USA Rare Earth : les États-Unis partent à la conquête des terres rares jusqu’en France
Publié le 08/05/2026
L'entreprise américaine USA Rare Earth va supporter l'essentiel du coût de l'usine en France. Image d'illustration
Soutenue par 1,6 milliard de dollars de financements publics américains et 1,5 milliard de capitaux privés, la société USA Rare Earth accélère sa stratégie industrielle pour sécuriser une chaîne d’approvisionnement en terres rares hors de la Chine. De la mine texane aux futures usines françaises, le groupe entend bâtir un écosystème intégré au service des industries stratégiques américaines.
Les terres rares sont devenues le nouveau front de la souveraineté industrielle mondiale. Dans cette bataille stratégique, les États-Unis veulent désormais reprendre la main face au quasi-monopole chinois sur ces métaux critiques indispensables aux technologies modernes.
Une stratégie intégrée « de la mine à l’aimant »
Fondée en 2019 par l’entrepreneur Pini Althaus, USA Rare Earth s’est donné pour mission de reconstruire une chaîne de valeur américaine complète autour des terres rares. Extraction, séparation, raffinage, production de métaux et fabrication d’aimants permanents : le groupe cherche à maîtriser chaque maillon stratégique.
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Au cœur du dispositif figure le projet Round Top, au Texas, développé avec Texas Mineral Resources. Cette future mine doit permettre l’extraction de terres rares lourdes comme le dysprosium et le terbium, mais aussi d’autres minéraux critiques utilisés dans les secteurs de la défense, de l’énergie ou de l’aérospatial. Une usine de séparation est également en construction afin de traiter localement ces matériaux.
En parallèle, USAR développe à Stillwater une usine de fabrication d’aimants néodyme-fer-bore (NdFeB), technologie essentielle pour les véhicules électriques, les éoliennes ou encore certains systèmes militaires. Sa mise en service commerciale est prévue dès 2026. L’objectif est ambitieux : doubler les capacités industrielles d’ici 2030 grâce à un plan massif de financement mêlant soutien public et capitaux privés.
La France au cœur de l’offensive américaine sur les terres rares
Le virage stratégique de l’administration de Donald Trump donne une nouvelle dimension au projet. En janvier, USAR a annoncé un accord avec le Département du commerce américain portant sur un financement potentiel de 1,6 milliard de dollars. L’État fédéral pourrait également entrer au capital du groupe à hauteur de 10 %. Mais la stratégie américaine ne s’arrête pas aux frontières des États-Unis.
Via sa filiale britannique Less Common Metals, acquise fin 2025, USAR investit désormais massivement en France. À Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, une usine de métaux et alliages de terres rares doit voir le jour pour un investissement de 110 millions d’euros, soutenu par des dispositifs fiscaux français.
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Le site sera adossé au projet Caremag de la start-up lyonnaise Carester, spécialisée dans le recyclage des aimants permanents. Ensemble, les deux projets doivent contribuer à faire émerger une véritable « vallée des aimants » dans le sud-ouest de la France. USAR a également sécurisé des approvisionnements auprès de Solvay à La Rochelle, dans le cadre d’un partenariat impliquant aussi Permag, spécialiste américain des aimants haute performance.
Derrière ces investissements se joue une bataille géopolitique majeure : celle du contrôle des ressources critiques nécessaires à la transition énergétique, aux technologies avancées et à la défense. Dans cette course mondiale aux terres rares, la France apparaît désormais comme un maillon stratégique de la nouvelle chaîne d’approvisionnement occidentale.
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