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	<title>Napoléon Bonaparte - Billet de France</title>
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	<title>Napoléon Bonaparte - Billet de France</title>
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		<title>Jean-Nicolas Corvisart : le médecin personnel de Napoléon Ier</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-nicolas-corvisart-le-medecin-personnel-de-napoleon-ier/24/01/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 15:11:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Nicolas Corvisart]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
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		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/01/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-nicolas-corvisart-le-medecin-personnel-de-napoleon-ier/24/01/2022/">Jean-Nicolas Corvisart : le médecin personnel de Napoléon Ier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Jean-Nicolas Corvisart est un médecin clinicien français. Il est particulièrement célèbre pour avoir été le médecin de Napoléon Ier.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 15 février 1755 dans les Ardennes, Jean-Nicolas Corvisart est issu d’une famille de petite noblesse. Malgré la volonté de son père, procureur au parlement de Paris, Corvisart ne souhaite pas continuer dans le domaine judiciaire mais vers la médecine. Dans ce cadre, il rentre en 1777 à l’école de médecine de Paris. Vexé, son père lui supprime sa pension et le jeune Corvisart, pour continuer à vivre, devient infirmier à l’hôtel-Dieu. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il côtoie les plus grands médecins de son époque et travaille avec eux dans le domaine de l’anatomie. Au cours d’une séance de dissection, il se blesse grièvement la main. En 1782, il est licencié de l’école de médecine mais insiste, repasse tous ses examens et soutient la même année deux thèses, dont une sur <em>L&rsquo;Agrément de l&rsquo;étude de la médecine et les désagréments de sa pratique</em>. Il devient docteur régent de la faculté de Paris, au plus grand plaisir de son père.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/napoleon-iii-lhistorien-thierry-lentz-celebre-la-modernite-inachevee-dun-illustre/15/02/2023/">Napoléon III : l’historien Thierry Lentz célèbre la modernité inachevée d’un Illustre</a></span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malheureusement, son caractère rebelle (il refuse de porter la traditionnelle perruque) lui ferme les portes d’hôpitaux prestigieux. Il rejoint l’hôpital des indigents du quartier Saint-Sulpice de Paris et se lie d’amitié avec des médecins modernistes, exclus eux-aussi des facultés traditionnelles. Cette période de 5 ans va le conforter dans ses idées. A l’hôpital de la Charité, il introduit de nouvelles réformes et se voit nommer professeur de pathologie puis de psychologie. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Lors de la Révolution, la fermeture des Facultés, académies et sociétés savantes entraînent la hausse des charlatans en médecine puisqu’aucun diplôme n’est plus requis pour exercer. Pour faire face à ce marasme, les Révolutionnaires créent à nouveau les écoles de Santé et Corvisart obtient la chaire de clinique interne dans la nouvelle école de médecine en 1794 puis celle de médecine pratique au Collège de France en 1797. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Médecin de l’Empereur</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans son hôpital, il réorganise son service et se rapproche des malades, se penche sur leur anatomie afin de mieux les diagnostiquer. Grâce à la cardiologie, ses diagnostics sont plus précis. Ses résultats lui assurent une grande renommée. C’est dans ce cadre qu’il rencontre celui qui n’est encore que Consul en juillet 1801 et gagne peu à peu sa confiance via sa femme Joséphine de Beauharnais. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il prescrit à l’empereur, atteint de troubles digestifs, un régime alimentaire strict en 1801. En 1804, il devient son médecin personnel et le nomme officiellement Médecin du gouvernement. Son statut amène Corvisart à suivre l’empereur durant plusieurs campagnes comme en Italie en 1805 et en Autriche en 1809.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/napoleon-le-crepuscule-de-lempereur/06/05/2021/">Napoléon : le crépuscule de l’Empereur</a></span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En reconnaissance de ses services, Napoléon Ier lui décerne la Légion d’honneur nouvellement créée et le nomme baron de l’Empire à partir de 1808. En 1811, il est élu à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine. Suite à la première abdication de 1814, Corvisart se réfugie à la campagne mais suit Marie-Louise, la seconde femme de Napoléon qui le remercia pour sa fidélité en le renommant à son poste lors des Cents-jours. Il est atteint d’hémiplégie en 1816, sa santé se fragilise et Jean-Nicolas Corvisart décède le 18 septembre 1821 à Courbevoie.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>5 juillet 1809 : victoire de Wagram</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/5-juillet-1809-victoire-de-wagram/05/07/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Wayana Torres]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jul 2021 17:48:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[Bataille]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Wagram]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 05/07/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/5-juillet-1809-victoire-de-wagram/05/07/2021/">5 juillet 1809 : victoire de Wagram</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b style="color: #000000;">Le 5 et 6 juillet 1809 s’est déroulée la bataille de Wagram. Remportée par les armées </b><span style="color: #000000;"><b>françaises</b></span><b style="color: #000000;">, cette bataille est particulièrement coûteuse en vies humaines.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En avril 1809, une partie de l’armée impériale est bloquée en Espagne à cause de la guerre civile qui fait rage dans le pays. L’Autriche saisit cette opportunité pour s’emparer de la Bavière et de l’Italie du Nord. Napoléon se lance ainsi dans une nouvelle guerre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les prémices</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le 22 mai 1809, la Grande armée recule pour la première fois lors de la bataille d’Essling, c’est la première défaite de Napoléon. Véritable désastre, cette bataille coûte la vie à 7 000 soldats français et la perte d’un des maréchaux les plus importants, le maréchal Jean Lannes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les Français se voient contraints de se replier sur l’île du Lobau au milieu du Danube, et sont alors assiégés par les Autrichiens pendant plusieurs semaines. Le 3 juillet, après presque un mois sur l’île, les Français parviennent à s’extirper grâce au travail acharné des ingénieurs du Génie. La Grande armée réussie à traverser sur la rive gauche de l’île. Les Autrichiens avec à leurs tête l’archiduc Charles, surpris, reculent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La bataille</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le 5 juillet, les deux armés se font face. Napoléon a la supériorité numérique (165 000 hommes) mais l’archiduc Charles (137 000 hommes) attend des renforts de son frère Jean d’Autriche. L’Empereur n’a donc pas d’autre choix que de faire au plus vite.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les Autrichiens se préparent à l’assaut et se mettent en position défensive, sur le plateau de Wagram à l’abri derrière un fleuve, le Russbach. À l’aube du 6 juillet vers 4h du matin, l’armée impériale parvient à traverser le fleuve et découvre un champ de bataille immense et plat, étendu sur plusieurs kilomètres. Les ordres sont difficiles à transmettre pour les deux camps.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">À 10h, sur l’aile droite le maréchal de fer, Louis-Nicolas Davout parvient à repousser les offensives autrichiennes. Sur l’aile gauche, le maréchal Masséna, blessé, supervise ses troupes depuis une calèche. Il arrive à faire plier une partie des Autrichiens grâce au sacrifice de nombreux de ses hommes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De son coté, Napoléon fait installer une batterie de canons sur 1400 mètres de long et pilonne les troupes ennemis. Vers 15h, le général MacDonald parvient à forcer en son centre le front autrichien. La France est victorieuse, l’archiduc Charles et l’armée autrichienne se replient, mais les pertes sont lourdes. 30 000 hommes côté français et près de 40 000 hommes côté autrichien perdent la vie, sont blessés ou sont disparus.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cinq jours plus tard, Napoléon vaincra une nouvelle fois à Znaïm l’avant-garde autrichienne, et l’archiduc Charles proposa un armistice, que Napoléon acceptera. La paix est une nouvelle fois rétablie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>14 juin 1800 : la contre-attaque française de Marengo</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/14-juin-1800-la-contre-attaque-francaise-de-marengo/14/06/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Wayana Torres]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jun 2021 21:33:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[14 juin 1800]]></category>
		<category><![CDATA[Marengo]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/06/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/14-juin-1800-la-contre-attaque-francaise-de-marengo/14/06/2021/">14 juin 1800 : la contre-attaque française de Marengo</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 14 juin 1800, Napoléon Bonaparte remporte la bataille de Marengo. Presque perdue, la bataille prend un tournant décisif lors de l’arrivée du général Desaix sur le champ de bataille.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Peu de temps avant le coup d’Etat de Brumaire, la situation extérieure de la France s’était améliorée. Les armées françaises avaient repris l’offensive et remporté d’importantes batailles comme celle de Zurich par le général Masséna. Contrairement à la Russie, l’Angleterre et l’Autriche restent décidées à lutter contre la révolution, malgré les offres de paix de Paris envers Vienne.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bonaparte lève une armée pour attaquer les Autrichiens en Italie avec au total 31 000 hommes, 6 000 chevaux et 40 canons. Devenu Premier Consul, il souhaite au travers de cette bataille prouver sa légitimité et sa supériorité envers les autres puissances européennes. C’est la deuxième campagne d’Italie. Il passe par le col du Grand-Saint-Bernard, encore enneigé à cette époque de l’année, créant un effet de surprise sur les troupes ennemies. Cet épisode est illustré par le célèbre tableau de l’artiste Jacques-Louis David : Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard. Très étirées, les troupes françaises ne sont composées que de 22 000 hommes et 15 canons au début de la bataille pour 30 000 Impériaux et 100 canons.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La bataille</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le 9 juin a lieu la bataille de Montebello. Le général Lannes arrête une partie de l’armée impériale d’Autriche qui se replie. Mais quelques jours plus tard les deux armées se rencontrent à nouveau, près de la forteresse d’Alexandrie, à Marengo dans le piémont italien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 14 juin à 8h la bataille éclate. Les Autrichiens attaquent sur les flancs et l’armée de Bonaparte se retrouve rapidement débordée. Malgré la situation, le général Lannes parvient à repousser l’ennemie sur les flancs. Les Autrichiens sont toujours plus nombreux et repoussent les Français jusqu’à la garde consulaire, garde personnelle de Napoléon qui est envoyée combattre pour combler le manque d’hommes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La contre-attaque française</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les Français sont en très mauvaise posture et se replient face au feu de l’artillerie ennemie depuis maintenant plusieurs heures. Les troupes du général Desaix appelées par Bonaparte en renfort ne sont toujours pas là. À environ 13h, le général Mélas se retire afin d’officialiser sa victoire auprès de Vienne. Alors que tout semblait perdu pour la France, Desaix surgit sur le champ de bataille avec 9 000 hommes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’assaut est lancé. Avec sa division, Desaix se jette face à l’ennemie. Il est tué d’une balle en plein torse. Ses troupes parviennent à briser la première ligne autrichienne et anéantissent tout sur leurs passages. Ils parviennent à capturer le général Zach alors en charge de l’armée suite à la retraite du général Mélas ainsi que 2 000 de ses hommes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette victoire a permis, quelques mois plus tard, d’obtenir la paix de Lunéville laquelle mit fin à la guerre avec l’Autriche.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Rambuteau : le préfet bâtisseur oublié de Paris</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/rambuteau-le-prefet-batisseur-oublie-de-paris/31/05/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 May 2021 20:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Louis-Philippe Ier]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Préfet de la Seine]]></category>
		<category><![CDATA[Rambuteau]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5697</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/05/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/rambuteau-le-prefet-batisseur-oublie-de-paris/31/05/2021/">Rambuteau : le préfet bâtisseur oublié de Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le préfet Rambuteau est une personnalité politique de la première moitié du XIXe siècle. En tant que préfet de la Seine sous Louis-Philippe Ier, il modernise en profondeur Paris.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Qui imaginerait Paris sans ses Champs-Elysées ? Pourtant, l’homme à l’initiative de la percée de la « plus belle avenue du monde » est bien moins connu : le comte de Rambuteau, préfet de la Seine.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 9 novembre 1781, Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau est issu d’une famille de militaires du sud de la France. Il grandit au château de Champgrenon (Saône-et-Loire).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Premier Empire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Rambuteau commence sa carrière en tant que haut-fonctionnaire sous le Premier Empire. D’abord tenté par la prestigieuse école polytechnique toute fraîchement crée, il y renonce suite au décès de sa mère. Il est nommé chambellan de Napoléon Ier en 1809 puis Comte d’Empire l’année suivante. En 1811, il remplit une mission en Westphalie et devient préfet du département Simplon en 1813. Dans le cadre de ses missions, il prend en charge la retraite de l’armée d’Italie. L’année suivante, il est préfet de la Loire. Il est maintenu à son poste lors de la Première Restauration.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lors du retour de l’Empereur en 1815, les Cent-Jours, il est préfet à Montauban. Destitué de sa charge lors de la Restauration, il retourne sur ses terres et fait reconstruire son château de Rambuteau. Après 12 ans sans charge administrative, il est élu député de Saône-et-Loire en 1827 et réélu en 1830. Ses idées plutôt libérales le font pencher pour une monarchie moins conservatrice. Il participe ainsi à l’instauration de la monarchie de Juillet en France.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Préfet de la Seine</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1831, il est de nouveau élu député. Le nouveau monarque Louis-Philippe Ier le nomme deux ans plus tard, en 1833, préfet de la Seine. Durant ses 12 années à la tête de la préfecture, le Comte de Rambuteau mène une politique de transformation de Paris. L’épidémie de choléra dans la capitale l’année précédant sa nomination a été une véritable prise de conscience pour mettre en place une politique hygiéniste. Les rues étroites et insalubres sont nettoyées et la percée de nouvelles artères plus larges est entamée. Remaniement des égouts, plantation d’arbres, généralisation de l’éclairage au gaz, développement du service des eaux et amélioration du service hospitalier parisien font partie des nombreux projets que Rambuteau met en place.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’autres projets voient également le jour. L’Arc de Triomphe et l’église de la Madeleine sont achevés tandis que d’autres églises comme la Sainte-Chapelle et Saint-Germain-l’Auxerrois sont restaurées. Rambuteau organise également la percée de la célèbre avenue des Champs Élysées. Les travaux qu’il mena, sans augmenter les impôts, sont aujourd&rsquo;hui parmi les lieux les plus populaires de Paris.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Révoqué en 1848, il se retire sur les terres de son domaine, pour lequel il travaille avec énergie afin d&rsquo;en remettre sur pied les comptes, déficitaires. Le Comte de Rambuteau décède le 11 avril 1869 à Charnay-Lès-Mâcon. Il est souvent considéré comme étant le Haussmann du gouvernement du roi Louis-Philippe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Corps préfectoral : une création de Napoléon bientôt supprimée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hugues de Courrèges]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 15:20:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Alphonse Daudet]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Préfecture]]></category>
		<category><![CDATA[Préfet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 12/05/2021</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Membres à part entière du corps préfectoral, les Sous-préfets ont été créés par la même loi que celle ayant institué les Préfets et les secrétaires généraux. Le portrait dessiné par Alphonse Daudet dans sa <a href="https://www.grinalbert.fr/images/telechargements/bibliotheque/daudeta/Sous-prefet_aux_champs.pdf">courte nouvelle le Sous-Préfet aux champs</a> est, comme on peut l’imaginer, loin de l’image que nous avons du corps préfectoral. Derrière les dorures des Préfectures, nous voyons ces agents de l’État d’un œil interrogateur, respectueux, mais parfois méfiant.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les préfets sont, dans une certaine mesure, les héritiers des intendants de l’Ancien Régime. Ces derniers avaient un rôle initial de contrôle et leur charge était temporaire. L’exercice de leurs prérogatives s’étendait sur une circonscription territoriale appelée « généralité ». A partir du XVIIe siècle, ces envoyés du Roi occupèrent un poste fixe davantage tourné vers l’administration. Ils étaient des outils de la centralisation monarchique, hommes du Roi dans la généralité mais aussi défenseurs des provinces auprès de ce dernier. Outre leur fonction d’administrateur, ils encourageaient les nouvelles techniques agricoles, les travaux publics, les nouvelles industries etc. Leur dénomination officielle était alors « intendants de justice, de police et finances ». La Révolution entraîna cependant la disparition des généralités et substitua aux anciens découpages territoriaux un nouveau maillage territorial uniforme, les départements.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Bonaparte […] reprend un schéma d&rsquo;administration territoriale qui préexistait à la révolution et qui correspond tout à fait à la construction historique, progressive et différente selon les provinces, de notre pays. Pour créer et maintenir une unité tout en considérant les particularités territoriales, le pouvoir central n&rsquo;a de meilleure organisation que de désigner un représentant, qui établit une sorte de cohérence entre le tout et la partie dont il a la charge. La révolution avait pensé à des fonctionnaires élus dans les assemblées locales. Le désordre qui en résulta aboutit à un mouvement inverse où le pouvoir central nommait tous ceux qui exerçaient des charges publiques, à commencer par les préfets qui proposaient ensuite les maires, les conseillers municipaux… C&rsquo;est le système administratif instauré par Bonaparte, ancien proche des Jacobins, très inspiré par ailleurs de ses conceptions militaires et des théories scientifiques de l&rsquo;époque. Faut-il rappeler que Bonaparte a été élu à l&rsquo;académie des sciences !</em> » explique M. Bernard*, haut-fonctionnaire du corps préfectoral.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1800, l’État est affaibli et la nécessité de recréer un corps pérenne d’agents représentant le pouvoir central se fait sentir. Bonaparte, alors premier consul, institue le corps préfectoral par la loi du 28 pluviôse an VIII dont l’article 2 dispose : « Il y aura dans chaque département un Préfet, un Conseil de préfecture et un Conseil général de département ». Doté d’une autonomie certaine dans son action, le Préfet « sera chargé seul de l’administration » et, afin de leur venir en aide, leur seront associés un Secrétaire général ayant « la garde des papiers » et s’occupant de la signature des expéditions, et un Sous-préfet par arrondissement. Les Préfets sont voulus par Bonaparte comme des outils de la centralisation, tout comme les intendants d’Ancien Régime l’ont été pour la Monarchie. En ce début de siècle, les priorités étaient au bon recouvrement de l’impôt, à l’application des directives venant de Paris et au ravitaillement des troupes en campagne. En un mot, le retour à l’ordre, à la stabilité et à la paix civile. « Militaire, Bonaparte recherche la rapidité et l&rsquo;efficacité et conçoit son administration pour manœuvrer. Il commande, transmet des ordres, qui sont exécutés. Le ministre ne connaît que le préfet et le préfet ne connaît que le ministre, comme il en était fait état dans les instructions. Ces courroies de transmission de l&rsquo;État correspondaient aussi aux recherches savantes sur l&rsquo;électricité, ce fluide qui circule vite et de façon directe. La rationalité de ce temps devait ainsi produire des institutions frappées d&rsquo;un esprit scientifique. » continue le fonctionnaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les premiers Préfets sont nommés par Bonaparte, seul, mais à partir d’une liste dressée par son frère Lucien, alors ministre de l’intérieur, et de son secrétaire général, Beugnot.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« La Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée ; elle est finie »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Au sortir de la Révolution, il est légitime de se demander si ces hauts fonctionnaires nommés par un homme seul ne l’ont pas été pour des raisons purement politiques. Fallait-il nommer des hommes qui seraient fidèles à un homme, Bonaparte, plus qu’à un régime ? Devaient-ils poursuivre le processus révolutionnaire ? Dans une lettre du 26 avril 1800, Lucien Bonaparte dira aux Préfets qu’ils sont « <em>appelés à seconder le gouvernement dans le noble dessein de restituer à la France son antique splendeur, d’y ranimer ce qu’elle a produit de grand et de généreux, et d’asseoir enfin ce magnifique édifice sur les bases inébranlables de la liberté et de l’égalité</em> ». Puis il tint ces quelques mots, rappelant que la haute fonction de Préfet ne saurait être exercée sans fidélité à l’État : « <em>Dans vos actes publics, et jusque dans votre conduite privée, soyez toujours le premier magistrat du département, jamais l’homme de la Révolution</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les préfets ont tantôt la figure de la loi qui contraint, et leur image peut déplaire, tantôt celle de l&rsquo;État qui protège, en première ligne des gestions de crises notamment.</em> » commente M. Bernard. « <em>Ils sont alors bien plus appréciés, bien que les préfets ne soient pas nommés pour être populaires ou pour songer à leur image, mais pour agir au service de l’État, dans le respect de la constitution et pour l&rsquo;intérêt général, notion très prégnante dans le corps préfectoral.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Des « empereurs au petit pied »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans l’esprit de Bonaparte, les Préfets sont des hommes de pouvoir, des « empereurs au petit pied » est-il écrit dans le Mémorial de Sainte-Hélène. L’importance de ces hommes est assise par leur préséance dans les cérémonies officielles. Ce sont notamment eux qui ont la charge d’accueillir l’empereur dans le cas d’une visite dans le département.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A la Restauration, l’administration départementale instituée par Bonaparte n’est pas remise en cause. Le rôle des Préfets en matière économique et sociale est cependant accru dans les années 1830, au cours de la Monarchie de juillet. Ils ont été au cœur des développements économiques, sociaux et sociétaux de leur temps. Le Préfet de la Seine, le comte de Rambuteau, par exemple, est à l’origine des premiers grands travaux de modernisation et d’amélioration de la salubrité de la capitale. Dans une lettre adressée à Louis-Philippe il dira « <em>Dans la mission que Votre Majesté m&rsquo;a confiée, je n&rsquo;oublierai jamais que mon premier devoir est de donner aux Parisiens de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air et de l&rsquo;ombre</em> ». Ces grands travaux d’aménagement ont préfiguré ceux du Baron Haussmann, au cours du Second Empire. Les Préfets eurent également à jouer un rôle essentiel dans le développement du chemin de fer, innovation correspondant pleinement à leurs attributions en matière de développement économique et industriel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malgré la multiplicité des régimes, des gouvernements et des aléas de l’Histoire des XIXe et XXe siècles, le corps préfectoral est une institution qui reste stable. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, durant l’occupation allemande, nombreux sont les Préfets à avoir fait preuve d’héroïsme. Si Jean Moulin, Préfet d’Eure-et-Loir, est le plus connu d’entre tous pour le rôle qu’il eût dans la résistance, ce sont 39 Préfets et Sous-préfets qui sont morts pour la France, fusillés, déportés ou morts au combat.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un rôle retrouvé par la crise du Covid-19, dans la réglementation…</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, le Préfet « est le représentant de tous les membres du gouvernement, et reçoit toutes leurs instructions. Il rend des comptes sur l&rsquo;action des services dont il a la responsabilité. Sa parole publique est vouée à défendre et expliquer l&rsquo;action du gouvernement, puisque la constitution qui le cite en son article 72 dispose aussi que l&rsquo;administration est à la disposition du gouvernement élu. » En outre, ils ont la charge de mettre en œuvre les politiques gouvernementales et de garantir l’ordre public et la sécurité des populations. Cette formule, simple d’apparence, cache une réalité délicate à exprimer et que tous les Français ont courageusement subi : les restrictions sanitaires. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>La mise en œuvre de la loi d&rsquo;urgence sanitaire et l&rsquo;application des mesures exceptionnelles (couvre-feu, interdiction de déplacements…) ont été naturellement confiées aux représentants de l’État chargés du respect de l&rsquo;ordre public. Ce « droit covid », né de la crise sanitaire et qui disparaîtra avec elle est d&rsquo;une grande complexité et donne lieu à toutes les interrogations</em> » témoigne M. Bernard. « <em>La communication est donc nécessaire, au grand public comme aux filières (hôtellerie restauration ou professionnels du spectacle par exemple). Avec les forces de l&rsquo;ordre, les préfets ont interdit des rassemblements, mis un terme à des événements de nature à générer des foyers épidémiques, fait sanctionner les entorses aux règles de protection sanitaire. Dans tous les cas, leur seul repère était l&rsquo;intérêt collectif, pour que des excès commis par quelques-uns ne nuisent pas au plus grand nombre. Ce rôle est celui de la répression des actes et comportements illégaux. Très récemment, les Préfets et les agents des préfectures ont été confrontés, et le sont encore, à une crise sanitaire imprévue et ayant mis à rude épreuve notre système de santé. Cette crise a illustré le rôle plein et entier des préfets. Peu à peu, ils ont été appelés à prendre en charge la collecte puis la distribution des équipements de protection, et désormais des vaccins, pour apporter à l&rsquo;État leur savoir-faire, celui du ministère de l&rsquo;Intérieur, qui est la gestion de crise</em> » développe le haut-fonctionnaire. « <em>La stratégie d&rsquo;ensemble reposait sur le ministère de la santé et les agences régionales de santé, lesquelles ont été vite dépassées, rendant aux préfets leur rôle premier, à la demande même des élus territoriaux, celui de chef de file de l&rsquo;action de l&rsquo;État au plan local.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Et dans la sauvegarde de l’économie</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Si nous voyons principalement les restrictions endurées, les Préfets ont renoué avec une fonction inhérente à leur position : celle d’encourager, de soutenir et de préserver les acteurs économiques et industriels de leur territoire. « <em>Les préfets et les services de l&rsquo;État se sont occupés du maintien de l&rsquo;activité économique et industrielle ou des services publics, essentiels pour fournir les biens de première nécessité (aliments, produits d&rsquo;équipement, travaux publics) ou des prestations indispensables (retrait des ordures ménagères). En lien avec les chefs d&rsquo;entreprise et les responsables publics, les maires notamment, car les préfets ne font rien seuls et leur premier savoir-faire est le travail en réseau, les conditions de la continuité de production ou de service ont été examinées, définies, consolidées pour apporter aux citoyens confinés les moyens de la subsistance. Ce travail est largement passé inaperçu, quand bien même il n&rsquo;aurait échappé à personne qu&rsquo;il était nécessaire s&rsquo;il n&rsquo;avait été effectué avec diligence.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Dans le même ordre d&rsquo;idée, les préfets ont assuré le déploiement des mesures de soutien aux entreprises à l&rsquo;arrêt avec deux mots d&rsquo;ordre : limiter la casse économique et préserver les emplois. Ils sont activement engagés en ce moment dans la relance de l&rsquo;économie, qui nécessite de pouvoir relier des entreprises ayant des projets (c&rsquo;est la préparation de l&rsquo;avenir) aux aides du plan de relance, de sorte que l&rsquo;argent public soit employé utilement. Ils ne sont pas seuls, là encore, et s&rsquo;appuient sur des analyses expertes. […] Leur contact de terrain avec les entrepreneurs a pour mérite de jauger, dans la réalité, les capacités d&rsquo;une entreprise à se développer, créer et offrir à notre pays les ressources industrielles dont il a besoin.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ces moments de crises sanitaires, économiques, sociales, sociétales, il sera toujours bon de rappeler qu’au fond, même si nous sommes éprouvés par les évènements : « <em>ce qui est en jeu est le contrat social, toujours renouvelé, et la vertu que l&rsquo;on accorde collectivement aux lois librement consenties, car votées par les représentants de la nation. Les préfets n&rsquo;ont de pouvoirs que dans la limite de la loi et pour son application</em>. » explique M. Bernard.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le fin mot de l’Histoire…</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">N’allons pas croire que de l’idée originelle de Bonaparte il ne reste rien. Cette idée de rapidité dans la transmission des ordres, gage de l’efficacité de l’action du gouvernement, est toujours présente.</span><br />
<span style="color: #000000;">« <em>Ces traits se retrouvent toujours dans la fonction préfectorale et dans [l’esprit] de l&rsquo;État, entre ses administrations centrales et son administration territoriale. […] Le préfet d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a pas l&rsquo;autonomie des intendants du roi, et ne peut se détacher d&rsquo;un lien étroit avec les ministères. En ce sens, l&#8217;empreinte de Bonaparte se fait toujours sentir. Pour autant, le mouvement de déconcentration qui accompagne celui de décentralisation est une attente forte des élus locaux comme des préfets qui désirent sans trop l&rsquo;avouer plus de degrés de liberté dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions et moins de contraintes imposées par un excès d&rsquo;instructions en tout genre et une gestion administrative encore largement exercée par les entités centrales.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Ce désir intime et pudiquement renvoyé au secret des consciences (preuve que Bonaparte n&rsquo;est pas si loin) semble partagé par les gouvernements successifs. Mais les évolutions sont lentes, comme si les plus bonapartistes n&rsquo;étaient pas les préfets eux-mêmes mais ceux qui trouvent somme toute confortable de disposer des services qu&rsquo;ils peuvent rendre, de leur permanence dans les missions qui leur sont données et de leur loyauté.</em> » conclu le fonctionnaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien que la figure de Bonaparte suscite de nombreuses controverses, il y a une chose que nous ne pouvons pas remettre en cause : plus de deux siècles après sa création, le corps préfectoral reste sans aucun doute l’un des plus importants legs de l’Empereur dans le domaine de l’administration territoriale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">* L’identité a été changée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>10 mai 1806 : Napoléon crée l’Université impériale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Wayana Torres]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 May 2021 17:08:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[10 mai 1806]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Université impériale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/05/2021</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 10 mai 1806, l’empereur Napoléon Ier crée l’Université impériale. Les caractéristiques de celles-ci sont encore aujourd’hui très similaires.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Après la Révolution, Napoléon, en sa qualité de premier consul, souhaite accorder une grande importance à l’éducation. « <em>L’éducation publique appartient à l&rsquo;État</em> » indiquera une circulaire de l’époque.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un décret de la Convention daté du 15 septembre 1793 a supprimé les universités en France, au profit de grandes écoles spécialisées comme le conservatoire des arts et métiers ou l&rsquo;école des Beaux-Arts. Après son sacre de 1804, le nouvel empereur est déterminé à effectuer une restructuration complète du système éducatif français, particulièrement l&rsquo;enseignement primaire, endommagé lors de la Révolution. Il favorise aussi la création d&rsquo;écoles secondaires et de collèges.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Le 10 mai 1806</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le 6 mai 1806, le projet de loi est proposé et le premier article précise : « <em>Il sera formé, sous le nom d&rsquo;Université impériale un corps chargé exclusivement de l&rsquo;enseignement et de l&rsquo;éducation publics dans tout l&rsquo;Empire.</em> » Le projet est adopté à la majorité le 10 mai 1806 créant ainsi, par décret, l’Université impériale.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malheureusement, il faut attendre le 17 mars 1808 pour que les décrets d’application, plus complets, soient officialisés. Il est prévu qu’un grand-maître soit nommé à la tête de cette université. Le premier sera l’écrivain Louis de Fontanes. L&rsquo;Université assure tous les niveaux d&rsquo;enseignement. Personne ne peut enseigner sans l&rsquo;autorisation du grand-maître, et à condition de faire partie de l&rsquo;Université.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une restructuration complète</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le texte restructure complètement le nouveau système éducatif. Six ordres d’écoles sont institués : les facultés, les lycées, les collèges, les institutions, les pensionnats et enfin les petites écoles à savoir les écoles primaires. Le décret prévoit également un conseil de l&rsquo;Université, composé de trente membres cadres de l’Université répartis en cinq sections. </span><span style="color: #000000;">L’Université jouit d&rsquo;une autonomie plus importante que les autres écoles, tout en restant étroitement liée à l&rsquo;Empereur. Disposant de son propre budget, l’Université est considérée du point de vue de la loi comme une personnalité morale.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De nos jours, le système éducatif a très peu changé depuis la grande réforme de l’éducation de Napoléon Ier. La loi de 1905 a supprimé les divers enseignements théologiques obligatoires dans les différentes écoles et celles-ci ont été quelque peu restructurées. </span><span style="color: #000000;">Néanmoins, les universités telles que nous les connaissons aujourd’hui conservent l’ossature du système créé par l’Empereur il y a deux siècles.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Napoléon : le crépuscule de l’Empereur</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/napoleon-le-crepuscule-de-lempereur/06/05/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Varangot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 May 2021 16:22:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Bicentenaire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Longwood]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Northumberland]]></category>
		<category><![CDATA[Sainte-Hélène]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5521</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/05/2021</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 5 mai 1821, Napoléon rendait son dernier souffle après une lente et douloureuse agonie. Parti de France sur le navire anglais le Bellérophon dans l’espoir de trouver asile sur cette terre d’Angleterre qui n’avait jamais cessé de lui faire la guerre, c’est comme prisonnier que ses ennemis l’envoient au milieu de l’océan Atlantique. Sur l’île de Sainte-Hélène, loin d’une Europe désormais apaisée, s’éteignait ainsi l’homme qui fit trembler le continent. Retour sur les derniers instants de l’Empereur.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Napoléon et ses compagnons d’exil, après un long et âpre voyage de 71 jours sur le Northumberland, posèrent le pied sur Sainte-Hélène le 17 octobre 1815. Commence alors plusieurs années d’exil et une vie réduite à s’occuper le corps et l’esprit pour tromper l’ennui. Napoléon s’installe d’abord pour un court séjour dans le domaine des Briars, dont ses hôtes, la famille Balcombe, lui firent bon accueil. Napoléon en gardera un souvenir particulièrement heureux. Les taquineries et la gaité de l’une des filles Balcombe, la petite Betzy, donnèrent à l’Empereur un peu de distractions malgré les conflits qui l’opposent aux autorités anglaises, notamment sur la question de la maison qui lui est octroyée, Longwood. Demeure sans prétention, située sur un plateau balayé par les vents, éloignée de toute population et facile à surveiller, Napoléon en fait son dernier royaume.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il ne perdit pas l’exigence et la discipline qui le caractérisait et fit de sa petite compagnie une véritable Cour avec ses codes et son étiquette. D’ailleurs, son titre d’Empereur, que ne lui reconnaissaient pas les Anglais, fut son ultime point d’honneur auquel il ne transigera pas jusqu’à la fin. Les journées se ressemblent, entre promenades à cheval, parfois les rares visites de voyageurs, venant souvent par curiosité, ou bien les partis de jeux d’échec le soir après le dîner. Mais Napoléon doit aussi supporter les restrictions venant de ses geôliers, d’abord de l’amiral Cockburn qui tenta en vain, de garder une relation apaisée avec son illustre prisonnier, puis à partir de 1816, sir Hudson Lowe, plus intransigeant et dont Napoléon en fera son ultime adversaire. Les seuls instants dont il tira profit furent la rédaction de ses mémoires qui serviront à bâtir sa légende.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le déclin</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Napoléon, dès son départ vers Sainte-Hélène, donne des signes de faiblesses. Sa santé se dégrade au milieu de l’année 1816 où commence à poindre une douleur au flanc droit lui infligeant des évanouissements, et offre un spectacle désolant pour ses compagnons. La situation à Longwood a eu un impact dans cette dégradation. En effet, l’ennui s’installe chez cet homme, désormais animé seulement par ses souvenirs et doit subir les conflits incessants entre ses compagnons d’infortune, sur fond de jalousies et de fierté mal placée. Cela entraine le départ du général Gourgaud, et du discret et fidèle Las Cases, qu’appréciait particulièrement Napoléon, expulsé le 31 décembre 1816 pour tentative d’envoi de correspondances clandestines. Les observations du docteur O’Meara relevèrent une hépatite et les compagnons persuadèrent en vain le gouverneur Lowe de le rapatrier en Europe pour y être soigné, ce qu’il refusa, diagnostiquant quant à lui la comédie, et ne tarda pas à expulser le médecin de l’île. Mal lui en pris, car Napoléon, refusant toute aide de médecins anglais, laissa sa santé se dégrader. A partir de l’été 1820, Napoléon s’enferme de plus en plus chez lui et finit par s’aliter de longues heures durant en raison des douleurs affreuses à l’estomac. Sa situation ne laisse plus d’espoirs et c’est vers la mort que Napoléon se prépare.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les derniers jours du condamné</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Arrivé en 1819, le docteur Francesco Antommarchi, assisté du médecin anglais Arnott, parvient à peine à soulager le malade rongé par le cancer. Mais malgré ses absences et ses fatigues, Napoléon rassemble ses dernières forces pour dicter son testament au général de Montholon le 11 avril 1821. C’est par ces mots que commence celui-ci : « Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans. Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. » </span><span style="color: #000000;">En effet, il fit savoir qu’il souhaitait être enterré à Paris, et si cela ne lui était pas accordé, que son caveau soit placé dans un endroit de l’île, un ravin qu’il appréciait et qu’il avait surnommé « le val du Géranium ». Ses affaires arrangées, Napoléon se sait prêt à quitter ce monde.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">On installe le malade dans le salon. Un prêtre, l’abbé Angelo Vignali vient lui apporter les derniers secours de la religion catholique, et reçoit l’extrême-onction le 3 mai 1821. Dans la nuit du 4 au 5 mai commence l’agonie de Napoléon et on peut déceler d’une voix à peine perceptible les mots «à la tête de l’armée» ainsi que le nom de son fils. Il est entouré de ses derniers fidèles ainsi que de ses domestiques durant toute la journée du 5 mai. Le docteur Arnott informe le gouverneur à trois heures de l’après-midi que « les pulsions ne peuvent plus être senties au pouls ; la chaleur quitte la surface ; il ne durera que quelques heures ». Lowe est prêt à faire parvenir la nouvelle sur l’île par des sémaphores. Les minutes sont longues et durant les trois minutes avant de mourir, Bertrand constate que Napoléon rend trois soupirs. Son visage se fige après avoir rendu « à Dieu le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine » dira Chateaubriand. Madame Bertrand s’approche de la pendule, elle l’arrête à 17h49. Napoléon n’est plus.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Montargis : des habitants se mobilisent pour défendre la caserne Gudin menacée de destruction</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/montargis-des-habitants-se-mobilisent-pour-defendre-la-caserne-gudin-menacee-de-destruction/27/04/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Apr 2021 08:39:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Caserne]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Étienne Gudin]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Gudin]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Montargis]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Smolensk]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5335</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 27/04/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/montargis-des-habitants-se-mobilisent-pour-defendre-la-caserne-gudin-menacee-de-destruction/27/04/2021/">Montargis : des habitants se mobilisent pour défendre la caserne Gudin menacée de destruction</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Des habitants de Montargis tentent de sauver la caserne Gudin de sa destruction par un promoteur immobilier pour y installer une résidence senior.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A Montargis, dans le Loiret, la résistance s’organise pour sauver une caserne militaire du XIXème siècle. Construite en 1876, la caserne Gudin porte le nom du général Charles Étienne Gudin, proche de Napoléon et originaire de Montargis. Infanterie, génie, transmission, la caserne voit passer divers régiments durant le XXe siècle.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Prévue pour regrouper 3 000 hommes, son activité rythme la vie des habitants. En 1994, la caserne Gudin est transformée en école de transmission pour l’Armée, jusqu’en 1995, date à laquelle s&rsquo;installe une école de gendarmerie jusqu’en 2009. Inoccupée depuis, l’État s’en sépare officiellement en avril 2019 au profit de l’Agglomération montargoise.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un projet de résidence senior</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 2019, le président de l’Agglomération montargoise Frank Supplisson soumet au vote une promesse de vente de la caserne Gudin au groupe Nexity « pour un euro symbolique ». Le promoteur immobilier prévoit de réhabiliter une partie de la caserne afin de la transformer en résidence senior. Un cabinet d’architecte est même consulté afin d’intégrer l’ensemble des structures existantes dans le projet. Pourtant, au mois d’octobre 2020, Nexity dépose son permis de construire. Celui-ci indique que le bâtiment principal sera détruit.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">« &nbsp;</span><em style="color: #000000;">On nous a affirm</em><em style="color: #000000;">é</em><em style="color: #000000;"> que le patrimoine sera&nbsp;</em><em><span style="color: #000000;">préservé</span></em><em><span style="color: #000000;">&nbsp;et que personne ne détruira&nbsp;le bâtiment de l</span></em><em style="color: #000000;">’</em><em style="color: #000000;">horloge</em><span style="color: #000000;"> », dénonce Alphonse Proffit, président de la liste Engagement citoyen pour le Montargois (ECM) et ferveur défenseur de la caserne. « </span><em style="color: #000000;">Nous avons constat</em><em style="color: #000000;">é</em><em style="color: #000000;"> dans le dossier que l</em><em style="color: #000000;">’</em><em><span style="color: #000000;">architecte des bâtiments&nbsp;de France est contre le projet. En plus du bâtiment de l</span></em><em style="color: #000000;">’</em><em><span style="color: #000000;">horloge, Nexity prévoit de démolir&nbsp;des bâtiments qui ne faisaient même pas parti du projet initial.</span></em><span style="color: #000000;"> »</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Recours administratif</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Apres avoir découvert le permis de construire, les défenseurs de la caserne écrivent au conseil communautaire de Montargis. L&rsquo;objectif est de sensibiliser ses membres sur le fait que le projet Nexity prévoit de détruire des bâtiments pour lequel ils n&rsquo;ont pas signé. Le même jour, le président d&rsquo;Agglomération dépose un permis de demande complémentaire prenant en compte ces changements. « <em>Cela a été fait sans en informer qui que ce soit</em> », précise Alphonse Proffit. Le maire de Montargis, Jean-Paul Billault, valide le 03 mars 2021 le nouveau permis de démolir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais les défenseurs de la caserne n’en restent pas là. Un recours contre le permis de construire est déposé et une demande d’instruction à la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) a été soumise. Une lettre a été envoyé à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, pour demander qu’une instance de classement soit mise en place afin de définir le niveau de protection adéquat. Une</span> <a href="https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/sauvons-rehabilitons-caserne-gudin-montargis-loiret/130444">pétition</a> <span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">a également été mise en ligne. Actuellement, un premier recours administratif avec comme co-requérant la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) – Sites &amp; Monuments, bloque provisoirement le projet de démolition. « </span><em style="color: #000000;">La </em><em style="color: #000000;">SPPEF</em><em><span style="color: #000000;">, certains élus et nous-mêmes avons été menacé par Nexity de nous attaquer en justice individuellement pour demander une réparation&nbsp;du préjudice lié&nbsp;au retard du projet</span></em><span style="color: #000000;"> » témoigne le président&nbsp;d’ECM.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une caserne historique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">La caserne Gudin fait partie d’un vaste projet de construction d’enceinte militaire peu après la chute du Second-Empire. Plus d’une centaine de casernes aurait vu le jour sur l’année 1874-1875. Une partie d’entre elles a été détruite, d’autres ont été défigurées ou réhabilitées tandis que d’autres sont tout simplement laissées à l’abandon. « </span><em><span style="color: #000000;">Aucune de ces casernes ne bénéficie&nbsp;pour le moment de régime&nbsp;de protection au titre de monument historique</span></em><span style="color: #000000;"> », continue Alphonse Proffit. « </span><em><span style="color: #000000;">La problématique de la sauvegarde des casernes commence à se faire ressentir partout en France, comme celle de Méribel à Verdun</span></em><span style="color: #000000;"> ». </span></span><span style="color: #000000;">Avec 3 bâtiments principaux imposants dont celui de l’horloge et une place d’armes de 100 mètres de côté, la caserne Gudin a conservé jusqu’à aujourd’hui son organisation originelle. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mort durant la campagne de Russie en 1812, le personnage à qui la caserne doit son nom a été retrouvé en 2019 à Smolensk par une équipe de chercheurs. Décédé dans les bras de Napoléon, celui-ci a ramené son cœur en France mais a laissé son corps sur place. Réputé pour être le seul à pouvoir tutoyer l’Empereur sur le champ de bataille, le général de division Charles-Étienne Gudin aurait dû être inhumé aux Invalides à Paris le 5 mai 2021, lors du bicentenaire de Napoléon Ier. Une occasion de faire avancer la cause de la caserne Gudin de Montargis ? Très probablement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La Fayette : le destin d&#8217;un héros de l&#8217;indépendance américaine raconté par Gonzague Saint Bris</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-fayette-le-destin-dun-heros-de-lindependance-americaine-raconte-par-gonzague-saint-bris/26/12/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Dec 2020 19:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert du Motier de La Fayette]]></category>
		<category><![CDATA[Gonzague Saint Bris]]></category>
		<category><![CDATA[Indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Louis XVI]]></category>
		<category><![CDATA[Marquis de La Fayette]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Incontestablement, le marquis de La Fayette fut considéré de son vivant outre-Atlantique comme un héros,...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-fayette-le-destin-dun-heros-de-lindependance-americaine-raconte-par-gonzague-saint-bris/26/12/2020/">La Fayette : le destin d&rsquo;un héros de l&rsquo;indépendance américaine raconté par Gonzague Saint Bris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Incontestablement, le marquis de La Fayette fut considéré de son vivant outre-Atlantique comme un héros, un ami de ce jeune pays américain qui n’entendait pas rester une colonie de la Couronne Britannique. L’auteur, Gonzague Saint Bris, parle d’un attachement viscéral de La Fayette pour sa patrie spirituelle qui le lui rendra bien : il est l&rsquo;un des huit citoyens d&rsquo;honneur des Etats-Unis à ce jour. Quel honneur !</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En revanche, dans sa patrie charnelle ou naturelle, son image, son rôle, son aura semblent quelque peu écornée. Avant cette lecture intéressante, qui constitue en fin de compte une bonne entrée en matière pour découvrir ce personnage, je ne connaissais que de loin Gilbert du Motier de La Fayette. Pourtant, je m’étais habitué à le fréquenter, car lisant de nombreux ouvrages consacrés à la Révolution et l’Empire, j’ai toujours aperçu La Fayette. Quand j’ai analysé l’excellente étude de Sébastien Charléty intitulée : «&nbsp;<em>Histoire de la monarchie de Juillet&nbsp;</em>», je l’ai encore croisé au balcon de l’Hôtel de Ville embrassant Louis-Philippe d’Orléans. Chateaubriand dira :&nbsp;«&nbsp;<em>Le baiser républicain de La Fayette fit un roi</em>&nbsp;». En 1830, il représentait encore quelque chose sur le plan politique, au point que sa caution fut réclamée pour crédibiliser cette nouvelle dynastie – à défaut bien sûr de la rendre légitime…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette entre véritablement dans l’histoire, quand, à 19 ans, il décide de s’engager dans la guerre révolutionnaire en 1777, pour se «&nbsp;<em>couvrir de gloire</em>&nbsp;» comme il le confesse volontiers à ses proches parents et amis. Son beau-père le duc d’Ayen n’entend pas le laisser courir l’aventure dans les Amériques, d’autant qu’il vient de lui donner sa fille Marie Adrienne Françoise de Noailles en mariage. Il faut dire que La Fayette, nonobstant une éducation reçue inférieure à son rang, représente à 16 ans un excellent parti. Rappelons brièvement le contexte familial. A l’âge de 12 ans, La Fayette se retrouve orphelin, seul héritier potentiel de la fortune de son grand-père maternel, le marquis de La Rivière, qui meurt à son tour et lui laisse une rente de 25&nbsp;000&nbsp;livres. A la même époque un de ses oncles décède et lui lègue un revenu annuel de 120&nbsp;000&nbsp;livres&nbsp;; ces 145&nbsp;000&nbsp;livres de revenu font de lui un des hommes les plus riches de France…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette est très bien entouré par ses proches parents. Ces derniers gèrent pour lui son immense fortune et veillent parfaitement à ses intérêts. Dans une situation similaire, beaucoup auraient perdu les pédales, car l’argent, les terres, les rentes font souvent tourner les têtes. Il n’en est rien pour le futur héros de la Guerre d’Indépendance. Il reste simple, facile d’accès et n’oublie pas ses compagnons de jeunesse avec lesquels il jouait enfant, même si ceux-ci sont roturiers, fils de manœuvres et de paysans. Toute sa vie, il gardera cette conviction qu’il faut aider les plus faibles, les exclus, les opprimés. Quand le moment viendra, il prendra la défense des protestants, des juifs, des Peaux-Rouges, des esclaves…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Gonzague Saint Bris suit La Fayette dans ses nombreuses et passionnantes pérégrinations. Le style de l’auteur se montre très agréable et sa plume nous invite à découvrir un La Fayette humain, issu d’une famille prestigieuse, défendant toujours les plus humbles, en dépit d’une richesse qui le place largement au-dessus du commun des mortels. Après la lecture de cette biographie, j’ai saisi de nombreuses choses mais j’en garde en mémoire principalement deux. La première est la meilleure compréhension des raisons pour lesquelles cet homme fut considéré comme un héros aux Etats-Unis de son vivant et après sa mort. La seconde éclaire le fait qu’il fut, malgré tout, mal aimé en France durant une bonne partie de son existence…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur explique qu’il fut un maçon exemplaire, fidèle aux loges, sans malheureusement trop entrer dans le détail de ce que fut cette «&nbsp;<em>fidélité maçonnique </em>». Saint Bris écrit simplement que beaucoup de nobles entraient en maçonnerie pour le plaisir, pour faire comme tout le monde comme s’il s’agissait d’une mode. La Fayette, lui, croyait vraiment à cet idéal défendu par la franc-maçonnerie. Il a tellement marqué ses amis et «&nbsp;frères&nbsp;» américains que quatre dizaines de loges à l’époque portaient son nom. Aux Etats-Unis, plus de 600 lieux s&rsquo;appellent La Fayette&nbsp;! Une montagne, sept comtés et quarante localités portent notamment le nom de cet aristocrate français qui a combattu toute sa vie pour la <em>Liberté</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Rien ne lui a été épargné dans sa quête&nbsp;: son beau-père ne voulait pas le laisser partir et le roi Louis XVI, bien que sensible à la cause des <em>Insurgents</em> et soucieux de donner une leçon aux Anglais, était à cet instant hostile à l’idée que des membres de sa noblesse s’engageassent officiellement dans les rangs de la jeune armée américaine, dont beaucoup considéraient qu’elle plierait face à l’armée de métier expérimentée du gouvernement anglais. Le Roi attendait seulement le bon moment pour aider les Américains. Et malheureusement cette aide, qui coûta fort cher à la France, se retourna contre lui…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette se moquait des considérations diplomatiques. Il était conscient qu’il se passerait de grandes choses dans ces contrées et n’écoutant que son cœur, il tenta sa chance avec ses proches amis. Disposant de ressources financières conséquentes, il affréta un navire pour rejoindre les «&nbsp;<em>combattants de la liberté&nbsp;</em>». Après des débuts difficiles, car les dirigeants américains ne voulaient pas lui accorder leur confiance, La Fayette gagna le respect par son «&nbsp;<em>côté désintéressé et sa volonté de se battre même comme simple soldat&nbsp;</em>». La suite est connue : La Fayette joua un rôle décisif aux côtés des Américains lors de la victoire de Yorktown le 19 octobre 1781. La rencontre avec Georges Washington eut de fortes répercussions dans sa vie privée. La Fayette l’a rapidement considéré comme son père adoptif. Son influence sur lui fut très importante. En effet, le seul fils de La Fayette reçut comme prénom Georges Washington et le premier président des Etats-Unis fut son parrain. Lorsqu’il revint en Amérique en 1824, La Fayette se recueillit dignement sur la tombe de son héros et de son modèle…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De retour en Europe, il travailla également à l&rsquo;émergence en France d&rsquo;un pouvoir royal de tendance constitutionnelle, avant de devenir l’une des principales personnalités de la Révolution jusqu&rsquo;à son émigration, son arrestation et sa mise en prison pour cinq ans. Ironie de l’histoire, il sera libéré grâce à l’intervention d’un jeune général nommé Napoléon Bonaparte, lors des négociations du traité de Campo-Formio. Le futur Empereur exigea la libération de captifs français avant de poursuivre les discussions… Il eut gain de cause ! Mais comme Saint Bris le constate, il n’y eut pas de lune de miel entre Napoléon et La Fayette. Il traversa l’Empire dans une relative discrétion.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’une manière générale, cet ouvrage donne l’impression que La Fayette aurait pu laisser une trace majeure dans la vie politique française. L’homme avait de grandes ambitions, un nom illustre et une renommée acquise sur les champs de bataille. Pourtant il deviendra la cible des royalistes, des révolutionnaires, des bonapartistes et de certains républicains. Les premiers lui en voudront toujours du sort terrible de la famille royale, les deuxièmes d’avoir défendu le roi et les siens, les troisièmes d’avoir trahi Napoléon, les quatrièmes de ne pas être assez républicain. Saint Bris évoque toutes ces polémiques en les replaçant judicieusement dans leur contexte. Il rappelle que La Fayette a&nbsp; sauvé la Reine lors des journées du 5 et 6 octobre 1789. Peut-être que Marie-Antoinette n’appréciait que modérément de lui être redevable… Cet état de fait explique probablement les relations tendues et compliquées que La Fayette et le couple royal entretiendront par la suite.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette défendait selon lui des «&nbsp;<em>idées nobles et généreuses</em>&nbsp;», mais on découvre aussi qu’il a souvent agi à contre-temps. Parfois il resta coi quand il aurait pu forcer <em>son destin</em>. Il a eu maintes occasions d’influencer le véritable cours des événements&nbsp;: c’est particulièrement vrai durant la Révolution. Mais, à regarder sa vie, il semble que La Fayette a davantage subi les événements qu’il ne les a conduits…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_4034" aria-describedby="caption-attachment-4034" style="width: 307px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-4034" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/51WJG5GQQ6L._SX305_BO1204203200_.jpg?resize=307%2C474&#038;ssl=1" alt="" width="307" height="474" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/51WJG5GQQ6L._SX305_BO1204203200_.jpg?w=307&amp;ssl=1 307w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/51WJG5GQQ6L._SX305_BO1204203200_.jpg?resize=194%2C300&amp;ssl=1 194w" sizes="(max-width: 307px) 100vw, 307px" /><figcaption id="caption-attachment-4034" class="wp-caption-text">La Fayette &#8211; Gonzague Saint Bris &#8211; 2006 &#8211; Éditions Télémaque</figcaption></figure></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-fayette-le-destin-dun-heros-de-lindependance-americaine-raconte-par-gonzague-saint-bris/26/12/2020/">La Fayette : le destin d&rsquo;un héros de l&rsquo;indépendance américaine raconté par Gonzague Saint Bris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>«L&#8217;Europe au temps de Napoléon» : l&#8217;échec de l&#8217;unification raconté par Jean Tulard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Dec 2020 14:14:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Tulard]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet ouvrage collectif intitulé L&#8217;Europe au temps de Napoléon propose une étude véritablement magistrale de...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Cet ouvrage collectif intitulé <em>L&rsquo;Europe au temps de Napoléon</em> propose une étude véritablement magistrale de notre glorieux et passionnant passé. Elle aidera certainement à mieux comprendre notre présent. Chacun sait que les vieilles monarchies européennes ont combattu la France de la Révolution et de l&rsquo;Empire. Napoléon a, de son côté, voulu dominer l&rsquo;Europe, afin de restaurer, toute proportion gardée, l&rsquo;Empire romain ou encore celui de Charlemagne. Le projet était-il possible ? Souhaitable ? Nous constatons seulement que l&rsquo;Europe française napoléonienne a échoué.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, Napoléon, en combattant ses ennemis et en voulant sauvegarder coûte que coûte les conquêtes territoriales de la Révolution, a réveillé l&rsquo;Europe. Une partie de l&rsquo;Europe l&rsquo;a certes haï, détesté, moqué, une autre, notamment après l&rsquo;expérience napoléonienne, l&rsquo;a vénéré, adulé, et l&rsquo;a même pris comme modèle, au point d&rsquo;en faire un Prométhée moderne ou l&rsquo;étendard des aspirations des sans grades et des contempteurs des différentes monarchies nationales, esseulés dans cette Europe post-1815 façonnée par la Sainte Alliance.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/">«&nbsp;Napoléon et les siens&nbsp;» : le livre de Vincent Haegele qui retrace l’épopée impériale sous l’angle familial du clan Bonaparte</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: inherit;"><br />
Dans sa pertinente préface, Jean Tulard rappelle que « </span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">durant deux décennies, la France a dominé l&rsquo;Europe. Une suprématie qui s&rsquo;explique par le poids de sa démographie, l&rsquo;universalité de sa langue, le caractère national de ses armées, ses innovations techniques…&nbsp;On parle de la Grande Nation puis du Grand Empire. Rome, Bruxelles, Hambourg, Cologne, Amsterdam sont françaises depuis 1811&nbsp;</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">». Il ajoute avec raison : «&nbsp;</span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">Le destin des Suisses, des Allemands, des Italiens, de la majeure partie de l&rsquo;ancienne Pologne et de l&rsquo;Espagne se joue en réalité à Paris</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour bien intégrer la prépondérance française d&rsquo;alors, Tulard écrit «&nbsp;<em>qu&rsquo;un maréchal français est choisi comme prince héritier de Suède et le Danemark se comporte en fidèle allié. L&#8217;empereur des Français épouse la fille de l&rsquo;ancien maître du Saint Empire romain germanique devenu plus modestement empereur d&rsquo;Autriche. En 1812, il lance contre la Russie une armée où l&rsquo;on trouve des contingents de tous les pays d&rsquo;Europe&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les victoires militaires françaises sont en réalité précédées par la victoire intellectuelle des idéaux révolutionnaires. Ces idées se diffusent dans toute l&rsquo;Europe par la presse, car l&rsquo;élite européenne de chaque pays parle la langue de Molière. L&rsquo;académie de Berlin en 1784 avait désigné le français comme «<em>&nbsp;langue universelle</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous lisons donc sans surprise le propos suivant : «<em>&nbsp;La France, en étendant son influence sur les pays voisins, y a exporté non seulement les idées et les institutions révolutionnaires mais aussi sa culture. Dans ce domaine le chemin était frayé, car la langue française, véhicule de la culture française était alors considérée comme universelle et parlée par toutes les élites. Les émigrés qui avaient précédé les armées françaises, avaient aussi contribué à en répandre la langue</em>&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le point de fort de ce livre est qu&rsquo;il ne se consacre pas à la seule France. Napoléon et l&rsquo;Empire sont décryptés par des analyses prenant en compte le regard de nos voisins. Il est véritablement intéressant de savoir comment était vu l&rsquo;Empereur en Angleterre, Suisse, Italie, Portugal, Allemagne, Autriche, Russie, etc. Ces captivants chapitres nous éclairent sur les différents rapports que l&rsquo;Empire français entretenait avec ses alliés et ses différents ennemis. De même, les contributions font le point sur le rôle décisif de l&rsquo;armée napoléonienne, aussi bien sur le champ de bataille que dans la société. Elle fut à la fois un outil de conquêtes, de promotions et le symbole invincible de son illustre promoteur.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois les premières défaites, en particulier en Espagne, ne renversent pas totalement l&rsquo;opinion française et européenne, même si certains proches de l&rsquo;Empereur commencent à le mettre en garde, tandis que d&rsquo;autres conspirent (Fouché) ou trahissent (Talleyrand) dès 1808&#8230; Les conséquences de la guérilla espagnole et du blocus sont très bien étudiées. La Grande Armée s&rsquo;est véritablement épuisée en Espagne mais également aux quatre coins de l&rsquo;Europe en&nbsp;<em>jouant</em>&nbsp;aux gendarmes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Finalement, la maîtrise des mers et la révolution industrielle assurent à Albion des armes non négligeables. Tulard écrit :&nbsp;«&nbsp;<em>La Grande-Bretagne l&#8217;emporte sur Napoléon grâce à sa flotte mais aussi grâce aussi à ses manufacturiers et à ses négociants, à l&rsquo;esprit d&rsquo;invention de la City et à la force des traditions d&rsquo;une noblesse par ailleurs égoïste et brutale</em>&nbsp;». Il s&rsquo;agit d&rsquo;un constat factuel et par conséquent implacable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les pages dévolues à Metternich montrent, s&rsquo;il en était encore besoin, qu&rsquo;il fut vraiment un très grand diplomate et un serviteur exemplaire de la monarchie des Habsbourg. Ce livre permet entre autres de mieux et de bien mesurer l&rsquo;échec napoléonien. Il aborde aussi les nombreuses adversités que Napoléon dut subir durant toute sa carrière à la tête de la France. A nos yeux, Napoléon Bonaparte fut incontestablement un génie… mais à l&rsquo;impossible nul n&rsquo;est tenu, pas plus lui qu&rsquo;un autre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_4390" aria-describedby="caption-attachment-4390" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-4390" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=640%2C991&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="991" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=661%2C1024&amp;ssl=1 661w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=194%2C300&amp;ssl=1 194w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=768%2C1189&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4390" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;Europe au temps de Napoléon &#8211; Jean Tulard &#8211; 2020 &#8211; Éditions du Cerf</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2020 14:25:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Cédric Lewandowski]]></category>
		<category><![CDATA[Hôtel de Brienne]]></category>
		<category><![CDATA[Lucien Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[République]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cédric Lewandowski est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’université Paris VIII....</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Cédric Lewandowski est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’université Paris VIII. Il a été directeur du cabinet civil et militaire du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à l’Hôtel de Brienne. Pour son premier ouvrage, il nous fait la grâce d’une très belle biographie consacrée à Lucien Bonaparte, frère de Napoléon, surnommé comme le sous-titre l’indique «<em>&nbsp;le Prince républicain</em>&nbsp;».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans son <em>Histoire du Consulat et de l’Empire</em>, Louis Madelin écrit un propos élogieux au sujet de Lucien :&nbsp;«&nbsp;<em>Le plus intelligent des siens après Napoléon&nbsp;</em>». Il est toujours difficile lorsqu’on aborde l’épopée napoléonienne d’évoquer d’autres personnalités que celle de Napoléon. Dans la préface écrite par l’un des descendants de Lucien, nous lisons ce pertinent constat : «<em>&nbsp;Les inconditionnels de l’Empereur n’ont qu’un seul Dieu, Napoléon &#8211; et lui seul &#8211; et ceux qui ont osé se dresser contre lui ne méritent que l’opprobre et l’oubli.</em>&nbsp;» Pourtant, cette méthode qui consiste à ostraciser certains protagonistes du passé ne nous semble guère idéale pour étudier sérieusement et sereinement l’Histoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le préfacier atteste que l’une des nombreuses difficultés de l’historien tient au fait que beaucoup se montrent&nbsp;«&nbsp;<em>injustes avec la famille de Napoléon, et plus particulièrement avec Lucien, car il semble plus difficile à cerner que les autres</em>&nbsp;». De fait, Lucien fut l’un des membres de la famille Bonaparte qui évolua le plus loin de la sphère napoléonienne. Dans ces conditions, les historiens se sont probablement moins intéressés à cette figure, alors que Lucien reste un personnage important pour Napoléon, notamment dans la conquête du pouvoir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De prime abord, il paraît difficile de le décrypter. Toutefois, Lewandowski arrive à nous présenter un Lucien Bonaparte dans toute sa complexité. En effet, certains le voient comme « <em>un irréductible opposant</em>&nbsp;», alors que d’autres le considèrent comme «&nbsp;<em>un précieux allié de son frère en bien des circonstances</em>&nbsp;». La vraie question à se poser est la suivante : qui fut réellement Lucien ? En parcourant les pages, nous découvrons «&nbsp;<em>un homme libre, profondément indépendant, doué d’un fort caractère, qui ne rentrait dans aucune case </em>». De plus, il montre souvent du courage. Il n’hésite pas à s’opposer à son illustre aîné lors de la vente de Louisiane et même à condamner l’exécution du duc d’Enghien. Il refuse également de voir Napoléon «&nbsp;<em>se comporter comme le chef de famille, apanage de Joseph, et bien sûr de divorcer de son épouse Alexandrine&nbsp;». </em>Lucien critique aussi <em>«&nbsp;la violence exercée contre le Pape, dont il était proche&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dès les premières lignes, Lewandowski s’interroge : «&nbsp;<em>Est-il possible de rendre hommage aujourd’hui à un homme dont la légende napoléonienne a tenté avec méthode d’effacer la moindre trace ? Comment rendre à Lucien Bonaparte la juste place qu’il mérite dans notre histoire ?&nbsp;</em>» Dans les biographies consacrées à Napoléon, Lucien est évoqué, mais souvent en filigrane, ou alors de très loin. L’auteur lui rend donc justice en publiant une étude passionnante qui ravira les passionnés d’histoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il nous explique également comment est né ce projet d’écrire sur Lucien :&nbsp;«&nbsp;<em>Après avoir occupé pendant cinq ans son bureau à l’hôtel de Brienne et découvert la densité du personnage, j’ai souhaité faire partager à ceux qui éprouvent quelque curiosité pour cette époque l’incroyable destin du frère cadet de Napoléon. Tel est le défi que j’ai décidé de relever, peut-être imprudemment. </em>» Lucien ne s’est pas donné la peine que de naître, pour reprendre une idée développée par Beaumarchais dans <em>Le Mariage de Figaro</em>. L’auteur estime que «<em>&nbsp;la lecture des Mémoires de Lucien Bonaparte suffit pour se convaincre de la richesse intérieure du personnage qui dépasse largement le fait d’être né dans l’une des plus illustres familles des siècles passés.</em>&nbsp;»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Effectivement, le parcours de Lucien donne «&nbsp;<em>le tournis</em>&nbsp;» pour reprendre l’expression de Lewandowski :&nbsp;«&nbsp;<em>militant politique, parlementaire, ministre, ambassadeur, tribun, grand amoureux, père aimant de ses douze enfants, écrivain, astrologue, archéologue, collectionneur, marchand d’art, parfois au pouvoir, le plus souvent en exil, notre homme échappe à toute classification, ce qui certes lui a offert la liberté dont il était si avide mais le perd dans la mémoire collective.</em>&nbsp;» Napoléon avait dit :&nbsp;«&nbsp;<em>Quel roman que ma vie&nbsp;!</em>&nbsp;» Cette maxime peut, sans forcer le trait, s’appliquer aussi bien à celle de Lucien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur juge que «<em> Lucien était peut-être le plus doué des enfants de Charles et Laetizia Bonaparte. Mais l’heure était aux tourments de la guerre, et, dans ce domaine, Napoléon, le général, a tout emporté, tout dévoré et contraint sa famille et ses proches à subir son despotisme</em>&nbsp;».&nbsp; Néanmoins, Lucien aurait pu accepter la tutelle de Napoléon, à l’image de ses autres frères et sœurs mais «&nbsp;<em>son orgueil autant que son intelligence s’y sont refusés</em>&nbsp;». Il ne voulait «&nbsp;<em>laisser à personne le soin de lui dicter sa conduite</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lucien aide son frère qui, président du Conseil des Cinq-Cents, évite que le coup d’Etat du 18 brumaire ne se solde par un échec. La suite est connue ou se devine aisément. Les visions politiques de Lucien et Napoléon entrent trop souvent en confrontation, pour que les deux frères puissent travailler ensemble sur le long terme. Il existe aussi de sérieuses divergences, que l’un et l’autre expriment publiquement, à l’endroit de leurs vies privées respectives. Lucien n’aime pas «&nbsp;<em>la vieille&nbsp;</em>», comprendre Joséphine, Napoléon ne veut pas qu’une femme divorcée et de basse condition entre dans la famille. Alexandrine avait épousé en premières noces le banquier Hippolyte Jouberthon, dont elle était veuve. Napoléon entendait que sa fratrie intègre sans rébellion son <em>système</em>, notamment dans le cadre de sa politique matrimoniale, à l’instar des grandes et anciennes familles régnant en Europe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur nous permet de suivre pas à pas Lucien en exil, de Rome à Londres. Nous le voyons mener de nombreux projets intellectuels et historiques que Lewandowski nous conte avec talent. Quand le voile couvrira le soleil impérial, durant les Cent-Jours, il croit et œuvre, comme d’autres, à un Empire réformé ou plus libéral. Dans le malheur des défaites et désastres, lui qui vécut en dehors de France et loin des siens, apporte son concours pour défendre l’œuvre napoléonienne. Beaucoup auraient laissé l’amertume les envahir et se seraient abstenus de tendre la main à un frère se débattant dans les plus grandes difficultés. Cet acte témoigne de la bonté de son cœur…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lui l’ardent républicain fut quand même pair de France, prince français, et prince de Canino par la grâce du Pape Pie VII. Cependant, comme nous l’apprenons en lisant cette belle biographie&nbsp;: «&nbsp;<em>il reste profondément attaché à la République qu’il espère voir triompher un jour. Républicain de cœur, prince de circonstance, Lucien Bonaparte est un prince républicain</em>&nbsp;». Lewandowski conclut de fort belle manière :&nbsp;« <em>Tout en sacrifiant à la réalité, notre héros n’a jamais abandonné ses rêves. </em>» A nos yeux, quoique l’on puisse penser de la République ou de l’Empire, force est de reconnaître que c’est quand même le plus important…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4290" aria-describedby="caption-attachment-4290" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-4290" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/09/cedric-lewandowski-lucien-bonaparte-le-prince-republicain.jpg?resize=300%2C455&#038;ssl=1" alt="" width="300" height="455" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/09/cedric-lewandowski-lucien-bonaparte-le-prince-republicain.jpg?w=300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/09/cedric-lewandowski-lucien-bonaparte-le-prince-republicain.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-4290" class="wp-caption-text">Lucien Bonaparte : Le prince républicain &#8211; Cédric Lewandowski &#8211; 2019 &#8211; Éditions Passés Composés</figcaption></figure>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Esclavage : que s&#8217;est-il réellement passé depuis 2000 ans ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/histoire/esclavage-que-sest-il-reellement-passe-depuis-2000-ans/30/07/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles du Buzay]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2020 16:03:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La question de l&#8217;héritage de l&#8217;esclavage fait aujourd&#8217;hui l&#8217;objet de critiques, de débats et de...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/esclavage-que-sest-il-reellement-passe-depuis-2000-ans/30/07/2020/">Esclavage : que s&rsquo;est-il réellement passé depuis 2000 ans ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>La question de l&rsquo;héritage de l&rsquo;esclavage fait aujourd&rsquo;hui l&rsquo;objet de critiques, de débats et de déboulonnage de statues mais quelle est l&rsquo;histoire de cette pratique sur notre territoire ? En une synthèse (oui, oui, c&rsquo;est une synthèse) d&rsquo;un très vaste sujet, voici ce qu&rsquo;il faut retenir.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Héritage antique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La pratique de l&rsquo;esclavage est chose courante pendant l&rsquo;Antiquité, que ce soit chez les Grecs ou chez les Romains. Elle est même à la base de la société et de son économie. L&rsquo;esclave est une chose, sans droits, à laquelle toutes les atrocités sont permises. Ce sont essentiellement des prisonniers de guerre ainsi que leurs descendants. Avec l’implantation du christianisme au IIIème siècle aux alentours de la Méditerranée, l&rsquo;esclavage se voit remis en cause timidement. Il s&rsquo;atténue et s&rsquo;étiole brièvement car les hommes sont frères devant Dieu, y compris juridiquement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A la chute de Rome en 476, la pratique ne s&rsquo;arrête pas, elle est encore largement utilisée dans les pays européens. Cependant, l&rsquo;Eglise survit à l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Empire et devient l&rsquo;institution dominante dans toute l&rsquo;Europe. L&rsquo;esclave va ainsi changer de statut. De moins en moins nombreux, ils sont également mieux traités. Beaucoup de ces esclaves sont des ouvriers agricoles. Ils sont casés et ressemblent à des paysans dépendants, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils ne sont pas propriétaire mais possédant (<em>usus</em> et <em>fructus</em>). Ils détiennent toujours le statut juridique de citoyens. C&rsquo;est à partir de ce moment que va commencer la féodalité.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français&nbsp;</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Sous les Carolingiens (IXème siècle), les paysans sont tous juridiquement libres (mariage, héritage, aller-venir). Il y a une population esclave encore présente mais dont le volume diminue drastiquement. En effet, l&rsquo;esclavage est remplacé par le servage dont la frontière entre les deux reste assez minime concrètement : la principale différence repose sur le statut juridique car le servage ne reconnait non pas l&rsquo;humain comme une «&nbsp;<em>chose</em>&nbsp;», mais comme un «&nbsp;<em>homme lié sous contrat</em>&nbsp;». Cela concerne principalement des populations paysannes. Il y a des serfs et des paysans libres. Le servage est une condition difficile aux libertés terriblement limitées, le serf est corvéable et taillable à merci. Ce statut est transmissible aux enfants par les femmes en vertu du <em>partus sequitur ventrem</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1315, la première loi interdisant dans tout le Royaume de France le servage, ou servitude réelle, a été édictée par le Roi Louis X Le Hutin. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;Edit du 3 Juillet 1315. Il interdit l&rsquo;esclavage sur le domaine royal (les trois quarts de la France actuelle) et permet à tout esclave qui arrive en France d&rsquo;être affranchi : « <em>Nous, considérant que notre royaume est dit et nommé le royaume des francs; et voulant que la chose soit accordante au nom, avons ordonné que toute servitude soit ramenée à la franchise&nbsp;</em>». C&rsquo;est le privilège de la terre de France selon lequel «&nbsp;<em>le sol français affranchit l&rsquo;esclave qui le touche&nbsp;</em>». Une décision du Parlement de Bordeaux consacre cet Edit en 1571 par l&rsquo;affranchissement d&rsquo;esclaves noirs sur le territoire au motif que la France, «&nbsp;mère des libertés&nbsp;» ne tolère pas une telle pratique sur son sol.</span></p>
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<p><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/le-sabordage-de-la-noblesse-lorsque-fadi-el-hage-revient-sur-les-mythes-et-les-realites-dune-decadence/13/07/2020/">«Le Sabordage de la noblesse» : lorsque Fadi El Hage revient sur les mythes et les réalités d’une décadence&nbsp;</a></strong></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Le commerce triangulaire</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Au début du XVIème siècle, les idées et théories mercantilistes foisonnent. Elles prônent que la puissance de tout homme ne réside non pas sur son nombre de vassaux ou la superficie de son territoire, mais sur le nombre et la valeur des biens qu&rsquo;il possède. La richesse devient peu à peu le nouveau marqueur de pouvoir et l&rsquo;or des Amériques attise les convoitises. Les techniques maritimes et navales européennes se perfectionnent. Est inaugurée une période de grandes découvertes comme celle de l&rsquo;Amérique en 1492 par Christophe Colomb.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;Afrique est une terre plus accessible et les relations sont avant tout commerciales. Un marché d&rsquo;esclave préexistait déjà entre Africains avant même l&rsquo;arrivée des Européens. Les Portugais servaient ensuite d&rsquo;intermédiaires dans ce marché entre la côte du Bénin et la côte du Ghana. Les Européens s&rsquo;invitent dans le commerce et échangent du tissu et de l&rsquo;alcool à des esclavagistes d&rsquo;Afrique contre des esclaves, ces derniers seront échangés contre du coton, du tabac ou du sucre aux Amériques. C&rsquo;est le fameux commerce triangulaire. En 1441, des navigateurs portugais ramènent les premiers esclaves noirs au Portugal.</span></p>
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<p><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime&nbsp;</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les esclaves africains sont majoritairement des prisonniers de guerres entre royaumes et empires africains mais il y a aussi des esclaves pour dette ou par condamnation pénale. De nombreuses ethnies et empires africains ainsi que des tribus arabo-musulmanes vivent de ce commerce en vendant ces esclaves aux Européens comme l&rsquo;Empire du Mali ou le Royaume de Dahomey (actuel Bénin). Les esclaves sont achetés à prix élevé aux intermédiaires africains. Au milieu du XVIIIème siècle, un esclave vaut un fusil.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il s&rsquo;agit de personnes de couleur noire, les hommes endurants sont préférés mais les femmes n&rsquo;échappent à la pratique non plus, de même que les enfants. Les voyages entre continents sont éprouvants et horribles. Les esclaves sont menottés, enchaînés pour les plus turbulents. Les châtiments sont arbitraires, affligeants et humiliants. Le manque de soin, d&rsquo;hygiène et de nutrition sont fatals pour la plupart des esclaves durant le voyage.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si le commerce triangulaire est florissant, l&rsquo;esclavage est vivement condamné par le magistère catholique depuis la bulle <em>Sicut dudum</em> du 13 janvier 1435 par le Pape Eugène IV. Cette condamnation est fermement renouvelée par le Pape Paul III dans les lettres <em>Pastorale officium</em> et <em>Veritas ipsa</em> ainsi que la bulle <em>Sublimis Deus</em> en 1537.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sous demande de Charles Quint, monarque du puissant Saint-Empire romain germanique, entre 1550 et 1551, un débat s&rsquo;impose entre théologiens et juristes opposant Bartolomé de Las Casas et Juan Ginés de Sepúlveda, c&rsquo;est la controverse de Valladolid. Lors de ce procès, on officialise le fait que les Amérindiens ont un statut égal à celui des Blancs afin de les évangéliser ; ces premiers constituaient les premiers esclaves dans les colonies. Cette décision ne s&rsquo;appliquait pas aux noirs d&rsquo;Afrique dont l&rsquo;esclavage n&rsquo;était pas contesté. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en raison de cette controverse que les Européens vont généraliser la pratique de la traite des noirs pour alimenter le Nouveau Monde en esclaves.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le commerce d&rsquo;esclaves s&rsquo;amplifie et les états européens, bien que chrétiens, n&#8217;empêchent nullement la pratique pour des questions financières, économiques et surtout géopolitiques. En effet, l&rsquo;Espagne et le Portugal sont les pays maîtres de l&rsquo;Europe au XVIème siècle. Ils se partagent les Amériques depuis le Traité de Torsedillas en 1494. Ce à quoi le Roi François Ier, furieux d&rsquo;apprendre un traité si avantageux envers son rival Charles Quint, répondra à ce sujet : «&nbsp;<em>Le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du testament d&rsquo;Adam qui m&rsquo;exclut du partage du monde&nbsp;»</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De plus, les Provinces-Unies (actuel Pays-Bas) et la Grande Bretagne parcourent à leur tour le globe et projettent de coloniser des terres. La France, ne souhaitant pas être distancée et dominée par ses rivaux, va les imiter et donc coloniser à son tour le Nouveau Monde. Elle va également tolérer la pratique de l&rsquo;esclavage.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bordeaux, Le Havre, La Rochelle ou Nantes sont les villes françaises de départ et de transition dans le commerce et la colonisation. Marins, aventuriers et navigateurs colonisent informellement dès 1620, copiant les Espagnols et les Portugais. La première expédition négrière se déroule à La Rochelle entre 1594 et 1595. On dénombrera 12 millions d&rsquo;esclaves au total transportés du début XVIème siècle jusqu&rsquo;au milieu du XIXème siècle, dont à peu près 2 millions par la France. Il ne faut cependant pas oublier les esclaves qui naîtront dans les colonies.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>L&rsquo;Etat royal face au phénomène</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ce phénomène de l&rsquo;histoire échappe un peu trop à la main du Roi suivant que l&rsquo;État moderne français s&rsquo;accroît. On rapporte des traitements ignobles dans les Antilles où l&rsquo;autorité royale est trop faible. Beaucoup d&rsquo;aventuriers, de flibustiers, de capitaines de navires, de compagnies de commerce s&rsquo;enrichissent par des initiatives privées, les esclavagistes sont une très petite minorité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les colonies vont être légalisées en 1626 par la création, sous la protection du cardinal Richelieu, de la Compagnie de Saint-Christophe régulant les mouvements d&rsquo;esclaves. Suivra la Compagnie des îles d&rsquo;Amérique en 1635 ou encore la Compagnie française des Indes orientales en 1664. En 1642, la traite négrière est autorisée par le roi Louis XIII. Celui-ci a l&rsquo;idée d&rsquo;évangéliser les Noirs et d&rsquo;en faire ses sujets. Ce sont des compagnies qui en ont le monopole. Le roi Louis XIII n&rsquo;a pu faire autrement que d&rsquo;autoriser l&rsquo;esclavage comme une étape vers le baptême et l&rsquo;affranchissement, ce dont les colons n&rsquo;ont eu cure. Colbert, en homme d&rsquo;État responsable, se doit de choisir la moins pire des solutions. Le <em>statu quo</em> reviendrait à autoriser tous les abus de la part des colons.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Abolir l&rsquo;esclavage dans les colonies est inenvisageable, au risque de se mettre à dos la riche bourgeoisie qui vit du commerce triangulaire et surtout provoquer la rébellion des colons, avec l&rsquo;éventualité qu&rsquo;ils se vendent aux Anglais (c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils feront en Martinique en 1794). Au demeurant, personne dans le monde, à la fin du XVIIème siècle, n&rsquo;imagine abolir l&rsquo;esclavage. Celui-ci sévit encore marginalement dans une partie de l&rsquo;Europe orientale (Roumanie notamment) et à grande échelle dans les sociétés africaines et musulmanes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C&rsquo;est tout de même l&rsquo;occasion d&rsquo;affirmer la puissance de la royauté absolue &#8211; sous entendue en absence de lien intermédiaire entre le sujet et le Roi – en légiférant la pratique de l&rsquo;esclavage. La justice du Roi doit être supérieure à la justice du maître. L&rsquo;Édit royal de Mars 1685, promulgué en 1685 sous la plume du fils de Colbert, touche la police des îles de l&rsquo;Amérique française. Il portera en réalité le nom de « Code Noir » dans une édition de 1718.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Le Code Noir</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans le Code Noir, les esclaves ont en réalité un peu plus de droits mais les conditions pour les soumettre sont renforcées. Un ensemble des règles juridiques est mis en place pour rationaliser la violence comparée à ce qui se passait auparavant de façon coutumière. L&rsquo;Edit va uniformiser juridiquement la pratique dans l&rsquo;ensemble des colonies françaises.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A noter qu&rsquo;à partir de cette période du XVIIème siècle, il existait une petite minorité de blancs parmi les esclaves, ce sont les « engagés ». L&rsquo;engagisme est à l&rsquo;origine un concept juridique de l&rsquo;Ancien Régime et une réalité sociale dans les colonies françaises et britanniques, il est apparenté au servage. Les engagés se sont volontairement laissés asservir pour une durée moyenne de 3 ans avant de recouvrir leur liberté, cette durée est censée payer la traversée océanique. Les missionnaires royaux s&rsquo;étonnent de la violence avec laquelle ils sont traités (fouet, chaînes, meurtre, conditions de vie).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le Code Noir a, contrairement à l&rsquo;opinion majoritaire actuelle, plusieurs mérites : il reconnaît aux noirs une personnalité juridique, oblige à les baptiser, à les instruire, leur permet de se marier, donc de contracter, de se constituer un pécule et de racheter leur liberté, elle interdit aux maîtres de les maltraiter et de les faire travailler les dimanches et jours de fêtes, leur donne le droit de se plaindre en justice contre leurs maîtres, leur permet d&rsquo;agir et de témoigner en justice, interdit de séparer les familles en vendant séparément un de leurs membres et détermine</span><span style="color: #000000;"> les modalités pour affranchir un esclave. L&rsquo;article 59 du Code Noir dispose pour un affranchi : «&nbsp;<em>Octroyons aux affranchis les mêmes droits, privilèges et immunités dont jouissent les personnes nées libres; voulons que le mérite d&rsquo;une liberté acquise produise en eux, tant pour leurs personnes que pour leurs biens, les mêmes effets que le bonheur de la liberté naturelle cause à nos autres sujets</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;Edit royal de 1685 donne certes aux maîtres un droit de correction qui nous paraît très dur, mais qui existait aussi pour les soldats et les domestiques. Il interdit aux maîtres les relations sexuelles avec les esclaves, sauf dans le cadre du mariage qui n&rsquo;est pas interdit entre personne libre et esclave. En matière religieuse, l&rsquo;Edit de 1685 rappelle le principe chrétien de l&rsquo;égalité ontologique de tous les hommes, par-delà leur condition sociale et leur race.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les esclaves restent cependant des « biens meubles ». Le débat de l&rsquo;époque, avant la rédaction du Code Noir, portait sur la question de l&rsquo;esclave en tant que bien meuble (le séparant alors de la possession de la plantation) ou bien immeuble (l&rsquo;attachant alors à la plantation). La possession est réelle du maître envers l&rsquo;esclave même si ce dernier est tout aussi réellement humain. Le droit les désigne comme des outils, de simples objets faisant partie du patrimoine. Ce sont des biens pouvant être achetés, vendus, donnés, saisis en obéissant aux formes prévues pour les biens meubles. Cette disposition n&rsquo;en fait pas des choses, dénuées de personnalité juridique. Cependant, cette personnalité est celle d&rsquo;une personne mineure, plus restreinte que celle des enfants et des domestiques.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le Code Noir est un texte juridique dont l&rsquo;application concrète reste partielle, faute d&rsquo;une forte présence institutionnelle française dans les colonies. Les châtiments corporels deviennent réglementés et rationalisés mais selon la nature de l&rsquo;infraction, il y a des sanctions spécifiques (oreille coupée, marquage au fer d&rsquo;une fleur de lys, exécution). Théoriquement, car il n&rsquo;y a pas de possibilité de faire appel, le tribunal local est composé de maîtres. Les atrocités sont majoritairement acquittées.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Peu de colons détiennent des esclaves, c&rsquo;est une marchandise chère réservée à l&rsquo;oligarchie fortunée locale. Un esclave vaut à peu près 2 500 livres. Une cabane vaut 50 livres, une journée de travail vaut 1 livre, une maison confortable 5 000, un bœuf 150, un cheval 500.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Faute de femmes européennes et blanches souhaitant s&rsquo;installer dans les colonies, les esclavagistes se reproduisent beaucoup avec les femmes esclaves. Par exemple pour La Rochelle, sur 6 200 départs, ne sont comptées que 40 femmes. Le Code Noir tranche donc un autre débat sur la transmission de la condition d&rsquo;esclave. La population devient tellement métissée dans les colonies qu&rsquo;on devient « Blanc » par le père bien qu&rsquo;on ne le soit pas concrètement, c&rsquo;est une sorte de nouvelle noblesse. On est « Blanc » de réputation et par descendance. En 1735, 87% des possesseurs d&rsquo;esclaves sont des métissés à Madagascar (grand-mère malgache, africaine ou indienne mais ils sont recensés comme blancs).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les catégories de couleurs vont prendre de l&rsquo;importance au XVIIIème siècle, elles deviennent annotées dans les registres. Il y a des libres de couleurs, affranchis ou descendants d&rsquo;affranchis. Ils ne se sont pas égaux vis à vis des Blancs, ces derniers ont certains privilèges comme des accès à des métiers ou le droit de porter l&rsquo;épée. Pourtant, certains « libres de couleurs » ont eux aussi, substantiellement, des esclaves. Est dénombré à Saint-Domingue (Haïti) qu’un quart des esclaves est possédé par des « libres de couleurs ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><u>Marron :</u> Esclave en fuite.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><u>Mulâtre :</u> Fils d&rsquo;un Blanc et d&rsquo;un Noir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><u>Métisse :</u> Fils d&rsquo;un Blanc et d&rsquo;un Mulâtre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><u>Câpre :</u> Fils d&rsquo;un Noir et d&rsquo;un Mulâtre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><u>Nègre :</u> Si le terme est aujourd&rsquo;hui difficile à prononcer, il est tout de même retrouvé dans le Code Noir pour désigner les Noirs et plus particulièrement les esclaves.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>La remise en cause d&rsquo;une pratique odieuse</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Étienne de la Boétie, dans son « Discours de la servitude volontaire » paru en 1576, écrit : « <em>Chose vraiment surprenante (&#8230;) c&rsquo;est de voir des millions de millions d&rsquo;hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu&rsquo;ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu&rsquo;ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d&rsquo;un, qu&rsquo;ils ne devraient redouter, puisqu&rsquo;il est seul, ni chérir, puisqu&rsquo;il est, envers eux tous, inhumain et cruel</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le tribunal des consciences à la Sorbonne condamne la traite négrière en 1698 pour commerce illicite car la preuve que les esclaves n&rsquo;ont pas été volés ne peut pas être apportée. Le président du tribunal, G. Fromageau, prend position et déclare le 15 Avril 1698 qu’«&nbsp;<em>il suit de tout ceci qu&rsquo;on ne peut en sûreté acheter, ni vendre des nègres, parce qu&rsquo;il y a de l&rsquo;injustice dans ce commerce</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les philosophes des Lumières, tels que Jean Le Rond d&rsquo;Alambert, Denis Diderot, ou Montesquieu, s&rsquo;opposent aux traites négrières. Le Chevalier Louis de Jaucourt en demande l&rsquo;abolition en 1755. Louis-Sébastien Mercier, dans son roman <em>L&rsquo;An 2240, rêve s&rsquo;il en fut jamais</em>, imagine un renversement de l&rsquo;esclavage via un Spartacus noir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par un&nbsp;Edit du&nbsp;8 Août 1779, le roi Louis XVI renouvelle l&rsquo;abolition du&nbsp;servage&nbsp;et du&nbsp;droit de suite&nbsp;en France. Cet édit qui porte sur les servitudes réelles, affranchit tous les «&nbsp;mains mortables&nbsp;» des domaines royaux, ainsi que les hommes de corps, les «&nbsp;mortaillables&nbsp;» et les «&nbsp;taillables&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Jacques Pierre Brissot fonde en 1788 la <em>Société des amis des Noirs</em> dont les objectifs affirmés étaient l&rsquo;égalité des blancs et des hommes de couleur libres, l&rsquo;interdiction de la traite négrière et l&rsquo;abolition progressive de l&rsquo;esclavage colonial. Nicolas de Condorcet, dans <em>Réflexions sur l&rsquo;esclavage des nègres</em>, réclama un moratoire d&rsquo;une durée de 70 ans entre la fin de l&rsquo;esclavage et l&rsquo;accession des affranchis au statut de citoyen.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Durant les états généraux de 1789, une trentaine de cahiers de doléances demande la fin de l&rsquo;esclavage ou de la traite négrière, ou bien les deux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La volonté d&rsquo;une abolition définitive</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le combat pour l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage, qui occupait les esprits depuis l&rsquo;établissement des colonies du Nouveau Monde, prend de l&rsquo;ampleur au commencement de la période révolutionnaire. La Déclaration des Droits de l&rsquo;Homme et du Citoyen de 1789 énonce le principe de l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage, mais sous l&rsquo;influence du Club de l&rsquo;hôtel de Massiac, la Constituante et la Convention posent que cette égalité ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux habitants de la métropole (où il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;esclaves mais où le servage paysan subsistait encore à l&rsquo;époque) et pas à ceux des colonies d&rsquo;Amérique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En effet, en 1790, Antoine Barnave, le chef de fil du Club Massiac, principal opposant de la cause abolitionniste, fait passer un décret qui exclut du cadre de la Constitution les colonies. Mais des événements en métropole et aux Antilles changent la donne. Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;insurrection des esclaves de 1791, à Saint-Domingue. Effrayés par des événements qui les dépassent, les Amis des Noirs envisagent un temps de n’accorder les droits civiques qu’aux «&nbsp;libres de couleurs&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Convention est dominée par les montagnards, incarnés par Maximilien de Robespierre : « <em>Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre, ni être vendu ; sa personne n&rsquo;est pas une propriété aliénable. La loi ne reconnaît point de domesticité ; il ne peut exister qu&rsquo;un engagement de soins et de reconnaissance, entre l&rsquo;homme qui travaille et celui qui l&#8217;emploie.&nbsp;</em>» énonce l&rsquo;Article 18 de la Constitution de 1793, jamais appliquée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 4 février 1794, la Convention décrète l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage dans toutes les colonies, mais cette mesure ne sera effective, outre Saint-Domingue, qu&rsquo;en Guadeloupe et en Guyane, puisque la Martinique reste aux mains des Britanniques.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le Consul Bonaparte fait maintenir, par la loi du 20 mai 1802 l&rsquo;esclavage dans les îles récupérées des Britanniques par le traité d&rsquo;Amiens. La France est engagée dans une campagne à Saint-Domingue et revient sur ces acquis révolutionnaires. De fait, et en droit, l&rsquo;esclavage est rétabli dans des territoires.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, malgré la dictature, le mouvement abolitionniste ne fut pas complètement réduit au silence : ainsi, grâce à Joseph Fouché, sans doute, devenu ministre de l&rsquo;intérieur, l&rsquo;abbé Grégoire put continuer à écrire et publier notamment son livre égalitaire, <em>De la littérature des Nègres</em>. Il continua le combat entamé en 1789 jusqu&rsquo;à sa mort en 1831.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;Empereur Napoléon Ier, de retour de l&rsquo;île d&rsquo;Elbe lors des Cent-Jours, décréta l&rsquo;abolition de la traite négrière pour se concilier la Grande-Bretagne. Sa décision fut confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815 et par une ordonnance du roi Louis XVIII le 8 janvier 1817. La loi du 15 avril 1818 renouvelle l&rsquo;interdiction de la traite, mais la traite de contrebande se poursuivit malgré les sanctions prévues.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/">«&nbsp;Napoléon et les siens&nbsp;» : le livre de Vincent Haegele qui retrace l’épopée impériale sous l’angle familial du clan Bonaparte </a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Le 25 avril 1827, une nouvelle loi qualifie la traite négrière de crime et aggrave les sanctions. Au cours des débats, à la Chambre des députés et à la Chambre des pairs, plusieurs parlementaires réclament l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage comme Augustin Devaux, le duc Victor de Broglie (doctrinaire), le comte Gabriel de Kergorlay (ultraroyaliste) et Jean-Guillaume Hyde de Neuville (ultraroyaliste).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les dispositions prises contre la traite sont encore renforcées en 1831 sous le roi des Français Louis-Philippe. Les lois Mackau du 18 et 19 juillet 1845 émancipent les esclaves dans le domaine colonial. Bien qu&rsquo;étant encore sous curatelle de leur maître, les esclaves ont plus de droits comme la propriété, l&rsquo;héritage, le rachat de sa liberté. Le maître est soumis à plus d&rsquo;obligations avec la fourniture de vêtements, de vivres, d&rsquo;une portion d&rsquo;habitation. Le travail quotidien est limité à 9h30 et toute activité au-dessus de 18h doit être rémunérée par le maître.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La monarchie de Juillet est renversée. L&rsquo;esclavage est définitivement aboli pour la seconde fois, en conseil de Gouvernement de la IIème République, par le décret du 27 avril 1848 décidant l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage en France et dans ses colonies, porté par Victor Schœlcher.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">250 000 esclaves des colonies françaises seront émancipés. En contrepartie, des indemnités furent accordées aux anciens propriétaires d&rsquo;esclaves «&nbsp;<em>ayant dû appliquer l’interdiction de l’esclavage</em>&nbsp;» et ainsi perdre leur main d’œuvre gratuite selon les dispositions d&rsquo;une loi du 30 avril 1849.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«<em>&nbsp;Si comme le disent les colons, on ne peut cultiver les Antilles qu’avec des esclaves, il faut renoncer aux Antilles. La raison d’utilité de la servitude pour la conservation des colonies est de la politique de brigands. Une chose criminelle ne doit pas être nécessaire. Périssent les colonies, plutôt qu’un principe !&nbsp;</em>» déclara Victor Schœlcher.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Que conclure ?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La question de l&rsquo;esclavage est finalement loin d&rsquo;être un bloc monolithe, certaines nuances doivent être mises en avant afin d&rsquo;éviter toute confusion sur le sujet, au même titre que les facteurs qui ont poussé à cette pratique. L&rsquo;esclavage reste une abomination morale mais il ne faut pourtant pas tomber dans la facilité d&rsquo;un jugement téléologique en usant de notions éthiques anachroniques. Le Code Noir est vu comme le «&nbsp;<em>texte juridique le plus monstrueux qu’aient produit les Temps modernes</em>&nbsp;» selon Louis Sala-Molins. Largement véhiculée par le monde politique et par la presse, cette image radicalement négative du Code Noir est issue en grande partie de la lecture qu&rsquo;en a livré le philosophe Louis Sala-Molins dans sa célèbre et très répandue exégèse <em>Le Code noir ou le calvaire de Canaan </em>(1987).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les émeutes étasuniennes, qui ont lieu depuis la mort d&rsquo;un citoyen noir nommé Georges Floyd, ont agenouillé ce pays sur la question de la couleur de peau. Si les Etats-Unis ont eu une pratique bien plus sévère, déshumanisante et ségrégationniste que les Français, la question de l&rsquo;héritage colonial et esclavagiste s&rsquo;est pourtant tout autant posée en France. Certaines statues sont vandalisées et un lycée autrefois baptisé du nom de Colbert s&rsquo;est renommé Rosa Parks (nom de la célèbre femme noire qui a refusé de laisser sa place dans un bus à une blanche aux Etats-Unis).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La relation entre les personnes de couleurs est très loin d&rsquo;être similaire en France mais l&rsquo;influence étasunienne, notamment universitaire, déborde et parasite l&rsquo;esprit universel de ce pays. Quid de Louise-Marie Thérèse ? du Chevalier de Saint-Georges ? de Thomas Alexandre Dumas et de sa descendance ? de Félix Eboué ? de Gaston Morneville ? d&rsquo;Aimé Césaire ? Parmi la minorité de français d&rsquo;origine étrangère qui se sont assimilés, une partie fut de couleur noire et ont su rendre grâce et gratitude à leur pays d&rsquo;accueil.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La loi du 21 Mai 2001, dite loi Taubira, tend à la reconnaissance de la traite et de l&rsquo;esclavage en tant que crime contre l&rsquo;humanité bien que cela ne concerne que la traite négrière occidentale alors que le procédé d&rsquo;esclavagisation s&rsquo;avère mondialement fait par toutes les civilisations depuis Sumer, passant par les Égyptiens pour les pyramides, les Chinois pour la Grande Muraille, les Gaulois, les Romains, les Grecs, les Indiens, les pirates berbères, les tribus arabo-musulmanes (qui avaient la terrible coutume de castrer vif leurs esclaves), les Anglais, les Français, les Espagnols, les Portugais, les Américains, les ethnies africaines, les Mongols. Rappelons d&rsquo;ailleurs que le mot « esclave » vient du mot « slave », population de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est qui a pendant très longtemps été victime de l&rsquo;esclavage. Loi inique et liberticide pour tout historien car, en analogie à la loi Gayssot du 13 Juillet 1990, elle judiciarise le débat et sanctionne pénalement la moindre nuance. L&rsquo;historien Olivier Pétré-Grenouilleau a par exemple été attaqué en justice au nom de cette loi parce qu&rsquo;il réfutait d&rsquo;assimiler la traite à un «&nbsp;génocide&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Est-il nécessaire d&rsquo;inciter les français à la flagellation de l&rsquo;estime qu&rsquo;ils ont d&rsquo;eux ? Car, finalement, qui furent les esclavagistes si ce n&rsquo;est qu&rsquo;une petite oligarchie qui exploitait aussi bien le peuple français dans les mines, sur les champs et à l&rsquo;usine ? Peuple français qui composait la quasi-totalité de la population. L&rsquo;esclavage a-t-il vraiment profité au pays quand on sait que l&rsquo;historien Jacques Marseille avait démontré qu’un empire colonial ne profitait non pas aux Etats mais bien à un petit groupe d&rsquo;exploiteurs, de marchands et d&rsquo;investisseurs orbitant autour des sphères du pouvoir ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si l&rsquo;héritage historique est un pilier fondamental dans l&rsquo;identité d&rsquo;un individu, d&rsquo;une famille, d&rsquo;un village et d&rsquo;une nation, sommes-nous responsables pour autant ? « Héritiers, mais pas coupables » serait la réponse la plus appropriée. Impossible de tenir responsables les descendants de crimes au risque de tomber dans un cercle vicieux imbibé de rancœur, de ressentiment, d&rsquo;exagération voire de vengeances privées. La responsabilité est un concept individuel qui est impropre à être héritée. « <em>Si on croit à cette dinguerie qu&rsquo;est la responsabilité par le sang, ça veut dire que l&rsquo;humanité ne connaîtra jamais la paix</em> » en conclut Pierre-Yves Rougeyron. Si le pardon reste possible et devient le choix le plus raisonnable et sain, tâchons de ne pas oublier cette histoire au risque qu&rsquo;elle ne se répète comme c&rsquo;est le cas actuellement en Libye ou en Mauritanie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Une civilisation qui s’avère être incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ces problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.</em> » Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/esclavage-que-sest-il-reellement-passe-depuis-2000-ans/30/07/2020/">Esclavage : que s&rsquo;est-il réellement passé depuis 2000 ans ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>Jean-Emmanuel Raux :  un collectionneur qui règne sur le monde de l’autographe</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/entretiens/jean-emmanuel-raux-un-collectionneur-qui-regne-sur-le-monde-de-lautographe/04/07/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Florent Marles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2020 18:08:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Autographe]]></category>
		<category><![CDATA[Collectionneur]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Emmanuel Raux]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre avec Jean-Emmanuel Raux, un collectionneur qui règne sur le monde de l’autographe depuis plus...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/jean-emmanuel-raux-un-collectionneur-qui-regne-sur-le-monde-de-lautographe/04/07/2020/">Jean-Emmanuel Raux :  un collectionneur qui règne sur le monde de l’autographe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b>Rencontre avec Jean-Emmanuel Raux, un collectionneur qui règne sur le monde de l’autographe depuis plus de trente ans. Un </b><b>échange</b><b> sans concession sur une passion devenue profession. Une vie fascinante qu’il livre aux amateurs de belles histoires.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Quand et comment vous est venue la passion de l’autographe ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">«<em> Dans un passé lointain après des études de biologie, j’avais par hasard fait le commerce des timbres. Je me suis passionné dans les années 1970-1980 pour l’histoire de la Poste. Peu de gens le savent, c’est un sujet très vaste qui est à la base des relations internationales, du commerce et de l’épanouissement des peuples</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un jour au cours de ses pérégrinations de collectionneur, Jean-Emmanuel découvre sur un pli une marque postale “Armée de catalogne”. En ouvrant la lettre, il y découvre la signature du Maréchal Suchet. Cette découverte allait marquer le début d’une saine maladie, la collectionnite.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Monsieur Autographe se souvient de son ressenti : « <em>U</em><em><em>n marécha</em>l de Napoléon ?! C’est à peine croyable ! J’ai déchiffré cette lettre et j’y ai découvert la Campagne d’Espagne ! Je me suis mis à rêver ! A l&rsquo;époque, j’étais totalement inculte sur l’époque napoléonienne. Mais je me suis dit que si on pouvait trouver une lettre d’un maréchal, on pouvait bien trouver une lettre de Napoléon ! Et voilà que j’ai foncé à Drouot pour chercher une lettre de Napoléon qui se présenta un mois plus tard sous la forme d’une lettre signée de Bonaparte pendant la Campagne d’Italie</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Heureux mais déjà clairvoyant, Jean-Emmanuel Raux était frustré de cet achat : Napoléon ne signait que comme un général. « <em>Je voulais sa signature en tant qu’Empereur. Et rebelote, encore à Drouot, je finis par calmer mon ardeur avec une lettre signée par Napoléon. À l’époque la vogue des lettres et objets de l’Empire ne faisait que démarrer et les prix étaient encore relativement bas</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Votre collection s’est axée autour de l’Empire, et ensuite ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>C’est en effet par l’Empire que ma collection est née et pendant de longues années, ce fut l’unique période de l’Histoire à me passionner, puis ce fut les rois de France, les musiciens, les littéraires, etc. Aujourd’hui je n’ai plus de véritable collection, tout est inclus dans les réserves de la galerie</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/un-jour-a-drouot-au-coeur-du-marche-de-lart-francais/05/04/2019/">Un jour à Drouot, au cœur du marché de l’art français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Avec le temps, vous êtes devenu un si grand collectionneur, qu’il a fallu ouvrir un commerce pour partager votre passion. A quand l’ouverture de votre première galerie puis le titre d&rsquo;expert en autographes ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>J’ai ouvert ma première boutique à Saint Germain en Laye en 1975. Je vendais un peu de tout : des gravures anciennes, des livres, de la philatélie et des autographes. J’avais à l’époque de vrais chineurs et de vrais collectionneurs qui n’hésitaient pas à assumer leurs passions et qui venaient très régulièrement acheter mes dernières trouvailles. J’ai eu jusqu’à 5 vendeuses autour de moi pour m’aider à recevoir la clientèle. En 1998 j’ai fermé le magasin et j’ai ouvert à Paris, au 9 rue de l’Odéon, ma galerie actuelle. Je n’ai rapporté à Paris que mon ensemble de lettres autographes. C’est au bout de 10 ans seulement, après 30 ans d’expérience que j’ai commencé à faire des expertises de documents autographes. J’exerce en plus de la galerie, en apportant mes expertises à plusieurs commissaires-priseurs à l’occasion de successions ou de lots de particuliers</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/art-contemporain-le-sommet-de-lart-a-t-il-trebuche-sur-une-peau-de-banane/03/05/2020/">« Art contemporain » : le sommet de l’art a-t-il trébuché sur… une peau de banane ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>En trente ans d’expérience en la matière, il va sans dire que vous avez dû croiser quelques pépites. Quels sont les plus belles pièces que vous ayez eu l’occasion d’acheter ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">«<em> J’ai la chance, par un regard aiguisé, d’avoir pu acquérir au fil du temps et du hasard des documents qui sont de véritables trésors. Un jour je me souviens avoir vu le matin à Drouot une lettre que personne n’avait pu déchiffrer et qui avait été mise de côté. Je suis passé par tous les stades du stress maximal, entre hantise et désespoir de ne pouvoir acquérir ce document si précieux à mes yeux… et si onéreux ! La vente commença à 14 h par des signatures diverses, j’en achetais certaines et j’attendais avec impatience mon document. Les lots n’avaient pas de numéros et cela se faisait au gré du commissaire-priseur. A la fin enfin le commissaire-priseur présenta le document convoité, d’une voix calme il annonça : « Nous allons vendre ce document que nous n’avons pas pu identifier… Y a-t-il preneur ? 10 euros ? Personne… ». Il me demanda si j’en voulais et j&rsquo;acquiesçais d’un signe de tête et le marteau tomba. Stupéfait moi-même, qui ne pensais même pas pouvoir avoir les moyens de l’acquérir, j’achetais ce petit bout de papier qui s’était promené au fin fond de l’Afrique et qui était signé par des signes cabalistiques des rois locaux… pour un prix dérisoire !</em></span><br />
<span style="color: #000000;"><em>Une autre fois, perdu au milieu d’une vente gigantesque, le manuscrit de la bataille d’Austerlitz sous la dictée de Napoléon qui l’avait corrigé à plusieurs reprises. Le plus grand manuscrit de l’Histoire Française. Les Archives de France n’ont rien de cette qualité pour l’époque napoléonienne… Là encore, le hasard a fait que ce manuscrit passa après 3 heures de vente, la directrice des Archives nationales assise à côté de moi… dormait ! Heureusement pour moi… Malheureusement, les Archives de France s’y prennent vraiment très mal pour le racheter…</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/mathias-souverbie-la-beaute-de-loeuvre-dart-reside-dans-sa-similitude-avec-lhomme/18/04/2020/">Mathias Souverbie : «La beauté de l’œuvre d’art réside dans sa similitude avec l’homme»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Qui sont vos clients ? Particuliers et/ou institutions ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les institutions françaises et particulièrement le Ministère de la culture et le Service Historique de la Défense se sont mis tout le marché à dos. C’est navrant. Heureusement les musées étrangers se gaussent de nos difficultés et de nos règles d’exportations qui font que beaucoup de choses ne reviennent plus sur le marché. Cela fait 30 ans que je n’ai rien vendu aux archives de France. Je ne signale même plus les pièces litigieuses que je vois par ci par là. Il faudra bien qu’un jour on refasse ces lois spoliatrices qui permettent à des fonctionnaires de voler dans les archives privées des documents légalement acquis auprès d’officiers ministériels</em> ». C’est dit, avec Jean-Emmanuel pas de langue de bois !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-tulipomanie-de-la-bulle-speculative-a-la-vanite-florale/13/04/2020/">La Tulipomanie : de la bulle spéculative à la vanité florale</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>J’ai de très gros clients, des personnalités très connues comme des collectionneurs très discrets. J’aime raconter une anecdote vécue : un jour que je vendais des autographes de la période de Louis XIV à un client régulier, ma curiosité me poussa à lui demander dans quoi il travaillait. Il était éboueur. La collection de belles pièces autographes n’est donc pas réservée à une élite ! C’était un personnage, à chaque fois il s’amusait à jouer les lettres que je lui vendais. On changeait de siècle et d’un seul coup on était transposé à Versailles !</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Si Monsieur Tout-le-monde peut acheter, une question se pose : à partir de combien et pour les plus grands collectionneurs, jusque combien ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>J’ai toujours détesté les gens qui se fixent un prix de base pour leurs collections. La rareté n’a absolument rien à voir avec le prix. Le meilleur exemple est Proust. Il a une correspondance abondante, ce n’est pas rare du tout mais simplement cher. La côte est à mes yeux surfaite. Il y a d’autres auteurs bien plus intéressants, moins médiatiques et donc moins chers. On peut trouver de magnifiques trésors à 100 euros et parfois moins, comme on peut en trouver des prestigieux au-delà de 4000-5000 euros. En général le marché français est la moitié du marché international, c’est dire qu’il y a de la marge</em><i>…</i>&nbsp;»</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/culture-et-relations-internationales-quand-les-musees-sexportent-a-letranger/20/01/2020/">Culture et relations internationales : quand les musées s’exportent à l’étranger</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Jean-Emmanuel Raux me confie par ailleurs, et c’est tout à son honneur, qu’il a toujours respecté les petits collectionneurs aux moyens limités pour une raison très simple : ils ont su préserver des documents dédaignés et les ont ainsi sauvegardés de la destruction.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Comment abordez-vous le marché de l’autographe actuellement par rapport à vos débuts ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">La réponse ne se fait pas attendre et le point de vue n&rsquo;est pas tendre :</span><br />
<span style="color: #000000;">« <em>Cela a bien changé. La France s’est appauvrie, les Français sont devenus plus pauvres, les salaires en comparaison ont baissé mais pas les charges sociales, toujours aussi lourdes. On est sous la pression de la mondialisation avec des pays inégaux dans l’Union européenne. Il y a aujourd’hui pléthore de réglementations qui n’existaient pas alors. Les Archives de France ont imposé à l’Union Européenne de lourdes contraintes sur le patrimoine qui sont totalement improductives. L’État français a aussi institué un décret en 2008 qui spolie les gens qui avaient acheté en toute légalité des documents historiques vendus par des officiers ministériels pendant 250 ans. Résultat, des documents revendiqués s’empilent dans d’obscures réserves d’archives et ce, inutilement. Il est devenu quasiment impossible de vendre en France une lettre de Napoléon sous peine de se la voir revendiquée. Tout est aujourd’hui vendu clandestinement ou dans des ventes à l’étranger, surtout aux États-Unis. Tout un marché de l’Histoire a quasiment disparu des radars. Le meilleur conseil que je puisse donner à des collectionneurs, c’est de ne pas vendre en France ».<br />
</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/lart-et-la-chasse/28/06/2019/">La chasse : une tradition artistique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Internet a t-il changé l&rsquo;essence de votre métier ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><em>« On a découvert que des acheteurs étrangers étaient bien plus forts et que le marché français ne se porte pas si bien que cela. Il est devenu le “Rungis de l’Art” pour le marché international. Quand vous voyez un tableau estimé 300 000-500 000 € se vendre à Drouot 1 million, c’est qu’il en vaut le double au minimum dans une galerie américaine. En réalité le marché de l’Art en France est nauséabond. Il est bon pour les commissaires-priseurs qui ne voient que leurs marges sans se préoccuper de la valeur réelle des œuvres vendues à l’échelon international</em> ». C’est dit !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/art/le-mobilier-ancien-a-t-il-encore-une-valeur/04/04/2019/">Le mobilier ancien a-t-il encore une valeur ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Votre plus beau souvenir en tant que expert ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Jean-Emmanuel Raux s’exclame « <em>Oh alors j’en ai beaucoup !</em> ». Voici quelques records pour lesquels Monsieur Autographe était expert : « </span><em><span style="color: #000000;">le 15 novembre 2012, j’avais expertisé un</span> <a href="http://autographe.com/autographes/enchere-record-pour-le-manuscrit-de-la-marseillaise/">petit morceau de la Marseillaise</a> <span style="color: #000000;">estimé 10-15000 euros et qui s’est vendu 236 000 euros, soit plus de 30 fois le prix obtenu précédemment par un manuscrit complet de la Marseillaise acheté par Gainsbourg (Vente Néret-Minet &amp; Tessier Sarrou). </span></em><span style="color: #000000;"><em>J’ai été fasciné d’avoir en main le manuscrit de Verdi pour Otello, le passage de l’Ave Maria qui s’est vendu 142 000 euros frais compris. Dernièrement, le 26 février 2020, une lettre de Baudelaire du 17 mars 1854, concernant Edgar Poe, a fait 4 200 euros plus les frais. Mais c’est surtout les précieux manuscrits d’Henriette d’Angeville sur son ascension du Mont Blanc qui, dans la même vente, ont réalisé un beau produit de vente : 23 500 euros hors frais de vente</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_3333" aria-describedby="caption-attachment-3333" style="width: 900px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-3333 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/07/106483880_764197917452453_1014938536355499478_n.jpg?resize=640%2C423&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="423" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/07/106483880_764197917452453_1014938536355499478_n.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/07/106483880_764197917452453_1014938536355499478_n.jpg?resize=300%2C198&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/07/106483880_764197917452453_1014938536355499478_n.jpg?resize=768%2C508&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-3333" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Un manuscrit du compositeur italien Giuseppe Verdi vendu 135.000 euros !</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Vous avez une fille qui vous assiste, a t-elle décidé de reprendre le flambeau ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Ma fille a un œil infaillible pour les belles œuvres d’art moderne. Après des études de commerce d’art, elle se passionne pour les tableaux de la période 1890-1970. Je lui apprends en permanence en lui transmettant mon savoir, mes expériences. Elle se passionne pour les écrits des peintres de cette période. Je ne doute pas que la galerie se transforme un jour en une galerie intern</em></span><em>ationale importante…</em> »</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/florent-marles/">Florent Marles</a></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Galerie</span> <a href="http://autographe.com/index.php">ARTS ET AUTOGRAPHES</a><br />
<span style="color: #000000;">Jean-Emmanuel RAUX, expert en autographes et manuscrits</span><br />
<span style="color: #000000;">9 rue de l&rsquo;Odéon</span><br />
<span style="color: #000000;">75006 PARIS</span><br />
<span style="color: #000000;">Tél.: 01 43 25 60 48</span><br />
<span style="color: #000000;">Galerie ouverte à partir du 12 mai du mardi au samedi inclus sur rendez-vous</span><br />
<span style="color: #000000;">De 11 h à 12 h 30 et 14 h à 18 h.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/jean-emmanuel-raux-un-collectionneur-qui-regne-sur-le-monde-de-lautographe/04/07/2020/">Jean-Emmanuel Raux :  un collectionneur qui règne sur le monde de l’autographe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>«Napoléon et les siens» : Vincent Haegele raconte l’épopée impériale du clan Bonaparte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2020 17:26:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon et les siens]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Haegele]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=3267</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 26/06/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/">«Napoléon et les siens» : Vincent Haegele raconte l’épopée impériale du clan Bonaparte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">Avec cette étude intitulée « <em>Napoléon et les siens</em> », Haegele nous permet de suivre l’épopée impériale sous l’angle familial du clan Bonaparte.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Très souvent, les passionnés d’histoire napoléonienne suivent et étudient celle-ci en ne prenant en compte que la vision de l’acteur principal de cette tragédie, à savoir Napoléon. En agissant ainsi, ils se placent d’un point de vue partisan. En effet, ils peuvent oublier que les autres héros de l’épopée (frères et sœurs de l’Empereur et les maréchaux par exemple) disposent aussi d’avis différents et de leur libre arbitre. En couvrant d’un voile les pensées des acteurs de l’époque ou en occultant leurs contextes forcément particuliers, les historiens professionnels et amateurs passent sûrement à côté de l’essentiel et commettent irrémédiablement des erreurs d’analyse. L’intérêt de cette passionnante <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/napoleon-et-les-siens/9782262064433">lecture</a> de Haegele réside donc dans ce point précis : suivre l’évolution d’une famille française dans la tourmente révolutionnaire, en prenant en compte chacun de ses membres. N’oublions pas que les Bonaparte ont présidé aux destinées de la France voire de l’Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-nicolas-corvisart-le-medecin-personnel-de-napoleon-ier/24/01/2022/">Jean-Nicolas Corvisart : le médecin personnel de Napoléon Ier</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans la vie d’un individu, qu’est-ce qui compte le plus ? Nous citons Haegele qui écrit dès la première page : « <em>Tout oppose les partisans et les détracteurs du système né de la Révolution, excepté ce petit air : passent les régimes, la famille demeur</em><em>e quoiqu’il arrive</em> ». Il s’agit d’une loi anthropologique non écrite mais fondamentale qui remonte à la nuit des temps. Comment juger ou plus exactement comprendre Napoléon et sa famille ? L’auteur écrit : « <em>Que n’a-t-on pas dit et écrit sur la famille de l’homme dont le destin stupéfia le monde et changea radicalement le paysage européen, qui donna à la France des institutions pérennisées, une monnaie, un code ? A peu près tout et son contraire, mais une image domine toutefois, celle d’un clan avide d’argent, d’honneurs immérités et de dépouilles prélevées sur les cadavres d’antiques monarchies </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le tableau paraît tranchant mais, cependant, reflète-t-il réellement la vérité ? Haegele poursuit son propos de la manière suivante : « <em>Des frères dissipateurs, des s</em><em>œurs ambitieuses et dépravées, des épouses indignes, des cousins sans scrupules et leurs entourages de courtisans… tous traîtres, dilapidateurs et voleurs : voil</em><em>à le portrait peu flatteur que beaucoup n’ont pas hésité à reprendre, à noircir à volonté </em>». Pourtant, comme le précise l’auteur, l’un des grands moralistes du siècle Joseph Joubert avait écrit : « <em>Il est impossible de manier les affaires sans se salir de cupidité </em>». Nous le laissons libre de son propos. Le plus important, nous semble-t-il, n’est pas dans la moralité ou l’immoralité de la famille Bonaparte. La question principale n’est-elle pas de savoir quelle place il faut accorder à la famille de Napoléon tout au long de son illustre et incomparable carrière ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/napoleon-le-crepuscule-de-lempereur/06/05/2021/">Napoléon : le crépuscule de l’Empereur</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">A ce sujet, Haegele estime que « <em>dès le commencement</em><em>, le grand homme de son siècle est attaquable à travers sa famille : la publicité qui est faite de ses infortunes conjugales, les turpitudes avérées ou non de ses frères sont là pour mettre en péril un édifice aussi colossal que fragile, dont la légitimité est contestée. S’ajoute enfin la douloureuse question de l’hérédité et de la survivance. Voilà la faille.</em> » Indépendamment du sujet de la transmission du pouvoir, Napoléon a toujours été considéré comme un parvenu par les vieilles têtes couronnées, même si le Pape Pie VII participa à son sacre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De fait, Napoléon au début de sa carrière souhaite associer sa famille à sa réussite, à ses projets, à ses espérances, d’autant qu’il s’affirme vite comme le chef après la mort de leur père Charles, au grand désespoir de son frère aîné Joseph. Dans les biographies consacrées à Napoléon, Charles, se voit décrit comme un homme absent, lointain voire très effacé. Pourtant, c’était un père aimant ses enfants et un époux tendre, nonobstant des écarts conjugaux réputés. Très vite, Charles a compris que fonder ses espoirs sur une Corse indépendante relevait d’une chimère. Haegele évoque dans de longues pages le contexte géopolitique et intellectuel de la Corse et de l’Europe. Il précise également que les choix décisifs de Charles permettent à ses deux aînés d’obtenir une bourse et de suivre une scolarité sur le continent. La suite est connue…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/">«L’Europe au temps de Napoléon» : l’échec de l’unification raconté par Jean Tulard</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Une fois arrivé au pouvoir, Napoléon conscient des forces politiques en présence décide de rétablir la monarchie à son profit. Haegele note : « <em>Bien évidemment, nul ne peut construire une dynastie sans compter sur l’aide de son propre sang et c’est là le n</em><em>œud gordien de toute l’entreprise complexe et incomparable de Napoléon Bonaparte : ses frères et s</em><em>œurs ont accompagné, soutenu et parfois déterminé ce processus de conquêtes et de constructions civiles et militaires, partageant dès le début les douleurs de l’exil, la remise en cause systématique de leur place dans la société et les blessures d’amour-propre</em> ». Napoléon avait acquis sa gloire par ses propres mérites, mais ses frères et sœurs pouvaient-ils en dire autant ? Il y a peut-être ici un des paramètres qui expliquent la chute finale de l’aventure napoléonienne. Ses frères et sœurs, et nous pensons ici au monologue de Figaro, ne s’étaient-ils pas donnés que la peine de naître ? Louis, un des petits frères de Napoléon, refusait les honneurs et les prébendes en justifiant son choix par la réponse suivante : « <em>Je n’ai pas mérité cela… </em>»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, Haegele précise « <em>qu’il y a une mystique du pouvoir indéniable, qu’aucune Révolution ne pourra jamais abolir, et la force des Bonaparte est de l’avoir instinctivement mise en </em><em>œuvre dès les premiers succès en Italie. C’est la perfection fine de cette mystique qui a permis aux Bonaparte de se hisser au plus haut niveau avec une aisance qui a confondu leurs contemporains, et confond encore aujourd’hui les historiens</em> ». Tout au long de son entreprise, pour convaincre sa fratrie de la légitimité de ses actions, Napoléon parle toujours de « <em>son système </em>» sans vraiment jamais le définir. Toutefois, les Bonaparte ont conquis le pouvoir, et certains oublient que les succès de Napoléon, notamment le coup d’Etat du 18 Brumaire, ont parfois dépendu de ses frères et sœurs…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Haegele nous propose une histoire de l’épopée napoléonienne à la fois originale et pertinente, car elle met en avant des analyses nouvelles sur le système familial impérial loin des images noires et dorées auxquelles certains semblent habitués. Pour finir, nous conclurons par une citation de Napoléon qui nous invite à méditer sur les destinées des Hommes : « <em>On peut s&rsquo;arrêter quand on monte, jamais quand on descend </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_3270" aria-describedby="caption-attachment-3270" style="width: 351px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-3270" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/9782262064433ORI.jpg?resize=351%2C527&#038;ssl=1" alt="" width="351" height="527" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/9782262064433ORI.jpg?w=351&amp;ssl=1 351w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/9782262064433ORI.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w" sizes="auto, (max-width: 351px) 100vw, 351px" /><figcaption id="caption-attachment-3270" class="wp-caption-text">Napoléon et les siens &#8211; Un système de famille &#8211; Vincent Haegele &#8211; Éditions Perrin &#8211; 2018</figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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