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	<title>Histoire - Billet de France</title>
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	<title>Histoire - Billet de France</title>
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		<title>ENTRETIEN &#8211; «Aux Héros de la Nation» : le livre d&#8217;or des poilus</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-aux-heros-de-la-nation-le-livre-dor-des-poilus/25/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 15:01:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Première Guerre mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-aux-heros-de-la-nation-le-livre-dor-des-poilus/25/01/2026/">ENTRETIEN &#8211; «Aux Héros de la Nation» : le livre d&rsquo;or des poilus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Influenceur sur Instagram, Henri de Notre France* consacre un ouvrage aux poilus de la guerre de 1914-1918. À travers cet entretien, il revient sur les raisons de cet hommage, sur le devoir de mémoire à l’ère des réseaux sociaux et sur la manière dont une génération connectée peut encore faire vivre le souvenir de ceux qui ont tenu, au prix de leur vie, la ligne de front.</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Blondin : Comment est née l’idée de rendre hommage aux poilus?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Henri de notre France :</strong> Cette idée est née d’une manière assez spontanée. Dans mon salon, trône le portrait de mon arrière arrière-grand-père en uniforme militaire, juste avant la mobilisation générale. Avec mon épouse, nous visionnions une série télévisée sur la Grande Guerre lorsqu’en regardant ce portrait m’est venue cette idée : mettre à l’honneur des poilus dont personne n’a jamais entendu parler. Je suis parti de l’idée que chaque poilu a son histoire, et parfois les plus grand inconnus ont les plus belles des histoires. À ce moment-là, l’idée était née. Lorsque la question m’est venue de « quels poilus mettre à l’honneur ? », j’ai rapidement pensé à ceux de mes abonnés. Sincèrement, au début je pensais recevoir une quarantaine de poilus. Lorsque j’en ai parlé à Colin Simon, mon ami mais également mon éditeur, je lui ai donné ces chiffres-là. Finalement, c’est près de 250 poilus qui sont mis à l’honneur dans ce monument de papier.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Sur quels critères avez-vous sélectionné les soldats représentés dans cet ouvrage, et quelle place ont occupé les archives et les récits personnels dans ce choix ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Les critères étaient simples en réalité. Ayant plus de 90 000 abonnés sur Instagram, et étant proche de ma communauté, j’ai voulu rendre hommage aux ancêtres de ceux qui me suivent. C’est une façon pour moi de remercier ceux qui donnent du crédit à ce que je fais. Pour ce qui est de la place qu’occupent les archives et les récits personnels, j’ai fait des recherches pour chacun des poilus que l’on m’a partagé. J’ai retrouvé de très nombreuses fiches matricules dont j’avais besoin pour connaître le parcours de ces soldats.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Parfois, j’ai eu la chance d’avoir des anecdotes personnelles venant des descendants. Dans d’autres cas, bien plus fréquents, j’ai dû, à partir des seuls noms, dates et lieu de naissance, rechercher le rôle qu’ils ont joué durant la Grande Guerre. C’est ainsi que j’ai réussi à retracer des parcours complets à partir de rien, bien que parfois, des informations détaillées soient plus ardues à trouver. Vous savez, chaque département possède un site d’archives départementales numérisées (plus ou moins ergonomique). Les fiches matricules des poilus font partie de ces fonds accessibles à tous. La clé, c’est avoir la patience de rechercher.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Parmi tous les poilus dont vous avez retracé l’histoire, y a-t-il un destin qui vous a particulièrement bouleversé ou accompagné durablement ? Pourquoi ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Il est difficile pour moi de n’en citer qu’un seul, de nombreux récits m’ayant marqué profondément. Si je devais n’en citer qu’un, là, tout de suite, ce serait celui du Sergent Xavier Hesteau, dont la mort est racontée dans la lettre d’un témoin de la scène. En voici un extrait : « <em>Mon pauvre ami Hesteau est tombé au milieu de la bataille, littéralement broyé par un obus qui l&rsquo;a atteint en pleine poitrine. Pendant tout le combat, il est resté debout sous la mitraille pour mieux commander ses hommes. Je le savais brave. Il est mort en brave dans un combat glorieux à jamais pour le Régiment, pour la France </em>»<em>.</em></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/armee-francaise-le-rapport-choc-de-deux-deputes-francais/11/06/2025/">Armée française : le rapport choc de deux députés français</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Pensez-vous que notre époque mesure encore pleinement le prix humain de la guerre, ou&nbsp;est-ce&nbsp;que la distance historique en a atténué la violence et la réalité ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Malheureusement, je ne le pense pas. Aujourd’hui, à l’aube où notre société semble perdre ses repères, beaucoup de personnes ne mesurent plus le sacrifice immense consenti par nos ancêtres. Certes, ces événements remontent à plus d’un siècle, mais leur impact reste visible encore aujourd’hui, les monuments aux morts parsèment nos communes. L’Europe, et notamment la France, n’a jamais réellement compensé le gâchis humain provoqué par le million et demi de Français morts au front. Cette distance historique tend à atténuer la violence et la réalité de la guerre dans les consciences contemporaines.</span></p>



<p><strong>&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-instagram wp-block-embed-instagram"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DQ7dldhDSzu/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:640px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/reel/DQ7dldhDSzu/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; 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</div></figure>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Peut-on parler de courage uniquement sur le champ de bataille, ou réside-t-il&nbsp;encore aujourd’hui une forme de courage dans notre monde moderne&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Le courage ne se manifeste pas uniquement sur le champ de bataille. S’il a longtemps été associé au combat armé et au sacrifice des soldats, je pense qu’il existe encore aujourd’hui des formes de courage dans notre monde moderne. Ce courage est, selon moi, souvent moral et culturel. Défendre la culture française et chrétienne, ses traditions, son héritage et ses valeurs, peut demander du courage dans une société où celles-ci sont parfois minimisées, contestées ou tournées en dérision. Par exemple, le simple fait de faire son bénédicité en public ou d’assumer ouvertement sa foi et son attachement aux traditions françaises peut constituer un acte courageux. De même, transmettre cet héritage, le faire vivre et le défendre face à l’oubli ou au rejet exige une certaine force morale. Je dirais donc que si le courage a changé de forme, il demeure une vertu essentielle, indispensable à la préservation de l’identité et de la mémoire collective.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-jean-bexon-les-taaf-sont-une-richesse-francaise/18/10/2024/">ENTRETIEN – Jean Bexon : «les TAAF sont une richesse française»</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : En regardant ces vies brisées par la guerre, le courage des poilus a-t-il un message pour notre époque ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> C’est dans l’horreur et la souffrance des tranchées que le courage de nos ancêtres s’est forgé. L’un des messages les plus flagrants selon moi est l’amour pour la patrie, et le devoir de protéger la terre de nos aînés. À Verdun, par exemple, nous comptons plusieurs centaines de milliers de morts pour seulement quelques kilomètres de frontières alors même qu’aujourd’hui nos dirigeants ne sont même plus capable de faire le quart de ce sacrifice pour notre pays. Après tant de nos ancêtres morts la patrie, le message de cette guerre devrait être de ne pas abandonner ce qu’ils sont parvenus à nous préserver et à nous transmettre au prix de leur sang.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Quel était votre objectif premier en accomplissant ce travail de mémoire ? </strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Ce travail de mémoire s’inscrit dans un combat contre l’oubli de notre histoire. Aujourd’hui, à l’école de la République, nous pouvons apprendre comment Joffre et d’autres grands généraux nous ont fait remporter la guerre, mais trop rarement nous ne parlons des soldats. Je ne suis pas du genre à dire que les généraux sont les moins méritants car cela serait mentir ; je les évoque d’ailleurs aussi dans le livre. Les responsabilités sont différentes. Cependant, il m’était important de donner du crédit à ceux qui n’en ont jamais reçu, ou si peu. Les portraits que je mets en avant dans mon ouvrage pourraient être ceux des aïeux de n’importe quel Français. Il y a des hommes du rang, partis au front dans le cadre de la mobilisation générale, des militaires de carrière, des officiers issus de grandes écoles… tout le monde y est représenté. Avec ce livre, je souhaite aller au-delà des chiffres et des chants de batailles pour me concentrer sur ceux qui étaient dans les tranchées, dans les sous-marins, dans les chars, sur leurs chevaux… pour parler pleinement de nos ancêtres. Je suis très heureux d’avoir pu leur consacrer mon premier livre.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous pouvez <a href="https://www.colinsimon.fr/product-page/livre-d-or-des-poilus" type="link" id="https://www.colinsimon.fr/product-page/livre-d-or-des-poilus">précommander l&rsquo;ouvrage ici</a></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">*Henri de Notre France est un pseudonyme.</span></p>



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		<item>
		<title>Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 17:04:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Cadets de Saumur]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Michon]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=11879</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/08/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le colonel Charles Michon est un militaire français commandant les Cadets de Saumur qui, en juin 1940, ont résisté à l&rsquo;armée allemande avec leurs armes d&rsquo;instruction.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 20 juin 1940, une section de la Wehrmacht rend les honneurs militaires aux élèves aspirants de réserve de l’École de cavalerie de Saumur, après deux jours de combat pour la défense de la Loire : ils entreront dans l’Histoire sous le nom de « Cadets de Saumur ». Vétéran du Maroc, blessé de la Grande Guerre, leur chef, le colonel Charles Michon, qui est à l’origine de cet acte de résistance, reste pourtant méconnu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Ils s’instruisent pour vaincre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">François, Marie, Charles Michon naît le 17 juillet 1882 à Joigny, sur les bords de l’Yonne, d’un père lieutenant de dragons. Son ancêtre direct, Pierre Bénigne Michon fut fait chevalier d’Empire et mourut lors d’une campagne napoléonienne. Étudiant dans un collège jésuite de Dole, Charles Michon est tiré au sort pour le service militaire en 1902, à vingt ans. Catholique fervent, attiré par l’expansion coloniale de la France en Afrique et conquis par cette première expérience au sein des Armées, il présente le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr l’année suivante. Il intègre la promotion « La Tour d’Auvergne », décimée entre 1914 et 1918, plus d’un tiers des élèves ayant été déclaré « morts pour la France ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Affecté au 14ème régiment de chasseurs à cheval de Dole, le jeune sous-lieutenant est d’abord formé à Saumur, au sein de l’École de cavalerie. Noté « très bien » malgré un apprentissage laborieux de l’équitation militaire, il est déjà remarqué pour ses qualités d’officier et son aptitude au commandement. En 1906, après avoir choisi le 2ème régiment de chasseurs d’Afrique, unité qui répond au cri d’« En avant, tout est vôtre ! » depuis les combats face à Abd el Kader, il découvre l’Oranais et la frontière marocaine. Atteint d’une fièvre typhoïde, il devance la fin de sa convalescence pour vivre son baptême du feu lors de l’affrontement de Port-Say, où deux mille marocains assaillent les troupes françaises.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« C’est dans cet endroit délicieux que j’ai eu la vision nette de ce que peut être l’Enfer » [1]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marié en 1912 et père d’un premier fils l’année suivante, Charles Michon apprend l’attentat de Sarajevo à Beaune, où il sert au sein du 16ème régiment de chasseurs. Dès août 1914, il prend part à la bataille de la trouée de Charmes et assure la liaison téléphonique de sa division sous feu nourri durant trois jours. Cité à l’ordre de la division à la suite des combats d’Apremont et du bois d’Ailly, il est promu capitaine en février 1915. Volontaire pour « l’arme du martyre » déjà décimée, il est affecté au 106ème régiment d’infanterie en tant que commandant de compagnie, comme l’est alors Maurice Genevoix. Il rejoint son affectation cinq jours avant l’attaque des Éparges.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 26 avril 1915, à proximité de l’endroit où tombait, un an auparavant, l’écrivain Alain-Fournier, Charles Michon reçoit une balle qui lui transperce trois côtes. Enseveli durant deux jours sous les cadavres, il est porté disparu. Retrouvé par des soldats allemands, il est soigné à Stuttgart, avant d’être transféré, comme prisonnier de guerre, en Suisse, où le rejoint sa femme. Chevalier de la Légion d’honneur en 1917, Charles Michon souffrira toute sa vie du fait de cette blessure, qui l’invalidera à 30%.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nommé attaché militaire auprès du consulat français de Lausanne dès la fin de la guerre, le jeune capitaine est muté en Turquie, où les tendances nationalistes exacerbent les tensions avec la Grèce et occasionnent les massacres des chrétiens grecs et arméniens. Cette parenthèse diplomatique close, il reprend ses fonctions militaires dans plusieurs régiments de cavalerie, où il assure la formation des escadrons et se consacre à ses six enfants, nés au gré de ses différentes affectations. En 1935, il est affecté à l’École d’application de la cavalerie et du train à Saumur, dont il prendra le commandement en second cinq ans plus tard : commence alors un nouveau chapitre de sa vie, insoupçonné.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête des Cadets de Saumur</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mai 1940. Alors que le commandement des armées françaises, sous l’impulsion du général Weygand, tente d’enrayer l’irrésistible percée des troupes allemandes, échoie à l’École de cavalerie de Saumur la défense de quatre ponts à proximité de la ville. Minés, ces ponts offrent à des millions de réfugiés une porte de sortie vers le sud de la France. Le 14 juin, dans la cour de l’École, le colonel Michon convoque ses 768 élèves et clame : « On nous demande de combattre sur place pour sauver l’honneur de l’armée. Si vous êtes d’accord, vous le dites ! ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Devant l’assentiment général, il organise, en lien avec le Ministère, la défense de son secteur, au mépris du discours du maréchal Pétain et des réticences des édiles locales, qui déclarent Saumur « ville ouverte ». Après le départ de ses chevaux vers Montauban, l’École accueille plusieurs unités dispersées, portant à 1890 hommes les effectifs combattants.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré les difficultés annoncées de la mission, la bataille de Saumur s’engage le 19 juin, dans la nuit. Sacrifiant tout repos à la coordination des combats et aux destructions successives des ponts, le colonel Michon apprend, par épisodes successifs, les actes héroïques des Cadets de Saumur, ainsi baptisés par un officier allemand persuadé, à l’issue des combats de la ferme d’Aunis, d’avoir combattu un régiment entier. Après trois jours d’acharnement allemand et de faits d’armes français, le commandant de l’École décide, avec hauteur de vue, d’ordonner le repli général.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête d’une colonne surarmée, il se rend à Montauban, tandis que ses élèves sont déclarés libres par le commandement de la 1. Kavallerie Division, admiratif de l’impétuosité des jeunes élèves-officiers de réserve. Cité à l&rsquo;ordre de l&rsquo;armée le 24 août 1940 par le général Weygand, le colonel Michon entre dans l’Histoire : « Reflétant l&rsquo;âme de son chef, l&rsquo;École Militaire et d&rsquo;Application de la Cavalerie et du Train a combattu les 19, 20 et 21 juin 1940, jusqu&rsquo;à l&rsquo;extrême limite de ses moyens de combat, éprouvant de lourdes pertes, prodiguant les actes d&rsquo;héroïsme et inscrivant dans les fastes de la cavalerie une page digne entre toutes de son glorieux passé, a suscité, par sa bravoure l&rsquo;hommage de son adversaire ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur 560 élèves-officiers, 79 sont morts ou disparus, 47 sont blessés, 366 restent vivants. 12 officiers et 30 élèves recevront la Croix de guerre. Le colonel Michon est terrassé par une embolie pulmonaire à Montauban, le 26 octobre 1940. Son corps est inhumé, à Dole, dans le caveau de sa famille.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Nous vous avions confié nos enfants. Je vous remercie d’en avoir fait des hommes » [2]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En faisant des Cadets de Saumur un nom de légende, la Grande Histoire a failli, laissant le grand public ignorant du nom de leur chef. Réparation fut faite de cet oubli en 2020, lorsque sa petite-fille, Pascale Michon, publie, avec le journaliste et biographe Thierry Dromard, une biographie richement sourcée. Avec « Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice », ressuscite la vie héroïque d’un officier français resté debout, dans le tumulte des journées de juin 1940.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A l’occasion de la préface de cet ouvrage, le général de brigade Patrice Dumont Saint Priest, ancien commandant de l’École de cavalerie, souligne que « cette décision n’est pas celle d’un irresponsable ou d’un va-t-en-guerre, c’est au contraire celle d’un colonel d’expérience, ayant déjà beaucoup souffert, celle d’un homme de devoir, de caractère et de convictions, celle d’un officier de cavalerie qui n’avait rien à gagner et tout à perdre, et enfin celle d’un chef respecté par ses hommes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11889" aria-describedby="caption-attachment-11889" style="width: 204px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-11889 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="204" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&amp;ssl=1 204w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=695%2C1024&amp;ssl=1 695w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=768%2C1132&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?w=950&amp;ssl=1 950w" sizes="(max-width: 204px) 100vw, 204px" /><figcaption id="caption-attachment-11889" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pascale Michon et Thierry Dromard, Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice, 2020, Éditions Lamarque, 207 p., 19 euros</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[1] Lettre du colonel Charles Michon à son épouse, 11 avril 1915. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice</em>, 2020, Éditions Lamarque, p. 19.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[2] Hommage du père de l’un des Cadets de Saumur au colonel Charles Michon. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>op. cit.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<item>
		<title>La Fondation du patrimoine lance un appel à projets pour la restauration écologique du bâti ancien</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/la-fondation-du-patrimoine-lance-un-appel-a-projets-pour-la-restauration-ecologique-du-bati-ancien/09/07/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Victor de Warren]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Jul 2025 12:28:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Fondation du patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Immobilier]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=11768</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 09/07/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/la-fondation-du-patrimoine-lance-un-appel-a-projets-pour-la-restauration-ecologique-du-bati-ancien/09/07/2025/">La Fondation du patrimoine lance un appel à projets pour la restauration écologique du bâti ancien</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Fondation du patrimoine souhaite réconcilier patrimoine et écologie avec un appel à projets de 500 000 € pour la restauration du bâti ancien.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est le pari du programme « Éco-restauration » lancé par la Fondation du patrimoine, en partenariat avec plusieurs grands acteurs du bâti ancien et de la biodiversité. À la clé : un soutien financier pour une dizaine de projets de restauration intégrant des objectifs environnementaux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Restaurer sans trahir : le défi du patrimoine durable</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La restauration du bâti ancien, qu’il s’agisse de maisons, de pigeonniers ou de châteaux, pose aujourd’hui un défi de taille : comment améliorer ses performances énergétiques ou respecter la biodiversité sans en altérer l’âme ? C’est pour répondre à cette question que la Fondation du patrimoine a lancé ce nouveau programme ambitieux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/la-saveur-du-vin-une-identite-francaise/19/06/2024/">La saveur du vin, une identité française</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">S</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">ont éligibles les projets de restauration du patrimoine bâti intégrant des actions concrètes en faveur de l’environnement : isolation respectueuse de l’existant, choix de matériaux biosourcés ou locaux, gestion écologique des abords, intégration d’éléments favorables à la faune (nichoirs, végétation indigène)… Tout est pensé pour faire dialoguer savoir-faire traditionnels et préoccupations contemporaines.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une enveloppe de 500 000 € pour une dizaine de lauréats</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le programme, doté d’un budget de 500 000 €, permettra de soutenir une dizaine de projets portés par des collectivités, des associations ou des propriétaires privés. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 22 septembre 2025.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les porteurs de projet sont invités à déposer leur dossier auprès de leur délégation régionale de la Fondation du patrimoine, qui assurera un accompagnement personnalisé. Une sélection sera faite sur la base de la qualité patrimoniale, de la pertinence écologique, et de l’ancrage local du projet.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-poivre-le-botaniste-manchot-chasseur-depices-de-louis-xv/06/06/2025/">Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Fondation s’entoure pour l’occasion de partenaires solides : <a href="https://maisons-paysannes.org/">Maisons Paysannes de France</a>, <a href="https://www.parcs-naturels-regionaux.fr/">Parcs naturels régionaux de France</a>, <a href="https://www.lpo.fr/">LPO France</a> et le <a href="https://www.rehabilitation-bati-ancien.fr/">CREBA</a> (Centre de ressources pour la réhabilitation responsable du bâti ancien), qui apporteront leurs conseils aux porteurs de projet.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une démarche exemplaire à soutenir</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alors que la rénovation énergétique est souvent pensée en rupture avec l’architecture ancienne, ce programme montre qu’il est possible de restaurer sans dénaturer, en conciliant tradition et transition. Une démarche salutaire, à l’heure où le patrimoine vernaculaire souffre parfois de restaurations inadaptées aux enjeux climatiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour en savoir plus ou déposer un dossier : <a href="https://www.fondation-patrimoine.org/c/soumettre-un-projet/obtenir-une-aide-financiere/programme-eco-restauration/1717#section-soumettre-votre-projet">Site officiel du programme Éco-restauration</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un <a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1">don</a> ou en <a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2025-billet-de-france">adhérant</a></span></p>
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		<title>Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2025 10:22:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Louis XV]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Poivre]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/06/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-poivre-le-botaniste-manchot-chasseur-depices-de-louis-xv/06/06/2025/">Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Botaniste, explorateur et missionnaire, Pierre Poivre fut l’un des grands aventuriers du XVIIIe siècle. Curieux infatigable, il parcourut l’Asie pour rapporter des plantes rares et briser le monopole hollandais sur les épices au profit de la couronne de France.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La vie de Pierre Poivre commence le 23 août 1719 à Lyon. Issu d’une famille de six enfants, il est le fils de Hilaire Poivre, négociant en soieries.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après de brillantes et rapides études, il suit, auprès des Missionnaires de Saint Joseph, des cours de théologie lors desquels il se fait remarquer. Les Jésuites, appréciant très peu de voir cet esprit sagace s’épanouir en dehors de leurs murs, tentent alors de le convaincre de rejoindre leurs rangs. Alors que ces derniers font appel à l&rsquo;archevêque de Lyon pour les soutenir dans leur tentative, le jeune novice prend la décision de ne pas les rejoindre. Sentant sa volonté et son libre-arbitre contraints, il choisit les Missions étrangères à Paris.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/claude-nicolas-vaudrey-le-complice-du-premier-coup-detat-de-napoleon-iii/03/12/2024/">Claude-Nicolas Vaudrey : le complice du premier coup d’État de Napoléon III</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre poursuit à Paris son instruction en étant également chargé des catéchumènes. Le dessin et la peinture sont perçus par le jeune étudiant, qui s’y intéresse, comme un moyen de collecter des connaissances pour sa patrie lors de ses futurs voyages. Son attrait pour l&rsquo;état de missionnaire est également motivé par la possibilité de voyages et d’exploration de l’Asie, de l&rsquo;Amérique, de l’Afrique et l&rsquo;étude de leurs diverses cultures, afin d’en faire bénéficier l’Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">1741, premier voyage pour la Chine</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les missionnaires, percevant la fougue et le désir du large de leur jeune ouaille, l’envoient le 17 janvier 1741 pour la Chine. Arrivé à Canton, un Chinois qui avait été offensé par des Européens fait parvenir à Pierre Poivre une lettre fallacieuse, censée en apparence lui ouvrir des portes auprès des mandarins. Pierre, porté par son ardeur, présente sa lettre comme « faire-valoir » au premier mandarin venu : il est immédiatement jeté en prison. Derrière les barreaux, il parvient à séduire le vice-roi de Canton par son exemple et ses nombreuses qualités, dont l’apprentissage rapide de la langue. Avec les faveurs du vice-roi, il passe deux ans en Chine à découvrir l&rsquo;intérieur du pays. Son cas marque alors un précédent ; les Français furent dès lors traités plus justement face à la loi, et la Compagnie des Indes y trouva un intérêt certain, forte des relations de Pierre Poivre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1745, Pierre Poivre part de Canton pour rentrer en France. Son voyage se devant d&rsquo;être une aventure, il participe le 5 février au combat naval du détroit de Banca. Lors du combat, un boulet lui arrache la main. Restée sans pansement, la plaie s&rsquo;infecte obligeant le chirurgien anglais à l’amputer. Un séjour forcé de rétablissement permettra au jeune missionnaire de découvrir le commerce des Hollandais et l’importance des épices.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 10 décembre 1746, arrivé sur l&rsquo;Île de France (nom de l&rsquo;île Maurice jusqu&rsquo;en 1810), Pierre Poivre ne se contente pas uniquement de l’aspect commercial de son voyage. Il apporte de nombreuses plantes prêtes à être acclimatées à l&rsquo;île afin de fournir de nouvelles ressources. Le poivrier, le cannelier, divers arbres utilisés pour la teinture et plusieurs espèces d’arbres fruitiers composent sa valise : il est désormais un botaniste explorateur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après avoir quitté Port-Louis le 5 mars 1747, il atteint la France en juin 1748, après de nombreuses péripéties. Pierre Poivre revient avec beaucoup d’observations, mais surtout en étant convaincu de la possibilité et de l’importance d’acclimater des épices fines à l&rsquo;Île de France. Cela permettra à la France de se doter de nouvelles ressources importantes, tout en développant l&rsquo;île et les populations locales. Pendant que la vocation sacerdotale s&rsquo;éloigne &#8211; la célébration liturgique étant devenue compliquée faute de bras, une nouvelle vocation commence à se dessiner.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un explorateur aguerri et un botaniste accompli</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fort des succès de son premier voyage et des intérêts que Pierre Poivre avait fourni à la Compagnie des Indes, un accord est trouvé avec la Compagnie pour mettre en place un comptoir. L’explorateur botaniste a pour projet de retourner à l&rsquo;Île de France afin d’y acclimater des épices fines.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 23 octobre 1748, soit trois mois après son arrivée, il repart pour l’Île de France, qu’il atteint le 13 mars 1749. Il part rapidement après son arrivée pour Huế dans l’actuel Vietnam, afin d’y installer le comptoir. Il rejoint Fai-Foo, en Cochinchine, comme ministre du Roi, avec qui il échange. Le 11 février 1750, le projet de comptoir est suspendu : Pierre Poivre a amassé plusieurs plantes et graines qui sont propres à la germination. Il se doit évidemment de les planter et rentre donc à l’Île de France.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre repart en juin pour divers pays : Manille, Macao, Canton. Il parviendra à collecter dix-neuf plants de muscadier, dont il avait identifié l&rsquo;intérêt dans le commerce des épices fines. Il éprouve des difficultés à atteindre l’Île de France au retour, n’arrivant qu’avec cinq plants de muscadiers.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les girofliers et muscadiers poussaient alors naturellement dans les îles à épices, comme les Moluques, qui étaient sous le contrôle des Hollandais et sur lesquelles la Compagnie néerlandaise des Indes orientales maintenait un précieux monopole. L’explorateur navigue donc dans ces îles pendant quatre mois afin d&rsquo;acquérir ces végétaux de grande valeur.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De retour à Port-Louis, le 8 juin 1755, il constate que le sac de noix de muscade et les graines de girofliers qu’il avait acquis sont inadaptés à la plantation. Pierre Poivre présente avec peu de succès au conseil de l&rsquo;Île de France ses différents travaux botaniques. La mort de l’unique plant qu’il avait rapporté le 8 juin et le manque de soutien du nouveau gouverneur de l&rsquo;île à une nouvelle exploration auront raison de son courage. Découragé par ces insuccès, le botaniste explorateur prend de nouveau le chemin du retour.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/christiane-desroches-noblecourt-une-vie-pour-la-preservation-du-patrimoine-de-lhumanite/15/12/2023/">Christiane Desroches Noblecourt : une vie pour la préservation du patrimoine de l’humanité</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En rentrant, Pierre Poivre fait escale à Madagascar et prélève des plantes pour Bernard de Jussieu, qui est professeur de botanique au Jardin du roi. Il identifiera ainsi le faux giroflier et le muscadier sauvage. À défaut de perdre son dernier bras et de s’ennuyer durant le retour, Pierre Poivre est capturé par… des Anglais qui le ramèneront à Cork, en Irlande. Il rentrera finalement en France le 22 avril 1757.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Retour en France, enfin une vie paisible ?</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De retour en France, Pierre Poivre présente son rapport et est nommé à l&rsquo;Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. Il passe ainsi 10 ans désenchantés dans sa petite propriété campagnarde.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il épousera à 47 ans, Françoise Robin, âgée de 18 ans. Mais le couple ne bâtira pas un foyer aux abords de Lyon : leurs destins convergent vers l&rsquo;Île de France. Après le rachat de l&rsquo;exclusivité de la Compagnie des Indes par le Roi, Monsieur et Madame Poivre embarquent à bord du « Dauphin ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Arrivé sur l&rsquo;île, Pierre Poivre prononce un discours aux habitants et au Conseil supérieur avant d’entreprendre de nombreuses mesures dépassant le cadre du simple botaniste explorateur : recensement, inventaire du port, rachat de celui-ci à la Compagnie, création de nouvelles voiries, développement d’une imprimerie. De nombreuses initiatives seront entreprises pour le bon fonctionnement et le développement de l&rsquo;île.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au cours de ses différentes explorations, Pierre Poivre put observer de nombreux ports insulaires ; il identifie les éléments nécessaires au bon fonctionnement d’une île portuaire, mais surtout d’une île et de sa population. Pierre passera cinq ans sur l’Île de France : deux de ses trois filles y naîtront. Deux expéditions seront organisées, des milliers de noix de muscade et des centaines de girofliers et muscadiers propres à la germination seront rapportés.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rentré paisiblement à Lyon le 20 octobre 1772, dans sa demeure de La Fréta, il poursuit une correspondance avec le botaniste et agronome Jean-Nicolas Céré, afin de suivre l&rsquo;évolution des plantations d&rsquo;épices. Pierre Poivre s’éteint le 14 janvier 1786.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une vie botanique au service du Bien commun</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au-delà de briser le monopole des Hollandais sur le marché des épices, Poivre aura marqué l&rsquo;identité agricole de l&rsquo;Île Maurice, notamment par un jardin botanique où il fit planter ses découvertes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre fut porté toute sa vie par l&rsquo;exploration : sa curiosité, ses quêtes de nouvelles plantes étaient toujours motivées par le service du bien commun. Les habitants des nombreux pays qu&rsquo;il a visités ont été marqués par ses différentes aventures. On peut lire dans ses correspondances des observations pleines d&rsquo;humanité sur la condition de certaines sociétés qui vivaient durement. L&rsquo;intérêt des siens a toujours été une fin en soi ; il n&rsquo;a jamais cherché l’enrichissement personnel.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme Pierre Poivre, cultivons sans cesse notre curiosité pour servir notre prochain !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Antoine de Suremain : un aventurier de France</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/antoine-de-suremain-un-aventurier-de-france/19/05/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille Casarotto]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 May 2025 12:05:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine de Suremain]]></category>
		<category><![CDATA[Aventurier]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 19/05/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/antoine-de-suremain-un-aventurier-de-france/19/05/2025/">Antoine de Suremain : un aventurier de France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>C&rsquo;est un aventurier comme il en reste peu dans nos villes de béton : Antoine de Suremain. Sa chanson préférée : la Montagne, de Jean Ferrat. Ses montagnes favorites : les Pyrénées. Son but : faire aimer la France à ceux qui le suivent sur les réseaux sociaux, qui regardent son émission sur « <a href="https://www.canalplus.com/jeunesse/antoine-l-aventure-la-france-des-legendes-saison-2/h/22177784_50001">Canal Kids</a> ». Portrait en montagnes russes de cet aventurier du XXIe siècle, promenade depuis les hauts sommets français jusqu’à son for intérieur. </strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La France est incroyablement belle. À la sillonner d’aventures en aventures, sur ses sentiers secrets comme dans ses coins les plus renommés, Antoine de Suremain l’a bien vu. De par sa diversité géographique qui fait naître des paysages radicalement différents et offre tour à tour les plateaux de l’Aubrac, d’une pureté sans nom, et les marais de Camargue, nos régions foisonnent de vie et de couleurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Oser l’aventure de la France</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est ce qui l’a poussé à mettre en valeur ce pays, son pays, à travers les réseaux sociaux, avec un message en tête : « <em>Il est possible de trouver de l’exotisme, de l’ailleurs, en France. Arrêtons de prendre l’avion pour Bali quand il y a des cascades pleines d’une verdure exubérante dans le Cantal</em> ». Ce pays comble toutes ses attentes en termes de dépaysement, d’aventure, d’introspection, de renouvellement, de surprise. Nul besoin alors de partir à l’autre bout du monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-tamanrasset-dans-les-pas-de-charles-de-foucauld-a-lasskrem/15/05/2025/">RÉCIT – Tamanrasset : dans les pas de Charles de Foucauld à l’Asskrem</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour lui, la France fut au berceau comme bénie par un bon génie, cartographe magicien qui lui offrit une multitude de paysages, de cultures, de traditions. Un patrimoine naturel si riche, grâce unique pour un si petit bout de terre. Avis subjectif, chauvin, franchouillard direz-vous ? « <em>Constat incontestable des yeux et du cœur </em>», répond Antoine, puisque la France attire années après années toujours plus de touristes, fait rêver les voyageurs, fait grincer les envieux. Il invite à s’en émerveiller avec lui.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pas seulement pour goûter la beauté des baies de la Somme, gigantesques et peuplées de phoques, des gorges du verdon aux eaux turquoise. Mais parce qu’Antoine de Suremain en est persuadé, « <em>aimer son pays est fondamental</em> ». C’est une valeur qui peut nous rassembler, qui n’a rien de politique, de partisan. Il est nécessaire pour être heureux d’aimer l’endroit où l’on vit. Faire découvrir ses charmes naturels participe à cette entreprise de revalorisation qui lui tient à cœur. D’ailleurs, il porte volontiers un béret basque, qui lui donne un air léger de Belmondo version terroir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’aventure dans le regard</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aventurier de l’hexagone, Antoine ne se limite pas à avaler des kilomètres aux quatre coins de sa terre natale. Il parle de l’aventure comme d’une relation à soi et au monde, un certain regard. Un <em>ethos</em> à conquérir. « <em>L’aventure ne se limite pas au nombre de kilomètres que l’on parcourt, mais à la zone de confort dont on peut s’échapper. Elle naît au moment où l’on franchit le palier de sa porte avec une idée farfelue</em> ». Elle surgit dans le champ laissé libre à l’imprévu et à la spontanéité.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Antoine de Suremain raconte la façon dont il a pris conscience petit à petit qu’il pouvait ramener cet état d’esprit depuis les montagnes, les bois, les rivières pour éclairer son quotidien parisien qu’il supportait mal au retour de ses expéditions, quand tout allait trop vite, dans les sirènes et les klaxons, quand les gens étaient cons.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-transnistrie-la-republique-fantome-deurope-de-lest/05/04/2025/">RÉCIT – Transnistrie : la république fantôme d’Europe de l’Est</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il lui semblait infernal d’être entouré de béton quand, la veille, il campait sous les étoiles du Vercors à la recherche des loups — un de ses plus beaux souvenirs de bivouac. Tout y paraissait plus beau, plus intense, plus poétique. Puis il a réalisé que cet émerveillement pouvait naître au cœur de la ville. C’est une lueur de curiosité dans le regard, la recherche d’un grain de beauté qui existe en toute chose : dans les rencontres, les bonnes nouvelles, et même dans les rues de Paris qui peuvent devenir complices d’une aventure.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Petit conseil d’Antoine pour réenchanter ce milieu urbain, apprivoiser Paris : « <em>J’essaye maintenant de faire des choses un peu décalées, de considérer la ville aussi comme un terrain de jeu. L’autre soir, j’ai grimpé dans le saule pleureur au bout de l’Île de la cité. Celui sous lequel tous les touristes s’assoient. Je suis monté aux aurores et le lever de soleil était magnifique depuis ce perchoir</em>. »</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Chez lui, cultiver l’émerveillement passe par l’abandon d’un confort dont on se rend compte en s’en délestant qu’il était superflu. On ne savoure jamais autant la douceur d’un foyer que lorsqu’on rentre d’un bivouac éprouvant, où l’eau n’étais pas un dû, mais un liquide rare à dénicher avec peine. Antoine se rappelle les délices de ses retours de camp scout, lorsque petit, épuisé, mais heureux, il partageait avec Ulysse la joie du retour dans ses pénates. Il partage avec Sylvain Tesson le sentiment que la cessation de l’effort est le seul luxe sain, mérité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Dans l’aventure, les retrouvailles</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est plutôt Robinson Crusoé que Saint Exupéry, même s’il aurait aimé dire le contraire, pour le côté méditatif et patriote de l’aviateur. Parce qu’il aime s’imposer des règles strictes, pour se placer dans des situations périlleuses, se mettre au défi, pour se retrouver. D’après Antoine de Suremain, c’est dans l’épreuve que l’homme se révèle. C’est ce que raconte <em>l’Appel de la forêt</em> de Jack London, son livre favori. Le chien, personnage principal de ce grand roman, réveille sa vraie nature dans la confrontation avec la vie sauvage. La difficulté de gravir monts et vallées, de marcher dans le désert de Saint Guilhem sans autre repas que les fruits de la nature, permet de se réaligner avec soi-même, avec celui qu’on est profondément, dépouillé des vanités et des facilités de notre quotidien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Confronté à nos limites. « <em>C’est ce qui effraie le plus dans l’aventure</em> » confie Antoine. « <em>Ce moment où l’on est dos au mur, où l’on doit se lancer dans quelque chose avec lequel on n’est pas à l’aise du tout. Récemment, pour rejoindre une cabane quasi-inaccessible, j’ai dû traverser des ravines très glissantes. Le sol se dérobait sous moi. Une pierre s’est détachée, a dévalé la pente, et est passée à trois mètres de ma tête.</em> »</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">D’un coup, il a pris conscience de sa fragilité, physique comme mentale, et il a été pétrifié d’effroi. Mais il ne pouvait pas faire demi-tour, coincé dans la ravine. Il a fallu avancer malgré tout, et vint un immense soulagement. Ce qui fait effraie, ce n’est pas l’inconnu, ou le vide, ou l’exigence physique, ce sont souvent nos propres croyances.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quand il a commencé à marcher, Antoine de Suremain était tourné vers les autres, il voulait transmettre son admiration pour la beauté de la France, notamment aux plus jeunes, passer le flambeau. Il a compris les bienfaits de la marche dans un second temps. Quand on marche seul, en silence, vient l’introspection, et avec elle la connaissance de soi. Il en témoigne : au fur et à mesure de ses randonnées, il voyait en lui de plus en plus clair, et ses questions bourdonnantes ont cessé de le tourmenter.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marcher est devenu pour lui un besoin vital qu’il partage à sa communauté. « <em>Si tu te poses trop de questions, ne t’en pose pas une de plus. Prends tes chaussures et ton sac à dos. Si tu traverses un passage à vide, que tu ne vois plus clair en toi, prends la route quelques jours</em>. », recommande-t-il.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Si l’on se rencontre en marchant, c’est aussi que les vastes espaces sont des miroirs de l’âme. Devant des plaines infinies, il nous semble nous perdre dans les méandres de notre esprit. Cela fait naître des émotions très fortes, des sentiments contraires, un vertige horizontal. Antoine se souvient, presque ému, de la causse Méjean, et de cet émerveillement mêlé de mélancolie qui prend le cœur quand on est saisi par cette beauté brute. Elle renvoie brusquement à son absence au monde, à la violence, au vide de notre quotidien. Antoine rit en se rappelant : « <em>Cela rend plus sensible, c’est dangereux finalement, prenez garde à vous !</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Lettre à un jeune aventurier</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il nous quitte sur quelques recommandations. Celle du lever de soleil le plus marquant à vivre, sur le Mont Blanc. Il en a fait l’ascension il y a deux ans déjà, mais le souvenir de cette expédition est encore fort. Il raconte la façon dont on grimpe, plongé dans l’obscurité, avec difficulté, puis comme une clarté transforme soudain le ciel qui se pare de nouvelles teintes. Juste avant le lever, en aumône à ceux qui marchaient à sa recherche dans les ténèbres de la nuit. Les moments les plus beaux de l’aurore sont ceux qui la précèdent.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Antoine décrit les mille couleurs de ce ciel. Il les conserve en lui comme un tableau de bleu profond, de vert, de jaune. « <em>Le premier rayon de soleil nous frappe, avant tant de chaleur, de lumière, de puissance. Il nous sort de l’obscurité intérieure et extérieure. Et le sommet du Mont Blanc apparaît enfin, et son ombre pyramidale qui s’étend sur les contrebas qui sont encore dans la nuit</em> », ajoute-t-il, plongé dans ce lumineux souvenir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Pour les âmes en peine, trouvez une cabane où vous retirer</em> », suggère Antoine de Suremain, familier de ce remède radical. Se couper du monde, s’emplir de beauté, et se reclure ou se projeter, selon ce que le cœur nous en dit. Il raconte qu’aux jours de détresse, il s’est senti recueilli par la vallée, qui l’a comblé de douceur dans sa nature sauvage. Et qu’elles gardent espoir. Comme le marcheur qui ne voit pas encore le terme du chemin, mais dont le pas ne faiblit guère.</span></p>
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<hr width="50%" />
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		<title>RÉCIT – Tamanrasset : dans les pas de Charles de Foucauld à l’Assekrem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 May 2025 10:05:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Assekrem]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Foucauld]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Hoggar]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 15 mai 2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-tamanrasset-dans-les-pas-de-charles-de-foucauld-a-lasskrem/15/05/2025/">RÉCIT – Tamanrasset : dans les pas de Charles de Foucauld à l’Assekrem</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Officier de cavalerie puis moine trappiste, la vie de saint Charles de Foucauld est parsemée d’aventures. De la Terre Sainte jusqu’à son assassinat dans le Hoggar, il alterne une vie d’ermite, faite de prières dans les montagnes de l’Assekrem, et de service auprès du peuple touareg. Récit d&rsquo;un voyage sur les pas du saint canonisé le 15 mai 2022.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">6 h. Le soleil n’est pas encore levé. Les premiers rayons lumineux franchiront les montagnes d’ici une petite heure. Tout juste le temps de se préparer, de sortir du refuge, longer le poste militaire et gravir les deux cents mètres de dénivelé restants pour assister au lever du soleil.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mauritanie-lhistoire-francaise-de-ladrar/25/05/2023/">REPORTAGE – Mauritanie : l’histoire française de l’Adrar</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au pied de l’ermitage de saint Charles de Foucauld, construit en 1910 avec quelques soldats, à presque 2 800 mètres d’altitude, le paysage est grandiose. Les montagnes, avec leurs sommets escarpés, laissent peu à peu passer la lumière du jour qui illumine la casemate de cet ancien officier français replié parmi les Touaregs. Le lieu lui permit de vivre à l’écart de Tamanrasset et à l’abri de la chaleur brûlante de l’été</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le rêve saharien</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il existe des lieux magiques avec des paysages qui coupent le souffle. Le Hoggar en fait partie. Un royaume minéral rocailleux à perte de vue où le temps s’efface. Une cathédrale naturelle sculptée par les âges et qui s’élève dans le silence désertique. Ici, pas de dunes mouvantes ni de mirages trompeurs, pas de sable fin non plus, mais de la roche majestueuse qui révèle toute sa splendeur deux fois par jour avec la lumière du soleil. Ce sont des vestiges volcaniques remontant à plusieurs dizaines de millions d’années.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11408" aria-describedby="caption-attachment-11408" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-11408" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Vue-depuis-lermitage-de-Charles-de-Foucault--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11408" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vue depuis l&rsquo;ermitage de Charles de Foucauld. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre civile et les violences islamiques des années 90 ont mis un coup d’arrêt à toute tentative de développement plongeant le pays dans une « décennie noire ». Une période davantage propice à sécuriser la dépendance économique aux ressources pétrolières et gazières plutôt qu’au développement touristique laissé à ses voisins marocains et tunisiens. Pourtant, le potentiel économique existe bien et le pays dispose de nombreux atouts géographiques en plein cœur du désert saharien. Fermé durant de nombreuses années, le Sud algérien rouvre peu à peu ses portes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>A la conquête du désert</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La localisation peut d’autant plus faire rêver qu’elle n’est que rarement visitée. Les tensions persistantes entre l’Algérie et la France n’attirent pas le tourisme dans ce pays. Au-delà de la mission diplomatique française, il n’y a que les Algériens et doubles nationaux vivant en France qui se rendent là-bas. Ne dépendant pas des revenus touristiques,</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> les relations sont plus saines avec la population locale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11410" aria-describedby="caption-attachment-11410" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-11410" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle-.jpg?resize=640%2C478&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="478" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle--scaled.jpg?resize=1024%2C765&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle--scaled.jpg?resize=300%2C224&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle--scaled.jpg?resize=768%2C574&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle--scaled.jpg?resize=1536%2C1148&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle--scaled.jpg?resize=2048%2C1531&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Les-trajets-entre-Tamanrasset-et-lAssekrem-pouvaient-demander-quelques-jours-au-debut-du-XXe-siecle--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11410" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les trajets entre Tamanrasset et l&rsquo;Assekrem nécessitaient quelques jours au début du XXe siècle. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>C’est la première fois que je rencontre un touriste</em> » me confie dans l’avion un franco-algérien, chef d’entreprise en région francilienne. Comme de nombreux Algériens, il vit et travaille en France et rentre plusieurs fois par an revoir sa famille natale. « <em>Monter une entreprise dans mon pays d’origine est très difficile tant les hauts dignitaires au pouvoir veulent garder leur monopole sur beaucoup d’activités </em>» reproche-t-il. A côté de lui, un ancien guide touristique confirme ses dires.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le prix du rêve</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les tensions entre la France et l&rsquo;Algérie qui refuse de reprendre ses ressortissants ont notamment entraîné l’augmentation du prix des visas touristiques. Obligatoire, son prix n’est pas fixe comme dans la plupart des pays, mais proportionnel au nombre de jours de présence : 75 euros (7-8 jours), 145 euros (8-10 jours) et 360 euros au-delà jusqu’à 30 jours. Un véritable budget à prendre en compte et payable exclusivement en espèces permettant au régime algérien de conserver des devises étrangères de la zone euro facilement. L’accès à Tamanrasset et au Sud est de toute façon interdit à toute personne non accompagnée par un local ou un professionnel du secteur touristique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mauritanie-sur-les-traces-des-gardiens-du-patrimoine/25/06/2023/">REPORTAGE – Mauritanie : sur les traces des gardiens du patrimoine</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le taux de change est lui aussi intéressant car deux tarifs existent. Le premier est le taux de change « officiel » qui ne représente pas la réalité économique du quotidien. Le deuxième est le taux de change « officieux ». Un véritable marché parallèle nettement plus avantageux que le premier permettant d’acheter pour le même prix en euro deux fois plus de monnaie locale. De manière générale, il n’existe pas de bureau de change, tout se fait de la main à la main dans la rue avec des changeurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une zone protégée</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après quelques heures de route en 4&#215;4 depuis Tamanrasset, nous arrivons à l’Assekrem, là où vécut Charles de Foucauld jusqu’en 1916, date de son assassinat. Au pied de son ermitage reconstruit entre 1954 et 1956, un petit plateau accueille des refuges pour les touristes de passage. Quelques bâtiments  seulement existent : pas de lit, pas de douche, des toilettes à la turque… Ici, aucun hôtel de luxe ou autres infrastructures permettant de loger des centaines voire des milliers de visiteurs. Une rusticité très visible mais agréable à vivre compte tenu de ce lieu chargé d’histoire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11411" aria-describedby="caption-attachment-11411" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11411" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?resize=640%2C479&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="479" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?resize=1024%2C767&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?resize=768%2C575&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?resize=1536%2C1151&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?resize=2048%2C1534&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Dans-les-montagnes-les-refuges-peuvent-etre-rustiques-1-1.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11411" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans les montagnes, les refuges peuvent être rustiques. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La zone est sécurisée. Au pied de l’Assekrem, un poste de gendarmerie assure une présence militaire toute l’année. A quelques centaines de mètres, un autre poste est également présent, de l’armée algérienne cette fois. Il sert à loger le temps d’une ou de plusieurs nuits, les patrouilles de passage qui encadrent les quelques convois touristiques. Sans escorte au début du périple, celle-ci nous rejoint dans la soirée. Un 4&#215;4 et une camionnette militaires assureront notre sécurité. Chaque déplacement depuis la sortie de l’aéroport de Tamanrasset dans le Sud algérien est accompagné par les autorités.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Loin des hommes, près de Dieu</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Cela fait 23 ans que je suis là</em> » m’expliquait la veille au soir l’ermite catalan, arabophone, qui habite sur cette montagne à quelques centaines de mètres de l’ermitage de Charles de Foucauld. Quelques minutes avant, il avait gentiment invité les deux jeunes gendarmes algériens à se pousser pour qu’il me fasse une topographie de cette vue imprenable qu’avait le saint depuis son refuge. Le silence, propice à la prière, est à la fois apaisant et troublant.</span></p>
<blockquote><p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu » Charles de Foucauld</span></p></blockquote>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A l’intérieur, le lieu n’est pas grand. Deux pièces et un couloir. Le sol est fait de dalles de pierres brutes. Au fond, une petite bibliothèque recense les principales œuvres du saint : <em>Reconnaissance au Maroc </em>(1888), récompensé par la médaille d’or de la Société de Géographie et le premier <em>Dictionnaire abrégé touareg-français</em> (1918), visant à faire connaître ce peuple saharien. A gauche en entrant, l’oratoire avec un autel, une bible posée et une bougie rouge qui rappellant la présence Réelle dans le Tabernacle. Quelques tapis touareg usés par le temps et posés à même la pierre apportent un semblant de confort au lieu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11412" aria-describedby="caption-attachment-11412" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11412" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation-.jpg?resize=640%2C479&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="479" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation--scaled.jpg?resize=1024%2C766&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation--scaled.jpg?resize=300%2C224&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation--scaled.jpg?resize=768%2C574&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation--scaled.jpg?resize=1536%2C1149&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation--scaled.jpg?resize=2048%2C1532&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Loratoire-dedie-a-la-priere-et-a-la-meditation--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11412" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;oratoire dédié à la prière et à la méditation. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Nous sommes deux, mais en ce moment, je suis seul car le deuxième est rentré temporairement chez lui pour raison familiale</em> » continue l’ermite. La vie de ces deux hommes est rythmée de prières quotidiennes, d’accueil pour les quelques visiteurs de passage et d’entretien des lieux, dont l’ermitage du saint qui a été restauré et est entretenu par les différents frères successifs. « <em>Autrefois, nous travaillions à la petite station météo à côté, ce qui nous procurait un petit salaire pour subvenir à nos besoins. Depuis, les Algériens ont repris la station et nous avons perdu notre maigre source de revenu</em>. ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Préserver l’héritage</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’ensemble du site a été aménagé pour accueillir quatre ermitages en plus de ceux des pères de Foucauld, pour des retraites spirituelles de dix jours. Les deux ermites bénéficient d’une petite communauté de fidèles à Tamanrasset qui leur procurent ce dont ils ont besoin comme de la nourriture ou des vêtements.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-serbie-subotica-une-ville-frontiere-aux-portes-de-leurope/18/12/2024/">REPORTA</a></strong></span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong><a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-serbie-subotica-une-ville-frontiere-aux-portes-de-leurope/18/12/2024/">GE – Serbie : Subotica, une ville frontière aux portes de l’Europe</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Charles de Foucauld n’était pas le premier européen à venir ici mais c’était le seul à rester et à faire quelque chose</em> » précise notre guide locale qui nous accompagne durant le séjour. Autrement dit, le premier à pérenniser une action au service des autres. Dans ce cadre, il s’attelle, en tant qu’ancien soldat, à créer le premier dispensaire pour soigner les malades et à créer la première école pour instruire les plus jeunes du peuple touareg. Un siècle après, la transformation régionale s’est opérée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11413" aria-describedby="caption-attachment-11413" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11413" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage-.jpg?resize=640%2C477&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="477" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage--scaled.jpg?resize=1024%2C763&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage--scaled.jpg?resize=300%2C224&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage--scaled.jpg?resize=768%2C572&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage--scaled.jpg?resize=1536%2C1145&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage--scaled.jpg?resize=2048%2C1526&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Panneau-situe-juste-a-droite-de-lentree-de-lermitage--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11413" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Panneau situé juste à droite de l&rsquo;entrée de l&rsquo;ermitage. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1910, Tamanrasset n’était qu’un ensemble de dizaines de huttes et de tentes. Depuis, ce qui n’était qu’un village est devenue une ville vrombissante, une capitale régionale avec plus de 150 000 âmes et un aéroport international. Une marée humaine où s’entremêlent 4&#215;4 et pick-up, poussière de sable et migrants d’Afrique noire ayant traversé les frontières voisines du Mali et du Nigéria. Tamanrasset fait partie des grandes villes carrefours du Sahel ou se rencontrent différents peuples. Une cohabitation entre touages, arabes, harratins, kabyles et une nouvelle population mendiante subsaharienne qui fonctionne plus ou moins bien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-transnistrie-la-republique-fantome-deurope-de-lest/05/04/2025/">RÉCIT – Transnistrie : la république fantôme d’Europe de l’Est</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur cette transformation du siècle, cette petite communauté chrétienne survit malgré tout. Quelques migrants chrétiens des pays adjacents tentent d&rsquo;y trouver un refuge pérenne. Une situation qui a conduit la famille de saint Charles de Foucauld à lancer en 2019 un appel pour faire connaître cette communauté qui a sans cesse besoin de prières et de nouvelles vocations pour pérenniser sa présence sur place. Les hommes passent, les empires tombent, mais le Hoggar et l’Assekrem au travers de saint Charles de Foucauld doivent demeurer éternels.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-11415 aligncenter" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Pere-Charles-de-Foucauld-1858-1916-.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="300" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Pere-Charles-de-Foucauld-1858-1916-.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Pere-Charles-de-Foucauld-1858-1916-.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Pere-Charles-de-Foucauld-1858-1916-.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/05/Pere-Charles-de-Foucauld-1858-1916-.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Le Concorde, classé Monument historique par le Ministère de la Culture</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/le-concorde-classe-monument-historique-par-le-ministere-de-la-culture/10/05/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 May 2025 09:47:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Aéronautique]]></category>
		<category><![CDATA[Aviation]]></category>
		<category><![CDATA[Concorde]]></category>
		<category><![CDATA[Monuments historiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 10 mai 2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/le-concorde-classe-monument-historique-par-le-ministere-de-la-culture/10/05/2025/">Le Concorde, classé Monument historique par le Ministère de la Culture</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Symbole de l’excellence aéronautique française, le Concorde n°1, exposé au musée Aeroscopia à Blagnac, vient d’être officiellement classé Monument historique. Une première en France pour un avion de cette envergure, qui consacre autant une prouesse technologique qu’un morceau de mémoire nationale.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est une page de l’histoire de l’aviation et de l’innovation européenne qui vient d’être solennellement reconnue. Le Concorde n°1, immatriculé F-WTSB, premier avion de série français destiné aux essais en vol du programme supersonique Concorde, a été classé au titre des Monuments historiques par la ministre de la Culture ce 5 mai. Ce classement marque une première dans l’histoire du patrimoine aéronautique français.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un avion emblématique</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’annonce fait suite à une procédure engagée en mai 2023 par l’Académie de l’Air et de l’Espace, propriétaire de l’appareil, auprès de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Occitanie. Après une inscription au titre des Monuments historiques en octobre 2024, le classement vient d’être confirmé, sur avis unanime des instances nationales compétentes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/dissuasion-nucleaire-limpossible-partage/11/03/2025/">Dissuasion nucléaire : l’impossible partage</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">e classement ne porte pas seulement sur l’avion lui-même, mais également sur l’ensemble de ses équipements d’essais et de tests, en tant qu’« ensemble historique mobilier ». Il témoigne de l’exceptionnelle valeur technologique, scientifique et esthétique de ce fleuron de l’industrie aéronautique, aujourd’hui exposé au musée Aeroscopia de Blagnac, à proximité immédiate des installations d’Airbus.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Concorde n°1, témoin d’un défi technologique unique</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Premier Concorde de série, le F-WTSB – surnommé « Sierra Bravo » – diffère des prototypes conservés au Bourget et à Yeovilton. Il a joué un rôle déterminant dans la certification de l’appareil et dans l&rsquo;obtention du certificat de navigabilité, permettant ainsi l’entrée en service du Concorde pour le transport de passagers.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/marie-france-garaud-une-voix-pour-la-souverainete-francaise/01/11/2024/">Marie-France Garaud : une voix pour la souveraineté française</a></strong></span></p>
<p data-start="1935" data-end="2237">
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Son premier vol, le 6 décembre 1973, dura trois heures, dont quarante-trois minutes en vol supersonique, avec André Turcat, Gilbert Defer, Michel Rétif, Henri Perrier et Hubert Guyonnet aux commandes. Il effectua son dernier vol le 19 avril 1985 avant d’être remis à l’Académie de l’Air et de l’Espace.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Concorde n°1, par son intégrité exceptionnelle et son instrumentation d’origine, est aujourd’hui un témoin unique de la grande aventure technologique des Trente Glorieuses. Il illustre la réussite d’une coopération industrielle franco-britannique exemplaire, au cœur du projet Concorde lancé par un accord intergouvernemental en 1962.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un monument d’ingénierie devenu patrimoine</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce classement s’inscrit dans une démarche plus large de reconnaissance du patrimoine scientifique, technique et industriel en France. Il consacre le Concorde comme un chef-d’œuvre d’ingénierie, mais aussi comme une icône culturelle et esthétique. À la fois œuvre d’art et prouesse mécanique, le Concorde incarne une époque où l’Europe osait rêver à Mach 2.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/cecile-chabaud-de-femme-et-dacier/10/11/2024/">Cécile Chabaud : De femme et d’acier</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La ministre de la Culture a salué « un enrichissement exceptionnel du patrimoine national », soulignant l’importance de transmettre cette mémoire technique aux générations futures. Avec cette inscription, la France confirme l’attention nouvelle qu’elle porte à ses grands témoins de l’innovation du XXe siècle. Le Concorde, longtemps symbole de vitesse et d’élégance, entre désormais dans l’histoire par une autre porte : celle du patrimoine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/le-concorde-classe-monument-historique-par-le-ministere-de-la-culture/10/05/2025/">Le Concorde, classé Monument historique par le Ministère de la Culture</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>RÉCIT – Ukraine : Odessa, entre mémoire et conflit</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-odessa-entre-memoire-et-conflit/01/02/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 11:26:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Odessa]]></category>
		<category><![CDATA[Récit]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=11204</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 01/02/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-odessa-entre-memoire-et-conflit/01/02/2025/">RÉCIT – Ukraine : Odessa, entre mémoire et conflit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Près de trois ans après le début de la guerre, la Russie poursuit sa guerre du froid. Le bombardement des infrastructures énergétiques de l’Ukraine répond à un objectif simple : briser le moral de la population. De son côté, Kiev accentue sa politique d’effacement de la culture russe commencée à la chute de l’Union Soviétique notamment à Odessa.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La nuit tombée, le vacarme des générateurs continue. En cette fin d’année, le thermomètre affiche des températures négatives à Odessa. Le froid, la neige et le vent s’invitent pour la 3<sup>e</sup> année consécutive à cette guerre qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes (morts, blessés et disparus) sans qu’aucune source officielle n’en confirme véritablement le nombre. Les températures extérieures entraînent une augmentation des besoins électriques, mais la production peine à suivre. La moitié de la capacité de production électrique de l’Ukraine a été soit détruite, soit endommagé, soit est sous contrôle russe selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11213" aria-describedby="caption-attachment-11213" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11213" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11213" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les rues sont parsemées de générateurs de divers tailles pour alimenter les commerces en électricité. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le fatalisme de la guerre</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A Odessa, les coupures électriques sont le quotidien des habitants. Des générateurs ont été mis à disposition par les autorités locales pour faire face à la demande privatisant de plus en plus l’électricité. Au Parc Chevtchenko, le plus grand espace vert de la ville, les éclairages publics sont éteints. Dans le centre-ville, de nombreuses rues ne sont éclairées qu’avec les feux des voitures qui passent ou par les vitrines des commerces branchées sur générateur.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-bethleem-une-messe-de-noel-tournee-vers-lesperance/13/01/2024/">REPORTAGE – Bethléem : une messe de Noël tournée vers l’espérance</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Nos équipements peuvent tomber en panne pour une durée indéterminée en raison des pics de charge » prévient l’hôtel dans lequel nous sommes descendus et qui dispose lui aussi d’un générateur suffisamment imposant pour l’ensemble du bâtiment lorsque l’électricité publique est en panne. « Pour éviter la surchauffe des générateurs de l’hôtel et leur défaillance, nous sommes obligés de mettre en place des horaires de fonctionnement des générateurs. » précise une fiche explicative présente dans l’ensemble des chambres.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré la guerre, les habitants d’Odessa continuent de vivre « presque » comme avant depuis déjà presque trois ans. Une habitude qui pose des problématiques de sécurité que l’hôtel rappelle explicitement dans une note : « N’ignorez pas les sirènes de raids aériens ! Si vous entendez un signal sonore, veuillez vous rendre dans l’abri de l’hôtel ».</span></p>
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<p><figure id="attachment_11216" aria-describedby="caption-attachment-11216" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11216" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276-1024x768.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11216" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;hôtel appelle à respecter les mesures de sécurité en vigueur. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre entraîne également son lot de destructions. En cette fin d’année, plusieurs zones résidentielles de la ville ont déjà été touchées faisant une dizaine de morts en novembre dernier. Dans le but de faciliter l’accès aux mécanismes d’assistance internationale d’urgence, le centre historique d’Odessa a été inscrit le 25 janvier 2023 sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco. L’objectif est de prévenir des « menaces de destruction » russes sur la ville. Un panneau rappelle cette inscription à côté du musée maritime.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>De Richelieu à Catherine II</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis notre passage à Odessa en août 2022, peu de choses ont réellement changé hormis la situation sur le front qui s’est fortement dégradée côté ukrainien. Il y un peu plus de deux ans, il était impossible d’accéder aux marches de Potemkine, entrée officielle de la ville depuis la mer, rendue célèbre par le film de propagande soviétique, « Le Cuirassé Potemkine ». Des points de contrôles empêchaient de se rendre sur le port, considéré comme stratégique pour l’exportation de matières premières ukrainiennes. L’armée en contrôlait son accès, protégeant les millions de tonnes de céréales, majoritairement du blé qu’il renfermait dans ses silos, mais aussi dans les cales de ses navires empêchés de sortir.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11215" aria-describedby="caption-attachment-11215" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11215" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11215" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La statue du Duc de Richelieu, face au port, est enveloppée. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-saint-sepulcre-les-franciscains-des-gardiens-de-leternite/25/05/2024/">REPORTAGE – Saint-Sépulcre : les Franciscains, des gardiens de l’éternité</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En haut de ces 192 marches, la célèbre statue du Duc de Richelieu (1766-1822) trône toujours, mais sous une couche de protection attachée à des sacs de sable pour éviter les dégâts liés aux explosions. Le duc est l’un des fondateurs et gouverneur français d’Odessa et de la Nouvelle-Russie au XIXe siècle. Située à 200 mètres de là, la statue de Catherine II (1729-1796), impératrice de Russie, en face de l’hôtel qui porte son nom, a subi un destin différent. A la suite d’un sondage où plus de 4 000 habitants se sont prononcés pour le démantèlement fin 2022, la statue a été déboulonnée et placée dans les réserves d’un musée. Une stèle où est inscrit « Liberté pour les défenseurs d’Azovstal » remplace celle de l’ancienne princesse allemande qui a financé la construction de la ville.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11219" aria-describedby="caption-attachment-11219" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11219" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11219" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dix mois après le début de la guerre, la statue de Catherine II de Russie a été déboulonnée. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette statue qui a déjà fait couler beaucoup d’encre est lourde d’histoire et de débats au sein même de la population Odessite dont la très grande majorité est russophone. Pour les uns, elle symbolise l’impérialisme russe sur l’Ukraine, pour les autres, elle fait simplement partie de l’histoire de la création de la ville sous son règne. Enlevée en 1920 par le régime soviétique, elle a été réinstallée en 2007 en partie grâce à des financements culturels russes. Paradoxe de la guerre, les conservateurs ukrainiens protègent également ces œuvres russes des bombardements de son voisin.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une politique de « dérussification »</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme cette statue, d’autres monuments et symboles ont également été retirés dans le cadre d’un processus de « désoviétisation » commencé lors de l’indépendance du pays en 1991 et de « dérussification » à partir de 2014 lors du soulèvement de Maïdan. Une commission dont la mission est d’étudier les noms de lieux à débaptiser a même été mise sur pied, mais les monuments en lien avec cet héritage russe sont nombreux. Tout retirer reviendrait à dénaturer l’histoire de la ville.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-serbie-subotica-une-ville-frontiere-aux-portes-de-leurope/18/12/2024/">REPORTAGE – Serbie : Subotica, une ville frontière aux portes de l’Europe</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Certains lieux symboliques restent ainsi toujours en place. Le palais de la famille Voronstov, du nom du gouverneur russe de la région qui s’est illustré contre les Ottomans est toujours là, bien qu’en mauvais état, comme sa statue devant la cathédrale de la Transfiguration d’Odessa, détruite en grande partie par un bombardement russe en juillet 2023 et encore en travaux à l’intérieur. L’effigie de l’écrivain Alexandre Pouchkine devant la mairie d’Odessa reste également sur place. Il en est de même pour le monument d’Orange représentant l’empereur russe Paul Ier tenant une des milliers d’oranges envoyées par les Odessites pour le convaincre de financer la fin de la construction du port d’Odessa commencée sous Catherine II. Histoire oblige.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11220" aria-describedby="caption-attachment-11220" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11220" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11220" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le monument d&rsquo;Orange représentant l’empereur russe Paul Ier à Odessa. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est également au tour de l’écriture d’être victimes des conséquences du conflit. Sur le marché aux livres du centre-ville, lieu de vie particulièrement agréable pour les flâneurs en quête de quelques ouvrages, contes et légendes, la littérature russe ne trouve plus réellement sa place. Les Tolstoï, Dostoïevski et autres grands écrivains russes sont aux abonnés absents et sont relégués au placard. Rare sont les libraires qui en vendent encore sauf à l’arrière-boutique pour quelques curieux.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’Ukrainien, une langue officielle</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette politique de « dérussification » s’est accentuée avec la <a href="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/ukraine-loi-lng-2019OK.htm#:~:text=La%20loi%20entrait%20en%20vigueur,institutions%20et%20les%20divers%20organismes.">loi de 2019</a> prévoyant que la langue ukrainienne soit la seule langue adoptée officiellement dans les administrations et les entreprises sur l’ensemble du territoire sauf la Crimée. Le russe, comme les autres langues locales, reste néanmoins une langue régionale protégée par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, adoptée par Kiev en 1996.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-afrique-du-sud-une-traversee-de-johannesburg/23/12/2024/">RÉCIT – Afrique du Sud : une traversée de Johannesburg</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Bien qu’interdit dans les échanges publics, la langue russe reste néanmoins adoptée par différentes personnalités de la sphère politique ukrainienne parfois malgré eux simplement par facilité d’usage et de compréhension. En 2022, un <a href="https://suspilne.media/odesa/260441-prosiv-pereklad-rosijskou-u-gennadia-truhanova-ta-se-troh-posadovciv-z-odesi-zafiksuvali-porusenna-movnogo-zakonu/">rapport</a> du Commissaire à la protection de la langue ukrainienne, Taras Dmytrovys, dénonce les personnalités qui ne respectent pas cette nouvelle loi, dont certains hommes politiques d’Odessa.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11229" aria-describedby="caption-attachment-11229" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11229" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11229" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans la rue Richelieu, l&rsquo;apprentissage de la langue française est mis en valeur. Derrière, un générateur alimente un commerce. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est le cas du maire d’Odessa, Gennady Trukhanov, qui aurait ainsi violé 11 fois la loi en communiquant en russe à des journalistes et en leur demandant de traduire dans cette langue leurs questions. Mais il n’est pas le seul. Son maire adjoint, mais aussi le directeur adjoint du département de l’Économie d’Odessa sont également pointés du doigt pour non-respect de la loi. Dans le cadre d’une interview du maire adjoint par intérim par des journalistes allemands, le traducteur a relayé des questions à l’élu en russe.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une situation qui illustre une autre facette de cette guerre où les choix linguistiques deviennent le reflet d&rsquo;une volonté d’émancipation, susceptible de se solder par une rupture définitive avec l&rsquo;héritage culturel russe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille de Laveline]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Nov 2024 21:25:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Gaulle]]></category>
		<category><![CDATA[Colonel Rémy]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert Renault]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 08/11/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le colonel Rémy est l’un des résistants les plus connus de la Seconde guerre mondiale. Proche du général de Gaulle, celui-ci a rompu avec lui lorsqu’il a souhaité réhabiliter le maréchal Pétain.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Il y a eu des admirateurs du maréchal Pétain, des partisans des idées et du principe de la Révolution nationale, des membres des organismes officiels du régime qui sont devenus des résistants à part entière</em> » écrivait Bénédicte Vergez-Chaignon dans son ouvrage <em>Les vichystos-résistants, Paris</em>, Perrin, 2021. Une vision partagée par le colonel Rémy et parfaitement incarnée par François Mitterrand, futur président de la République.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>De la révolution nationale au gaullisme</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 6 août 1904 à Vannes, le colonel Rémy, de son vrai nom, Gilbert Renault, est l’aîné d’une famille de dix enfants élevée dans la tradition catholique. Marqué par ses études chez les Jésuites, il devient sympatisant de l<em>’Action Française </em>sans y avoir jamais adhéré. Il s’engage dans la résistance après le discours du maréchal Pétain : l’armistice aux conditions imposées par les Allemands. Néanmoins, il souhaite rester favorable aux idées de la Révolution nationale proposées par Vichy. Pour lui, la famille et l’éducation sont le noyau d’une patrie victorieuse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Durant l’Occupation, il devient « l’agent secret numéro un de la France Libre » et se retrouve affublé de plusieurs noms de code dont le plus célèbre demeure « Rémy ». Il est le co-fondateur, avec Louis de La Bardonnie, du réseau de renseignement la « Confrérie Notre Dame ». Il s’agit de l’un des réseaux de renseignement les plus développés sur le territoire français de nord de la Bretagne jusqu’à Bordeaux, qui se maintient durant toute la guerre. C’est le réseau de Rémy qui est le premier à établir une liaison radio avec Londres le 17 mars 1941. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est le pivot dans l’alliance entre les communistes et la France libre et découvre en eux des partenaires courageux, organisés et loyaux. <a href="https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/colonel-remy">Rémy</a> effectue de nombreuses missions en Espagne et en France sous différentes couvertures liées à son activité professionnelle : l’industrie du cinéma, avant d’être rappelé en Angleterre pour sa sécurité par Passy, résistant responsable du deuxième bureau des services secrets de la France libre à Londres, dépendant du Bureau Central de Renseignements et d’Action. Il participe aussi activement au Débarquement et à la libération de la France depuis Londres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’instabilité de l’après-guerre</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la fin de la guerre, Rémy est dubitatif face au rôle qu’il doit tenir. La Résistance lui manque, seul le lien indéfectible qui l’unit à de Gaulle l’aide à garder le cap. Le conflit entre Gilbert Renault et le colonel Rémy prend de plus en plus de place dans son esprit.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Profondément ennuyé et peu convaincu par la politique durant toute sa vie, il refuse de rejoindre un quelconque parti et de s’engager jusqu’à la fondation du RPF en 1947 par le chef de la France libre. Fidèle du général de Gaulle pendant toute la guerre et de nombreuses années durant, il devient son bras droit, son confident et ami, après 1945.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’ancien agent secret découvre qu’il n’y a pas eu uniquement la résistance de la France Libre, mais également d’autres, au sein même du territoire français. Il accorde beaucoup d’importance aux nouveaux témoignages qu’il reçoit, et qui le confrontent à une nouvelle vision de la guerre. Rémy est révulsé par la mise en place de l’épuration et le récit de ceux qui sont touchés par cette forme de justice. Par la découverte de ce milieu, Rémy retourne vers ses racines conservatrices et monarchistes, doutant alors de sa place au sein du RPF. Il s’éclipse au fil des semaines et se confronte à l’ambiguïté du général.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 11 avril 1950 est sans nul doute une date charnière dans la vie du colonel Rémy. Il dévoile au grand jour ses convictions enfouies et son nouvel attachement au maréchal dans son article « La justice et l’opprobre » au sein de l’hebdomadaire <em>Carrefour</em>. L’article résonne comme un coup de tonnerre dans le milieu de la Résistance. Il y présente non seulement ses excuses au prisonnier de l’île d’Yeu mais surtout il réclame la révision du procès afin de procéder à sa réhabilitation. Il s’appuie sur différents éléments pour justifier son action sans faire outrage au milieu qu’il côtoie depuis si longtemps.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Rassembler les Français</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il rédige cet article dans l’espoir de retrouver l’unité nationale, et qui de mieux placé que lui, le fidèle du général de Gaulle pour tendre la main aux fidèles du maréchal. Cependant, Rémy commet une bévue qui lui coûte son amitié avec le chef de la France Libre en justifiant ses propos par des conversations privées qu’il a eues avec le général. La thèse du bouclier (maréchal Pétain) et de l’épée (général de Gaulle) dont Rémy s’empare a longuement été discutée et perdure encore aujourd’hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sa tentative de distinction entre le maréchal Pétain et le régime de Vichy est tournée en dérision, et est jugée comme une tentative bien trop précoce dans le contexte historique et politique de l’époque. Étant radié de l’AFL ainsi que du comité directeur du RPF, plus rien ne le retient dans le milieu gaulliste si ce n’est l’admiration et l’affection qu’il continue de porter pour le général.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La présence de l’abbé Jean-Marie Desgranges ainsi que celle des généraux Hering et Weygand, donne à Rémy une ligne directrice à suivre au sein du milieu maréchaliste. Ces personnalités le confortent dans sa démarche et cette vision de la guerre qui l’a poussé à revoir ses convictions. Rémy s’engage pleinement dans ses nouvelles activités avec l’ADMP ainsi que la SAJA, la Société des Amis de Jeanne d’Arc, enchaînant, conférences, écrits et rencontres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une nostalgie conservatrice</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A partir de 1960, Rémy change ses habitudes, il noue des amitiés avec les plus grands maréchalistes : Georges Lamirand, l’amiral Auphan ou encore le général La Porte du Theil. Ils ont tous des raisons supplémentaires pour continuer le combat. Rémy apprécie les hommes d’ordre, de caractère et de conviction, il le prouve à nouveau par l’admiration qu’il voue à Lord Louis Mountbatten, tout comme envers Salazar avec qui il noue une vraie amitié. Toutefois l’ancien résistant doit aussi faire face à plusieurs démonstrations d’animosité de la part du milieu maréchaliste et notamment Jacques Isorni : l’avocat du maréchal Pétain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/benoit-chasseriau-lagent-secret-francais-au-service-de-simon-bolivar/31/12/2022/">Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</a></strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette instabilité relationnelle dans laquelle s’installe Rémy provient aussi de la nostalgie qui l’habite. Il espère toujours cette réconciliation avec le général de Gaulle, lui assurant à nouveau sa fidélité avant d’être profondément déçu par la proclamation de l’indépendance de l’Algérie. Pour Rémy, cela marque définitivement la rupture avec son ancien chef, terminant sa carrière et sa vie en maréchaliste convaincu, bien décidé à se battre jusqu’au bout pour ses convictions. Le résistant de 1940, est désormais bien loin de ses convictions et des propos qu’il tenait durant les années de guerre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Israël : une « subtilité coloniale » ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/israel-une-subtilite-coloniale/16/10/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Henri Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 21:22:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Proche-Orient]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10963</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/10/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/israel-une-subtilite-coloniale/16/10/2024/">Israël : une « subtilité coloniale » ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le général Henri Roure revient sur la guerre qui secoue le Proche-Orient entre Israël et ses ennemis héréditaires.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Israël suscite en moi autant d’admiration que d’inquiétude. Pays occidental, implanté au Proche-Orient, au milieu de populations nombreuses et autochtones, il m’apparaît comme l’ultime colonie de ce qui était autrefois une « partie » de l’Occident.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un projet colonial</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est contre toute vraisemblance une colonie de peuplement de l’Occident collectif sur une terre déjà largement occupée. Il n’a pu s’établir que par la force et la violence, contraignant des habitants indigènes à quitter les terres qu’il revendiquait en se fondant sur une justification pseudo-historique. Cette politique se poursuit aujourd’hui et s’aggrave même, avec comme objectif un Grand Israël que certains de ses dirigeants appellent de leurs vœux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-eric-denece-le-hamas-a-endormi-les-israeliens/19/11/2023/">ENTRETIEN – Éric Denécé : «Le Hamas a endormi les Israéliens»</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En substance, il cherche à étendre son implantation coloniale quand bien même notre siècle ne se prête plus à la colonisation. Les empires ont disparu et laissé la place à de nouveaux États regroupant des populations autochtones dans des frontières souvent héritées de la puissance coloniale. Le siècle serait plutôt caractérisé par de nouvelles grandes invasions que subissent les pays riches par des populations venues, précisément, de ces pays anciennement colonisés, incapables d’offrir à leur propre population l’espoir d’une vie décente.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La dénatalité des pays « du nord » stimule ce flux migratoire. Israël m’apparaît donc en retard d’un mouvement. Je me souviens d’être allé à Gaza, il y a de cela de nombreuses années et d’avoir été immédiatement saisi par la différence criante entre Israël, visible de l’autre côté des barbelés, et Gaza où je me trouvais. D’un côté des étendues organisées, nettes et cultivées, mais vides d’hommes et de l’autre une terre étroite montrant déjà une incroyable densité humaine. Il est souvent dit que la nature a horreur du vide…Ce n’est pas le seul paradoxe de ce pays.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une histoire occidentale</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Israël tente de se rattacher à une histoire vieille de deux mille ans où des Hébreux, des Juifs, organisés en quelques États, habitaient la région avec d’autres peuples. Après l’occupation romaine et les aléas de l’histoire orientale, ces États ont disparu. Seuls quelques rares israélites sont restés, mais la majorité a immigré. Ces migrants se sont évidemment étroitement mêlés aux peuples locaux et surtout européens.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En remontant l’histoire, il faut admettre que des mouvements de conversion au judaïsme avaient parcouru l’Afrique du nord romaine. Lors de la brutale arrivée des conquérants arabes, cette terre se partageait en tribus juives, païennes et chrétiennes, toutes issues d’un fond local auquel s’étaient ajoutés des apports génétiques de Grecs, de Romains, de Vandales et…de Gaulois.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les Légions romaines venaient surtout de Gaule et leur recrutement était local. Ajoutons que le décret Crémieux du 24 octobre 1870 conféra la citoyenneté française aux 33 000 « Israélites d’Algérie » qui dès lors se comportèrent totalement en Français. Crémieux alors ministre de la Justice du gouvernement provisoire était lui-même juif.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-bethleem-une-messe-de-noel-tournee-vers-lesperance/13/01/2024/">REPORTAGE – Bethléem : une messe de Noël tournée vers l’espérance</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La singularité d’Israël réside ainsi dans son peuplement qui vient de l’ensemble des pays européens ou de nature européenne et n’a rien à voir avec les peuples alentours. Israël n’est qu’un appendice de l’Occident, une subtilité coloniale dans la mesure où il est né de la reconnaissance des Nations Unies en 1947. Une <a href="https://www.ledauphine.com/defense-guerre-conflit/2024/10/16/est-ce-vraiment-l-onu-qui-a-cree-l-etat-d-israel-comme-le-dit-macron">décision</a> directement mentionnée comme l&rsquo;un des éléments fondateurs de l&rsquo;État d&rsquo;Israël en 1948.</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> Mais surtout, il bénéficie de l’appui incontestable et puissant des États-Unis et de leurs alliés où le rôle des citoyens de religion juive est important.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Faisons quelques comparaisons. Les États latins d’Orient établis à la suite des croisades durèrent approximativement de 1099 à 1291, date de la chute du royaume de Jérusalem avec la chute de Saint-Jean d’Acre. Mises à part quelques trêves, ils furent en guerre constamment avec les musulmans qui les environnaient. La population locale se partageait entre la religion chrétienne et l’Islam. Cette région fut considérée comme une terre de peuplement et s’organisa selon le modèle féodal. Ce furent surtout les Français qui s’installèrent jusqu’à représenter autour de 140 000 personnes, ce qui éclaire sur l’attachement que la France porte à cette région.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La population se rassembla surtout autour de châteaux et de bourgs fortifiés. Mais il y eut aussi la création de nombreux villages et de fermes, là où les chrétiens originaires de la région se trouvaient en majorité, les kibboutz de l’époque. Après la défaite et la fin des États latins d’Orient cette population dans sa grande majorité demeura sur place, mais dut se soumettre à de nouveaux maîtres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-turquie-istanbul-vise-une-propriete-francaise-du-xixe-lorphelinat-saint-joseph/10/03/2024/">REPORTAGE – Turquie : Istanbul vise une propriété française du XIXe, l’orphelinat saint-Joseph</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ailleurs dans un autre siècle, mais toujours face à des populations musulmanes, la France a rassemblé des tribus de l’ancienne Afrique romaine et simultanément poussé des Européens chrétiens à s’installer dans ce territoire qu’elle allait appeler Algérie. En 1962 1,1 million Français durent quitter cette terre qu’ils considéraient comme leur pays. L’Algérie française avait duré 130 ans.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Israël peut-il résister seul ?</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’État d’Israël quant à lui existe depuis le 14 mai 1948, date officielle de la fin du mandat britannique. Ce nouvel État est à l’instar des États latins des XIème et XIIème siècle une greffe étrangère dans le paysage tourmenté du Proche-Orient. Il est l’Occident en Orient. Dans ces cas d’implantation en terre islamisée, la réussite n’aurait été possible que par une conversion des autochtones à la religion du colonisateur. La France s’y est refusée par respect des usages locaux et laïcité en gestation, et Israël sans doute par un complexe de supériorité et une vision de caste.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">S’agissant des États latins d’Orient et de l’Algérie, l’Occident a dû refluer. Dans ce contexte, quel sort pour Israël à terme ? L’avenir de ce pays est-il certain alors que la puissance occidentale et surtout étatsunienne, est grandement affaiblie et de plus en plus contestée. Pour l’heure l’imbrication d’Israël dans le monde occidental au sein des domaines déterminants de la vie des États, par les relais que constituent les communautés de religion juive et les Sayanims, garantit l’existence et la sécurité de ce pays. Il est cependant évident que le déclin de l’Occident retentira fortement sur Israël.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/bethleem-lalliance-francaise-la-plus-courageuse-du-monde/17/09/2024/">Bethléem : l’Alliance française la plus «courageuse du monde»</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nous pouvons nous féliciter de la destruction des terroristes dont nous, Français, subissons toujours les crimes, mais il est impossible d’approuver les opérations massives et meurtrières, menées par Israël. Elles ne font que radicaliser les populations contre non seulement Israël, mais aussi contre l’Occident et justifient les actions terroristes futures. Israël plutôt que de perpétrer ce qui désormais s’apparente à une vengeance impliquant malgré lui l’Occident, ferait bien d’œuvrer à maintenir ou établir un dialogue avec ses voisins tout en assurant sa sécurité légitime. Finalement, s’il ne devient pas un État oriental, Israël n’aura aucun avenir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Théophraste Renaudot : père du journalisme français et «commissaire aux pauvres du Royaume»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/theophraste-renaudot-pere-du-journalisme-francais-et-commissaire-aux-pauvres-du-royaume/31/05/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 May 2024 15:06:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Théophraste Renaudot]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10508</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/05/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/theophraste-renaudot-pere-du-journalisme-francais-et-commissaire-aux-pauvres-du-royaume/31/05/2024/">Théophraste Renaudot : père du journalisme français et «commissaire aux pauvres du Royaume»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Théophraste Renaudot est un journaliste français et médecin du XVIIe siècle. Fondateur d’un des plus anciens journaux français, <em>La Gazette</em>, il est considéré comme le père du journalisme français. </span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Être protestant, se convertir au catholicisme, devenir médecin royal, journaliste et être nommé « commissaire aux pauvres du Royaume » sous Louis XIII, telle est la vie de Théophraste Renaudot qui fonda le « Bureau des adresses », le Pôle emploi du XVIIe siècle. Un exemple de réussite sociale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La conversion<br />
</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né en décembre 1586, Théophraste Renaudot grandit à Loudun dans une famille protestante du Poitou. L’Edit de Nantes de 1598 assure une certaine protection à la famille lui permettant d’entamer des études de médecine à Paris puis à Montpellier à partir de 1605 où ses qualités scolaires sont remarquées. Malheureusement, il attrape en 1602 les écrouelles qui lui créeront des cicatrices au visage. Diplômé à 19 ans, il profite de son jeune âge pour voyager et se rend en Italie et en Prusse avant de retourner à Loudun et commencer à exercer la médecine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il y croise François Leclerc du Tremblay plus connu sous le nom de père Joseph, la future éminence grise du cardinal de Richelieu, qui l’introduira pour la première fois dans les cercles du pouvoir. De ces rencontres naîtront des discussions sur la pauvreté en France. En 1612, il écrit un traité « Sur la condition des pauvres » qui remontera au conseil de régence de Louis XIII qui le nommera « médecin ordinaire » avant de devenir officiellement « commissaire général des pauvres du royaume » en 1618. Promu à une belle carrière, il se convertit au catholicisme en 1625 et entre dans le conseil de Richelieu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une œuvre de réinsertion</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Entre vagabondage et maladie, la pauvreté fait des ravages en France. Pour Théophraste, la priorité pour lutter contre ces maux est l’accès à l’emploi. Dans ce cadre, il souhaite accentuer les efforts de l’Eglise pour les personnes défavorisées en créant une sorte de « Pôle emploi ». L’objectif est de mettre en relation l’offre et la demande de travail. Il crée donc le « Bureaux des adresses » en 1628 sur l’Île de la Cité près de Notre-Dame de Paris. Dans ce lieu, chaque travailleur ou entrepreneur peut y trouver un emploi ou de la main d’œuvre.<br />
</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La hausse des annonces entraîne la parution de la <em>Feuille du bureau d&rsquo;adresse. </em>Outre les offres, celle-ci répertorie des propositions de services, de ventes ou de locations. Considérant que la santé est essentielle pour travailler, il ouvre un dispensaire gratuit pour les plus modestes et payant pour les personnes aisées. Des cycles de conférences promouvant parfois des traitements novateurs viennent compléter les offres de son adresse parisienne, ce qui attire les foudres de la faculté de médecine de Paris.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le créateur de <em>La Gazette</em></span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 30 mai 1631, Théophraste Renaudot lance le premier périodique français : <em>La Gazette</em>. Il répond à une demande royale de créer un journal sur « le bruit qui court sur les choses advenues ». Même si l’imprimerie existait depuis plusieurs décennies, les nouvelles manuscrites n’étaient assurées en France que par quelques papiers et feuilles occasionnelles. Le périodique de quatre pages se spécialise principalement sur la politique étrangère et les rumeurs de la Cour.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/albert-londres-portrait-du-pere-fondateur-du-journalisme-dinvestigation/04/05/2020/"> Albert Londres : portrait du père fondateur du journalisme d’investigation </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1635, la Guerre de Trente ans qui fait rage nécessite la diffusion d’informations favorables à la France. Soutenu par Richelieu qui y voit un levier de communication politique, La Gazette obtient un monopole d’Etat. Le succès est au rendez-vous car un supplément, <em>les Extraordinaires</em>, vient compléter le périodique en détaillant des événements majeurs préalablement mentionnés. Le public est friand des récits de guerre, des plans de bataille et de toutes ces nouvelles de l’Étranger. Le décès de Richelieu en 1642 et de Louis XIII l’année suivante font perdre au journal les appuis dont il jouissait.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Fronde installe une période de doute qui entrave la parution du périodique. Dans la continuité de son prédécesseur, Mazarin prend la suite mais ses détracteurs obtiennent gain de cause en 1644 : son « Bureau d’adresses » ferme et Renaudot se voit interdit d’exercer la médecine. Seul son journal subsiste, très utile pour le gouvernement. En 1646, pour le remercier, il est nommé historiographe du roi et bénéficie d’un logement dans les galeries du Louvre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-lazareff-portrait-dun-des-plus-grands-patrons-de-presse-francais-du-xxeme-siecle/05/03/2020/">Pierre Lazareff : un des plus grands patrons de presse français du XXème siècle </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Son décès le 25 octobre 1653 ne signifie pas pour autant l’arrêt de son périodique (devenu <em>La Gazette de France</em> en 1792) qui perdurera jusqu’en 1915. La Première Guerre mondiale stoppera la publication du journal après presque trois siècles de parution. Une plaque rappelle l’emplacement de sa sépulture en l’église Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris<a href="https://ville-loudun.fr/">.</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>REPORTAGE – Saint-Sépulcre : les Franciscains, des gardiens de l’éternité</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-saint-sepulcre-les-franciscains-des-gardiens-de-leternite/25/05/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Baudouin de Petiville]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 May 2024 16:17:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Franciscains]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Sépulcre]]></category>
		<category><![CDATA[Terre sainte]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10452</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/05/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-saint-sepulcre-les-franciscains-des-gardiens-de-leternite/25/05/2024/">REPORTAGE – Saint-Sépulcre : les Franciscains, des gardiens de l’éternité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Lieu de la mort et de la résurrection du Christ, le Saint-Sépulcre renferme l’un des mystères de la foi chrétienne</strong><strong>. Il est un véritable carrefour spirituel qui héberge différentes communautés cohabitant entres elles dans la vieille ville de Jérusalem. Bien que remplies d’humilité, d’héritage et de respect pour les différentes identités, les relations entre chrétiens autour du tombeau du Christ restent « viriles ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Joyeux Noël ! ». Un vieil homme juif orthodoxe vient saluer le supérieur des <a style="color: #003446;" href="https://www.custodia.org/fr">franciscains</a> et lui demande de prier pour la paix et pour lui-même. Étonnante en France, la scène se passe à Jérusalem à l’intérieur même du Saint-Sépulcre, devant le tombeau du Christ. Un moment symbolique qui rappelle la complexité de la Terre Sainte, de ses communautés religieuses qui cohabitent depuis des siècles jusque dans le saint des saints.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-bethleem-une-messe-de-noel-tournee-vers-lesperance/13/01/2024/">REPORTAGE – Bethléem : une messe de Noël tournée vers l’espérance</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au Saint-Sépulcre, les pèlerins sont rares en ce mois de décembre 2023. La guerre entre Israël et le Hamas a fait annuler la quasi-totalité des voyages. Seuls quelques chrétiens éthiopiens, philippins ou d’Europe de l’Est viennent se recueillir dans ce lieu symbolique. Les chrétiens occidentaux quant à eux sont absents, les diplomaties européennes déconseillant à leurs ressortissants de se rendre dans la région. Depuis Paris, seule la compagnie aérienne israélienne El Al a continué à desservir Tel-Aviv malgré la guerre. Dans le monde, seulement une petite dizaine en plus de la société nationale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10455" aria-describedby="caption-attachment-10455" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10455" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020.jpg?resize=640%2C288&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="288" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=1024%2C461&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=300%2C135&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=768%2C346&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=1536%2C691&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=2048%2C922&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10455" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La pierre de l&rsquo;Onction sur laquelle le corps du Christ a été lavé et enveloppé dans le Saint-Suaire fait l&rsquo;objet d&rsquo;une grande vénération. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une présence depuis 8 siècles</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Le Saint-Sépulcre est un lieu d’union</em> » aime à répéter le frère Stéphane, le supérieur des Franciscains, un ordre religieux, gardien des lieux saints depuis 800 ans. Le rôle de cette communauté est de remplir trois fonctions essentielles : habiter les lieux saints perdus après le départ des Croisés, assurer un soin pastoral pour les chrétiens locaux et accueillir les pèlerins qui arrivent du monde entier visiter la Terre Sainte. Une histoire qui commence en 1207, date à laquelle les premiers franciscains arrivent et négocient leur installation avec le sultan égyptien Malek el-Kamel.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-turquie-istanbul-vise-une-propriete-francaise-du-xixe-lorphelinat-saint-joseph/10/03/2024/">REPORTAGE – Turquie : Istanbul vise une propriété française du XIXe, l’orphelinat saint-Joseph</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A force de persuasion, ils s’installent en 1333 au Saint-Sépulcre et sont nommés officiellement gardiens des lieux saints par le Pape Clément IV en 1342. Un lieu où cohabitent six communautés différentes : trois principales (grecs-orthodoxes, arméniens et l’ordre franciscain) et trois secondaires (coptes, syriaques et éthiopiens). « <em>Elles sont des satellites qui gravitent autour du soleil et qui respirent tous ici le même air, celui de Dieu. C’est ici que l’humanité va pouvoir s’unir</em>. <em>C’est depuis Jérusalem que la chrétienté va rayonner et c’est du monde entier que les chrétiens vont revenir </em>» précise le frère. Un lieu qui rassemble « <em>toute la diversité du monde</em> » et qui permet aux Chrétiens d’être le trait d’union dans cet Orient souvent complexe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un « vivre-ensemble » complexe</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Le saint-Sépulcre n’est pas un lieu de bonnes sœurs</em> » continue le frère Stéphane en nous faisant visiter les parties privées du sanctuaire. Une complexité unique assez peu compréhensible des Chrétiens Occidentaux. Un Dieu unique mais une culture parfois radicalement différente. « <em>En France, les catholiques ont la même culture, nourriture, histoire et langue. Ici, la seule chose que nous avons en commun, c’est Dieu</em> ». Les relations sont donc franches, directes et assumées et aucune langue de bois n’est de mise. « <em>C’est une cathédrale virile </em><em>! </em>».  Chaque communauté est fière de son héritage et l’assume pleinement. « <em>Ce n’est pas en gommant nos différences que nous pourrons dialoguer.  C’est en allant chercher dans nos racines communes que nous nous comprenons et nous nous respectons</em> » renchérit l’homme d’église. « <em>Ici ; les Grecs sont très Grecs, les coptes très coptes, les latins doivent donc être très latins. Nous n’avons donc aucun scrupule à être des catholiques latins mais avec une façon de faire orientale</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/">ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La fidélité au latin et au grégorien est donc de rigueur. « <em>Il y a une fidélité naturelle au latin, c’est notre langue commune ici car chaque frère arrive avec sa culture</em> ». 41 nationalités sont représentées parmi les 300 frères qui œuvrent sur l’ensemble du territoire israélien et palestinien à faire vivre la chrétienté mais aussi à faire œuvre de charité auprès des autres religions. Une diversité qui donne un grégorien que le frère aime décrire comme « agricole ». « <em>Nous n’avons pas attendus Vatican II pour l’œcuménisme. Cela fait 800 ans que nous soignons les musulmans comme les juifs</em> ». Un ordre actif qui sait occuper le terrain. « <em>Dans un pays oriental, l’occupation de l’espace est importante. Pour garder les lieux saints, il faut occuper, alors nous occupons et faisons dire des messes partout où cela est possible. La liturgie est une façon de défendre les lieux saints</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10456" aria-describedby="caption-attachment-10456" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10456" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034.jpg?resize=640%2C288&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="288" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=1024%2C461&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=300%2C135&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=768%2C346&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=1536%2C691&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=2048%2C922&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10456" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une carte répertorie les possessions des différentes communautés dans le Saint-Sépulcre. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alors que le frère nous explique la façon dont les différentes communautés cohabitent dans la basilique, un prêtre arménien nous écarte pour faire passer un chariot élévateur à la sonnerie retentissante : le Saint-Sépulcre est en chantier permanent, depuis 2 000 ans à peu près. Le frère Stéphane échange des plaisanteries avec les ouvriers musulmans assis sur les pales du chariot pendant que d’autres un peu plus loin grignotent. « <em>Voyez-vous, la religion chrétienne est incarnée, on ne peut pas s’attendre à ce que ce lieu saint ne ressemble pas au pays où il est. Jérusalem est un souk : un musulman va vendre des kippas et un juif va vendre des corans. Le Saint Sépulcre, c’est la cathédrale des souks</em> » nous explique malicieusement le supérieur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une œuvre de conservation </strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis huit siècles, ces gardiens de la foi, pareils à des sentinelles de l&rsquo;éternité, veillent sur un « trésor historique ». Balloté par le vent du Levant, les guerres et les intempéries, les Franciscains disposent des archives depuis leur arrivée au XIIIe siècle. Elles sont un témoignage vivant de la longue histoire de la chrétienté en ces terres saintes. Depuis les premières croisades jusqu&rsquo;aux temps modernes, ces documents renferment les récits des pèlerins, des missionnaires et des saints qui ont foulé ces terres sacrées et qui ont parfois consacré leur vie à la foi. « <em>Nous avons 800 ans d’archives, de lettres et d’échanges avec le monde et avec Rome contrairement à la France qui a beaucoup perdu à la Révolution</em> » précise le supérieur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-chretiens-dans-al-andalus-histoire-de-plusieurs-siecles-de-soumission/06/11/2020/">«Les chrétiens dans al-Andalus» : histoire de plusieurs siècles de soumission à l’Islam</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans cette perspective, un musée va voir le jour pour mettre en lumière cet héritage. « <em>Grâce aux catholiques latins, les juifs comme les musulmans pourront mieux connaître leur religion et leur civilisation</em> ». Il est prévu qu’il contienne deux parties : une section archéologique qui a déjà été inaugurée en 2017 et permet d’immerger les visiteurs là où Jésus est né et une section historique de plus de 1 000 m² avec 23 pièces différentes et dont la recherche de financement est toujours en cours. Cette dernière section sera en deux parties : l’histoire et la mission de la Custodie franciscaine en Terre Sainte et le trésor du Saint-Sépulcre. Dans cet Orient compliqué, le tombeau du Christ demeure un symbole d&rsquo;unité et d&rsquo;espoir : un monde d’éternité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2024 15:56:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Germaine de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Madame de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution française]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10373</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Madame de Staël fut sans aucun doute le plus grand esprit féminin de la Révolution française. Fine lectrice des Lumières, critique littéraire avertie, ennemie terrible de Bonaparte, elle influa sur un siècle entier en dévoilant à la France le sentiment allemand, forgeant ainsi un nouvel « esprit européen ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Anne-Louise-Germaine Necker est née le 22 avril 1766 en l’hôtel d’Hallwyll à Paris. Issue d’une famille de protestants genevois très aisée, son père, Jacques Necker, est ministre des finances de Louis XVI de 1776 à 1781. Elle est élevée par sa mère, fille d’un pasteur calviniste, qui lui transmet les conceptions dévotes et encyclopédiques du moment, affichant ainsi une opposition frontale aux injonctions éducatives présentées par l’<em>Émile</em> de Jean-Jacques Rousseau. Le salon de Suzanne Necker est alors un haut lieu de la vie parisienne : y prennent part le naturaliste Buffon, le diplomate bavarois Friedrich Melchior Grimm ou encore le critique suisse Jean-François de La Harpe. Dès quatorze ans, Anne-Louise Necker y tient déjà un cercle et converse, brillant par son latin, son anglais et sa culture littéraire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Auréolée du prestige de son père, Anne-Louise Necker repousse les prétendants les plus prestigieux du monde protestant : l’ambassadeur de Suède Axel de Fersen, propriétaire du Royal-Suédois et correspondant secret de la reine Marie-Antoinette, le général allemand Georges-Auguste de Mecklembourg, beau-frère du roi de Grande-Bretagne George III, le colonel Louis-Marie de Narbonne-Lara, fils naturel de Louis XV ou encore William Pitt, Premier ministre britannique. En 1786, à dix-neuf ans, elle consent à épouser le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur de Gustave III de Suède à Versailles. Aristocrate d’origine immémoriale mais ruiné, le diplomate, âgé de dix-sept ans de plus que sa femme, profite d’une dot confortable et relève son train de vie. Anne-Louise Necker devient alors Germaine de Staël et entre dans le monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Paris : Amours, idées et politique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A l’heure où les femmes des salons font et défont les rois, Madame de Staël accueille le premier mouvement révolutionnaire avec enthousiasme. Son regard change bien vite, à mesure des atrocités que voit naître cette France nouvelle. Elle présente un plan d’évasion des Tuileries à destination de la famille royale dès 1789 et, après la mort du roi, transmet au gouvernement révolutionnaire une défense en faveur de Marie-Antoinette. Le salon de Madame de Staël ouvre dès 1795, en l’hôtel de Suède, rue du Bac. S’y présentent les principales figures de la nouvelle génération, marquée par la guerre d’Indépendance américaine. Outre la réception régulière du marquis de La Fayette, du marquis de Condorcet, du comte de Clermont-Tonnerre ou du vicomte de Noailles, l’hôte la plus courue de Paris se lie avec Mathieu de Montmorency-Laval, qui mène sa croisade contre les Lumières, vit une passion incontrôlable avec Louis de Narbonne-Lara et finance le retour d’exil de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-de-broglie-un-diplomate-espion-promoteur-de-la-fayette/29/09/2022/">Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Attachée à l’unité de l’Europe, elle publie une brochure destinée au Premier ministre britannique, <em>Réflexions sur la paix adressées à M. Pitt et aux Français</em>. Liée avec Benjamin Constant, elle anime à ses côtés l’influent Cercle constitutionnel, théâtre intellectuel au sein duquel se développe l’idée que le Fructidor du Directoire préfigure le Brumaire de Bonaparte. D’abord fascinée par le vainqueur de l’Italie, Germaine de Staël aurait quitté une entrevue outrée, lui ayant demandé « <em>Général, quelle est pour vous la première des femmes ?</em> » et s’étant vu répondre « <em>Celle qui fait le plus d&rsquo;enfants, Madame</em> ». Préoccupée du sort des droits féodaux des propriétaires suisses, elle s’emploie à empêcher la conquête des cantons par l’armée républicaine. Elle est finalement interdite de séjour parisien par Bonaparte, ce qui l’oblige à s’établir à Coppet, auprès de son père. Malgré plusieurs tentatives de retour, elle reste persécutée par la Révolution pour son attachement à la monarchie constitutionnelle, et est contrainte de se réfugier en Suisse à plusieurs reprises, au mépris du statut de diplomate de son mari.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’exil : « Un seul homme de moins et le monde serait en repos »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Eloignée de Paris, Germaine de Staël publie en 1802 son premier roman, <em>Delphine</em>, un ouvrage anticatholique primaire, dont les considérations sur la condition féminine, en net recul depuis la fin de l’Ancienne France, constituent une charge contre le Code civil. Si cette attaque lui vaut un immense succès en Europe, elle signe aussi son éloignement. Après un voyage de plusieurs mois en Allemagne en 1804, où elle rencontre Goethe et Schiller, elle entreprend la rédaction de <em>L’Allemagne</em>, bientôt suivi, dans le même esprit, par <em>Corinne ou l’Italie</em>. Ces deux œuvres majeures constituent la découverte par la France des auteurs allemands et italiens. Si le ton romantique reste tout à fait ancré dans l’époque, la teneur des propos révèle une véritable modernité : celle de l’équilibre entre pensée classique et élans libertaires, la seule qui eut pu mettre un terme aux errements de la Révolution.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avançant avant l’heure l’idée d’un « esprit européen », Madame de Staël pourrait être rapprochée de Tocqueville qui, dans sa <em>Démocratie</em>, présentera la nécessité d’une prise en compte des problèmes ayant provoqué la Révolution mais mettra en garde contre l’inévitable tyrannie de la majorité. Première opposante à Napoléon, qui la fera sans cesse espionner, la nommant « cette folle », elle sera reçue à Stockholm ainsi qu’à Saint-Pétersbourg. Veuve depuis 1802, elle se remarie en 1811 avec un officier genevois, Albert de Rocca, ce qui lui permet d’ouvrir à nouveau son salon, résolument tourné vers la Restauration de la maison de Bourbon et la réalisation de la monarchie constitutionnelle. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lorsque le ministre de la Police, Savary, homme de confiance de Bonaparte responsable de la perte de Cadoudal et de la mort du duc d’Enghien, lui annonce que <em>De l’Allemagne</em> « n’est point français », Madame de Staël lui répond, en héroïne libertaire : « <em>Quelle gracieuse manière d’annoncer à une femme alors, hélas ! mère de trois enfants, à la fille d’un homme qui a servi la France avec tant de foi, qu’on la bannit, à jamais, du lieu de sa naissance, sans qu’il lui soit permis de réclamer d’aucune manière contre une peine réputée la plus cruelle après la condamnation à mort !</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si Germaine de Staël devint l’exemple que l’Empereur ne sut jamais considérer les femmes sans y voir autre chose que des dangers, celle-ci lui montrera toute sa supériorité en lui proposant sa plume lors de l’exil sur l’île d’Elbe. Visitant Joséphine à la Malmaison, elle tentera, à son retour à Paris, de comprendre celui qui manqua le monde. Hélas, l’exil ayant fait de l’opium le support de son génie, Madame de Staël succombe le 14 juillet 1817 d’une hémorragie cérébrale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Inclassable Madame de Staël </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Femme de passion, Germaine de Staël déclencha toute sa vie les sentiments les plus divers. Amante effrénée des plus grands esprits de son temps, elle connut les attaques de tous les partis, des jacobins aux ultras. Huée par les Classiques, elle sera contestée par les Romantiques tardifs qu’elle a pourtant nourri. A la fin du XIXème siècle, <em>De l’Allemagne</em> lui vaut un ressentiment important, lié à la défaite &#8211; d’un Bonaparte ! – qui entraina une peine de cinquante ans envers les Provinces perdues. Les libéraux de tout temps ne lui pardonnant jamais son attachement au roi, les nationalistes n’entendant pas son européisme romantique, Madame de Staël fut, durant le siècle qui suivi sa mort, associée à la polémique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ses écrits purent être oubliés, sans doute plus par froid rejet que par une critique stylistique véritable, laquelle pourrait pourtant être nourrie de bien des observations sur ce romantisme des premiers temps, parfois si sentimental qu’il en devient étouffant. Plus encore que l’oubli de l’œuvre, le temps participa à l’effacement de la Femme, laquelle fut pourtant, au cœur des temps les plus troublés que connu la France, une figure à part entière, bien difficile à cerner. Fille du dernier grand ministre de la Monarchie, élevée dans l’un des salons féminins les plus courus, elle fut de toutes les cours et de tous les cercles, y tenant les premières places. Si, vivante, le monde la manqua, morte, elle le possède.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Pierre Pigneaux de Béhaine : l’évêque d’Adran au service de Nguyễn Ánh en Annam</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-pigneaux-de-behaine-leveque-dadran-au-service-de-nguyen-anh-a-annam/28/04/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Chau Nguyen Ngoc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Apr 2024 11:02:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Adran]]></category>
		<category><![CDATA[Annam]]></category>
		<category><![CDATA[Chau Nguyen Ngoc]]></category>
		<category><![CDATA[Cochinchine]]></category>
		<category><![CDATA[Indochine]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Pigneaux de Behaine]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10342</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-pigneaux-de-behaine-leveque-dadran-au-service-de-nguyen-anh-a-annam/28/04/2024/">Pierre Pigneaux de Béhaine : l’évêque d’Adran au service de Nguyễn Ánh en Annam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Pierre Pigneaux de Béhaine est un prêtre missionnaire d’Asie. Évêque d’Adran, il aurait joué un rôle de diplomate ayant aidé Nguyễn Ánh à monter sur le trône en Annam. Son rôle aurait contribué à faciliter l’arrivée de la France au milieu du XIXe siècle dans la région. Par Châu Nguyễn Ngọc </strong></span><a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a><span style="color: #000000;"><strong>.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’histoire de l’évêque d’Adran, Pierre Pigneaux de Béhaine, et son aide à Nguyễn Ánh, le futur roi Gia Long de l’Annam, est souvent racontée par les historiens français comme un conte de fée. Selon eux, c’est grâce au premier que le second a pu unifier le pays et monter sur le trône. La vérité est en réalité toute autre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La série en 4 volumes intitulée <em>Histoire de la Mission de Cochinchine 1658-</em>1823 des Missions Étrangères de Paris à laquelle nous nous référons dans cet article, indique « Pigneaux » comme nom de l’évêque d’Adran. Cela veut dire que les livres qui parlent de « Pigneau » ne s’y réfèrent pas alors que ce sont des lettres et rapports des missionnaires à l’antenne des MEP à Macau. On peut alors douter de leur contenu et de celui des documents sur lesquels ils s’appuient.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10343" aria-describedby="caption-attachment-10343" style="width: 1002px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10343 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?resize=640%2C164&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="164" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?w=1002&amp;ssl=1 1002w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?resize=300%2C77&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?resize=768%2C196&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10343" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les rapports de Monseigneur Pigneaux avec le général de Conway</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La rencontre</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Nguyễn Phước Ánh, encore appelé Nguyễn Ánh (1762-1820) était le dernier descendant des seigneurs Nguyễn qui, depuis 1558, se transmettaient le pouvoir dans le Viêt Nam du sud alors que les seigneurs Trịnh faisaient de même au nord, au nom des empereurs Lê.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La révolte en 1771 des trois Frères Tây Sơn, du nom de leur village d’origine, mit l&rsquo;aîné, Nguyễn Nhạc, sur le trône (1778-1788) avant qu&rsquo;il ne le cédât à son frère Nguyễn Huệ (1788-1792). Ce dernier unifia le pays en battant, au nord, le seigneur Trịnh et les Chinois venus au secours de l&#8217;empereur Lê Chiêu Thống et, au sud, les Siamois appelés à sa rescousse par Nguyễn Ánh. Cela obligea Nguyễn Ánh à se réfugier au Siam (1785-1787). Ce fut à Long Kỳ, près de Bangkok, que celui-ci fit construire des bateaux de guerre et recruter des hommes pour préparer son retour au Việt Nam.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/chine-le-triple-demisme-de-sun-yat-sen/19/02/2024/">Chine : le triple démisme de Sun Yat-Sen</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans sa fuite, Nguyễn Ánh rencontra Pierre Pigneaux de Béhaine (1741-1799), l’évêque d’Adran, un missionnaire des MEP (Missions Étrangères de Paris), à nom vietnamisé <em>Bá Đa Lộc. </em>Celui-ci lui proposa de faire appel à l’aide du roi de France au lieu d’accepter celle des Portugais, des Anglais et des Hollandais qui le sollicitaient. L’évêque alla en France en 1784 avec le prince Cảnh, le fils aîné de Nguyễn Ánh, alors âgé de quatre ans pour négocier.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’aide de la France</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le 28 novembre 1787, un traité – appelé Traité de Versailles de 1787 – fut signé par Pigneaux de Béhaine et le ministre des Affaires Étrangères, le comte de Montmorin, représentant respectivement Nguyễn Ánh et Louis XVI. Soutenu par le cardinal Loménie de Brienne, l’archevêque de Narbonne Dillon et l’abbé Vermont (lecteur de la reine), qui y voyaient « <em>un grand avantage politique et commercial</em> »</span><a href="#_ftn2" name="_ftnref1">[2]</a><span style="color: #000000;">, ce traité accordait à la France l’île déserte de Hội Nam située dans la baie de Tourane (Đà Nẵng) &#8211; et non la ville de Tourane comme on le voit dans de nombreux livres d’historiens français &#8211; l’île Poulo Condor (Côn Sơn), et le commerce exclusif avec la Cochinchine, le tout contre l’aide française pour l’accession de Nguyễn Ánh au trône.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10345" aria-describedby="caption-attachment-10345" style="width: 1155px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10345" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=640%2C44&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="44" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?w=1155&amp;ssl=1 1155w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=300%2C21&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=1024%2C70&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=768%2C53&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10345" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les îles du Traité de Versailles de 1787</span></figcaption></figure></p>
<p><figure id="attachment_10346" aria-describedby="caption-attachment-10346" style="width: 1167px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10346" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=640%2C140&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="140" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?w=1167&amp;ssl=1 1167w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=300%2C66&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=1024%2C225&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=768%2C168&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10346" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Discussions autour du Traité de Versailles de 1787</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une première annexe donnait le détail des troupes et des navires promis par la France : quatre frégates avec une force de 1 400 hommes, 250 cafres et une artillerie de campagne. Une deuxième expliquait que Nguyễn Ánh supporterait les frais des fortifications que les Français feraient construire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un mois après la signature du traité, le 27 décembre 1787, Pigneaux de Béhaine et sa suite s’embarquèrent sur la frégate <em>La Dryade</em>, escortée par le bateau <em>La Méduse</em>. Deux barges avec six mois de provisions et 200 000 piastres devaient les rejoindre plus tard, et deux autres frégates, <em>L’Astrée</em> et <em>Le Calypso</em> déjà en service en Inde, devaient compléter la flotte.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour l’histoire, le comte Conway, commandant des forces françaises en Inde et gouverneur de Pondichéry, qui reçut le pouvoir de décider de l&rsquo;expédition suivant la tournure des événements, s’opposa à l&rsquo;envoi de la flotte au Việt Nam </span><a href="#_ftn3" name="_ftnref1">[3]</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pour beaucoup d’historiens français, Pigneaux de Béhaine se serait substitué à la France en collectant lui-même de l’argent pour financer l’achat d’armes, de munitions et des vaisseaux dont le <em>Méduse</em>, et en recrutant des mercenaires français, dont de nombreux soldats et officiers de la marine en poste sur <em>La Mésuse</em> et <em>La Dryade</em>, pour l’armée de Nguyễn Ánh.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par ses conseils techniques et tactiques, Olivier de Puymanel aurait aidé Pigneaux de Béhaine à construire des fortifications à la Vauban et une armée moderne : une unité d&rsquo;artillerie, des unités de génie, une unité d&rsquo;aérostiers avec un ballon, une cavalerie de 24 escadrons de soldats chevauchant des buffles, plusieurs milliers d’éléphants dirigés chacun par quatre cornacs, et une flotte composée de 1 200 embarcations, dont les trois bateaux cuirassés commandés par les trois ex-capitaines de vaisseau Philippe Vannier, Jean-Baptiste Chaigneau et Jean-Marie Dayot. Nguyễn Ánh aurait ainsi battu les Tây Sơn et unifié le pays grâce à Pigneaux de Béhaine, ses armes, ses vaisseaux et ses mercenaires. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Les deux fondateurs de l’Annam</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La journaliste Thụy Khuê </span><a href="#_ftn4" name="_ftnref2">[4]</a><span style="color: #000000;"> écrit dans son</span> <a href="http://thuykhue.free.fr/stt/g/GiaLong-1.html">article</a> <span style="color: #000000;">qui se réfère à l’ouvrage <em>Monseigneur Pigneaux de Béhaine évêque d’Adran</em> d’Alexis Faure (1891), considéré comme un livre exemplaire pour les historiens, que Pierre Pigneaux de Béhaine est célébré comme le « fondateur du pays à côté de Gia Long ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elle a fait aussi savoir que « <em>ce que, au début du XIXe siècle, ont laissé Bissachère et Sainte-Croix, les deux premiers Français venus au Viet Nam écrire des mémoires, est basé sur de la diffamation de l’histoire du pays. Leurs livres sans les deux chercheurs Cadière (auteur de nombreux articles dans le « Đô thành Hiếu Cổ » (Bulletin des Vieux Amis de Huế) et Maybon (auteur de “Histoire moderne du pays d’Annam (1920ˮ) qui les ont copiés et en ont fait des vérités historiques, seraient tombés dans l&rsquo;oubli comme d&rsquo;autres mauvais livres </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/histoire-du-japon-des-origines-a-nos-jours-lempire-du-soleil-raconte-par-gerard-siary/23/10/2020/">«Histoire du Japon, des origines à nos jours» : l’empire du soleil raconté par Gérard Siary</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Thụy Khuê explique : « <em>La série de livres Histoire de la Mission de Cochinchine 1658-1823 qui est composée de 4 volumes consignant des lettres (rassemblées par le prêtre Adrien Launay) de missionnaires venus évangéliser notre pays (et un peu au Cambodge et au Laos) qui, pendant deux siècles, les adressaient à leurs supérieurs à Macao, une branche de la Société missionnaire de Rome</em> » dit la vérité sur ce qui s&rsquo;est passé.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les lettres [de Bá Đa Lộc c’est-à-dire Pierre Pigneaux de Béhaine), m&rsquo;ont ouvert un nouvel horizon, une vérité textuelle par rapport à ce qui a été écrit avant sur Bá Đa Lộc. Ce que j&rsquo;ai lu est complètement contraire à ce que Bá Đa Lộc a écrit dans ses rapports à ses supérieurs à Macao et à Rome dans cette série […] Par exemple, il fait savoir qu’il était rentré en Cochinchine par bateau avec le prince Canh les mains vides, sans aucune arme, pour aider le roi. Par la suite il n’avait pas pu amener au Việt Nam ni navires ni armes pour aider le roi Gia Long, alors encore Nguyễn Ánh. Il décrivait ses difficultés à la Cour, l’opposition des reines, mère, épouse, roi, parce que le prince refusait de pratiquer le culte de ses ancêtres, qu&rsquo;il appelait “l&rsquo;adoration des cadavres »… Il devait faire face à des difficultés avec les mandarins de la Cour qui conseillaient le roi de ne pas laisser le prince l’approcher. Bá Da Lộc avait l&rsquo;intention de partir, et se préparait vraiment à fuir secrètement lorsque le roi Quang Trung était sur le point d&rsquo;attaquer le Sud.</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10347" aria-describedby="caption-attachment-10347" style="width: 470px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10347" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-4-.jpg?resize=470%2C736&#038;ssl=1" alt="" width="470" height="736" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-4-.jpg?w=470&amp;ssl=1 470w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-4-.jpg?resize=192%2C300&amp;ssl=1 192w" sizes="auto, (max-width: 470px) 100vw, 470px" /><figcaption id="caption-attachment-10347" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Histoire de la Mission de Cochinchine (1688−1823), Adrien Launay</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pigneaux de Béhaine raconte son retour au pays au Cap saint Jacques les mains vides le 24 juillet 1789 après le voyage en France avec le prince Cảnh comme suit :</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10348" aria-describedby="caption-attachment-10348" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10348" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=640%2C119&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="119" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=1024%2C191&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=300%2C56&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=768%2C143&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?w=1063&amp;ssl=1 1063w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10348" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Retour de Pigneaux de Béhaine au Cap Saint-Jacques en 1789.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Vers le mois de mars 1789, Pierre Pigneaux de Béhaine et le Comte Conway avaient déjà été informés que Nguyễn Ánh avait repris « <em>5 provinces méridionales » (Sài Gòn, Mỹ Tho, Đồng Nai, Long Hổ et une cinquième ville qui avait toujours obéi à ce prince)</em> » avec ses forces militaires renouvelées. Il était « <em>en état de lever une armée de 60 à 80 000 hommes et, selon les nouvelles, il aura au mois de mai prochain 50 galères, 2 vaisseaux et 4 à 5 cents bateaux de guerre</em> »).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10349" aria-describedby="caption-attachment-10349" style="width: 1017px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10349" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?resize=640%2C259&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="259" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?w=1017&amp;ssl=1 1017w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?resize=300%2C122&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?resize=768%2C311&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10349" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Echanges de Monseigneur Pigneaux à Monsieur de Conway.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Nguyễn Ánh, avec son armée renforcée par le petit groupe de mercenaires français qui étaient venus se joindre à lui sur appel de Pigneaux de Béhaine, mit 12 ans à combattre l&rsquo;armée des Tây Sơn affaiblie par la mort de ses dirigeants. Nguyễn Ánh monta sur le trône en 1802 sous le nom de Gia Long.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/georges-ganier-dabin-un-enfant-de-montmartre-devenu-chef-des-armees-du-roi-du-siam/18/03/2023/">Georges Ganier d’Abin : un enfant de Montmartre devenu chef des armées du roi du Siam</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les principaux mercenaires français qui avaient aidé Gia Long, devinrent mandarins, étaient exemptés des cinq prosternations rituelles (à la place, ils inclinaient cinq fois la tête), et avaient chacun à sa disposition cinquante gardes personnels. Ils restaient cependant écartés de toute responsabilité dans le gouvernement du pays et étaient seulement des conseillers personnels de l&#8217;empereur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un soutien fidèle</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Pierre Pigneaux de Béhaine, jusqu&rsquo;à sa mort en 1799 de dysenterie, resta à côté de Nguyễn Ánh et fut pour celui-ci un soutien, un ami et un conseiller, sans toutefois parvenir à le convertir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La note biographique aux MEP de Pigneaux de Béhaine indique qu’« <em><span style="color: #000000;">il avait espéré conquérir Nguyễn Ánh à l&rsquo;Église catholique et au vrai Dieu, et, par lui, tout le royaume annamite. Ce ne fut qu&rsquo;un rêve. Le fondateur de la dynastie des Nguyễn ne devait pas renouveler dans cette partie de l&rsquo;Extrême-Orient le rôle de Constantin en notre Occident </span></em></span><a href="#_ftn5" name="_ftnref1">[5]</a><span style="color: #000000;"><em> <span style="color: #000000;">!</span></em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nguyễn Ánh montra sa loyauté (<em>nghĩa,</em> l’une des cinq vertus confucéennes) et sa reconnaissance à Pigneaux de Béhaine en lui construisant, à sa mort un beau mausolée (<em>Lăng Cha Cảf </em></span><a href="#_ftn6" name="_ftnref2">[6]</a><span style="color: #000000;"><em>, </em>Mausolée du Père supérieur) à Saïgon<em>.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/jules-brunet-portrait-du-veritable-dernier-samourai-francais/12/11/2020/">Jules Brunet : le véritable «dernier Samouraï» français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Durant son règne, les chrétiens vécurent en paix et le christianisme se développa, avec une domination des missionnaires espagnols au Nord et français au Centre et au Sud. Plusieurs mandarins se convertirent sans aucun problème, et des messes étaient régulièrement célébrées au palais le dimanche et les jours de fête. L&#8217;empereur y assista de temps en temps en curieux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">À sa mort en 1820, il y avait six évêques européens dans le pays, 300 000 chrétiens au nord et 60 000 au sud et au centre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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<hr width="50%" />
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn1"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> <span style="color: #000000;">Châu </span><span style="color: #000000;">Nguyễn Ngọc est l&rsquo;auteur de « <em>Viet Nam- Histoire politique de deux guerres- Guerre d’Indépendance (1858-1954) et Guerre Idéologique (1945-1975)</em> » préfacé par l’historien Pierre Brocheux et paru en 2019, dont est tiré cet article.</span></p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn1">[2]</a> <span style="color: #000000;"><a href="http://archives.mepasie.org/fr/notices/notices-biographiques/pigneau-de-ba-c-haine.">Archives</a> des MEP</span></p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn1">[3]</a><em> <span style="color: #000000;">A Prince, a Missionnary and three revolutions </span></em><span style="color: #000000;">(Un prince, un missionnaire et trois révolutions) de Hien V. Ho, 2008. Dans une lettre au journal <em>Đông Pháp</em> en 1928, Huỳnh Ích Lợi, qui se réfère à l’<em>Histoire générale</em> de E. Lavisan, qui citait l&rsquo;historien anglais John Barrow, Pigneaux de Béhaine « <em>avait oublié de </em><em>venir voir la maîtresse</em> <em>du Comte Conway</em> [Madame de Vienne] <em>lorsqu&rsquo;il visita les épouses des autorités locales à son arrivée </em>».</span></p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn2">[4]</a> <span style="color: #000000;">Thụy Khuê, dont le vrai nom est Vũ Thị Tuệ, est une journaliste, chercheuse et critique d’œuvres littéraires et historiques qui vit à Paris. Elle collabora à RFI (Radio France International) de 1990 à 2009.</span></p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn1">[5]</a> <span style="color: #000000;">L&#8217;empereur Constantin (280-337) légalisa en 313 le christianisme dans son empire romain par l&rsquo;édit de Milan, appelé édit de tolérance, pour rallier les chrétiens. Il se fit baptiser finalement sur son lit de mort.</span></p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn2">[6]</a> <span style="color: #000000;">En 1983, ce mausolée fut détruit par les autorités vietnamiennes et les restes de Pigneaux de Béhaine rapatriés en France.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-pigneaux-de-behaine-leveque-dadran-au-service-de-nguyen-anh-a-annam/28/04/2024/">Pierre Pigneaux de Béhaine : l’évêque d’Adran au service de Nguyễn Ánh en Annam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2024 17:31:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
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		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Association des vignerons bretons]]></category>
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		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vigne]]></category>
		<category><![CDATA[Vin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10280</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 05/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-vignoble-breton-une-renaissance-avec-modernite/05/04/2024/">ENTRETIEN – Vignoble breton : « Une renaissance avec modernité »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong><em>In vino veritas</em></strong><strong>… en Bretagne aussi ! La Bretagne compte aujourd’hui cent hectares d’exploitation viticole, une tendance en pleine expansion ces dernières années. Entre tradition, pratique, formation et revendications, le vignoble breton est tourné vers l’avenir. </strong><strong><span style="color: #000000;">Entretien avec Guillaume Bauché, trésorier de l’</span><a href="https://vigneronsbretons.bzh/">Association des Vignerons Bretons</a><span style="color: #000000;">, créée par les premiers viticulteurs professionnels de Bretagne administrative en 2021.</span></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Arthur Ballantine : La production de vin dans les « régions non-viticoles » de France métropolitaine (Hauts-de-France, Normandie et Bretagne) a été interdite par la loi dans les années 1930. En 2016, grâce au combat mené par l’Association pour la Reconnaissance des Vins de Bretagne, une directive européenne met fin à cette situation : la France peut désormais accroître ses plantations viticoles à raison de 8 000 hectares par an, cela sur l’ensemble du territoire. Le vin est-il pour autant un produit breton historique ? Assistons-nous au retour d’une tradition ou à un évènement nouveau en Bretagne ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Guillaume Bauché (AVB) : </strong>Je dirais plutôt que nous assistons à une renaissance du vignoble breton avec modernité. Jadis, la Bretagne eut une <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/histoire/">histoire</a> viticole, et ce depuis le Moyen-Age ! Les premières traces de la vigne remontent à l&rsquo;an mille à l&rsquo;abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys. L&rsquo;existence de la vigne était souvent corrélée à l&rsquo;existence d&rsquo;un lieu de culte chrétien pour la production des vins de messe. A l&rsquo;âge d&rsquo;or de la vigne, des communes bretonnes comme celle de Sarzeau ont pu recenser jusqu&rsquo;à 400 hectares servant à élaborer la célèbre « fine de Rhuys » dont la production s&rsquo;est arrêtée au cours de la première moitié du XX siècle. Aujourd&rsquo;hui, la surface du vignoble breton avoisine les 100 hectares pour produire principalement des vins blancs de gastronomie. Que ce soit les cépages, les méthodes de production ou encore le produit recherché, tout est différent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : Il a longtemps été dit que la Bretagne n’était pas une terre favorable à la pratique viticole. Les nouvelles conditions météorologiques observées ces dernières années inversent-elles la donne ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>En réalité, aucune instance officielle ne l&rsquo;a prouvé. L’histoire du vignoble breton nous montre au contraire que ces considérations participent, souvent sans le savoir, au dogme d&rsquo;une pensée établie au XXème siècle. Les nouvelles conditions météorologiques ne sont pas le signe d’un inversement mais constituent un atout quand on sait que le Sud de la France fait face à des épisodes de sécheresse inquiétants pour le vignoble. En réalité, le Morbihan vit actuellement un phénomène de « méditerranéisation ». Nous bénéficions par exemple autour de Pontivy (Morbihan) des mêmes températures que connaissait l’Anjou il y a quarante ans. La région rennaise traverse, elle, les mêmes conditions météorologiques que connaissant le Bordelais dans les années 1980 ! Le climat breton actuel nous permet de trouver de meilleurs équilibres et d’accéder à un plus grand choix de cépages : si les vignerons bretons utilisent une quarantaine de cépages différents, nous utilisons en majorité le chenin, surtout présent dans la Loire, le pinot noir, connu en Alsace, Champagne et Bourgogne ainsi que le Chardonay. Ces cépages dits « sorciers », nous permettent de produire trois ou quatre types de vin, et, lors des années pluvieuses permettent de produire des effervescents. A ces conditions climatiques s’ajoute une certaine qualité de sol superficiel. Le plateau armoricain, vieux de près de 600 millions d’années, nous donne un sol constitué de granite et de schiste, lesquels forment un <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/patrimoine/">patrimoine</a> géologique rare.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">A.B. : Qui sont les viticulteurs bretons d’aujourd’hui ? A quoi ressemble la formation de ce nouveau territoire viticole ?</span> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>Notre population de viticulteurs est assez hétéroclite, de tout âge, de toute nationalité, de différents milieux &#8211; agricole ou non. Le seul prérequis à l’installation d’une activité viticole en Bretagne est l’obtention d’un diplôme agricole, que ce soit le Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole (BPREA) ou les baccalauréats, licences et master spécialisés. La taille moyenne des exploitations bretonne est de quatre hectares, avec des unités pouvant varier d’un à dix. Notre association regroupe les trois quarts des vignerons bretons, avec 35 membres. Nous comptons, depuis novembre 2021, une installation toutes les deux semaines environ. Le département le plus représenté est le Morbihan, où vivent les deux tiers des vignerons bretons. Tous assez différents, nous avons tous le même objectif : proposer un vin de qualité et engagé. Les vignerons bretons, des quatre départements, recherchent au maximum le respect de la biodiversité sur les parcelles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10300" aria-describedby="caption-attachment-10300" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10300" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=640%2C381&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="381" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=1024%2C610&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=300%2C179&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?resize=768%2C457&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-1.png?w=1202&amp;ssl=1 1202w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10300" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Autorisée depuis 2016, la pratique viticole professionnelle en Bretagne connaît un développement fulgurant, avec une installation tous les quinze jours depuis novembre 2021.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.B. : La crise agricole qui touche la France en général a des répercussions sur le monde viticole. Le vignoble bordelais, tiraillé entre surproduction et prix tirés vers le bas, opte aujourd’hui pour l’arrachage afin de sauver ses vignerons. Quel est le regard breton sur cette situation ? La plantation de vigne a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>Aujourd&rsquo;hui, la plantation de vigne a un sens si on se donne l&rsquo;effort de lui donner du sens. Nous autres bretons, nous ne voulons en aucun cas entrer dans une production de masse. C&rsquo;est pourquoi nous sommes attachés à des valeurs de qualités, d&rsquo;artisanat, et surtout de durabilité, notamment à travers notre charte, dont la signature est obligatoire. Le vigneron breton doit pratiquer l’agriculture biologique, vendanger manuellement, recycler ses déchets de cave, développer la biodiversité. Tout un programme qui permettra à notre petit vignoble breton de perdurer : seule une agriculture propre peut répondre aux défis d’aujourd’hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">A.B. : Les menaces écologiques, économiques et parfois politiques qui pèsent sur le monde rural et sur notre terroir sont-elles considérées par les vignerons bretons ? La création d’une Indication géographique protégée (IGP) est-elle souhaitable ?</span> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>G.B. : </strong>L&rsquo;agriculture n&rsquo;a jamais eu autant de défis qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Nous ne les prenons pas comme des menaces, mais comme des défis qu’il nous incombe de relever. Une IGP aujourd&rsquo;hui serait précoce alors que nous savons que seulement deux vignerons ont vendu du <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/vin/">vin</a> en 2023. Cependant, elle constituerait, d’ici à un certain temps, la consécration de tout notre travail. Nous ne sommes qu’au début d’une grande aventure : entre 12 et 15 000 bouteilles ont été vendues par deux vignerons en 2023, 40 000 sont attendues en 2024 pour cinq vignerons.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10301" aria-describedby="caption-attachment-10301" style="width: 326px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10301" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?resize=326%2C318&#038;ssl=1" alt="" width="326" height="318" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?w=326&amp;ssl=1 326w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Entretien-VB-Paysage-vigne-2.png?resize=300%2C293&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 326px) 100vw, 326px" /><figcaption id="caption-attachment-10301" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L’Association des Vignerons Bretons, créée par les premiers viticulteurs professionnels de Bretagne administrative en 2021.</span></figcaption></figure></p>
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<hr width="50%" />
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		<title>REPORTAGE – Turquie : Alexandrette et Antioche, des villes martyrs du séisme et du gouvernement turc</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2024 20:40:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 02/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-turquie-alexandrette-et-antioche-des-villes-martyrs-du-seisme-et-du-gouvernement-turc/02/04/2024/">REPORTAGE – Turquie : Alexandrette et Antioche, des villes martyrs du séisme et du gouvernement turc</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">Le 25 février 2023, un séisme ravage le sud de la Turquie et le nord-ouest de la Syrie. Bilan officiel : 60 000 morts et plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées. La ville d’Antioche, témoin de la grandeur de l’empire romain, a été presque rasée.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Des pelleteuses brisent le silence matinal d’Antioche, la plus grande ville à proximité de l’épicentre. L’ambiance y est glaçante. Ce haut-lieu antique, autrefois émaillé d’une richesse multimillénaire est en partie en ruine. Ce ne sont pas seulement des immeubles, mais des quartiers entiers qui ont été sinistrés. D’importants tas de gravats sont déposés çà et là.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Antioche, la ville martyr</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les destructions et les pelleteuses ont fait complètement disparaître certaines rues. Dans de nombreux quartiers, nous ne reconnaissons plus rien, c’est une catastrophe !</em> » témoigne Kozma Sayek, consul honoraire de France dans la région du Hatay dont dépend la ville d’Antioche (« Antakya » en turc) et Alexandrette (« Iskenderun »). Une partie du vieux souk est détruite et se retrouve à ciel ouvert. Des immeubles sont éventrés laissant voir l’intérieur des appartements vides, des commerces sont rasés et d’autres ne rouvriront jamais faute de moyens suffisants pour assurer les travaux. Sur les hauteurs de la ville et dans les parages l’église Saint-Pierre, des dizaines de tentes financées par la Chine sont encore installées en août dernier, 6 mois après le séisme, pour héberger ceux qui ont tout perdu à Antioche.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10289" aria-describedby="caption-attachment-10289" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10289" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u.jpeg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u-scaled.jpeg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u-scaled.jpeg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u-scaled.jpeg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u-scaled.jpeg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u-scaled.jpeg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u-scaled.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-vUtGlS0u-scaled.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10289" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les pelleteuses transforment certains quartiers d&rsquo;Antioche en désert urbain. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans les faits, plusieurs millions de personnes ont fui la région à la recherche d’un avenir meilleur. « <em>Je pense que le chiffre officiel de 60 000 morts du gouvernement est sous-estimé. Il est au minimum de 100 000 morts</em> » nous précise Santiago, un chef de projet colombien travaillant pour l’ONG <a href="https://www.ob.org/">Operation blessing</a>, une organisation qui met en œuvre des programmes humanitaires d’urgence dans le monde entier. Un chiffre très contesté, y compris par la représentation française locale. « <em>Très sincèrement, nous sommes au minimum à 200 000 victimes</em> » pense le consul honoraire de France de la région, Kozma Sayek. « <em>Le gouvernement fait tout pour minimiser et ne compte que les victimes officielles recensées. Il ne prend pas en compte les milliers de disparus dont nous n’avons toujours pas retrouvé la trace</em> » explique le représentant qui a agi à sa manière dans sa ville d’Arzuz dont la population a doublé au sud d’Alexandrette.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-turquie-istanbul-vise-une-propriete-francaise-du-xixe-lorphelinat-saint-joseph/10/03/2024/">REPORTAGE – Turquie : Istanbul vise une propriété française du XIXe, l’orphelinat saint-Joseph</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avec son association <a href="https://www.fusunsayek.org/">Fusun Sayek</a>, le consul a agi localement pour aider les familles les plus démunies. « <em>Dans les premières semaines, nous avons mis en place tout un système avec des volontaires permettant de fournir jusqu’à 2 000 repas par jour. J’ai pris tout mon matériel agricole pour aider à la logistique avec des bénévoles à plein temps parfois venant de Colombie. Ils m’ont aidé à organiser toute la logistique. J’ai rempli et vidé 20 fois tous mes entrepôts</em> » développe-t-il. Une aide qui n’a visiblement pas été encouragée par le gouvernement qui a vu d’un mauvais œil le poids pris par certaines associations venant en aide aux plus démunis. Cette région, qui a été rattachée à la Syrie sous mandat français jusqu’en 1938, abrite encore des populations arabophones musulmanes mais aussi chrétiennes. Une politique d’islamisation est d’ailleurs en cours dans ce territoire historique de la Méditerranée orientale. « I<em>l nous a mis la pression pour que nous limitions voire arrêtions notre aide car il souhaite maintenir un système de pauvreté qui entretient un électoralisme.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10290" aria-describedby="caption-attachment-10290" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10290 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm.jpeg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm-scaled.jpeg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm-scaled.jpeg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm-scaled.jpeg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm-scaled.jpeg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm-scaled.jpeg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm-scaled.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-gO1iWhsm-scaled.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10290" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les rues ressemblent à des zones de guerre. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les problématiques continuent pour les propriétaires d’appartement dont l’immeuble, endommagé doit être détruit. Ils sont contraints de quitter leur maison et ont l’interdiction d’y retourner pour récupérer certains effets personnels. Les revenants sont sévèrement sanctionnés. « <em>C’est comme si leur appartement ne leur appartenait plus !</em> » explique le frère de Kozma Sayek, frère du consul honoraire de France et lui-même vice-consul. « <em>Les entreprises de démolition peuvent y pénétrer et faire ce qu’elles veulent. Certains propriétaires ‘s’arrangent’ ainsi avec ces entreprises pour y accéder une dernière fois. Il y a un vrai système de corruption. Certains viennent en cachette pour récupérer certains objets</em> ». Une double peine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Alexandrette, l’ombre d’elle-même</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Sur la digue d’Alexandrette à quelques mètres de la mer Méditerranée, un parc d’attraction semble être à l’abandon. Les manèges sont à l’arrêt, pour certains renversés, comme des témoins d’une époque révolue. Le terrain semble avoir été inondé récemment. Partout, la ville est engloutie dans un silence funèbre. Nombreux sont les bâtiments qui se sont effondrés et d’autres seront bientôt détruits. Mais les destructions d’Alexandrette sont sans commune mesure avec celles d’Antioche.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10291" aria-describedby="caption-attachment-10291" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10291" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p.jpeg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p-scaled.jpeg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p-scaled.jpeg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p-scaled.jpeg?resize=768%2C433&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p-scaled.jpeg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p-scaled.jpeg?resize=2048%2C1154&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p-scaled.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-keRA5S9p-scaled.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10291" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Le parc d&rsquo;attraction d&rsquo;Alexandrette dont certains manèges sont retournés, semble à première vue abandonné. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ici aussi, des pelleteuses brisent le silence matinal du littoral. Elles transportent des blocs de pierre qu’elles déposent dans la mer pour renforcer la digue. « <em>Notre objectif est de reconstruire la digue qui a été détruite par le séisme pour empêcher que la mer n’inonde le centre-ville</em> » nous explique Vasfi, l’ingénieur qui coordonne les travaux de reconstruction. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu. « <em>Même si nous avons fait du remblayage, nous observons encore de nombreuses infiltrations d’eau qui inondent jusque dans le centre-ville</em> » renchérit-il. Dans ce tumulte, les voitures sont contraintes de passer à contresens pour se rendre à leur destination et cela sur une centaine de mètres A quelques mètres, un restaurant se retrouve complètement entouré par les eaux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/">Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l’Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Sans surprise, les touristes ont déserté la région. « <em>Nous n’accueillons plus de touristes depuis février</em> » témoigne le gérant de l’hôtel Aykut. « <em>Durant les quelques semaines qui ont suivi le séisme, nous avons accueilli beaucoup de journalistes et d’humanitaires du monde entier. Depuis plus rien !</em> ». Malgré les inondations et les destructions, la ville est toujours vivante ; même si tous ses habitants n’ont pas tous été traités de la même manière par mère nature. Les édifices religieux ont souffert. Une mosquée a été complètement détruite, une église catholique dont il ne reste que les murs et une église orthodoxe dont le toit est éventré dans le centre-ville.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10292" aria-describedby="caption-attachment-10292" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10292" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3.jpeg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3-scaled.jpeg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3-scaled.jpeg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3-scaled.jpeg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3-scaled.jpeg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3-scaled.jpeg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3-scaled.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/pro-AON0qxw3-scaled.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10292" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Malgré la reconstruction de la digue, la mer remonte jusque dans le centre-ville. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les bureaux du consulat honoraire de France de la ville ont été détruits. Désormais, ils se retrouvent dans une station essence possédée depuis 50 ans par la famille du consul lui-même. Le cimetière français où reposent les soldats français morts au champ d’honneur dans les campagnes d’Orient a également été endommagé. Un projet de travaux est en cours. En face de celui-ci, se trouve un camp de déplacés qui a accueilli une quarantaine de familles au plus fort de la crise. En août 2023, la moitié a réussi à se reloger. « Il en reste une vingtaine dans le camp. Les autres sont parties en Turquie ou ont immigré en Europe » explique notre interlocuteur de l’ONG Operation blessing que nous avons rencontré dans ce camp. Une situation délicate que le gouvernement turc gère de façon très discutable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 08:50:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Dachau]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre de Porcaro]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10073</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/02/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Pierre de Porcaro est l’un des cinquante prêtres et séminaristes déportés à Dachau à cause de leur action clandestine au sein des usines du STO. Ouvrier le jour, prêtre la nuit, il y meurt le 12 mars 1945 du typhus, laissant derrière lui un seul exemple : la sainteté.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 10 aout 1904 à Dinan, dans les Côtes-du-Nord, Pierre de Porcaro est le fils d’un officier « mort pour la France » en 1916. Il entre, en septembre 1917, au petit séminaire Notre Dame du Grandchamp à Versailles, puis au grand séminaire de Versailles en octobre 1923. Lors de sa retraite d’ordination, en 1929, Pierre de Porcaro écrit : « Il faut que je devienne un saint. C’est le seul moyen de m’assurer plus tard un ministère fécond. Je crois pouvoir le dire en toute sincérité : j’ai soif des âmes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès son ordination, Pierre de Porcaro est nommé professeur au Petit Séminaire de Versailles, où il cumule les fonctions de maître de chapelle et professeur d’histoire. Mélomane et musicien, il maîtrise tout le répertoire sacré et enregistre les cantiques chantés par ses séminaristes sous sa direction. Il développe le théâtre et, préoccupé par la crise des vocations, s’investit pour la jeunesse, donnant plus de deux cent conférences pour près de trente mille adolescents. Nommé vicaire de Saint-Germain-en-Laye en 1935, il est préposé à la jeunesse et y reprend la Passion, qu’il joue devant des foules de spectateurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un prêtre dans la « drôle de guerre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 3 septembre 1939, à dix-sept heures, la France entre en guerre. Pierre de Porcaro rejoint son unité, le 15ème bataillon du génie de la VIIIème Armée, chargé de compléter la ligne Maginot près d’Altkirch. Comme ses frères Yves et André, il apprend sur le front la mort dans un accident d’avion de son ainé Jean. Dans cette drôle de guerre et jusqu’à l’armistice du 17 juin 1940, la jeunesse européenne assiste à l’agonie du vieux monde des années trente et, dans sa grande majorité, reste spectatrice médusée. A Pâques, aucun homme ne communie auprès du père de Porcaro : tout, même la foi, semble suspendu, attendant sa fin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-lherminier-un-officier-de-marine-qui-refusa-le-sabordage-de-la-flotte-en-1942/31/03/2022/">Jean l’Herminier : un officier de marine qui refusa le sabordage de la flotte en 1942</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fait prisonnier le 23 juin, Pierre de Porcaro s’évade et rejoint librement une colonne de prisonniers marchant vers Colmar. Trente prêtres français célèbrent la messe pour huit mille prisonniers au sein de l’Empire allemand. Malgré des espoirs chimériques de libération, les soldats sont déplacés, toujours plus à l’est. Strasbourg puis Stuttgart, où le train les emmène au stalag V-A. Le 3 septembre, sélectionné avec les soldats bretons, Pierre de Porcaro est désinfecté puis transféré au stalag IX B. Révolté, il prend, le jour de la Toussaint, la ferme résolution d’achever son ministère : il développe un cercle liturgique, célèbre la messe quotidiennement et poursuit la formation des séminaristes qui l’accompagnent. Libéré le 25 juillet 1941, il rentre à Saint-Germain-en-Laye et lance les fondations d’œuvres en faveur des femmes de prisonniers.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aumônier clandestin volontaire pour le STO</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 16 avril 1943, une lettre de Monseigneur Rolland-Gosselin demande à Pierre de Porcaro de repartir clandestinement en Allemagne comme ouvrier-aumônier du Service du Travail Obligatoire (STO). Sans même rencontrer son évêque, le vicaire de Saint-Germain-en-Laye a déjà dit oui. Il écrit « Oui mon Dieu, j’accepte avec toute la volonté possible, tout, y compris d’en mourir, de mourir sur une terre étrangère, loin de tout, loin de tous ». Sa mère, déjà affectée par la perte de l’un de ses fils et par la captivité des deux autres, accepte avec une grande dignité le départ de Pierre, écrivant « nous pouvons être fiers de lui, il est le digne fils de son père ». Après un mois de visites auprès de sa famille, Pierre de Porcaro rédige son testament.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Arrivé le 15 mai 1943 à Dresde, il accompli sa mission d’infiltration du STO et exerce son apostolat auprès des ouvriers français au sein d’une usine de carton. Rapatrié en France à la suite d’un accident du travail, il apprend depuis Saint-Germain-en-Laye les arrestations des responsables des Jeunesses ouvrières chrétiennes du STO dues au décret Kaltenbrunner du 3 décembre 1943. Se sachant dénoncé par un ouvrier, il repart, conscient des risques qu’il encourt. Interdisant à son frère de donner le nom de son Judas, il est arrêté le 11 septembre 1944 puis est déporté au camp de concentration de Dachau. Dans sa dernière lettre envoyée avant de mourir, il écrit « Quoiqu’il arrive, tout se passera dans l’amour ». Malade et épuisé, il exerce son ministère et meurt du typhus le 12 mars 1945. Il avait quarante ans.Durant la durée de la guerre, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés à Dachau et occupent ce que l’Histoire retient comme « les baraques à prêtres ». 1 034 d’entre eux y laisseront leur vie, faisant de Dachau le plus grand cimetière de prêtres catholiques au monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Appel à la sainteté</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1988 est ouverte une cause collective de béatification à l’intention des cinquante victimes françaises de la persécution nazie lancée en septembre 1943 en application de la décision de rechercher et emprisonner tout prêtre, séminariste ou scout exerçant un apostolat au sein du STO. Pierre de Porcaro étant déclaré martyr de l’Église catholique, une preuve miraculeuse n’est pas exigée. Dans son hommage funèbre, le père Edmond Cleton de Lille y décrit l’abbé de Porcaro comme « l’un des plus capables ; le plus gai, le plus serein d’entre nous. Il rejoignit le père Dillard libéré le premier de Dachau. Tous deux volontaires des galères, témoins du Christ au milieu des exilés, aimés de tous. Ils nous laissent dans la tristesse humaine, mais dans l’espoir du ciel ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10076" aria-describedby="caption-attachment-10076" style="width: 202px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10076 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="202" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?w=672&amp;ssl=1 672w" sizes="auto, (max-width: 202px) 100vw, 202px" /><figcaption id="caption-attachment-10076" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Guillaume Zeller, <a href="https://www.tallandier.com/livre/la-baraque-des-pretres/">La baraque des prêtres. Dachau, 1938-1945</a>. Le récit de la vie quotidienne des 2 720 religieux ayant été emprisonnés dans le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>«Voyage dans le cristal» : une exposition au musée de Cluny</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Dec 2023 22:48:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Idées de sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Cluny]]></category>
		<category><![CDATA[Cristal]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Musée]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9824</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 21/12/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/">«Voyage dans le cristal» : une exposition au musée de Cluny</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le cristal de roche s’est imposé à travers les siècles tant comme un objet de science que comme un matériau d’art. Utilisé par toutes les civilisations, privilège des pouvoirs spirituels et temporels, muse de nombreux artistes, ce quartz transporte, transforme, trompe, conquiert et défait l’Homme depuis toujours.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">« Vite, vite, ami, partons pour les féeriques régions du cristal ». Du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024, le musée de Cluny, musée national du Moyen Âge, propose une exposition intitulée « Voyage dans le cristal », en collaboration avec le musée du Louvre et avec le soutien de l’Ecole des Arts Joailliers. Les deux commissaires d’exposition, Isabelle Bardiès-Fronty, conservateur général du patrimoine au musée et Stéphane Pennec, archéologue et conservateur-restaurateur réussissent à cette occasion leur pari : celui de nous faire voyager, tant au travers du temps que de la matière.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi intitulée d’après le roman fantastique de Georges Sand Laura, sous-titré « Voyage dans le cristal » et paru en 1864, l’exposition est d’abord un hommage à l’évasion que procure la minéralogie. Georges Sand, que le musée de Cluny encense déjà pour la découverte en 1841 des tapisseries de <em>La Dame à la Licorne</em>, avait conduit Walter, le héros de Laura vers l’hypnotique et mythifié monde des Esquimaux. Elle est à nouveau le passeur des néophytes pour ce si surprenant monde minéralogique : « Regarde donc où je t’ai conduit et reconnais que j’ai ouvert tes yeux à la lumière du ciel ». Fascinant pour sa transparence et sa capacité à diffracter la lumière, nous offrant mille et une compositions, le cristal est tant un objet de science que d’art. Il a pourtant longtemps été l’objet d’interrogations.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9826" aria-describedby="caption-attachment-9826" style="width: 315px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9826" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?resize=315%2C236&#038;ssl=1" alt="" width="315" height="236" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?w=315&amp;ssl=1 315w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 315px) 100vw, 315px" /><figcaption id="caption-attachment-9826" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Têtes de lion sculptées dans un bloc de quartz, Rome, VIème siècle. Sans doute éléments d’accoudoirs, elles évoquent la pureté du cristal de roche lequel, associé au lion, symbolise le pouvoir.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un objet de science, d’art… et d’interrogation </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">On trouve des gisements de quartz hyalin partout : les plus connus se situent en Allemagne, dans les Alpes, en Arabie, aux Indes, au Pakistan, au Sri Lanka, en Amérique du Nord et du Sud et à Madagascar. Toutes les civilisations lui ont accordé une place dans leur spiritualité. Toutes l’ont considéré, travaillé, lui ont donné un rang, jamais des moindres. Appréhendé par Strabon comme <em>krystallos</em>, « glace » ou « eau gelée », il a été repris par Pline l’Ancien et occupe ainsi, de l’Antiquité jusqu’au premier cristallographe, la primauté dans tous les ouvrages de sciences naturelles. L’encyclopédiste Barthélemy l’Anglais (1202-1272), le définit, dans <em>Livre des propriétés des choses</em> (1247) comme une pierre reluisante et clere, qui a la couleur d’yaue, car il est engendré de nege ou de glace endurcie par moult de temps ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/le-vouvoiement-histoire-dun-panache-francais/02/03/2023/">Le «vouvoiement» : histoire d’un panache français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Cette approche pré-chimiste est remise en cause par Anselme Boèce de Boodt (1550-1632), qui ne parvient pourtant pas à expliquer l’origine de la pierre. Seul Jean-Baptiste Romé de l’Isle (1736-1790) y parvient en 1783 et mentionne le quartz, qu’il distingue encore du cristal. C’est la chimie du deuxième XVIIIème siècle qui permettra de considérer le cristal de roche comme un quartz. La portée symbolique de cette « mère des gemmes », responsable des propriétés de toutes les autres, fut longtemps issue, en Europe, de l’analyse du médecin Jean de Mandeville (1300-1372). Cette conclusion, curieuse pour nous, qui séparons le règne minéral du règne du vivant, conférait aux gemmes claires une vie rythmée par la naissance et la mort et faisait du cristal, par analogie, un conducteur de fécondité favorable aux mères.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une gemme pour le sublime</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Caton l’Ancien avait déclaré que « la vie humaine est comme le fer, elle s’use dans la pratique et se rouille dans l’inaction ». L’observation de l’utilisation par les hommes du cristal de roche nous permet de compléter cette analogie métallurgique en y introduisant une réflexion minéralogique. La vie humaine si elle s’use et se rouille, peut aussi se sublimer : tel est le rôle du cristal. Propice à la glyptique, l’art de la gravure, le cristal est partout, ce que nous montrent de nombreux travaux d’artistes au cours des siècles. Des perles de Tello (Irak) à l’<em>Aphrodite accroupie</em> de la Villa Getty, l’Antiquité représente un passage dans la sphère figuratif pour le cristal. On appréhende ainsi beaucoup mieux le travail minutieux des bagues papales du XVème siècle ou de la <em>Chute de Phaéton</em> en cristal gravé par Giovanni Bernardi (1494-1553) d’après un dessin de Léonard de Vinci.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-tulipomanie-de-la-bulle-speculative-a-la-vanite-florale/13/04/2020/">La Tulipomanie : de la bulle spéculative à la vanité florale</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">L’art européen comme oriental s’est saisi de cette matière, nous léguant un indice symbolique et spirituel sur son utilisation. Reliquaire de Saint Luc, collier à boule de Chilpéric, phylactère de Saint Hubert, châsse de Sainte Fausse : le cristal s’impose comme un moyen de visiter, plusieurs siècles après, les ateliers d’artisans dévoués répondant aux commandes des puissants. Le prêt par le musée du Louvre du <em>Salvator Mundi </em>de Joos Van Cleve (1485-1541) sublime cette relation, le Christ porteur d’un globe de cristal trônant au milieu du <em>frigidarium</em> clunisien transformé en Jérusalem céleste. On devine un jeu millénaire d’exposition des œuvres médiévales aux variations de la lumière, reflet de la puissance ecclésiastique. De nombreux objets moins attendus, telle une aiguière à forme de dragon de l’atelier des Saracchi, artisans lapidaires milanais, nous plongent dans l’usage profane de la matière, souvent conviée à la table des rois de France.</span></p>
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<p><figure id="attachment_9827" aria-describedby="caption-attachment-9827" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9827" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?resize=480%2C354&#038;ssl=1" alt="" width="480" height="354" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?w=480&amp;ssl=1 480w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?resize=300%2C221&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption id="caption-attachment-9827" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Aiguière en forme de dragon, Atelier des Saracchi, Milan, XVIème siècle. © 2009 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un pont entre les hommes</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’usage du cristal pourrait être un objet anthropologique, tant la matière fut utilisée par les civilisations les plus éloignées. L’énergie vitale attribuée au cristal trouve une illustration dans l’association amérindienne d’un quartz et d’une dent, sans doute à fin rituelle. Un polissoir à papier iranien portant une inscription coranique, l’intégralité de la sourate « <em>Ya-Sin</em> », lue en cas de guerre, de voyage ou de maladie nous renseigne sur la façon dont le monde médiéval relaya la fonction divinatoire de la gemme.</span></p>
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<p><figure id="attachment_9828" aria-describedby="caption-attachment-9828" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9828" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?resize=640%2C521&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="521" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?resize=300%2C244&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9828" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Polissoir à inscription coranique, Iran, XVIIIème-XIXème siècle © 2012 Musée du Louvre / Hervé Lewandowski</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="color: #000000;">La Renaissance et son nouveau regard apporté sur Euclide pousse Luca Pacioli (1447-1517), par son <em>De Divina Proportione </em>(1498) à adopter un regard géométrique sur le cristal. Albrecht Dürer (1471-1528) en déploiera les volumes tandis que les sculpteurs de vanités italiens feront les joies des grandes familles princières. Le quartz sera également partie prenante au XXème siècles et aux aventures de l’optique et du surréalisme. Revanche de la matière sur les hommes, le cristal sera aussi le support de l’une des plus belles blagues modernes : le crâne de cristal prétendument précolombien. Une série de crânes « découverts » au XIXème siècle et attribués au Mictecacihuati aztèque, tel celui longtemps exposé au musée d’Ethnographie du Trocadéro ne sont en effet considérés comme ce qu’ils sont, soit des créations allemandes contemporaines, que depuis quelques petites dizaines d’années. Le sujet fait sourire et évoque tout un pan de la pop-culture amatrice de prêt-à-penser, tel le <em>Royaume du crâne de cristal</em> qu’explore l’aventurier Indiana Jones (Steven Spielberg, 2008).</span></p>
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<p><figure id="attachment_9829" aria-describedby="caption-attachment-9829" style="width: 300px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-9829" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="300" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-9829" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Crâne de cristal du musée du quai Branly, Paris. Eugène Boban, un marchand d&rsquo;antiquité controversé, vend cette pièce à Alphonse Pinart, un jeune explorateur qui en fit don au Musée d&rsquo;ethnographie du Trocadéro.</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="color: #000000;">L’exposition poursuit sa réussite en montrant les capacités actuelles du cristal, qui, s’il est bien un minéral, reste un moteur vivant pour nos artistes. L’un d’entre eux, Patrick Neu, invité de l’exposition réinterprète certains motifs artistiques sur cristal : une scène de bataille sur un verre de cristal au noir de fumée, ainsi qu’une danse macabre dessinée sur la matière brute.</span></p>
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