la bagarre, l’alcool ou la drogue, les choses comme ça. Ce n’est pas mon cas. Mais à vrai dire, après avoir survécu par miracle plusieurs fois, j’ai envie de profiter de tous les moments de la vie.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/mamadi-doumbouya-du-legionnaire-au-prince-devoye-de-guinee/18/09/2025/">Mamadi Doumbouya : du légionnaire au prince dévoyé de Guinée</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Je profite de mon chocolat chaud du matin, du petit thé que je bois le soir, des petites choses qui étaient un peu banales avant, mais que j’apprécie beaucoup aujourd’hui. D’un coup, le chocolat a un meilleur goût. D’un coup, tu n’as pas la flemme d’appeler ta maman, tu apprécies bien plus les petits messages que tes amis t’envoient, les petits coucous pour savoir si ça va. Tu goûtes tout ça bien plus qu’avant quand tu sais que tu aurais pu mourir sans dire au revoir aux personnes qui te sont chères. Ça change à vie oui…</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Avez-vous pu tisser des liens avec des Ukrainiens rencontrés entre deux missions&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La grande majorité des Ukrainiens que j’ai rencontrés sur le front avaient plus de 45 ans. J’ai vu des messieurs de cinquante ans qui avaient du mal à se relever, à courir. La mobilisation passe par le service militaire obligatoire, à 25 ans. Dans l’une des nombreuses nuits que j’ai passé dans un bunker avec des Ukrainiens, un d’entre eux m’a raconté qu’il était là pour éviter que son fils n’ait à s’engager dans l’armée. C’est une démarche héroïque parce que ces gens n’étaient pas militaires avant. Cela faisait deux ou trois ans qu’il était à la guerre, avant il travaillait sur des chantiers. Les vieux préfèrent aller faire la guerre pour sauver la vie des jeunes.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Et puis il y a le système de dons aux volontaires&nbsp;: on ne reçoit aucun supplément au bataillon, mais par contre ce dont on peut profiter, c’est ce qu’on reçoit des soutiens que l’on a sur place. Chaque soldat se crée son propre réseau. Par exemple, tu commences à parler avec des Ukrainiens, tu sympathises avec eux, on te met en relation avec une autre personne qui voulait parler avec un français et cette personne-là te fais des dons. Quand j’ai été évacué de la zone de combat, je suis allé à Kiev parce qu’il y avait les funérailles d’un camarade. J’y suis resté trois ou quatre jours. C’est en me promenant simplement dans la ville, qu’on m’a abordé. Je cherchais un salon de tatouage, pour me faire tatouer mon groupe sanguin, vrai truc de milouf ou de mercenaire.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un gars d’une association m’a mis en contact avec une dame et sa fille, qui parle français. Je leur ai raconté mon histoire et celle de mon binôme qui n’a plus ses jambes. Ça les a touchées, elles m’ont proposé de l’aide très vite. Et samedi dernier, la dame et sa fille sont venues me voir et m’ont demandé ce que je voulais. Je leur ai demandé de quoi faire un apéro, ça me manquait beaucoup, et elles m’ont ramené du pâté Henaff, des petits paquets de chips, des bières. C’était génial&nbsp;! Et pour mon collègue, elles ont acheté des vêtements et de quoi manger. Elles m’envoient des messages tous les jours pour savoir comment ça va, elles viendront me voir après l’opération pour m’apporter un repas fait maison. C’est très généreux.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: En s’engageant, on se crée parfois beaucoup de mythes sur la guerre. Est-ce que vous avez croisé des personnes qui étaient venu par romantisme et qui n’ont pas supporté sa réalité&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Beaucoup arrivent avec une idée très différente de ce qu’est la guerre. Certains ont l’air physiquement plutôt solide, mais au check-point, quand tu entres dans la zone de combat et que tu commences à entendre des explosions, ça laisse un aperçu de ce qui se passe sur le front et on commence à voir les têtes changer, des gars qui ne sourient plus, qui deviennent plus pâles… Certains ont reconnu après leur première mission qu’ils n’étaient pas faits pour ça. Et c’est bien normal, le front, c’est très effrayant&nbsp;! C’est normal d’avoir peur. Il y a beaucoup de gens qui acceptent de ne pas être fait pour faire la guerre.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/logiciels-espions-les-etats-unis-sont-devenus-les-premiers-investisseurs-mondiaux/15/09/2025/">Logiciels espions: les États-Unis sont devenus les premiers investisseurs mondiaux</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">J’ai un très bon camarade dont le véhicule a roulé sur une mine papillon, dès sa première mission. Une mine qui n’explose pas tout à fait le véhicule. Le véhicule a été renversé. Ils sont sortis vivants, avec quelques bleus. Et lui, il est retourné en disant qu’il avait eu trop peur. C’est mieux que de déserter. Déserter, c’est très mal vu, tu es considéré comme un lâche, car tu abandonnes et tu n’assumes pas de ne pas avoir le courage de combattre… Mais il y a aussi y a des gars qui n’ont aucune expérience militaire, qui arrivent à la légion, partent au front assez vite et on se rend compte que ce sont de très bons soldats, très solides mentalement.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre tue les gens au hasard. C’est parfois de notre faute, ça ne pardonne pas quand tu commets une erreur. Même pour les meilleurs soldats, les mieux préparés. Dans l’unité, les deux plus jeunes d’entre nous sont morts assez rapidement. En fait, parmi toute l’unité, c’était les mecs qui méritaient le moins ça, enfin façon de parler&#8230; Ça arrive, on est venus pour ça, on a signé pour ça. Mais c’est très difficile, ça te touche plus ou moins selon tes affinités avec la personne.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En l’occurrence avec le camarade qui avait vingt ans, nous étions très proches, on était ensemble depuis le début. Il était solide, c’était un très bon soldat qui effectuait bien les ordres. Mais ce type de choses&nbsp;: les pertes, les camardes blessés et tombés, tout ce qu’on vit ici, les familles qu’on rencontre dans les villages… c’est des choses qui changent notre mentalité. Ça donne envie de rester, de continuer le combat.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Comment voyez-vous votre retour en France, dans la vie civile&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Je ne sais pas comment mon retour à la vie civile se passera. Par exemple, je pense à tous les problèmes que je rencontrais avant. Maintenant, en ayant failli mourir plusieurs fois, tous ces problèmes-là qui avaient l’air très importants, tout cela parait très futile. Mais je ne sais pas si c’est une bonne chose de relativiser autant. La guerre, ça désensibilise. Justement, je n’ai pas envie de revenir, de retrouver mes amis, de penser que leurs petits soucis, ce n’est rien comparé à la guerre. L’enjeu est un peu autour de ça, je pense. Je ne sais pas quel sera exactement le changement que j’ai vécu. Ça m’inquiète un peu, mais j’ai hâte de reprendre mon métier. J’étais assistant social dans ma vie civile. Je n’ai jamais arrêté d&rsquo;aider les gens.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est juste que ma manière de les aider ait changé un petit peu. Je suis venu aider des Ukrainiens, je suis toujours au service. Si Dieu le veut, je vais retrouver mon métier et je pourrai aider les personnes en difficulté. C’est ce que je trouve beau&nbsp;: la création de lien. Et c’est ce que j’ai retrouvé ici. Quand tu es dans la zone de combat et que tu vis dans des villages où il reste encore quelques civils, un soir, ils viennent te saluer avec curiosité.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-serbie-subotica-une-ville-frontiere-aux-portes-de-leurope/18/12/2024/">REPORTAGE – Serbie : Subotica, une ville frontière aux portes de l’Europe</a></strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le lendemain, ils t’apportent des œufs, te ramènent un matelas. Cela nous conduit à connaître ce peuple ukrainien qui subit la même chose que nous. Quand un village se fait attaquer, nous sommes équipés, mais les civils sont toujours là, ils n’ont rien pour se défendre et ils attendent en silence. Les lendemains d’attaque, je vais voir s’ils sont toujours en vie, si tout va bien pour eux. C’est ça ma vocation, aider, mais aider de près, sur le terrain.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: En regardant en arrière, avez-vous parfois quelques regrets sur votre engagement ici&nbsp;? </strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La seule chose que je regrette, c’est d’être allé m’engager à la légion des étrangers plutôt que dans un autre régiment. J’ignorais qu’on recrutait des étrangers partout. Quand je suis arrivé, je le savais. C’est connu, que la légion envoie les étrangers à la mort, façon de dire.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après mes quelques mois de service, je vois aussi toutes les failles et les défauts liés au jeune âge des cadres qui la plupart n’ont pas d’expérience de combat. Beaucoup d’amateurisme et d’improvisation, à la légion. Ça rend le travail plus difficile. Par exemple, nous avons tout l’équipement anti-drone mais on ne peut pas l’emporter en mission parce que ça coûte trop cher. C’est un sac à dos muni de plusieurs antennes qui bloque les drones qui t’entourent. Mais on ne peut pas toujours s’en servir… Ça signifie que la vie d’un légionnaire vaut moins que son matériel.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec mon binôme, on voulait aller ensemble à Azov. Mais on dirait qu’il y a une phrase maudite ici : quand on dit « je fais ma dernière mission et après, j’irai faire ceci ou cela ». C’est ce qu’on s’est dit. On l’a faite cette dernière mission, et il a perdu ses deux jambes et moi, je ne suis pas sûr de pouvoir reprendre le combat bientôt. C’était mon binôme depuis le début, on s’est bourré la gueule hier soir encore. Ça faisait des mois qu’on combattait ensemble, on avait pris beaucoup de risques ensemble.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/souverainete-lindustrie-de-defense-europeenne-nexiste-pas/18/06/2024/">Souveraineté : « l’industrie de défense européenne n’existe pas »</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A part ça non, aucun regret. Ou peut-être si. Ma famille. A part mon frère, ils ne savent pas que je suis là, il n’y a que mon frère qui est au courant. Mon seul regret, c’est peut-être d’avoir caché ça à mes parents, surtout à Maman. Ça aurait été terrible si j’étais mort sur le front, elle aurait reçu un jour un appel et d’un coup, on lui aurait expliqué que son fils était en Ukraine depuis plusieurs mois. Mort au combat. L’apprendre comme ça aurait été sûrement trop brutal pour elle. Maintenant ma mission principale, c’est d’aller voir Maman et après ça, on verra.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/domitille-casarotto/">Domitille Casarotto</a>.</span></p>



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		<title>« Une famille en chemin » : Justine et Romain Brès sur les routes de France</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 11:59:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Justine Brès]]></category>
		<category><![CDATA[Romain Brès]]></category>
		<category><![CDATA[Transboréal]]></category>
		<category><![CDATA[Une famille en chemin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/11/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/une-famille-en-chemin-justine-et-romain-bres-sur-les-routes-de-france/03/11/2025/">« Une famille en chemin » : Justine et Romain Brès sur les routes de France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Justine et Romain Brès ont traversé la France à pied avec leur bébé, sur plus de 1 500 km, à travers la fameuse « diagonale du vide ». De cette aventure humaine et familiale est né « <a href="https://transboreal.fr/boutique.php?code=TRASIFEC"><em data-start="390" data-end="413">Une famille en chemin </em></a>», un récit d’itinérance, de rencontres et de redécouverte du pays réel. Entretien.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Blondin : En décembre 2023, « un coup du sort professionnel » tombe et vous décidez de partir marcher. Pourquoi ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Romain Brès :</strong> Jusqu’à ce mois de décembre 2023, nous menions des vies parisiennes « conventionnelles » et trépidantes. Nos agendas étaient pleins. Ce que nos emplois nous laissaient comme temps, les transports et les distractions (nous pourrions aussi parler de « diversions ») de la ville le consumaient. Justine était enceinte de notre premier enfant et approchait du terme de sa grossesse quand soudain un vide professionnel s’est brutalement abattu sur nous. Notre fils Homère est venu au monde quelque peu après et, plus rien ne nous retenant à Paris, nous avons pris la décision de partir marcher au long cours, ensemble, tous les trois. Et comme pour conjurer le vide professionnel et social qui nous touchait alors, nous avons choisi de traverser ce que certains géographes et démographes appellent la « diagonale du vide », qui s’étend des Ardennes aux Pyrénées.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nous avions besoin de temps, d’espace et de mouvement. Trois éléments que la marche sait offrir à qui se lance sur les chemins. Nous avions l’habitude de randonner en autonomie en France, en Asie centrale, dans le Caucase. Quelques jours d’itinérance à peine suffisaient à éclaircir nos pensées, à nous extirper de la nasse parisienne. Nous avions l’intuition que, partant en famille sur les chemins de notre pays, la lenteur de la marche nous permettrait de trouver des réponses à nos questions et de laisser au temps le soin de refermer quelques blessures.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Que représente la marche pour vous ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Romain Brès :</strong> Un exutoire. Une ligne de fuite. Un moyen de discernement. Et plus, selon l’état d’esprit dans lequel nous partons marcher ! La marche peut beaucoup à vrai dire. Elle implique un délestage matériel, physique et psychique qui se matérialise presque instantanément, dès que le mouvement s’opère. A partir de là, on y voit plus clair. N’a-t-on pas l’habitude de faire quelques cent pas quand une question nous turlupine ? Avant ce « coup du sort » de décembre 2023, marcher était pour nous une manière de s’extraire d’un quotidien qui ne laissait que peu de place pour la réflexion, pour l’observation (et donc, potentiellement, l’émerveillement), pour la création. Nous partions deux, trois jours. Peut-être plus. Nous revenions aux bases : avancer, boire, dormir et être protégés du froid. Nous étions disposés à recevoir ce que l’environnement, la nature, avait à nous offrir. Nous étions aussi pleinement là, l’un pour l’autre. Marcher s’accompagne ainsi de conversation.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/la-fondation-du-patrimoine-lance-un-appel-a-projets-pour-la-restauration-ecologique-du-bati-ancien/09/07/2025/">La Fondation du patrimoine lance un appel à projets pour la restauration écologique du bâti ancien</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce pouvoir de délestage de la marche et donc de recentrage sur l’essentiel, nous l’avons convoqué quand nous sommes partis de Sedan, le 1<sup>er</sup> avril 2023, avec pour azimut Saint-Jean-Pied-de-Port. Et pendant quatre mois, la marche a bien été un remède aux maux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Que vous ont dit vos proches au sujet de ce voyage ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Romain Brès : </strong>« Ah tiens, c’est tout vous ça ! » est une réponse que nous avons pu entendre ! Certains proches nous connaissant bien n’étaient pas surpris. Nos parents, eux, étaient rassurés de nous voir basculer sur un autre projet plutôt que de rester immobiles, menacés d’être gagnés par l’aigreur ou une forme de dépression. Le fait de partir avec Homère, qui, au 1<sup>er</sup> avril 2023, n’était âgé que de trois mois ne les a pas inquiétés. Ils savaient que nous n’allions pas faire n’importe quoi, que nous serions à l’écoute de ses besoins. Les grands-parents d’Homère ont d’ailleurs été mis à contribution pour assurer la logistique : préparer des colis de bodys à nous expédier sur la route, en poste restante, pour satisfaire la croissance d’Homère !</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Et puis, nous avons réussi à embarquer amis, témoins de mariage, oncles et tantes et parents avec nous, sur les routes ! Ce fut une occasion de retendre les liens. Nos proches s’invitaient quelques jours, jouant le jeu de la marche et de l’aventure dans des terroirs de France qu’ils ne connaissaient pas : l’Avallonnais, la Creuse, le Bas-Armagnac ou le Tursan. En fait, Homère a, dans son sillage, embarqué avec lui toute la famille !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Comment les personnes que vous avez rencontrées sur votre chemin ont-ils réagi lorsque vous leur racontiez votre histoire ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Romain Brès : </strong>À vrai dire, nous avons plus écouté que parlé. Nous partions avec beaucoup de questionnements, personnels, pour une part. Mais cette « diagonale du vide » nous fascinait, aussi nous avons pris soin d’interroger chaque personne rencontrée sur le rapport qu’elle entretenait avec cette expression et, surtout, le rapport qu’elle entretenait avec son terroir, comment elle avait vu son environnement changer.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-poivre-le-botaniste-manchot-chasseur-depices-de-louis-xv/06/06/2025/">Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une des surprises de ce voyage a été l’hospitalité que nous avons reçue dès notre première étape, à Bulson. Nous partions pour dormir sous la tente et, pendant quatre mois, les Français nous ont ouvert la porte de leur maison. Et donc de leur vie. Aussi, le temps d’un soir, nous nous sommes livrés à des échanges intenses car brefs, sincères car désintéressés, avec les personnes qui acceptaient de nous aider. Et aujourd’hui, plusieurs de nos hôtes d’alors sont devenus des amis.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce que nous retenons, c’est l’hospitalité chaleureuse de nos compatriotes et leur disposition à être ouverts à l’imprévu, à le faire entrer chez eux. Et ce même quand cet imprévu prend la forme de deux parents suants, couverts de boue et d’un nourrisson au sourire radieux quand une porte s’ouvrait à lui !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Comment s’est manifesté votre projet d’écriture du livre ? Est-ce que vous aviez prévu de l’écrire à l’avance ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Romain Brès : </strong>Lire, écrire et marcher. C’est le triptyque sur lequel a reposé notre réponse à ce « coup du sort » de décembre 2023. Ce fut notre thérapie. Nous sommes partis marcher sur les routes de France, Justine lisait l’<em>Iliade</em> chemin faisant et tous les soirs, nous couchions par écrit les éléments marquants du jour écoulé. Reliefs foulés, grimaces d’Homère, personnes rencontrées. Il était important pour nous de tout consigner sous peine d’oublier, sous peine de ne pouvoir recevoir ce que l’étape suivante aurait à nous offrir. Nous avons ainsi pris des notes quotidiennement pour épingler sur le papier des moments aussi intenses que fugaces. Pour le dire rapidement, nous tenions un journal de bord, un carnet de route. Nous rêvions de trouver un éditeur qui, à terme, accepterait de nous accompagner pour publier nos écrits dans lesquels nous voyions un moyen de témoigner de ceux que nous aurions rencontrés dans cette France du vide prétendu, une manière de partager au plus grand nombre les paysages que nous aurions traversés.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-tamanrasset-dans-les-pas-de-charles-de-foucauld-a-lasskrem/15/05/2025/">RÉCIT – Tamanrasset : dans les pas de Charles de Foucauld à l’Assekrem</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nous sommes reconnaissants aux éditions Transboréal d’avoir cru en notre propos. C’est à leurs côtés que nous avons embarqué dans une nouvelle aventure, non plus pédestre, mais éditoriale ! Car aux quatre mois de marche ont succédé neuf mois de travail pour faire de nos carnets de route un récit de voyage, un récit de vie : <em>Une famille en chemin</em>, paru le 3 octobre dernier ! Une autre forme de gestation.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Quelle conclusion avez-vous tirée de cette marche pendant 4 mois ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Romain Brès : </strong>Oh, s’il n’y en avait qu’une ! La première, tirée dès notre arrivée à Saint-Jean-Pied-de-Port, fut la décision de repartir. L’arrivée fut un marchepied vers d’autres aventures. Ainsi, nous avons rechaussé les bottes de randonnée en avril 2025, pour traverser la Géorgie et l’Arménie, toujours à pied, toujours avec Homère (qui marche aussi maintenant), toujours avec en arrière-plan un projet d’écriture.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Puis, les jours et les semaines passant, à la fin de l’été 2024, nous nous sommes rendu compte que nous avions reçu beaucoup d’amour pendant notre traversée de la France. Que la diagonale du vide était devenue pour une ligne de vie. Que nos compatriotes débordaient de bonté. Que nos paysages étaient d’une infinie diversité et d’une merveilleuse douceur. Que tout cela nous avait fait beaucoup de bien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-tamanrasset-dans-les-pas-de-charles-de-foucauld-a-lasskrem/15/05/2025/">RÉCIT – Tamanrasset : dans les pas de Charles de Foucauld à l’Assekrem</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">D’autres conclusions affleurent progressivement, il faut laisser au vécu le temps de décanter après quatre mois si intenses. C’est cela que nous retiendrons aussi : avoir vécu pleinement chaque minute écoulée sur les routes de France ! Sans jamais avoir le sentiment de perdre son temps. Et d’avoir vécu tout ce chemin en famille, avec notre fils. Nous avons saisi, pendant quelques mois, où était l’essentiel.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><center></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p></center></p>
<hr width="50%" />
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		<title>Antoine de Suremain : un aventurier de France</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/antoine-de-suremain-un-aventurier-de-france/19/05/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille Casarotto]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 May 2025 12:05:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine de Suremain]]></category>
		<category><![CDATA[Aventurier]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 19/05/2025</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>C&rsquo;est un aventurier comme il en reste peu dans nos villes de béton : Antoine de Suremain. Sa chanson préférée : la Montagne, de Jean Ferrat. Ses montagnes favorites : les Pyrénées. Son but : faire aimer la France à ceux qui le suivent sur les réseaux sociaux, qui regardent son émission sur « <a href="https://www.canalplus.com/jeunesse/antoine-l-aventure-la-france-des-legendes-saison-2/h/22177784_50001">Canal Kids</a> ». Portrait en montagnes russes de cet aventurier du XXIe siècle, promenade depuis les hauts sommets français jusqu’à son for intérieur. </strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La France est incroyablement belle. À la sillonner d’aventures en aventures, sur ses sentiers secrets comme dans ses coins les plus renommés, Antoine de Suremain l’a bien vu. De par sa diversité géographique qui fait naître des paysages radicalement différents et offre tour à tour les plateaux de l’Aubrac, d’une pureté sans nom, et les marais de Camargue, nos régions foisonnent de vie et de couleurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Oser l’aventure de la France</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est ce qui l’a poussé à mettre en valeur ce pays, son pays, à travers les réseaux sociaux, avec un message en tête : « <em>Il est possible de trouver de l’exotisme, de l’ailleurs, en France. Arrêtons de prendre l’avion pour Bali quand il y a des cascades pleines d’une verdure exubérante dans le Cantal</em> ». Ce pays comble toutes ses attentes en termes de dépaysement, d’aventure, d’introspection, de renouvellement, de surprise. Nul besoin alors de partir à l’autre bout du monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-tamanrasset-dans-les-pas-de-charles-de-foucauld-a-lasskrem/15/05/2025/">RÉCIT – Tamanrasset : dans les pas de Charles de Foucauld à l’Asskrem</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour lui, la France fut au berceau comme bénie par un bon génie, cartographe magicien qui lui offrit une multitude de paysages, de cultures, de traditions. Un patrimoine naturel si riche, grâce unique pour un si petit bout de terre. Avis subjectif, chauvin, franchouillard direz-vous ? « <em>Constat incontestable des yeux et du cœur </em>», répond Antoine, puisque la France attire années après années toujours plus de touristes, fait rêver les voyageurs, fait grincer les envieux. Il invite à s’en émerveiller avec lui.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pas seulement pour goûter la beauté des baies de la Somme, gigantesques et peuplées de phoques, des gorges du verdon aux eaux turquoise. Mais parce qu’Antoine de Suremain en est persuadé, « <em>aimer son pays est fondamental</em> ». C’est une valeur qui peut nous rassembler, qui n’a rien de politique, de partisan. Il est nécessaire pour être heureux d’aimer l’endroit où l’on vit. Faire découvrir ses charmes naturels participe à cette entreprise de revalorisation qui lui tient à cœur. D’ailleurs, il porte volontiers un béret basque, qui lui donne un air léger de Belmondo version terroir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’aventure dans le regard</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aventurier de l’hexagone, Antoine ne se limite pas à avaler des kilomètres aux quatre coins de sa terre natale. Il parle de l’aventure comme d’une relation à soi et au monde, un certain regard. Un <em>ethos</em> à conquérir. « <em>L’aventure ne se limite pas au nombre de kilomètres que l’on parcourt, mais à la zone de confort dont on peut s’échapper. Elle naît au moment où l’on franchit le palier de sa porte avec une idée farfelue</em> ». Elle surgit dans le champ laissé libre à l’imprévu et à la spontanéité.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Antoine de Suremain raconte la façon dont il a pris conscience petit à petit qu’il pouvait ramener cet état d’esprit depuis les montagnes, les bois, les rivières pour éclairer son quotidien parisien qu’il supportait mal au retour de ses expéditions, quand tout allait trop vite, dans les sirènes et les klaxons, quand les gens étaient cons.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-transnistrie-la-republique-fantome-deurope-de-lest/05/04/2025/">RÉCIT – Transnistrie : la république fantôme d’Europe de l’Est</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il lui semblait infernal d’être entouré de béton quand, la veille, il campait sous les étoiles du Vercors à la recherche des loups — un de ses plus beaux souvenirs de bivouac. Tout y paraissait plus beau, plus intense, plus poétique. Puis il a réalisé que cet émerveillement pouvait naître au cœur de la ville. C’est une lueur de curiosité dans le regard, la recherche d’un grain de beauté qui existe en toute chose : dans les rencontres, les bonnes nouvelles, et même dans les rues de Paris qui peuvent devenir complices d’une aventure.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Petit conseil d’Antoine pour réenchanter ce milieu urbain, apprivoiser Paris : « <em>J’essaye maintenant de faire des choses un peu décalées, de considérer la ville aussi comme un terrain de jeu. L’autre soir, j’ai grimpé dans le saule pleureur au bout de l’Île de la cité. Celui sous lequel tous les touristes s’assoient. Je suis monté aux aurores et le lever de soleil était magnifique depuis ce perchoir</em>. »</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Chez lui, cultiver l’émerveillement passe par l’abandon d’un confort dont on se rend compte en s’en délestant qu’il était superflu. On ne savoure jamais autant la douceur d’un foyer que lorsqu’on rentre d’un bivouac éprouvant, où l’eau n’étais pas un dû, mais un liquide rare à dénicher avec peine. Antoine se rappelle les délices de ses retours de camp scout, lorsque petit, épuisé, mais heureux, il partageait avec Ulysse la joie du retour dans ses pénates. Il partage avec Sylvain Tesson le sentiment que la cessation de l’effort est le seul luxe sain, mérité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Dans l’aventure, les retrouvailles</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est plutôt Robinson Crusoé que Saint Exupéry, même s’il aurait aimé dire le contraire, pour le côté méditatif et patriote de l’aviateur. Parce qu’il aime s’imposer des règles strictes, pour se placer dans des situations périlleuses, se mettre au défi, pour se retrouver. D’après Antoine de Suremain, c’est dans l’épreuve que l’homme se révèle. C’est ce que raconte <em>l’Appel de la forêt</em> de Jack London, son livre favori. Le chien, personnage principal de ce grand roman, réveille sa vraie nature dans la confrontation avec la vie sauvage. La difficulté de gravir monts et vallées, de marcher dans le désert de Saint Guilhem sans autre repas que les fruits de la nature, permet de se réaligner avec soi-même, avec celui qu’on est profondément, dépouillé des vanités et des facilités de notre quotidien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Confronté à nos limites. « <em>C’est ce qui effraie le plus dans l’aventure</em> » confie Antoine. « <em>Ce moment où l’on est dos au mur, où l’on doit se lancer dans quelque chose avec lequel on n’est pas à l’aise du tout. Récemment, pour rejoindre une cabane quasi-inaccessible, j’ai dû traverser des ravines très glissantes. Le sol se dérobait sous moi. Une pierre s’est détachée, a dévalé la pente, et est passée à trois mètres de ma tête.</em> »</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">D’un coup, il a pris conscience de sa fragilité, physique comme mentale, et il a été pétrifié d’effroi. Mais il ne pouvait pas faire demi-tour, coincé dans la ravine. Il a fallu avancer malgré tout, et vint un immense soulagement. Ce qui fait effraie, ce n’est pas l’inconnu, ou le vide, ou l’exigence physique, ce sont souvent nos propres croyances.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quand il a commencé à marcher, Antoine de Suremain était tourné vers les autres, il voulait transmettre son admiration pour la beauté de la France, notamment aux plus jeunes, passer le flambeau. Il a compris les bienfaits de la marche dans un second temps. Quand on marche seul, en silence, vient l’introspection, et avec elle la connaissance de soi. Il en témoigne : au fur et à mesure de ses randonnées, il voyait en lui de plus en plus clair, et ses questions bourdonnantes ont cessé de le tourmenter.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marcher est devenu pour lui un besoin vital qu’il partage à sa communauté. « <em>Si tu te poses trop de questions, ne t’en pose pas une de plus. Prends tes chaussures et ton sac à dos. Si tu traverses un passage à vide, que tu ne vois plus clair en toi, prends la route quelques jours</em>. », recommande-t-il.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Si l’on se rencontre en marchant, c’est aussi que les vastes espaces sont des miroirs de l’âme. Devant des plaines infinies, il nous semble nous perdre dans les méandres de notre esprit. Cela fait naître des émotions très fortes, des sentiments contraires, un vertige horizontal. Antoine se souvient, presque ému, de la causse Méjean, et de cet émerveillement mêlé de mélancolie qui prend le cœur quand on est saisi par cette beauté brute. Elle renvoie brusquement à son absence au monde, à la violence, au vide de notre quotidien. Antoine rit en se rappelant : « <em>Cela rend plus sensible, c’est dangereux finalement, prenez garde à vous !</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Lettre à un jeune aventurier</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il nous quitte sur quelques recommandations. Celle du lever de soleil le plus marquant à vivre, sur le Mont Blanc. Il en a fait l’ascension il y a deux ans déjà, mais le souvenir de cette expédition est encore fort. Il raconte la façon dont on grimpe, plongé dans l’obscurité, avec difficulté, puis comme une clarté transforme soudain le ciel qui se pare de nouvelles teintes. Juste avant le lever, en aumône à ceux qui marchaient à sa recherche dans les ténèbres de la nuit. Les moments les plus beaux de l’aurore sont ceux qui la précèdent.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Antoine décrit les mille couleurs de ce ciel. Il les conserve en lui comme un tableau de bleu profond, de vert, de jaune. « <em>Le premier rayon de soleil nous frappe, avant tant de chaleur, de lumière, de puissance. Il nous sort de l’obscurité intérieure et extérieure. Et le sommet du Mont Blanc apparaît enfin, et son ombre pyramidale qui s’étend sur les contrebas qui sont encore dans la nuit</em> », ajoute-t-il, plongé dans ce lumineux souvenir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Pour les âmes en peine, trouvez une cabane où vous retirer</em> », suggère Antoine de Suremain, familier de ce remède radical. Se couper du monde, s’emplir de beauté, et se reclure ou se projeter, selon ce que le cœur nous en dit. Il raconte qu’aux jours de détresse, il s’est senti recueilli par la vallée, qui l’a comblé de douceur dans sa nature sauvage. Et qu’elles gardent espoir. Comme le marcheur qui ne voit pas encore le terme du chemin, mais dont le pas ne faiblit guère.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>ENTRETIEN – Souveraine Tech : «Retrouvons la confiance dans notre génie français»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-souveraine-tech-retrouvons-la-confiance-dans-notre-genie-francais/01/09/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Sep 2024 15:28:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Leblanc-Barbedienne]]></category>
		<category><![CDATA[Colloque]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Malo]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraine Tech]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 01/09/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-souveraine-tech-retrouvons-la-confiance-dans-notre-genie-francais/01/09/2024/">ENTRETIEN – Souveraine Tech : «Retrouvons la confiance dans notre génie français»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Bertrand Leblanc-Barbedienne est le fondateur de Souveraine Tech, un </strong><a href="https://souveraine.tech/"><strong>média</strong></a><strong> qui couvre l&rsquo;actualité quotidienne des enjeux et des acteurs de la souveraineté technologique. L’association organise le 20 septembre prochain un colloque à Saint-Malo sur le thème « Marchés et Souverainetés » en présence d’Arnaud Montebourg.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Blondin : Qu’est-ce que Souveraine Tech, quelle est la genèse de cette association ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Bertrand Leblanc-Barbedienne : </strong>Souveraine Tech est un média d’influence qui a vu le jour il y a plus de quatre ans, dont le but est d’assurer <em>« la veille, la défense et l’illustration » </em>de la souveraineté technologique française. L’association est née d’un constat : Est devenue performative la croyance limitante selon laquelle tout ce qui se fait d’ingénieux, de créatif ou de puissant au plan technologique vient nécessairement des « States » ou de Chine. Or rien n’est plus faux. Il fallait donc que quelqu’un prît le quart qui consiste à le clamer haut et fort matin, midi et soir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : La prise de conscience de cette nécessité de souveraineté semble bien présente dans la société française. Néanmoins, constatez-vous au travers de Souveraine Tech que cette prise de conscience se matérialise par des projets concrets, des petites victoires ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>BLB :</strong> Oui, bien sûr. La première victoire est de nature intellectuelle. Jamais on n’a autant parlé de souveraineté ! Quelques retardataires et ceux qui sont payés à ne pas comprendre, continuent d’attirer notre compassion en essayant de faire croire autour d’eux que la souveraineté, c’est le « repli sur soi ». Mais chassez le naturel, et les nations souveraines reviennent au galop ! Cela se manifeste aussi par une prise de conscience concrète du risque auquel nous nous exposons en massifiant le traitement de nos besoins numériques chez les « Big Tech ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-sahara-occidental-la-france-a-mis-de-lordre-dans-sa-diplomatie-regionale/11/08/2024/">ENTRETIEN – Sahara occidental : « La France a mis de l’ordre dans sa </a></strong></span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-sahara-occidental-la-france-a-mis-de-lordre-dans-sa-diplomatie-regionale/11/08/2024/">diplomatie régionale »</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aujourd’hui, dans le public comme dans le privé, plus personne en charge des systèmes d’information ne passe à côté de la question cruciale de l’extra-territorialité du droit américain. Le premier devoir d’une organisation, c’est d’assurer sa pérennité. Dans une économie mondiale assise sur la donnée, la souveraineté revient donc au tout premier plan. Et le jour où nos données de santé auront été rapatriées depuis les serveurs américains de Microsoft sur des serveurs français, sera symboliquement une des matérialisations les plus importantes de cette prise de conscience. Vos lecteurs peuvent d’ailleurs y contribuer en signant <a href="https://www.mesopinions.com/petition/politique/sortons-nos-donnees-sante-microsoft/227401">une pétition pendante</a> qui approche des 11 000 signatures.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Quels regards portez-vous sur le « Choose France » porté par le président de la République, Emmanuel Macron depuis sa création en 2018 ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>BLB :</strong> Ces comices agricoles de l’investissement planétaire reflètent une vision particulière de la croissance. Il s’agit là d’attirer sur notre sol des moyens économiques que nous n’avons ni su ni pu obtenir de la part de la puissance publique ou du secteur privé. Mais cela se traduit surtout par des installations chez nous d’entreprises étrangères et des potentielles prises de contrôle d’actifs français. Ce que nous serions en droit d’attendre d’un tel dispositif, c’est qu’il se place bien plutôt au service de la commande de biens et de services français par des acteurs étrangers. Il faudrait vendre !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/">ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Trouver des contrats pour nos entreprises, petites et grandes, qu’il conviendrait d’inviter à Versailles en grande pompe, elles aussi ! Travailler à notre balance commerciale. Il y a certes dans ce grand show quelque chose de flatteur, mais surtout de trompeur, à convoquer chez nous le gotha du business international. Or passés les effets d’annonces (tous les chèques ne sont pas signés) et les licenciements massifs consécutifs, quelques mois plus tard, aux « créations d’emplois », l’amertume est au rendez-vous. Et notre intérêt bien compris aux abonnés absents.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : De Charles de Gaulle à François Giscard d’Estaing en passant par Georges Pompidou, la France disposait d’une réelle politique industrielle durant plusieurs décennies. Manquons-nous de vision de long terme ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>BLB :</strong> Hélas, nous n’avons plus aucune vision politique tout court. Il suffit de considérer la farce actuelle dans laquelle sont plongées nos institutions. Pour porter une vision politique, il faudrait deux choses : Un authentique chef disposé à le faire de manière quasi-oblative. Et un peuple soudé par des valeurs humaines communes au point d’être capable de lui obéir (étymologie : de l’entendre).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/">ENTRETIEN – TAAF : l’excellence de la recherche polaire française</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Or qu’observe-t-on aujourd’hui ? Une « élite » parisienne nombriliste entretenue selon le principe de l’économie circulaire, condescendante et intéressée. Un peuple agacé, manipulé, littéralement parcouru de divisions plus ou moins naturelles. Certains commentateurs évoquent la nécessité de « refaire société ». Très bien, mais autour de quoi ? Eh bien pourquoi pas autour de ce qui a précisément permis à ce pays de devenir ce qu’il est aujourd’hui ? Une fois que nous aurons été capables à cette humilité-là, il sera toujours temps de reparler de « politique industrielle » et de faire de l’ouvrier français la pierre angulaire de cette ambition.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Une économie saine se fonde aussi sur une notion de rentabilité pour les entreprises, sans d’éternelles subventions étatiques, ce qui suppose un marché intérieur conséquent. Par rapport aux Américains, Chinois, Indiens ou Russes, développer des « technologies souveraines » ou mettre en place une « réindustrialisation française » est-il mission impossible en par « manque de consommateurs » ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>BLB :</strong> Je vous prie de me croire si je vous assure que je ne botte pas en touche en vous disant que le problème tient d’abord au fait que nous n’envisageons plus notre destin que sous l’angle de l’économie, de la consommation. Mais pour quoi faire ? Cependant, ce qui manque pour assurer le succès de technologies souveraines en France (et c’est possible), c’est <a href="https://x.com/SouveraineTech/status/1806666014291030410">une confiance renouvelée dans notre génie</a>, une assomption (le fait d’assumer) de notre héritage culturel, et une capacité à l’imprimer dans des solutions efficaces à des problèmes ou des besoins réels.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une technologie géniale née en France, racontée au monde avec ce talent si particulier des États-Unis pour le marketing, auquel ils doivent d’ailleurs assez souvent leur domination, et le monde entier l’adoptera massivement. Quand un dramaturge noircit son cahier au fond d’un restaurant, il ne songe pas au nombre de lecteurs minimum qui assurera son succès. Des États-Unis, nous n’avons malheureusement emprunté que le plus inutile. Cette manière de les singer en tout.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/actualites/souverainete-alimentaire-les-vulnerabilites-de-la-france/12/07/2024/">Souveraineté alimentaire : les vulnérabilités de la France</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il suffit d’observer la fierté avec laquelle nos dignitaires baragouinent l’anglais avec le fier sentiment de recevoir ipso facto le sacrement du succès en affaires. Les Américains se comportent en pionniers. Et nous, qui reposons sur une civilisation fabuleuse, sommes hélas devenus des contrefacteurs d’ambition, des copycats affamés de pâtée atlantique. Il tient à si peu de choses que la donne change.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Nous entendons souvent que la France est « trop petite », que notre marché intérieur est trop faible et qu’il faut penser à l’échelle de l’Europe. Une souveraineté française est-elle possible au sein de l’Union européenne ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>BLB :</strong> Vous avez parfaitement raison, mais votre question s’appuie sur une vision d’un monde qui est heureusement en train de passer. Les peuples ont été les grands perdants du marché planétaire. Contre un accès facilité à quelques gadgets électroniques conçus par des enfants payés au lance-pierre, nous avons renoncé à beaucoup de choses et nous avons tant perdu en matière de culture, de puissance économique, d’emploi et paradoxalement de pouvoir d’achat et de qualité de vie. Le marché est devenu fou. Et nos élites, qui continuent à en assurer la promotion font quotidiennement preuve de schizophrénie. On nous a vendu l’Europe comme un marché garanti dans lequel se hisseraient nos entreprises. On s’aperçoit aujourd’hui avec les velléités « communautaires » qu’il s’agissait juste d’un pédiluve vers d’autres marchés lointains.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Je vous conseille à ce sujet de regarder un documentaire qui s’appelle <a href="https://www.youtube.com/watch?v=yY9h0edVVPk">Au Nom de l’Europe</a>, qu’a brillamment réalisé et produit Camille Adam. Les plus Européïstes de vos lecteurs s’ils s’aventurent à le visionner vont vite connaître un certain désenchantement. On nous parle à longueur de journée de durabilité, ce qui est comique. La proximité va revenir à la mode, et bientôt plus personne ne comprendra qu’on trouve des pommes argentines au supermarché ou des logiciels américains sur étagère.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/alain-delon-un-des-piliers-de-lindependance-culturelle-francaise/21/08/2024/">Alain Delon : un des piliers de l’indépendance culturelle française</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La course centrifuge des relations commerciales connaît un heureux infléchissement sous la forme d’un recentrage « centripète » sur les intérêts vitaux de nos nations. Et c’est là un motif de réjouissance ! De la mesure en toute chose. Le marché n’est pas un demi-dieu. Il est une modalité de transaction économique entre peuples, organisations, êtres humains. C’est pure folie que de travailler encore à sa croissance tumorale plutôt qu’à celle de l’épanouissement des nations, qui sont des familles de familles, et donc les seules vraies garantes du bonheur et de l’épanouissement humains.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Le vendredi 20 septembre, Souveraine Tech organise un colloque à Saint-Malo avec pour thème « Marchés et Souverainetés », quel est l’objectif de celui-ci ? </strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>BLB :</strong> Nourrir toutes les personnes qui auront fait le déplacement, au plan intellectuel, au plan relationnel, au plan humain et aussi au plan gastronomique ! Ce sera un moment de grande convivialité, face à la mer et au Fort national, un jour de marée d’équinoxe. S’agissant du sujet, mon ambition est qu’au terme de cette journée, chacun reparte chez soi avec la conviction que bien loin de s’opposer, les réalités que constituent les nations souveraines et le marché… S’épousent !</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><a href="https://souveraine.tech/colloque2024-2/">Inscription au colloque de Souveraine Tech</a></span></p>
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		<title>ENTRETIEN – Sahara occidental : « La France a mis de l’ordre dans sa diplomatie régionale »</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-sahara-occidental-la-france-a-mis-de-lordre-dans-sa-diplomatie-regionale/11/08/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-sahara-occidental-la-france-a-mis-de-lordre-dans-sa-diplomatie-regionale/11/08/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Aug 2024 22:13:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
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		<category><![CDATA[Front Polisario]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohammed VI]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sahara]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 11/08/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-sahara-occidental-la-france-a-mis-de-lordre-dans-sa-diplomatie-regionale/11/08/2024/">ENTRETIEN – Sahara occidental : « La France a mis de l’ordre dans sa diplomatie régionale »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Dans un courrier du 30 juillet 2024 adressé à Mohammed VI, Emmanuel Macron a annoncé soutenir le <a href="https://diplomatie.ma/fr/sm-le-roi-adresse-un-message-au-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-fran%C3%A7aise-son-excellence-m-emmanuel-macron-suite-%C3%A0-l%E2%80%99annonce-du-soutien-officiel-de-la-france-%C3%A0-la-souverainet%C3%A9-du-royaume-sur-son-sahara">plan marocain</a> pour le Sahara occidental. En conséquence, son voisin algérien a rappelé son ambassadeur à Paris. Spécialiste en intelligence économique et consultant en sécurité et défense, Pierre d’Herbès revient sur cet épisode et ses conséquences pour la France.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Blondin : Quel est le contexte historique de la crise du Sahara marocain ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Pierre d’Herbès</strong> : Cette crise est une conséquence de la fin du protectorat de la France au Maroc en 1956 et de la décolonisation espagnole à la mort de Franco. Le Sahara occidental est issu directement de la province du Sahara espagnol. Historiquement, cette province était liée via des liens tribaux à la monarchie marocaine. Le Sahara occidental, en soi, n&rsquo;existe donc pas, car il s’agit d’une pure création coloniale espagnole. A partir de 1975, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) va se constituer, dont sa branche armée, le Front Polisario. Elle cherche à obtenir son indépendance. En parallèle de cela, le Maroc lance la « Marche verte » : une grande marche initiée par le roi avec ses sujets pour aller prendre officiellement possession du Sahara. Une guerre s’ensuit jusqu’au cessez-le-feu de 1991, régulièrement violé jusqu’à aujourd’hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/sahel-le-senat-dresse-le-bilan-de-loperation-barkhane/22/07/2023/">Sahel : le Sénat dresse le bilan de l’opération Barkhane </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Quel rôle joue les pays voisins comme l’Algérie ou la Mauritanie dans ce conflit ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH :</strong> L’Algérie est depuis l’origine le principal soutien du Front Polisario, car elle voit sans le Sahara occidental un moyen d’obtenir une façade atlantique dont elle ne dispose pas, enfermée dans son désert méridional. Elle fournit des armes et un soutien politique à la RASD. A noter que le Sahara marocain n’est pas la seule querelle territoriale post-coloniale qui oppose Rabat et Alger. Un différend autour des régions de Tindouf et d’Hassi Beida avait donné lieu à la « Guerre des sables » en 1963 entre l’Algérie et le Maroc.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De son côté, la Mauritanie se bat dés 1975 pour obtenir une partie du Sahara occidental qu’elle revendique. Elle est tenue en échec par le Front Polisario et abandonne ses prétentions sur la région en 1979 avant de reconnaître la RASD comme seule représentante légitime du territoire et de sa population. Après leur départ, le Maroc occupe le territoire abandonné. Depuis, la Mauritanie ne joue plus vraiment de rôle dans cette région contrairement à l’Algérie qui reste en pointe sur ce dossier.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Le Maroc contrôle déjà de facto la majeure partie de ce territoire. Qu’est-ce que cela va réellement changer ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH :</strong> La stratégie du Maroc depuis les années 2000 est de sortir de son isolement diplomatique sur la question. Dans cette optique, la décision de la France donne du crédit à Rabat sur la scène internationale et renforce sa légitimité vis-à-vis du Front Polisario.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Concrètement, le Maroc consolide ses positions et lui permet de poursuivre avec plus de sérénité sa politique d’aménagement du territoire et son exploitation économique. Indirectement, cette reconnaissance de la France va probablement renforcer la position de Rabat autour de la procédure judiciaire qui la vise à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant les conditions d’exportation au sein de l’UE des denrées agricoles produites dans les provinces sahariennes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/il-faut-sauver-le-soldat-allex-recit-et-enseignements-dun-combat-acharne-pour-la-liberation-dun-agent-de-la-dgse/26/01/2022/">«Il faut sauver le soldat Allex» : un combat acharné pour la libération d’un agent de la DGSE </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : La France a-t-elle véritablement une voix importante dans la région ? </strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH :</strong> Oui. La France est l’ancienne puissance coloniale. C’est le premier investisseur étranger au Maroc et un investisseur important en Mauritanie. C’est un acteur militaire, économique et diplomatique de premier plan mondial. Sa voix est d’autant plus écoutée que depuis plusieurs années, elle était attendue par les Marocains sur ce dossier. Les réactions passionnées dans l’opinion publique marocaine, lors des tentatives de rapprochement entre Paris et Alger ces dernières années, prouvent en soit l’impact qu’à la voix de la France dans la région. Et inversement, la réaction virulente de l’Algérie à l’annonce de la reconnaissance du Sahara marocain par la France, le prouve également.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Globalement, ce tournant de la France sur ce dossier épineux est un vrai catalyseur même si <em>in fine</em> il est cohérent avec la position assumée depuis 2007 soutenant déjà le plan d’autonomie du Maroc comme une « base crédible ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : L’Algérie a accusé la France d’avoir « bafoué la légalité internationale ». Quel a été le discours des organisations internationales comme l’ONU sur le Sahara Occidental ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH :</strong> Du point de vue de l’ONU, le Sahara occidental est considéré comme un territoire colonisé. Les associations qui se font le porte-voix du Front Polisario utilisent cette base juridique – et donc une certaine approche de la hiérarchie des normes – pour leurs actions de lobbying en Europe. Cependant, il y a d’autres approche du droit international : en 1975, la Cour internationale de Justice avait ainsi reconnu les droits du Maroc sur le Sahara.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux États-Unis </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Le ministère des affaires étrangères algérien a dénoncé le fait « qu’aucun gouvernement français avant Emmanuel Macron n’avait franchi ce pas » et a rappelé son ambassadeur à Paris. Quelles conséquences pour la France dans les semaines qui viennent ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH :</strong> Le pas n’était pas franchi officiellement, mais la tendance de la reconnaissance du plan marocain sur le Sahara occidental se profilait. La France est passée d’une « base sérieuse » il y a quinze ans à la « seule base » aujourd’hui. En parallèle, le Maroc a continué à investir dans la région et est devenu un fournisseur important des pays de l’Union européenne en produits miniers et agricoles. Les Algériens dramatisent donc volontairement la situation. Du reste, les incidents diplomatiques avec l’Algérie sont monnaie courante : pas de gros changement de ce point de vue-là.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il n’en demeure pas moins que la nouvelle position de la France n’est pas anodine car elle a des conséquences sur la géostratégie du Maghreb. De facto, on assiste peut-être à un point de non-retour dans les mauvais rapports entretenus avec l’Algérie malgré les tentatives de rapprochement d’Emmanuel Macron depuis 2017. A contrario, la relation privilégiée entre Paris et Rabat s’en trouve confirmée ce qui constitue un avantage de poids pour le Maroc dans son bras de fer avec l’Algérie. C’est probablement la meilleure des postures. Les vaines mains tendues à l’Algérie se heurtent systématiquement au ressentiment mémoriel quasi-structurel du pays vis-à-vis de la France. En d’autres termes, la France a mis de l’ordre dans sa diplomatie régionale, sérieusement mise à mal ces dernières années par ses atermoiements algéro-marocains.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2024 17:31:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
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		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Association des vignerons bretons]]></category>
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		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vigne]]></category>
		<category><![CDATA[Vin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 05/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/">ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong><em>In vino veritas</em></strong><strong>… en Bretagne aussi ! La Bretagne compte aujourd’hui cent hectares d’exploitation viticole, une tendance en pleine expansion ces dernières années. Entre tradition, pratique, formation et revendications, le vignoble breton est tourné vers l’avenir. </strong><strong><span style="color: #000000;">Entretien avec Guillaume Bauché, trésorier de l’</span><a href="https://vigneronsbretons.bzh/">Association des Vignerons Bretons</a><span style="color: #000000;">, créée par les premiers viticulteurs professionnels de Bretagne administrative en 2021.</span></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Arthur Ballantine : La production de vin dans les « régions non-viticoles » de France métropolitaine (Hauts-de-France, Normandie et Bretagne) a été interdite par la loi dans les années 1930. En 2016, grâce au combat mené par l’Association pour la Reconnaissance des Vins de Bretagne, une directive européenne met fin à cette situation : la France peut désormais accroître ses plantations viticoles à raison de 8 000 hectares par an, cela sur l’ensemble du territoire. Le vin est-il pour autant un produit breton historique ? Assistons-nous au retour d’une tradition ou à un évènement nouveau en Bretagne ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Guillaume Bauché (AVB) : </strong>Je dirais plutôt que nous assistons à une renaissance du vignoble breton avec modernité. Jadis, la Bretagne eut une <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/histoire/">histoire</a> viticole, et ce depuis le Moyen-Age ! Les premières traces de la vigne remontent à l&rsquo;an mille à l&rsquo;abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys. L&rsquo;existence de la vigne était souvent corrélée à l&rsquo;existence d&rsquo;un lieu de culte chrétien pour la production des vins de messe. A l&rsquo;âge d&rsquo;or de la vigne, des communes bretonnes comme celle de Sarzeau ont pu recenser jusqu&rsquo;à 400 hectares servant à élaborer la célèbre « fine de Rhuys » dont la production s&rsquo;est arrêtée au cours de la première moitié du XX siècle. Aujourd&rsquo;hui, la surface du vignoble breton avoisine les 100 hectares pour produire principalement des vins blancs de gastronomie. Que ce soit les cépages, les méthodes de production ou encore le produit recherché, tout est différent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Il a longtemps été dit que la Bretagne n’était pas une terre favorable à la pratique viticole. Les nouvelles conditions météorologiques observées ces dernières années inversent-elles la donne ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>En réalité, aucune instance officielle ne l&rsquo;a prouvé. L’histoire du vignoble breton nous montre au contraire que ces considérations participent, souvent sans le savoir, au dogme d&rsquo;une pensée établie au XXème siècle. Les nouvelles conditions météorologiques ne sont pas le signe d’un inversement mais constituent un atout quand on sait que le Sud de la France fait face à des épisodes de sécheresse inquiétants pour le vignoble. En réalité, le Morbihan vit actuellement un phénomène de « méditerranéisation ». Nous bénéficions par exemple autour de Pontivy (Morbihan) des mêmes températures que connaissait l’Anjou il y a quarante ans. La région rennaise traverse, elle, les mêmes conditions météorologiques que connaissant le Bordelais dans les années 1980 ! Le climat breton actuel nous permet de trouver de meilleurs équilibres et d’accéder à un plus grand choix de cépages : si les vignerons bretons utilisent une quarantaine de cépages différents, nous utilisons en majorité le chenin, surtout présent dans la Loire, le pinot noir, connu en Alsace, Champagne et Bourgogne ainsi que le Chardonay. Ces cépages dits « sorciers », nous permettent de produire trois ou quatre types de vin, et, lors des années pluvieuses permettent de produire des effervescents. A ces conditions climatiques s’ajoute une certaine qualité de sol superficiel. Le plateau armoricain, vieux de près de 600 millions d’années, nous donne un sol constitué de granite et de schiste, lesquels forment un <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/patrimoine/">patrimoine</a> géologique rare.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">A.B. : Qui sont les viticulteurs bretons d’aujourd’hui ? A quoi ressemble la formation de ce nouveau territoire viticole ?</span> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>Notre population de viticulteurs est assez hétéroclite, de tout âge, de toute nationalité, de différents milieux &#8211; agricole ou non. Le seul prérequis à l’installation d’une activité viticole en Bretagne est l’obtention d’un diplôme agricole, que ce soit le Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole (BPREA) ou les baccalauréats, licences et master spécialisés. La taille moyenne des exploitations bretonne est de quatre hectares, avec des unités pouvant varier d’un à dix. Notre association regroupe les trois quarts des vignerons bretons, avec 35 membres. Nous comptons, depuis novembre 2021, une installation toutes les deux semaines environ. Le département le plus représenté est le Morbihan, où vivent les deux tiers des vignerons bretons. Tous assez différents, nous avons tous le même objectif : proposer un vin de qualité et engagé. Les vignerons bretons, des quatre départements, recherchent au maximum le respect de la biodiversité sur les parcelles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10300" aria-describedby="caption-attachment-10300" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-10300" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=640%2C381&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="381" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=1024%2C610&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=300%2C179&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=768%2C457&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?w=1202&amp;ssl=1 1202w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10300" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Autorisée depuis 2016, la pratique viticole professionnelle en Bretagne connaît un développement fulgurant, avec une installation tous les quinze jours depuis novembre 2021.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : La crise agricole qui touche la France en général a des répercussions sur le monde viticole. Le vignoble bordelais, tiraillé entre surproduction et prix tirés vers le bas, opte aujourd’hui pour l’arrachage afin de sauver ses vignerons. Quel est le regard breton sur cette situation ? La plantation de vigne a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>Aujourd&rsquo;hui, la plantation de vigne a un sens si on se donne l&rsquo;effort de lui donner du sens. Nous autres bretons, nous ne voulons en aucun cas entrer dans une production de masse. C&rsquo;est pourquoi nous sommes attachés à des valeurs de qualités, d&rsquo;artisanat, et surtout de durabilité, notamment à travers notre charte, dont la signature est obligatoire. Le vigneron breton doit pratiquer l’agriculture biologique, vendanger manuellement, recycler ses déchets de cave, développer la biodiversité. Tout un programme qui permettra à notre petit vignoble breton de perdurer : seule une agriculture propre peut répondre aux défis d’aujourd’hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">A.B. : Les menaces écologiques, économiques et parfois politiques qui pèsent sur le monde rural et sur notre terroir sont-elles considérées par les vignerons bretons ? La création d’une Indication géographique protégée (IGP) est-elle souhaitable ?</span> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>L&rsquo;agriculture n&rsquo;a jamais eu autant de défis qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Nous ne les prenons pas comme des menaces, mais comme des défis qu’il nous incombe de relever. Une IGP aujourd&rsquo;hui serait précoce alors que nous savons que seulement deux vignerons ont vendu du <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/vin/">vin</a> en 2023. Cependant, elle constituerait, d’ici à un certain temps, la consécration de tout notre travail. Nous ne sommes qu’au début d’une grande aventure : entre 12 et 15 000 bouteilles ont été vendues par deux vignerons en 2023, 40 000 sont attendues en 2024 pour cinq vignerons.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10301" aria-describedby="caption-attachment-10301" style="width: 326px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10301" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?resize=326%2C318&#038;ssl=1" alt="" width="326" height="318" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?w=326&amp;ssl=1 326w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?resize=300%2C293&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px" /><figcaption id="caption-attachment-10301" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L’Association des Vignerons Bretons, créée par les premiers viticulteurs professionnels de Bretagne administrative en 2021.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>ENTRETIEN &#8211; Éric Denécé : «Le Hamas a endormi les Israéliens»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-eric-denece-le-hamas-a-endormi-les-israeliens/19/11/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Angélique Bouchard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Nov 2023 20:31:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Éric Denécé]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9580</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 19/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-eric-denece-le-hamas-a-endormi-les-israeliens/19/11/2023/">ENTRETIEN &#8211; Éric Denécé : «Le Hamas a endormi les Israéliens»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Éric Denécé, ancien analyste du renseignement français, docteur en Science Politique, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et auteur de nombreux ouvrages sur les questions de sécurité. Chroniqueur pour <a href="https://lediplomate.media/author/eric-denece/">Le Diplomate</a>, il analyse la nouvelle guerre entre le Hamas et Israël et ses conséquences pour le Moyen-Orient. Entretien.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Angélique BOUCHARD : En tant qu’ancien officier du renseignement français, comment appréciez-vous la gravité des évènements ayant lieu en Israël ? Y a-t-il eu un précédent ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Eric DENÉCÉ :</strong> La surprise a été en effet totale : incursions sur le territoire israélien simultanément via 22 points d’entrée, franchissement de la barrière de sécurité réputée « infranchissable » (par souterrains ou destruction), pénétration par mer et par air (paramoteurs, ULM), tirs intensifs de drones et de milliers de roquettes&#8230; Elle a eu lieu un matin de Shabbat, alors que le « front » de Gaza était dégarni car de nombreuses unités avaient été transférées pour assurer la sécurité en Cisjordanie. C’est indéniablement un choc majeur pour la société israélienne et les forces de sécurité. Il est tout à fait approprié de parler d’un « 11 septembre puissance 10 », car en proportion de sa population, cette agression criminelle du Hamas a fait quinze fois plus de victimes en Israël qu&rsquo;aux États-Unis. Ce seul chiffre laisse présager de la réaction sans pitié de l’État hébreu.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec plus de 1 400 morts, 5 500 blessés et 200 otages, Israël enregistre le bilan humain le plus lourd depuis sa première guerre contre les Arabes (1948 : 4 000 soldats et 2 400 civils tués en dix mois). Tous les autres conflits de l’État hébreu ont fait moins de victimes, surtout parmi les civils (1956, 1967, 1973, 1982, 2006…). De plus, pendant plus de 48 h, les combats se sont déroulés sur le sol israélien et surtout plus d’une centaine de civils et de militaires a été prise en otage par le Hamas et emmenés à Gaza. Enfin, le symbole est fort : cette attaque a eu lieu jour pour jour 50 ans après l’offensive arabe du Yom Kippour. Rappelons aussi qu’Israël a fêté en juin dernier le 75e anniversaire de sa création.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>A.B : Comment expliquer le véritable fiasco des services de sécurité israéliens, pourtant réputés comme faisant partie des meilleurs du monde ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>E.D :</strong> C’est en effet assez incroyable compte tenu de l’efficacité habituelle des services de sécurité de l’État hébreu et des technologies de surveillance dont ils disposent. D’autant que l’organisation terroriste palestinienne préparait son coup de longue date (vraisemblablement depuis le dernier conflit de 2021) car une telle opération nécessite planification, entrainement, préparation des moyens, coordination des actions, etc. Cela témoigne d’un contrôle du secret et d’une amélioration très significative du professionnalisme des Brigades Ezzedine al-Qassam, l&rsquo;aile armée du Hamas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/israel-gaza-le-massacre-des-innocents/09/11/2023/">Israël – Gaza : le massacre des Innocents</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais il faut se méfier de l’explication facile d’une faillite du renseignement. Les services sont loin d’être les seuls responsables. Il y a mon sens trois raisons à cet échec. La première est la manœuvre de déception conduite par le Hamas depuis deux ans. L’organisation terroriste a d’abord fait « profil bas », afin de laisser croire aux Israéliens qu’elle entamait une évolution comparable à celle qu’a connu l’OLP de Yasser Arafat laquelle, après avoir préconisé la destruction de l’Etat hébreu, a fini par négocier avec Tel Aviv. Parallèlement, le Hamas a transmis aux Israéliens des renseignements sur le Djihad islamique – autre mouvement terroriste opérant depuis Gaza – afin de les aider à l’éliminer, car il le considère comme un gêneur. Par ce biais, ils ont endormi les Israéliens leur faisant croire à un changement de stratégie. En conséquence, une nouvelle perception s’est ainsi « installée » dans l’esprit des hommes du renseignement, des militaires et des politiques. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette tromperie magistrale s’est accompagnée d’une dissimulation très efficace de ses intentions réelles et de la préparation de l’opération de début octobre. Le Hamas, se sachant étroitement surveillé par les services israéliens qu’il connait bien, est parvenu à tromper leur vigilance. Il n’a pas diminué ni accru le volume de ses communications, ce qui aurait été un indicateur d’alerte majeur pour l’Unité 8200 chargée de de la surveillance électronique. De même, il est parvenu à donner l’impression qu’il n’y avait pas non plus de modification de ses activités opérationnelles classiques (recrutement, entrainement, réunions, fabrication et achats d’armement, etc.). Cela signifie donc que toutes les actions de préparation de l’attaque d’octobre – notamment l’entraînement au parapente ou aux opérations amphibies – ont été conduites dans le secret absolu et n’ont jamais été détectées par le renseignement israélien. Enfin, il convient d’ajouter que maintenir le secret a été rendu possible par l’extrême paranoïa du Hamas et la cruelle efficacité de son service de sécurité qui n’hésite à exécuter tout membre du mouvement vaguement soupçonné de trahison ou de négligence…</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La seconde explication, directement liée à la précédente, est celle de l’erreur d’évaluation de la menace par les services israéliens, pourtant nombreux à surveiller le Hamas. Rappelons que Gaza fait l’objet d’une quadruple surveillance de la part du Shin Beth (service de sécurité intérieure), d’Aman (renseignement militaire dont dépend l’unité 8200) et du Magav (police des frontières). En complément, le Mossad (renseignement extérieur) suit les activités du Hamas à l’étranger. A cela, il convient d’ajouter les renseignements que les services américains (NSA, CIA) apportent à leur allié israélien. Toutes ces agences sont donc passées « à travers » !</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Si Israël excelle en matière de renseignement humain et a probablement recruté de nombreux agents au sein de l’organisation terroriste, il lui est devenu plus difficile de communiquer avec ses agents ou de mener des opérations dans ce territoire hautement hostile en raison de « l’enfermement » de Gaza auquel a procédé l’État hébreu. En conséquence, le renseignement israélien se repose essentiellement aujourd’hui sur le renseignement technique. L&rsquo;unité 8200 a ainsi dépensé des milliards de dollars pour mettre au point des technologies qui collectent toutes les données numériques provenant de Gaza (appels téléphoniques, emails, SMS, etc.), qui est l’une des zones les plus surveillées et photographiée de la planète (satellites, drones, caméras dissimulées…).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>A.B : Il ne s’agit donc pas totalement d’un problème de collecte du renseignement. De nombreuses sources disent que l’information selon laquelle une action se préparait circulait sur certains médias arabes et que les services de sécurité égyptien auraient prévenus leurs homologues israéliens. Comment donc cette opération a pu échapper à la surveillance des services israéliens ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>E.D :</strong> Parce qu’il s’agit autant d’un problème d’analyse que de collecte. En effet, la quantité de données recueillies n’est pas exploitable par les analystes. Pour les aider à digérer cette masse d’informations, Israël a développé une énorme capacité d&rsquo;intelligence artificielle qui facilite leur travail… mais ces systèmes de traitement et d’analyse automatique ont également été trompés par la stratégie du Hamas.La veille de l’attaque, les services israéliens ont bien détecté des signes d’activité anormale à Gaza, mais ils n’ont pas su les évaluer à leur juste valeur. Ils ont vu que le Hamas préparait quelque chose, mais ont hésité entre plusieurs analyses : entraînement poussé… opération mineure… action qui pourrait ne pas avoir lieu… action afin d’obtenir plus de fonds de la part du Qatar, etc.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/mossad-shabak-aman-comment-israel-sest-fait-pieger-et-enfumer/05/11/2023/">Mossad, Shabak, Aman : comment Israël s’est fait piéger et enfumer</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le chef d’état-major de Tsahal, le directeur du Shin Bet et le patron d’Aman auraient participé aux discussions pour essayer de déterminer si l’activité irrégulière observée était un exercice du Hamas ou s’il s’agissait de la préparation d’une attaque. Ils en ont conclu qu’il n’y avait alors pas de signes d’une menace majeure imminente. En conséquence, ils ont décidé de ne pas placer les forces de sécurité en alerte face à Gaza un jour de shabbat et n’ont pris que des mesures minimales en attendant de recueillir davantage de renseignements. Ainsi, seules deux unités spéciales antiterroristes – du Shin Beth et de la police – ont été envoyées sur place.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour ce qui est des alertes transmises par les alliés, il convient de reconnaitre qu’il n’y avait rien de sérieux. Certes les Égyptiens ont tiré la sonnette d&rsquo;alarme. Mais, comme l’explique Alain Chouet, ancien directeur du contre-terrorisme à la DGSE, « le problème est qu&rsquo;ils la tirent tous les quinze jours sans jamais donner la moindre indication opérationnelle qui permettrait de réagir en conséquence (…). S’ils font cela, c&rsquo;est en grande partie pour s&rsquo;exonérer du fait que leur frontière avec Gaza est une vraie passoire (…). C&rsquo;est par le poste de Refah et les tunnels environnant que pénètrent à Gaza les armes, matériels, fonds, conseillers techniques expédiés à l&rsquo;intention du Hamas par l&rsquo;Iran, la Turquie, le Qatar et divers généreux donateurs d&rsquo;Arabie ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Par ailleurs, le conseiller américain à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, s&rsquo;exprimant à l&rsquo;Atlantic Festival une semaine avant les attaques du Hamas, avait déclaré « la région du Moyen-Orient est plus calme aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a été depuis deux décennies », ajoutant que « le temps que je dois consacrer aux crises et aux conflits au Moyen-Orient aujourd&rsquo;hui, par rapport à tous mes prédécesseurs depuis le 11 septembre 2001, est considérablement réduit ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>A.B : Y a-t-il eu aussi une négligence politique ? Quelles sont les responsabilités du Premier ministre Netanyahu ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>E.D :</strong> Elles sont écrasantes et c’est là la troisième explication. Le bureau du Premier ministre a officiellement communiqué sur le fait que ce dernier n’avait pas été informé des discussions des responsables sécuritaires et que la première fois qu’il a reçu une information concrète, c’est lorsque le Hamas a commencé à tirer des roquettes et des mortiers sur les villages israéliens situés près de la frontière. Cela est possible. Mais il convient de rappeler que depuis près d’un an la société israélienne est profondément fracturée en raison de la réforme de la Justice que tente d’imposer Netanyahu, poursuivi pour corruption. Cela a donné lieu à la naissance d’un mouvement civique sans précédent qui a agrégé des millions de citoyens, y compris des militaires et des membres des services de sécurité. Les chefs de Tsahal ont plusieurs fois alerté le Premier ministre en lui disant que ce qu’il faisait était en train d’affaiblir la sécurité du pays, qu’il y avait un nombre sans précédent de d’officiers et de soldats qui refusaient de servir un régime qui à leurs yeux bafouait les principes démocratiques. Mais Netanyahu n&rsquo;en a pas tenu compte.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Plus grave, en s’alliant à des partis extrémistes ultra-orthodoxes, il a laissé se développer les implantations illégales de colons juifs en Cisjordanie. Ainsi, la veille de l&rsquo;offensive du Hamas, plusieurs bataillons généralement stationnés à proximité de Gaza ont été réquisitionnés pour assurer la sécurité de nouvelles colonies de Cisjordanie à l&rsquo;occasion de la fête juive de Sukot. Ainsi, la frontière de Gaza s’est trouvée dégarnie lors de l’offensive du Hamas et il a fallu plusieurs heures avant de pouvoir renvoyer des unités combattre les terroristes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Surtout, il convient de rappeler quelle a été la stratégie de Netanyahou – et d’une partie des chefs militaires. Depuis plusieurs années, il a délibérément choisi de renforcer le Hamas pour accroître la division entre les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Netanyahou et son entourage avaient aussi la conviction que le Hamas était désormais dissuadé de lancer une opération d’ampleur en raison de la riposte de Tsahal en 2021. Ils croyaient le contrôler et ont autorisé le Qatar à lui verser des centaines de millions de dollars sensés servir au développement de Gaza et non à la lutte armée… Enfin, n’oublions jamais qu’au début des années 2000, ce sont Israël et les Etats-Unis qui ont favorisé la montée en puissance du Hamas, ce qui lui a permis de remporter les élections de 2006 à Gaza. Cette stratégie d’apprenti-sorcier a eu les effets que l’on voit. Bientôt viendra l’heure de rendre des comptes…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A.B : Quel était l&rsquo;intérêt du Hamas d&rsquo;effectuer une telle opération ? A-t-il agi seul et sans soutien ?</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>E.D :</strong> Depuis deux ans, le Hamas a probablement eu le sentiment qu’il perdait de l’importance aux yeux des autres acteurs de la crise israélo-palestinienne. D’ailleurs, le soutien politique que lui accordaient le Qatar et la Turquie commençait à se réduire. Même Israël semblait le prendre moins au sérieux que jadis… Aussi, cette opération a pu avoir pour but – entre autres – de redorer son blason aux yeux du monde arabe, et de montrer qu’il continuait la lutte, à la différence de l’Autorité palestinienne « corrompue » qui collabore avec Israël.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre effet probable de l’organisation terroriste a été de se livrer délibérément au ciblage des civils afin de faire prendre conscience à la population israélienne de sa vulnérabilité, de jeter le discrédit sur l&rsquo;équipe Netanyahou, incapable d’assurer la sécurité du pays, et de provoquer une réaction militaire disproportionnée d’Israël conduisant le monde à arabe à se liguer contre lui. Ou peut-être le Hamas espère-t-il qu’Israël va se trouver paralysé, dans l’incapacité de riposter en raison des otages.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais le Hamas a fait à mon sens un mauvais calcul. L’ampleur des actes de cruauté et le nombre des victimes ne va pas anesthésier les Israéliens. Face à ces événements, la société s’est déjà ressoudée et va réagir. La présence d’otages pourrait ne pas jouer le rôle dissuasif espéré. La « victoire » tactique du Hamas, va très rapidement se transformer en une défaite stratégique conduisant à la disparition du mouvement.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quant au soutien dont a bénéficié l’organisation terroriste, en plus du Qatar et de la Turquie, l’Iran a très probablement joué un rôle significatif, même si nous ne disposons pas encore d’informations très précises à ce sujet. Hossein Kanani Moghaddam, un ancien commandant du corps des Gardiens de la révolution islamique, a déclaré que Téhéran avait soutenu le groupe islamiste palestinien en lui fournissant les moyens (technologie, fonds) qui l&rsquo;avaient aidé à construire des missiles et des drones. De plus, la Force Al-Qods – le service action des pasdaran – aurait entraîné les commandos du Hamas et son service de sécurité. Toutefois, rien ne permet de dire que l’Iran a ordonné et piloté l’attaque ; il a simplement donné son aval au Hamas et l’a laissé agir à sa guise. Il convient enfin de noter que Téhéran utilise le Hamas comme un proxy dans sa lutte contre Israël mais qu’il n&rsquo;a jamais eu pleinement confiance dans ce mouvement. Sa disparition probable ne sera donc pas une perte pour lui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A.B : Comment est en train de réagir l’État hébreu et quelles peuvent être les suites de sa stratégie, notamment en prenant en compte un élément nouveau, la centaine d’otages israéliens présents aujourd’hui à Gaza ?</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>E.D :</strong> Il est clair, ainsi que nous le voyons depuis une semaine, qu’Israël va riposter sans état d’âme. Le nombre de victimes collatérales civiles à Gaza en témoigne déjà. La mobilisation des réservistes aussi (360 000 hommes en sus des effectifs permanents de Tashal). La question qui se pose est de savoir jusqu’où les opérations vont aller ? Destruction complète de Gaza ? Offensive terrestre ? Que va faire Tsahal en Cisjordanie ? Le risque est évidemment une montée aux extrêmes qui pousseraient d’autres acteurs, notamment le Hezbollah, à réagir, estimant soit qu’une « ligne rouge » a été franchie, soit afin d’exploiter la situation pour essayer d’affaiblir davantage Israël. Ce qui est sûr, c’est que la détermination israélienne est totale et on peut le comprendre. Il existe au sein de la société un large consensus pour une riposte de grande envergure.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La question des otages est indéniablement extrêmement sensible et douloureuse pour l’Etat hébreu. Mais paradoxalement, compte tenu de l’ampleur des crimes commis et de l’électrochoc subi par le pays, celle-ci pourrait se révéler moins déterminante que par le passé.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A.B : Quelles répercussions régionales et internationales peuvent sortir de ce conflit en cours ? Comment réagissent les grandes puissances comme la Chine et la Russie devant ce nouvel embrasement et peut-on craindre à une intervention d’Israël (soutenue par les Etats-Unis) sur l’Iran ?</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>E.D :</strong> Nous sommes aujourd’hui confrontés à une « tectonique » géopolitique très complexe. La principale inconnue est le degré de violence de la riposte de Tsahal que les acteurs régionaux et l&rsquo;opinion internationale vont accepter. On observe que pour le moment le Hezbollah libanais ne fait que le minimum pour manifester son soutien à l’action du Hamas. Certes, peu à peu la tension monte. Espérons que cela n’aille pas plus loin pour le moment. L’attitude future du mouvement chiite libanais dépendra de l’ampleur de la riposte israélienne à Gaza et des directives de l’Iran.</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/jeux-olympiques-2024-le-risque-terroriste-est-eleve/12/11/2023/">Jeux Olympiques 2024 : le risque terroriste est élevé</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce dernier peut se réjouir du fait que l’attaque du Hamas et la réaction de la rue arabe ait permis de torpiller l’accord de paix israélo-saoudien et que les livraisons d’armes de Tel Aviv à l’Azerbaïdjan, avec qui les tensions sont très vives, vont très probablement diminuer. Mais Téhéran se trouve sous une menace majeure israélo-américaine : s’il décide d’activer le Hezbollah ou d’entrer lui-même dans le conflit, les Etats-Unis interviendront aussitôt, ciblant Téhéran jusque son territoire. Il n’est même pas sûr que les Iraniens puissent lancer une attaque contre le Nakichevan azéri au cas où Bakou déciderait d’envahir le sud de l’Arménie. De plus, la Turquie ne resterait probablement pas neutre dans ce conflit. La situation n’est donc pas favorable pour l’Arménie, menacée d’une nouvelle agression de l’Azerbaïdjan. Ce conflit et l’épuration ethnique qui l’accompagne sont en train de passer au second plan de l’intérêt des politiques et des médias…</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les pays arabes ne peuvent condamner l&rsquo;offensive du Hamas en raison de leur opinion publique, mais non plus la soutenir. L’Arabie saoudite a mis un terme à son rapprochement avec Israël et, à l’inverse, le Qatar essaye pour sa part de faire oublier l’important soutien qu’il a apporté au mouvement terroriste depuis plus d’une décennie. Enfin, on note la grande inquiétude de l’Égypte de voir arriver sur son sol au moins un million de réfugiés de Gaza.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais ce qui est le plus préoccupant aujourd’hui est la réaction américaine à venir. Les images des crimes et des enlèvements du Hamas ont profondément choqué l’opinion publique d’outre-Atlantique, par tradition solidaire d’Israël (d’autant que des citoyens américains font partie des victimes et des otages). Ces événements ne font que raviver leurs souvenirs du 11 septembre 2001. Leur réaction risque donc d’être très virulente. Par ailleurs, compte tenu de la situation actuelle à Washington, la guerre au Moyen-Orient est une aubaine pour les Etats-Unis. Elle peut leur permettre de faire passer au second plan la crise politique (risque de Sequester) et peut être favorable pour Biden dans la perspective des présidentielles à venir.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">On mesure déjà qu’à Washington, plus personne n’est intéressé par l’Ukraine. Il y désormais une totale polarisation sur le Proche-Orient et surtout sur l’Iran que beaucoup rêvent de frapper. Les Etats-Unis sont prêts à utiliser le moindre prétexte, fondé ou non, pour lancer des actions contre Téhéran. Il y a désormais 2 porte-avions de l’US Navy en Méditerranée, en plus de ceux du golfe Persique. Washington pourrait aussi laisser Netanyahu frapper l’Iran afin de réduire définitivement la menace nucléaire… Tout cela est évidemment très mauvais pour l’Ukraine. On observe d’ailleurs déjà un redéploiement de l’aide et des moyens en renseignement américains vers le Moyen-Orient. Enfin, la situation est plutôt favorable aux intérêt russes, Moscou ayant toujours soutenu la cause palestinienne, notamment dans son combat contre l’Ukraine.</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A.B : Cette nouvelle guerre prouve-t-elle encore que la paix soit vouée à l’échec et pourquoi ce conflit semble être sans fin ? Et si non, quelles seraient pour vous les solutions ?</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>E.D :</strong> Une réaction en deux temps me paraît nécessaire. Tout d’abord il faut rappeler le caractère inacceptable de l’opération du Hamas : cibler délibérément des civils constitue un crime de guerre, que les victimes soient palestiniennes ou israéliennes. Nous devons donc être solidaires des Israéliens face à cette barbarie comme dans leur action de destruction des Brigades Ezzedine al-Qassam, l&rsquo;aile armée du Hamas, mouvement issu de l’idéologie mortifère des Frères musulmans. Mais dans un second temps, il sera indispensable qu’une solution soit enfin trouvée à cette crise israélo-palestinienne qui dure depuis trois-quarts de siècle, quitte à y contraindre très fermement les dirigeants israéliens qu’il convient également d’empêcher de poursuivre la colonisation illégale en Cisjordanie. Une solution à deux États doit aboutir rapidement. L’offensive de Gaza doit aller de pair avec de vraies propositions afin de permettre la création d’un État palestinien. Sans cela, la situation à laquelle nous venons d’assister se reproduira dans deux ou trois ans.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">J’adhère à la déclaration pleine de bon sens de John Paul, un diplomate de haut rang du département d’État américain qui vient de démissionner devant le soutien « inconditionnel » de Washington à l’offensive israélienne contre Gaza – laquelle a déjà fait plus des milliers de morts et plus de 15 000 blessés, sans compter les centaines de milliers de déplacés – , car la loi du Talion ne mène à rien : « L&rsquo;attaque du Hamas sur le sol israélien est une « monstruosité », (…) mais je crois au plus profond de moi-même que la réplique d&rsquo;Israël, soutenue par l&rsquo;administration américaine, n&rsquo;entraînera que plus de souffrances aussi bien du côté israélien que palestinien : livrer d&rsquo;urgence de l&rsquo;armement à l&rsquo;un des belligérants ne peut qu&rsquo;être injuste et destructeur ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Entretien réalisé par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/angelique-bouchard/">Angélique Bouchard</a> en octobre 2023.</span></p>
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<hr width="50%" />
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		<title>ENTRETIEN &#8211; TAAF : l’excellence de la recherche polaire française</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Oct 2023 07:24:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Antarctique]]></category>
		<category><![CDATA[Dumont d’Urville]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche polaire]]></category>
		<category><![CDATA[TAAF]]></category>
		<category><![CDATA[Valentin Guillet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9386</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-taaf-lexcellence-de-la-recherche-polaire-francaise/07/10/2023/">ENTRETIEN &#8211; TAAF : l’excellence de la recherche polaire française</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), où la France assure une présence humaine continue, constituent un vivier pour l’étude scientifique des régions polaires et subpolaires. Au sein de ces quatre districts que sont Amsterdam, Crozet, Kerguelen et Terre Adélie, l’activité de la recherche polaire française se trouve confrontée à des conditions parfois difficiles. </strong><strong>Entretien depuis l&rsquo;Antarctique avec <a href="https://valantarctique.fr/vous-avez-dit-lidariste/">Valentin Guillet</a>, ingénieur dans la base scientifique Dumont d’Urville.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><b>Arthur Ballantine : Distantes d’a minima 12 000 kilomètres de Paris, les Terres australes et antarctiques françaises sont encore trop souvent méconnues de la part de nos compatriotes. En quoi ces territoires si particuliers sont-ils essentiels pour la recherche française ?</b></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Valentin Guillet :</strong> Les TAAF sont situés dans l’hémisphère sud, et permettent ainsi à la recherche française d’être déployée sur l’ensemble du globe. Ils sont particulièrement isolés des activités humaines et d’une partie de ses pollutions, ce qui en fait des territoires adaptés pour l’étude de l’atmosphère, ainsi que des espèces endémiques et de leurs espaces naturels. L’antarctique emprisonne dans ses glaces l’Histoire du climat, ayant permis de remonter 740 000 ans en arrière. Aussi, l’évolution du climat est plus marquée aux pôles que sur le reste du globe. A ce titre, ces territoires fournissent un poste avancé d’observation de certaines des conséquences déjà visibles du dérèglement climatique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’Antarctique pourrait bien être un point de bascule de l’évolution du climat et de la hausse du niveau des océans. Les mesures de terrain sont essentielles. Nous sommes le premier maillon indispensable d’une longue chaîne de traitement et d’analyse des données recueillies sans discontinuer depuis plus de 70 ans. La recherche est un processus long, qui a besoin d’accumuler des données sur plusieurs décennies pour aboutir à des conclusions fiables et rigoureuses. La recherche polaire française est un exemple en la matière. Parmi les plus anciennes dans ces territoires, elle reste, aujourd’hui encore, dans le wagon de tête, en nombre comme en citations de publications scientifiques, malgré des moyens très limités.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Quelles sont les activités scientifiques développées par la France au sein des Terres australes et antarctiques françaises ? En quoi sont-elles essentielles pour notre pays ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> La science menée dans les TAAF se découpe en 4 grands domaines : Premièrement, la physique du globe et les sciences de l’univers. Sur chacune des 4 stations, nous mesurons l’activité sismique et sommes reliés au réseau international, permettant de contribuer de manière opérationnelle à la localisation des séismes, ainsi que de contribuer à l’étude des entrailles de la Terre. Nous étudions également le champ magnétique terrestre, ainsi que l’activité solaire via des détecteurs de particules. Deuxièmement, l’étude du climat et de son évolution. Au travers de programmes de glaciologie et de chimie de l’atmosphère, nous étudions les précipitations, la composition de l’air, la couche d’ozone en stratosphère, la banquise et la calotte antarctique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A ce titre, plusieurs observatoires fournissent des données mondialement reconnues, notamment pour la mesure de CO2 dans l’atmosphère. Ces données de terrain sont essentielles pour la rédaction des rapports du GIEC. Troisièmement, l’étude du vivant et de son adaptabilité aux changements Nous étudions beaucoup d’espèces, animales et végétales, sur l’ensemble des districts. Certaines espèces sont dites sentinelles, au sens où elles sont très dépendantes des variations de leur écosystème, étant hautes dans le réseau trophique (chaîne alimentaire). Étudier ces espèces bioindicatrices permet d’obtenir un aperçu de l’état de santé global de l’environnement, et de prévoir l’adaptation ou non de ces espèces aux changements (climatiques notamment).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Enfin, les sciences humaines. L’isolement important de nos stations offre un terrain privilégié à l’étude des interactions humaines en milieu fortement contraint. Nous vivons ensemble en vase clos, isolés de nos familles et amis durant 8 à 14 mois, dans un groupe restreint d’individus, avec des conditions météo parfois difficiles. Il n’existe pas beaucoup d’équivalents ailleurs. La station Concordia fait d’ailleurs l’objet d’études conjointes avec l’Agence Spatiale Européenne pour préparer les futures missions vers la Lune et Mars.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutes ces recherches ont à la fois un intérêt en soi, par la volonté d’acquérir des connaissances sur le monde qui nous entoure, mais aussi et surtout un véritable intérêt opérationnel. Alerte et localisation des séismes, diagnostic et prévisions de l’évolution climatique, définition d’aires marines protégées pour préserver les espèces. Les enjeux sont immenses et s’étendent bien au-delà des intérêts nationaux. Nos résultats permettent à la France de s’asseoir à la table des négociations concernant notamment le futur de l’Antarctique. En effet, s’agissant d’un territoire de paix et de sciences jusqu’en 2048, il est important de comprendre que son avenir s’écrit dès aujourd’hui, afin d’empêcher les ambitions d’exploitation ou de militarisation du territoire. Ces études permettent aussi de tenir une position de leader dans l’engagement des nations pour l’avenir de la planète face aux défis climatique et d’érosion de la biodiversité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9421" aria-describedby="caption-attachment-9421" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9421 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7409-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9421" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les scientifiques installent une station de mesure sur le glacier de l&rsquo;Astrolabe. ©Institut polaire français</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Ces activités méritent un personnel qualifié. Qui sont les chercheurs et agents que vous côtoyez ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> A Dumont d’Urville, nous sommes 23 personnes à rester toute une année sur la base, dont 8 mois en isolement total, sans évacuation ni approvisionnement possible. Nous sommes en autonomie complète, livrés à nous même en cas d’urgence. 11 membres, soit la moitié de l’équipe, sont recrutés en tant que Volontaire de Service Civique (VSC) par l’Institut polaire français – les autres membres étant généralement en CDD, ou employés par l’État. Nous sommes 6 scientifiques sur la station, tous VSC. Vétérinaire, écologue, informaticien, glaciologue, ingénieur électronicien et ingénieur opticien, nous sommes responsables de nos programmes de recherche et de leur déploiement sur le terrain. Nous collectons les données, les traitons et les envoyons à nos laboratoires. Nous sommes responsables de la maintenance de nos instruments, soumis à des conditions climatiques parfois dantesques, afin d’assurer une continuité dans les données collectées.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’équipe technique est composée de salariés de l’IPEV : chef technique, plombier chauffagiste, électrotechnicien, chef centrale, et de 4 VSC : second centrale, menuisier, mécanicien de précision, mécanicien diéséliste. Sans eux, pas de science possible. Ils sont seuls représentants de leur corps de métier sur station, assurent l’entretien des bâtiments et installations, se relayent en quart de jour ou de nuit pour opérer la centrale de production d’eau douce, électricité et chauffage, en plus de leur semaine de travail. Pour assurer la logistique, la météo et les fonctions régaliennes, un chef cuisinier et une boulangère pâtissière (en VSC), un médecin, deux militaires qui gèrent les communications, 3 membres de MétéoFrance, et un chef de district qui représente la préfecture des TAAF sur le territoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A nos missions principales s’ajoutent des rôles indispensables en cas d’urgence. Nous sommes tous membres de l’une au moins des équipes de pompiers, de secouristes ou de l’équipe médicale. Il faut pouvoir éteindre un feu ou secourir une personne en cas d’incendie, rapatrier à l’hôpital une personne qui se serait blessée sur le terrain, ou assister le médecin pour opérer un membre de l’équipe en cas d’urgence médicale. L’équipe de VSC est jeune, nous avons de 24 à 31 ans sur notre district, et sommes recrutés pour nos diplômes, nos compétences et notre expérience professionnelle. Chaque membre de l’équipe est indispensable à la vie de la station, et s’engage pleinement dans son métier, avec dévouement et responsabilité. S’agissant des autres stations dans les iles subantarctiques, la situation est assez similaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Quel est l’avenir des conditions et du financement de la recherche polaire française ? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> L’Institut polaire français est l’agence logistique qui déploie les moyens humains et logistiques permettant de mettre en œuvre les programmes scientifiques – sélectionnés par un comité indépendant – sur le terrain. Elle gère avec beaucoup de réussite, malgré un budget extrêmement réduit de 18 millions d’euros, la station Concordia (avec l’Italie), la station Dumont d’Urville, ainsi que la science dans les îles subantarctiques, et une partie de la station arctique de Ny Alesund. A titre de comparaison, la recherche polaire française déploie autant de scientifiques que la recherche sud-coréenne, avec un budget deux fois et demi inférieur. Cependant, si ce budget parvient à peine à couvrir les dépenses courantes, des défis de taille se présentent. Les stations et les équipements sont vieillissants, alors même que les ambitions scientifiques affichées sont grandissantes, comme le montre la stratégie polaire portée par Olivier Poivre-d’Arvor, ambassadeur chargé des pôles et des affaires maritimes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il y a selon nous deux options pour l’avenir de la recherche polaire française. Soit le sujet continue d’intéresser et les enjeux sont compris et acceptés. Une proposition de loi de programmation polaire pour la période 2024-2030 avec un budget de 450 millions d’euros a été remise en mains propres à Elisabeth Borne en juillet dernier par un groupe de députés transpartisans. Si elle rentrait à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale, cette loi pourrait résoudre une grande partie des problématiques rencontrées, et pérenniser la recherche polaire française, en la finançant à la hauteur des ambitions annoncées. Soit, inversement, le sujet n’intéresse plus et il nous faut abandonner nos positions dans les TAAF. Il s’agit là d’un choix de société, d’une réponse de la France à la question : « Voulons nous poursuivre nos recherches aux pôles ou abandonner nos positions ? ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien que convaincus de l’importance de ces résultats et de tout ce qui se joue aux pôles, nous ne pouvons pas trancher seuls cette question. Nous pouvons cependant alerter sur la manière dont se fera ce désengagement. Il s’agirait en effet de réduire les activités et de démanteler progressivement les stations, ce qui demande un investissement financier conséquent. Pour cela, il faut s’intéresser de près au sujet. Une autre manière de faire, qui serait délétère, serait de se désengager du sujet lui-même. En sous-finançant les activités, les ressources matérielles et humaines sur place – dans une situation où l’Institut polaire français, constitué de passionnés, mettra tout en œuvre pour poursuivre un maximum de programmes – pourrait conduire à des situations dangereuses.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9422" aria-describedby="caption-attachment-9422" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9422 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/DSC_0729_coco-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9422" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Une colonie de manchots empereurs aux abords de la base Dumont d’Urville. ©Institut polaire français</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une station vieillissante, un sous-dimensionnement de certains équipements de sécurité, un isolement absolu, des ressources humaines et techniques très limitées, des conditions climatiques extrêmes, il y a tous les ingrédients d’une catastrophe si le sujet est délaissé. La recherche polaire française se trouve face à un choix qui n’est pas totalement entre ses mains. Sur le terrain, isolés, nous n’avons que peu de marge de manœuvre, nous ne pouvons que subir les conditions qui nous sont imposées, ou alerter afin que la situation s’améliore à l’avenir pour nos successeurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Informés d’une perte d’indemnités, vous avez, avec une trentaine d’autres volontaires, mis en demeure l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) afin d’améliorer vos conditions de recherche. Qu’espérez-vous tirer de ce bras de fer ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>V.G. :</strong> Tous volontaires et très impliqués dans notre travail, nous avons accepté d’être peu indemnisés et éloignés des nôtres pour nous engager pour notre pays, pour la recherche polaire, et pour vivre une expérience hors du commun. La perte de 1 600 €, sur un total de 12 000 € pour l’année, nous a été annoncé en juin dernier, sans préavis ni possibilité de négociation. Certains d’entre nous payent encore un loyer et des charges en France. Bien que conscients de la faible marge de manœuvre possible pour l’Institut polaire, après nous être réunis et concerté entre différents districts, nous estimons nécessaire d’alerter et de dénoncer certains abus. Il y a en réalité deux sujets assez distincts.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’abord un litige juridique et financier avec l’Institut polaire, qui est l’employeur d’une trentaine de VSC dans les TAAF. A la suite d’un dialogue infructueux avec la direction, nous avons décidé avec notre avocat de les mettre en demeure de compenser cette perte financière et de régulariser notre contrat pour qu’elle se conforme à l’emploi et aux responsabilités que nous occupons. Malheureusement, l’Institut nie les accusations et ne souhaite pas répondre positivement à cette demande de régulation à l’amiable. Notre volonté affichée a toujours été de nous retrouver autour de la table des négociations pour obtenir réparation du préjudice. Nous réfléchissons actuellement sur les suites que nous allons donner à ce conflit.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ensuite se pose un problème d’envergure sur l’utilisation abusive du statut de volontaire de service civique dans le cadre de la majeure partie de nos missions. Que ce soit par le nombre d’heures que nous faisons, le processus de recrutement sur diplôme et expériences – contraire au code du service national –, les responsabilités et l’autonomie auxquels nous sommes confrontés, le travail de nuit, les astreintes explicites ou implicites, le caractère essentiel de nos missions pour la structure qui nous emploie – là aussi contraire au code du service national –, nous estimons que notre engagement correspondent à un travail de salarié et nous demandons la requalification de nos contrats en CDD. Nous échangeons avec plusieurs députés sur ces questions.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Notre souhait est de construire une situation pérenne et d’obtenir une véritable reconnaissance de notre travail. Pour cela, nous souhaitons vivement travailler conjointement avec l’Institut polaire pour défendre nos intérêts auprès des institutions. C’est dans cette démarche que l’IPEV nous a dernièrement proposé de former des groupes de réflexions sur l’avenir de ce statut. Bien que satisfait par cette réouverture du dialogue, nous attendons de l’Institut polaire français une véritable reconnaissance du dévoiement du statut de VSC, et de la précarité relative dans laquelle il nous place (pas de droit au chômage à notre retour, très faible cotisation pour notre retraite etc.).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous espérons également une prise de position forte auprès des pouvoirs publics pour modifier notre situation à court terme et obtenir les budgets et rehaussement des plafonds d’emploi nécessaire à l’embauche de 30 personnes sous CDD et non sous contrat de volontariat. La proposition de loi de programmation polaire pour 2024-2030 représente une véritable aubaine calendaire. Nous souhaitons sincèrement que l’Institut polaire s’en saisisse. Une autre possibilité consisterait à adapter les missions au statut de volontariat. Cela réduirait drastiquement l’envergure des missions menées, et accroîtrait les différences de statut sur les stations entre salarié et volontaire. Adapter les contrats aux missions réalisées nous semble clairement à privilégier.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La recherche polaire française s’est menée depuis des décennies avec beaucoup d’engagement et de passion. Nous intégrons pleinement cette lignée et souhaitons rappeler notre volonté de travailler et de nous investir pour ces sujets capitaux. Nous alertons sur la précarisation de notre statut afin qu’une véritable réflexion soit engagée et que des décisions fortes permettent à la recherche polaire française d’être menée dans des conditions pérennes, sécurisantes et satisfaisantes. Nous espérons que notre voix portera suffisamment, depuis nos districts respectifs, pour atteindre nos plus hautes institutions.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>ENTRETIEN &#8211; G5 Sahel : «Le Mali doit revenir»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-g5-sahel-le-mali-doit-revenir/09/03/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Mar 2023 20:58:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[G5 Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Mauritanie]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Znagui]]></category>
		<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8688</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 09/03/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-g5-sahel-le-mali-doit-revenir/09/03/2023/">ENTRETIEN &#8211; G5 Sahel : «Le Mali doit revenir»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>ENTRETIEN. En mai 2022, le Mali a annoncé vouloir quitter l&rsquo;organisation du G5 Sahel regroupant 4 autres pays : la Mauritanie, le Mali, le Tchad et le Burkina Faso. Son départ a mis à mal la politique de sécurité régionale et a coïncidé avec la fin de l&rsquo;Opération Barkhane en novembre 2022 et le déploiement du groupe paramilitaire russe Wagner plusieurs mois auparavant. Le général mauritanien Mohamed Znagui Ould Sid&rsquo;Ahmed Ely, chef du Bureau Défense Sécurité du G5 Sahel revient dans cet entretien sur la situation régionale au Sahel.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CHARLES DE BLONDIN : Plus de 9 ans après sa création, quel bilan tirez-vous des actions du G5 Sahel en 2023 ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>MOHAMED ZNAGUI :</strong> Le G5 Sahel a été créé dans des conditions tout à fait particulières, à une période où les cinq pays (NDLR : Mauritanie, Mali, Tchad, Niger et Burkina Faso) qui le composent étaient soumis à une pression sécuritaire très importante. Cette création avait coïncidé avec l’occupation du nord-Mali et l’installation de l’insécurité à long terme dans le nord-Niger. Dans sa formule première, le G5 a été créé comme organisation ayant d’abord un objectif de développement. Il y a trois départements pour le développement pour un département défense et sécurité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les problèmes de sécurité ont pris le pas sur les problèmes de développement compte tenu des circonstances, de l’urgence et de la médiatisation. Mais le développement a connu des avancées importantes. Le G5 a réuni la conférence des bailleurs de fond à Nouakchott en 2018, a élaboré des projets comme un chemin de fer, une compagnie aérienne, des infrastructures routières, des axes de communication, lesquels ont reçu des promesses de financement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sur le plan sécuritaire, le G5 a créé une force conjointe entre les cinq pays, mais aussi d’autres organismes de sécurité, comme un collège sahélien de sécurité qui se trouvait à Bamako, un collège de défense qui se trouve à Nouakchott, un centre d’analyse des menaces et alertes précoces qui se trouve à Ouagadougou, une plateforme de coopération sécuritaire avec des antennes nationales centralisées à Nouakchott.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Des groupes d’action rapide, des unités de gendarmerie financées par l’Union européenne et mises en œuvres par un consortium de gendarmeries du sud de la Méditerranée, dont l’Espagne, la France, le Portugal, l’Italie. Voilà donc un bilan important et positif, un peu diminué avec le développement de l’insécurité. Nous avons créé beaucoup de choses, sans lesquelles la situation serait plus catastrophique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Le G5 Sahel est-il la seule solution pour résoudre ces problèmes ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z :</strong> Nous n’attendons pas du G5 qu’il règle à lui seul les problèmes de terrorisme et d’insécurité mais c’est un moyen d’aider les Etats et la communauté internationale à résoudre ces problèmes. Je crois que le G5 a souffert d’incompréhensions: on lui a trop demandé de vaincre les trafics illicites, le terrorisme, l’immigration illégale, l’insécurité transfrontalière sans lui donner assez en terme de financement, d’assistance, de soutien : tout cela en plus de développement économique ! Un exemple : la force conjointe était une force transfrontalière. On ne peut pas demander à sept bataillons de cinq pays de régler tous les problèmes d’insécurité dans la région.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Je crois qu’il y a une mauvaise interprétation de la menace au niveau international. On a tendance à croire que la menace ne vient que du nord de la région sahélienne alors qu’une menace se propage à partir du lac Tchad à l’intérieur du Nigeria, qui remonte vers le nord et qui est en train de faire jonction avec la menace descendant du nord. Le problème libyen, qui n’est toujours pas résolu, a aussi été un catalyseur pour le développement de cette insécurité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Vous pouvez ajouter à cela la menace qui vient du sud-est, de la zone du lac Tchad et du Nigeria, avec Boko Haram et maintenant l’Etat islamique ainsi que la menace de la piraterie qui se trouve au niveau du golfe de Guinée. Si tout ceci fait jonction, cela pourrait mener à une situation comme celle du Burkina Fasso, qui devient le centre de la menace. Une autoroute du crime qui va de l’Atlantique à la Méditerranée peut se créer.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Le retrait du Mali a-t-il grandement contribué à l&rsquo;affaiblissement du G5 Sahel ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z :</strong> Le G5 Sahel a tenté d’élaborer tant bien que mal des projets pour lutter contre cette situation difficile mais dans le cas de la force conjointe par exemple, tout a été mis à l’arrêt avec le retrait du Mali, qui crée un véritable problème. Il y a un découragement, une lassitude, un retrait des partenaires, qui ne sont plus aussi investis qu’avant. Plus encore, des entités au niveau international cherchent des substituts au G5 avec l’Alliance pour le Sahel, la coalition pour le Sahel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malgré la recherche active d’un substitut au G5 Sahel, celui-ci demeure pourtant le format le plus important et l’organisation la plus à même de faire face aux problèmes de la région. Nous ne désespérons d’ailleurs pas que le Mali revienne un jour dans la structure afin que celle-ci prenne un élan nouveau, ce serait l&rsquo;idéal. Son retour constituerait un retour aux sources, à la continuité territoriale et à la solidarité transversale entre Nouakchott et N’Djamena. Sans ce retour, le G5 fait de la survie. Nous devons beaucoup au fait que les bailleurs, les acteurs internationaux continuent à y croire. Un G4 n&rsquo;aurait pas véritablement de sens : tout l’échafaudage du G5 était fait autour du Mali. Du point de vue historique, géographique, population, politique, le Mali est un pays important de la région.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Si le Mali ne revient pas, le G5 Sahel a-t-il des chances de survie ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z :</strong> Je ne crois pas à un éclatement total du G5. La volonté de rester ensemble, de travailler ensemble, de s’entraider, est plus forte. La logique du G5 Sahel me parait rendre sa destruction absolument impossible. Preuve en est, même avec la sortie du Mali, le G5 continue à s’appeler G5. Cette sortie ne peut être qu’une parenthèse, la place naturelle du Mali étant au sein du G5. De tous les ensembles, le plus viable est la CDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), mais seul le G5 permet de réunir des pays membres et non-membres, comme le Tchad et la Mauritanie, et de lutter avec des problèmes propres à un ensemble géographique, politique, historique et sécuritaire. Sur tous les points de vue, le G5 est quand même plus pertinent que tout le reste. Nous ne désespérons donc pas que le Mali revienne un jour à sa place naturelle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : On dit souvent, et c’est une formule consacrée, que la Mauritanie fait « figure d’exception » dans sa façon de lutter contre le terrorisme, avec aucun attentat depuis une dizaine d’années. Qu’en pensez-vous ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z : </strong>Je n’aime pas cette façon de singulariser un pays ou une région par rapport à un autre. Nous sommes tous des pays africains, nés dans les mêmes années, avec les mêmes niveaux de compétence. La Mauritanie a été en 2005 le premier pays attaqué par les terroristes, ce jusqu’en 2011. Cela a amené la Mauritanie à prendre des mesures assez fortes dans la structuration et l’équipement de ses armées, à prendre des mesures pour la protection de sa population et de son territoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le pays est aussi le plus désertique de la région : prenez le point le plus au sud du pays, il se situe au nord de la zone sahélienne. Nous devons donc occuper, maitriser, développer le désert, au risque de ne pas avoir de territoire. Nous ne sommes pas un de ces pays sahéliens qui présentent une « zone utile » et une « zone abandonnée » : le désert est une question de survie pour nous. Où que vous alliez dans le désert, vous trouverez du peuplement et de la sécurité, déployée en différents corps. Nous avons des soldats qui vivent à la frontière algéro-mauritanienne depuis très longtemps dans ce qui est leur milieu naturel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La question du facteur religieux est aussi importante : nous n’avons pas accepté que quelqu’un se l’approprie par rapport à un autre, la religion étant pour tout le monde. La Mauritanie a donc développé tout une stratégie militaire et économique, mais aussi culturelle, avec des questions de philosophie religieuse mises sur la table. Il faut que chaque citoyen se sente concerné par la sécurité du pays. Les actions de la population dans le renseignement vis-à-vis de certaines menaces ont été très bénéfiques. Nous n’acceptons pas que nos populations se retrouvent à la solde de terroristes, d’extrémistes, ou de gens qui créent l’insécurité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Quel a été la place de l’Etat mauritanien dans cet optique de développement dont le G5 Sahel est un outil ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z : </strong>Le contrôle du territoire par l’Etat a été très couteux. L&rsquo;Etat a été actif financièrement afin d&rsquo;attirer la population dans des zones difficiles. Il a fallu tenir des mois entiers dans les confins du désert, parfois sans eau afin de créer des conditions de vie acceptables . Ces gens aujourd’hui ne se plaignent pas de conditions de vie différentes vis-à-vis des habitants de Nouakchott : ils sont mieux dotés et mieux lotis qu’eux. C’est toute cette philosophie, cette mentalité qu’il a fallu mettre en place, en créant un sentiment d’appartenance à un ensemble, un bloc servant à quelque chose.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous ne pouvons empêcher l’ennemi de rentrer dans le pays par le désert, mais s&rsquo;il ne peut s’approprier nos espaces, nos points d’eau, il ne pourra pas rester. L’essentiel reste la dissuasion. Nous avons été capables de mener des poursuites au fin fond du désert, même au Mali, démontrant qu’aucun point de retraite n’attend l’ennemi une fois son forfait commis.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Quels sont les grands projets de l’armée mauritanienne dans les années à venir ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z :</strong> Je suis plus à l’aise pour vous parler du G5 et de ses problèmes. Cependant, je sais que l’armée mauritanienne s’est bien adaptée à la situation d’insécurité qui prévalait dans la région. Elle dispose d’une petite aviation assez performante, tant dans le renseignement que dans l’attaque au sol. Elle a entretenu une relation avec les populations par une présence sur tout le territoire. Les perspectives de 2025 s’aligneront sur l’évolution des intérêts du pays et de la menace. Nous avons une surface maritime assez importante, intéressante économiquement et stratégiquement. A ce titre, nous comptons sur l’intelligence et la promptitude des Mauritaniens pour s’adapter à une éventuelle nouvelle donne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Il y a quelques semaines, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov s’est rendu en Mauritanie afin de discuter avec le président Mohamed Ould Ghazouani des sujets de politique de développement, de la politique sécuritaire et du G5 Sahel. Comment percevez-vous cette visite-là ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z : </strong>Je ne suis pas un responsable politique. J’ai entendu la nouvelle comme vous l’avez entendue. Monsieur Lavrov est le ministre des Affaires étrangères d’une grande nation de ce monde, qui a des relations très anciennes avec la Mauritanie. Il a été invité lors d’une visite, chose que je trouve tout à fait naturelle. Ce qu’en pensent les gens d’ici, c’est que le moment est très particulier et que la région est très particulière. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, je compte sur le nationalisme, l’intelligence, la finesse et la souplesse des Mauritaniens pour garder, comme ils l’ont toujours fait, un équilibre dans les relations internationales.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous ne sommes pas un pays puissant mais un pays dont la position géostratégique et le rôle régional sont extrêmement importants. Nous ne sommes en guerre avec personne, si ce n’est le sous-développement et le terrorisme. Cela est déjà un travail titanesque, c’est pourquoi je demande à tous nos partenaires, qu’ils soient russes, américains, français, chinois, de nous aider à vaincre ces éléments. Nos amis sont ceux qui nous aident et respectent notre indépendance.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Avec le retrait des troupes françaises du Mali et du Burkina-Faso, quelle place le G5 Sahel accorde-t-il à la France dans la région ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z : </strong>Il y a suffisamment de penseurs et stratèges français pour penser à la position française en Afrique. Pour ce qui est du G5 Sahel, la France est un partenaire assez important. Elle dispose à mon avis de plus d’atouts dans la région que tout autre nation. Si ces atouts étaient bien exploités, ils permettraient à la France d’établir une relation privilégiée avec la région ouest-africaine. Ces atouts que sont la langue, l’histoire peuvent être exploités.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Actuellement, c’est le Mali qui a le plus de problèmes avec la France dans la région. Lorsque des ministres maliens veulent exprimer des désaccords, ils utilisent le français et non pas l’anglais ou le russe ! Ce sont des liens extrêmement forts, que les orages présents ne peuvent effacer. La présence de mercenaires russes au Mali me semble destinée au provisoire. L’équation mathématique est simple : ce qui lie la France au Mali ou au Burkina Faso est beaucoup plus important que ce qui les oppose.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le G5 Sahel est une organisation locale, sans obédience ou destination française. Elle a pour but de régler les problèmes de la région avec tous les partenaires de la planète. Peut-être que la France est beaucoup plus proche, mieux disposée, plus visible et est de fait un acteur privilégié mais elle n’a en rien une prépondérance. Nous voulons donc que cela soit exploité dans une diplomatie sage, sereine et suivie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Le film américain « Black Panther, Wakanda forever » de la franchise Marvel présente des mercenaires embauchés par le gouvernement français et portant des uniformes de l’opération Barkhane. Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a condamné cette image que véhicule le film. Que pensez-vous de la présence militaire française au Mali et au Bukina-Faso, qui semble condamnée dans une guerre informationnelle ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>M.Z :</strong> Je ne suis pas cinéphile et ne connais pas le film dont vous parlez. Si je prends l’information telle que vous me la donnez, je reste tout à fait étonné de tels agissements de la part d’un allié de la France, les USA. J’ai rencontré au Mali, au Burkina-Faso et dans toute la région des soldats français professionnels, des officiers merveilleux, des généraux très compétents, mais jamais des mercenaires portant le même uniforme.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">J’ai parcouru la région pendant des années et n’ai jamais rencontré un soldat ou officier français qui me donne l’impression d’être un voyou ou un mercenaire. Ces gens sont des professionnels, d’un très bon niveau, qui remplissent une mission d’Etat, dans le cadre d’une force constituée. Si cela existe ailleurs ou dans les confins, je n’en ai jamais été témoin. Je peux tout accepter, tout comprendre, sauf que l’on me dise que l’armée française soit assimilable, de près ou de loin, à des mercenaires.</span></p>
<p>Propos recueillis par&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a></p>
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		<title>Nikola Mirkovic : «Les Etats-Unis sont un empire qui colonise les élites»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/nikola-mirkovic-les-etats-unis-sont-un-empire-qui-colonise-les-elites/10/01/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Francis Venciton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2023 20:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Nikola Mirkovic]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8573</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/01/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/nikola-mirkovic-les-etats-unis-sont-un-empire-qui-colonise-les-elites/10/01/2023/">Nikola Mirkovic : «Les Etats-Unis sont un empire qui colonise les élites»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b>Irak, Somalie, Bosnie, Serbie, Afghanistan, les guerres menées par les Etats-Unis depuis plusieurs dizaines d&rsquo;années ont marqué durablement de nombreuses régions du monde. Parti de rien, ce pays, devenue une super puissance militaire, économique et culturelle s&rsquo;est imposé à tous devenant un véritable empire. Un rayonnement qui semble </b><b>montrer de plus en plus quelques fragilités selon Nikola Mirkovic, geopolitologue, humanitaire et auteur du livre «<strong style="font-size: revert;">L&rsquo;Amérique Empire». Entretien.</strong></b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>FRANCIS VENCITON : Votre livre </strong><strong style="font-size: revert;">se nomme « L&rsquo;Amérique Empire », n&rsquo;y a-t-il pas là une provocation sachant que l&rsquo;Amérique est constitutionnellement une démocratie ? En quoi est-ce un empire ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>NIKOLA MIRKOVIC :</strong> Les Etats-Unis ont à la fois les attributs d’une démocratie et d’un empire. Ils forment un empire dans la mesure où leur rayonnement international influe de manière pesante les politiques de nombreux pays du monde quand ils ne les dirigent pas directement. Et en même temps dans chaque Etat américain, il y a un véritable exercice démocratique où le peuple est régulièrement sollicité pour prendre des décisions sur des sujets concrets. Localement, un Américain peut décider, lors d’un vote, si tel ou tel budget de l’Etat doit être alloué à une école, une bibliothèque ou une prison par exemple.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans certains comtés américains les électeurs peuvent choisir leur shérif. Si en Californie un certain quorum est atteint, les citoyens peuvent organiser des référendums d’initiatives populaires. Il y a donc une véritable pratique de la démocratie électorale où le citoyen exprime un choix sur un sujet spécifique à l’intérieur des Etats américains. En revanche, au niveau fédéral, les Américains n’ont le choix qu’entre deux partis qui sont très proches (malgré les apparences) et sont tributaires de la démocratie représentative sur de nombreux sujets nationaux. <span style="font-size: revert;">La célèbre militante socialiste Helen Keller disait déjà au début du XXè siècle : « </span><em style="font-size: revert;">Nous votons, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que nous choisissons entre les membres de deux partis d’autocrates non avoués.</em></span><span style="font-size: revert; color: initial;"><span style="color: #000000;"> »</span> </span></p>
<p><span style="font-size: revert; color: initial;"><span style="color: #000000;">Les USA sont un empire qui ne colonise pas les territoires mais les élites. Conquérir un territoire donne accès aux ressources et aux marchés du dit-territoire mais impose également des investissements très lourds d’intégration du nouveau territoire dans son propre pays. Coloniser les élites, à travers le <em>soft power</em>, les universités US ou encore les <em>think tanks</em> donne les mêmes avantages tout en affranchissant du devoir régalien du colon envers le colonisé. C’est également nettement moins onéreux. Et quand les élites d’un pays ne se soumettent pas, Washington n’hésite pas à renverser le gouvernement ou à l’attaquer militairement au nom de la « démocratie » évidemment.</span> </span></p>
<p><span style="font-size: revert; color: #000000;">Dans <em>Killing hope</em>, l’auteur américain William Blum liste de manière quasi exhaustive les ingérences américaines dans les gouvernements de nombreux pays du monde et cela donne le vertige. Il ne faut pas croire que cette extension impériale ne concerne que l’Amérique du Sud ou des portions d’Asie et d’Afrique. L’Europe est une des cibles principales de Washington. D’ailleurs, un des hommes les plus influents de la politique étrangère états-unienne de la fin du XXè siècle, Zbigniew Brzezinski considérait l’Europe de l’Ouest carrément comme un « protectorat américain. » Pour contrôler cet empire, les USA ont plus de 700 bases militaires à travers le monde, bien loin du territoire américain mais très proches des routes de commerce et des matières premières que l’empire veut contrôler.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.V : Quels sont les grands invariants de la politique étrangère américaine ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>N.M</strong> : Les USA, malgré leur image policée et généreuse diffusée dans les médias, ont toujours été dominés par une poignée d’oligarques et de stratèges qui ont largement influencé la politique étrangère états-unienne à des fins financières. On ne peut pas dire qu’ils contrôlent tout mais on peut affirmer qu’ils contrôlent beaucoup. De nombreux présidents américains comme Adams, Hayes ou même F.D. Roosevelt ont critiqué, souvent dans des correspondances privées, le rôle de l’argent et de sa concentration entre les mains de quelques-uns aux USA. Le président Eisenhower a ouvertement critiqué ce pouvoir illégitime dans son discours de fin de mandat de 1961. Il dit : « <em>Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu&rsquo;elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque d&rsquo;une désastreuse ascension d&rsquo;un pouvoir illégitime existe et persistera.</em> » </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dès leur création les US ont fait la guerre, d’abord pour conquérir un territoire immense de l’Atlantique au Pacifique, puis pour étendre leur sphère d’influence à travers le globe. Les USA sont constamment en train de s’ingérer dans les affaires de nations souveraines. Nous connaissons bien les « révolutions de couleur » financées par des ONG américaines ou leurs amis comme G. Soros en Syrie, en Yougoslavie, en Géorgie ou en Ukraine mais ces opérations ne représentent que la partie visible de l’iceberg, quand un gouvernement en place refuse d’obéir aux « conseils » de l’Oncle Sam. Tous les jours à travers le monde, les agents d’influence américains œuvrent pour la défense des intérêts américains au sein de gouvernements étrangers. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ne croyez surtout pas que la France soit épargnée. Non seulement Washington espionne nos présidents mais elle nous oblige à ne pas vendre dans les marchés qu’elle a décidé de boycotter et n’hésite pas à sanctionner nos entreprises de plusieurs milliards d’euros d’amendes quand ces dernières sortent des clous. La BNP, le Crédit agricole et la Société Générale en ont tous fait les frais. Le magistrat français, ex-Président de la commission des lois de l’assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas dit : «<em> Les Etats-Unis n’ont pas d’amis, que des cibles ou des vassaux.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">F.V : En dépit des alternances démocratiques, on peut constater une constance dans la géopolitique américaine de ces dernières années, peut-on considérer que le système bureaucratique l&#8217;emporte sur les volontés des hommes politiques ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>N.M :</strong> Bien sûr, regardez avec quelle difficulté Donald Trump a dû gérer sa présidence. L’Etat profond américain ne cessait de lui mettre des bâtons dans les roues que cela soit à travers les médias ou même dans son propre gouvernement. L’épisode Trump nous a prouvé, s’il en était besoin, que l’homme le plus puissant du monde n’est clairement pas le président des USA puisque celui-ci ne peut même pas mettre en place le programme pour lequel il a été élu. Au sein même de l’appareil étatique demeure un courant de pensée mondialiste très prégnant qui pèse lourdement sur les choix des présidents états-uniens quelles que soient leurs couleurs politiques. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette influence se ressent notamment sur le choix des secrétaires d’état à la Défense ou du Trésor qui sortent quasiment tous du même think tank le <em>Council on Foreign Relations</em>. Cet organisme fait partie des associations ouvertement atlantistes et mondialistes qui hantent les arcanes de l’administration américaine depuis des générations et qui y placent leurs pions. Cela permet une continuité dans la politique étrangère américaine : les présidents passent mais les hauts fonctionnaires restent. Trump a résisté contre cette influence non démocratique. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par ailleurs, il y a une véritable politique des portes tournantes (<em>revolving doors</em>) où l’on va retrouver ces hauts fonctionnaires, politiques et capitaines d’industrie indifféremment à des postes au gouvernement, dans les institutions où dans les grandes entreprises stratégiques. Ainsi Paul Wolfowitz, ancien sous-secrétaire d’Etat à la Défense, est promu Président de la Banque mondiale. Donald Rumsfeld va passer de l’armée à la politique avant de devenir ambassadeur des USA à l’OTAN, puis dirigeant du grand groupe pharmaceutique G.D. Searle (devenu depuis Pfizer) puis Secrétaire à la défense des USA. Ces personnes gardent le cap impérial des USA.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.V : Que peut-on faire contre l&#8217;empire ? N&rsquo;est-ce pas une position paresseuse ou très déterministe que de se contenter d&rsquo;attendre sa chute ?</strong> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>N.M :</strong> La plus grande ruse de l’empire est de faire croire qu’il n’existe pas. Il ne faut surtout pas attendre et s’en libérer au plus vite. Il en va de la défense de la souveraineté française et de la paix dans le monde. Les USA doivent reprendre une taille humaine : « <em>Make America Small Again</em>. » C’est le souhait de nombreux américains d’ailleurs qui n’aiment pas l’extension impériale et préféreraient que les lourds investissements de l’Etat américain à l’étranger soient consacrés aux Américains d’abord. Combien de temps encore les Français vont-ils laisser Washington sanctionner nos entreprises, casser nos contrats commerciaux, espionner nos responsables politiques et nous entrainer dans des guerres qui ne sont pas les nôtres ? </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il faut se libérer de l’empire états-unien, c’est une question de survie. La France ne pourra jamais aspirer à redevenir une vraie puissance stabilisatrice en Europe et dans le monde assurant la prospérité à ses citoyens tant qu’elle sera sous le joug d’une puissance étrangère. Le Général de Gaulle a dit il y a plus de 60 ans déjà : «<em> Le grand problème (…) c’est l’impérialisme américain. Le problème est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les têtes.</em> » Malheureusement, la classe politique actuelle a laissé ce combat majeur du général de côté pensant peut-être qu’il n’existait pas ou n’osant pas l’affronter de peur des répercussions.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.V : Avec les événements ukrainiens, assistons-nous aux derniers feux de l&rsquo;Amérique ou à une recomposition plus globale de la société internationale ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>N.M :</strong> L’Amérique est une nation impressionnante qui a fait preuve d’une capacité de résilience et d’adaptation phénoménale dans sa petite histoire. Elle a survécu à une guerre civile où périrent 600 000 de ses citoyens, elle a survécu à différentes grandes crises financières, elle s’est très bien adaptée lors des deux guerres mondiales… déclarer qu’elle vit ses derniers jours serait un peu hasardeux. Il est vrai en revanche que Washington ne va pas bien. Les USA traversent des crises de très grande ampleur à l’extérieur et à l’intérieur de ses frontières et son hégémonie n’a jamais autant été contestée. Aujourd’hui, sur plusieurs continents, les voix se lèvent pour sortir du modèle mondialiste américain. L’usage du dollar, un des piliers de l’empire américain, est en train de s’affaiblir. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Russie, la Chine, la Turquie, le Brésil échangent de plus avec leurs monnaies nationales. En Syrie comme en Ukraine, on voit que la Russie ne craint plus les USA ni l’Otan. Surtout, les Américains n’ont jamais autant été divisés entre eux. Comme un peu partout en Occident, le pays est en train de s’atomiser et de tomber dans l’anomie. L’Américain a plus de haine contre son voisin de palier que contre les Russes ou les Afghans. On a vu lors des dernières élections présidentielles le gouffre qui sépare les supporters de Trump et de Biden, ils ne se supportent plus. On n’avait pas vu cela depuis la guerre civile, c’est un grand signe de faiblesse pour l’empire et c’est peut-être là son talon d’Achille. Le professeur britannique Paul Kennedy avait mis les Etats-Uniens en garde contre leur « <em>surextension impériale</em> » mais c’est peut-être à l’intérieur que les US trouveront la cause de leur chute.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Propos recueillis par <a href="http://billetdefrance.fr/author/francis-venciton/">Francis Venciton</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8581" aria-describedby="caption-attachment-8581" style="width: 200px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-8581 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?resize=200%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="200" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?resize=683%2C1024&amp;ssl=1 683w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?resize=1024%2C1536&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?resize=1365%2C2048&amp;ssl=1 1365w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?w=1600&amp;ssl=1 1600w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/01/91LbLG2stTL.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /><figcaption id="caption-attachment-8581" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;Amérique Empire &#8211; Nikola Mircovic &#8211; 2021 &#8211; Editions Temporis</span></figcaption></figure></p>
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		<title>ENTRETIEN &#8211; Crise au Panama : «un blocage historique qui peut perdurer»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-crise-au-panama-un-blocage-historique-qui-peut-perdurer/20/07/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jul 2022 17:22:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[Panama]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=7937</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 20/07/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-crise-au-panama-un-blocage-historique-qui-peut-perdurer/20/07/2022/">ENTRETIEN &#8211; Crise au Panama : «un blocage historique qui peut perdurer»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le Panama, petit pays de 4,5 millions d’habitants niché au sud de l’Amérique centrale, est secoué depuis quelques semaines par une vague de contestation sociale inédite. Ces manifestations, les premières d’une telle ampleur depuis 1989, ont conduit au blocage du pays et à l’annonce d’un accord historique. Billet de France s’est entretenu à ce sujet avec un ingénieur français expatrié et témoin des évènements.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Arthur Ballantine : D’où vient la situation actuelle au Panama, telle que vous l’avez observée ?</span></strong><br />
<span style="color: #000000;"><strong>Etienne Koantig :</strong> Le climat actuel est l’apogée d’une défiance généralisée de la population vis-à-vis du personnel politique. Celui-ci est jugé incapable d’endiguer l’augmentation progressive mais fulgurante du coût de la vie. Depuis le début de l’année 2022, les prix des combustibles, qui se répercutent sur ceux de l’électricité et l’essence, ont augmenté de 40%. A l’heure actuelle, le prix du litre d’essence est de 1,30 USD pour un salaire médian de moins de 500 euros et un taux de chômage de 10%. A cela s’ajoute une augmentation des produits alimentaires, lesquels atteignent un niveau jugé insupportable par les consommateurs. Par exemple, le kilogramme de pâtes atteint aujourd’hui l’équivalent d’un euro, un prix exorbitant lorsqu&rsquo;il est ramené au salaire médian. Le Panama reste, malgré une économie reposant sur le dollar et des revenus importants tirés de l’exploitation du canal (plus de 2 milliards de dollars par an, NDLR), l’un des pays du monde présentant un taux d’inégalités économiques parmi les plus importants du monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B : Le gouvernement n’a-t-il pas tenté d’apporter une réponse à ces augmentations ?</strong></span><br />
<span style="color: #000000;"><strong>E.K :</strong> Le fait est qu’une première réponse a été apportée mais que celle-ci a été jugée bien trop tardive. Après une semaine de blocage début juillet, les autorités ont annoncé un gel des prix sur l’essence et les produits alimentaires. Cette action a été considérée comme plus qu’insuffisante par les manifestants qui désiraient une réelle réduction des prix, éloignée du plafond atteint à la mi-juillet. L’accord annoncé le 17 juillet 2022 intervient donc bien tardivement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true">
<p lang="fr" dir="ltr">Le <a href="https://twitter.com/hashtag/Panama?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Panama</a> s&#39;embrasse après 16 jours de grève générale contre la vie chère et la corruption. Des manifestants ont dérobé une voiture de police à Santiago de Veraguas avant de l&#39;incendier <a href="https://twitter.com/hashtag/inflation?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#inflation</a> <a href="https://t.co/jxId83E7lt">pic.twitter.com/jxId83E7lt</a></p>
<p>&mdash; Anonyme Citoyen (@AnonymeCitoyen) <a href="https://twitter.com/AnonymeCitoyen/status/1549623803495464962?ref_src=twsrc%5Etfw">July 20, 2022</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B : En quoi consiste cet accord ?</strong></span><br />
<span style="color: #000000;"><strong>E.K :</strong> Dimanche 17 juillet 2022, la présidence annonçait avoir convenu d’un accord pour le déblocage des routes avec certaines organisations syndicales et populaires. On parle alors d’un « <em>accord fixant le prix du carburant à 3,25 dollars le gallon et levant les blocages de route dans tout le pays</em> », selon les mots de l’Alliance nationale pour les droits des peuples organisés. L’enjeu central de la contestation de ces dernières semaines était justement le prix du litre d’essence, fixé à 3,78 dollars. Les manifestants voulaient le voir divisé par trois, soit ramené à 0,79 dollar : ils ont donc refusé une première proposition de réduction à 1,44 dollar. Cet accord fixant le litre à environ 0,71 dollar, on peut parler d’une victoire du mouvement de contestation populaire. Cependant, certaines organisations ont rejeté le texte et ont annoncé poursuivre les opérations de blocage.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B : Cette situation aurait-elle donc des origines plus profondes ?</strong></span><br />
<span style="color: #000000;"><strong>E.K :</strong> Sur les points de blocage que j’ai pu rencontrer dans la région d’Almirante, dans le nord du pays, c’est souvent le système économique panaméen tout entier qui est pointé du doigt. Une vingtaine de familles multimilliardaires contrôle l’économie du pays et est accusée de corrompre le gouvernement. Or, ce dernier est actuellement dans l’incapacité de payer ses fonctionnaires. S’ajoutent à cela une coupure générale de l’eau et de l’électricité dans tout le pays. Sans cet accord, nous aurions pu nous attendre à un blocage plus complet encore : cela pourrait aujourd’hui ne plus être à l’ordre du jour. Cependant, les problèmes de fond restent non-résolus : déficience des services publics, notamment en matière de santé et d’éducation, accès intermittent à l’eau, chômage et précarité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B : A quel point le pays a-t-il été bloqué avant la conclusion de cet accord ?</strong></span><br />
<span style="color: #000000;"><strong>E.K</strong>&nbsp;: Depuis le début du mois de juillet, les manifestants tiennent les routes, avec des barrages plus ou moins importants et fortifiés. On parle là de barrages rustiques : des arbres sont abattus et des campements sommaires établis par de petits groupes. Une chose est sure, aucun véhicule ne peut circuler librement. On pourrait imager la situation en risquant une comparaison avec les blocages des ronds-points en France par les gilets-jaunes en 2018. Une différence majeure est pourtant à noter : au Panama, on ne passe pas. Le blocage des routes s’est généralisé à tout le pays, avec une tentative de contrôle la semaine dernière de la frontière nord, marquant la rupture avec le Costa-Rica. Si les manifestants tiennent l’autoroute principale du pays, la Pan-American Highway, ils ont été repoussés par la force publique panaméenne à dix kilomètres de la frontière.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>https://twitter.com/tony2442m/status/1549566361856364544</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B : Pourquoi ces évènements doivent-ils être observés avec attention ?</strong></span><br />
<span style="color: #000000;"><strong>E.K :</strong> Il convient ici de faire un bref rappel historique. Le Panama a, jusqu’en 1989, été le théâtre d’oppositions complexes entre des dirigeants issus de l’armée (les généraux Omar Torrijos de 1968 à 1981 et Manuel Noriega de 1983 à 1989, NDLR), les acteurs des trafics de drogue, les milices paramilitaires colombiennes, les réfugiés de la junte haïtienne et les Etats-Unis. L’essentiel de la place du Panama sur la scène internationale est historiquement lié au contrôle du canal, déjà imaginé par Charles Quint, mais aussi aux affaires d’évasions fiscales mises au jour par les scandales des Panama Papers puis des Pandora Papers en 2016 et 2021. Le peuple a longtemps été tenu éloigné de ces enjeux, n’ayant que peu de moyens d’y prendre part. Avec le blocage généralisé des axes de communication et le refus premier de céder aux propositions du gouvernement du président Laurentino Cortizo, le peuple panaméen s’est exprimé pour la première fois depuis longtemps. Preuve en est : il s’agit de la vague de contestations la plus importante depuis 1989. Plus intéressant encore, l’accord trouvé le 17 juillet 2022 pourrait être le point de départ d’un nouvel équilibre au sein du pays, le peuple ayant les moyens de faire pression.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B : En tant qu’observateur, comment voyez-vous l’avenir de la situation ?</strong></span><br />
<span style="color: #000000;"><strong>E.K :</strong> Il est difficile de deviner le futur de ce genre de mouvement social. A ce stade, on ne peut vraiment parler que de colère. Le pays est plongé dans l’inconnu, avec deux issues envisageables. L’accord conclu avec le gouvernement sur les prix pourrait-il apaiser le pays ? Un blocage encore plus généralisé pourrait-il advenir ? Une chose reste sûre, les problématiques pointées par la contestation sociale n’ont pas toutes trouvées leurs réponses. Les questions de corruption et de dilapidation des ressources publiques restent centrales au Panama : malgré cet accord historique, la situation de ces dernières semaines pourrait durer, ou se répéter à moyen terme.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Etienne Koantig* est ingénieur au sein d’une coopérative agricole spécialisée dans la culture de la canne à sucre, une part importante de l’agriculture en Amérique centrale.</span><br />
<span style="color: #000000;">* Les noms et prénoms de notre interlocuteur ont été modifiés pour des raisons de sécurité.</span></p>
<p>Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/arthur-ballantine/">Arthur Ballantine</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p></center>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-crise-au-panama-un-blocage-historique-qui-peut-perdurer/20/07/2022/">ENTRETIEN &#8211; Crise au Panama : «un blocage historique qui peut perdurer»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>ENTRETIEN – Tour Triangle à Paris : «cette construction est une ineptie»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-tour-triangle-a-paris-cette-construction-est-une-ineptie/08/04/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Apr 2022 14:42:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Olivier Rigaud]]></category>
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		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=7565</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 08/04/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-tour-triangle-a-paris-cette-construction-est-une-ineptie/08/04/2022/">ENTRETIEN – Tour Triangle à Paris : «cette construction est une ineptie»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>ENTRETIEN. En 2011, la mairie de Paris relance un projet immobilier : la construction d’un gratte-ciel pyramidal dans le XVème arrondissement, au parc des expositions de la porte de Versailles. Après de nombreux échecs, le projet pourrait voir le jour s’il ne faisait pas l’objet d’une plainte auprès du Parquet national financier. Billet de France s’est entretenu à ce sujet avec Olivier Rigaud, co-fondateur du Collectif contre la Tour Triangle et vice-président de l’association Jeunes parisiens de Paris.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">ARTHUR BALLANTINE : Quelle est la genèse du conflit qui entoure la Tour Triangle depuis quatorze ans ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>OLIVIER RIGAUD :</strong> C’est en 2008 que le maire de Paris Bertrand Delanoë rend le projet public. La première adjointe au maire, Anne Hidalgo, est alors chargée de l’urbanisme et de l’architecture mais ce n’est qu’en 2011 que le projet cristallise l’intérêt. Avec d’autres associations nous avons alors attaqué la révision simplifiée qui constitue la porte d’entrée du projet : une modification du Plan local d’urbanisme (PLU) permettant de déroger aux règles de plafonnement de 37 mètres. Après le retournement de veste de sept conseillers de Paris, « Tour triangle 2 » a été votée, ce qui fait que le PLU prévoit aujourd’hui la possibilité de construire un immeuble de 180 mètres de haut sur cette parcelle ! L’enquête publique a montré à l’époque que plus de 80% des parisiens étaient hostiles à ce projet. Même le commissaire enquêteur estimait que l’intérêt général n’était pas démontré du fait de problèmes de transports. On pouvait très bien moderniser le Parc des expositions sans construire la Tour triangle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">A.B : Quel est alors le projet avancé par la mairie de Paris ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>O.R :</strong> Lorsqu’Unibail, le groupe immobilier en charge du projet, a obtenu de la ville de renégocier le bail de construction du parc qui courrait jusqu’en 2026, il s’engageait à moderniser le parc, à investir 500 millions sur 10 ans et à faire du Hall 7 le premier centre de congrès européen. En réalité, celui-ci n’est pas dans la Tour Triangle et fait 2000 mètres carrés. En suivant les préconisations du cabinet de conseil KPMG, Unibail a donc construit un hôtel grand standing et un hôtel moyen standing avenue de la porte de la Plaine, qui a été livré il y a deux ans. Les conseillers de Paris s’y sont opposés soulignant l’absence d’intérêt général. Unibail s’est résolu à mettre un hôtel de standing dans la tour. Pour faire plaisir à la municipalité, un atrium et une salle d’exposition toute petite ont été rajoutés, tout comme quatre commerces sur l’avenue Ernest Renan lesquels se sont réduits à deux avec des permis modificatifs pour des raisons de sécurité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">A.B : Pourquoi les défenseurs du projet tenaient-ils tant à construire une tour ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>O.R :</strong> Nous avons rencontré l’architecte Françoise-Hélène Jourda qui faisait la démonstration que construire une tour aujourd’hui est une ineptie. Il faut savoir qu’une tour consomme énormément d’énergie primaire car au-delà de 20 étages, c’est l’acier qui prédomine avec un noyau en béton. Les normes-pompier prévoient un double plancher avec un espacement d’1m80, soit la hauteur d’une flamme. Plus gros encore, 25% de la superficie des planchers sert aux aspects techniques, ascenseurs et cages d’escaliers : la déperdition de place est prodigieuse, elle n’est pas dévolue à l’usage recherché. Cela fait que lorsque l’on construit une tour, cela coûte plus de 4 fois plus cher qu’un bâtiment basse consommation qui respecte les plafonnements. Les ombres portées apporteront sur le voisinage une obscurité qu’il ne connaissait pas durant plusieurs heures et des problèmes de reflet avec un effet-loupe apparaîtront. Aussi, les études d’impact montrent des risques importants pour la faune : de la sidérurgie serait alors entreprise pour éviter que les oiseaux ne confondent la paroi avec le ciel, un comble pour une tour dite transparente…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">A.B : On pourrait vous rétorquer que tous ces bureaux pourraient être reconvertis en logements…</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>O.R :</strong> La conversion de ces bureaux en appartements est également une ineptie : on ne parlera évidemment pas de logement social. Or, qui paierait les charges ? De plus, la réversibilité nécessiterait des entrées, des cuisines, des salles de bain : cela coûterait odieusement cher. Pourrait-on faire pour autant des logements d’apparat avec une bonne adresse et une vue sur Paris ? Pas du tout : le mur donnant sur le Balardgone est le plus intéressant mais n’offre aucune visibilité, c’est un mur pompier, coupe-feu, aveugle ! La vue de ces appartements sera donc dirigée vers la partie Grand Parc du Parc des expositions. L’aspect esthétique de l’édifice va à l’encontre de l’horizontalité de la capitale. Celle-ci va attirer le regard : elle sera tout sauf transparente du fait du mur-sécurité, des cloisons, des doubles planchers. Si on les loue au prix de l’immobilier, il faut compter les charges, qui sont équivalentes au prix d’un loyer.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">A.B : La Ville avance pourtant que la Tour s’intégrerait au Grand Paris axe Issy-Paris-Saint-Denis.</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>O.R :</strong> La Tour est un obstacle visuel mais il est aussi très abusif de prétendre que le XVème ait besoin de bureaux neufs. Il y a plus de 4 millions de mètres carrés de bureaux vides dans Paris et la Grande couronne ! Les tours ne résorbent pas le chômage, elles vont créer de l’activité pendant les trois à quatre ans de la construction mais ne serviront qu’à déplacer des emplois vers la Tour. Les entreprises des Tours Jumelles de New-York sont aujourd’hui dans la Silicon Valley et ne sont jamais retournées dans des tours, leurs salariés étant plus heureux dans des bâtiments plus humains, moins hauts. La Défense crée un attrait en termes d’affaires mais si on devait construire un « La Défense 2 », cela ne pourrait se faire que dans le cadre d’un plan directeur. Or, à la vue de la politique du logement d’Anne Hidalgo, les classes moyennes dans l’attente d’un enfant partent habiter dans des zones accessibles sur le plan financier, au nord-est de Paris. Si l’on veut absolument un centre d’affaires et afin d’éviter les phénomènes pendulaires, il faut le construire là où l’on force à se déplacer les cadres d’affaires et les cadres moyens.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">A.B : Les parisiens paient-ils pour cette tour ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>O.R :</strong> C’est un sujet qui avait été mis en avant dès 2014 par les conseillers de Paris et qui a été repris dans le rapport de la chambre régionale des comptes. La redevance du bail à construction avait été évaluée à plus de 10 millions d’euros par an, ce qui est descendu à 6,5 millions, avec une somme minimale à 2 millions si la Tour n’est pas complétement occupée. Ce manque à gagner sera payé par le contribuable pendant la durée du bail, soit 86 ans. C’est exagéré! Anne Hidalgo se vantait il y a quelques années de vendre des actifs de la Ville de Paris. S’il est vrai qu’il y a eu de nombreuses donations et que la Ville se retrouve avec un patrimoine important, peut-être n’a-t-elle pas le moyen de gérer. Anne Hidalgo se targue d’être une bonne gestionnaire puisqu’elle a revendu pour 200 millions d’actifs appartenant à la Ville. Pourquoi se vanter de cela si on ne loue pas au prix du marché à coté ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">A.B : Le projet fait actuellement l’objet d’une plainte devant le Parquet national financier</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>O.R :</strong> Notre association s’était déjà portée une première fois devant le Parquet national financier mais le procureur avait classé sans suite. Depuis, un rapport de la chambre régionale des comptes d’Ile de France estime qu’il y a de graves anomalies dans le respect de la passation de marchés publics et qu’il y a certainement un délit de favoritisme en faveur d’Unibail, seul candidat au départ. Depuis la parution du rapport, Anticor, s’est constituée partie civile et nous avons réactivé notre plainte. Anne Hidalgo, s’était d’ailleurs retirée de ce poste à la suite des révélations du Canard enchainé qui révélait qu’Unibail payait des pages de publicité dans ses journaux politiques, nourrissant un soupçon de conflit d’intérêts ! Face à ce doute quant à la légitimité des baux à construction, le PNF pourrait demander la suspension du chantier. Nous comptons donc beaucoup sur le PNF.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><center></p>
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<p></center></p>
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		<title>ENTRETIEN – Henok Teferra, ambassadeur d’Éthiopie : «La fin de la guerre approche»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-henok-teferra-ambassadeur-dethiopie-la-fin-de-la-guerre-approche/24/12/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Pierre d'Herbès]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Dec 2021 13:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Blondin]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Éthiopie]]></category>
		<category><![CDATA[Front de libération du peuple du Tigré]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre au Tigré]]></category>
		<category><![CDATA[Henok Teferra]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre d’Herbès]]></category>
		<category><![CDATA[TPLF]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=6697</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/12/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-henok-teferra-ambassadeur-dethiopie-la-fin-de-la-guerre-approche/24/12/2021/">ENTRETIEN – Henok Teferra, ambassadeur d’Éthiopie : «La fin de la guerre approche»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Avec près de 10&nbsp;000 morts et plus de 2 millions de déplacés depuis novembre 2020, le conflit en Éthiopie fait des ravages. Alors que les troupes gouvernementales semblent repousser les forces tigréennes loin de la capitale Addis-Abeba, ces dernières évoquent un « repli stratégique ». L’occasion de faire le point sur la vision du gouvernement éthiopien avec son ambassadeur en France, Henok Teferra. Entretien.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BILLET DE FRANCE : Le 4 novembre 2020, les forces tigréennes mènent une offensive contre les forces gouvernementales. Quelle est la genèse de cette attaque ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>HENOK TEFERRA : </strong>Avant l’arrivée du Premier ministre actuel, Abiy Ahmed, le régime, tenu par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) étranglait les libertés et s’était organisé pour dominer l’économie et la politique. Cela était devenu tellement insupportable qu’il y a eu de nombreuses manifestations avec de nombreux morts. Une partie de la classe politique qui souhaitait des réformes s’est disputée avec le TPLF. Une fois au pouvoir, ces réformateurs souhaitaient que le TPLF, qui avait des ministres, soit représenté en fonction de son importance [démographique – ndlr] en Ethiopie. Comme il ne l’a jamais accepté, le TPLF s’est retiré au Tigré.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Suite aux reports des élections pour cause de Covid, le TPLF lance son offensive. Pourquoi ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.T</strong> : Le report des élections était un prétexte au déclenchement des opérations. D’autres pays, comme la France, l’ont fait à cause du Covid. Le TPLF l’a utilisé pour mobiliser ses relais au sein de l’armée, sa milice et tout son réseau politique, diplomatique et médiatique. Ils n’ont pas attaqué simplement une base militaire mais le commandement nord de l’Ethiopie basé au Tigré pour des raisons historiques suite à la guerre entre l’Ethiopie et l’Érythrée en 1998-2000. L’objectif était de saisir des armes et de défaire l’armée qui était la colonne vertébrale de l’État pour s’imposer comme l’acteur exclusif. Les dirigeants du TPLF ont voulu s’accrocher à leurs privilèges. Face à cela et parce que notre gouvernement a été élu démocratiquement nous avons réagi. Le conflit nous a été imposé. Désormais, je pense que la survie de l’État est définitivement assurée. Même si les opérations ne sont pas terminées, le TPLF ne pose plus un danger existentiel.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Pensez-vous qu’un statu quo pourrait avoir lieu se traduisant par une déclaration d’indépendance du Tigré ? &nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.T</strong> : Je ne pense pas car militairement parlant la situation s’éclaircit de plus en plus. Le TPLF n’a pas les capacités de faire face à l’armée s’est soldée par un échec cuisant. Maintenant ils en payent le prix. Nous sommes dans une situation où la fin approche. Notre volonté est de clore rapidement ce chapitre et de continuer le développement de l’Éthiopie. Malgré la crise sanitaire et le conflit, nous avons eu des résultats très encourageants.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Ce qui devait être une intervention rapide en novembre 2020 est devenue un conflit qui dure.&nbsp;Comment expliquez-vous cette situation&nbsp;?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.T</strong> : Il faut se replacer dans le contexte. Fin novembre, le TPLF a été délogé de sa capitale du Tigré [Mekele-ndlr]. Au mois de juin 2021, le gouvernement avait décidé unilatéralement, un cessez-le-feu humanitaire pour permettre la mise en culture car nous étions à la saison de la pluie. L’Ethiopie est un pays très agricole, principalement de petits exploitants qui dépendent de cette période pour cultiver leurs champs surtout au Tigré qui est une zone chroniquement déficitaire sur le plan alimentaire. Le TPLF a profité de cette occasion pour se regrouper et lancer des assauts dans le Tigré, dans la région Amhara et dans la région Afar. Le gouvernement a donc décidé de mener une contre-offensive. Pour le moment, celle-ci a démontré son efficacité car elle les a repoussés loin de la capitale. J’espère rapidement la fin de ce drame.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Certains analystes avancent l’idée que le TPLF serait armé par l’Égypte et le Soudan. Quelles peuvent en être les conséquences&nbsp;sur la relation avec ces deux pays notamment vis-à-vis du barrage Renaissance qui crispe les tensions ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.T</strong> : Ce qui est avéré est qu’il y a des camps d’entraînements de réfugiés au Soudan. Ces camps accueillent des gens qui ont fui le pays et qui se font passer pour des réfugiés politiques. Ce sont les mêmes qui ont commis des crimes comme celui de Maï-Kadra. C’est un des plus gros massacre du conflit où plus de 1 000 civils ont été massacrés ; car ils étaient membres d’une ethnie différente. Pour autant, nous souhaitons vivre en paix avec tous nos voisins y compris avec nos voisins soudanais avec qui nous avons beaucoup de liens. Nous avons construit un barrage qui ne consomme pas d’eau mais qui génère de l’électricité. Alors que nous sommes à 86% à l’origine des eaux du Nil, nous n’en avons pas utilisé une seule goutte d’eau jusqu’à présent. Il est donc légitime que nous puissions générer de l’électricité et cela sans nuire à nos voisins. Malgré toutes les difficultés rencontrées, le remplissage du barrage est terminé à 80% et celui-ci sera définitivement terminé début 2023. Le débit ne devrait d’ailleurs pas être significativement perturbé. &nbsp;Je ne pense pas que l’Égypte favorise une quelconque instabilité et même si elle le tentait cela ne marcherait pas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BDF : En mars 2021, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, a dénoncé « un véritable nettoyage ethnique</strong> <strong>» dans le nord de l’Ethiopie. Que répondez-vous à ces accusations&nbsp;?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.T</strong> : Il y a des paroles et il y a les faits. Par souci de transparence et pour faire taire les rumeurs que l’on entend dans la presse, nous avons accepté qu’une délégation des Nations Unis fasse son travail et vienne sur le terrain pour enquêter. Après plusieurs semaines de travail dans des conditions difficiles compte tenu de la situation, ils ont sorti un rapport qui réfute :</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">qu’il y ait eu dans les faits ou dans les intentions des nettoyages ethniques dans le Tigré&nbsp;;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">l’argument selon lequel nous avions utilisé l’arme alimentaire comme une arme de guerre.</span></li>
<li><span style="color: #000000;">Il précise également qu’il y a eu des exactions et des violations des droits de l’homme dans les deux camps mais que le plus gros des massacres a été commis par le TPLF.</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000;">Suite à ce document, notre gouvernement a créé un comité interministériel de haut-niveau composé d’experts pour mettre en œuvre les recommandations figurant dans ce fameux rapport. Le gouvernement n’a pas attendu ce document pour sanctionner les individus ayant commis des actes répréhensibles. Au niveau factuel, les choses sont claires. Malheureusement, la situation est plus compliquée au niveau politique et médiatique à cause de la propagande et de la désinformation.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Que pensez-vous de l’Alliance du TPLF avec l’Armée de libération oromo (Ola)&nbsp;?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.T</strong> : Je ne crois pas que c’est une alliance. J’ai l’impression que c’est plus une sorte de couverture pour le TPLF qui a besoin de montrer un soutien qu’il n’a pas. L’Ola est un groupuscule qui commet des meurtres dans la région Oromia. C’est un groupe nihiliste. Il n’a pas d’impact réel. Le TPLF n’a pas de soutien au sein de la population compte tenu de la gestion du pays lorsqu’il était au pouvoir. Apres avoir refusé la main tendue, la façon dont ils ont « poignardé » la population est impardonnable. Le peuple Ethiopien ne l’oubliera pas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Avec les stigmates de la guerre, comment voyez-vous l’avenir de votre pays&nbsp;? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.T</strong> : Je pense que nous sommes en bonne voie pour que la paix revienne. Il faudra reconstruire car beaucoup d’infrastructures ont été détruites par la guerre et investir dans l’éducation, la santé et l’industrie. Malgré la crise sanitaire et le conflit, nos revenus ont augmenté de 8% par rapport à l’année précédente. Avec 110 millions d’habitants, l’Éthiopie est un pays très jeune et qui a un État capable de mettre en œuvre une politique de développement à travers tout le pays, ce qui est un atout formidable. Il faudra développer notre secteur privé qui est malheureusement resté à la traîne car nous avons beaucoup investi dans les infrastructures publiques. Le gouvernement souhaite ouvrir l’économie aux secteurs clés comme les télécoms, l’agroalimentaire, le minier et le tourisme dans lesquels nous voyons de forts potentiels de croissance. L’objectif est d’amener une bouffé d’air dans ces secteurs et d’amener le pays à faire grossir le PIB à moyen terme. Avec un &nbsp;PIB de plus 100 milliards de dollars, nous espérons arriver à 1 000 milliards dans 20 ans. Je suis très confiant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a> et <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/pierre-dherbes/">Pierre d&rsquo;herbès</a>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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<p><center></p>
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		<title>Elections régionales et départementales : « L’abstention des Français est un acte politique fort et volontaire »</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/elections-regionales-et-departementales-labstention-des-francais-est-un-acte-politique-fort-et-volontaire/08/07/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucas Dubois Jandot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jul 2021 08:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Abstention]]></category>
		<category><![CDATA[Départementales]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Régionales]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5845</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 08/07/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/elections-regionales-et-departementales-labstention-des-francais-est-un-acte-politique-fort-et-volontaire/08/07/2021/">Elections régionales et départementales : « L’abstention des Français est un acte politique fort et volontaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Franck Abed est écrivain et politologue. Dans cet entretien, il revient sur les résultats des élections régionales et départementales et dresse un bref paysage de la vie politique française à un an de l’élection présidentielle.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Charles de Blondin : L’abstention a atteint des sommets lors de ces dernières élections départementales et régionales. Dans certaines régions, sept électeurs sur dix ne se sont pas déplacés, comment l’expliquer ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Franck Abed</strong> : Les Français, pour la très grande majorité d’entre eux, restent très intéressés par la vie politique de leur pays. L’abstention exprime simplement leur profond mépris, parfaitement compréhensible, voire un ras-le-bol envers la politique politicienne, les mensonges, les trahisons et les fausses promesses. L’abstention ne doit pas être considérée comme un renoncement ou l’envie de ne pas agir. Bien au contraire, ce fut un acte politique majeur, fort et mûrement réfléchi.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette dernière est le phénomène majeur de ces élections. Les politiques et les grands médias espéraient un « sursaut démocratique », pour le deuxième tour en appelant à la « mobilisation citoyenne ». Ce vœu pieu et cet appel montrent leur totale déconnexion avec la réalité. S’ils avaient clairement analysé la situation politique de notre pays, ils auraient compris que l’abstention était un choix fort et volontaire et non la marque d’un profond désintérêt.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Nous avons pu, lors de ces élections, observer que les professions de foi des candidats n’avaient, pour beaucoup d’entre elles, pas été distribuées. A cela s’ajoutait un manque d’information sur les enjeux des deux élections et une incompréhension sur la manière de voter. Cette abstention record évoquée plus tôt, peut-elle aussi trouver sa source dans le déroulé même du scrutin ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Le manque de clarté sur les élections a certainement joué à la marge mais non pour la masse. Quant aux professions de foi non reçues ou non distribuées, la lumière devra être faite sur cette ténébreuse affaire. Cependant, il ne faudrait pas que ce manquement masque le profond désaveu subit par la République à cause d’une entreprise privée qui ne sut pas accomplir les missions pour lesquelles elle fut grassement rétribuée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A l’heure de l’internet, des réseaux sociaux, nos compatriotes qui voulaient vraiment se renseigner sur les enjeux du scrutin ou trouver les textes des professions de foi manquantes auraient aisément glané toutes les informations nécessaires pour voter. Un électeur qui désirait vraiment voter serait parti mettre son bulletin dans l’urne quoiqu’il arrive.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mon propos se veut extrêmement clair : les Français par leur volonté abstentionniste, fort appréciable, lors des deux tours ont infligé une gifle cinglante à toute la classe politico-médiatique. Aucun des représentants de cette dernière ne tire les conclusions qui s’imposent. De toutes les façons, même avec 1% de participation aux élections, les tenants du système les considéreront toujours comme légitimes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Faudrait-il prendre en compte le vote blanc ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Je pense qu’il devient impératif de prendre en compte le vote blanc et d’appliquer la règle suivante : à partir d’un certain seuil dépassé, les élections sont à refaire. Cette logique pourrait également s’appliquer si un minimum d’électeurs ne votent pas. Le quorum me semble être une solution intéressante pour réhabiliter et crédibiliser le système électif. Prenons le cas de Xavier Bertrand qui est présenté comme l’un des grands gagnants des Régionales : sur 100 électeurs de sa région, 67 ne se sont pas déplacés. Sur les 33 qui ont voté, il a recueilli 52% des voix, soit 17 électeurs. Finalement et objectivement, il est élu par 17% des électeurs des Hauts-de-France. Est-il légitime sur le plan démocratique ? 17 électeurs sur 100 est-ce vraiment un gage de crédibilité et de confiance donnés par les habitants de cette région à Bertrand ? A ces questions, je réponds non sans hésiter.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Le grand vainqueur désigné, le Rassemblement national, n’a pas réussi à faire se déplacer ses électeurs dans les isoloirs, pourquoi ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Le discours du Rassemblement National s’est normalisé et aseptisé selon les volontés de sa figure de proue numéro 1. Le Rassemblement National est devenu un parti politique comme un autre qui n’aspire qu’à une chose : assurer une rente financière aux responsables de ce mouvement. Marine Le Pen a mené une stratégie de dédiabolisation, pour reprendre l’expression qu’elle employa en 2010, pour mener son parti à la victoire. C’était son principal argument pour justifier ce virage politique. Au demeurant l’utilisation de ce terme de « dédiabolisation » pose question. En effet, si elle a voulu dédiaboliser son parti, cela voulait-il dire que celui-ci était « diable » ou une incarnation de celui-ci ? Etonnante réflexion diront certains. Pas tant que cela, si on se souvient que Gérald Darmanin &#8211; l’actuel Ministre de l’Intérieur &#8211; a évoqué « la marque satanique que représenterait une victoire du RN » quelques jours avant le premier tour.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quoiqu’il en soit Marine Le Pen a expliqué avec force et conviction depuis plus de dix ans que les « provocations » du passé &#8211; les déclarations de son père ou certains agissements de cadres et de militants &#8211; nuisaient au parti. Les jeux de mots douteux et les comportements caricaturaux n’ont certainement pas aidé ce mouvement, mais croire que le Front National a échoué depuis 1972 à cause de cela, c’est oublier l’essentiel de la politique : le combat des idées. Cela ne relève pas du hasard si le président par intérim du RN Jordan Bardella a déclaré il y a peu au sujet de l’éventuelle candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle de 2022 : « Le combat politique, ce n’est pas le combat des idées ». Tout cela montre clairement que le RN se fourvoie totalement dans ses analyses.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : La stratégie du Rassemblement National est-elle mauvaise ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Suite aux résultats des élections de cette année, le constat se montre implacable et ne souffre d’aucune polémique : la stratégie du RN impulsée par Marine Le Pen est un échec. Elle est devenue présidente du FN en 2011 avant d’en changer le nom en 2018. Elle a perdu lors des élections présidentielles de 2012 et 2017. En 2012, elle était arrivée troisième. En 2017, elle avait perdu très nettement au second tour face à Emmanuel Macron. Il faut bien avouer que sa prestation lors du débat de l’entre deux tours fut réellement catastrophique. Elle n’a pas principalement perdu à cause de son incapacité à débattre, mais cela n’a fait que confirmer aux yeux des Français qu’elle ne pouvait prétendre à la magistrature suprême. Elle présente trop de lacunes pour y parvenir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Depuis 2011, son parti a conquis quelques villes mais aucune région. Après 2017, elle aurait dû avec son état-major réfléchir aux conditions de ses défaites successives. Elle a pensé que l’emballage RN et l’historique du FN suffiraient à s’imposer comme une force politique pouvant briguer les premières places. Il n’en est rien. Elle a continué comme si de rien n’était. Pourtant, il n’y a plus beaucoup de valeureux cadres au sein de son mouvement et le nombre de militants diminue. Aucune personnalité n’émerge. Les seules qui avaient gagné leurs galons médiatiques dirigent maintenant leur parti, leur institut, ou préfèrent se considérer comme des alliés et des partenaires du RN sans en être formellement quand ils n’en ont pas été chassés comme des malpropres. Cela en dit long…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Le score du RN peut-il engager un débat tendant à questionner la légitimité de Marine Le Pen sur le plan national à un an de l’élection présidentielle ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Seuls les membres des mouvements droitistes &#8211; en marge du RN &#8211; posent cette question de la légitimité de Marine Le Pen. Celle-ci sera bien candidate en 2022. Aucun membre du RN n’a le courage ou la pertinence politique pour dire publiquement que Marine Le Pen doit se remettre en question et même laisser sa place à la tête du parti. Que ce soit Macron ou les ténors des LR, ils rêvent tous d’être contre elle au second tour, car c’est la victoire assurée. Cependant, il n’est pas du tout certain que Marine passe le premier tour en 2022. Je n’écris pas qu’elle sera forcément disqualifiée mais je pense que ses chances d’être au second tour se sont réduites parce qu’elle a loupé moultes occasions pour bien faire entendre ses différences sur des sujets cruciaux : immigration, attentats, gestion de la crise sanitaire, abandon du Franc et de la sortie de l’Union Européenne…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Une montée en puissance du parti Europe Écologie Les Verts était aussi très attendue, pour autant la vague verte ne semble pas au rendez-vous. Les écologistes ont-ils atteint leur plafond de verre ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Étant donné la faiblesse de la participation, il n’y a pas eu de vague bleue, rose, rouge, verte, etc. Je ne pense pas que les écologistes aient atteint leur plafond de verre. Ils pâtissent d’une campagne médiocre dans un scrutin peu clair et lisible comme nous l’avons écrit plus haut. Ajoutons à cela la défiance presque générale pour le corps politique et le manque d’implantation locale et vous comprenez leur échec patent. Malgré tout, reconnaissons que les écologistes posent parfois de vraies questions. Néanmoins, les réponses apportées par leurs porte-voix politiques sont presque tout le temps catastrophiques et démagogiques. Les Français ont pu voir les actions menées par des maires Verts. Ils ont peut-être compris que l’idéologie rouge-verte peut se définir comme intrinsèquement dangereuse.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois, il ne faut pas enterrer EELV trop vite. N’oublions pas que chaque jour ou presque les médias diffusent des messages alarmants concernant l’écologie, le réchauffement climatique, la pollution, les gaz à effet de serre, les fontes des glaces, etc. Ce mouvement politique bénéfice donc d’une campagne promotionnelle quasi permanente. C’est un atout non négligeable pour imprégner les esprits…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Cette élection nous a permis aussi d’observer l’absence de la France insoumise et de La République en marche au sortir des urnes. Ces deux formations politiques sont-elles en voie de décomposition ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Les élections municipales avaient déjà montré que LREM était un parti fantoche. La déculottée prise lors de ces élections confirme ce que tous les esprits lucides savaient : LREM est un parti dirigé par une caste déconnectée du peuple et des réalités mais soutenu par toute l’infrastructure médiatique. Les élections départementales et régionales montrent une nouvelle fois l’aspect fantomatique de cette organisation politique qui ne dispose en réalité d’aucune implication locale. Macron est un homme seul soutenu par certains médias. A l’aune de ces explications, je ne dirai pas que LREM est en décomposition. En revanche, je poserai la question suivante : LREM, en tant que parti politique, est-elle née un jour ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La France Insoumise paie les errements idéologiques de Jean-Luc Mélenchon et ses sorties médiatiques malheureuses. Le principal danger de LFI comme son principal atout reste Jean-Luc Mélenchon. Son agressivité, ses propos caricaturaux, son manque de lucidité sur les enjeux de société ont grandement contribué à la perte de crédibilité de LFI. De même, les dernières élections ne profitent pas à des mouvements comme LFI ou le RN, car il s’agit de scrutin de liste à la proportionnelle. Lors de la présidentielle, les Français votent pour un homme ou une femme et au scrutin majoritaire. Précisons également que les rivalités internes à LFI en vue de l’élection présidentielle ont pu jouer dans le manque d’engouement des militants et des cadres. Rajoutons à cela une campagne invisible, un scrutin peu clair, et la volonté des Français de marquer leurs désaccords profonds par l’abstention et vous disposez des principales explications pour comprendre l’échec magistral de LFI.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Mais paradoxalement le Parti socialiste et Les Républicains, trépassés depuis quatre années semblent être touchés par un regain de vitalité. Le clivage théorisé par Emmanuel Macron entre « nationalistes » et « progressistes » est-il encore valide, ou revient-on progressivement à l’éternel clivage « droite » / « gauche » ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Là encore, c’est aller vite en besogne que de parler de « regain de vitalité » avec une participation aussi faible. Ces deux mouvements ne doivent pas crier victoire trop vite et faire preuve d’humilité. N’oublions pas que la participation arrive difficilement à 35% pour les élections départementales et régionales (respectivement 34,36% de 34,69%) au deuxième tour. Comme pour la présidentielle de 2017, les gagnants sont élus par une minorité de Français. Cela pose d’emblée la question de la légitimité des nouvelles chambres et relativise grandement la portée de leurs victoires.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le PS et LR ont gagné car ils bénéficient d’implantations locales depuis des années. Pour ces élections régionales tous les sortants furent réélus. Les électeurs ont préféré donner leur suffrage aux candidats déjà en place, malgré les réserves qu’ils pouvaient exprimer, que de tenter l’incertitude de nouvelles équipes. Cela démontre une nouvelle fois le légalisme voire le conformisme des électeurs. Pour LR, n’oublions pas que Bertrand et Pécresse avaient pris leur distance avec leur parti politique après des discussions et des déclarations houleuses. Aujourd’hui, ils reviennent plus ou moins dans le giron du parti-mère, et les manœuvres des prochains mois entre les vainqueurs des régionales estampillées LR seront intéressantes à analyser.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En temps de crise, on gouverne souvent au centre par nécessité, pragmatisme et réalisme politiques. Cependant, la politique de l’extrême centre ne dure qu’un temps, car les vieilles habitudes refont surface. Pourtant, depuis 2017, on nous vend un duel Macron-Le Pen pour le deuxième tour de 2022, mais suite aux dernières élections, les médias commencent timidement à évoquer un duel Macron contre un candidat LR. Ils oublient que les deux futurs champions annoncés, Macron et Le Pen, pourraient être balayés &#8211; pour des raisons différentes &#8211; dès le premier tour.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La vie politique républicaine depuis 40 ans démontre que très souvent certains furent enterrés trop vite par les médias et les politiques, avant de revenir en force. Qui aurait pu croire, il y a encore quelques mois, que Xavier Bertrand serait présidentiable ? Personne. Wauquiez était donné mort après la lamentable prestation de son parti aux Européennes. Après cette défaite mémorable, il a démissionné de la présidence des LR, et tout le monde ou presque l’a mis de côté. Il a travaillé discrètement et aujourd’hui il semble bien positionner parmi les LR pour prétendre à l’élection suprême, alors que sa légitimité démocratique paraît aussi très mince.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : La Corse est, nous pouvons le noter, la seule région dans laquelle un semblant d’entrain a existé dans le fait de voter. Le futur de la démocratie n’est-il pas finalement le retour à des régions puissantes par rapport à la centralisation parisienne que notre pays connaît de nos jours ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : L’idéologue centralisatrice est une plaie pour nos libertés provinciales. En tant que catholique et monarchiste, je défends le principe de subsidiarité. Il est évident qu’il faut en finir avec la gabegie des départements et démanteler ces nouvelles régions qui ne respectent pas, dans la plupart des cas, les provinces charnelles et historiques.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il est vrai qu’en Corse, la participation affiche un taux de 57% au deuxième tour, après avoir atteint un peu plus de 56% au premier tour. Mais comme en Histoire, il ne faut jamais oublier le contexte. Le caractère insulaire renforce l’adhésion à des valeurs communes. De plus, les Corses ont un fort attachement à leur identité et leur histoire. Les Corses ont toujours aimé la politique et ces élections constituent un moment fort de la vie politique locale. Cette région est aussi la moins peuplée de la France métropolitaine, ce qui renforce volontiers l’attachement aux candidats qui se présentent. Le succès relatif de la participation est plus à rechercher dans les éléments précédemment décrits que dans l’idée d’une région Corse forte. Les autonomistes sont très actifs et pour de nombreux Corses, placer des autonomistes à la tête de la région constituent en quelque sorte un formidable pied de nez à la politique jacobine décidée à l’Élysée ou Matignon.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">C.DB : Quels enseignements pouvons-nous tirer de ces élections à moins d’un an de la présidentielle ? Les nouveaux présidents de région ont-ils une réelle chance de s’élever jusqu’à la magistrature suprême ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>F.A</strong> : Le danger serait de tirer des conclusions hâtives d’une double élection où deux électeurs sur trois ont préféré rester en famille que de voter. La réserve de voix des abstentionnistes est très élevée. A ce jour, il est quasiment impossible de savoir vers qui ils se tourneront le moment venu, d’autant que de nos jours, un an c’est vraiment très long. Il peut se passer énormément d’événements : nouveau confinement, reprise économique en berne, problèmes énergétiques (électricité ?), attentats islamiques, faits divers, etc.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La rentrée de septembre sera à observer avec acuité, encore plus si la menace des variants Covid-19 se voit confirmer par les autorités. Quelle sera la réaction de nos compatriotes face à la politique vaccinale dont on nous rebat les oreilles depuis des semaines ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les Français, dans l’ensemble, ont souffert du confinement, sur le plan psychologique, humain et financier. Les dominants ne mesurent pas à quel point la colère gronde. Les Français sont très patients, dociles mais à bout. Le jour où ils s’énerveront vraiment, ils ne prendront pas de gants et ne s’arrêteront pas à la moitié du chemin. Leur colère n’a pas encore explosé. Peut-être qu’elle se dissipera grâce aux vacances d’été… Ou peut-être que le gouvernement sortira de son chapeau une nouvelle loi d’écologie punitive, taxe sur les carburants, qui remettra dans la rue un, ou deux ou trois millions de Français.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous pouvons tirer plusieurs enseignements des élections 2021. A mon sens, les plus importants sont les suivants : aucun parti politique officiel ne comprend les aspirations profondes de la France et des Français, aucun mouvement politique à ce jour ne dispose de la capacité de réunir une grande majorité de mécontents avec un projet politique français et ambitieux. Nous avons eu également confirmation que les grands médias pourrissent la vie intellectuelle et politique françaises en promouvant un manichéisme étroit et un politiquement dit correct difficilement supportable pour un esprit sain…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quant aux nouveaux présidents de région qu’ils se rappellent l’exemple de Ségolène Royal : ne pas avoir son parti pleinement avec soi ne permet pas de gagner. Qu’ils se souviennent des cas Sarkozy (2007) et Macron (2017) : avoir les médias comme soutien c’est la victoire quasi assurée. Cependant, les Français peuvent être surprenants. En 2005, alors que la très grande majorité des partis politiques et des médias militaient avec joie et dévotion pour l’établissement de la constitution pour l’Europe, nous avions dit Non à 55% avec une belle participation (70%). Je suis intimement convaincu que si les médias n’avaient pas été des outils de propagande en faveur du Oui, le Non aurait pu obtenir 70 voire 80% des suffrages exprimés. Que les lecteurs de cet entretien ne l’oublient jamais : « L’Histoire est le théâtre de l’imprévu ».</span></p>
<p>Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a>&nbsp;</p>
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		<title>ENTRETIEN EXCLUSIF – Hayk Khanumyan : «L’Azerbaïdjan mène une politique de chantage en Artsakh»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Pierre d'Herbès]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 May 2021 20:30:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
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		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/05/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-exclusif-hayk-khanumyan-lazerbaidjan-mene-une-politique-de-chantage-en-artsakh/07/05/2021/">ENTRETIEN EXCLUSIF – Hayk Khanumyan : «L’Azerbaïdjan mène une politique de chantage en Artsakh»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>ENTRETIEN. À l’issue de la guerre avec l’Azerbaïdjan, l’Artsakh a vu son territoire diminuer de 75% affaiblissant considérablement la région. Le ministre de l’administration des territoires et des infrastructures du Haut-Karabagh, Hayk Khanumyan, revient pour Billet de France sur les conséquences de ce conflit.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>Billet de France : Quelle est la situation humanitaire, plusieurs mois après le conflit avec l’Azerbaïdjan ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>Hayk Khanumyan</b> : Il y a actuellement beaucoup de projets gouvernementaux en cours dans le but de limiter l’impact de la crise humanitaire. Je ne les apprécie pas tellement car je considère que ces projets manquent de stabilité et ne s’orientent pas toujours vers le développement. Avant la guerre, j’étais dans l’opposition et j’ai critiqué le gouvernement au sujet de ces projets qui existaient déjà à l’époque. Aujourd’hui, je trouve particulièrement inquiétant leur augmentation car ils créent de nombreux problèmes sur le plan du développement économique. Ils ont créé une véritable inflation dans un certain nombre de secteurs comme l’immobilier.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-armenie-les-consequences-douloureuses-de-la-defaite/15/04/2021/">REPORTAGE – Arménie : les conséquences douloureuses de la défaite</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Outre l’inflation, à quels autres défis êtes-vous confrontés en Artsakh ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b>. : Ce que je souhaite c’est ne pas nous limiter à l’angle humanitaire où les ONG distribuent des médicaments, de la nourriture et des produits de premières nécessités. La guerre a considérablement affaibli nos infrastructures. Aujourd’hui, nous avons besoin d’infrastructures électriques, en partie détruites. Nous avons pris des mesures temporaires comme des groupes électrogènes et des générateurs mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin d’investisseurs économiques dans la région. Beaucoup de personnes ont perdu leur emploi et leur commerce.</span><br />
<span style="color: #000000;">Avant la guerre, nous avions une activité d’extraction d’or et de cuivre. Aujourd’hui, cela ne marche plus ou très peu. Nous produisions également 300 millions de kilowatts d’électricité par an. Aujourd’hui, nous avons perdu plus de la moitié de ce que nous produisions en électricité. Nous recevons actuellement de l’électricité de l’Arménie alors que nous les fournissions auparavant. À terme, je pense qu’il faudra se concentrer sur la production d’énergie solaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Quelle est votre relation avec le premier ministre arménien, Nikol Pashinyan ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : Avec mon parti, nous avons salué l’arrivée au pouvoir du premier ministre arménien Nikol Pashinyan en 2018. Le problème est que ce gouvernement est très faible sur la question sécuritaire. Avant la guerre, nous avions proposé des réformes plus importantes dans ce domaine et en particulier dans l’armée. Il y en a eu mais ces avancées se sont limitées à de petites choses comme la façon dont les soldats se nourrissent. Nous voulions des réformes plus profondes avec de l’achat d’armes plus modernes. Nous pouvions ne pas perdre&nbsp;!</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/">Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l’Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Pourquoi Erevan ne reconnait pas l’Artsakh ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : Je ne sais pas vraiment. Je pense que certaines élites arméniennes au pouvoir à Erevan ne comprennent pas bien le problème de l’Artsakh et la logique de ce conflit. Pourtant, ils viennent nous voir ici à Stepanakert. Je pense que cette incompréhension a en partie créé cette guerre que nous avons malheureusement perdue. Le fait qu’ils ne semblent pas comprendre les enjeux m’inquiète beaucoup. Une partie de ces élites pense même que l’Artsakh est un problème, qu’il y a eu trop de victimes et qu’il ne faut plus envoyer ses enfants dans l’armée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Sur qui pouvez-vous compter finalement ? Sur la Russie ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K.</b> : L’armée russe est ici en mission de la paix. Dans ce cadre, ils déploient également des services annexes qui travaillent en collaboration avec nos propres services sur plusieurs sujets. Cela peut-être de la sécurité civile mais aussi des unités du génie qui collaborent dans le déminage. Si nous parlons de de garantie sécuritaire, nous pouvons compter sur la mission de paix de la Russie. Celle-ci est la plus efficace bien que je trouve que les missions et les moyens mis en place sont trop limités. Au-delà, je pense que nous pouvons principalement compter sur nous-même.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/">ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Avez-vous des relations avec la France ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : L’Artsakh a du mal à travailler avec des pays étrangers à cause des obstacles qui sont sur notre route. Le principal obstacle est le chantage que mène l’Azerbaïdjan. Avant nous avions des petits projets avec des villes françaises jumelées. Il y avait une coopération décentralisée mais les opportunités me paraissent également limitées. En France, certaines municipalités ont donné de l’argent pour le Haut-Karabagh au travers de la Croix-Rouge. Cette action n’est pas très efficace car cela met sous perfusion notre économie avec la fameuse aide alimentaire dont je vous parlais précédemment. Au niveau économique, la diaspora arménienne en France nous aide financièrement à hauteur de 2 millions d’euros par an. La principale aide financière que nous avons provient de l’Arménie avec un équivalent de plus de 100 millions d’euros chaque année.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : En novembre 2020, le Sénat français a ouvert une proposition de résolution appelant à la reconnaissance de la république d’Artsakh. Quel est votre avis ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : Cette procédure a été ouverte dans un certain nombre de pays dans le monde autre que la France. Nous en avons beaucoup entendu parler, c’est une bonne chose. Maintenant, est-ce que ce processus aboutira, je ne le sais pas mais je l’espère ! Le fait que nous ayons perdu la guerre rend plus difficile notre reconnaissance. Certaines personnes utilisent contre nous le fait que même l’Arménie ne nous reconnaît pas. La première chose que nous devons faire est de travailler davantage avec Erevan, plutôt que Paris pour influer sur notre reconnaissance par eux.</span><br />
<span style="color: #000000;">Nous devons également élargir la zone de sécurité du Haut-Karabagh. Outre le conflit armé, cet élargissement peut se faire par la voie diplomatique en créant des alliances ou des accords avec les autres acteurs de la région et… pourquoi pas avec l’Azerbaïdjan.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a> et <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/pierre-dherbes/">Pierre d’Herbès</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-exclusif-hayk-khanumyan-lazerbaidjan-mene-une-politique-de-chantage-en-artsakh/07/05/2021/">ENTRETIEN EXCLUSIF – Hayk Khanumyan : «L’Azerbaïdjan mène une politique de chantage en Artsakh»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Mar 2021 21:30:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Goodarzy]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Otage]]></category>
		<category><![CDATA[SOS Chrétiens d&#039;Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>ENTRETIEN. Alexandre Goodarzy a été chef de mission en Syrie pour l’association SOS Chrétiens d’Orient...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/">ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>ENTRETIEN. Alexandre Goodarzy a été chef de mission en Syrie pour l’association SOS Chrétiens d’Orient de 2015 à 2020. Capturé par des milices chiites à Bagdad en Irak lors d’un déplacement en janvier 2020, il nous raconte ses années passées au service des Chrétiens d’Orient, de son arrivée à sa captivité, puis sa libération grâce au coronavirus.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Charles de Blondin&nbsp;: En 2014, vous partez en Syrie. Quel a été l’élément déclencheur&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Alexandre Goodarzy</strong>&nbsp;: Je me souviens d’avoir eu de la peine pour ce qu’il s’était passé en Afghanistan, en Irak puis en Libye. J’ai remarqué qu’après chaque intervention, il n’y avait jamais eu de plan pour l’après-guerre. On a laissé les gens mourir alors qu’il y avait, à l’époque de Saddam Hussein ou de Kadhafi, une relative sécurité. Quand la question de l’intervention de la France en Syrie s’est posée, j’ai trouvé admirable que Charles de Meyer et Benjamin Blanchard, les deux fondateurs de SOS Chrétiens d’Orient, se soient souciés du problème. Je me suis dit qu’il n’y avait pas d’excuse, qu’il y avait une possibilité de faire quelque chose. J’étais enseignant en histoire-géographie dans un lycée et j’avais un poste de vacataire à l’Université catholique d’Angers. Un de mes étudiants m’a parlé de cette association. En 2014, je participe au deuxième Noël en Syrie organisé par l’association. C’est en revenant de cette semaine que je comprends que ma vie est là-bas, auprès des Chrétiens d’Orient. En mars 2015, je décide de partir un an en Irak, où l’ONG a ouvert une mission. Elle me propose alors d’en monter une en Syrie, que j’ouvre le 1<sup>er</sup> juin 2015.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Quels étaient les besoins à l’ouverture de la mission&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: J’avais appris que les Kurdes avaient profité de la faiblesse du pouvoir central pour prendre d’assaut les écoles publiques pour les forcer à parler le kurde. Comme celles-ci n’ont pas accepté leur chantage, les Kurdes les ont fermées. Tous les enfants sont partis se réfugier dans les écoles privées, détenues par des prêtres, que les Kurdes n’avaient pas encore osé toucher. Ils font attention à l’autorité religieuse. La demande a été multipliée par 3 ou 4 sans que les familles ne puissent payer ces écoles non subventionnées par l’État. La première mission était d’aider les prêtres à financer ces enfants déscolarisés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">À peine revenu, je reçois un message me disant qu’il faut que j’aille à Alep. Un prêtre a besoin de nous. Pour la première fois, SOS Chrétiens d’Orient va emmener des enfants d’Alep en vacances dans la vallée des Chrétiens à côté de Homs. Toutes les semaines, nous avons organisé le départ de plusieurs centaines d’enfants, plus de 3&nbsp;000 durant ces trois mois.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Comment les Syriens perçoivent-ils les Français&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Vis-à-vis des volontaires, il y avait une véritable sympathie. Il y a eu des différents politiques dans l’histoire, mais la culture francophone est bien enracinée en Syrie. Ils aiment la France. Ils étaient contents de voir des étrangers car ils se sentaient moins seuls. Cela signifiait que leur pays n’était pas si fermé que ça. Ils étaient touchés que des jeunes Français quittent leur confort pour venir dans un pays que les habitants veulent fuir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Au niveau politique, ils ont vécu l’action française comme une agression doublée d’une trahison. Ils n’ont pas compris pourquoi la France s’était acharnée sur eux, sur leur président – qui n’est évidemment pas parfait –, sans voir le véritable danger en face&nbsp;: l’islamisme. &nbsp;Ils trouvaient qu’ils ne méritaient pas ça. En tant que français, ils ne nous ont jamais fait ressentir leur colère. Ils ont toujours distingué la politique et les personnes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Le 20 janvier 2020, vous êtes enlevé en Irak avec trois de vos collègues. Comment se déroule cet enlèvement&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Nous venions pour faire un enregistrement de l’association à Bagdad, afin de pouvoir travailler en toute légalité. Nous sommes 17 jours après la mort du général iranien Soleimani, un homme à la tête de toutes les milices chiites rattachées à l’Iran, du Liban au Pakistan, qui se battent contre Daesh. Il s’est fait tuer par un drone américain avec son représentant Abou Mehdi al-Mouhandis en Irak en sortant de l’aéroport. Tous les Chiites et même les Chrétiens sont en colère. Ils cherchent des responsables, ils pensent qu’il y a eu des trahisons en interne. . En nous rendant à l’évêché arménien catholique, deux grosses voitures nous ont bloqués. Ils nous ont sortis <em>manu militari</em> de notre véhicule, nous ont ligotés et installés par deux dans les deux voitures. Au début, nous avions un doute. Est-ce que c’est la police&nbsp;? Est-ce que ce sont des milices chiites&nbsp;? Est-ce <em>Daesh</em>&nbsp;? Nous avions peur. Ils nous ont enlevé nos papiers, nos téléphones. Nous pensions qu’ils allaient nous torturer et nous exécuter sans que personne ne sache ce qu’il s’était passé. Nous envisagions tous les scénarios. C’était très angoissant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_5088" aria-describedby="caption-attachment-5088" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5088" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-5088" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">En compagnie de jeunes syriens à Raqqa, ancienne capitale de l&rsquo;État islamique. ©Alexandre Goodarzy</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Quelles sont les conditions de votre détention&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Ils nous ont accusés d’espionnage, d’avoir donné de l’argent à des manifestants anti-gouvernementaux pour déstabiliser l’Irak. Au mieux, nous pensions faire 30 ans de prison Il y a toujours de la lumière là où on est enfermé, on ne peut pas dormir, il y a toujours du bruit. Ils nous mettent le Coran chanté du matin au soir pour nous déstabiliser. Ils font des feux et la fumée qui rentre dans la pièce nous étouffe. Ils nous changent constamment d’un endroit à un autre en nous disant que nous allons sortir dans quelques jours. Une fois, ils nous disent de les suivre et chargent leur arme. Nous pensons qu’ils vont nous tuer. Ils peuvent être très froids mais être gentils à d’autres moments. Ils ne nous ont jamais séparés. C’était très déstabilisant. À côté, on a entendu, via les conduits d’aération, un homme et une femme qui se faisaient torturer à mort. Parfois, on ne mange pas pendant 2 jours voire 3 jours, avec deux boîtes de thon pour quatre. J’ai perdu 15kg. Dès qu’ils rentraient dans la pièce, nous devions mettre des lunettes pour ne pas les voir. Ils nous demandaient comment allaient nos femmes, nos enfants alors que nous n’avions aucun moyen de le savoir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: En mars 2020, c’est la libération. Comment se déroule-t-elle&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Ils viennent nous voir et nous racontent qu’il y a un virus qui tue le monde entier, que la planète est confinée, les aéroports fermés. Comme nous ne les croyons pas, ils nous allument la télé. Nous voyons que Rome, Paris, Berlin, Pékin, Téhéran sont vides. Nous voyons les chiffres des personnes qui ont attrapé le virus. Nous comprenons que tout est vrai.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le coronavirus allait démonétiser notre valeur. Si celui-ci avait raison de nous, ils ne pouvaient pas rendre quatre cadavres à la France. Nous ne connaissions pas vraiment la dangerosité de celui-ci en mars 2020. C’est un vrai miracle. Les jours passent et ils nous annoncent que notre libération serait un dimanche. Dès le mercredi, ils commencent à vider les lieux. Une heure après, ils reviennent en nous demandant de préparer nos affaires. Ils nous ont transférés dans un autre endroit à côté de Bagdad pour passer la nuit, nous ont redonné nos passeports. L’un d’entre eux nous a filmé avec son téléphone en nous demandant de passer ce message à la France&nbsp;: «&nbsp;<em>Dites à la France de cesser son soutien à Daesh et de ne plus laisser les ressortissants français en Irak sinon nous les exécuterons sans sommation. Ils ne bénéficieront pas du même traitement de faveur que vous</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une autre voiture est venue nous chercher pour nous amener dans une autre maison. Nous avons pu enlever définitivement nos masques. Là, un homme s’est présenté comme étant un intermédiaire entre le gouvernement français et les milices irakiennes qui nous avaient enlevés. Il s’est excusé pour ce qui était arrivé, nous a dit qu’il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir notre libération. Un véhicule nous a ensuite emmenés dans une rue qui menait à la résidence de l’ambassadeur de France. Nous avons marché 200 mètres et avons sonné à la porte. Ils étaient sciés. Ils nous ont dit&nbsp;: «&nbsp;<em>Cela fait une semaine que l’on vous attend chaque jour, que les ravisseurs nous appellent pour nous dire que l’échange aurait lieu ce soir et, chaque soir, ils ne donnent plus de nouvelles. Le lendemain, ils nous rappellent pour nous dire que c’est ce soir. Le jour où ils vous ramènent, nous n’avons aucun coup de téléphone</em>&nbsp;». Et ils nous ont dit&nbsp;: «&nbsp;<em>c’était peut-être la meilleure chose à faire car souvent il y a des risques d’escalade au moment de la libération. Une geste brusque, un mot de travers et c’est terminé&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Le 24 mars 2021, vous sortez votre livre <em>Un guerrier pour la paix </em>aux éditions du Rocher. Pourquoi&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: J’avais besoin d’écrire pour tourner la page. Je ne voulais pas écrire 300 pages racontant mon enlèvement. L’objectif était d’évoquer mes années passées en Syrie. Lorsque j’étais otage, je me rattachais constamment au passé. Le présent était infernal et je n’étais pas sûr d’avoir un avenir. J’y fais mon devoir d’humanitaire et raconte la réalité du terrain. Je prends mon lecteur par la main. Il est enlevé avec moi et je l’emmène dans mes souvenirs de Syrie pendant ma captivité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Vous avez évoqué la beauté de l’engagement des fondateurs de SOS Chrétiens d’Orient. Notre société et en particulier notre jeunesse manque-t-elle d’engagement, d’idéal&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Il y a un manque de transcendance, on ne vit plus l’histoire. Tout ce qui fait la beauté de la France est aujourd’hui souillé. Le problème est que la société ne donne rien aux jeunes, aucun idéal. Aider les Chrétiens d’Orient, c’est aider au Bien commun. C’est aider les Syriens à ne pas fuir, à rester chez eux. Cela ne fait plaisir à personne de quitter son pays, de prendre le bateau, de traverser la mer Méditerranée pour ensuite aller mendier en Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: En mars, le Pape s’est rendu en Irak. La Syrie commémore cette année, ses 10 années de guerre civile. Comment voyez-vous l’avenir des Chrétiens d’Orient&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong> : Je suis très pessimiste. Ils étaient deux millions en Irak avant l’invasion américaine en 2003, ils sont moins de 200 000 maintenant. Ils étaient deux millions en Syrie avant la guerre, ils ne sont plus que 600, 700 000. Les Chrétiens d’Orient sont un échantillon humain en voie d’extinction. La guerre et la démographie jouent contre eux. Je pense que l’islamisme est une conséquence d’un vide que le chrétien laisse en abandonnant Dieu. Quand on choisit de rejeter le Christ de la société, le communisme, l&rsquo;Islam ou autres idéologies mortifères profitent de ce vide pour s&rsquo;installer.&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_5095" aria-describedby="caption-attachment-5095" style="width: 400px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5095" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/Guerrier-de-la-paix.jpg?resize=400%2C616&#038;ssl=1" alt="" width="400" height="616" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/Guerrier-de-la-paix.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/Guerrier-de-la-paix.jpg?resize=195%2C300&amp;ssl=1 195w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-5095" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Guerrier de la paix &#8211; Alexandre Goodarzy &#8211; 2021 &#8211; Éditions du Rocher</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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<p><center></p>
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<p></center></p>
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