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	<title>Technologie - Billet de France</title>
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	<title>Technologie - Billet de France</title>
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		<title>Bons ou mauvais citoyens : quand le crédit social chinois s’implante en Europe</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/bons-ou-mauvais-citoyens-quand-le-credit-social-chinois-simplante-en-europe/02/06/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucas Dubois Jandot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2022 16:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Bologne]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Crédit social]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 02/06/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/bons-ou-mauvais-citoyens-quand-le-credit-social-chinois-simplante-en-europe/02/06/2022/">Bons ou mauvais citoyens : quand le crédit social chinois s’implante en Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b style="color: #000000;">Le crédit social est un système de notation des entreprises et citoyens mis en place par un gouvernement. Connu pour être particulièrement développé en Chine, ce système arrive peu à peu en Europe </b><b>accéléré</b><b style="color: #000000;"> par la vague du Covid.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Au fil de la multiplication des instituts Confucius et des éloges du régime chinois par des hommes politiques français tels que Jean-Pierre Raffarin, la Chine a tissé sa toile au sein du paysage politique et culturel français au point de voir émerger une véritable « sinomanie ». Toutefois, si l’attrait des mets asiatiques et l’écoute du mandarin peuvent nous faire voyager au sein de notre propre pays, la méfiance des incursions des mécanismes politiques orientaux au sein de notre société doit être de mise, de peur de voir notre conception de la liberté réduite à peau de chagrin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le crédit social chinois</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">S’il est un mécanisme politique oriental à rejeter sans autre forme de procès, c’est bien le crédit social tel que mis en place en Chine. Cette technique de gestion de la population a été inventée par Lin Junyue, membre éminent de l’Académie des sciences sociales de Chine. Fondée sur le système des crédits américains, empêchant les fraudeurs d’avoir de nouveau accès à du crédit, ces derniers n’étant plus dignes de confiance, la logique du crédit social se définit par sa volonté de « reconstruire la morale de la société » via l’utilisation des outils numériques et technologiques les plus avancés. Les données bancaires, médicales, sociales – dont celles émanant des réseaux sociaux et du milieu professionnel – identitaires, judiciaires, assurantielles et financières sont prises en comptes afin de noter un individu en fonction de ses choix de vie. Une sorte de « Jugement dernier » permanent et arbitraire. Subissant une note comprise entre 0 et 950, le citoyen est invité à adopter un comportement vertueux. Dans le cas contraire, celui-ci se voit soustraire des points de son « crédit social », accessible depuis son téléphone portable, et au fur et à mesure, se voit soustraire des droits, dont certains fondamentaux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi peuvent rapporter des points le fait de donner son sang, d’acheter de l’eau, du thé, des légumes verts et des couches culottes – démontrant ainsi une bonne alimentation et une volonté de protéger son enfant – ou encore le fait de se procurer des livres traitant de la vie des membres éminents du parti, voire de louer ledit parti. Un bon nombre de points permet au citoyen d’accéder à des réductions au sein des services publics, de se voir féliciter sur des écrans numériques, au sein de la ville, qui montrent l’individu « vertueux » comme un modèle, ou encore, de vivre de manière paisible et sereine.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malheur toutefois à celui qui perdrait des points par une volonté de déstabiliser le régime ou pour avoir simplement manqué à l’obligation de ne pas traverser un passage piéton quand le feu est au rouge ! L’individu qui perd des points se voit décrit comme un mauvais citoyen. De la même manière que le bon citoyen, il fait l’objet d’un affichage numérique dans la ville mais, cette fois-ci, pour le railler et l’ostraciser, une sorte de pilori numérique. Son identité est ainsi mise à découvert avec sa photographie d’identité, son nom, mais aussi – chose plus surprenante et terrible &#8211; son adresse ! Une personne désirant appeler une autre personne possédant peu de points entendra dans certaines villes de Chine une sonnerie semblable à une sirène démontrant la qualité peu recommandable de son interlocuteur. Un message additionnel sera même parfois compris avec la sonnerie, demandant au correspondant du « mauvais citoyen » de le remettre si possible sur le droit chemin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un système communiste 2.0</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Mais une situation reste plus terrible que d’être un mauvais citoyen, c’est celle d’être un citoyen sur « liste noire ». Cette liste est établie par la Cour suprême chinoise et comprend les individus et les sociétés cumulant 0 point de crédit social sur 950. Il leur est fait interdiction de voyager en dehors du pays voire même à l’intérieur, il leur est impossible d’obtenir un crédit bancaire, de créer une entreprise ou d’acheter un appartement. Certaines fonctions comme celle de maire leur sont également prohibées.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce système bien rodé ne pourrait toutefois pas fonctionner sans la présence de caméras intelligentes à reconnaissance faciale présentes en nombre sur le territoire (en moyenne une pour deux habitants !) et sans le concours actif des citoyens chinois eux-mêmes prenant part à cette mécanique totalitaire d’un nouveau genre. En effet, ces derniers, via leurs applications locales notent les personnes et les lieux qu’ils visitent. Cette note induit donc une augmentation ou une diminution des points du crédit social sur le court terme. Prenons l’exemple d’un trajet en taxi. Le chauffeur sera amené à la fin de la course à noter ses passagers, lesquels auront le libre arbitre de noter la prestation de ce dernier.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’infantilisation de la population adulte de Chine se cumule donc avec la perte d’un comportement naturel pour porter sans cesse un masque de bienséance adapté au gain ou à la non perte de points sociaux. Jean-Gabriel Ganascia, président du comité d’éthique du CNRS et expert en intelligence artificielle parlera à ce sujet d’une « réduction du comportement d’un individu à un chiffre ». Individus qui seront amenés à rester les spectateurs passifs de leur vie, incapables d’innover ou de prendre des risques, de peur de voir leurs points chuter.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les innovations au service du politique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ce système de crédit social a d’ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait croire, tendance à se perfectionner d’année en année dans son crime de lèse-liberté. D’une part, par l’absence de réaction d’une population atone comme nous l’avons dit, mais aussi d’autre part par l’affinage des techniques numériques sur lesquelles le crédit social repose. Si les caméras de surveillance poussent comme des champignons, elles se métamorphosent également pour prendre en compte les changements de température du corps humain et la vitesse de marche des individus afin de détecter plus facilement les comportements dits suspects.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La crise de la Covid-19 et sa nuée de QR codes a permis à la Chine communiste d’en démultiplier son usage afin de suivre à la trace sa population. De plus, les alliances du parti avec les géants du numérique chinois ont permis une surveillance globale plus aisée et précise. Ayant deux décennies d’avance sur l’Occident en matière d’intelligence artificielle, la Chine devient également pionnière en matière de dématérialisation de la monnaie, lui permettant ainsi de suivre les transactions faites par une personne au cours de sa vie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’individu est donc nié au profit d’une entité qui ne dit pas son nom. Le bien et le mal ne sont plus définis par le droit naturel mais par le droit positif ce qui entraîne un calcul arbitraire d’une perte de points sociaux fondés sur des éléments propres à générer une antipathie ou une sympathie de l’organe exécutif. Le mauvais citoyen chinois semble ainsi être confiné à un ostracisme puissant au sein de sa propre société et tendrait, en réalité, à être le dernier reste d’humain potentiellement viable au sein d’une société normalement constituée. Dans <em>Ma Femme a du crédit</em>, documentaire publié sur la page <em>YouTube</em> de <em>La Chaîne Parlementaire</em>, le compagnon français d’une femme chinoise dit à sa femme n’achetant pas de « livres interdits » qu’elle était sage. « Je ne suis pas sage » répond-elle, « Je suis quelqu’un de normal ». Et c’est peut-être cela le plus grave. Parce que la normalité n’existe que dans l’esprit de ceux qui ont abandonné la vie au profit de la consommation et de la soumission.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le <em>Smart citizen wallet</em> bolonais</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Cette dérive totalitaire qu’est le crédit social tend, hélas, à se banaliser au sein même du vieux continent. Au niveau de l’Union européenne, deux grandes lignes directrices se dessinent : l’une est celle du crédit social minimal (c’est le cas italien), l’autre est celle du crédit social embryonnaire (c’est le cas de l’Union européenne).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La municipalité de Bologne a annoncé il y a quelques temps la transformation numérique de sa ville par l’intermédiaire d’un « plan numérique ». Ce plan se constitue de diverses mesures dont la plus dérangeante se voit affublée d’une dénomination britannique – certainement pour faire plus cool et rendre incompréhensible le message – le <em>smart citizen wallet</em> (le portefeuille intelligent du citoyen <em>NDLR</em>). Ce portefeuille prend la forme d’une application et est désigné comme étant un outil pour le « citoyen vertueux » lui permettant de cumuler des avantages récompensant ses actions. Trier ses déchets, utiliser les transports en commun, utiliser sa carte culture régulièrement, bien gérer son énergie ou encore ne pas se voir infliger d’amendes par la municipalité permettra au « citoyen vertueux » de cumuler des points et d’être récompensé par des avantages pécuniaires.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette expérimentation déjà en cours à Rome devrait prendre place à Bologne durant l’automne de cette année. Certains craignent toutefois que cet outil de simplification administratif ne soit par la suite utilisé pour contrôler la population bolonaise. Si l’utilisation de l’application est à ce jour facultative, rien ne nous dit qu’elle ne sera pas obligatoire dans quelques années et que les « bons gestes citoyens » se transformeront en obligations, a fortiori quand les conseillers municipaux de la ville font part de leur volonté d’une participation massive de la population à un tel programme.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">L’identité numérique européenne</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Face à ce crédit social minimal caractérisé par son manque d’impérativité à ce jour mais ne demandant qu’un arrêté modificatif pour l’être, la dynamique du crédit social prend son essor de manière plus insidieuse encore dans la sphère européenne.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, affirmait en effet dans son discours sur l’état de l’Union en date du 16 septembre 2020 que « <em>Chaque fois qu’une application ou un site web nous propose de créer une nouvelle identité numérique ou de nous connecter facilement via une grande plateforme, nous n’avons aucune idée de ce que deviennent nos données, en réalité. C’est pourquoi la Commission proposera une identité électronique européenne sécurisée. Une identité fiable, que tout citoyen pourra utiliser partout en Europe pour n’importe quel usage, comme payer ses impôts ou louer un vélo. Une technologie qui nous permettra de contrôler quelles données nous partageons et l’usage qui pourra en être fait</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’identité numérique européenne, objectif prioritaire de l’Union pour les années 2019-2024 permettrait ainsi à l’individu de perdre moins de temps au niveau administratif en regroupant toutes les informations de chaque citoyen européen au travers d’une identité numérique. Cet outil serait également plus sécuritaire d’un point de vue numérique selon le président de la Commission. A terme cette identité numérique serait recommandée, si ce n’est impératif, afin de pouvoir utiliser des services publics, ouvrir un compte bancaire, remplir des déclarations fiscales, s’inscrire dans une université, conserver une prescription médicale, prouver son âge, louer une voiture ou encore s’enregistrer dans un hôtel.</span><br />
<span style="color: #000000;">Rappelons-le, la numérisation de l’identité d’un individu est le premier pas vers une société dématérialisée et possiblement fondée sur la technique du crédit social, prenons donc garde aux simplifications administratives passagères et aux mécaniques de surveillance persistantes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
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<p></center></p>
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		<title>Neuralink : la start-up d’Elon Musk qui souhaite connecter votre smartphone à votre cerveau</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/economie/neuralink-la-start-up-delon-musk-qui-souhaite-connecter-votre-smartphone-a-votre-cerveau/13/10/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Marine Billières]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2020 11:06:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Cyborg humain]]></category>
		<category><![CDATA[Elon Musk]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Billières]]></category>
		<category><![CDATA[Micropuce]]></category>
		<category><![CDATA[Neuralink]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En moins de 30 ans, la technologie s’est rendue indispensable. Elle s’est glissée dans la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>En moins de 30 ans, la technologie s’est rendue indispensable. Elle s’est glissée dans la poche de plus de deux milliards de personnes avec les smartphones. Ces téléphones ultra connectés collectent chaque jour des millions d’informations personnelles au service de la science, de la technologie et de quelques entreprises.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>De «&nbsp;l’animal-machine&nbsp;» à «&nbsp;l’Homme-machine&nbsp;»</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les prémices de cette technologie remontent au XVIIème siècle. Le célèbre mathématicien René Descartes établit la théorie de&nbsp;«&nbsp;l’animal-machine&nbsp;». Cette théorie pense l’animal comme une machine améliorée dépourvue d’âme et de raison. Vivement critiquée, cette théorie est reprise au XVIIIème par le médecin et philosophe Julien Offray de La Mettrie. Ce dernier élabore la théorie de «&nbsp;l’Homme machine&nbsp;» en 1747.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Relevant presque de la science-fiction, cette théorie commence à se concrétiser deux siècles plus tard. </span><span style="color: #000000;">En 1950, c’est le retour du fantasme de «&nbsp;l’Homme-machine&nbsp;». Des chercheurs tentent d’intégrer des algorithmes dans une machine pour la rendre intelligente et autonome.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>«&nbsp;<em>Agissez comme s’il était impossible d’échouer</em>&nbsp;» &#8211; Winston Churchill&nbsp; </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1967, Shakey le robot, premier robot intelligent, est présenté par l’entreprise américaine SRI International avec le soutien de de l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA). C’est un grand robot maladroit composé d’une antenne radio, d’une caméra de télévision, de sonars et de processeurs embarqués.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 2020, certains robots intelligents ne mesurent plus que quelques millimètres et sont extrêmement autonomes. </span><span style="color: #000000;">Après les voitures autonomes (Tesla), et les fusées réutilisables (SpaceX), le chef d’entreprise Elon Musk poursuit d’ailleurs la concrétisation de ses projets les plus improbables grâce à l’intelligence artificielle. Il souhaite à présent utiliser l’intelligence artificielle pour le cerveau humain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Neuralink&nbsp;: des implants pour rendre l’Homme plus intelligent </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 2016, Elon Musk a créé la start-up</span> <a href="https://neuralink.com/">Neuralink</a> <span style="color: #000000;">pour poursuivre ses folles ambitions : guérir et réparer le cerveau. Selon lui, chaque individu est confronté à un problème neurologique au cours de sa vie : dépression, Alzheimer, addictions ou autres pathologies. Il souhaite, à terme, augmenter les capacités cognitives de l’Homme. Ainsi, ce projet d’implant concerne chacun d’entre nous.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cet implant est une micro-puce de 23 mm de largeur et 8 mm d’épaisseur.&nbsp; Il s’insère dans le cerveau en une heure et sans anesthésie générale. Chaque micro-puce a une portée suffisante pour se connecter en Bluetooth à un smartphone. Dans un premier temps, le coût d’un implant sera élevé. Rapidement, il ne devrait coûter que quelques centaines de dollars, chirurgie inclue.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Fin août, la société Neuralink a présenté son implant Link V0-9 grâce à trois cochons : Joyce, Dorothy et Gertrude. Il a choisi des truies car elles sont anatomiquement, physiologiquement et biologiquement cousines de l’Homme. Lors de cette démonstration, Elon Musk a voulu prouver que les implants étaient sans danger pour l’Homme.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Le début des essais cyborg humain prévu en… 2021</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Cette démonstration est un succès pour le patron de Neuralink qui prévoit d’initier les essais cliniques sur des êtres humains dès 2021. Le premier implant utilisé sur l’homme veillera à traiter la paralysie. Dans ce cadre médical, la société a obtenu l’accord de l’administration américaine de l’alimentation et des médicaments («&nbsp;<em>Food and Drug Administration</em>&nbsp;») pour approfondir ses recherches.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La sécurité des implants pour l’Homme est une priorité absolue pour les scientifiques travaillant sur ce projet. En effet, l’entreprise Neuralink se dit soucieuse de la protection des données sensibles et de l’éthique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Quelques interrogations…</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">À la suite de cette démonstration, quelques scientifiques et journalistes se sont interrogés sur l’éthique de ce projet. La plus grande inquiétude n’est pas tant l’implant médical mais l’objectif final qui serait d’utiliser cette technologie pour lire et écrire ses souvenirs. Ce qui induit la possibilité de modifier les fonctions cérébrales ou pire encore, de pirater des cerveaux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La technologie reste encore très perfectible. Cependant, la détermination d’<a href="https://twitter.com/elonmusk">Elon Musk</a> semble inébranlable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Démonstration de Neuralink par Elon Musk :</span></p>
<div class="jetpack-video-wrapper"><iframe class="youtube-player" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/iOWFXqT5MZ4?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe></div>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/neuralink-la-start-up-delon-musk-qui-souhaite-connecter-votre-smartphone-a-votre-cerveau/13/10/2020/">Neuralink : la start-up d’Elon Musk qui souhaite connecter votre smartphone à votre cerveau</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>Programme SCAF : vers une Europe de la Défense enfin intégrée ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/economie/programme-scaf-vers-une-europe-de-la-defense-enfin-integree/23/01/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Bertrand Monnier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2020 18:57:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Airbus Defence and Space]]></category>
		<category><![CDATA[Aviation]]></category>
		<category><![CDATA[Avion de chasse]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Monnier]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[Dassault Aviation]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[SCAF]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 23/01/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/programme-scaf-vers-une-europe-de-la-defense-enfin-integree/23/01/2020/">Programme SCAF : vers une Europe de la Défense enfin intégrée ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Longtemps repoussé, le futur avion de chasse européen (SCAF) sera donc franco-allemand. Le tandem Dassault Aviation/Airbus Defence and Space s’est engagé au sein du programme SCAF, pour livrer une première démo en 2026. Commercialisation à l’horizon 2040. Ce projet participera-t-il à une Défense européenne intégrée ? Pas si sûr. </strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En Europe, les grandes orientations industrielles sont à lire en fonction des grandes orientations politiques. Et le secteur de la Défense est singulièrement représentatif puisqu’il relève du régalien par excellence. Les entreprises phares de l’Hexagone sont Dassault Aviation, Thales, Naval Group, Nexter, Arquus et Safran sans compter leurs différentes filiales et autres participations à des programmes européens. Ces entreprises sont couvées par les services de l’Etat et par l’Elysée, où le secrétaire général Alexis Kohler révise régulièrement la liste des grands patrons potentiels à soumettre au président Macron, en cas de poste à pourvoir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Quand l’industriel soutient le politique</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ces cas sont rares mais très intéressants : Le dernier en date – celui du constructeur maritime militaire Naval Group – est une histoire en cours d’écriture. La première partie de l’histoire est terminée, reste la seconde. Sous les bons auspices de l’Elysée, le projet de rapprochement avec le géant italien Fincantieri a vu le jour, avec le lancement officiel en 2019 de <a href="https://www.meretmarine.com/fr/content/la-jv-de-naval-group-et-fincantieri-sappellera-naviris">la <em>joint venture</em> commune Naviris</a>. Un long feuilleton durant lequel les deux PDG français et italiens – Hervé Guillou et Giuseppe Bono – ont mouillé le maillot alors que les mauvaises relations politiques entre la Rome version Matteo Salvini et le Paris d’Emmanuel Macron ont été autant d’écueils pour la réussite de ce projet. Les nuages gris sont à présent dissipés, mais il a fallu compter sur la ténacité des deux capitaines d’industrie pour faire face aux vents contraires. Bien leur en a pris, même si le chemin est encore long et semé d’embûches pour construire un leader européen dans le domaine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Dans les airs, comme sur les mers</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après ce détour par la marine, que nous disent les grandes manœuvres industrielles dans le secteur militaire aérien ? Tout d’abord, clairement, l’Europe se cherche. Il y a 15 ans, tout le monde pariait sur le tandem franco-britannique, formé par Dassault Aviation et BAE System, l’un des géants européens du secteur et l’un des meilleurs intégrateurs. Car Dassault, quand il sélection un partenaire principal, doit choisir parmi le club extrêmement fermé des intégrateurs systémiques.</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/pierre-dherbes-lopa-americaine-sur-latecoere-est-un-symbole-de-depossession-de-notre-patrimoine-industriel/04/12/2019/">« L’OPA américaine sur Latécoère est un symbole de dépossession de notre patrimoine industriel »</a></span></strong></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Retour en arrière. Durant la première décennie 2000, l’idée germe de créer un seul chasseur européen, remplaçant à terme le <em>Rafale</em> français, l’<em>Eurofighter </em>allemand et le <em>F-18 Hornet</em> espagnol. Une idée qui plaît chez Dassault Aviation : hormis le groupe Airbus, empêtré dans l’A400M, Dassault est de fait le seul constructeur à pouvoir prendre en charge un tel programme. Entre 2010 et 2014, Dassault choisit d’abord son homologue anglais BAE Systems pour développer le futur chasseur européen (SCAF), le tandem intègre au fur et à mesure d’autres partenaires, réputés pour leur savoir-faire d’équipementiers ou de motoristes, comme Thales pour l’électronique, mais aussi Safran et Rolls-Royce pour les moteurs. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais en coulisses, le projet capote, Londres et Paris n’étant plus du tout sur la même longueur d’ondes. Le divorce est consommé en 2016, sur fond de Brexit. Un an plus tard, Dassault se choisit un nouveau partenaire, le consortium germano-européen Airbus Defence and Space. Dassault a alors le vent en poupe, <a href="https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/defense-lenvolee-des-marges-des-industriels-francais-1129025">les résultats opérationnels sont au vert</a>. Comme pour le précédent programme, le nouveau tandem constitue sa <em>dream team</em> et réunit les motoristes MTU Aero Engines (Allemagne) et Safran (France), les électroniciens Rohde &amp; Schwarz et Hensoldt (Allemagne), les fabricants de systèmes d’armements comme MBDA (coopération européenne) et Diehl (Allemagne) ainsi que Thales.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais ce montage industriel déplaît chez Thales, principal partenaire de Dassault sur le <em>Rafale</em> et qui perdrait <a href="https://www.capital.fr/entreprises-marches/dassault-aviation-les-exportations-de-rafale-senvolent-1329817">l’une des poules aux œufs d’or</a> de son catalogue. Thales n’a pas envie de partager avec des concurrents, qu’ils soient allemands, espagnols ou français. Dans le paysage franco-français, des rivalités persistent en effet. En septembre 2019, le journal <em>Les Echos</em> fait <a href="https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/defense-lenvolee-des-marges-des-industriels-francais-1129025">un constat sans appel </a>: « <em>Ces derniers mois, le projet franco-allemand de développer un Système aérien de combat du futur (SCAF) a ravivé une rivalité ancienne entre le patron de Dassault, Eric Trappier, et celui de Thales, Patrice Caine. Le premier estime que l’avenir du nouvel avion de combat restera lié au fuselage, à l’aérodynamisme et aux capacités d’intégration des systèmes de combat développé par son entreprise, quand le second estime que l’expertise électronique, l’intelligence artificielle embarquée et l’évolution des logiciels, feront toute la différence.</em> » Les tensions ne risquent donc pas de retomber avec le projet SCAF, mais sous le commandement de Dassault, Thales s’est résolu à prendre le train en marche.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Coopérations multiples – Concurrences multiples</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pendant que <a href="https://www.usinenouvelle.com/article/dassault-airbus-safran-et-mtu-joueront-les-premiers-roles-dans-le-futur-avion-de-combat-franco-allemand.N772314">Dassault Aviation convole avec Airbus</a>, son ex-fiancé britannique BAE Systems s’est lancé lui aussi dans un nouveau partenariat pour développer un avion furtif de nouvelle génération, le <em>Tempest</em>. A bord du projet, le groupe suédois Saab et les Italiens de Aeronautica Militare. Difficile de parler encore de Défense européenne intégrée avec ce nouveau regroupement d’industriels qui, au final, sera probablement un adversaire lors d’appels d’offres futurs : <em>Tempest</em> contre SCAF. L’affaire en rappelle une autre : le Rafale de Dassault et l’Eurofighter de BAE Systems-EADS-Finmeccanica se sont ainsi affrontés à de très nombreuses reprises : Pays-Bas, Corée du Sud, Singapour, Brésil, Suisse…</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/engie-le-combat-des-chefs-a-la-tete-du-groupe-un-enjeu-politique-et-symbolique/27/01/2020/">ENGIE : le combat des chefs à la tête du groupe, un enjeu politique et symbolique</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Peut-être la prédominance du F-35 américain aurait-elle été moindre en Europe et dans le monde si le Vieux Continent avait pu s’entendre, il y a des décennies, sur un avion commun. L’Europe est malheureusement coutumière des luttes industrielles fratricides, et les entreprises françaises ne sont pas exemptes de reproches en la matière : Thales Norway, filiale locale de Thales, n’a ainsi pas hésité <a href="https://www.zonebourse.com/THALES-4715/actualite/Thales-Thales-Norway-signe-un-contrat-de-25-M-avec-Saab-380923/">à s’associer à Saab</a>pour le développement des systèmes de communication du <em>Gripen</em>, avion face auquel le Rafale de Dassault, actionnaire de Thales, échouera en Suisse, notamment. Naval Group et encore une fois Thales, son actionnaire pourtant, se sont également retrouvés <a href="https://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/chantiers-navals/31712-corvettes-naval-group-et-thales-en-competition-au-bresil">face-face au Brésil</a>en 2018 dans le cadre du projet brésilien <em>Tamandaré</em> pour quatre corvettes, et le sont de nouveau sur le projet de sous-marin néerlandais. Même s’ils se regroupent au gré de certains projets, les constructeurs européens avancent encore en ordre dispersé sur les marchés continentaux et internationaux, s’opposant parfois entre entreprises de même nationalité. C’est un fait.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une vraie carte à jouer</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’industrie européenne devra nécessairement poursuivre son mouvement de consolidation, non seulement pour survivre face à nos adversaires de toujours mais aussi pour faire face à l’émergence de nouveaux concurrents chinois, russes ou indiens. Une question essentielle reste posée : l’Europe de la Défense gagnera-t-elle à long terme à voir ses grandes entreprises industrielles se faire concurrence, plutôt que d’unir leurs forces afin de se focaliser sur leur cœur de métier ? Les pays européens savent pourtant travailler ensemble quand la volonté politique est là. L’industrie de défense terrestre &#8211; via Nexter et KMW devenus KNDS &#8211; est ainsi parvenue à accoucher d’un projet de char commun, même s’il est vrai que seuls les Allemands et les Français ont encore la base industrielle nécessaire pour un tel projet. Les pays européens sont également (presque) arrivés au bout du programme A400M. Et en dépit des aléas du projet, l’A400M restera au final probablement le meilleur avion de transport tactico-opératif existant, avec déjà un certain succès à l’export.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’époque est indécise et passionnante, d’autant plus à l’heure où le président français Emmanuel Macron a redistribué une partie des cartes <a href="https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/l-otan-en-etat-de-mort-cerebrale-les-americains-repliquent-a-macron-20-11-2019-2348508_1897.php">en jugeant l’OTAN « <em>en état de mort cérébrale</em> »</a>. L’Europe de la Défense a enfin une vraie carte à jouer (avec le SCAF ?). Les industriels européens aussi, chacun à leur place, rien que leur place mais toute leur place, dans un ensemble pour le moins coordonné, et pourquoi pas intégré.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Bertrand Monnier est conseiller financier en export et développement international et spécialiste en droit fiscal international.</span></p>
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		<title>Pierre d’Herbès : « L’OPA américaine sur Latécoère est un symbole de dépossession de notre patrimoine industriel »</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/entretiens/pierre-dherbes-lopa-americaine-sur-latecoere-est-un-symbole-de-depossession-de-notre-patrimoine-industriel/04/12/2019/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Dec 2019 18:27:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Latécoère]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre d’Herbès]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.billetdefrance.fr/?p=1683</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 04/12/2019</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/pierre-dherbes-lopa-americaine-sur-latecoere-est-un-symbole-de-depossession-de-notre-patrimoine-industriel/04/12/2019/">Pierre d’Herbès : « L’OPA américaine sur Latécoère est un symbole de dépossession de notre patrimoine industriel »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre d’Herbès est consultant en affaires publiques et spécialiste des questions liées à l’intelligence économique et stratégique. Il revient sur la vente du groupe d’équipementier aéronautique français Latécoère à un fonds d’investissement américain et pointe du doigt l&rsquo;abandon de l&rsquo;État dans cette affaire.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Blondin : Qu’est-ce que le groupe Latécoère ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Pierre d’Herbès :</strong> Latécoère est un des symboles forts de la France pionnière dans le secteur aérospatial. Pierre-Georges Latécoère fut le premier avionneur français. L’une des branches de la société est à l’origine de la création de l’« Aéropostale » qui deviendra <a href="https://www.airfrance.fr/">Air France</a>. Outre la symbolique, Latécoère est devenue une entreprise importante dans la Base Industrielle et Technologique de Défense française (BITD). C’est une entreprise de taille intermédiaire (ETI) de portée multinationale (5000 employés dont 3000 en France) travaillant avec les grands maîtres d’œuvres mondiaux tels <a href="https://www.dassault-aviation.com/fr/">Dassault</a> mais aussi <a href="http://www.boeing.com/">Boeing</a>, <a href="https://www.mitsubishi-motors.fr/">Mitsubishi</a> et <a href="https://embraer.com/">Embraer</a>. C’est un fournisseur de rang 1, un sous-traitant spécialisé en aérostructures et systèmes d’interconnexion, la carapace et le système nerveux des aéronefs. Le groupe se situe sur un échelon stratégique « faible » mais stratégique quand même. Pour vous donner des exemples concrets, Latécoère est partie prenante dans la construction de l’avion militaire de transports multirôle Airbus 400M (pour les systèmes d’interconnexions), de l’avion de chasse Dassault Rafale (pour une partie du fuselage) mais également des satellites militaires français opérés par le Centre national d&rsquo;études spatiales (pour les harnais d’alimentations).</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/programme-scaf-vers-une-europe-de-la-defense-enfin-integree/23/01/2020/">Programme SCAF : vers une Europe de la Défense enfin intégrée ?</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Par ailleurs, Latécoère est une entreprise très dynamique en recherche et développement (23 brevets en 2018). Parmi ses innovations, on trouve les technologies photoniques et plus particulièrement la LiFi, une technologie photonique qui se positionne comme un suppléant voire une alternative à la Wifi d’ici 10 ans. La caractéristique de cette nouvelle technologie est sa vitesse très importante : jusqu’à 160 fois le débit Wifi ! Sa bande-passante gratuite et abondante lui confère également des applications et des capacités de déploiements commerciaux civils très prometteurs. Ce n’est pas la seule entreprise sur cette technologie mais elle conforte la nette avance de la France dans le domaine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Le fonds américain Searchlight Capital Partners (SCP) a annoncé vouloir racheter Latécoère. Pourquoi voyez cela comme un « <em>scandale</em> » ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH :</strong> Le scandale se situe sur trois volets : social, industriel et souverain. Un changement de propriétaire pourrait aboutir à des plans sociaux comme cela a été le cas pour Alstom. Au niveau industriel, en perdant la main mise sur l’entreprise, la France risque de perdre une partie de ses savoir-faire industriels. A long terme, le premier risque est la perte de cohérence de la BITD française en aérospatiale. A moyen comme à long terme, la France s’expose au passage de certains composants centraux de ses aéronefs, civils comme militaires, sous la norme <em>International Traffic in Arms Regulations</em> (ITAR) américaine. Cette dernière est la norme d’extraterritorialité juridique permettant au gouvernement américain d’effectuer des audits ou de bloquer la vente et/ou l’utilisation de n’importe quel produit fini ou plate-forme comprenant au moins 25% de technologie américaine ou une technologie considérée comme sensible.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/engie-le-combat-des-chefs-a-la-tete-du-groupe-un-enjeu-politique-et-symbolique/27/01/2020/">ENGIE : le combat des chefs à la tête du groupe, un enjeu politique et symbolique</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La vente de Latécoère n’est pas une simple perte industrielle mais participe à un jeu de dominos pouvant avoir des conséquences très importantes. Par exemple, les Américains ont bloqué pendant plus d’un an la vente de rafales à l’Egypte car ils ont refusé de voir passer sous pavillon égyptien des missiles de croisière &#8211; qui faisaient partie du package &#8211; car comprenant des éléments américains…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">CDB : Et sur Searchlight ?</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH : </strong>Sur Searchligth en particulier tout n’est pas net. Le fonds d’investissement américain est spécialisé dans la <em>High-Tech</em>. L’annonce de l’OPA à hauteur de 75% du capital est annoncée en juin 2019. Le problème de la société réside dans la gouvernance opaque depuis 2015. Cette opacité a été dénoncée en 2018 par le fonds français La Financière de l&rsquo;Échiquier (LFDE), présent également au capital de Latécoère. La LFDE a notamment contesté la directrice générale imposée par les Fonds, Yannick Assouad qui se distingue par une très forte emprise américaine.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Précisons que Searchlight détient dans ses investissements la société Global Eagle, concurrente de Latécoère en Amérique du Nord et que le « Founding Partner » de Searchlight, Oliver Haarmann<em>  </em>est un ancien « Partner » du fonds KKR, réputé être un fonds écran de la CIA via son dirigeant David Petraeus.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">CDB : Une autre solution était-elle envisageable pour le groupe ?</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH : </strong>Il existait d’autres solutions : privilégier la liquidité des titres et les petits porteurs ou encore une prise de participation plus décisive de l’Etat notamment via la <a href="https://www.bpifrance.fr/">Banque Publique d’Investissement</a> (BPI). Une nationalisation temporaire peut être envisagée. L’idée de faire racheter Latécoère par des groupes comme <a href="https://www.safran-group.com/fr">Safran</a> et <a href="https://www.thalesgroup.com/fr">Thalès</a> a également été avancée. Pour autant ces derniers ont refusé. Pour quelles raisons alors même que la BITD française cherche à se consolider ?  La réponse se situe en partie dans le manque de frappe capitalistique de l’État et des fonds. Aux Etats-Unis c’est sur l’épargne que les fonds de capital-risque fondent leur puissance, de la même manière les Fonds souverains norvégiens ou arabes se fondent sur leur rente pétrolière afin d&rsquo;asseoir leur force de frappe considérable. En France l’épargne est évaluée à des centaines de milliards d’euros, elle est immense. Pourtant, elle est dormante alors qu’elle pourrait être employée à des fins utiles. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/programme-scaf-vers-une-europe-de-la-defense-enfin-integree/23/01/2020/">Programme SCAF : vers une Europe de la Défense enfin intégrée ?</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Récemment, la <a href="https://www.economie.gouv.fr/plan-entreprises-pacte">loi PACTE</a> &#8211; via ses dispositions sur l’assurance complémentaire &#8211; semble prendre en compte cette problématique en permettant aux assureurs d’utiliser cette manne de l’épargne française. Sera-t-elle utilisée à des fins souveraines en prenant en compte de manière intégrale les problématiques liées à l’intelligence économique ? C’est une autre affaire. A suivre donc.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Aux vues de cette opération, peut-on dire que l’état français abandonne notre industrie ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH : </strong>Il l’abandonne <em>de facto</em> depuis des décennies. Latécoère est un renoncement dans la droite ligne des Alstom, Chantiers de l’Atlantique, Technip, Pechiney, Arcelor, Alcatel… Ces cas emblématiques ne constituent que la face visible de l’iceberg de nos nombreuses PME et TPE pillées ou bien abandonnées sur les marchés étrangers sans soutien vraiment efficace. C’est un autre problème mais il y a un continuum. Le cas Alstom a été un électrochoc. Tout comme a été l’élection de Donald Trump qui a fini par assumer très clairement les pratiques américaine depuis 30 ans. Les élites françaises se sont alors partiellement réveillées mais tard, mal et surtout insuffisamment.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/engie-le-combat-des-chefs-a-la-tete-du-groupe-un-enjeu-politique-et-symbolique/27/01/2020/">ENGIE : le combat des chefs à la tête du groupe, un enjeu politique et symbolique</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le cas Latécoère est édifiant. C’est un sous-traitant très spécifique. Il n&rsquo;est pas aussi sexy qu’un Airbus ou qu&rsquo;un Dassault mais cela n’enlève rien à son importance ; pourtant la polémique n’a éclaté médiatiquement qu’il y a un peu plus d’un mois et politiquement depuis deux semaines alors même que la volonté d’OPA était annoncée depuis juin et le feu vert a été donné par l’Autorité des marchés financiers (AMF) fin octobre. Imaginez alors la situation de PME ou TPE très innovantes mais manquant de visibilité et qui se font racheter par des fonds étrangers. La grande majorité des investissements directs à l’étranger (IDE) en France ne sont pas contrôlés et ce pour des raisons avant tout idéologiques. Le dispositif des <a href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/autorisations-prealables-des-investissements-etrangers-en-france">investissements étrangers en France</a> (IEF) mis en place par Montebourg  n’est pas une institution disposant des moyens ou des prérogatives comme le <a href="https://home.treasury.gov/policy-issues/international/the-committee-on-foreign-investment-in-the-united-states-cfius">CIFIUS</a>, l’organe de surveillance des IDE américain, dont le radar et la vivacité sont redoutables.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Face à cela quel est l’avenir de l’aéronautique et plus largement de l’industrie française ?</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>PDH : </strong>C’est une question assez large ! Une prise de conscience, même insuffisante, est à l’œuvre. Espérons qu’elle s’affirme. La France garde un substrat de volonté d’autonomie qui la pousse à relativement limiter la casse dans les industries stratégiques mais sans vision ni véritable volontarisme de la part de l’État. La BITD française demeure solide mais ce type d’événement est de nature à la fragiliser et d’autres problématiques sérieuses s’imposent à elle… Dans un monde en proie à un réarmement de plus en plus offensif, sauvegarder notre BITD est crucial !</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Certains Etats sont aujourd’hui en mesure de contester et d’égaler la puissance militaire et technologique occidentale voire à la surpasser dans certains domaines. Des pays comme la Chine et la Russie, et leurs clients, sont aujourd’hui capables de refuser l’accès à leurs territoires ou à d’autres théâtres d’opérations. Cela remet en cause nos capacités de projections de force et de puissance dans toutes les dimensions (terre, mer, air, espace, cyber). A l’avenir les théâtres d’opération seront de moins en permissifs et un retour à la guerre « conventionnelle » et de haute intensité n’est plus exclue par les états-majors.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/lamericain-teledyne-repart-a-lassaut-de-photonis-leader-francais-de-la-vision-nocturne/24/11/2020/">L’américain Teledyne repart à l’assaut de Photonis, leader français de la vision nocturne</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une BITD compétitive et totalement souveraine sera un préalable fondamental pour que la France puisse tenir son rang. Celle-ci nous permettra de  rester technologiquement en pointe, tout en augmentant drastiquement le volume de nos forces et de nos matériels actuellement taillés pour des conflits de moyenne à basse intensité et asymétriques. Dans le cas contraire, la France fera face à un déclassement militaire et par voie de conséquence, un déclassement diplomatique et politique à l’horizon 2050 probablement.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a> </span></p>
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