L’association environnementale Canopée, spécialiste de la défense des forêts, a acquis plusieurs balises GPS dont certaines ont été retrouvées sur des engins de chantier forestiers. Une pratique qui interroge, dans un contexte marqué par la multiplication des tensions entre militants écologistes et professionnels de la filière bois.
« Défendre l’environnement » jusqu’où ? Alors que plusieurs ONG dénoncent régulièrement les moyens de surveillance utilisés par les pouvoirs publics contre les militants écologistes, l’association Canopée se retrouve aujourd’hui au cœur d’une controverse sur l’utilisation de traceurs dans des engins forestiers.
Une méthode douteuse
Selon les informations révélées par le journal Le Point, l’organisation a acquis douze balises GPS entre 2020 et 2024. Les traceurs ont été achetés auprès d’une société française spécialisée dans les systèmes de géolocalisation. Cinq balises ont été livrées à un administrateur de Canopée installé dans le Morvan, tandis que les sept autres étaient rattachées à une adresse électronique de l’association ou au téléphone d’un chargé de campagne. Certaines ont transité par le siège de l’association à Angers avant d’être localisées dans le Limousin, le Morvan ou encore les Deux-Sèvres. Dans un échange avec le fournisseur, un membre de Canopée évoque explicitement le suivi de véhicules.
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À l’hiver et au printemps 2024, au moins deux de ces balises ont été découvertes sur des engins de chantier forestiers. L’une équipait une machine d’Alliance Forêts Bois, première coopérative forestière privée française, tandis qu’une autre se trouvait sur un engin du Comptoir des Bois de Brive. Contactée par Le Point, Canopée n’a pas souhaité commenter le fond de l’affaire.
Une association influente dans un contexte de fortes tensions
L’affaire intervient alors que les professionnels de la filière forestière dénoncent une multiplication des actes de pression et des dégradations visant leurs activités. Sabotages d’engins, menaces, intimidations ou encore agressions verbales sont régulièrement signalés par les organisations représentatives du secteur. À la suite de la découverte d’une des balises, une enquête judiciaire avait été ouverte pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit ». Elle a finalement été classée sans suite, aucun lien n’ayant pu être établi entre les traceurs GPS et les dégradations commises sur des engins forestiers.
L’association affirme condamner toute violence et toute dégradation. Reste que l’utilisation de balises GPS sur des matériels professionnels nourrit désormais les interrogations sur les limites des moyens d’action qu’une organisation militante peut s’autoriser au nom de la protection de l’environnement.
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Créée en 2018, Canopée s’est imposée en quelques années comme une association influente dans le débat sur la gestion des forêts françaises. Forte de neuf salariés et de près de 938 000 euros de ressources en 2024, elle privilégie les campagnes médiatiques, les recours en justice et le plaidoyer auprès des pouvoirs publics.
L’association bénéficie du soutien d’un large éventail de bailleurs de fonds français et internationaux, parmi lesquels la Ford Foundation, la Fondation Charles Léopold Mayer, la Fondation Léa Nature, Rainforest Foundation Norway, la Fondation Nature & Découverte, la Fondation Terre Solidaire, etc.
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