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	<title>Portrait - Billet de France</title>
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	<title>Portrait - Billet de France</title>
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		<title>Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2025 10:22:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Louis XV]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Poivre]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/06/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-poivre-le-botaniste-manchot-chasseur-depices-de-louis-xv/06/06/2025/">Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Botaniste, explorateur et missionnaire, Pierre Poivre fut l’un des grands aventuriers du XVIIIe siècle. Curieux infatigable, il parcourut l’Asie pour rapporter des plantes rares et briser le monopole hollandais sur les épices au profit de la couronne de France.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La vie de Pierre Poivre commence le 23 août 1719 à Lyon. Issu d’une famille de six enfants, il est le fils de Hilaire Poivre, négociant en soieries.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après de brillantes et rapides études, il suit, auprès des Missionnaires de Saint Joseph, des cours de théologie lors desquels il se fait remarquer. Les Jésuites, appréciant très peu de voir cet esprit sagace s’épanouir en dehors de leurs murs, tentent alors de le convaincre de rejoindre leurs rangs. Alors que ces derniers font appel à l&rsquo;archevêque de Lyon pour les soutenir dans leur tentative, le jeune novice prend la décision de ne pas les rejoindre. Sentant sa volonté et son libre-arbitre contraints, il choisit les Missions étrangères à Paris.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/claude-nicolas-vaudrey-le-complice-du-premier-coup-detat-de-napoleon-iii/03/12/2024/">Claude-Nicolas Vaudrey : le complice du premier coup d’État de Napoléon III</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre poursuit à Paris son instruction en étant également chargé des catéchumènes. Le dessin et la peinture sont perçus par le jeune étudiant, qui s’y intéresse, comme un moyen de collecter des connaissances pour sa patrie lors de ses futurs voyages. Son attrait pour l&rsquo;état de missionnaire est également motivé par la possibilité de voyages et d’exploration de l’Asie, de l&rsquo;Amérique, de l’Afrique et l&rsquo;étude de leurs diverses cultures, afin d’en faire bénéficier l’Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">1741, premier voyage pour la Chine</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les missionnaires, percevant la fougue et le désir du large de leur jeune ouaille, l’envoient le 17 janvier 1741 pour la Chine. Arrivé à Canton, un Chinois qui avait été offensé par des Européens fait parvenir à Pierre Poivre une lettre fallacieuse, censée en apparence lui ouvrir des portes auprès des mandarins. Pierre, porté par son ardeur, présente sa lettre comme « faire-valoir » au premier mandarin venu : il est immédiatement jeté en prison. Derrière les barreaux, il parvient à séduire le vice-roi de Canton par son exemple et ses nombreuses qualités, dont l’apprentissage rapide de la langue. Avec les faveurs du vice-roi, il passe deux ans en Chine à découvrir l&rsquo;intérieur du pays. Son cas marque alors un précédent ; les Français furent dès lors traités plus justement face à la loi, et la Compagnie des Indes y trouva un intérêt certain, forte des relations de Pierre Poivre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1745, Pierre Poivre part de Canton pour rentrer en France. Son voyage se devant d&rsquo;être une aventure, il participe le 5 février au combat naval du détroit de Banca. Lors du combat, un boulet lui arrache la main. Restée sans pansement, la plaie s&rsquo;infecte obligeant le chirurgien anglais à l’amputer. Un séjour forcé de rétablissement permettra au jeune missionnaire de découvrir le commerce des Hollandais et l’importance des épices.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 10 décembre 1746, arrivé sur l&rsquo;Île de France (nom de l&rsquo;île Maurice jusqu&rsquo;en 1810), Pierre Poivre ne se contente pas uniquement de l’aspect commercial de son voyage. Il apporte de nombreuses plantes prêtes à être acclimatées à l&rsquo;île afin de fournir de nouvelles ressources. Le poivrier, le cannelier, divers arbres utilisés pour la teinture et plusieurs espèces d’arbres fruitiers composent sa valise : il est désormais un botaniste explorateur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après avoir quitté Port-Louis le 5 mars 1747, il atteint la France en juin 1748, après de nombreuses péripéties. Pierre Poivre revient avec beaucoup d’observations, mais surtout en étant convaincu de la possibilité et de l’importance d’acclimater des épices fines à l&rsquo;Île de France. Cela permettra à la France de se doter de nouvelles ressources importantes, tout en développant l&rsquo;île et les populations locales. Pendant que la vocation sacerdotale s&rsquo;éloigne &#8211; la célébration liturgique étant devenue compliquée faute de bras, une nouvelle vocation commence à se dessiner.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un explorateur aguerri et un botaniste accompli</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fort des succès de son premier voyage et des intérêts que Pierre Poivre avait fourni à la Compagnie des Indes, un accord est trouvé avec la Compagnie pour mettre en place un comptoir. L’explorateur botaniste a pour projet de retourner à l&rsquo;Île de France afin d’y acclimater des épices fines.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 23 octobre 1748, soit trois mois après son arrivée, il repart pour l’Île de France, qu’il atteint le 13 mars 1749. Il part rapidement après son arrivée pour Huế dans l’actuel Vietnam, afin d’y installer le comptoir. Il rejoint Fai-Foo, en Cochinchine, comme ministre du Roi, avec qui il échange. Le 11 février 1750, le projet de comptoir est suspendu : Pierre Poivre a amassé plusieurs plantes et graines qui sont propres à la germination. Il se doit évidemment de les planter et rentre donc à l’Île de France.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre repart en juin pour divers pays : Manille, Macao, Canton. Il parviendra à collecter dix-neuf plants de muscadier, dont il avait identifié l&rsquo;intérêt dans le commerce des épices fines. Il éprouve des difficultés à atteindre l’Île de France au retour, n’arrivant qu’avec cinq plants de muscadiers.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les girofliers et muscadiers poussaient alors naturellement dans les îles à épices, comme les Moluques, qui étaient sous le contrôle des Hollandais et sur lesquelles la Compagnie néerlandaise des Indes orientales maintenait un précieux monopole. L’explorateur navigue donc dans ces îles pendant quatre mois afin d&rsquo;acquérir ces végétaux de grande valeur.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De retour à Port-Louis, le 8 juin 1755, il constate que le sac de noix de muscade et les graines de girofliers qu’il avait acquis sont inadaptés à la plantation. Pierre Poivre présente avec peu de succès au conseil de l&rsquo;Île de France ses différents travaux botaniques. La mort de l’unique plant qu’il avait rapporté le 8 juin et le manque de soutien du nouveau gouverneur de l&rsquo;île à une nouvelle exploration auront raison de son courage. Découragé par ces insuccès, le botaniste explorateur prend de nouveau le chemin du retour.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/christiane-desroches-noblecourt-une-vie-pour-la-preservation-du-patrimoine-de-lhumanite/15/12/2023/">Christiane Desroches Noblecourt : une vie pour la préservation du patrimoine de l’humanité</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En rentrant, Pierre Poivre fait escale à Madagascar et prélève des plantes pour Bernard de Jussieu, qui est professeur de botanique au Jardin du roi. Il identifiera ainsi le faux giroflier et le muscadier sauvage. À défaut de perdre son dernier bras et de s’ennuyer durant le retour, Pierre Poivre est capturé par… des Anglais qui le ramèneront à Cork, en Irlande. Il rentrera finalement en France le 22 avril 1757.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Retour en France, enfin une vie paisible ?</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De retour en France, Pierre Poivre présente son rapport et est nommé à l&rsquo;Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. Il passe ainsi 10 ans désenchantés dans sa petite propriété campagnarde.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il épousera à 47 ans, Françoise Robin, âgée de 18 ans. Mais le couple ne bâtira pas un foyer aux abords de Lyon : leurs destins convergent vers l&rsquo;Île de France. Après le rachat de l&rsquo;exclusivité de la Compagnie des Indes par le Roi, Monsieur et Madame Poivre embarquent à bord du « Dauphin ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Arrivé sur l&rsquo;île, Pierre Poivre prononce un discours aux habitants et au Conseil supérieur avant d’entreprendre de nombreuses mesures dépassant le cadre du simple botaniste explorateur : recensement, inventaire du port, rachat de celui-ci à la Compagnie, création de nouvelles voiries, développement d’une imprimerie. De nombreuses initiatives seront entreprises pour le bon fonctionnement et le développement de l&rsquo;île.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au cours de ses différentes explorations, Pierre Poivre put observer de nombreux ports insulaires ; il identifie les éléments nécessaires au bon fonctionnement d’une île portuaire, mais surtout d’une île et de sa population. Pierre passera cinq ans sur l’Île de France : deux de ses trois filles y naîtront. Deux expéditions seront organisées, des milliers de noix de muscade et des centaines de girofliers et muscadiers propres à la germination seront rapportés.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rentré paisiblement à Lyon le 20 octobre 1772, dans sa demeure de La Fréta, il poursuit une correspondance avec le botaniste et agronome Jean-Nicolas Céré, afin de suivre l&rsquo;évolution des plantations d&rsquo;épices. Pierre Poivre s’éteint le 14 janvier 1786.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une vie botanique au service du Bien commun</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au-delà de briser le monopole des Hollandais sur le marché des épices, Poivre aura marqué l&rsquo;identité agricole de l&rsquo;Île Maurice, notamment par un jardin botanique où il fit planter ses découvertes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre fut porté toute sa vie par l&rsquo;exploration : sa curiosité, ses quêtes de nouvelles plantes étaient toujours motivées par le service du bien commun. Les habitants des nombreux pays qu&rsquo;il a visités ont été marqués par ses différentes aventures. On peut lire dans ses correspondances des observations pleines d&rsquo;humanité sur la condition de certaines sociétés qui vivaient durement. L&rsquo;intérêt des siens a toujours été une fin en soi ; il n&rsquo;a jamais cherché l’enrichissement personnel.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme Pierre Poivre, cultivons sans cesse notre curiosité pour servir notre prochain !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Yacoub Sidya : l&#8217;homme qui refaçonne la sécurité du continent africain</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/yacoub-sidya-lhomme-qui-refaconne-la-securite-du-continent-africain/09/01/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 20:54:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Yacoub Sidya]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 09/01/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/yacoub-sidya-lhomme-qui-refaconne-la-securite-du-continent-africain/09/01/2025/">Yacoub Sidya : l&rsquo;homme qui refaçonne la sécurité du continent africain</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Discret mais influent, Yacoub Sidya est aujourd’hui l’une des figures majeures de la sécurité privée en Afrique de l’Ouest. Patron de MSS Security et de Phoenix Precious Metals, il a su tisser un réseau d’affaires transfrontalier qui le positionne au cœur des enjeux de protection des sites miniers, du transport de valeurs et de la logistique stratégique. À travers ses actions, il incarne un modèle d’entrepreneuriat africain à la fois audacieux et controversé, naviguant entre succès économiques et cabales d’opposants.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fils d’un ancien ministre mauritanien, Yacoub Sidya suit un parcours académique aux États-Unis, obtenant un diplôme en business management à l’université du Kentucky. Après un passage par le secteur des télécommunications, il fonde en 2005 MSS Security, qui s’impose rapidement comme le principal acteur de la sécurité privée en Mauritanie. Sa percée décisive survient avec l’obtention de contrats stratégiques auprès de multinationales telles que Kinross, ou encore les U.S. Marines et l’ONU, le positionnant comme interlocuteur incontournable des organisations internationales opérant dans la région. Face à des pressions politiques et économiques locales, il choisit de délocaliser ses opérations à Dubaï, où il fonde en 2015 Phoenix Precious Metals, spécialisée dans le transport de l’or et des devises. Ce repositionnement stratégique marque l’internationalisation de son empire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la conquête de nouveaux marchés</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En quelques années, ses activités s’étendent au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Sénégal, à la Guinée et au Congo RDC. Par l’intermédiaire de ses sociétés MSS et Phoenix, il contrôle des segments stratégiques liés à la sécurité et au transport de valeurs. En Guinée, il joue un rôle de premier plan, notamment par sa proximité avec des personnalités influentes, dont le général Mamadi Doumbouya. Cette relation lui ouvre la voie à des projets de grande envergure, comme la création d’une compagnie aérienne privée dans le pays. Cette diversification s’accompagne de l&rsquo;inauguration en 2021 du premier centre de maintenance aérienne privée en Mauritanie, un projet novateur qui renforce son indépendance et son contrôle logistique​. En 2023, le général Mamadi Doumbouya lui accorde la nationalité guinéenne suite à l’évacuation sanitaire de blessés et l’envoi de médicaments lors de divers incidents graves, à l’instar de l’explosion d’un entrepôt de carburant à Kaloum.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-afrique-du-sud-une-traversee-de-johannesburg/23/12/2024/">RÉCIT – Afrique du Sud : une traversée de Johannesburg</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au-delà de la sécurité privée, Yacoub Sidya est un acteur clé du secteur aurifère ouest-africain, grâce à Phoenix Precious Metals. La société assure le transport de l’or pour le compte de sociétés minières internationales, en s’appuyant sur des liaisons aériennes régulières avec Dubaï, une place financière de référence pour le commerce de l’or. Ce positionnement stratégique, qui place Yacoub Sidya au cœur des flux financiers et aurifères d&rsquo;Afrique de l’Ouest, en fait une cible privilégiée des critiques et des campagnes de déstabilisation. Sa capacité à sécuriser des ressources stratégiques telles que l’or et les devises suscite l’intérêt, mais aussi l’hostilité de certains acteurs locaux et internationaux, souvent motivés par des rivalités commerciales ou des enjeux politiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une campagne d&rsquo;accusations ?</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 2018, des accusations surgissent à l’encontre de MSS-Sarl, une de ses filiales, au sujet d’un prétendu « circuit parallèle de transfert de fonds publics » de la Banque Centrale de Guinée (BCRG). Ce dossier, relayé par certaines sources anonymes dans la presse locale, mentionne des placements temporaires de devises sur des comptes privés avant leur retour dans les coffres de la Banque Centrale. Ces allégations n’ont donné lieu à aucune condamnation officielle. Pour ses soutiens, il s’agit là d’une tentative d’instrumentalisation visant à affaiblir son réseau d’affaires.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/union-africaine-mohamed-ould-ghazouani-de-la-temperance-pour-de-vrais-resultats/19/11/2024/">Union africaine : Mohamed Ould Ghazouani, de la tempérance pour de vrais résultats</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les attaques ne s’arrêtent pas là. En 2018, encore, la presse guinéenne fait ses choux gras d&rsquo;une saisie de 77 kg d’or à bord d’un avion appartenant à Phoenix, l’une des sociétés de Yacoub Sidya. Les autorités guinéennes évoquent des exportations supposément non conformes, allant jusqu&rsquo;à accuser la société d’avoir fait sortir illégalement 300 kg d’or par mois depuis les zones minières de Siguiri et de Mandiana. Du côté de Phoenix, la ligne de défense est claire : toutes les opérations sont menées dans le strict respect des législations nationales et internationales. L’entreprise affirme que ses flux sont certifiés et contrôlés par les autorités compétentes. Pour ses partisans, cette nouvelle campagne médiatique orchestrée viserait à ébranler la position dominante de Sidya sur le marché de l&rsquo;or.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">À l’international, Yacoub Sidya fait également face à des accusations de nature économique et commerciale. En 2022, il est visé par un contentieux aux États-Unis avec la société World Telecom Exchange Communications, LLC, qui l’accuse de détournement de secrets commerciaux et de conspiration commerciale. Après plusieurs recours, la cour suprême de Virginie ordonne le paiement de 3,996 millions de dollars. Cette décision, bien que notable, est perçue par ses proches comme l’aboutissement d’un acharnement judiciaire motivé par des intérêts concurrents. Pour certains, ce dossier symbolise les dérives de l’extraterritorialité judiciaire américaine, où les acteurs africains de premier plan deviennent des cibles privilégiées des multinationales cherchant à neutraliser leurs concurrents.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/romuald-wadagni-lhomme-fort-de-leconomie-beninoise/22/09/2024/">Romuald Wadagni : l’homme fort de l’économie béninoise</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ces accusations successives, aussi bruyantes que peu étayées, n&rsquo;entament en rien l’influence de Yacoub Sidya. Les gouvernements, confrontés aux menaces djihadistes et à l’instabilité politique, cherchent des partenaires capables d&rsquo;assurer la protection des mines, des infrastructures critiques et du transport de devises. Cette relation de dépendance mutuelle entre les États et Yacoub Sidya explique la prospérité de ses activités.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Claude-Nicolas Vaudrey : le complice du premier coup d’État de Napoléon III</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/claude-nicolas-vaudrey-le-complice-du-premier-coup-detat-de-napoleon-iii/03/12/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 21:15:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Claude-Nicolas Vaudrey]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon III]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Strasbourg]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/12/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/claude-nicolas-vaudrey-le-complice-du-premier-coup-detat-de-napoleon-iii/03/12/2024/">Claude-Nicolas Vaudrey : le complice du premier coup d’État de Napoléon III</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Claude-Nicolas Vaudrey est un général et homme politique français principalement connu pour avoir aidé le futur Napoléon III dans sa tentative du soulèvement de Strasbourg en 1836.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La fidélité est une vertu, une sorte de compagne qui traverse le temps et qui ne cherche pas toujours la gloire immédiate. Claude-Nicolas Vaudrey incarne cette fidélité auprès du futur Napoléon III après sa première tentative de coup d’État.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un officier des guerres napoléoniennes</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 25 novembre 1794, Claude-Nicolas Vaudrey fait une partie de ses études à l’école Centrale de Dijon. Il monte à Paris et rejoint la prestigieuse école Polytechnique (1802-1804) pour les terminer à l’école d’application de Metz dont il sort en 1806. En tant que lieutenant au 1er régiment d’artillerie à cheval, il prend part aux campagnes napoléoniennes en Italie la même année, puis en Autriche en 1809, où il est capturé par les Autrichiens. Libéré l’année suivante, il est promu au grade de capitaine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">E</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">n 1813, il rejoint la Grande Armée en direction de la Saxe et se fait remarquer lors de la bataille de Dresde, où il est gravement blessé lors d&rsquo;une charge. Élevé au rang de chef d’escadron, il prend part à la campagne de France en 1814, durant laquelle les forces coalisées envahissent le pays. Suite à la première abdication de Napoléon, il est remercié par le gouvernement de la Restauration.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pendant les Cent-Jours, Vaudrey est réintégré dans l&rsquo;armée avec le grade de commandant d&rsquo;artillerie au sein du 1er corps du général et participe à la bataille de Waterloo en 1815. Il défend sa position contre les Prussiens jusqu&rsquo;à ce que ses munitions soient épuisées. Après la deuxième abdication de Napoléon, il est de nouveau remercié par la seconde Restauration. En 1817, il retrouve son régiment d&rsquo;origine et est promu lieutenant-colonel en 1826, puis colonel en 1830. En tant que libéral et passionné par la politique, il se présente aux élections législatives de 1831 à Semur-en-Auxois, mais ne parvient pas à se faire élire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>La tentative du coup d’État du futur Napoléon III</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1836, le colonel Vaudrey fait la connaissance de Louis-Napoléon Bonaparte, neveu du premier empereur et prétendant bonapartiste exilé en Suisse. Ce dernier lui propose de mobiliser les troupes de Strasbourg pour marcher sur Paris dans le but de renverser la monarchie de Juillet et d&rsquo;établir un nouvel empire. L&rsquo;objectif est de rallier sur le chemin tous les déçus du nouveau régime. Initialement prévue pour août, l&rsquo;opération est finalement reportée au 30 octobre. Après avoir rallié son propre régiment d’artillerie, la tentative échoue en raison du refus d’un régiment d’infanterie voisin de participer à ce soulèvement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Louis-Napoléon Bonaparte, principal responsable de l’affaire, est condamné à l’exil en Amérique. La monarchie de juillet ne souhaitait pas faire du neveu de Napoléon Ier un martyr emprisonné en France. De son côté, Vaudrey est acquitté et mis à la retraite en mars 1837. Malgré l’échec du coup d’État et ses conséquences, les relations entre les deux hommes perdurent. Au travers de sa mère, Hortense de Beauharnais, la famille finance la défense du colonel lors du procès et lui lègue un portrait de Napoléon Ier en remerciement de son engagement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Gouverneur des Tuileries, du Louvre et de l’Élysée</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1840, Louis-Napoléon quitte l’Amérique et s’exil en Angleterre où il retrouve le colonel Vaudrey qui le dissuade de tenter un nouveau coup d’État. Le 6 août 1840, le prince tente tout de même un nouveau complot et débarque à Boulogne-sur-Mer où il est de nouveau arrêté. En 1848, la nouvelle révolution dépose la monarchie de juillet. Louis-Philippe se présente à l’élection présidentielle et fort de son prestige est élu à la tête de l’État. Claude-Nicolas Vaudrey sort de sa retraite et se voit nommé commandant de la garde nationale de Dijon, reçoit les insignes de commandeur de la Légion d’honneur avant de rejoindre le nouveau chef de l’État en tant qu’aide de camp. En mai 1849, il est élu député de Côte-d’Or.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après le coup d’État de décembre 1851, sa fidélité est de nouveau récompensée en devenant gouverneur des palais des Tuileries, du Louvre et de l’Élysée. Promu général de brigade en 1852, il est élu sénateur la même année. Le général Claude-Nicolas Vaudrey décède le 11 mars 1857.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille de Laveline]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Nov 2024 21:25:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Gaulle]]></category>
		<category><![CDATA[Colonel Rémy]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert Renault]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 08/11/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le colonel Rémy est l’un des résistants les plus connus de la Seconde guerre mondiale. Proche du général de Gaulle, celui-ci a rompu avec lui lorsqu’il a souhaité réhabiliter le maréchal Pétain.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Il y a eu des admirateurs du maréchal Pétain, des partisans des idées et du principe de la Révolution nationale, des membres des organismes officiels du régime qui sont devenus des résistants à part entière</em> » écrivait Bénédicte Vergez-Chaignon dans son ouvrage <em>Les vichystos-résistants, Paris</em>, Perrin, 2021. Une vision partagée par le colonel Rémy et parfaitement incarnée par François Mitterrand, futur président de la République.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>De la révolution nationale au gaullisme</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 6 août 1904 à Vannes, le colonel Rémy, de son vrai nom, Gilbert Renault, est l’aîné d’une famille de dix enfants élevée dans la tradition catholique. Marqué par ses études chez les Jésuites, il devient sympatisant de l<em>’Action Française </em>sans y avoir jamais adhéré. Il s’engage dans la résistance après le discours du maréchal Pétain : l’armistice aux conditions imposées par les Allemands. Néanmoins, il souhaite rester favorable aux idées de la Révolution nationale proposées par Vichy. Pour lui, la famille et l’éducation sont le noyau d’une patrie victorieuse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Durant l’Occupation, il devient « l’agent secret numéro un de la France Libre » et se retrouve affublé de plusieurs noms de code dont le plus célèbre demeure « Rémy ». Il est le co-fondateur, avec Louis de La Bardonnie, du réseau de renseignement la « Confrérie Notre Dame ». Il s’agit de l’un des réseaux de renseignement les plus développés sur le territoire français de nord de la Bretagne jusqu’à Bordeaux, qui se maintient durant toute la guerre. C’est le réseau de Rémy qui est le premier à établir une liaison radio avec Londres le 17 mars 1941. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est le pivot dans l’alliance entre les communistes et la France libre et découvre en eux des partenaires courageux, organisés et loyaux. <a href="https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/colonel-remy">Rémy</a> effectue de nombreuses missions en Espagne et en France sous différentes couvertures liées à son activité professionnelle : l’industrie du cinéma, avant d’être rappelé en Angleterre pour sa sécurité par Passy, résistant responsable du deuxième bureau des services secrets de la France libre à Londres, dépendant du Bureau Central de Renseignements et d’Action. Il participe aussi activement au Débarquement et à la libération de la France depuis Londres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’instabilité de l’après-guerre</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la fin de la guerre, Rémy est dubitatif face au rôle qu’il doit tenir. La Résistance lui manque, seul le lien indéfectible qui l’unit à de Gaulle l’aide à garder le cap. Le conflit entre Gilbert Renault et le colonel Rémy prend de plus en plus de place dans son esprit.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Profondément ennuyé et peu convaincu par la politique durant toute sa vie, il refuse de rejoindre un quelconque parti et de s’engager jusqu’à la fondation du RPF en 1947 par le chef de la France libre. Fidèle du général de Gaulle pendant toute la guerre et de nombreuses années durant, il devient son bras droit, son confident et ami, après 1945.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’ancien agent secret découvre qu’il n’y a pas eu uniquement la résistance de la France Libre, mais également d’autres, au sein même du territoire français. Il accorde beaucoup d’importance aux nouveaux témoignages qu’il reçoit, et qui le confrontent à une nouvelle vision de la guerre. Rémy est révulsé par la mise en place de l’épuration et le récit de ceux qui sont touchés par cette forme de justice. Par la découverte de ce milieu, Rémy retourne vers ses racines conservatrices et monarchistes, doutant alors de sa place au sein du RPF. Il s’éclipse au fil des semaines et se confronte à l’ambiguïté du général.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 11 avril 1950 est sans nul doute une date charnière dans la vie du colonel Rémy. Il dévoile au grand jour ses convictions enfouies et son nouvel attachement au maréchal dans son article « La justice et l’opprobre » au sein de l’hebdomadaire <em>Carrefour</em>. L’article résonne comme un coup de tonnerre dans le milieu de la Résistance. Il y présente non seulement ses excuses au prisonnier de l’île d’Yeu mais surtout il réclame la révision du procès afin de procéder à sa réhabilitation. Il s’appuie sur différents éléments pour justifier son action sans faire outrage au milieu qu’il côtoie depuis si longtemps.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Rassembler les Français</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il rédige cet article dans l’espoir de retrouver l’unité nationale, et qui de mieux placé que lui, le fidèle du général de Gaulle pour tendre la main aux fidèles du maréchal. Cependant, Rémy commet une bévue qui lui coûte son amitié avec le chef de la France Libre en justifiant ses propos par des conversations privées qu’il a eues avec le général. La thèse du bouclier (maréchal Pétain) et de l’épée (général de Gaulle) dont Rémy s’empare a longuement été discutée et perdure encore aujourd’hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sa tentative de distinction entre le maréchal Pétain et le régime de Vichy est tournée en dérision, et est jugée comme une tentative bien trop précoce dans le contexte historique et politique de l’époque. Étant radié de l’AFL ainsi que du comité directeur du RPF, plus rien ne le retient dans le milieu gaulliste si ce n’est l’admiration et l’affection qu’il continue de porter pour le général.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La présence de l’abbé Jean-Marie Desgranges ainsi que celle des généraux Hering et Weygand, donne à Rémy une ligne directrice à suivre au sein du milieu maréchaliste. Ces personnalités le confortent dans sa démarche et cette vision de la guerre qui l’a poussé à revoir ses convictions. Rémy s’engage pleinement dans ses nouvelles activités avec l’ADMP ainsi que la SAJA, la Société des Amis de Jeanne d’Arc, enchaînant, conférences, écrits et rencontres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une nostalgie conservatrice</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A partir de 1960, Rémy change ses habitudes, il noue des amitiés avec les plus grands maréchalistes : Georges Lamirand, l’amiral Auphan ou encore le général La Porte du Theil. Ils ont tous des raisons supplémentaires pour continuer le combat. Rémy apprécie les hommes d’ordre, de caractère et de conviction, il le prouve à nouveau par l’admiration qu’il voue à Lord Louis Mountbatten, tout comme envers Salazar avec qui il noue une vraie amitié. Toutefois l’ancien résistant doit aussi faire face à plusieurs démonstrations d’animosité de la part du milieu maréchaliste et notamment Jacques Isorni : l’avocat du maréchal Pétain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/benoit-chasseriau-lagent-secret-francais-au-service-de-simon-bolivar/31/12/2022/">Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</a></strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette instabilité relationnelle dans laquelle s’installe Rémy provient aussi de la nostalgie qui l’habite. Il espère toujours cette réconciliation avec le général de Gaulle, lui assurant à nouveau sa fidélité avant d’être profondément déçu par la proclamation de l’indépendance de l’Algérie. Pour Rémy, cela marque définitivement la rupture avec son ancien chef, terminant sa carrière et sa vie en maréchaliste convaincu, bien décidé à se battre jusqu’au bout pour ses convictions. Le résistant de 1940, est désormais bien loin de ses convictions et des propos qu’il tenait durant les années de guerre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Théophraste Renaudot : père du journalisme français et «commissaire aux pauvres du Royaume»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/theophraste-renaudot-pere-du-journalisme-francais-et-commissaire-aux-pauvres-du-royaume/31/05/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 May 2024 15:06:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Théophraste Renaudot]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10508</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/05/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/theophraste-renaudot-pere-du-journalisme-francais-et-commissaire-aux-pauvres-du-royaume/31/05/2024/">Théophraste Renaudot : père du journalisme français et «commissaire aux pauvres du Royaume»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Théophraste Renaudot est un journaliste français et médecin du XVIIe siècle. Fondateur d’un des plus anciens journaux français, <em>La Gazette</em>, il est considéré comme le père du journalisme français. </span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Être protestant, se convertir au catholicisme, devenir médecin royal, journaliste et être nommé « commissaire aux pauvres du Royaume » sous Louis XIII, telle est la vie de Théophraste Renaudot qui fonda le « Bureau des adresses », le Pôle emploi du XVIIe siècle. Un exemple de réussite sociale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La conversion<br />
</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né en décembre 1586, Théophraste Renaudot grandit à Loudun dans une famille protestante du Poitou. L’Edit de Nantes de 1598 assure une certaine protection à la famille lui permettant d’entamer des études de médecine à Paris puis à Montpellier à partir de 1605 où ses qualités scolaires sont remarquées. Malheureusement, il attrape en 1602 les écrouelles qui lui créeront des cicatrices au visage. Diplômé à 19 ans, il profite de son jeune âge pour voyager et se rend en Italie et en Prusse avant de retourner à Loudun et commencer à exercer la médecine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il y croise François Leclerc du Tremblay plus connu sous le nom de père Joseph, la future éminence grise du cardinal de Richelieu, qui l’introduira pour la première fois dans les cercles du pouvoir. De ces rencontres naîtront des discussions sur la pauvreté en France. En 1612, il écrit un traité « Sur la condition des pauvres » qui remontera au conseil de régence de Louis XIII qui le nommera « médecin ordinaire » avant de devenir officiellement « commissaire général des pauvres du royaume » en 1618. Promu à une belle carrière, il se convertit au catholicisme en 1625 et entre dans le conseil de Richelieu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une œuvre de réinsertion</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Entre vagabondage et maladie, la pauvreté fait des ravages en France. Pour Théophraste, la priorité pour lutter contre ces maux est l’accès à l’emploi. Dans ce cadre, il souhaite accentuer les efforts de l’Eglise pour les personnes défavorisées en créant une sorte de « Pôle emploi ». L’objectif est de mettre en relation l’offre et la demande de travail. Il crée donc le « Bureaux des adresses » en 1628 sur l’Île de la Cité près de Notre-Dame de Paris. Dans ce lieu, chaque travailleur ou entrepreneur peut y trouver un emploi ou de la main d’œuvre.<br />
</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La hausse des annonces entraîne la parution de la <em>Feuille du bureau d&rsquo;adresse. </em>Outre les offres, celle-ci répertorie des propositions de services, de ventes ou de locations. Considérant que la santé est essentielle pour travailler, il ouvre un dispensaire gratuit pour les plus modestes et payant pour les personnes aisées. Des cycles de conférences promouvant parfois des traitements novateurs viennent compléter les offres de son adresse parisienne, ce qui attire les foudres de la faculté de médecine de Paris.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le créateur de <em>La Gazette</em></span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 30 mai 1631, Théophraste Renaudot lance le premier périodique français : <em>La Gazette</em>. Il répond à une demande royale de créer un journal sur « le bruit qui court sur les choses advenues ». Même si l’imprimerie existait depuis plusieurs décennies, les nouvelles manuscrites n’étaient assurées en France que par quelques papiers et feuilles occasionnelles. Le périodique de quatre pages se spécialise principalement sur la politique étrangère et les rumeurs de la Cour.</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/albert-londres-portrait-du-pere-fondateur-du-journalisme-dinvestigation/04/05/2020/"> Albert Londres : portrait du père fondateur du journalisme d’investigation </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1635, la Guerre de Trente ans qui fait rage nécessite la diffusion d’informations favorables à la France. Soutenu par Richelieu qui y voit un levier de communication politique, La Gazette obtient un monopole d’Etat. Le succès est au rendez-vous car un supplément, <em>les Extraordinaires</em>, vient compléter le périodique en détaillant des événements majeurs préalablement mentionnés. Le public est friand des récits de guerre, des plans de bataille et de toutes ces nouvelles de l’Étranger. Le décès de Richelieu en 1642 et de Louis XIII l’année suivante font perdre au journal les appuis dont il jouissait.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Fronde installe une période de doute qui entrave la parution du périodique. Dans la continuité de son prédécesseur, Mazarin prend la suite mais ses détracteurs obtiennent gain de cause en 1644 : son « Bureau d’adresses » ferme et Renaudot se voit interdit d’exercer la médecine. Seul son journal subsiste, très utile pour le gouvernement. En 1646, pour le remercier, il est nommé historiographe du roi et bénéficie d’un logement dans les galeries du Louvre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-lazareff-portrait-dun-des-plus-grands-patrons-de-presse-francais-du-xxeme-siecle/05/03/2020/">Pierre Lazareff : un des plus grands patrons de presse français du XXème siècle </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Son décès le 25 octobre 1653 ne signifie pas pour autant l’arrêt de son périodique (devenu <em>La Gazette de France</em> en 1792) qui perdurera jusqu’en 1915. La Première Guerre mondiale stoppera la publication du journal après presque trois siècles de parution. Une plaque rappelle l’emplacement de sa sépulture en l’église Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris<a href="https://ville-loudun.fr/">.</a></span></p>
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		<title>Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2024 15:56:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Germaine de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Madame de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution française]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10373</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Madame de Staël fut sans aucun doute le plus grand esprit féminin de la Révolution française. Fine lectrice des Lumières, critique littéraire avertie, ennemie terrible de Bonaparte, elle influa sur un siècle entier en dévoilant à la France le sentiment allemand, forgeant ainsi un nouvel « esprit européen ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Anne-Louise-Germaine Necker est née le 22 avril 1766 en l’hôtel d’Hallwyll à Paris. Issue d’une famille de protestants genevois très aisée, son père, Jacques Necker, est ministre des finances de Louis XVI de 1776 à 1781. Elle est élevée par sa mère, fille d’un pasteur calviniste, qui lui transmet les conceptions dévotes et encyclopédiques du moment, affichant ainsi une opposition frontale aux injonctions éducatives présentées par l’<em>Émile</em> de Jean-Jacques Rousseau. Le salon de Suzanne Necker est alors un haut lieu de la vie parisienne : y prennent part le naturaliste Buffon, le diplomate bavarois Friedrich Melchior Grimm ou encore le critique suisse Jean-François de La Harpe. Dès quatorze ans, Anne-Louise Necker y tient déjà un cercle et converse, brillant par son latin, son anglais et sa culture littéraire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Auréolée du prestige de son père, Anne-Louise Necker repousse les prétendants les plus prestigieux du monde protestant : l’ambassadeur de Suède Axel de Fersen, propriétaire du Royal-Suédois et correspondant secret de la reine Marie-Antoinette, le général allemand Georges-Auguste de Mecklembourg, beau-frère du roi de Grande-Bretagne George III, le colonel Louis-Marie de Narbonne-Lara, fils naturel de Louis XV ou encore William Pitt, Premier ministre britannique. En 1786, à dix-neuf ans, elle consent à épouser le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur de Gustave III de Suède à Versailles. Aristocrate d’origine immémoriale mais ruiné, le diplomate, âgé de dix-sept ans de plus que sa femme, profite d’une dot confortable et relève son train de vie. Anne-Louise Necker devient alors Germaine de Staël et entre dans le monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Paris : Amours, idées et politique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A l’heure où les femmes des salons font et défont les rois, Madame de Staël accueille le premier mouvement révolutionnaire avec enthousiasme. Son regard change bien vite, à mesure des atrocités que voit naître cette France nouvelle. Elle présente un plan d’évasion des Tuileries à destination de la famille royale dès 1789 et, après la mort du roi, transmet au gouvernement révolutionnaire une défense en faveur de Marie-Antoinette. Le salon de Madame de Staël ouvre dès 1795, en l’hôtel de Suède, rue du Bac. S’y présentent les principales figures de la nouvelle génération, marquée par la guerre d’Indépendance américaine. Outre la réception régulière du marquis de La Fayette, du marquis de Condorcet, du comte de Clermont-Tonnerre ou du vicomte de Noailles, l’hôte la plus courue de Paris se lie avec Mathieu de Montmorency-Laval, qui mène sa croisade contre les Lumières, vit une passion incontrôlable avec Louis de Narbonne-Lara et finance le retour d’exil de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-de-broglie-un-diplomate-espion-promoteur-de-la-fayette/29/09/2022/">Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Attachée à l’unité de l’Europe, elle publie une brochure destinée au Premier ministre britannique, <em>Réflexions sur la paix adressées à M. Pitt et aux Français</em>. Liée avec Benjamin Constant, elle anime à ses côtés l’influent Cercle constitutionnel, théâtre intellectuel au sein duquel se développe l’idée que le Fructidor du Directoire préfigure le Brumaire de Bonaparte. D’abord fascinée par le vainqueur de l’Italie, Germaine de Staël aurait quitté une entrevue outrée, lui ayant demandé « <em>Général, quelle est pour vous la première des femmes ?</em> » et s’étant vu répondre « <em>Celle qui fait le plus d&rsquo;enfants, Madame</em> ». Préoccupée du sort des droits féodaux des propriétaires suisses, elle s’emploie à empêcher la conquête des cantons par l’armée républicaine. Elle est finalement interdite de séjour parisien par Bonaparte, ce qui l’oblige à s’établir à Coppet, auprès de son père. Malgré plusieurs tentatives de retour, elle reste persécutée par la Révolution pour son attachement à la monarchie constitutionnelle, et est contrainte de se réfugier en Suisse à plusieurs reprises, au mépris du statut de diplomate de son mari.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’exil : « Un seul homme de moins et le monde serait en repos »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Eloignée de Paris, Germaine de Staël publie en 1802 son premier roman, <em>Delphine</em>, un ouvrage anticatholique primaire, dont les considérations sur la condition féminine, en net recul depuis la fin de l’Ancienne France, constituent une charge contre le Code civil. Si cette attaque lui vaut un immense succès en Europe, elle signe aussi son éloignement. Après un voyage de plusieurs mois en Allemagne en 1804, où elle rencontre Goethe et Schiller, elle entreprend la rédaction de <em>L’Allemagne</em>, bientôt suivi, dans le même esprit, par <em>Corinne ou l’Italie</em>. Ces deux œuvres majeures constituent la découverte par la France des auteurs allemands et italiens. Si le ton romantique reste tout à fait ancré dans l’époque, la teneur des propos révèle une véritable modernité : celle de l’équilibre entre pensée classique et élans libertaires, la seule qui eut pu mettre un terme aux errements de la Révolution.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avançant avant l’heure l’idée d’un « esprit européen », Madame de Staël pourrait être rapprochée de Tocqueville qui, dans sa <em>Démocratie</em>, présentera la nécessité d’une prise en compte des problèmes ayant provoqué la Révolution mais mettra en garde contre l’inévitable tyrannie de la majorité. Première opposante à Napoléon, qui la fera sans cesse espionner, la nommant « cette folle », elle sera reçue à Stockholm ainsi qu’à Saint-Pétersbourg. Veuve depuis 1802, elle se remarie en 1811 avec un officier genevois, Albert de Rocca, ce qui lui permet d’ouvrir à nouveau son salon, résolument tourné vers la Restauration de la maison de Bourbon et la réalisation de la monarchie constitutionnelle. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lorsque le ministre de la Police, Savary, homme de confiance de Bonaparte responsable de la perte de Cadoudal et de la mort du duc d’Enghien, lui annonce que <em>De l’Allemagne</em> « n’est point français », Madame de Staël lui répond, en héroïne libertaire : « <em>Quelle gracieuse manière d’annoncer à une femme alors, hélas ! mère de trois enfants, à la fille d’un homme qui a servi la France avec tant de foi, qu’on la bannit, à jamais, du lieu de sa naissance, sans qu’il lui soit permis de réclamer d’aucune manière contre une peine réputée la plus cruelle après la condamnation à mort !</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si Germaine de Staël devint l’exemple que l’Empereur ne sut jamais considérer les femmes sans y voir autre chose que des dangers, celle-ci lui montrera toute sa supériorité en lui proposant sa plume lors de l’exil sur l’île d’Elbe. Visitant Joséphine à la Malmaison, elle tentera, à son retour à Paris, de comprendre celui qui manqua le monde. Hélas, l’exil ayant fait de l’opium le support de son génie, Madame de Staël succombe le 14 juillet 1817 d’une hémorragie cérébrale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Inclassable Madame de Staël </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Femme de passion, Germaine de Staël déclencha toute sa vie les sentiments les plus divers. Amante effrénée des plus grands esprits de son temps, elle connut les attaques de tous les partis, des jacobins aux ultras. Huée par les Classiques, elle sera contestée par les Romantiques tardifs qu’elle a pourtant nourri. A la fin du XIXème siècle, <em>De l’Allemagne</em> lui vaut un ressentiment important, lié à la défaite &#8211; d’un Bonaparte ! – qui entraina une peine de cinquante ans envers les Provinces perdues. Les libéraux de tout temps ne lui pardonnant jamais son attachement au roi, les nationalistes n’entendant pas son européisme romantique, Madame de Staël fut, durant le siècle qui suivi sa mort, associée à la polémique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ses écrits purent être oubliés, sans doute plus par froid rejet que par une critique stylistique véritable, laquelle pourrait pourtant être nourrie de bien des observations sur ce romantisme des premiers temps, parfois si sentimental qu’il en devient étouffant. Plus encore que l’oubli de l’œuvre, le temps participa à l’effacement de la Femme, laquelle fut pourtant, au cœur des temps les plus troublés que connu la France, une figure à part entière, bien difficile à cerner. Fille du dernier grand ministre de la Monarchie, élevée dans l’un des salons féminins les plus courus, elle fut de toutes les cours et de tous les cercles, y tenant les premières places. Si, vivante, le monde la manqua, morte, elle le possède.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Mar 2024 19:09:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Fustel de Coulanges]]></category>
		<category><![CDATA[La Cité antique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10164</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/03/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’identité personnelle de Numa-Denis Fustel de Coulanges fut triple. Romain et grec par ses prénoms, breton par son nom, il fut un grand français par son œuvre. Lecteur de François Guizot, il fut le père d’une méthode historique nouvelle, qui influença plusieurs générations, d’Émile Durkheim à Marc Bloch en passant par Jacques Bainville. Avec son ouvrage majeur, <a href="https://editions.flammarion.com/la-cite-antique/9782081223905"><em>La Cité antique</em></a>, Fustel de Coulanges nous invite, encore et toujours, au voyage : « Je ne cours pas à la recherche d&rsquo;une marche oubliée de l&rsquo;Acropole, je vais observer les hommes et ceux d&rsquo;autrefois et ceux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 18 mars 1830 à Paris, Numa-Denis Fustel de Coulanges reçoit à son baptême le nom du deuxième roi de Rome ainsi que celui que l’on attribuait au dieu des Grecs qui fut sans doute le plus « religieux », célébré par l’orphisme. Sa famille, brestoise tout au long du XVIIIème siècle, est issue de la bourgeoisie bretonne et compte, outre de nombreux militaires, quelques notables, industriels ou universitaires. Son père, disparu dès 1832, fut un lieutenant de vaisseau marginal, qui semble avoir trouvé la mort sur les barricades hostiles à la politique du régime de Louis-Philippe. Recueilli par son grand-père maternel, qui le fait admettre d’abord à l’institution Massin du Marais puis au lycée Charlemagne, le jeune Fustel grandit dans l’atmosphère de poudre et de vacarme de la monarchie de Juillet. C’est sans aucun doute à l’ombre des murs de ces temples du savoir parisien qu’il se réfugie avec délectation dans la lecture des leçons de François Guizot sur la Civilisation en France, d’où naît son intérêt pour l’histoire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La révolution de 1848, qui installe la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte, voit l’arrivée au pouvoir du parti de l’ordre, lequel supprime les concours spécialisés d’entrée à l’École normale supérieure. Reçu au concours unique – de lettres- en 1850, Fustel obtient la charge de bibliothécaire et plonge ainsi, se détournant de l’agitation de la rue, dans les trésors de la rue d’Ulm. Il confiera par la suite y avoir acquis un esprit qu’il qualifie de « cartésien », érigeant le doute en méthode. Membre de l’École française d’Athènes de 1853 à 1855, il dirige les fouilles archéologiques de l’île de Chios, encore marquée des combats entre grecs et ottomans. Il publiera à son retour un mémoire d’analyse déjà marqué par le souci du temps long, scrutant une situation historique des temps archaïques aux situations les plus proches. Professeur de seconde au lycée d’Amiens en 1856, dans un monde où les bacheliers sont encore rares et marqués du sceau de l’excellence, il est reçu à l’agrégation de lettres l’année suivante. Le 10 avril 1858, il est adoubé par ses pairs, soutenant ses deux thèses de doctorat ès lettres. La première, rédigée et présentée en latin, porte sur le culte de Vesta, déesse du foyer du peuple romain. La seconde, en français, portant sur l’historien grec Polybe, cette figure de l’élite grecque ralliée à Rome au IIème siècle avant J.-C. et incarnant le sentiment des qualités propres des Hellènes. Numa et Denis étudiants sont devenus Fustel professant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« De la nécessité d’étudier les plus vieilles croyances des anciens pour connaître les institutions »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Titre de l’introduction de l’ouvrage majeur de Fustel de Coulanges, cet axiome, qui n’en est d’ailleurs pas un, résume le fond et la finalité de sa carrière universitaire. Professeur d’histoire à l’Université de Strasbourg, en 1860, Fustel travaille avec Émile Joseph Belot, autre grande figure du romanisme universitaire de l’époque. Il y donne un cours public, renouvelé chaque année et qui s’adresse tant aux étudiants de la Faculté qu’aux élites locales. Son prisme, celui de l’Histoire « première des psychologies et première des sociologies », le pousse à l’exploitation directe des sources, au mépris de l’historiographie : il s’agit de reconstituer la manière dont les sociétés ont pensé en tentant de voir ce qu’elles ont vu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les enseignements donnés lors de l’année 1862-1863, intitulés « De la famille et de l’État chez les Anciens » deviennent en 1864 un livre, <em>La Cité antique</em>. Cette somme de plus de cent analyses particulières menées pendant dix ans propose une analyse des questions de droit privé à Rome, dont le régime de la propriété, prisme de la compréhension des structures familiales et, par extension, des institutions politico-religieuses. Soulignant que les rapports privés constituent la clé d’analyse des mutations politiques, Fustel de Coulanges plonge, soixante ans après le Génie du christianisme, son lecteur au cœur d’une vision du monde antique qui déborda sur l’avènement de la nouvelle religion.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Fort de son extraordinaire succès de librairie – l’ouvrage sera tiré à 5 000 exemplaires en 1865 -, lequel lui permet d’accéder aux éditions Hachette, il cède à la tentation du bon mot afin de rejoindre la rue d’Ulm : « La province a du bon, mais encore n&rsquo;en faut-il pas abuser. Je crains de m&rsquo;endormir ; je deviens paresseux ». Présenté à Victor Duruy, alors encore ministre de l’Instruction publique, il est nommé maître de conférences à l’École normale supérieure, dont il prendra la direction dix ans plus tard. Il se rend régulièrement aux Tuileries afin de donner des leçons à l’impératrice Eugénie, lesquelles constitueront un livre, <em>Leçons à l’Impératrice</em>, réédité jusqu’en 1930.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Des valeurs antiques aux idées politiques : « la patrie, c’est ce que l’on aime »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La vie universitaire de Fustel de Coulanges est interrompue le 2 septembre 1870 par le dépôt des armes de l’empereur Napoléon III à Sedan. Volontaire au service, il porte l’uniforme de la Garde nationale sur les remparts de la capitale. Le retour à la paix, conclue malgré la perte de l’Alsace-Moselle, pousse l’historien vers la polémique. Il s’engage alors pleinement dans la <em>Revue des Deux Mondes</em> de François Buloz, devenu depuis 1848 l’organe littéraire conservateur le plus en vogue dans les milieux intellectuels.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> Le romaniste Theodor Mommsen, réjouit par l’idée de l’unité allemande au point d’en haïr la politique de la France : il figure parmi les premières victimes de Fustel, qui lui consacre plusieurs articles très virulents, le qualifiant d’agent de la « guerre d’envahissement ». Dans l’ombre du traumatisme de 1870, il développe, dix ans avant Ernest Renan, le concept de Nation sur le principe de l’adhésion et non sur celui du sang. Il participe ainsi, avec Hippolyte Taine, à rompre avec la tradition germanophile des milieux parisiens, poussant le débat historique à fournir une nouvelle analyse du commencement des problèmes du siècle, soit à s’intéresser à la Révolution. L’aventure de la <em>Revue des Deux Mondes</em> pousse Fustel dans la bataille des idées, au cœur de la Cité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Fort de longues études menées avec méthode, il développe des thèses favorables à l’aristocratie terrienne et provinciale, balloté entre un sentiment profondément antirévolutionnaire mais rarement vraiment favorable à la figure du roi. Élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques en 1875, il obtient, sur proposition de Léon Gambetta, la première chaire d’histoire médiévale à la Sorbonne en 1878. Deux fois président de l’École normale, il met en place le modèle des travaux dirigés, mettant fin au règne absolu des cours magistraux publics. Pédagogue novateur, il prépare un projet de classes préparatoires littéraires nouvelles, pour lequel il ne sera pas immédiatement écouté mais qui préfigurera, au début du XXème siècle, le modèle actuel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La guerre l’ayant poussé à intégrer à ses études des institutions antiques leurs évolutions franques, Fustel de Coulanges entame la rédaction d’une œuvre monumentale, l’Histoire des institutions politiques de l’ancienne France. Ses préfaces, ouvrant chacun des tomes de cette somme, sont des considérations méthodologiques précieuses, qui modifièrent à jamais tant le rôle de l’Histoire que celui de l’historien. Pénétrée de l’idée de temps long et de nécessité scientifique, il joue un rôle déterminant dans les débats portant, depuis le XVIIIème siècle, sur les origines de l’aristocratie française. Contestant l’idée de conquête franque, Fustel de Coulanges développe en France une tradition romaniste, dépassant ainsi l’opposition artificielle posée par la doctrine entre l’autoritarisme romain et la liberté germanique. Mort à 59 ans, incarnant pour ses élèves une figure de professeur-martyr, qui écrivait dans son lit tordu par la douleur, il ne put jamais achever cette « longue Histoire », allant de l’Empire romain à la Révolution française. Son disciple, Camille Jullian, en achèvera trois tomes, à partir des notes laissées par le maître.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Mort à l’ouvrage de l’artisan de la Cité antique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Fustel de Coulanges consacra sa vie à l’étude des sources historiques. De lui plus que de quiconque est-il sans doute légitime de dire qu’il avait tout lu. Méprisant son corps malade, il mourut jeune, harassé par des années de labeur au service de la seule chose qui ne l’ai jamais dépassé : l’Histoire. Sa postérité immédiate fut forte, <em>La Cité antique</em> devenant le livre de prix des lauréats de l’école républicaine, son esprit hantant les publications de <em>La Revue des Deux Mondes</em>. S’il fut parfois contesté sur le fond, il fut surtout peu aidé par les tentatives diverses de récupération de la génération qui le suivra. Si celles-ci ne manquèrent pas d’à-propos, elles soumirent l’œuvre à la vindicte dans laquelle l’auteur n’avait jamais versé.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/benoit-chasseriau-lagent-secret-francais-au-service-de-simon-bolivar/31/12/2022/">Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Salué pour sa méthode, Fustel de Coulanges nourri par sa vision de l’Histoire l’excellence de la fin du XIXème siècle, parmi laquelle les études médiévales de Ferdinand Lot, les considérations de Jacques Bainville et de Pierre Gaxotte ou encore la conception du Métier d’historien développée par Marc Bloch. Trop peu lu aujourd’hui, Fustel conserve le privilège de l’influence de conception, telle qu’on la ressent dans le tome premier de l’<em>Histoire de France</em> dirigée par Jean Favier, rédigé par Karl Ferdinand Werner. Claude Nicolet lui consacre enfin un chapitre entier de sa <em>Fabrique d’une nation</em>, en faisant « le seul historien français […] à traiter de manière continue et systématique l’histoire de la Gaule romaine et de la Gaule franque ». Plus encore, Claude Nicolet pose la question qui s’impose à tout lecteur de <em>La Cité antique</em>, « Comment oublier Fustel de Coulanges ? »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Décédé brutalement le 12 septembre 1889 à Massy, Fustel de Coulanges laisse un testament aux échos tant philosophiques que spirituels, démontrant l’aboutissement d’une démarche intellectuelle tendant à la complétude. « Je désire un service conforme à l’usage des Français, c’est-à-dire un service à l’Église. Je ne suis à la vérité ni pratiquant, ni croyant ; mais je dois me souvenir que je suis né dans la religion catholique et que ceux qui m’ont précédé dans la vie étaient aussi catholiques. Le patriotisme exige que si l’on ne pense pas comme les ancêtres, on respecte au moins ce qu’ils ont pensé ». Éternellement, Numa Denis Fustel de Coulanges nous montre un chemin à suivre : celui des bonnes idées exprimées par les bons mots.</span></p>
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<figure id="attachment_10175" aria-describedby="caption-attachment-10175" style="width: 288px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-10175" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/03/Fustel.jpeg?resize=288%2C475&#038;ssl=1" alt="" width="288" height="475" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/03/Fustel.jpeg?w=288&amp;ssl=1 288w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/03/Fustel.jpeg?resize=182%2C300&amp;ssl=1 182w" sizes="(max-width: 288px) 100vw, 288px" /><figcaption id="caption-attachment-10175" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La Cité antique, étude sur le culte, le droit, les institutions de la Grèce et de Rome, l’ouvrage majeur de Numa-Denis Fustel de Coulanges. A (re)lire au plus vite.</span></figcaption></figure>
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		<title>Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 08:50:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Dachau]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre de Porcaro]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/02/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Pierre de Porcaro est l’un des cinquante prêtres et séminaristes déportés à Dachau à cause de leur action clandestine au sein des usines du STO. Ouvrier le jour, prêtre la nuit, il y meurt le 12 mars 1945 du typhus, laissant derrière lui un seul exemple : la sainteté.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 10 aout 1904 à Dinan, dans les Côtes-du-Nord, Pierre de Porcaro est le fils d’un officier « mort pour la France » en 1916. Il entre, en septembre 1917, au petit séminaire Notre Dame du Grandchamp à Versailles, puis au grand séminaire de Versailles en octobre 1923. Lors de sa retraite d’ordination, en 1929, Pierre de Porcaro écrit : « Il faut que je devienne un saint. C’est le seul moyen de m’assurer plus tard un ministère fécond. Je crois pouvoir le dire en toute sincérité : j’ai soif des âmes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès son ordination, Pierre de Porcaro est nommé professeur au Petit Séminaire de Versailles, où il cumule les fonctions de maître de chapelle et professeur d’histoire. Mélomane et musicien, il maîtrise tout le répertoire sacré et enregistre les cantiques chantés par ses séminaristes sous sa direction. Il développe le théâtre et, préoccupé par la crise des vocations, s’investit pour la jeunesse, donnant plus de deux cent conférences pour près de trente mille adolescents. Nommé vicaire de Saint-Germain-en-Laye en 1935, il est préposé à la jeunesse et y reprend la Passion, qu’il joue devant des foules de spectateurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un prêtre dans la « drôle de guerre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 3 septembre 1939, à dix-sept heures, la France entre en guerre. Pierre de Porcaro rejoint son unité, le 15ème bataillon du génie de la VIIIème Armée, chargé de compléter la ligne Maginot près d’Altkirch. Comme ses frères Yves et André, il apprend sur le front la mort dans un accident d’avion de son ainé Jean. Dans cette drôle de guerre et jusqu’à l’armistice du 17 juin 1940, la jeunesse européenne assiste à l’agonie du vieux monde des années trente et, dans sa grande majorité, reste spectatrice médusée. A Pâques, aucun homme ne communie auprès du père de Porcaro : tout, même la foi, semble suspendu, attendant sa fin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-lherminier-un-officier-de-marine-qui-refusa-le-sabordage-de-la-flotte-en-1942/31/03/2022/">Jean l’Herminier : un officier de marine qui refusa le sabordage de la flotte en 1942</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fait prisonnier le 23 juin, Pierre de Porcaro s’évade et rejoint librement une colonne de prisonniers marchant vers Colmar. Trente prêtres français célèbrent la messe pour huit mille prisonniers au sein de l’Empire allemand. Malgré des espoirs chimériques de libération, les soldats sont déplacés, toujours plus à l’est. Strasbourg puis Stuttgart, où le train les emmène au stalag V-A. Le 3 septembre, sélectionné avec les soldats bretons, Pierre de Porcaro est désinfecté puis transféré au stalag IX B. Révolté, il prend, le jour de la Toussaint, la ferme résolution d’achever son ministère : il développe un cercle liturgique, célèbre la messe quotidiennement et poursuit la formation des séminaristes qui l’accompagnent. Libéré le 25 juillet 1941, il rentre à Saint-Germain-en-Laye et lance les fondations d’œuvres en faveur des femmes de prisonniers.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aumônier clandestin volontaire pour le STO</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 16 avril 1943, une lettre de Monseigneur Rolland-Gosselin demande à Pierre de Porcaro de repartir clandestinement en Allemagne comme ouvrier-aumônier du Service du Travail Obligatoire (STO). Sans même rencontrer son évêque, le vicaire de Saint-Germain-en-Laye a déjà dit oui. Il écrit « Oui mon Dieu, j’accepte avec toute la volonté possible, tout, y compris d’en mourir, de mourir sur une terre étrangère, loin de tout, loin de tous ». Sa mère, déjà affectée par la perte de l’un de ses fils et par la captivité des deux autres, accepte avec une grande dignité le départ de Pierre, écrivant « nous pouvons être fiers de lui, il est le digne fils de son père ». Après un mois de visites auprès de sa famille, Pierre de Porcaro rédige son testament.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Arrivé le 15 mai 1943 à Dresde, il accompli sa mission d’infiltration du STO et exerce son apostolat auprès des ouvriers français au sein d’une usine de carton. Rapatrié en France à la suite d’un accident du travail, il apprend depuis Saint-Germain-en-Laye les arrestations des responsables des Jeunesses ouvrières chrétiennes du STO dues au décret Kaltenbrunner du 3 décembre 1943. Se sachant dénoncé par un ouvrier, il repart, conscient des risques qu’il encourt. Interdisant à son frère de donner le nom de son Judas, il est arrêté le 11 septembre 1944 puis est déporté au camp de concentration de Dachau. Dans sa dernière lettre envoyée avant de mourir, il écrit « Quoiqu’il arrive, tout se passera dans l’amour ». Malade et épuisé, il exerce son ministère et meurt du typhus le 12 mars 1945. Il avait quarante ans.Durant la durée de la guerre, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés à Dachau et occupent ce que l’Histoire retient comme « les baraques à prêtres ». 1 034 d’entre eux y laisseront leur vie, faisant de Dachau le plus grand cimetière de prêtres catholiques au monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Appel à la sainteté</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1988 est ouverte une cause collective de béatification à l’intention des cinquante victimes françaises de la persécution nazie lancée en septembre 1943 en application de la décision de rechercher et emprisonner tout prêtre, séminariste ou scout exerçant un apostolat au sein du STO. Pierre de Porcaro étant déclaré martyr de l’Église catholique, une preuve miraculeuse n’est pas exigée. Dans son hommage funèbre, le père Edmond Cleton de Lille y décrit l’abbé de Porcaro comme « l’un des plus capables ; le plus gai, le plus serein d’entre nous. Il rejoignit le père Dillard libéré le premier de Dachau. Tous deux volontaires des galères, témoins du Christ au milieu des exilés, aimés de tous. Ils nous laissent dans la tristesse humaine, mais dans l’espoir du ciel ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10076" aria-describedby="caption-attachment-10076" style="width: 202px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-10076 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="202" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?w=672&amp;ssl=1 672w" sizes="(max-width: 202px) 100vw, 202px" /><figcaption id="caption-attachment-10076" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Guillaume Zeller, <a href="https://www.tallandier.com/livre/la-baraque-des-pretres/">La baraque des prêtres. Dachau, 1938-1945</a>. Le récit de la vie quotidienne des 2 720 religieux ayant été emprisonnés dans le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 21:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 30/01/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Chirurgien de Marine devenu dandy, Eugène Sue inaugure sous la monarchie de Juillet le genre du roman social au travers d’une fresque monumentale, Les Mystères de Paris. Bourgeois converti au socialisme, il laissera une empreinte littéraire indélébile, Théophile Gautier allant jusqu’à prétendre que « des malades ont attendu pour mourir la fin » d’une œuvre qui constitue d’abord le Mystère d’un homme.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 26 janvier 1804 et mort le 3 août 1857, Marie-Joseph Sue accompagne le Bonaparte du sacre et s’éteint alors que celui du coup d’État déroule à la face du monde la grandeur du Second Empire. Il est le fils de Jean-Joseph Sue (1760-1830), chirurgien de la Garde impériale fait chevalier d’Empire et devenu médecin personnel de Joséphine de Beauharnais, de Joseph Fouché puis de Louis XVIII. Grand serviteur de la dynastie qui ouvre le siècle, Jean-Joseph Sue offre à son fils, grâce à un poste de médecin chef de la maison militaire du roi, les plus belles relations qui puissent être nouées en 1815. Déjà filleul de Joséphine et d’Eugène de Beauharnais, Marie-Joseph Sue entre au lycée Condorcet, où il développe son impertinence. Quittant cet environnement qui l’ennuie en 1821, il est placé par son père comme stagiaire de la Maison militaire du roi, qui l’envoie en 1823 aux hôpitaux de Bayonne. Aux portes de l’Espagne, il soigne les blessés de Trocadéro puis est affecté à Cadix. Le soleil andalou lui inspire une première œuvre, théâtrale, qui sera jouée devant les notables de la ville en l’honneur du sacre de Charles X.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9938" aria-describedby="caption-attachment-9938" style="width: 345px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-9938 " src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?resize=345%2C459&#038;ssl=1" alt="" width="345" height="459" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?w=612&amp;ssl=1 612w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w" sizes="(max-width: 345px) 100vw, 345px" /><figcaption id="caption-attachment-9938" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Portrait de Jean-Joseph Sue, chirurgien en chef de la garde impériale et de son fils, à qui il se dispose à donner une leçon de botanique, portrait présenté par Adèle Romany au Salon de 1810. Une plongée au sein de la haute société bourgeoise de l’Empire.</span></figcaption></figure>
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<p><span style="color: #000000;">Démissionnaire en 1825, il rentre à Paris et tente de noyer sa passion littéraire dans les journaux <em>La</em> <em>Nouveauté</em> et <em>Le</em> <em>Kaléidoscope</em>, où paraissent de premiers textes. Moins d’un an plus tard, il répond à l’appel des combats navals et s’embarque en tant que chirurgien, d’abord vers le Pacifique puis en parcourant les mers, des Antilles à la Méditerranée. Témoin en 1827 de la destruction de la flotte ottomane lors de la bataille de Navarin, dernière bataille navale de la marine à voile, il s’éprend en 1828 d’une femme antillaise qui le soigne de la fièvre jaune. Familier du bleu des flots, des clartés d’âmes comme des rougeurs du sang, le jeune officier quitte le service actif après cinq années de course vers le destin.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">A vingt-six ans, en 1830, il devient Eugène Sue, héritier de la superbe fortune familiale. Dandy couru par le Tout-Paris, « le Beau-Sue » noue une solide amitié avec le peintre de marine Théodore Gudin (1802-1880), déjà influencé par l’école anglaise. Alors que la France succombe au séjour parisien de Fenimore Cooper (1789-1851), auteur de The Red Rover et de The Water Witch, Sue obtient ses premiers succès en plongeant dans sa mémoire guerrière, d’où émergent successivement, entre 1830 et 1832 Kernok le pirate, El Gitano, Atar-Gull et La Salamandre. Membre dès 1834 du Jockey Club, il érige le snob en profession et dilapide son patrimoine en sept ans. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Encouragé par les critiques enthousiastes de Balzac et des lecteurs de La Mode, remarquant son pouvoir satirique, Eugène Sue décide de faire du métier d’écrivain sa passerelle vers la gloire. Le critique littéraire Sainte-Beuve (1804-1869) souligne le choix maritime de Sue en déclarant que celui-ci avait, pour l’éternité, « l&rsquo;honneur d&rsquo;avoir risqué le premier roman français en plein Océan, d&rsquo;avoir le premier découvert notre Méditerranée en Littérature ! ». La plume d’Eugène Sue se veut acérée, révélatrice des mœurs les plus basses comme sublimant l’ordinaire des gens de bien. Hélas, après une décennie de succès, il ne parvient pas à accrocher au roman historique et connaît un échec monumental avec une <em>Histoire de la Marine</em> en cinq volumes, parus de 1835 à 1837.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;">La plume qui perça <em>Les Mystères de Paris</em></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Rarement, et sans doute jamais, une œuvre littéraire ne fit trembler quotidiennement une société. Même les gens qui ne savaient pas lire, dira Théophile Gautier (1811-1872), trouvaient le moyen de connaître des aventures du distingué grand-duc Rodolphe, travesti en ouvrier redresseur de torts. Publiés de juin 1842 à octobre 1843 au sein du Journal des débats, l’un des principaux organes libéraux de la monarchie de Juillet, <em>Les Mystères de Paris</em> paraissent en feuilleton et inaugurent le genre du roman social, s’intéressant aux classes laborieuses. D’abord presque gêné de sa propre conversion aux histoires populaires, Eugène Sue est rapidement dépassé par son œuvre, qui entraine son héros, aux côtés du Chourineur, bagnard à la violence repentie, et d’une myriade de personnages aux vices aléatoirement corrigés ou multipliés, au beau milieu du plus grand théâtre du XIXème siècle : les rues de Paris. Premier roman-feuilleton à grand succès, <em>Les Mystères de Paris</em> constituent un exercice littéraire repris dans l’Europe entière et que Dumas auréolera au travers du <em>Comte de Monte-Cristo</em> (<em>Le Journal des débats</em>, 1844-1846) et des <em>Trois Mousquetaires</em> (<em>Le Siècl</em>e, 1844).</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Avec <em>Les Mystères de Paris</em>, Eugène Sue décrit une crèche laïque, vivante d’aspirations, dépassant maintes fois le manichéisme attendu en laissant libre cours à l’émotion. Balançant sa plume entre représentations et imaginaires bourgeois et restitution des malheurs et aspirations du petit peuple parisien, l’auteur réalise son propre fantasme de dandy confronté au réel, un non-sens apparent qui reflète une lente conversion au socialisme. Adulé par ses lecteurs, Eugène Sue se hisse en 1843 au sommet de la gloire : il est assimilé à son héros, auquel sont adressées chaque jour des lettres implorant bonnes œuvres et déroulant sollicitations, pour lesquelles l’auteur se ruine.</span></p>
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<figure id="attachment_9939" aria-describedby="caption-attachment-9939" style="width: 336px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-9939" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=336%2C508&#038;ssl=1" alt="" width="336" height="508" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=677%2C1024&amp;ssl=1 677w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?w=695&amp;ssl=1 695w" sizes="auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px" /><figcaption id="caption-attachment-9939" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Le Prince Rodolphe, héros des <em>Mystères de Paris</em>, dessiné par Pierre-Gustave Staal (1817-1882) en 1850. On notera que le dessinateur s’emploie à opposer le mouvement du corps et du vêtement : représenté dans une pose aristocratique, il arbore un visage aux traits des plus fins, ce qui contraste avec son habit typique d’ouvrier parisien. Il est la figure du prince immergé dans l’univers fantasmagorique des bas-fonds.</span></figcaption></figure>
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<h3><span style="color: #000000;">Un créateur de héros populaires devenu porte-parole du petit peuple</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Plus que le brillant peintre d’une époque, Eugène Sue décide d’en devenir le critique. Devenu le héraut mythique du peuple de la rue, il est élu député de la Seine le 28 avril 1850, se déclarant républicain et socialiste. La légende atteint son paroxysme : Paris raconte que, lors de la rédaction des <em>Mystères de Paris</em>, Sue, manquant un jour à ses obligations de membre de la Garde nationale, fut emprisonné et dut son salut au maréchal Jean-de-Dieu Soult, Président du Conseil sous Louis-Philippe Ier, qui refusait que le feuilleton se trouve interrompu. La méthode d’Eugène Sue est la clé de compréhension de l’œuvre.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/">David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs»</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;"> S’appuyant, outre l’observation, sur les enquêtes du médecin Alexandre Parent du Châtelet (1790-1836), qui, préfigurant la sociologie empirique, publie en 1836 une monumentale étude hygiéniste intitulée <em>De la prostitution dans la ville de Paris</em>, Eugène Sue plonge au cœur des problématiques du siècle. Avec l’utilisation Tableau de l&rsquo;état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie du médecin Louis René Villermé, paru en 1840, il contribue à faire éclater les scandales du monde aux yeux du grand public. C’est cette connaissance scientifique, profonde et millimétrée des difficultés des habitants du Paris encore médiéval de l’île de la Cité qui fonde la popularité des <em>Mystères de Paris</em>. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le deuxième grand succès de l’auteur, <em>Le Juif errant</em> (<em>Le Constitutionnel</em>, 1844-1845) vérifie le poids du roman-fleuve, s’immisçant au milieu du débat sur l’enseignement secondaire et suscitant une réprobation populaire pour les méthodes jésuites. Le genre du roman social parisien se trouve ainsi bouleversé, surpassant ses premiers entrepreneurs, Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) et son <em>Tableau de Paris</em> ou Nicolas Edme Restif de la Bretonne (1734-1806) et ses <em>Nuits de Paris</em>. Vingt après Eugène Sue, sous la plume de Victor Hugo, le personnage de Fleur-de-Marie deviendra celui de Cosette dans <em>Les Misérables</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Refusant l’orientation anti-libérale du régime, Eugène Sue s’engouffre en 1849 dans un nouveau feuilleton, <em>Les Mystères du peuple</em>, dont l’exergue est « Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l’insurrection ». Censurés par le gouvernement du prince-président, mis à l’Index de Rome, condamnés par les évêques de France, les feuillets de cette nouvelle fresque sont traqués par la police et leur publication réduite à de discrets envois postaux. Eugène Sue fuit le coup d’État du 2 décembre 1851 et s’installe au sein des libéraux États de Savoie.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">S’il entretiendra une certaine réserve, tentant encore une dizaine d’œuvres, romans sociaux ou ouvrages historiques teintés de révolte politique, Eugène Sue ne parvient jamais à emprunter le chemin que dessine, à coup de modernité galopante, l’empereur Napoléon III. Une fois l’œuvre des <em>Mystères du peuple</em> achevée, en 1857, 60 000 exemplaires sont saisis et détruits. L’imprimeur et l’éditeur sont condamnés à la suite du réquisitoire terrible du procureur Pinard (1822-1909), déjà tombeur de <em>Madame Bovary</em> et des <em>Fleurs du Mal</em>. Eugène Sue, sous le choc, se laisse mourir : il a cinquante-trois ans. Sa seule consolation, posthume, sera celle d’avoir provoqué un rassemblement sans précédent à Annecy lors de ses obsèques, pourtant célébrées à six heures du matin afin de prévenir tous troubles. Inhumé civilement, « en libre-penseur », Eugène Sue fut l’une des clés du Mystère français.</span></p>
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<figure id="attachment_9953" aria-describedby="caption-attachment-9953" style="width: 351px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9953" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?resize=351%2C576&#038;ssl=1" alt="" width="351" height="576" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?w=351&amp;ssl=1 351w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?resize=183%2C300&amp;ssl=1 183w" sizes="auto, (max-width: 351px) 100vw, 351px" /><figcaption id="caption-attachment-9953" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;"><em>Les Mystères de Paris</em> d’Eugène Sue sont réédités pour la première fois au format poche en 2023 aux éditions 10/18. Plus de 2 000 pages découpées en quatre volumes, vendus moins de dix euros.</span></figcaption></figure>
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		<title>Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 22:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Édouard Corniglion-Molinier]]></category>
		<category><![CDATA[Indochine]]></category>
		<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Édouard Corniglion-Molinier combattit lors de deux guerres mondiales, produisit au cinéma cinq films et fut plusieurs fois ministre. Sa vie constitue un témoignage du bouleversement que fut l’aviation pour une génération de chevaliers célestes qui, d’une guerre à l’autre, firent démonstration de leur goût pour l’aventure.</strong></span></p>



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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né à Nice le 23 janvier 1898, Édouard Corniglion refuse, malgré de brillantes études secondaires, le chemin tracé pour lui par son père notaire. Au sein du lycée Masséna de Nice, il fait la rencontre de Roland Garros, son aîné de dix ans et trublion débarqué de Cochinchine. Ce dernier l’initie au football, à la bagarre, à l’aviation mais surtout à l’école buissonnière, ce qui lui permet d’assister au fameux meeting aérien de Nice d’avril 1910, lors duquel il réalise son baptême de l’air. Issu de la même génération que Hubert Latham, Jorge Chávez ou Georges Legagneux, tous pionniers de l’aviation fauchés dans les airs avant 1914, Édouard Corniglion découvre, parcourant les salons aériens, sa véritable vocation. Dès l’âge de 17 ans, Édouard Corniglion, qui portera aussi le nom de sa mère, Anne Molinier, rêve de s’engager.</span></p>



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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/roland-garros-portrait-dun-aviateur-qui-donna-son-nom-a-un-terrain-de-tennis/28/02/2021/">Roland Garros : un aviateur qui donna son nom à un terrain de tennis</a></span></strong></p>



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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès 1915, encore âgé de seize ans, il maquille son état-civil et s’engage au 27ème bataillon de chasseurs alpins. Face à l’insistance de son père, il rejoint très vite la cavalerie et passe au 5ème régiment de dragons à Saumur. Un mois plus tard, il demande sa mutation dans l’aviation et décroche son brevet de pilote de chasse à Ambérieu, le 27 avril 1916. Brigadier, il est envoyé en Italie et intègre l’escadrille N392 où il combat les austro-hongrois dans le ciel adriatique. Il se porte volontaire pour toutes les missions, d’observation, de bombardement ou de chasse et obtient plusieurs victoires, malgré une blessure et le paludisme. Démobilisé avec le grade de sous-lieutenant en 1919, décoré de la Légion d’honneur et médaillé militaire, il est le plus jeune pilote de chasse français de la guerre, l’un des seuls rescapés d’une génération d’as qui comptait Georges Guynemer, Maurice Boyau, Michel Coiffard et tant d’autres.</span></p>



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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-9727"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="464" height="276" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?resize=464%2C276&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-9727" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?w=464&amp;ssl=1 464w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?resize=300%2C178&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 464px) 100vw, 464px" /><figcaption class="wp-element-caption"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nieuport 23 d’Édouard Corniglion. L’avion porte le juron vénitien qui est sa marque de reconnaissance : « Ocio ! Fiol d&rsquo;un can » (« Attention ! Fils de chien. »). ©Collection Paolo Varriale</span></figcaption></figure>



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<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Entre-deux-guerres : des rêves plein la tête</span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Docteur en droit et licencié ès lettres après-guerre, Édouard Corniglion-Molinier est peu emballé par la perspective paternelle. Fasciné par le Napoléon d’Abel Gance, l’un des derniers chefs d’œuvre du cinéma muet, il achète en 1927 les studios Victorine de Nice, où se rencontreront Marcel Carné et Jacques Prévert, duo iconique du cinéma d’entre-deux-guerres. Après l’adaptation du roman d’Antoine de Saint-Exupéry Courrier Sud (1937), il produit Drôle de drame (1937), devenu un classique par le célèbre « Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre » prononcé par Louis Jouvet. Lié à André Malraux depuis 1934, il produit son unique film, <em>Espoir, sierra de Teruel</em>, interdit en Espagne et censuré en France. Collaborateur du journal <em>Paris-Soir</em> puis de <em>L’Intransigeant</em> dans les années 1930, il participera en 1945 à la fondation du magazine <em>Point de Vue</em>.</span></p>



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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></span></strong></p>



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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le regard toujours tourné vers les cieux, il accepte en 1934 ce qu’Antoine de Saint-Exupéry et Jean Mermoz ont refusé : accompagner André Malraux sur les traces du royaume de Saba. Sans plan de vol, sans autorisations, sans connaissances archéologiques précises, ils éprouvent leur amitié au Yémen, vivant mille aventures. Sans jamais rapporter de résultats, ils deviennent les héros du magazine de comics américain Argosy, alors célèbre diffuseur de la série Tarzan. En 1936, aidés par Jean Moulin, le duo inséparable livrera des avions aux républicains espagnols. Enfin, Édouard Corniglion-Molinier s’embarque fin 1936 pour le Cap aux cotés de Jim Mollison, le plus jeune pilote britannique de la Première Guerre Mondiale, tentant de battre un record de vitesse depuis l’Angleterre.</span></p>



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<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Seconde Guerre Mondiale : les ailes de la Liberté</span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fin août 1939, il est appelé comme capitaine de réserve à l’état-major, et demande immédiatement une affectation à la chasse, renonçant à tous les privilèges de son grade et de son âge. Entre mai et juin 1940, lors de la campagne de France, il abat trois appareils ennemis et devient ainsi l’un des trois pilotes français à avoir descendu un avion dans les deux guerres. Prenant contact avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie dès août 1940, il fonde le mouvement de sabotage et de recrutement La Dernière colonne. Surveillé par le Ministère de l’Intérieur du fait de sa proximité avec Malraux, il est arrêté à Marseille mais vite libéré : il rejoint alors New-York et s’engage au sein des Forces françaises Libres.</span></p>



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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></span></strong></p>



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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Inconnu du général De Gaulle, qui avait ordonné « Que Corniglion me rejoigne et que Molinier reste en France », il devient chef d’état-major des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) au Moyen-Orient. Au cours des campagnes de Lybie et de Cyrénaïque, il constitue le groupe de chasse « Alsace » et le groupe de bombardement « Lorraine » et détruit une colonne de chars de l’Afrikakorps. Commandant des FAFL en Grande-Bretagne à partir de 1942 puis commandant des forces aériennes de l’Atlantique chargées de la neutralisation des poches de résistance de La Rochelle et Royan, il finit la guerre comme général de division aérienne. Édouard Corniglion-Molinier se voit alors proposer un poste en état-major, ce à quoi il répond « Je suis la mode, en temps de paix, je suis toujours en civil ». Compagnon de la Libération par décret du 20 novembre 1944, il ajoute à ses nombreuses décorations étrangères de 1914-1918 une deuxième Croix de Guerre, avec quatre citations.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mener sa vie sans chercher à l’écrire</span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre terminée, Édouard Corniglion-Molinier revient à ses passions : l’aéronautique, le cinéma et la presse. Administrateur de grandes sociétés, il est vite séduit par l’aventure parlementaire. Il est élu député des Alpes-Maritimes en juin 1951, après avoir été sénateur de la Seine et conseiller de la République en 1948. Lors de ses meetings, il s’associe au cinéaste Marcel Pagnol, entré en 1946 à l’Académie française. Il participe également, au travers du conseil général, dont il est membre, à la création du Festival international du film. Membre de la commission de la défense nationale et de la commission de la presse, de la radio et du cinéma, il se voit confier plusieurs portefeuilles ministériels : d’abord ministre d’Etat chargé du Plan puis Garde des Sceaux, ministre de la Justice, il devient ministre d’Etat chargé du Sahara et délégué général permanent de la République de Côte-d’Ivoire en France.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-lazareff-portrait-dun-des-plus-grands-patrons-de-presse-francais-du-xxeme-siecle/05/03/2020/">Pierre Lazareff : un des plus grands patrons de presse français du XXème siècle</a></span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rallié au gaullisme au sein de l’Union pour la nouvelle République, il est à nouveau élu député des Alpes-Maritimes en 1962, mandat qu’il exercera jusqu’à sa mort. Membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, il reste conseiller général des Alpes-Maritimes et maire du village de Roquebillière. Très attaché à la modernisation de l’aviation civile et militaire, le général Édouard Corniglion-Molinier réalise le 18 juin 1955 le record de vitesse du trajet Paris-Nice à bord d’un Mystère IV N aux cotés de Gérard Muselli. Il est alors ministre des Travaux publics en fonction.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-9723"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="640" height="360" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=640%2C360&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-9723" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?w=996&amp;ssl=1 996w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption class="wp-element-caption"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le général Édouard Corniglion-Molinier passe les troupes en revue, 1945 © Service historique de la Défense</span></figcaption></figure>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ayant refusé toute sa vie la mollesse de la conformité, il demande, toujours ministre, l’autorisation de sauter sur Diên-Biên-Phu, ce qui lui est refusé. Édouard Corniglion-Molinier avait déclaré « ne pas vouloir mener de vie tranquille et refuser de mourir dans son lit » : il meurt le 9 mai 1963 à bord de la Caravelle qui le ramène de Nice à Paris. Son éloge funèbre est prononcé en la cathédrale Saint Louis des Invalides par Gaston Palewski, lieu d’où, entourée des Compagnons de la Libération, s’éleva l’âme d’un chevalier du ciel.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 2019, dans une biographie intitulée <em>Édouard Corniglion-Molinier : un paladin au XXème siècle</em>, son gendre Maurice Ligot lui rendit hommage en livrant le récit d’une vie qui fut « un hymne aux facettes nouvelles et passionnantes du génie humain ». Du 2 octobre 2023 au 4 février 2024, le Musée de l’Ordre de la Libération, situé au cœur de l’Hôtel national des Invalides, consacre une exposition temporaire à « Un chevalier du ciel : Édouard Corniglion-Molinier ».</span></p>



<p>&nbsp;</p>



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		<title>Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Sep 2023 21:15:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Aéronautique]]></category>
		<category><![CDATA[Dassault Aviation]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Marcel Dassault]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/09/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Marcel Dassault est un ingénieur, homme politique et chef d’entreprise français. Il est le fondateur et PDG du groupe Dassault.</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est une aventure familiale dont le nom reste gravé dans l’histoire de l’aéronautique française : la maison Dassault. Dans le tumulte du XXe siècle, le fondateur du groupe Dassault a su guider les aspirations humaines vers des altitudes jusqu’alors inexplorées. Une aventure industrielle qui laissera une empreinte indélébile dans l’histoire de l’aviation tricolore.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’appel des nuages</strong></span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 22 janvier 1892, Marcel Bloch est le dernier d’une famille de 4 enfants. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour le monde de la technologie en particulier l’électricité. Il fait ses études au lycée Condorcet à Paris. Son amour pour les airs intervient en octobre 1909. Ce jour-là, il a la chance d’assister depuis la cour de récréation de son école à la démonstration du comte Charles de Lambert qui boucle la tour Eiffel avec son Wright Model A. Il intègre ensuite l’école d’électricité Breguet puis l’École supérieure d&rsquo;aéronautique (Supaéro) dont il sort diplômé en 1913.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/le-rafale-fleuron-tricolore-de-larmee-francaise/01/04/2021/">Le Rafale, fleuron tricolore de l’Armée française</a></span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme toute sa génération, il se fait rattraper par la Première Guerre mondiale. Il est d’abord mobilisé au 2<sup>e</sup> groupe aéronautique puis dans un laboratoire de recherche aéronautique. Marcel Bloch y fera des merveilles. Il va mettre son talent d’ingénieur au service des armées françaises dans le but de rechercher la suprématie aérienne. Grâce à quelques relations rue du faubourg Saint-Antoine, il entreprend de dessiner une hélice dont il supervise la fabrication : l’hélice «Éclair». Elle est approuvée par l’Armée qui passe commande. La production doit être rapide. Tous les menuisiers du faubourg répondent à l’appel et se mettent à construire la nouvelle hélice.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Détaché de l’armée, Marcel Bloch s’associe avec son collègue de Supaéro, Henry Potez. Ils deviennent tous deux directeurs techniques de la Société des Hélices Éclairs. Leur collaboration porte leur fruit et les demandes affluent. La société fait ainsi partie des plus grands constructeurs d’hélices français qui équipent une partie des meilleurs avions. Georges Guynemer, un des as français s’affiche avec son avion équipé de sa nouvelle hélice contribuant ainsi au succès de l’entreprise. Les deux hommes rapidement entrent dans la légende de l’aviation. En 1917, ils créent la Société d’études aéronautiques (SEA) afin de construire un biplace d’observation : le SEA IV et sont rejoint par Louis Coroller. L’armistice mettra un terme aux commandes de l’Armée.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le second décollage</strong></span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’après-guerre est terrible pour le marché de l’aéronautique. La demande de construction d’avions s’écroule. Bloch se reconvertit dans le commerce de meubles et l’immobilier pour faire vivre sa famille. En 1928, le gouvernement crée un ministère de l’Air dont l’objectif est le développement de l’aéronautique française. Les récents progrès de l’aviation et l’exploit de Lindbergh sur le Spirit of Saint Louis qui vient de traverser l’Atlantique est un tournant. Bloch saisit sa chance, persuadé de l’importance et de l’avenir de l’aéronautique civil encouragé par le gouvernement. Une occasion inespérée qui permet à Bloch de revenir à sa passion initiale en montant dès 1930 une nouvelle équipe motivée.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/jean-marie-saget-portrait-dun-as-de-laviation-de-la-deuxieme-moitie-du-xxeme-siecle/11/04/2020/">Jean-Marie Saget : portrait d’un géant de l’aviation de la deuxième moitié du XXème siècle</a></span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Très rapidement, les commandes affluent et la Société des avions Marcel Bloch se voit dans l’obligation de sous-traiter une partie de sa production auprès de son ami Henry Potez qui dispose de sa propre société d’aviation. Contrairement à Bloch, Potez avait souhaité persévérer dans son projet malgré les difficultés du marché aéronautique des années 20. Le Front Populaire nationalise sa société en 1936 et l’incorpore à la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO) dont Bloch est l’administrateur délégué.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Grâce à l’indemnité reçue, il crée son bureau d’études, la Société anonyme des avions Marcel Bloch (SAAMB), armature du futur fleuron de l’industrie aéronautique française : Dassault Aviation. La SNCASO a pour mission la construction des appareils tandis que la SAAMB la conception et le développement de ces derniers. Les quelques années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale sont caractérisées par une course aux armements propices au développement du secteur aéronautique et dont saura tirer profit les sociétés de Marcel Bloch.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>La parenthèse avant le 3<sup>e</sup> envol</strong></span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le conflit vient faucher la croissance fulgurante de l’entreprise. En 1939 et 1940, ses avions contribuent à défendre le ciel français de la chasse allemande. Au début de l’année 1940, Bloch démissionne de son poste d’administrateur délégué de la SNCASO. Réfugié dans sa villa à Cannes à l’issue de l’armistice de juin 1940, il est arrêté par la police française en octobre de la même année. Certains lui reprochent des liens troubles entre la SNCASO et la SAAMB. Il va alors aller de prison en prison, être libéré puis repris quelques heures après seulement pour finir à la prison-hôpital d&rsquo;Écully, près de Lyon jusqu’en mars 1944. Sa santé est jugée fragile. Devant son refus de participer à l’effort de guerre allemand, il se retrouve arrêté par la Gestapo et transféré au camp de Drancy en juillet 1944 puis au camp de concentration de Buchenwald en Allemagne en août comme prisonnier politique. La Résistance le remarque et l’aide à le « maintenir en vie » jusqu’à la libération en avril 1945. </span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a></span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après une période de convalescence, il reprend ses activités dans l’aéronautique malgré une maladie post-diphtérique. La France est alors en pleine reconstruction. Il reprend le nom de code de son frère, le général Darius Paul Bloch, durant la guerre (<em>Chardasso</em>) qu’il transforme pour changer son nom de famille en Bloch-Dassault en 1949. Sous son aile, l’Armée de l’air française va renaître de ses cendres grâce au premier avion à réaction français : l’Ouragan (1949). Il réalise également les premières percées à l’exportation pour l’Inde et Israël.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sa société enchaîne la production d’avions permettant à l’Armée française d’être à la pointe technologique : Mystère II (1952), Mystère IV (1954) dont les Etats-Unis commanderont 225 exemplaires, Super-Mystère B-2 (1955), Mirage III (1956) et Mirage IV (1959), le premier avion au service de la dissuasion nucléaire française. Sa société rachète Breguet Aviation créée par l’ingénieur dont elle porte le nom : Louis-Charles Breguet. Marcel Dassault conçoit avec différents partenaires l’Alpha Jet (1973) qui équipera la patrouille de France, le Jaguar (1973), le Mirage 2000 (1978) et bien évidemment le Rafale (2001). De nombreux autres projets feront également la renommée de Dassault Aviation comme les programmes d’avions d’affaires Falcon.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fier de sa réussite, il se convertit au catholicisme et est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d&rsquo;honneur. En parallèle de ses activités, il se tourne vers la presse (Jours de France) et fait partie des premiers actionnaires de Minute en 1962, mais aussi vers la banque, le cinéma et la politique. Il est sénateur des Alpes-Maritimes et député de l’Oise et facilite l’ascension de Jacques Chirac auprès de Georges Pompidou. Marcel Dassault décède à Paris le 17 avril 1986. Chose rare pour un industriel, le gouvernement de Jacques Chirac organise ses obsèques aux Invalides.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le style de Marcel Dassault inspirera Hergé pour incarner son personnage Laszlo Carreidas dans l’album Vol 714 pour Sydney.</span></p>



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		<title>Philippe de Dieuleveult : l’animateur et capitaine abandonné</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/philippe-de-dieuleveult-lanimateur-et-capitaine-abandonne/10/07/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jul 2023 21:10:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[La Chasse aux trésors]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe de Dieuleveult]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Zaïre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/07/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/philippe-de-dieuleveult-lanimateur-et-capitaine-abandonne/10/07/2023/">Philippe de Dieuleveult : l’animateur et capitaine abandonné</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Philippe de Dieuleveult est un journaliste et animateur de télévision français. Il est particulièrement célèbre pour avoir été la vedette de l’émission « La Chasse aux trésors » et être porté disparu avec son équipe en août 1985 au Zaïre.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Presque 40 ans que les doutes persistent. Que s’est-il passé ce 6 août 1985 non loin du barrage d’Inga au Zaïre (actuelle république démocratique du Congo) ? Ce jour-là, les 7 membres de l’équipe de l’expédition « Africa Raft » dont faisait partie le reporter Philippe de Dieuleveult disparaissent corps et âmes. Les hypothèses de la disparition de l’animateur du célèbre jeu télévisé « La Chasse aux trésors » restent controversées. Entre noyade, bavure militaire et assassinat, cette disparition est sujette à de nombreuses hypothèses. Retour sur la vie de ce « découvreur d’oxygène ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un aventurier dans l’âme</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 4 juillet 1951, Philippe de Dieuleveult grandit dans une famille de l’aristocratie bretonne anoblie au XIXe siècle. Dernier d’une fratrie de 8 garçons, son père travaille dans l’assurance et la vie familiale n’est pas simple. Dans son livre « J’ai du ciel bleu dans mon passeport », il décrit un quotidien où « l’ordre et l’autorité » règnent en maître. L’utilisation de la ceinture de cuir est de rigueur. En guise de première aventure, il effectue son service militaire chez les parachutistes et termine ses études à l’ESTP. Sa soif de  liberté se matérialise très vite dans tous les éléments de sa vie. Ses vacances aux abords de la vieille cité corsaire de Saint-Malo, son mariage avec Diane de Torquat (1977), descendante du corsaire Robert Surcouf, et ses premiers métiers dans le monde de la presse caractérisent sa personnalité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il commence sa carrière en tant que cadreur puis pigiste à Antenne 2. Très naturellement, il s’intéresse de près au reportage. En mars 1978, il participe à l&rsquo;émission télévisée francophone « La Course autour du monde » et se classe troisième ce qui lui permet de se faire connaitre. En échange d’un reportage hebdomadaire, l’émission permet au vainqueur de partir pendant 4 mois à la découverte du monde. L’année suivante, il s’engage comme reporter d’images pour France 3 puis part en Iran (1981) dans le cadre d’une mission humanitaire clandestine pour Médecins sans frontières (MSF) comme bénévole.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un chasseur de trésor</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1981, c’est la consécration. Jacques Antoine le recrute pour sa nouvelle émission qu’il baptise « La Chasse aux trésors ». Philippe de Dieuleveult est projeté dans un pays où il doit trouver un trésor grâce à des énigmes résolues par des candidats dans un studio parisien. Muni d’une combinaison rouge, il dispose d’une petite heure pour chercher le trésor placé par la production. Dans le studio de la capitale, les candidats doivent déchiffrer les énigmes (une lors de la première saison puis trois par émission ensuite) accompagnés par un animateur. Le succès de l’émission est croissant jusqu’en 1984. Elle fait appel à des moyens conséquents pour l’époque : un hélicoptère, une équipe technique qui suit l’animateur vedette dans ses péripéties (escalade, sauts en parachute, plongeons etc.).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le format impose une description et une communication constante avec Philippe de Dieuleveult qui n’est relié au studio que par une transmission en direct grâce à un avion relais. Ses émissions sont caractérisées par son aisance relationnelle, sa sympathie auprès des populations locales et son goût constant du risque. Elles rencontrent un grand succès marquant plus d’une génération de Français. Mais le jeu a failli ne pas exister. Le pilote de l’émission est réalisé en 1980 au fort Boyard, un test qui n’a d’abord pas plu à la direction d’Antenne 2 obligeant Jacques Antoine à améliorer en profondeur son jeu. La même année, Philippe de Dieuleveult manque de se noyer en voulant accéder au fort Boyard lors d’une mer agitée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>La dernière expédition</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une nouvelle émission est prévue pour 1985 mais Philippe de Dieuleveult souhaite se consacrer à d’autres projets professionnels. Cette année, il décide d’organiser une expédition baptisée « Africa Raft ». L’objectif est de descendre le fleuve Zaïre (actuelle fleuve Congo) en radeau pneumatique, depuis sa source jusqu&rsquo;à son embouchure, sur une distance d&rsquo;environ 4 700 kilomètres. Réputé pour sa taille imposante, ce fleuve traverse plusieurs pays d’Afrique centrale jusqu’à l’océan Atlantique. Il est le deuxième fleuve au monde après l’Amazone avec un débit moyen d’environ 50 000 m3/s à son embouchure. Les chutes d’Inga constituent un obstacle naturel à la navigation.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/georges-ganier-dabin-un-enfant-de-montmartre-devenu-chef-des-armees-du-roi-du-siam/18/03/2023/">Georges Ganier d’Abin : un enfant de Montmartre devenu chef des armées du roi du Siam</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A l’été 1985, l’expédition s’élance du lac Tanganyka. Son équipe est répartie sur deux radeaux pneumatiques surnommés « Godelieve » et « Françoise » spécialement construits et équipés pour cette aventure. La descente se déroule comme prévu mais peu à peu des tensions naissent entre les différents participants. Un membre de l’équipe Thierry Sadoun se désiste, quitte l’expédition et rentre sur Paris. Le matin de la tragédie, François Laurenceau et Jean-Louis Amblard renoncent devant la dangerosité des rapides d’Inga et restent au bivouac de l’expédition sur l’île aux hippopotames. Quelques heures après, les deux radios des rafts cessent d’émettre alors qu’ils entretenaient une communication quotidienne avec Paris. Philippe de Dieuleveult et 6 de ses compagnons disparaissent à jamais.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une bavure militaire ?</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les circonstances de sa disparition donnent lieu à plusieurs hypothèses. La version officielle du gouvernement français depuis 1985 est celle de la noyade, acceptée par une partie de sa famille. Ce qui n’est pas le cas de son frère, Jean de Dieuleveult, ancien militaire qui ne croit pas à cette thèse mais à celle de la bavure militaire. Il révèle que son frère était officier de réserve à la DGSE, les services de renseignements français. Une information confirmée par le directeur du service à l’époque, l’amiral Pierre Lacoste assurant pourtant que l’animateur n’était pas en mission. Plusieurs jours avant l’arrivée de l’expédition, un télégramme arrivé de France auraient mis en alerte les soldats zaïrois annonçant l’arrivée de mercenaires dans la zone.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/">David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre message de Kinshasa les prévenait du passage de l’expédition afin justement de ne pas les prendre pour les mercenaires. Une information qui n’aurait pas été transmise aux hommes chargés de la protection du site stratégique. Les deux compagnons qui ont quitté l’aventure le matin de la disparition ont été retenus par des soldats zaïrois qui leur ont fait signer un document attestant « n’avoir jamais entendu aucun coup de feu ». Plus étonnant encore, l’épave du Godelieve a été retrouvée déchiquetée, ce qui avance la thèse de la noyade tandis que le cas du Françoise sur lequel se trouvait Philippe de Dieuleveult est bien différent. L’embarcation a été retrouvée intacte sur une plage où, sous des rochers, se trouvaient des affaires du radeau, ce qui laisse supposer à un débarquement.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Jusqu’à sa mort en 2014, Jean de Dieuleveult soutiendra la thèse de la bavure militaire, les membres de l’expédition étant assimilés, à tort, à des mercenaires. Son fils, Alexis de Dieuleveult continue le travail de son père dans son ouvrage <em>Noyade d’État</em> dans lequel il demande à Emmanuel Macron de démentir la thèse officielle du gouvernement de l’époque. En mai 2023, la demande de réouverture de l’enquête a été refusée par le Parquet de Paris. Un combat de plusieurs décennies pour tenter de lever le doute qui plane sur le mystère Dieuleveult. Dans sa chanson <em>Capitaine abandonné</em>, le groupe de musique Gold rend hommage au célèbre animateur ainsi qu’à l’aventurier Arnaud de Rosnay disparu en mer 9 mois auparavant. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jun 2023 10:16:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mariotti]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Calédonie]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9074</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/06/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Jean Mariotti est l’une, si ce n’est la principale figure littéraire moderne de la Nouvelle-Calédonie, territoire le plus autonome de l’État et terre française la plus éloignée de Paris. Fils d’un bagnard, élevé dans la tradition kanak, lycéen amoureux des lettres, exilé volontaire à Paris, ce rêveur lyrique sera l’auteur de sept romans, de dizaines de nouvelles et poèmes ainsi que de contes inspirés de légendes mélanésiennes.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 23 août 1901 à Farino, sur la côte Ouest de la Grande Terre, Jean Mariotti est le huitième enfant de Paul Louis Mariotti, un corse transporté au bagne à l’âge de vingt et un ans pour vendetta, et de sa seconde épouse, Marguerite Aïna, elle-même fille d’un bagnard libéré originaire du Piémont. Libéré en 1884, Paul-Louis Mariotti devient peu à peu, s’inscrivant au cœur du nouveau schéma colonial voulu par les autorités françaises à Farino, l’un des acteurs majeurs de la Nouvelle-Calédonie du XXème siècle. Planteur de café et d’agrumes, éleveur et tanneur, Paul-Louis Mariotti offre à ses enfants une vie de travail, rude et rurale, où la nature se conquiert à cheval et se découvre à pied. Élu président de la Commission municipale de Farino en 1910, son fils ainé est employé des laboratoires miniers de la Société Le Nickel.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/christiane-desroches-noblecourt-une-vie-pour-la-preservation-du-patrimoine-de-lhumanite/15/12/2023/">Christiane Desroches Noblecourt : une vie pour la préservation du patrimoine de l’humanité </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De cette société d’exilés, attachés à la réussite au sein d’un régime juridique colonial et d’une expansion industrielle inédite, le futur écrivain reste d’abord, tout au long de son enfance, assez éloigné. Peu de temps après sa naissance, il est mis entre les mains, conformément à la coutume, d’une kanak, vraisemblablement nommée Aroua mais dont Watchouma demeurera l’occurrence littéraire au travers d’au moins deux de ses romans. Auprès de cette nourrice, bénévole envoyée par la chefferie locale mais qui restera attachée à la maison familiale, le jeune Mariotti connaitra une véritable initiation kanak.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les contes et légendes des peuples du Pacifique, leur sens et l’observation de la nature, l’inimitable mélange des monde de la nouvelle société de la Grande Terre dont s’est entourée l’enfance de ce fils de bagnard feront de lui un être dont l’ensemble de l’œuvre pourrait résonner comme un éternel remerciement. Alors que la Nouvelle-Calédonie emprunte à cette période un chemin nouveau, Jean Mariotti fait état d’une distance manifeste existant entre le Pacifique et la métropole : « <em>Je suis né dans ce qu’il est convenu d’appeler le bout du monde. Je suis né aux antipodes. Je suis né en Nouvelle-Calédonie, là où il fait nuit quand il fait jour en Europe </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un exil intérieur … À bord de l’Incertaine</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">​Au sein de l’école républicaine et de sa brutale obsession pour la transformation des « petits kanaks » en « gens civilisés », il se montre un élève doué, faisant la fierté de sa famille. Sa découverte passionnée des auteurs classiques lui permet d’obtenir en 1920 le sésame qu’est le Certificat de Capacité coloniale. Entrant au lycée de Nouméa, il est désormais promis à la vie rêvée des jeunes colons, ouverte sur la métropole, loin de la société coloniale et de son harassant labeur. Découvrant les arts et les ambitions culturelles de la moderne Nouméa, il nourrit lui aussi le rêve de découvrir Paris, chose qu’il réalisera lors de son service militaire en 1922.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde» </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La célèbre expression « changer de lieu, c’est changer de misère » qui lui est attribuée illustre pourtant l’ambivalence lyrique que recouvre cette fugue métropolitaine : en s’affranchissant de l’étroitesse d’une cité coloniale pour découvrir la grandeur de la ville que l’on dit Lumière, Jean Mariotti se condamne volontairement à vivre dans une atmosphère grise et bruyante, bien éloignée de toute nature sauvage. Dans son premier roman, <em>Au fil des jours. Tout est, peut-être, inutile</em> (1929), Jean Mariotti se définira d’ailleurs, au travers de son héros Jacques, comme un être « malade ». « <em>Il y a dans mon être conscient et sensible quelque chose qui ne va pas. Je suis ce produit hybride, le fils d’un colon, un broussard, un sauvage qui a reçu l’éducation d’un civilisé</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Achevant ses obligations militaires en 1926, il épouse une géorgienne, Ludmilla Karjinska, et devient employé aux écritures chez Hachette. Bien vite, un nouvel emploi de secrétaire dans une société de caoutchouc lui permet, entouré de sa sœur Faustine, de se consacrer davantage à l’écriture. Après <em>Tout est peut-être inutile </em>(1929), il se lance dans l’écriture du prodigieux <em>Takata d’Aïmos</em>, publié en 1930, à la veille de l’exposition coloniale de mai 1931. Cet ouvrage, inspiré d’un récit légendaire tribal, confronte l’impitoyable et le superbe, figurant l’ingurgitation d’un enfant par un chef cannibale tout en plongeant le lecteur dans un tableau vivant, réellement observé depuis Farino, sa ville d’enfance, adossée à la forêt et surplombant les communes d’origine libre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Conquête du séjour paisible</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Diminué par un accident en 1930, profondément marqué par les décès successifs de ses parents en 1927 et 1934, ainsi que par l’hospitalisation de sa femme, Jean Mariotti souffre, au cœur de l’Europe déchirée des années 1930, de ne pouvoir se rendre sur son île. Avec <em>Nostalgie</em>, recueil poétique publié en 1935, c’est emplein de pudeur qu’il fait apparaitre pour la première fois les douleurs causées par l’exil. Ces douleurs intérieures s’apaisent chaque année à Oléron, où il anime des centres de loisirs, ce qui lui permet de renouer avec un imaginaire insulaire : les <em>Contes de Poindi</em> (1939) sont nés. Mobilisé en 1940, il est arrêté sur la ligne Maginot puis emprisonné au stalag de Fallingbostel jusqu’en 1942. « Evadé légal » pour raison de santé, il publie <em>À bord de l’Incertaine</em> (1942), véritable cri d’un cœur exilé, désireux d’apercevoir à nouveau les forêts et collines natales mais dont l’écho écolier des rêves de voyage entretient l’ambivalence des débuts.  </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/">David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs» </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1947, l’écrivain retrouve la Grande Terre pour plusieurs mois et rentre à Paris chargé des <em>Nouveaux</em> <em>contes de Poindi</em> (1948). Auréolé d’un succès qui fait de lui l’écrivain de la Nouvelle-Calédonie par excellence, il réalise, à la demande du Conseil Général, un <em>Livre du Centenaire</em> (1953) au sein duquel transparait une volonté complexe de figurer une société calédonienne paisible, à la fois fidèle à la France et attachée à la culture kanak. Cette vie paisible en Nouvelle-Calédonie rêvée par Mariotti demeure, alors qu’elle sera largement entravée par le sang et les rancœurs au cours du XXème siècle, à jamais inscrite au sein des <em>Contes de Poindi</em>.  </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette histoire est celle de la grande lutte qui donna l’accord majeur des éléments contraires ». L’idée de Conquête du séjour paisible, sous-titre des Contes, permet de se plonger un instant dans ce rêve, d’entrer dans la part d’enfance qui marqua à jamais un grand conteur : « <em>Poindi, dans sa case, avant de s’endormir, écoutait le bruit du vent dans les feuilles. Tout là-haut, dans la brise, le pin colonnaire et le cocotier se parlaient par leurs branches. Leurs voix étaient sereines et leurs propos amicaux. Cette case était bien le lieu du séjour paisible</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Plus encore, Jean Mariotti interroge le lien de chacun à sa terre, soit la volonté propre de l’Homme de renouer avec ses racines, parfois avec incertitude. L’expérience de l’exil, loin de la tribu, racontée dans <em>À bord de l’incertaine</em> en est la plus belle preuve : « <em>Retrouver Nemdin</em><em>e, c’était retrouver la vie perdue. Hors de ce coin de terre, les canaques de Nemdine était des parias, des êtres incomplets, ni mort ni vivants, sans espoir et maudits pour toujours. Il fallait retrouver la terre des ancêtres, reconstruire la tribu</em><em>, se mettre en accord avec les puissances de la Terre et des airs, continuer la vie selon la Loi</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un poète pour l’éternité</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Résolument océanien, naturellement éloigné de toute tentation pour l’exotisme littéraire, Jean Mariotti réussit l’exploit d’accompagner les rêves d’Outre-mer de ses lecteurs de façon réaliste, jamais empruntée, toujours vécue. Son regard omniscient, intérieur aux scènes décrites, fera dire à l’historien Louis-José Barbançon que « <em>son coup de crayon est précis. Il ne peint pas la nature calédonienne, il la dessine</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre </a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Expliquant le silence de la littérature calédonienne qui perdurera durant les quarante années qui suivront la mort de l’écrivain, en 1975, le spécialiste de l’histoire des bagnards expliquera que « <em>l’œuvre de Mariotti est un tel monument qu’il faut oser écrire et surtout, publier après lui</em> ». Installé de toute éternité au panthéon des conteurs, Jean Mariotti reste, toujours selon le même observateur, « <em>le premier à faire comprendre que lorsqu’un insulaire monte sur sa colline, du haut de sa crète, lorsqu’il regarde à l’horizon, il ne voit pas que du bleu. Il peut voir le monde.</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’ensemble des œuvres de Jean Mariotti est réédité par Les Editions Grain de Sable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Apr 2023 23:25:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[Ferdinand de Géramb]]></category>
		<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8947</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 12/04/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong><span id="p0">Ferdinand de&nbsp;<span id="55">Géramb</span>&nbsp;est un aventurier, militaire et moine trappiste franco-autrichien du début du XIXe siècle.</span><span id="p1">&nbsp;Il fait partie des restaurateurs de l’ordre cistercien de la Stricte observance en France.</span></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p2">Être militaire, aventurier, avoir six enfants avec sa cousine et devenir moine trappiste.</span><span id="p3">&nbsp;Une vie singulière faite de batailles dans une Europe en proie à la guerre, mais aussi spiritualité, parfois seul réconfort à la perte de sens des hommes.</span><span id="p4">&nbsp;Ferdinand de&nbsp;<span id="66" class="s-rg">Géramb</span>&nbsp;fait partie de ces nombreuses personnalités excentriques que la France a connues au cours du XIXe et XXe siècle.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span id="p5" style="color: #000000;">Contre la France Révolutionnaire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p6">Né le 14 janvier 1772 à Lyon, Ferdinand de&nbsp;<span id="76" class="s-rg">Géramb</span>&nbsp;est originaire d’une famille autrichienne.</span><span id="p7">&nbsp;Son père est un riche négociant dans l’industrie de la soie.</span><span id="p8">&nbsp;<span id="77" class="s-rg">A</span>&nbsp;partir de 1785, la famille habite le château de l’Épervière récemment acheté.</span><span id="p9">&nbsp;Lors de la Révolution française, sa noblesse et sa lignée étrangère obligent la famille à quitter Lyon pour l’Autriche en septembre 1790.</span><span id="p10">&nbsp;Ferdinand de&nbsp;<span id="56" class="s-rg">Géramb</span>&nbsp;rentre à l’Académie militaire de Vienne et sort diplômé en 1793.</span><span id="p11">&nbsp;En tant qu’officier de cavalerie, il prend les armes contre la France révolutionnaire.</span><span id="p12">&nbsp;En 1796, il se marie à sa cousine,&nbsp;Thérésa&nbsp;<span id="58" class="s-rg">de Adda</span>, avec qui il aura 6 enfants.</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p14">En 1800, il se distingue tout particulièrement à la bataille de&nbsp;<span id="59" class="s-rg">Hoenlinden</span>&nbsp;où les forces autrichiennes et bavaroises s’enfuient.</span><span id="p15">&nbsp;En 1804, il est chambellan de l’Empereur d’Autriche, François Ier et devient colonel.</span><span id="p16">&nbsp;Il parvient avec 800 cavaliers à traverser les lignes françaises à la bataille d’Ulm&nbsp;<span id="p13">(1805)</span>&nbsp;avant que les troupes coalisées ne fassent leur reddition.</span><span id="p17">&nbsp;La même année, il parvient à lever un corps&nbsp;<span id="60" class="s-bl">franc croate</span>&nbsp;à Vienne contre les troupes napoléoniennes avant d’atteindre le rang de Lieutenant-général dans les armées autrichiennes l’année suivante.</span></span><span id="p18"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span id="p19" style="color: #000000;">De l’Autriche au fort de Vincennes</span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p20">En 1807, il s’établit en Sicile afin de pouvoir rechercher un climat plus propice à la santé de sa femme et parvient à se faire nommer chambellan de la reine de Sicile, Marie-Caroline d’Autriche.</span><span id="p78">&nbsp;Cette dernière lui confie une mission en Angleterre contre la France impériale qui se révélera un échec.</span><span id="p22">&nbsp;Revenu en Sicile en décembre 1808, il perd sa femme et se voit congédié de son poste de Chambellan auprès de la reine sous fond d’intrigues politiques.</span><span id="p23">&nbsp;Ses aventures le poussent à rentrer à Vienne.</span></span><span id="p24"></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p25">En 1809, il est à la bataille de Wagram du côté des troupes coalisées.</span><span id="p79">&nbsp;L’année suivante, il est à Cadix en Espagne où il sera blessé en se battant contre les troupes françaises.</span><span id="p27">&nbsp;Sitôt remis, la junte espagnole le charge de lever une armée de volontaires en Angleterre.</span><span id="p28">&nbsp;Sa mission est un échec :</span><span id="p29">&nbsp;le général dilapide les fonds octroyés par la junte et se voit poursuivi par ses créanciers.</span><span id="p30">&nbsp;Pour y échapper, il s’embarque pour le Danemark, allié de la France en 1812.</span><span id="p31">&nbsp;<span id="63" class="s-bl">Sitôt sur</span>&nbsp;le sol, il se fait arrêter et livrer à la gendarmerie française qui l’enferme au fort de Vincennes.</span></span><span id="p32"></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p33">Il se retrouve en prison jusqu’à l’abdication de Napoléon Ier en 1814.</span><span id="p34">&nbsp;Durant cette période, il fait la rencontre de deux ecclésiastiques :</span><span id="p35">&nbsp;Étienne Antoine Boulogne, évêque de Troyes, et le père Francesco&nbsp;<span id="64" class="s-rg">Fontana</span>.</span><span id="p36">&nbsp;Comme lui, ces deux prélats se sont opposés à l’Empereur et à sa politique menée contre le pape.</span><span id="p37">&nbsp;Leurs points communs les poussent à entretenir des liens suffisamment importants pour que le baron de&nbsp;<span id="65" class="s-rg">Géramb</span>&nbsp;profite de sa privation de liberté pour modifier sa vision de Dieu et se rapprocher sensiblement de l’Église.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span id="p38" style="color: #000000;">Un trappiste excentrique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p39">Les forces coalisées lui rendent sa liberté en 1814.</span><span id="p80">&nbsp;Il se voit&nbsp;<span id="81" class="s-rg">rapidement nommé gouverneur général</span>&nbsp;de l’Aube et de l’Yonne.</span><span id="p41">&nbsp;Au décès de sa mère, il apprend la création d’un nouveau monastère trappiste près de Laval.</span><span id="p42">&nbsp;Après avoir confié ses enfants à son frère lors de ses différentes retraites, il entre solennellement en uniforme de général autrichien dans le nouveau monastère du&nbsp;<span id="68" class="s-rg">Port-de-Salut</span>&nbsp;en 1816.</span><span id="p43">&nbsp;Le père&nbsp;<span id="69" class="s-rg">Marie-Joseph</span>&nbsp;devient barbier avant de se faire rapidement relever de ses fonctions puis&nbsp;<span id="70" class="s-rg">peintre-vitrier</span>.</span></span><span id="p44"></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p45">Sous son pinceau, il ne tarde pas à peindre des emblèmes funéraires et des&nbsp;<span id="71" class="s-rg">têtes de morts</span>&nbsp;transformant les murs du monastère en nécropole pour correspondre à sa fantaisie.</span><span id="p46">&nbsp;Devenu frère hôtelier en 1817, il parvient à faire connaître le monastère dans tout le département et lever des fonds pour faire agrandir leur chapelle dont il dessine la voûte du chœur.</span><span id="p47">&nbsp;Malheureusement, ses talents d’architecte sont bien modestes et la voûte s’écroule avant même qu’elle ne soit finalisée.</span><span id="p48">&nbsp;Il reprend alors les chemins de son département à la recherche de nouveaux fonds.</span><span id="p82">&nbsp;De retour dans son abbaye, il choisit de mettre un simple plafond semé d’étoiles afin d’éviter un second accident.</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="p50">En 1827, son supérieur accepte qu’il entreprenne un séjour dans différentes abbayes ainsi qu’un séjour en Terre Sainte d’où il tirera son Pèlerinage à Jérusalem et au&nbsp;<span id="73" class="s-rg">Mont-Sinaï</span>.</span><span id="p51">&nbsp;En 1830, il permit d’éviter le pillage de son monastère par les révolutionnaires.</span><span id="p52">&nbsp;En 1837, il se rend à Rome et se fait nommer « abbé in&nbsp;<span id="74" class="s-rg">partibus</span>&nbsp;» et procureur de la Trappe auprès du Vatican où il restera pour le restant de sa vie.</span><span id="p53">&nbsp;Ferdinand de&nbsp;<span id="75" class="s-rg">Géramb</span> décède à Rome le 15 mars 1848 après avoir amassé d’importantes sommes d’argent.</span><span id="p54">&nbsp;</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Georges Ganier d&#8217;Abin : un enfant de Montmartre devenu chef des armées du roi du Siam</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/georges-ganier-dabin-un-enfant-de-montmartre-devenu-chef-des-armees-du-roi-du-siam/18/03/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Mar 2023 16:08:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Ganier d&#039;Abin]]></category>
		<category><![CDATA[Montmartre]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume du Siam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 18/03/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/georges-ganier-dabin-un-enfant-de-montmartre-devenu-chef-des-armees-du-roi-du-siam/18/03/2023/">Georges Ganier d&rsquo;Abin : un enfant de Montmartre devenu chef des armées du roi du Siam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Georges Ganier d&rsquo;Abin est un menuisier, aventurier et militaire français. Soldat du Pape à Rome, il est principalement connu pour avoir été commandant en chef des armées du Siam.</strong></span></p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Vie paisible ou vie d’aventure ? La France a connu de nombreux aventuriers au XIXe siècle avec des parcours particulièrement exaltants. Que les causes soient royalistes, républicaines ou simplement liées à la conquête d’un territoire, ces aventuriers sont de toutes les grands événements de leur époque. Georges Ganier fait partie de cette race des « seigneurs de guerre » qui se retrouvent partout où les combats font rage.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>De menuisier à soldat du Pape</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Né le 23 septembre 1840 dans l’ancien VIIe arrondissement de Paris, Georges Ganier grandit dans le quartier de Montmartre. Enfant particulièrement agité, il aurait reçu une éducation religieuse chez les Jésuites avant de devenir menuisier. Très rapidement, son besoin d’aventure le pousse à tout quitter et à rentrer dans l’armée en tant que tambour-major. Il rejoint ensuite les rangs des Zouaves pontificaux constitués de volontaires étrangers venants défendre l&rsquo;État pontifical, dont l&rsquo;existence est menacée par la réalisation de l&rsquo;Unité italienne.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Durant ces années, il se fait appeler « Ganier d’Abin », nom de sa mère, Jeanne Dabin, dont il modifie l’écriture. Il se retrouve ainsi avec les troupes pontificales à la bataille de Castelfidardo en 1860 où celles-ci se font tailler en pièces. Georges Ganier d’Abin échappe de peu à la tuerie et « disparaît dans la nature ». Il semblerait qu’il soit parti en Amérique durant quelques années.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’aventure polonaise</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ses aventures en Europe continuent puisque nous retrouvons ses traces en 1863 en Pologne. Il rejoint l’insurrection polonaise contre les troupes russes en commandant un corps d’armée au service du nouveau gouvernement provisoire. L’essentiel de l’armement de ses hommes se composent de faux. A la tête de ses «&nbsp;faucheurs&nbsp;», il se couvre de gloire à la bataille de Pyzdry en obligeant les troupes russes à se retirer. La cause défendue est populaire en France.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quelques semaines après, il repousse à nouveau les Russes lors de la bataille d’Ignacewo. Malheureusement, celle-ci se soldera par un échec pour les troupes polonaises. En juillet, le reste de son corps d’armée est défait par la coalition russo-prussienne qui émet un mandat d’arrêt contre le jeune français qui termine cette guerre en 1864 au grade de colonel. Plusieurs fois annoncé pour mort, il est capturé mais parvient à s’évader la veille de son exécution et à rentrer en France en 1864.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>De la France au Siam</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En France, il retourne chez ses parents puis se trouve une place en tant qu’employé des chemins de fer à Lyon. Toujours la même année, il se marie à une femme de 16 ans son aînée. Mais très rapidement, il retourne à Paris et abandonne son épouse. Il serait parvenu à obtenir une place de valet de chambre au sein de la nouvelle ambassade du roi du Siam à Paris.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Au Siam, le Consul de France aurait présenté ce jeune homme plein de fougue au jeune roi, Rama V. Sans que personne ne sache véritablement comment, Georges Ganier d’Abin est nommé capitaine des gardes de sa majesté et à ce titre, est nommé commandant en chef de l’armée de Terre du royaume. La presse française saura annoncer cette nouvelle avec orgueil. Le fameux « colonel français » monte ainsi les échelons jusqu’à parvenir au titre de généralissime. A ce poste, il aurait modernisé « l’armée d’opérette » à l’européenne en lui donnant l’instruction européenne nécessaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>De la Commune de Paris à l’Espagne</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les événements en France le rattrapent. A la nouvelle du conflit franco-prussien, il obtient un congé d’un an pour se mettre au service de Napoléon III et défendre son pays. Malheureusement, lorsqu’il débarque en France, l’Empire est tombé et la République est proclamée. D’abord blessé accidentellement avec son revolver, il se retrouve vite dans l’incapacité de combattre. Le nouveau régime tient compte de son précédent statut et de ses qualités en tant qu’officier général au Siam et le nomme colonel de l’armée auxiliaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quelques mois après, il choisit de mettre son épée au service de la Commune de Paris et refuse la capitulation de la France face aux armées prussiennes. Le Comité central de la Garde nationale le nomme général, commandant des forces du XVIIIème arrondissement de Paris. Il ne semble pas qu’il ait pris une part très importante durant ces événements bien que son statut pourrait faire croire le contraire. Dans le cadre de sa fonction, ses rapports mentionnent notamment l’exécution sommaire de deus sergents de ville, d&rsquo;un gendarme et d&rsquo;un gardien de la paix.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il démissionne quelques jours après que le comité le suspecte d’être un agent bonapartiste et le condamne à mort par contumace. Quelques mois après, il se retrouve condamné à la déportation par les Versaillais lorsque ces derniers écrasent le soulèvement communard en mai 1871. Mais il échappe à la condamnation en se réfugiant en Belgique puis au Pays-Bas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>De la guerre carliste à la disparition</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Georges Ganier d’Abin réapparaît en 1873 en Espagne lors de la troisième guerre carliste. Au service de la cause royaliste ou républicaine ? Les sources ne le précisent pas si ce n’est qu’il aurait eu une relation avec la révolutionnaire Mina Puccinelli. La presse française de l’époque annonce qu&rsquo;un certain Ganier d’Aubin serait décédé le 6 octobre 1873 lors des combats de Carthagène mais aucune preuve n’est apportée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La presse annonce également sa présence, quelques semaines après ce probable décès, à Saint-Domingue où il aurait dirigé plusieurs milliers d’hommes et renversé le président de l’île. D’autres sources annoncent son retour au Siam … mais en tant que marchand d’opium et serait décédé en 1914. Son acte de divorce obtenu par sa première femme en 1884 précise qu’à cette date, il serait «&nbsp;sans domicile ni résidence connus&nbsp;». Une vie faite de mystères qu’il emporte avec lui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jan 2023 22:12:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Cochinchine]]></category>
		<category><![CDATA[David de Mayrena]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Indochine]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Roi des Sédangs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/01/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/">David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Marie-Charles David de Mayrena est un militaire, aventurier et escroc français. Particulièrement célèbre pour sa vie de conquérant du XIXe siècle, il s’autoproclama « roi des Sédangs », région peu hospitalière d’Indochine.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Conquérir un territoire et s’autoproclamer roi, c’est le rêve fou qu’a réussi à réaliser Mayrena. Une histoire de découverte d’une terre asiatique presque inconnue dans une époque où l’exploration et la conquête du monde faisait rêver l’Occident. Une épopée folle guidée par un désir d’aventure couplé d’escroqueries, de trafics et de mythomanie. Une vie d’un homme impulsif, véritable tête brûlée, traceur de nouvelles routes parfois dangereuses mais néanmoins utiles dont la France a su voir son intérêt dans cette partie du monde peu connue des Français.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">De la conquête de la Cochinchine à la guerre de 1870</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Né le 31 janvier 1842 à Toulon, Auguste-Jean-Baptiste-Marie-Charles David grandit dans une famille de fonctionnaires. Il perd son père officier de marine très jeune et se retrouve élevé par sa mère. Attiré par le métier des armes et désireux de suivre la voie de son père, il tente le concours d’entrée de la prestigieuse École Navale auquel il échoue. A 17 ans, il s’engage dans un régiment de dragons en 1859 puis rejoins les Cuirassiers.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1863, il s’embarque pour la Cochinchine et obtient ses galons d’officier dans un régiment de Spahis. Là-bas, il participe avec les troupes françaises à l’annexion et la pacification de ces territoires. En 1868, il quitte l’armée et rentre en France. De cette expérience sur une terre qu’il aimera particulièrement, il publiera <em>Souvenirs de la Cochinchine</em> relatant ses 5 années d’aventures asiatiques. Mais la guerre de 1870 le rattrape. Il est promu capitaine, est blessé et reçoit la Légion d’honneur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Retour en Indochine</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La guerre terminée, il reprend sa vie mondaine et fréquente les cabarets de la capitale à la recherche d’opportunités. Il essaye une aventure de banquier mais accusé de détournement, il fuit en Hollande en 1883. De-là, il s’embarque pour les Indes néerlandaise où il arrive en septembre de la même année sans argent. A son compagnon de voyage il déclare sa faillite. Ce dernier, lui propose de venir habiter chez ses parents qui au bout de plusieurs semaines demandent aux autorités locales de plus amples renseignements sur le personnage. En août 1884, Mayrena est expulsé vers la France. De retour sur le territoire national, il tente de nouveaux de monter différentes affaires qui, comme les précédentes, ne fonctionnent pas véritablement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un de ses désirs est de retourner en Asie. Il obtient du richissime baron Seillière, une enveloppe suffisamment conséquente pour financer une expédition scientifique en Indonésie. Il parvient à obtenir une lettre de recommandation du ministre de la marine et des colonies qui précisent son statut « d’envoyé officiel ». Hier vagabond et escroc, quelques semaines plus tard, le voici financé et recommandé par les plus hautes autorités de l’État français. Arrivé à Saïgon (le « Paris de l’Orient »), il dilapide l’argent du baron et se voit soupçonner de réaliser différents trafics dont celui des armes. Il en profite pour mener une vie de bluff et se verra surnommer « l’explorateur de théâtre ». La mission scientifique est un échec. Néanmoins, il organise différentes expéditions de chasse et parvient à rapporter du renseignement aux Français à l’époque de l’insurrection de l’Annam en 1885.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">En direction des haut-plateaux</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A la suite de ses expéditions, Mayrena insiste auprès des autorités françaises pour mener des recherches dans les hauts plateaux du pays des Moïs. Une région peu hospitalière pour les Européens dont les populations locales guerrières et animistes vivent de la chasse, croient aux esprits de la forêt et pratiquent l’esclavage. Une aubaine pour l’ancien officier qui y voit un moyen de s’aventurer dans des contrées presque qu’inconnues loin des fonctionnaires français tel un conquistador libre de tous mouvements. Néanmoins, conscient de la situation géopolitique, il souhaite démontrer la nécessité de la présence de la France dans cette zone face à l’influence britannique et allemande afin d’obtenir un financement. La France ne souhaite pas emmener l’armée dans cette zone explosive.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il parvient à faire financer son expédition via l’entremise du gouverneur général d’Indochine qui y voit une manière intéressante de faire avancer la présence française de manière pacifique. Malgré quelques hésitations sur la personne de Mayrena, il accepte en considérant qu’il dispose des qualités requises d’un chef : 1m85, physique robuste, tempérament bien trempé, énergique, meneur d’hommes malgré sa cupidité. Mais il fixe néanmoins les règles : si l’expédition est un succès, la France s’y implantera tandis que dans le cas contraire, elle désavouera la mission. Outre la découverte du territoire, le plan officiel consiste à se faire accepter par la population en faisant reconnaître l&rsquo;autorité de Mayrena puis à la céder aux autorités françaises en échange de l’exploitation économique de la région supposée détenir de fer et de l’or.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« Roi des Sédangs »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1888, grâce à l’octroi de quelques financements permettant de payer 80 porteurs, 15 tirailleurs matas saïgonnais et un traducteur, l’expédition s’élance. Quelques chinois attirés par les potentielles mines d’or viennent se rajouter au groupe. Dans le pays, Mayrena s’appuie sur les missionnaires catholiques arrivées 30 ans auparavant. Tels des moines-soldats, ils vivent au milieu des populations, se retrouvaient parfois malades, isolés, menacés sans qu’aucun secours ne leur parvienne. Ce sont les seuls occidentaux à connaître le pays, à entretenir des rapports amicaux avec un grand nombre de tribus locales et à bénéficier d’une grande influence. Avec une lettre de recommandation de l’évêque de la mission, il parvient à s’attirer les bonnes grâces des populations. Pour les autres, il n’hésitera pas à se battre en combat singulier.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A dos d’éléphant, il traverse ces zones reculées habillé de son dolman d’officier de hussard. Sous son grand uniforme, il cache une cote de mail sur laquelle se brisent les flèches qu’il reçoit. Son énergie, son style et sa carrure lui permettent d’assoir un prestige conséquent auprès de la population qui le prend pour un demi-dieu. Son audace fonctionne. Il négocie des projets d’alliance, impose aux tribus la paix, communique sur ses avancées avec le gouverneur général français dont il demande sans cesse l’aide. Allant au-delà des espérances françaises, Mayrena est nommé « roi des Sédangs », la tribu la plus imposante et redoutable, sous le nom de Marie Ier. Il instaure une constitution, interdit le sacrifice humain, crée une armée de 20 000 hommes dont il devient le chef, impose la liberté religieuse, un drapeau et l’ensemble des attributs caractérisant la souveraineté d’un État.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une fin tragique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Son royaume installée, Mayrena tente de développer le volet diplomatique en le faisant reconnaître par les autres États. Pour cela, il retourne en Indochine en 1889 et demande officiellement la reconnaissance de son royaume par la France auprès du gouverneur général. Essuyant un refus, il s’embarque vers la Métropole persuadé d’obtenir davantage de soutiens dans les réseaux mondains de la capitale. Il s’adonne à la vie parisienne de salon, vend des titres de propriété à quelques bourgeois en manque d’aventures et de titres nobiliaires, donne des entretiens à la presse. Certaines rédactions le soutiennent. Mais ce n’est pas sans compter une autre partie de la presse qui remet en cause les propos du nouveau roi. Il se rend à Bruxelles et trouve le financement nécessaire pour rentrer dans son royaume.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En avril 1890, lors de son escale à Singapour, il est convoqué par le résident qui lui annonce la fin de son royaume que les Français occupent désormais. Sa venue en Indochine n’est pas la bienvenue. Les discussions autour du royaume du Sédang donnent lieu à de vifs échanges au sein de l’administration française qui accuse les missionnaires d’avoir provoqué la création de ce royaume. Mayrena n’aurait rien pu faire sans eux. Tandis que les Pères rappellent le soutien de l’administration elle-même dans la démarche de l’officier qui s’est retrouvé sans directive précise. Isolé, Mayrena se retire en Malaisie où il vend des nids d’hirondelles aux commerçants chinois. Fatigué et abandonné de tous, sa santé physique et psychologique se détériore peu à peu. Il meurt le 11 novembre 1890. Aujourd’hui, dans son ancien royaume, rien ne reste de son passage. Un coup de vent a balayé son histoire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 13:15:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît Chassériau]]></category>
		<category><![CDATA[Colombie]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert du Motier de La Fayette]]></category>
		<category><![CDATA[La Fayette]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Simón Bolívar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/12/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/benoit-chasseriau-lagent-secret-francais-au-service-de-simon-bolivar/31/12/2022/">Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Benoît Chassériau est un diplomate et agent secret français. Il est le premier diplomate français de la république de Colombie.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La contribution des Français à l’indépendance de l’Amérique du Nord avec La Fayette et Rochambeau est particulièrement célèbre. Pour autant, l’appui de Français à l’indépendance de l’Amérique du Sud a également comporté quelques noms dont l’Histoire ne retient que peu : Benoît Chassériau, Pierre Labatut, René Beluche, Jean Lafitte ou encore Louis-Michel Aury.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">De l’Orient à l’Amérique du Sud</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Né le 19 août 1780 d’une famille d’armateurs rochelais, Benoît Chassériau du Chiron est le dernier d’une fratrie de 17 enfants. Rapidement attiré par le grand large, il participe aux expéditions menées par Bonaparte en Orient à partir de 1798. Bien que particulièrement jeune, il administre comme contrôleur des Finances deux importantes provinces de la Haute-Égypte. En 1802, il est nommée Trésorier général lors de l’expédition de Saint-Domingue puis secrétaire général de la Colonie. Après avoir démissionné de son poste, il devient planteur de café à Samana. A la suite du soulèvement de la population, Chassériau est fait prisonnier. Il parvient à s’échapper et en profitera pour visiter les Antilles et une partie de l’Amérique du Sud.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En 1806, il épouse Marie Madeleine Couret de la Blaquière avec qui il aura 5 enfants dont Théodore Chassériau (peintre), Frédéric-Victor-Charles (conseiller et historiographe de la marine et Ernest (chef de bataillon d’infanterie de marine mort à la bataille de Bazeilles en 1870). En 1813, Benoît Chassérieau est nommé ministre de la Police de l’État libre de Carthagène des Indes. A ce poste, il sécurise les frontières et les routes maritimes du jeune État. L’année suivante, Chassériau dirige une expédition secrète contre Portobelo au Panamá afin de libérer la ville de la domination espagnole. Certains capitaines corsaires français comme Beluche et Aury se joignent à lui. Malheureusement, l’expédition se révèle être un échec complet, les Espagnols les repoussent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">L’agent secret</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1815, il sauve indirectement la vie de Simón Bolívar à Kingston (Jamaïque) en lui donnant de l’argent et le conseillant de partir de son hôtel. La nuit même, son successeur de chambre fut assassiné, le tueur croyant que sa victime était Simón Bolívar. En 1816, Chassériau contribue financièrement à l’expédition de los Cayos coordonnée par Bolivar dont l’objectif était de libérer le Venezuela des forces espagnoles. En 1822, une mission un peu spéciale lui est confiée : garder un œil sur José Félix Ribas y Palacios, fils du héros de l’indépendance du Venezuela, José Félix Ribas y Palacios, et cousin de Simón Bolívar. Chassérieau l’envoie en pension à Paris.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La même année, le ministre des Affaires étrangères français, François-René de Châteaubriand l’envoie en mission en tant qu’agent de renseignements en Colombie. Pour celle-ci, Chassériau prend son fils en secrétaire. En 1824, il devient agent commercial et maritime et 1er diplomate auprès de la république de Colombie. Ses missions sont doubles : faciliter les relations diplomatiques entre le nouvel État et la France et favoriser les relations commerciales entre les deux entités notamment via la Martinique. Dans ce cadre, il fournit de nombreux renseignements à Paris sur la situation de la colonie espagnole afin de permettre à la France d’adopter une attitude favorisant indirectement l’indépendance.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1826, il est agent du Département de la marine sur l’île danoise de Saint Thomas. Cette petite île qui abritait de nombreux corsaires, pirates et flibustiers est devenu une zone franche. Depuis la deuxième partie du XIXe siècle, l’île, en proie aux ouragans, à la sécheresse et à la concurrence américaine est en déclin économique. Néanmoins, elles conservent une position géographique stratégique. En 1832, il est nommé Vice-consul à Saint Thomas puis consul honoraire et titulaire à Porto Rico. Benoît Chassériau décède à son poste à Porte Rico le 27 septembre 1844.</span></p>
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		<title>Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Nov 2022 21:16:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Adrien Conus]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Compagnon de la Libération]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8180</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/11/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Adrien Conus est un aventurier français du XXe siècle. Officier et Compagnon de la Libération, sa vie est un roman au sept vies.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><em>Tous n’étaient pas des anges</em>. C’est le titre choisi en 1963 par Joseph Kessel pour intitulé de son ouvrage consacré aux portraits des guerriers qui marquèrent son esprit. La part de ce livre consacrée à Adrien Conus, franco-russe tour à tour chercheur d’or, trafiquant d’ivoire, chef de village africain, chasseur infatigable mais aussi et surtout ingénieur et soldat au Levant et en Afrique du Nord, agent secret du BCRA, parachuté en Vercors, infiltré comme commando dans la Ruhr, officier en Indochine, est des plus importantes. Et pour cause : Adrien Conus mena une véritable vie de roman, à laquelle on prêta tant et tant de subjectifs. Au travers d’un ouvrage extrêmement documenté paru en mai 2022, le journaliste Pierre Servent, spécialiste de l’histoire des conflits, a livré un portrait de ce compagnon de la Libération hors norme : Les sept vies d’Adrien Conus (Perrin).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">De la Russie blanche à l’Afrique noire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Né le 23 avril 1900 à Moscou, Adrien Conus n’est pas à part entière un étranger à la France : sa famille n’est en effet implantée en Russie que depuis un siècle. Il semble que celle-ci soit partie à l’importante communauté de français émigrés au pays des tsars après la défaite napoléonienne de 1815. L’ancêtre des Conus (Konuys, en russe) s’avère être originaire d’Epinal, dans les Vosges, et avoir exercé plusieurs fonctions dans l’administration départementale puis impériale, avant de faire souche en Russie malgré la Retraite en 1812. Cette possibilité laissée à cette époque à un grand nombre de Français par la bonne société russe résulte d’un sentiment francophile généralisé, que les Konuys entretiendront en faisant usage de leurs talents de musiciens : Lev, père d’Adrien est un grand pianiste, compositeur et professeur renommé.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En fréquentant le second mari de sa mère Nadjeda, Sergueï Chtchoukine (1854-1936), Adrien Conus s’initie à l’art moderne. Chtchoukine ou le « ministre du commerce », puissant baron du textile russe et banquier, s’érige comme l’un des plus grands mécènes de l’art moderne et collectionne les toiles de Matisse, Cézanne, Pissarro, Picasso, Monet, Degas, Renoir et tant d’autres. Ce qui acheva enfin la jeunesse d’Adrien Conus fut la révolution bolchevique de 1917 : ravi de la possibilité laissée aux enfants d’apprendre la boxe dès quatorze ans, il confesse « je profitais du désordre pour descendre dans les rues de Moscou et m’y battre. Peut-être est-ce ce baptême du feu, reçu à un âge où se forme le caractère, qui influença ma destinée ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Après le massacre de la famille impériale, Adrien Conus est emmené par le clan Chtchoukine vers l’Ukraine, puis l’Allemagne, la Suisse et enfin, la France. Déjà bachelier en Russie, il intègre un lycée et obtient un baccalauréat français, qui lui ouvre la porte aux classes préparatoires aux grandes écoles de Louis-le-Grand. Echouant à Polytechnique, il intègre l’Ecole supérieure des travaux publics dont il sort diplômé en 1923. Lecteur de Kipling, rêvant des grands espaces, il garde une part d’âme russe, que Kessel décrira ainsi : « cet homme d’action, de décision et d’énergie sauvage portait dans les yeux un rêve insatisfait et sa voix frémissait parfois d’une singulière nostalgie spirituelle ». Trop indépendant sans doute, il n’intègre pas l’armée française, dont le monde observe pourtant les exploits au travers de la Légion étrangère ou des Troupes coloniales. C’est lors d’un stage dans les chemins de fer et les mines du Togo qu’il découvre la terre qu’il aimera toute sa vie : l’Afrique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un guerrier de toute éternité</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Incorporé pour son service militaire à vingt-quatre ans, il sert au 5ème régiment de génie, puis est affecté au 51ème à Rabat, en pleine guerre du Rif. Nommé sergent dès 1925 du fait de qualités remarquées, il fini sa première guerre avec une médaille coloniale agrafée et une affectation à la réserve du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Ingénieur au Gabon, il est rapidement contraint à la fuite au Tchad puis en Oubangui-Chari (actuelle Centrafrique) après avoir corrigé l’un des inspecteurs de sa société. La brousse recueillera cet indomptable : il lui sera à jamais fidèle.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pendant dix ans, Adrien Conus forgera sa réputation de chasseur, cherchera l’or des mines, dirigera une scierie, rendra la justice au sein des villages. Se rêvant Kipling, il partagera avec Pierre Bourgoin (1907-1970) un goût immodéré pour la quête et l’approche… ainsi qu’un refus net, celui, en 1939, de la défaite. Depuis l’Oubangui-Chari, les deux hommes décident de suivre la voix quasi-inaudible de Londres et de continuer le combat depuis l’immense empire français. Le lieutenant de réserve Bourgoin et le sergent-chef Conus rejoignent le 1er juillet 1940 le 2ème bataillon de marche de l’Afrique Equatoriale Française (unité compagnon de la Libération par décret du 9 septembre 1942) sous les ordres du commandant Robert de Roux (1899-1942), ancien de 14-18 ayant gardé le souvenir du rôle crucial des corps-francs. C’est déjà cet « esprit kommando » qui rythme l’entrainement du sous-officier Conus.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Passé en revue par le général De Gaulle le 26 mai 1941 à Qastina, en Palestine, où se massent les troupes de la France Libre, le bataillon prend une part active à la campagne de Syrie et à ses combats fratricides. Conus devient, selon les mots du général Georges Buis (1912-1998), un « magnifique athlète, [au] culot monstre, [d’]une ingéniosité extraordinaire, c’était l’homme de l’époque qui savait le mieux comment on peut tuer un homme, il était sur ce thème-là admirable de précision et de détail. Mais il était d’abord [non] pas un assassin, mais un admirable combattant ». Promu sous-lieutenant en septembre 1941 et affecté à la 1ère brigade française libre du général Marie-Pierre Koenig (1898-1970), il est désigné pour le djebel druze, dans le sud de la Syrie. Il s’y « morfond […] au lieu de boulotter du Boche et du Macaroni ». Vite lassé, il reprend son képi ancré, rejoint le BM2 sans ordre de mission et se voit affecté au commandement d’une section de Bren Carrier, chenillette d’acier britannique traversant le désert à 50 km/h.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Surnommé « la bonne à tout faire de l’infanterie », ce véhicule fait pâle figure face aux blindés de l’Afrikakorps. Qu’à cela ne tienne, l’ingénieur Conus se saisi du problème et lui greffe un canon antichars de 25mm. Ces Conu’s gun, genèse du système Bayrou-Belan, armes de fortune et de survie, seront bientôt érigés comme véhicules de série au sein de l’armée britannique. A Bir Hakeim, le sous-lieutenant brille. La citation à l’ordre du corps d’armée qui accompagne sa croix de guerre en témoigne : « Officier d’élite, d’une audace, d’une énergie et d’un cran remarquable ». En avril 1943, Adrien Conus est désormais commandant d’un peloton de ses Conu’s gun au sein du 1er régiment de marche de spahis marocains et est engagé dans les combats meurtriers de Tunisie, d’où il ressort blessé.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Profession : forces spéciales</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En octobre 1943, Adrien Conus retrouve Pierre Bourgoin, le « Bison » tant de fois blessé. Là encore, c’est leur ami Joseph Kessel qui nous en livre le plus beau dessin : « <em>On trouvait dans leurs lignes, leur expression, la rudesse et la poésie du reître, du coureur de bois, du corsaire, de l’aventurier inspiré. Sur leurs chemises, pour toute décoration, ils portaient l’insigne de la France libre</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Après l’Afrique du Nord vient le temps de Londres et de son intégration au BCRA. Décrit comme <em>the old man of the party</em> par les britanniques, l’agent « Volume » subit le long entraînement des <em>Special Training Schools</em> et atterri finalement dans l’Ain le 7 juillet 1944 en qualité de représentant du général Koenig en Vercors. Tenue par des maquisards, la «&nbsp;forteresse de calcaire&nbsp;» qui s’étend entre La Chapelle et Vassieux-en-Vercors est loin d’être imprenable&nbsp;: elle est bombardée lors des largages alliés du 14 juillet 1944.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Entourés de toute part par les unités SS de Strasbourg, les maquisards du Vercors tentent de faire face et chargent un homme de tenter l’impossible&nbsp;: rallier le maquis de l’Oisans, derrière les lignes ennemies, afin de demander du renfort. Volontaire, Adrien Conus accomplit sa mission par un miracle. Capturé, torturé, il échappe à son peloton d’exécution et sert le maquis comme opérateur radio jusqu’au bout. Cerné par les unités allemandes, témoin d’exactions barbares et sans liaison efficace avec Londres, «&nbsp;il ne [lui] restait plus qu’à faire confiance à [son] pistolet&nbsp;». Redescendant dans les plaines de l’Ain après la perte de ses supérieurs, il participe activement aux combats pour la libération du Dauphinois.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong><em>Capitaine Conan</em></strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’un des derniers chapitres de cette biographie ose avec émotion une comparaison entre la vie d’Adrien Conus et celle du <em>Capitaine Conan</em>, héros du prix Goncourt 1934 Roger Vercel. Cet officier issu du rang, combattant à la tête d’un corps franc sur le front oriental de la Grande Guerre offre pléthore de similitudes avec la psychologie d’Adrien Conus. Nommé chef de bataillon en septembre 1944, il prépare son entrée dans la campagne d’Allemagne à la tête d’un commando constitué de neuf autres officiers français. Ceux-ci agiront dans le secteur de l’Herne avec un seul mot d’ordre&nbsp;: «&nbsp;<em>Kill or capture&nbsp;!</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sentiment étrange que celui de l’annonce de la capitulation du 8 mai 1945 pour des centaines d’hommes qui ont fait des forces spéciales leur profession ! Pourtant, peu de répit leur sera laissé : un autre théâtre d’opération nécessitera bien des hommes et ce pour longtemps. Les bombes atomiques américaines des 6 et 9 août ont une conséquence directe en France. Les armées nipponnes remettent leur pouvoir aux forces anti-impérialistes de Hô Chi Minh : la guerre d’Indochine a démarré. A la tête de son unité, le Commando Parachutiste Conus, le compagnon de la Libération recrute toute sorte d’hommes issus des forces non-conventionnelles : légionnaires, parachutistes des SAS, policiers de Shanghai et marginaux rompus à l’exercice. Réputé extrêmement efficace dans les combats pour le Haut-Laos, le commando sera dissous aussi vite qu’il fut créé. Rappelé en France le 14 juillet 1946, laissé sans affectation par une IVème République ingrate, « comme les vieux éléphants couturés de cicatrices, il sent la fin venir ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Hallali africain</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Malade, épuisé de tant de combats, déçu sans doute, Adrien Conus retrouve enfin l’Afrique en mai 1947. Pierre Servent nous laisse alors seuls avec quelques lignes écrites par « ce guerrier-chasseur-coureur », issues d’une lettre considérée depuis comme un testament. Le récit de la dernière chasse d’un professionnel à l’article de la mort reste un témoignage édifiant de la vitalité des hommes d’une trempe hors-normes. « Il fait bon. Les feux de mes hommes brillent dans la nuit et éclairent la grande masse noire affalée sur les genoux. Je suis content. J’ai quand même eu mon éléphant. ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 1<sup>er</sup> septembre 1947, l’ultime épisode des<em> Sept vies d’Adrien Conus</em> prend fin à Bangui. Commence alors une vie de toute éternité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Adrien Conus portait sur son cœur une barrette de décorations comptant parmi les plus fournies : fait chevalier de la Légion d’honneur et l’un des 1038 compagnons de la Libération (par décret du 13 juillet 1945), il arbore une Croix de guerre avec palme d’argent, une Croix de guerre des T.O.E. avec palme de bronze la Médaille de la Résistance française avec rosette (par décret du 24 avril 1946), une Médaille coloniale avec agrafes « Maroc » et « Bir Hakeim 1942 », la Médaille des évadés, la <em>Distinguished Service Order</em>, seconde plus importante distinction militaire britannique. Il est également l’un des rares français commandeur de l’Ordre laotien du Million d’Eléphants et de l’Ordre du Parasol Blanc.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8233" aria-describedby="caption-attachment-8233" style="width: 400px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-8233" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/libriweb.jpeg?resize=400%2C600&#038;ssl=1" alt="" width="400" height="600" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/libriweb.jpeg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/libriweb.jpeg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-8233" class="wp-caption-text">Les Sept vies d&rsquo;Adrien Conus &#8211; Pierre Servent &#8211; 2022 &#8211; Editions Perrin</figcaption></figure></p>
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<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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