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	<title>Moyen Âge - Billet de France</title>
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	<title>Moyen Âge - Billet de France</title>
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		<title>La Renaissance carolingienne : entre synthèse de l’Antiquité et renouveau médiéval</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-renaissance-carolingienne-entre-synthese-de-lantiquite-et-renouveau-medieval/06/12/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Dec 2020 09:26:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1830, dans la vingtième leçon de son cours intitulé Histoire de la civilisation en...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-renaissance-carolingienne-entre-synthese-de-lantiquite-et-renouveau-medieval/06/12/2020/">La Renaissance carolingienne : entre synthèse de l’Antiquité et renouveau médiéval</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>En 1830, dans la vingtième leçon de son cours intitulé <em>Histoire de la civilisation en France</em>, le futur président du Conseil François Guizot (1787-1874) établissait la conclusion suivante&nbsp;: «&nbsp;<em>Charlemagne marque la limite à laquelle est enfin consommée la dissolution de l’ancien monde, romain et barbare, et où commence vraiment la formation de l’Europe moderne, du monde nouveau. C’est sous son règne, et pour ainsi dire sous sa main, que s’est opérée la secousse par laquelle la société européenne, faisant volte-face, est sortie des voies de la destruction, pour entrer dans celles de la création</em>&nbsp;». Alors qu’au VIIIème siècle la dynastie carolingienne a établi à jamais le prestige du <em>regnum francorum</em>, un nouveau monde émerge, érigeant palais et monastères, produisant mosaïques et enluminures.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>25 décembre 800&nbsp;: Charles, empereur entre Dieu et les hommes</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A la mort de Pépin le Bref, deux états territoriaux sont nés : les États de l’Église romaine, dont les deux pôles sont Ravenne et Rome, et l’Empire des Francs, synthèse entre Austrasie et Neustrie, où se côtoient les anciens gallo-romains et les anciens barbares. En effet, les descendants du <em>princeps francorum</em> Pépin de Herstal (645-714), qui hérite des possessions de la dynastie des Arnulfo-Pippinides et engage l’unité de la Gaule, construisent entre 714 et 814 l’Empire des Francs, s’étendant des Alpes au Rhin et aux Pyrénées. Successivement, Charles Martel (714-741) gouvernera un palais sans roi, Carloman (741-747) l’imitera, Pépin III le Bref (741-768) se proclamera roi et enfin Charlemagne (768-814), restaurera un empire en Occident.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/john-stuart-petit-fils-de-roi-fils-de-regent-connetable-de-france-portrait-dune-figure-de-lauld-alliance/17/09/2020/">John Stuart : petit-fils de roi, fils de régent, connétable de France, portrait d’une figure de l’Auld Alliance</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ces hommes s’inscrivent dans la directe lignée de leurs prédécesseurs mérovingiens, c’est d’ailleurs ce que nous présente le prologue de la <em>Lex salica&nbsp;</em>: «&nbsp;<em>une race illustre des Francs instituée par Dieu, courageuse à la guerre, constante dans la paix, profonde dans ses desseins, de noble stature, au teint d’une blancheur éclatante, d’une beauté exceptionnelle, audacieuse, rapide et rude, convertie à la foi catholique et indemne de toute hérésie lorsqu’elle était encore barbare, cherchant la clef de la connaissance sous l’inspiration de Dieu, ayant le désir de la justice dans son comportement de vie et cultivant la piété. C’est alors que ceux qui étaient les chefs de cette race, dans ces temps-là, dictèrent la loi salique</em> […]. <em>C’est alors que, grâce à Dieu, Clovis, le roi des Francs, impétueux et magnifique, fut le premier qui reçut le baptême catholique&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est cependant avec le dernier de ces géants, Charles le Grand, intitulé à partir de 800 « Charles, sérénissime Auguste, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur, gouvernant l’empire romain, et, par la grâce de Dieu, roi des Francs et des Lombards », que s’impose à jamais la dynastie carolingienne. Il est d’ailleurs aisé de se représenter l’aura de celui qui grandit dans le modèle barbare où s’accumulaient, avec hérédités partagées, royaumes, villes et duchés formant de vastes ensembles hétérogènes mais rêva d’un empire chrétien unifié sur l’ancien modèle romain. La période que l’on appelle « Renaissance carolingienne » n’advint pas le 25 décembre 800 d’une idée soudaine de celui qui devint l’héritier de Constantin le Grand (306-337) mais est bien le fruit d’une volonté politique mûrement réfléchie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">L’Europe comptait à cette époque plusieurs systèmes liturgiques opposés : trois en Italie, à Rome, Milan et Aquilée, un en Espagne et un dans chaque province ecclésiastique des Gaules. En unissant toutes ces provinces sous la liturgie romaine, Charlemagne se fit, et les Francs avec lui, l’égal de Byzance et l’ami du Pape. Tel fut celui qui ne porta jamais la barbe fleurie que lui donna <em>La Chanson de Roland</em>, mais qui insuffla une impulsion artistique et culturelle majeure qui devait éblouir le monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4315" aria-describedby="caption-attachment-4315" style="width: 535px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-4315 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/louvre-statuette-equestre-quotcharlemagnequot-charles.jpg?resize=535%2C768&#038;ssl=1" alt="" width="535" height="768" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/louvre-statuette-equestre-quotcharlemagnequot-charles.jpg?w=535&amp;ssl=1 535w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/louvre-statuette-equestre-quotcharlemagnequot-charles.jpg?resize=209%2C300&amp;ssl=1 209w" sizes="(max-width: 535px) 100vw, 535px" /><figcaption id="caption-attachment-4315" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Statuette équestre dite de Charlemagne, (Artiste inconnu, bronze, IXème siècle, Musée du Louvre). Seule ronde-bosse carolingienne qui nous soit parvenue, cette statue est un assemblage d’un cheval exécuté sur le modèle antique de la Statue équestre de Marc-Aurèle (Artiste inconnu, bronze, IIème siècle, Musé du Capitole) et d’un personnage plus tardif au corps et la tête distincts, sans doute exécuté d’après la description de Charlemagne donnée par le biographe Einhard, auteur de la Vita Karoli.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La cour carolingienne installée à Aix-la-Chapelle</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Comme ses prédécesseurs, Charlemagne parcourt d’abord son royaume afin de contrôler son administration et de recevoir les hommages qui lui sont dus. Bien vite pourtant, son statut d’empereur l’oblige à imiter les souverains romains et byzantins et à s’établir, entouré d’une cour permanente. Ainsi, sous son règne et sous celui de son fils Louis le Pieux (768-855) naissent plus de quatre cents monastères, une centaine de résidences royales ainsi que vingt-sept nouvelles cathédrales. Commandé dès 790 à l’architecte Eudes de Metz (742-814), le palais d’Aix-la-Chapelle s’impose lors de sa consécration par le pape Léon III (795-816) en 805 comme le nouveau centre de rayonnement de la puissance carolingienne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/le-15-aout-recit-dune-ancienne-fete-nationale/15/08/2020/">Le 15 août, récit d’une ancienne fête nationale</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: inherit; color: #000000;">Au centre, quatre bâtiments forment un carré où l’on trouve les appartements impériaux, les salles de réception, les salles d’intendance et les bibliothèques tandis qu’autour s’agrègent écoles, salle de justice et bâtiments administratifs. Au sud est érigée une chapelle Palatine construite sur deux niveaux, selon le modèle alors populaire de la basilique Saint Vital de Ravenne. Un portique construit en forme de tour dessert deux escaliers qu’empruntent les membres de la cour pour se rendre à l’étage des tribunes où chacun peut s’installer dans l’une des seize alcôves. Au centre, Charlemagne siège face à l’abside au-dessus de laquelle les plus belles mosaïques du siècle représentent le Christ en majesté. Autour de lui, des arcades en plein cintre soutiennent la coupole centrale. Enfin, un déambulatoire de voûtes d’arêtes confirme l’arrondi pris par cet immense polygone de seize côtés.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4317" aria-describedby="caption-attachment-4317" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-4317 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?resize=640%2C481&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="481" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?w=1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?resize=300%2C226&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Aachen_Innenarchitektur_der_Pfalzkapelle.jpg?resize=768%2C578&amp;ssl=1 768w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4317" class="wp-caption-text">Vue centrale de la chapelle palatine</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4318" aria-describedby="caption-attachment-4318" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-4318 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Karlsthron_Cathedral_Aachen_Germany.jpg?resize=640%2C962&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="962" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Karlsthron_Cathedral_Aachen_Germany.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/Karlsthron_Cathedral_Aachen_Germany.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4318" class="wp-caption-text">Trône de Charlemagne</figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4320" aria-describedby="caption-attachment-4320" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4320 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/640px-Aachen_Dehio_1887.jpg?resize=640%2C820&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="820" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/640px-Aachen_Dehio_1887.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/640px-Aachen_Dehio_1887.jpg?resize=234%2C300&amp;ssl=1 234w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4320" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Esquisses des différentes parties de la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle, Georg Dehio et Gustav von Bezold, 1887</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>«&nbsp;Pour qu’ainsi brillât Votre lumière à la face des hommes&nbsp;»</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Comment ne pas s’émerveiller devant la simplicité de cette maxime prônée par le capitulaire <em>Admonitio generalis</em> de 789&nbsp;? Outre l’exposé des grandes directives prises par Charlemagne pour engager les bouleversements de son règne, cette «&nbsp;exhortation générale&nbsp;» se révèle être un recueil d’injonctions concrètes visant à l’union définitive de l’Empire et du christianisme. En ordonnant, entre autres, la christianisation des objets de culte païen, la création d’écoles et de monastères et en consacrant l’usage du chant grégorien, Charlemagne devient l’un des pères des arts qui devaient forger l’Occident pour toujours.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/le-sabordage-de-la-noblesse-lorsque-fadi-el-hage-revient-sur-les-mythes-et-les-realites-dune-decadence/13/07/2020/">«Le Sabordage de la noblesse» : lorsque Fadi El Hage revient sur les mythes et les réalités d’une décadence</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Au IXème siècle, la peinture murale ne relève encore que d’une pâle imitation de l’art byzantin. En Suisse actuelle, dans la région des Grisons, l’église Saint Jean de Müstair abrite encore les plus belles fresques carolingiennes qui illustrent le bouleversement artistique engagé par la renaissance carolingienne. Si le visiteur actuel pourrait n’y voir qu’une succession de couleurs ternes, les peintures qui recouvrent les absides et les murs latéraux, l’église est en réalité couverte de nouvelles teintes d’azur, de pourpre, d’or, de vermeil et d’argent. Outre des représentations christiques monumentales, de grands panneaux content les vies de saint Jean-Baptiste, saint Pierre, saint Paul et saint Etienne en un cycle ininterrompu.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Importée de Byzance, la mosaïque se développe dans le contexte de querelle des images. Durant près d’un siècle, les empereurs iconoclastes d’Orient donnent malgré eux une impulsion nouvelle à cette technique, cette fois-ci en Occident. Le mélange de tesselles de verre, de plomb et d’étain associé aux oxydes colorants fait de cette décoration murale un produit de luxe notamment utilisé en matière de représentation divine. Saint Théodulf, évêque d’Orléans de 798 à 818, assiste au couronnement impérial de Charlemagne et en devient le conseiller théologique. Sa position de prince de l’église lui permet de bâtir en 806 une villa et une chapelle de modèle palatin parmi les plus luxueuses du monde carolingien. C’est d’ailleurs dans cet édifice de Germigny-des-Prés (Loiret) que l’on trouve une célèbre mosaïque représentant l’Arche d’Alliance vénérée par deux anges monumentaux.</span></p>
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<figure id="attachment_4323" aria-describedby="caption-attachment-4323" style="width: 673px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4323 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?resize=640%2C431&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="431" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?w=673&amp;ssl=1 673w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?resize=300%2C202&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/sdfqgrgcgcfsd.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4323" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Vue centrale de l’église Saint Jean de Müstair où l’on remarquera, entre autres, la fresque représentant le Repas d’Hérode Antipas et la Statue de Charlemagne</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4326" aria-describedby="caption-attachment-4326" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4326 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/74852b3c7ece4f8c6f477bfa72ec5337.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/74852b3c7ece4f8c6f477bfa72ec5337.jpg?w=720&amp;ssl=1 720w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/74852b3c7ece4f8c6f477bfa72ec5337.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4326" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Vue de la mosaïque de l’oratoire de Germigny-des-Prés, où l’on remarquera, outre les figures angéliques, les techniques utilisées en matière de rosaces ainsi que le croisement des ailes</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong><em>Karolus</em></strong><strong> ou la signature d’un lettré</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Chacun peut imiter le fameux monogramme de Charlemagne, que l’empereur apprit de la science de son biographe et conseiller Einhard et où l’on trouve de façon très symbolique les initiales du carolingien mais aussi une croix et les quatre points cardinaux. Volontaire dans l’apprentissage des arts et des lettres, Charlemagne est à l’origine de la construction d’une multitude de <em>scriptoria</em>, ateliers d’écriture religieux où l’administration impériale devint si puissante. Ces cabinets sont le lieu de production des plus grandes enluminures du Haut Moyen-Âge, produites par les plus fins lettrés d’Europe, qui inscrivent pour les siècles à venir les versets bibliques en minuscule caroline, la nouvelle écriture.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">La fin du Moyen Âge : une époque d’une rare vitalité créative</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le premier livre enluminé, <em>l’Evangile de Godescalc</em>, réalisé vers 781, montre une importance des modèles latins et byzantins mais aussi des traditions celtes venues d’Irlande. Cette technique, issue de la combinaison de couches de blanc d’œuf battus, de feuilles d’or et de couleurs broyées issues des pierres les plus précieuses forme un parchemin doux et lisse, passé à la pierre ponce et où les couches de teintes sont posées de la plus claire à la plus ombragée. Les miniatures représentant les grands personnages de l’Église alternent avec de véritables planches dessinées à l’encre et à la plume où l’on trouve des tableaux architecturaux et les batailles fondatrices de l’Antiquité chrétienne. Le <em>Psautier d’Utrecht</em>, écrit vers 820 en l’abbaye d’Hautvillers (Marne), en est sans doute l’illustration la plus flagrante dans un monde qui produit également des enluminures d’inspiration hellénistique, aux tons pourpres, telles les enluminures de l’école de Fulda (diocèse de Mayence).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En parallèle de cette production écrite, les ateliers carolingiens deviennent les lieux de domestication des ivoires et des techniques d’orfèvrerie. Les reliures bibliques se composent bien souvent de sculptures minimes d’ivoire entourées d’or, d’émaux et de pierreries. Les héritages mérovingiens en matière d’orfèvrerie font de l’Occident du IXème siècle le centre de la production des reliquaires, calices et bijoux qui adoreront le Christ durant des siècles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4329" aria-describedby="caption-attachment-4329" style="width: 220px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4329" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/220px-Utrecht_psalter_salterio_di_utrecht_utrecht_Bibliothek_der_Rijksuniversiteit_Ms.32_f.30_r._820-830_circa.jpg?resize=220%2C123&#038;ssl=1" alt="" width="220" height="123"><figcaption id="caption-attachment-4329" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Planche du Psautier d’Utrecht, 820-830, sans doute le manuscrit le plus précieux des Pays-Bas et l’une des plus importantes sources carolingiennes qui nous soit parvenue.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4330" aria-describedby="caption-attachment-4330" style="width: 220px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-4330 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/unnamed.jpg?resize=220%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="220" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/unnamed.jpg?w=220&amp;ssl=1 220w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/unnamed.jpg?resize=212%2C300&amp;ssl=1 212w" sizes="auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px" /><figcaption id="caption-attachment-4330" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Saint Luc, miniature de l’école d’Ada, vers 800, 36,6 x 24,5 cm, Bibliothèque nationale de Trèves</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Synthèse du premier millénaire, exemple pour le troisième&nbsp;? </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">S’intéresser à l’art carolingien pourrait aujourd’hui relever du fantasme. Après Charlemagne, l’unité créée lors de son règne est défaite, l’empire est disloqué en autant de royaumes que de provinces et seigneuries : le temps de la féodalité se profile. Pourtant, les impulsions guerrières carolingiennes ont fait des Francs un peuple grand, guerrier et cultivé, rude et fin, craint et respecté. Charlemagne mourut le 28 janvier 814 et fut enterré dans sa chapelle palatine sous l’épitaphe de « grand et orthodoxe empereur », associant ainsi son nom à un titre qui fera rêver nombre de ses successeurs. L’unification des Gaules méridionales et septentrionales forgea la France que nous connaissons : les pierres, les peintures et les écrits que jamais le temps n’usera sont aujourd’hui les témoins d’une véritable renaissance qui laissera bientôt sa place à l’art roman et à sa splendeur si particulière. A l’heure où la performance prédomine en matière artistique, où le <em>Comédien</em> (entendre <em>Banane scotchée sur un mur</em>) de l’artiste italien Maurizio Cattelan s’envole pour 108&nbsp;000 euros, ou encore lorsque l’on constate que cet artiste est réputé pour son <em>America</em>, véritables chiottes d’or 18 carats, on ne peut qu’appeler au secours les générations d’artisans qui firent la France du IXème siècle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Sans jamais nous lasser d’étudier ceux qui firent la France, méditons enfin les mots du diacre Alcuin (735-804) : « <em>Heureux, le peuple exalté par un chef et soutenu par un prédicateur de foi dont la main droite brandit le glaive des triomphes et dont la bouche fait retentir la trompette de la vérité catholique.</em> » Préférons l’éternel à l’instant.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-renaissance-carolingienne-entre-synthese-de-lantiquite-et-renouveau-medieval/06/12/2020/">La Renaissance carolingienne : entre synthèse de l’Antiquité et renouveau médiéval</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>«La fin du Moyen Âge» : une époque d’une rare vitalité créative</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2020 16:17:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Joël Blanchard]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[Université du Mans]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 01/10/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">«La fin du Moyen Âge» : une époque d’une rare vitalité créative</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’auteur et professeur émérite </strong><strong>à l’Université du Mans Joël Blanchard, est un spécialiste reconnu des XIV</strong><strong><sup>e</sup></strong><strong> et XV</strong><strong><sup>e</sup></strong><strong> siècles. Avec cette nouvelle étude intitulée <em>La fin du Moyen Age</em>, il revient sur cette période souvent assimilée à tor</strong><strong>t «<em>&nbsp;au déclin et au désenchantement&nbsp;</em>». </strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’image suivante est souvent retenue pour représenter ces deux siècles : «&nbsp;<em>Guerres, épidémies, famines, violences s’abattent sur le royaume de France au fil d’un affrontement qui dura plus d’un siècle et demi, la guerre de Cent Ans. Après plus de trois siècles d’heureuse continuité et de glorieuse légitimité capétienne, crise de succession, révoltes populaires et princières se multiplient sous les premiers Valois, plongeant le royaume de France dans un cycle de désastres et de redressements</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce tableau se montre quelque peu effrayant, mais l’intention de l’auteur n’est pas de «&nbsp;<em>céder à cette image crépusculaire obligée&nbsp;</em>». De même, il n’adhère nullement à l’idée de Michelet qui évoquait en son temps «<em>&nbsp;l’agonie du Moyen </em><em>Âge afin d’illustrer ce passage chaotique vers une renaissance flamboyante</em>&nbsp;». Le but avoué de Blanchard ne se situe pas dans le fait d’accorder des bons ou des mauvais points sur ce temps historique, mais de dire tout simplement ce qu’il fut et ce qu’il ne fut pas. Il écrit à juste titre le propos suivant : «<em>&nbsp;Sans vouloir minorer les tourments et les aspirations d’une société politique ébranlée dans ses croyances et ses pratiques, le présent livre se propose de revenir sur ce Moyen </em><em>Âge tardif si singulier&nbsp;»</em>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/immobilier/la-chartreuse-du-glandier-un-monastere-a-acquerir-aux-encheres-pour-un-projet-decole-catholique/19/09/2020/">La Chartreuse du Glandier : un monastère à acquérir aux enchères pour un projet d’école catholique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En définitive, tout au long de ces trois cents pages riches et réellement intéressantes, Blanchard répond à cette question fondamentale :&nbsp;«&nbsp;<em>Le bilan ne serait-il pas moins négatif, moins marqué par un déclin qui semblait inéluctable aux yeux des historiens des deux derniers siècles ?&nbsp;</em>» Il développe dès le départ une analyse essentielle au sujet de l’Histoire :&nbsp;«&nbsp;<em>On sait la difficulté que présente la périodisation de l’histoire, les débats qu’elle suscite chez les historiens et, surtout pour le Moyen Age, la tendance actuelle à envisager l’existence d’un Moyen </em><em>Âge long du XIII</em><em><sup>e</sup></em><em> au XIV</em><em><sup>e</sup></em><em>&nbsp;siècle</em><em>s, qui correspond à la genèse et au développement de l’Etat moderne. Il commence au XIII</em><em><sup>e</sup></em><em> siècle, peut-être même avant, quand la réforme grégorienne, ce que l’on a coutume d’appeler le second christianisme, refonde l’Occident&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce n’est donc pas un hasard si l’auteur encadre son étude par la grande guerre d’alors. Il précise&nbsp;: «<em>&nbsp;Le choix du cadre plus traditionnel de la guerre de Cent Ans et de la disparition des principautés territoriales a le mérite d’aller à l’essentiel. Il correspond à un moment décisif de l’histoire intellectuelle, celui marqué par le développement des nouvelles formes de production écrite, dans les Cours et dans les chancelleries&nbsp;</em>». De fait, en étudiant cette période, l’erreur serait de ne se consacrer qu’à un seul phénomène. Cette posture intellectuelle aurait pour conséquence d’amener les analyses produites à des fourvoiements majeurs :&nbsp;«&nbsp;<em>S’en tenir à une seule explication empêche de circonscrire exactement le problème que pose le règne des premiers Valois. Car </em>les temps<em>, nous l’avons dit, sont à la crise : crise économique avec ses cycles de pénurie monétaire, </em><em>de thésaurisation pour les uns, d’endettement massif pour les autres ; crise politique et diplomatique avec son cortège de guerres endémiques ; dé</em><em>flation démographique liée aux épidémies&nbsp;</em>». Ainsi, l’auteur énonce que «<em>&nbsp;l’image des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (guerre, famines, peste, bêtes fauves) fréquente dans les récits des chroniques médiévaux, constitue l’arrière-plan, la trame transparente de nos analyses&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span></strong><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/forteresse-de-saint-vidal-un-puy-du-fou-a-lauvergnate/09/05/2020/">Forteresse de Saint-Vidal : un Puy du Fou à l’auvergnate</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, il convient de ne pas avoir en tête que ces seuls aspects, car <em>la Fin du Moyen </em><em>Âge </em>s’avère être une époque «&nbsp;<em>inspirée, savante, bouillonnante d’idées neuves et traversé</em><em>e d’une rare vitalité créative</em>&nbsp;». Les idées circulent, certains réfléchissent à l’organisation d’une nouvelle société &#8211; sans pour autant remettre en cause la notion de royauté comme en 1789 &#8211; pendant que la grande noblesse réclame déjà plus de pouvoir. La bourgeoise grimpe tout doucement l’échelle sociale et aspire à contrôler la monarchie, à l’image d’Etienne Marcel prévôt des marchands de Paris, qui entend faire plier l’autorité royale. La question de la tyrannie semble occuper nombre d’esprits, d’où les envies de limiter les pouvoirs royaux. Il existe également de grandes controverses théologiques, philosophiques et intellectuelles qui animent cette époque. Blanchard les présente, les restitue dans leur contexte et nous comprenons à travers ces différentes joutes que ce furent deux siècles très riches.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Blanchard écrit que «&nbsp;<em>ce livre se présente moins comme une histoire des théories et des idées politiques que comme la tentative de saisir l’heure du danger, l’espace entre le dedans et le dehors. La liberté, la force d’anticipation de la fiction</em><em>, est capable de restituer ces moments rares où alternent espoir et crainte, à l’heure où tout menace de s’effondrer. Il s’agit moins de définir la dimension dogmatique de l’Etat que de lui restituer sa contingence</em>&nbsp;». Nous considérons cette étude comme la réhabilitation de deux siècles méconnus et surtout vilipendés pour de mauvaises raisons :&nbsp;«&nbsp;<em>La critique est aisée, mais l&rsquo;art est difficile</em>… »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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