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Rafale : face à la Turquie, la Grèce se projette vers une nouvelle commande

Un Rafale dans les airs en septembre 2025 en Espagne. ©Rafael Minguet Delgado

Un Rafale dans les airs en septembre 2025 en Espagne. ©Rafael Minguet Delgado

Face aux ambitions aériennes de la Turquie, Athènes anticipe déjà la prochaine étape. L’acquisition de Rafale de nouvelle génération, en versions F4 voire F5, s’impose comme un pilier de la supériorité aérienne grecque en mer Égée.

 

La question de la supériorité aérienne demeure centrale pour la Grèce. Si l’équilibre militaire actuel penche en faveur d’Athènes, grâce à une flotte modernisée et à l’intégration progressive d’avions de dernière génération, les choix capacitaires de la Turquie obligent les autorités grecques à se projeter sur le long terme. L’évolution des flottes, des armements et des systèmes de combat impose désormais une anticipation fine des rapports de force à l’horizon 2030.

 

Une supériorité aérienne grecque sous surveillance

L’éventuelle acquisition par la Turquie de chasseurs Eurofighter Typhoon ne bouleverse pas, à ce stade, l’équilibre militaire en mer Égée. Grâce à sa flotte actuelle de F-16 Viper, de Rafale et à l’arrivée programmée des F-35, l’armée de l’air grecque conserve une avance nette, tant sur le plan technologique qu’opérationnel.

 

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Pour autant, l’entrée possible de 20 Eurofighter dans l’arsenal turc — avec une option pour 20 appareils supplémentaires — est suivie de près à Athènes, d’autant plus si Ankara confirmait son intérêt pour la version Tranche 5, la plus avancée technologiquement. Prévue après 2030, cette variante bénéficierait de capteurs, de radars et de systèmes de guerre électronique considérablement améliorés, ainsi que d’une large compatibilité avec des armements longue portée comme les missiles Meteor. Selon plusieurs sources, la Turquie et l’Allemagne, déjà engagée sur cette version, pourraient partager les coûts de développement de ce standard, ce qui renforcerait encore son attractivité et ses performances futures.

 

Rafale F4 et F5 : le choix de l’anticipation stratégique

Face à cette perspective, la Grèce prépare la suite. Les Rafale actuellement en service au sein de l’armée de l’air hellénique sont des F3R, entrés en service à partir de 2018 et déjà dotés d’un radar AESA et de missiles Meteor. Mais Paris a franchi un cap en 2023 avec l’adoption du standard F4, destiné à rester en service jusqu’aux années 2050-2060.

Selon le média grec I Kathimeriní, Athènes envisage, avant la fin de la décennie, l’acquisition de Rafale supplémentaires afin de remplacer progressivement les Mirage 2000-5, dont le soutien industriel par Dassault s’achèvera à terme. Cette démarche s’inscrit également dans la nouvelle structure de forces validée par le Parlement grec et le KYSÉA, visant un format cible de 200 avions de combat modernes.

 

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La future commande porterait sur des Rafale F4 — voire F5 si cette version est alors disponible. Le standard F4 marque une rupture technologique : systèmes électroniques renforcés, architecture pleinement interconnectée, data links sécurisés en complément du Link 16, suite de guerre électronique améliorée, ordinateur de mission plus puissant et radar AESA capable de détecter et suivre des cibles terrestres mobiles à très longue distance. Le F4 intègre également un nouvel IRST pour la détection des cibles furtives, le système d’autoprotection SPECTRA, un viseur de casque Scorpion et la capacité d’emport des missiles MICA NG, dont la portée progresse de 40 % par rapport aux MICA actuels.

Considéré comme une étape intermédiaire, le Rafale F4 prépare surtout l’arrivée du F5 après 2030. Cette version doit permettre le contrôle de drones d’accompagnement, la conduite d’opérations de saturation contre les défenses adverses et une coopération homme-machine avancée, faisant du Rafale un véritable multiplicateur de puissance aérienne.

 


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