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	<title>OTAN - Billet de France</title>
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	<title>OTAN - Billet de France</title>
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		<title>Nathalie Yamb : les aventuriers africains du populisme</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/les-aventuriers-africains-du-populisme/05/07/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Antoine Fourneyron]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jul 2023 06:43:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Kemi Seba]]></category>
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		<category><![CDATA[Russie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 05/07/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/les-aventuriers-africains-du-populisme/05/07/2023/">Nathalie Yamb : les aventuriers africains du populisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 30 juin 2023, l’activiste Nathalie Yamb publiait une vidéo dénonçant la politique du gouvernement mauritanien. Connue pour ses positions anti-françaises, elle fait partie avec le militant suprémaciste Kemi Seba, d’un réseau « d’aventuriers populistes » financé par le réseau d’Evgueni Prigojine sur le continent africain.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’Afrique est un univers en construction. Comme toute renaissance, celle de l’Afrique est pleine de héros, d’aventuriers, de corsaires, de croisés en tout genre. Ce qui caractérise cette catégorie de personnes, c’est ce mélange de démiurgie conquérante et de folie flamboyante. L’Europe a connu ses explorateurs, ses savants, ses artistes. Aux Etats Unis d’Amérique, on a créé le mythe du cowboy solitaire et intrépide qui se lançait à l’assaut de l’Ouest et des sauvages Indiens, et celui du shérif, justicier sans peur et sans reproche, qui assainissait la cité naissante.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/sahel-le-senat-dresse-le-bilan-de-loperation-barkhane/22/07/2023/">Sahel : le Sénat dresse le bilan de l’opération Barkhane</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En Afrique aujourd’hui, parmi les héros « renaissance », nous avons la catégorie des sémillants combattants, shérif des temps modernes, le micro à la place du colt. Ils prêchent à tout vent et récoltent mieux qu’à qui mieux mieux. On peut citer l’influenceuse d’origine suisso-camerounaise Natalie Yamb et le suprémaciste d’origine béninoise Kemi Seba comme les prototypes les plus achevés. Tous deux ont la particularité d’être des agents d’influence russe en Afrique. Une enquête a révélé que Kemi Seba a reçu un total de 440 000 euros entre mai 2018 et juillet 2019 de la part du patron de Wagner, Evgueni Prigojine. De son côté, Nathalie Yamb est interdite d’entrée en France. Paris l’accuse d’encourager le recours à la violence à l’encontre de la présence française en Afrique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Les « nouveaux héros » africains</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ils savent tout, ils ont un mot sur tout, ils décident de ce qui est bon pour l’Afrique, dans une approche d’un populisme et d’une infaillibilité à l’épreuve de tout. La récente vidéo de l’influence Nathalie Yamb sur la Mauritanie l’illustre très bien. Les nouveaux héros de l’Afrique, souvent des citoyens étrangers ont de belles gueules, sont éloquents, et assez intelligents pour précéder le vent et non le suivre, en pompant et en brassant l’air. Que dit madame Yamb sur la Mauritanie ? Deux choses essentiellement. La Mauritanie est le nouveau « cheval de Troie » de l’OTAN en Afrique dans son désir de conquête du Golfe de Guinée. La Mauritanie est « l’enfer de l’esclavage des Noirs par les Blancs ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nathalie Yamb sous le prétexte de la Mauritanie, s’attaque à la France et à l’OTAN qui veulent piller ses richesses et en faire une base militaire. Nous sommes convaincus qu’elle sait quand même que la Mauritanie n’est pas située dans le Golfe de Guinée. L’Occident s’intéresse à cette région pour mettre la main sur ses richesses. Personne ne peut nier cette plate réalité. Même ceux qui se laissent piller pour une raison ou pour une autre le savent. Sous le discours de Madame Yamb, si la Chine le fait, c’est pour empêcher que l’Occident prenne tout. Une partie qui occupe plus de la moitié de son intervention censée mettre en avant le rôle de la Mauritanie dans la signature d’un accord multipartite avec l’OTAN.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’esclavage, une pratique criminelle</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La signature du contrat continue à être un prétexte pour une guerre dont on dira de certaines batailles qu’elles apportent des victoires sans péril et donc des triomphes sans gloire. Beaucoup de ceux qui ont parlé de Mauritanie avant elle, ont parlé d’esclavage. Pour Nathalie Yamb, il a été éradiqué partout dans le monde au XIXe siècle. Pour celle qui habite en Suisse, le monde se réduit à son univers occidental. La vérité sur l’esclavage moderne en Afrique, la voici. Dans tous les pays africains où l’on retrouve les séquelles de l’asservissement, seule la Mauritanie a criminalisé cette pratique d’un autre temps. Aucun autre pays ne l’a fait. On sait ce qui se passe en Libye. Au Soudan, il y a encore peu, les marchés étaient connus. Dans l’imaginaire des pays du Maghreb, le Noir n’existe même pas alors qu’il y a de nombreux descendants de la traite transsaharienne. Le commerce des enfants en Afrique de l’Ouest pour diverses missions n’est un secret pour personne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/benin-une-reussite-economique-en-afrique-de-louest/22/11/2023/">Bénin : une réussite économique en Afrique de l’ouest</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La quête de causes faciles pousse des personnes mal intentionnées ou en manque d’inspiration, à s’acharner sur la Mauritanie, le seul pays africain qui a reconnu l’existence de ce fléau dans sa tradition et qui en admet les séquelles. Elle sait si bien les combattre qu’elle est devenue le laboratoire où viennent s’inspirer ceux qui veulent vraiment faire évoluer cette cause, comme certains experts de l’ONU. Ajoutons à cela cette facilité des Africains et de leurs amis bien-pensants, pour lesquels il n’y a domination et abomination que quand c’est celle du Blanc sur le pauvre noir qui ne saurait se défendre tout seul et qu’il faut préserver, comme toutes les espèces fragiles. Que l’esclavage existe au sein des Poulars ou des Soninkés, cela n’intéressera jamais personne. Que depuis l’indépendance, tous les présidents d’un pays appartiennent à la même caste, celle des nobles, cela ne gêne pas s’ils sont tous des Noirs. On connaît la provenance essentielle des élites dans tous les pays.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un pays indépendant</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La Mauritanie n’est pas dans l’OTAN. Elle n’est pas une base arrière de celle-ci. Coincé entre les géants marocain et algérien, le pays fait face à une menace du Sahel. Il est le plus grand voisin du Mali où sévit une milice dont elle n’aimerait pas voir les retombées rejaillir sur elle. La Mauritanie n’héberge aucune force étrangère sur son territoire et encore moins des milices privées. La signature d’un accord avec l’OTAN s’est déroulée sur le sol mauritanien, mais pas avec la Mauritanie. C’est un accord avec le collège de défense du G5 situé à Nouakchott. Cela ne fait pas de ce pays le supplétif de l’OTAN, ni son cheval de Troie. Se permettre de donner des leçons à la Mauritanie, penser que c’est un peuple domptable, c’est vraiment mal le connaître. Même quand la dévolution du pouvoir se résolvait par des coups d’État, personne n’a jamais pu y déceler la main étrangère.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/il-faut-sauver-le-soldat-allex-recit-et-enseignements-dun-combat-acharne-pour-la-liberation-dun-agent-de-la-dgse/26/01/2022/">«Il faut sauver le soldat Allex» : un combat acharné pour la libération d’un agent de la DGSE</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ce pays est le seul à avoir fait partir l’armée française, dénoncé les accords de défense, à être sorti du Franc CFA et éloigné son minerai de fer et ses zones de pêche de l’ancien allié. Lorsque le Mali a été soumis à un embargo à cause de ses choix d’état souverain, Nouakchott a refusé de suivre le mouvement. Pour clore cette liste loin d’être exhaustive, le mouvement des non-alignés était basé en Mauritanie. La Russie est depuis toujours un allié militaire. Combien de pays du Golfe de Guinée que l’OTAN voudrait conquérir, comme s’il n’y était pas déjà à travers la France, peuvent se prévaloir d&rsquo;un tel palmarès ? Doit-on comprendre que le cheval de Troie de l’OTAN dans le Golfe de Guinée est la signature d’un accord multipartite sur le sol d’un pays qui ne fait pas partie de Golfe de Guinée ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Tout cela fait penser à la croisade d’un autre chevalier blanc occidental, l’ONG Sherpa de maître William Bourdon qui a sorti un rapport au vitriol sur la Mauritanie, sous les ordres de l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, accusé de corruption et mécène de cette ONG civilisatrice de l’Afrique noire. La jeunesse africaine est dans une quête logique de leaders. Mais hélas, elle est insatisfaite par le discours et l’action politiques, et désertée par beaucoup d’intellectuels.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: revert; font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; color: #000000;">Vous avez apprécié l&rsquo;article ? Aidez-nous en faisant un don ou en adhérant</span></p>
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		<title>Guerre en Ukraine : prenons de la hauteur pour comprendre le conflit</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/guerre-en-ukraine-prenons-de-la-hauteur-pour-comprendre-le-conflit/07/03/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Henri Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Mar 2022 09:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
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		<category><![CDATA[OTAN]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/03/2022</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Abasourdis par le déversement d’informations monochromes des chaînes grand-public courant après une surenchère d’images et de commentaires destructeurs de la plus élémentaire objectivité, prenons quelques distances avec eux sur le sujet ukrainien. Le larmoiement dans un flot commun des journalistes et leur adhésion sans réflexion aux thèses de Biden et de ses commis ont fini par en lasser plus d&rsquo;un.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il m’apparaît ainsi que l’action conduite aujourd’hui par la Russie est davantage une guerre indirecte et défensive face à l’OTAN, que contre l’Ukraine. L’Ukraine n’étant qu’un théâtre très visible d’opérations et de prétextes. Il s’agit de ce que nous pouvons nommer un coup d’arrêt à l’expansionnisme américano-otanien. De ce seul point de vue, elle est donc justifiée pour Moscou.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une appartenance à l&rsquo;Occident</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Faisons une remarque essentielle : la Russie appartient à l’Occident traditionnel. Il suffit de relire l’histoire de ces derniers siècles pour le vérifier. Nous autres Français sommes particulièrement bien placés pour le savoir. Elle a été pleinement impliquée dans tous les événements qui ont marqué l’Europe, toujours par le biais d’alliances avec les unes ou les autres nations du continent. Cette implication s’est arrêtée en 1917 avec la révolution bolchevique qui l’a séparée, principalement, de la France et du Royaume-Uni. Seule la période soviétique l’a isolée, ainsi que les pays de l’Europe de l’est, de l’Europe dite de l’ouest, sauf évidemment lors de la seconde guerre mondiale face à la puissance hitlérienne où la part russo-soviétique à la libération de l’Europe a été tout aussi déterminante que le débarquement en Normandie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette période de soixante-dix ans s’est heureusement terminée, mais a provoqué des bouleversements qui empêchent toujours la Russie de retrouver sa nature et redevenir pleinement une puissance européenne. Quand le général de Gaulle parlait d’une Europe de « l’Atlantique à l’Oural », il n’affirmait pas autre chose que l’appartenance de la Russie au monde européen. Or la période de l’utopie marxiste a permis aux États-Unis, pays extérieur au continent, d’asseoir leur domination militaire, politique et financière sur le monde dit « libre ». L’effondrement de l’URSS en 1991, regardé comme leur victoire dans la guerre froide, a développé chez les stratèges étatsuniens une ambition démesurée. Leur orgueil outrancier, leur excessive certitude de détenir la vérité, ou, pour utiliser un terme grec aujourd’hui à la mode, leur hubris, les a amenés à tout faire pour développer une position hégémonique de plus en plus contestable et, d’ailleurs, contestée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une position hégémonique américaine</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ils ont cru pouvoir agir à leur gré dans le monde, imposer leurs principes politiques et économiques en entrainant avec eux, pour une sorte de légitimation de leurs actions, les pays d’une Alliance Atlantique maintenue. Ce furent toutes sortes d’interventions hors de la zone de l’Alliance, qui se soldèrent par des pertes humaines, militaires et civiles, en nombre considérable, des destructions et des échecs; Irak, Syrie, Libye, Afghanistan…avec, à l’appui de leurs opérations, des mensonges éhontés sur les risques que faisaient courir leurs victimes. Ils provoquèrent la dislocation de sociétés et de pays comme la Yougoslavie et contribuèrent à l’affirmation de la menace du totalitarisme islamique. Toutefois, la propagande de Washington, sans véritable possibilité de contestation, réussit toujours à minimiser les faits, voire à les présenter comme des réussites. Dans chacune de ces guerres, contre ses règles constitutives, l’OTAN a été impliquée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette alliance, rappelons-le, avait été créée le 4 avril 1949 pour assurer la Défense de ses membres nord-américains et ouest-européens face à la volonté expansionniste soviétique puis face au Pacte de Varsovie, lui même constitué 6 ans plus tard, le 14 mai 1955. Cette menace et le Pacte de Varsovie disparus, l’OTAN n’avait strictement plus aucune raison d’exister. Cependant il s’est avéré, aux yeux des gouvernements successifs étatsuniens, que l’OTAN représentait un instrument fort commode pour maintenir sous tutelle les pays européens et agir, si nécessaire, hors des contraintes onusiennes et du plus élémentaire respect du Droit international. Sa survie aidait, avant tout, à maintenir l’illusion d’une Russie dangereuse héritière de l’URSS, l’empêchant ainsi de se rapprocher des autres États du continent et de rendre à l’Europe sa force et son rôle. Cette puissante désinformation appuyait le déploiement d’un arsenal considérable hors de toute logique simplement sécuritaire. Il s’agissait de vendre de l’armement, d’imposer des normes communes liant dans la durée les États partenaires, de s’assurer d’une puissance dominatrice et de maintenir les subordinations.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un jumelage UE-OTAN</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Il est patent qu’une conjonction d’intérêts, une sorte de jumelage, existe désormais de manière étroite entre l’UE et l’OTAN. En conséquence nous découvrons, à l’occasion de la crise ukrainienne, un affichage ostentatoire de cette intimité de l’UE avec les États-Unis que nous pourrions retrouver aussi, plus subtilement, dans l’origine et le fonctionnement de cette organisation internationale. Il n’est donc pas étonnant que face à la Russie, une action unitaire décidée par Washington, relayée par ses protectorats européens, ait été pensée et mise en place.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans l’affaire ukrainienne, cette mauvaise foi et cette prétention démesurée à juger et à vouloir gérer le monde, est particulièrement évidente pour qui s’abstrait des images et commentaires médiatiques. Si nous revenons sur l’histoire récente, nous découvrons que le président russo-soviétique Gorbatchev avait reçu, en 1990, l’assurance que les pays de l’Europe de l’est, libérés de la tutelle de l’URSS, ne rallieraient pas l’OTAN. Nous savons ce qu’il est advenu de cette promesse… La Russie d’Europe est désormais presque totalement cernée par des pays incorporés à l’UE et à l’OTAN. La dernière pièce de cet encerclement, le territoire majeur offrant un contact immédiat avec elle, l’Ukraine, devenait donc un enjeu stratégique. Elle apparaissait comme une émanation de la Russie historique et comme voisine immédiate de la nouvelle Russie. Elle en est une nation sœur et la guerre actuelle, malgré les affirmations nationalistes des dirigeants ukrainiens, peut être considérée davantage comme une guerre civile que comme un conflit inter-étatique, tant les imbrications culturelles, économiques et humaines sont grandes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les penseurs étatsuniens y voyaient un atout sérieux pour contenir la Russie en jouant sur cette proximité et cette interpénétration. Si nous faisons un bref aperçu de l’Ukraine depuis la dislocation de l’URSS et son indépendance, nous sommes amenés à constater qu’elle n’a pas réussi à faire son unité et s’est très vite trouvée en proie à la corruption et à des violences internes, ce qui a inévitablement paralysé son développement. Plusieurs fautes majeures ont été commises par ses différents gouvernements qui ont aggravé l’insécurité. La première a été de substituer, l’ukrainien à la langue russe, comme langue officielle du pays ce qui a intensifié la révolte du Donbas peuplé de Russes et mécontenté une part non négligeable du reste de la population. Cette politique a légitimé la récupération de la Crimée, en 2014, par la Russie. Cette province était évidemment russe et n’avait été rattachée administrativement à l’Ukraine qu’en 1956 par Nikita Khrouthchev. Français comme Britanniques savent parfaitement que cette terre est russe s’ils veulent bien se souvenir de la guerre de Crimée (1854-1855) et du siège de Sébastopol, port d’attache de la Marine impériale russe qui menaçait alors la Méditerranée, ou encore du fait d’arme de la prise de la redoute de Malakoff. Époque où le déclin de l’empire ottoman avait aiguisé les appétits du Tsar…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le tournant 2014-2015</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Face à une situation extrêmement délabrée, le gouvernement ukrainien a été obligé d’accepter de signer le 12 février 2015 les accords dits de Minsk II succédant à une première tentative. Ils consacraient la victoire de la Russie en actant la partition de l’Ukraine, la création d’un protectorat russe sur le Donbass partagé en deux « républiques » indépendantes, celle de Donetsk et celle de Lougansk et de fait la neutralisation du pays, ce que souhaitait la Russie. Mais sous l’influence des États-Unis, en juin 2017, le parlement ukrainien adopta une loi stipulant que l’adhésion à l’OTAN était devenue un objectif stratégique de la politique étrangère et de sécurité du pays. L’amendement inscrivant cet objectif dans la constitution ukrainienne entra en vigueur en 2019. La mise en œuvre de l’accord Minsk II, qui était en sommeil durant la présidence ukrainienne de Petro Porochenko, fut relancée en décembre 2019, lors d’une rencontre dite au format « Normandie » entre Volodymyr Zelensky, élu président de l’Ukraine en avril 2019, et les chefs d’États et de gouvernement allemand, français et russe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais en septembre 2020, Volodymyr Zelensky approuva la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine prévoyant le développement du partenariat spécifique OTAN-Ukraine en vue de l’adhésion du pays à l’Organisation. Cette adhésion entrainant, de facto, en perspective, l’adhésion à l’UE… Si cette décision avait été suivie d’effet, l’Ukraine devenue membre de l’OTAN aurait accueilli sur son sol des unités occidentales à la frontière même de la Russie. Ce qui pour Moscou s’avérait, évidemment, inacceptable, tant l’OTAN n’a cessé de prouver son évolution en alliance à vocation désormais offensive au service des intérêts étatsuniens. L’Ukraine aurait été protégée par l’article 5 du traité constitutif de l’Alliance qui affirme qu’une attaque contre un pays membre équivaut à une attaque contre l’Alliance dans son ensemble. Dès lors la Russie et le président Poutine ne disposaient que d’un délai réduit pour agir afin d’éloigner cette menace, d’autant plus que la situation intérieure en Ukraine ne cessait de se dégrader.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Russie avait donc plusieurs raisons d’agir. Elle avait pourtant envoyé des signes sur le retour de sa puissance et sur sa volonté de se protéger et de jouer à nouveau un rôle indépendant puisque « l’Occident » n’avait pas voulu d’elle. Elle avait montré son efficacité en Syrie en raffermissant le régime de Bachar el Assad; elle avait soutenu l’Iran. Et face à nous, Français, elle avait envoyé sa milice para-militaire Wagner, en RCA et au Mali. Ne pouvant se manifester contre les Anglo-saxons, trop solidaires et réactifs, hormis par le rapprochement avec la Chine, elle choisit donc de se montrer dans notre zone d’action traditionnelle. Il s’agissait, sans doute, d’un appel au gouvernement français à plus de circonspection dans ses relations avec elle. Mais la suffisance ou l’incompétence ou encore le tropisme européo-otanien exacerbé des dirigeants actuels, les ont rendus sourds et aveugles à ce signal fort.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Quelles perspectives</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Que va t-il se passer ? Difficile à dire… La guerre s’arrêtera évidemment un jour. Il y aura eu des morts et des destructions, c’est certain. Mais sans doute en bien moindre importance que sous les bombardements américains, français et britanniques au Moyen-Orient. Les sanctions économiques n’auront aucun impact sur la suite militaire et politique de l’opération en cours. D’une part, la Russie a prouvé dans le passé la forte capacité de résilience de son peuple et, d’autre part, ces sanctions atteignent aussi, par ricochet, les économies de ceux qui les ont décidées notoirement celles de l’UE. Or, nous savons combien la finance, dirigée par les Anglo-saxons, est sensible à tout ce qu’elle ne peut contrôler. Gaz, pétrole, matières premières, blé… venus de Russie sont nécessaires, directement ou indirectement, aux économies. Certes, avec le temps nous pourrions nous en passer, en revenant à un système plus protectionniste, mais le monde d’aujourd’hui fonctionne encore dans l’immédiateté et l’interdépendance. À moins que cette crise soit vécue comme une véritable leçon des risques que cette approche mondialisée fait courir et qu’une véritable évolution ne s’ensuive.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Après l’expérience désastreuse du Covid-19 qui mit en exergue les tares du système, il serait possible qu’un prudent changement des relations internationales se mette en place. Le constat des défaites de l’OTAN, de ses provocations et de son inefficacité dans cette crise, pourraient mener à une prise de conscience après la très provisoire illusion d’une unité. Elle pourrait conduire à l’idée d’une alliance militaire européenne et, à terme, à un rapprochement voire une extension de cette future alliance avec la Russie aux ambitions stabilisées par la reconnaissance de la réintégration de la Crimée à son territoire et des républiques du Donbass. Quant à l’Ukraine, elle pourrait, alors, avec la Russie, participer à cette nouvelle approche de la dimension européenne. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. L’OTAN aura perdu, mais certains continueront à y croire et à l’encenser. Il faudra donc que la France et les principales nations européennes investissent dans leur défense, pour peser davantage dans la sécurité du monde, car, depuis la nuit des temps, à la paix succède toujours une guerre, souvent là où l’on ne s’y attend pas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>France-OTAN : la trahison des politiques françaises</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/france-otan-la-trahison-des-politiques-francaises/24/02/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Henri Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Feb 2022 12:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Chirac]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[OTAN]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/02/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/france-otan-la-trahison-des-politiques-francaises/24/02/2022/">France-OTAN : la trahison des politiques françaises</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Alors que le maintien de la France dans l’OTAN pose questions, quelle peut être la position de notre pays à l&rsquo;avenir sur la scène internationale ?</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’OTAN, si nous voulons bien considérer sa substance, n’a plus aucune raison d’être depuis la disparition du Pacte de Varsovie et l’effondrement de l’URSS. Son maintien exprime donc désormais une perspective différente de sa légitime vocation originelle qui reposait sur la défense de l’Occident face à la réelle menace marxiste. Elle n’est donc plus défensive, mais s’est érigée en un instrument entièrement conduit par les États-Unis pour servir leurs intérêts. Elle est un faux-nez, ou plus exactement une caution obligée apportée par une trentaine de pays à la politique impérialiste des États-Unis, sans désormais plus aucune limitation géographique. Seule l’ONU pourrait y voir une concurrence, mais elle est paralysée par le conseil de sécurité où trois pays de l’OTAN, membres permanents, disposent d’un droit de véto. Nous pouvons déceler, dans cette impossibilité de contestation, les limites de cette organisation. La France pendant 44 ans est demeurée à l’extérieur de l’OTAN et a pu, durant toute cette période, assurer sa dimension géopolitique sans encombre, trouvant dans chacune de ses interventions, là où l’offre se présentait, les soutiens et appuis qu’elle souhaitait, surtout pour des raisons davantage de confort opérationnel que de nécessité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elle a bizarrement rejoint cette nouvelle forme d’organisation alors que le mur de Berlin était tombé et que l’URSS s’était écroulée. Cette démarche se traduit, en conséquence, par une adhésion délibérée à cette orientation nouvelle de l’Organisation atlantique. La France se soumet donc à ce qui est, de manière éclatante, une politique agressive des États-Unis à l’égard de tout pays qui pourrait seulement contester leurs choix géopolitiques et leur volonté de domination. Vouloir jouer au gaullisme et afficher ou tenter d’afficher une position différente de celle des États-Unis et de leurs alliés, dans les conflits généralement suscités par Washington, s’avère donc en incompatibilité absolue avec les entraves que la France s’est imposées. Ce n’est pas tenable. La France, dans cette situation ne peut faire autrement qu’avaliser les concepts imaginés outre-Atlantique comme, par exemple, l’emploi d’armes nucléaires tactiques sur le sol européen, d’autant plus que plusieurs centaines d’officiers français sont insérés et impliqués dans les états-majors de l’organisation où la France&nbsp; exerce des responsabilités. Ce simple constat se pose en contradiction flagrante avec notre doctrine de dissuasion nucléaire, c’est à dire d’emploi en ultime recours de ce type d’armement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une responsabilité partagée</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Plusieurs hauts responsables français ont participé à cette trahison de la voie historique et essentielle de la France. Jacques Chirac, pourtant, apparemment, le plus patriote des derniers présidents et le plus proche d’une vision indépendante de la défense nationale, a entamé dès 1995, des négociations pour le retour de la France dans le commandement intégré de l’Alliance, soit dès son arrivée à la présidence de la République. Cette orientation du président de l’époque résonne de manière d’autant plus paradoxale qu’il a, simultanément, lancé une campagne d’essais nucléaires destinés à parachever le perfectionnement de notre arsenal atomique. Nous pouvons nous interroger sur ses motivations. En fait, il ne se trouvait pas isolé dans cette intention de réintégration. D’autres politiques et quelques militaires ayant déjà coopéré avec les Américains sur le théâtre Centre-Europe soutenaient l’idée d’une Europe de la Défense qui aurait constitué le partenaire, à égalité, des forces nord-américaines.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malheureusement, pour cette réalisation, il fallait que les pays européens aient la même ambitieuse intention. Or, aucun d’entre eux ne souhaite, encore présentement, s’éloigner des États-Unis auxquels ils ont quasiment délégué leur sécurité. Aujourd’hui comme hier. Ils révèlent une habitude de dépendance sécuritaire reposant sur une confiance totale, dans les forces américaines, née durant la guerre froide. L’idée française n’avait d’emblée aucune chance de réussir car, s’ajoutait à cette hasardeuse soumission volontaire, le constat que chacun des États européens n’avait pas à investir les sommes qui auraient été nécessaires dans la restructuration et le renforcement de leurs armées. Les autorités françaises s’imaginaient faussement que la France pourrait prendre la tête d’une défense européenne. Ils songeaient ingénument au possible levier de puissance que cette réorganisation offrirait à la France. Cette idée s’avérait d’autant moins pertinente que la désintégration du bloc de l’Est allait précipiter dans l’OTAN des pays, profondément marqués par la domination russe, et voyant dans les États-Unis le vainqueur de cette non-guerre. L’appel à leur protection devenait incontestable. Mais si nous pouvons admettre que Jacques Chirac avait agi avec une intention louable et restait dans une perspective de dimension nationale, il n’en est pas de même de son successeur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le tournant sarkozyste</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Nicolas Sarkozy, en 2007, rencontra George Bush pour ensuite annoncer devant le Congrès des États-Unis le retour de la France dans l’Alliance militaire intégrée. Preuve, si elle était nécessaire, de la souveraineté étatsunienne sur l’OTAN. Il s’agissait d’une démarche symétrique à celle du général de Gaulle qui avait fait savoir, par une lettre au président américain Lyndon Johnson, le retrait de la France. La démarche sans panache du président Sarkozy faisait évidemment penser à un Canossa où l’empereur germanique Henri IV, en 1077, vint s’agenouiller devant le pape Grégoire VII afin de voir levée l’excommunication qui le frappait. Ce retour fut entériné par le Parlement. Or, dès avant cette période, il était devenu patent que l’idée d’une force européenne était vouée à l’échec. La constitution d’une brigade franco-allemande, puis d’un corps européen n’étaient à l’évidence qu’une tentative vaine de structurer une force commune. Le principal partenaire, l’Allemagne, n’avait aucune intention de s’éloigner du chaperon étatsunien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’ailleurs, le Corps Européen où il fallait initialement s’exprimer en allemand ou en français, s’orienta inévitablement vers une structure parfaitement otanienne où l’anglo-américain remplaça l’une et l’autre langue. Quant au président Hollande il ne disposait sans doute pas de l’autorité suffisante pour mener une politique différente. Son successeur, Emmanuel Macron, bien qu’ayant affirmé que l’OTAN se trouvait « en état de mort cérébrale » ne chercha pas à s’en éloigner. Il voulut relancer l’idée d’une armée européenne pour satisfaire quelques européistes de son bord politique, sachant parfaitement qu’il s’agissait d’une utopie. Nous pourrions croire cependant qu’il le fit surtout pour dynamiser cette relation militaire avec les États-Unis, pays dont il se trouve intellectuellement très proche.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un choix qui pose question</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En réalité, ces présidents ont fait preuve, soit d’une absence d’analyse géopolitique, soit d’une allégeance délibérée. Pour peser dans l’OTAN au travers d’un ensemble militaire cohérent il aurait fallu l’appui de l’Allemagne. Or, l’Allemagne n’a strictement aucun intérêt à s’éloigner de la puissance étatsunienne pour se rapprocher militairement de la France. Ce serait un pari risqué. Il lui faudrait réarmer ce qui est hors de propos dans la psychologie d’un pays terriblement marqué par la Seconde guerre mondiale. Pour cette seule raison, nous voyons mal Berlin accepter de partager avec la France, comme certains mauvais analystes ou provocateurs l’ont imaginé, la dissuasion nucléaire qui, en tout état de cause, ne peut être que nationale et relever, pour l’engagement du feu, que d’un seul décideur. À moins que dans cette tentative, l’intention sous-jacente serait d’intégrer la dissuasion française, par ce biais, à la conception étatsunienne d’emploi du nucléaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il faut également admettre que la géopolitique allemande n’est pas la géopolitique française. La France métropolitaine est un carrefour entre les pays du Nord et du Sud. Elle est, par vocation également, tournée vers les mers et océans avec son vaste empire maritime. L’Allemagne, au contraire, s’établit dans une position continentale. Pour cette raison, l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est demeurera toujours, soit sous influence germanique, soit sous influence russe et l&rsquo;intervention des États-Unis, dans la crise ukrainienne, ne sera qu&rsquo;un phénomène circonstanciel. Ils servent, certes, leurs intérêts mais aussi indirectement ceux de l’Allemagne, dont le seul enjeu délicat se situe dans la mise en service du gazoduc <em>Nord stream 2</em> évitant l’Ukraine<em>.</em> Les gouvernants français de ces vingt dernières années ont voulu aller contre cette loi à la fois historique et géographique. C&rsquo;était une absurdité… Les germanistes savent bien que l&rsquo;Allemagne est tiraillée entre le « Drang nach Osten » et la « Sehnsucht nach Süden »<span style="font-size: 15px;"> (</span></span>« poussée vers l’est » et « nostalgie du sud »).<span style="color: #000000;">&nbsp;Entre le possible et le rêve.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Avant la réunification l&rsquo;Allemagne rhénane, catholique, davantage gallo-latine que teutone pouvait éventuellement s&rsquo;entendre avec la France, mais la réunification lui a redonné une dimension confortable, un recentrage prussien et stimulé son penchant Est, inquiétant d’ailleurs, un moment, Washington, qui s&rsquo;est empressé de prendre le contrôle de cette situation dès que l’occasion s’est présentée. Le risque toutefois d’un éloignement des États-Unis, n’était pas grand tant les liens sont solides entre Washington et Berlin. Les États-Unis, étrangers au Continent, soutiennent de fait les intérêts germaniques à long terme. Quant à la Russie, si elle a cherché jadis à s’étendre à l’Est vers l’Asie, c&rsquo;était aussi pour compenser les difficultés qu&rsquo;elle rencontrait, face à l&rsquo;Allemagne, à rester pleinement européenne. Aujourd’hui encore, confrontée à l’annexion politique de l’Est européen par l’UE et l’OTAN, résultant du reflux de l’influence russo-soviétique, la Russie n’a d’autre choix que de se tourner vers la Chine et l’Asie. Le glacis de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est est donc une zone de confrontation naturelle entre Allemagne et Russie où nous n&rsquo;avons pas grand-chose à faire. D’ailleurs, l&rsquo;histoire nous a toujours démontré que notre présence n&rsquo;y avait été que passagère, d&rsquo;autant plus que nous avons rarement respecté nos accords: souvenons-nous de nos relations avec la Pologne, avec la Serbie…En revanche, nos relations avec la Russie d’avant la Révolution de 1917 étaient excellentes étayées par le souci identique de se défendre devant la commune menace allemande.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une position française difficile à tenir</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La seule inquiétude de l’Allemagne dans la crise ukrainienne aura donc bien été le risque de coupure de l’alimentation en gaz qui provoquerait une crise économique. Cette inquiétude ne les poussera pas, pour autant, à modifier leur attitude envers l’OTAN et les États-Unis où ils jouissent d’une considération dont ne dispose pas la France. N’oublions pas que les Allemands ont contribué, autant que les Britanniques, au peuplement d’origine de ce pays et qu’il s’en est fallu d’un rien pour que l’allemand n’y devienne la langue officielle. Les États-Unis n’ont, en fait, quant à eux, aucun intérêt à mettre en difficulté leur allié le plus fidèle sur le continent européen. Certes, ils auraient bien aimé que cette alimentation en gaz, de l’Allemagne, principalement, se fasse d’une autre manière, mais une relation coût-avantage les amène à juger que ce n’est pas de cette façon qu’ils pourront vendre leur gaz de schiste au tarif élevé à la place du gaz russe. Ils préfèreront toujours conserver le dévouement allemand que risquer de s’aliéner l’Allemagne. Elle pourrait alors se rapprocher des idées françaises, malgré ses freins internes, d’une autonomisation européenne en matière de défense. Les États-Unis tiennent à maintenir les européens sous leur tutelle et la création d’une menace russe contribue d’une part à vassaliser l’Union Européenne, à pousser la Russie vers la Chine et ainsi justifier, d’autre part, leur rôle de maîtres de la sécurité du monde avec une industrie d’armement dominatrice et un dollar encore indispensable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La position de la France est devenue inconfortable. Elle a lié sa politique étrangère à la politique étrangère étatsunienne, via l’OTAN dont le champ d’action s’étend désormais au monde entier. Cette situation est la conséquence de l’absence d’analyse géopolitique ou d’un tropisme américain des derniers chefs d’État français. Elle est désormais intenable. Un choix fort devient indispensable. Soit la France renonce totalement à sa politique d’indépendance nationale et à une vision d’une Europe indépendante des États-Unis, soit elle quitte l’Organisation militaire intégrée et prend ses distances à l’égard de l’Union Européenne. Sans pour autant quitter à brève échéance l’Alliance, la seconde solution apparaît, non seulement en mesure de lever l’ambiguïté de la situation présente, mais surtout bien plus conforme à la trajectoire historique du pays. Elle est également bien davantage favorable à sa sécurité, à la promotion de son rôle mondial et à la protection de son industrie d’armement actuellement menacée par l’évolution normative agressive du complexe militaro-industriel américain au sein de l’OTAN.&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le porte-avions « Clemenceau » : une histoire mouvementée</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/le-porte-avions-clemenceau-une-histoire-mouvementee/30/04/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hugues de Courrèges]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Apr 2021 17:01:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Aéronaval]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Poher]]></category>
		<category><![CDATA[Armée française]]></category>
		<category><![CDATA[Clemenceau]]></category>
		<category><![CDATA[Foch]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[OTAN]]></category>
		<category><![CDATA[Porte-avions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 30/04/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/le-porte-avions-clemenceau-une-histoire-mouvementee/30/04/2021/">Le porte-avions « Clemenceau » : une histoire mouvementée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 21 décembre 1957 est inauguré le porte-avions Clemenceau. Cet évènement eut lieu en la présence du ministre de la défense Alain Poher et du fils du « Tigre », Michel Clemenceau. Il est alors le premier porte-avions de construction entièrement française. Peu après suivra le Foch, son « sister-ship ». Ces deux porte-avions en service sous pavillon français jusque dans les années 2000 ont assuré, pendant quarante ans, la capacité de projection du groupe aéronaval français.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Au début des années 1960, le souvenir de la seconde guerre mondiale est encore vivace et les résurgences de tensions sont préoccupantes. La guerre froide bat son plein et la crainte d’une guerre ouverte est dans tous les esprits. C’est à cette période que s’inscrit le lancement du programme Clemenceau. Il correspondait à deux objectifs majeurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/lancien-porte-avions-foch-va-etre-demantele-en-turquie/03/04/2021/">L’ancien porte-avions Foch va être démantelé en Turquie</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Jusqu’à présent, la marine avait l’habitude de réarmer des porte-avions ayant déjà servi dans une marine étrangère. Ce fut notamment le cas pour deux bâtiments de la marine américaine de la classe <em>Independance</em> : le <em>Lafayette</em> (ex- <em>USS Langley</em>) en service dans la marine américaine jusqu’en 1947 et dans la marine française jusqu’en 1963, et le <em>Bois Bellau</em> (ex-<em>USS Bellau wood</em>), cédé à la France en 1953 et retiré du service actif en 1960. L’enjeu était de bâtir un porte-avions strictement français qui relancerait l’industrie navale et qui aurait une capacité d’emport suffisante.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le deuxième objectif était lié aux engagements de la France dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Fondée en 1949, cette alliance militaire transatlantique avait pour but de faire face à la puissance soviétique dans une logique de bipolarisation du monde. Elle est issue de la doctrine « Truman », alors président des États-Unis. Très décriée du fait de la prédominance des américains et de la disparition de sa raison d’être historique, elle reste cependant une des alliances militaires les plus engageantes pour la France.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/le-rafale-fleuron-tricolore-de-larmee-francaise/01/04/2021/">Le Rafale, fleuron tricolore de l’Armée française</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ce cadre, le programme de réarmement de l’OTAN 1950-1954 demandait à la France d’être en mesure de mettre à la disposition de l’alliance atlantique jusqu’à trois porte-avions. En 1949, le conseil supérieur de la marine propose un plan ambitieux visant à doter la France de six porte-avions d’escadre. En 1953, il est finalement décidé de ne construire que trois porte-avions : le Clemenceau, le Foch et le PA 58 Verdun dont la construction fut abandonnée au profit du développement de Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE) supplémentaires. Le Clemenceau est admis au service actif en 1961 et le Foch le rejoindra deux ans plus tard.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le Foch et le Clemenceau ont tous deux un beau parcours au service de la marine, de la surveillance d&rsquo;essais nucléaires aux guerres d&rsquo;ex-Yougoslavie. Mais l&rsquo;évènement le plus marquant du programme est sans nul doute le démantèlement du Clemenceau.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Fin de parcours mouvementée pour le « Clem »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le navire ne connût pas ce que nous pouvons appeler une fin « paisible ». Après avoir effectué sa dernière sortie en mer le 16 juillet 1997, il est désarmé et vendu à la société espagnole Gijonese qui devait le désamianter et le démolir. L’ex-Clemenceau, renommé Q-790, quitte la rade de Toulon en 2003. Très rapidement, il est constaté que le remorqueur le tractant ne fait pas route vers l’Espagne mais vers la Turquie. Face à cette situation, la marine française envoie une frégate surveiller le bâtiment et résilie le contrat passé avec l’Espagne. Après un contrat rompu avec la Grèce, la marine annonce que le Q-790 sera désamianté en France avant de partir pour l’Inde, pays dans lequel il sera démoli. En mars 2005, alors que la fin des travaux de désamiantage apparaît comme imminente, des comités anti-amiante puis des associations écologistes saisissent les juridictions françaises afin d’empêcher le départ du bâtiment. Voyant que les juges laissent partir le navire, celui-ci est infiltré en Méditerranée par deux militants de Greenpeace en vue de dénoncer son transport.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/le-suffren-nouveau-sous-marin-nucleaire-francais-du-programme-barracuda/21/03/2021/">Le «Suffren» : le nouveau sous-marin nucléaire français du programme Barracuda</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En plus du fait que l’ex-Clemenceau restait un matériel de guerre et ne pouvait être traité comme un déchet industriel classique, la récente convention de Bâle (1989) cherchait à encadrer et limiter l’exportation des déchets dangereux des pays développés vers les pays en développement. Ainsi, face à l’alerte lancée par divers groupes écologistes, l’Égypte a temporairement refusé au navire le passage du canal de Suez et le gouvernement Indien a contraint le bâtiment à stationner au large de ses côtes durant plusieurs jours avant d’interdire son arrivée dans le pays. Le gouvernement français fut contraint de le rapatrier à Brest. Cette décision fut prise à la veille de l’arrivée du président Jacques Chirac en Inde et apparaissait comme diplomatiquement essentielle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La fin tant attendue d’une tempête médiatique de plusieurs années</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Finalement, le ministère français de la Défense a annoncé le 1er juillet 2008 que le démantèlement serait pris en charge par la société Able Ship Recycling, sur la rivière Tees au Royaume-Uni. Après un retard de plusieurs mois, l’ex-Clemenceau est finalement démantelé entre 2009 et 2010. D’après un article du Journal économique et financier, le démantèlement complet du bâtiment aura coûté plus de 20 millions d’euros à l’État français. Sans aucun doute, l’histoire de son démantèlement constitue la mission la plus ardue que le bâtiment eut à remplir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/projet-longshot-la-darpa-developpe-de-nouveaux-drones-de-combat-aerien/17/02/2021/">Projet «LongShot» : l’armée américaine développe de nouveaux drones de combat aérien</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Le Foch, quant à lui, a été revendu à la marine brésilienne en 2000. L’âge du bâtiment et son coût de maintenance prohibitif eurent raison de sa courte carrière opérationnelle. Il fut décidé de le démanteler en Turquie le 12 mars dernier. Il est le dernier représentant de ce programme hors du commun qui visait à redonner à la France une capacité aéronavale capable de relever les défis de cette seconde moitié du XXe siècle.</span></p>
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