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	<title>Écosse - Billet de France</title>
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	<title>Écosse - Billet de France</title>
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		<title>Écosse : une rentrée aux allures de passe d’armes pour le Scottish National Party</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/ecosse-une-rentree-aux-allures-de-passe-darmes-pour-le-scottish-national-party/14/10/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Oct 2022 06:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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		<category><![CDATA[Scottish National Party]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/10/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/ecosse-une-rentree-aux-allures-de-passe-darmes-pour-le-scottish-national-party/14/10/2022/">Écosse : une rentrée aux allures de passe d’armes pour le Scottish National Party</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 10 octobre 2022 s&rsquo;est déroulée la rentrée du <em>Scottish National Party</em>. Entre tir à vue sur le gouvernement Truss et annonce d’un nouveau référendum d’indépendance pour octobre 2023, le parti pro-européen majoritaire semblerait tout-puissant… s’il n’avait été immédiatement raillé par le britannique Nigel Farage, ultrapopulaire figure du Brexit, désormais incontournable personnage de médias. Analyse.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Aberdeen, le lundi 10 octobre dernier. C’est sur les bords de la mer du Nord que se tient la conférence de rentrée du <em>Scottish National Party</em> (SNP). A la tribune, Nicola Sturgeon, leader du parti et Premier ministre d’Ecosse depuis 2014 s’adresse à ses soutiens derrière un pupitre vert portant l’inscription « Stronger for Scotland ». Une démonstration de force en vue ?&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« I detest the Tories and everything they stand for »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le Royaume-Uni tremble de la fureur de sa licorne déchainée. Ce mardi 11 octobre, le gouvernement écossais voyait la Cour suprême britannique commencer à étudier la légalité de l’organisation d’un nouveau référendum d’indépendance, huit ans après l’échec (55% de votes contre) de 2014. Pourquoi l’annonce de la tenue d’un référendum répondant à la question « L&rsquo;Écosse devrait-elle être un pays indépendant ? » est-elle si importante ? Attention ici à ne pas se tromper : il ne s’agit pas moins d’un problème de droit que d’une question politique. Le débat porté devant la Cour concerne la légalité de l’organisation d’un référendum par Edimbourg, qui s’affranchirait, en cas de décision favorable, de l’accord de Londres. Comme le rappelait Dorothy Bain, lord-avocat et membre du gouvernement écossais, cette question est de plus « importante pour la politique électorale écossaise ». Preuve en est, le Premier ministre Nicola Sturgeon, qui s’estime poussée au bras de fer par Londres, annonce depuis des mois qu’elle utilisera les élections législatives de 2024 comme un « référendum de facto ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Outre ce débat de fond, qui a désormais acquis un caractère d’éternité, Nicola Sturgeon trouve en ce mois d’octobre une légitimité critique dans l’effondrement de la politique conservatrice, incarnée depuis peu par le nouveau Premier ministre Liz Truss. Gardons-nous d’un soutien obstiné aux Tories car ces critiques sont largement fondées. La formule utilisée à Aberdeen, « avec Boris Johnson, cela a pris trois ans aux Conservateurs pour se rendre compte du désastre, avec Liz Truss, cela leur a pris trois semaines », reflète la triste réalité de la conduite des affaires par le parti majoritaire. Le fait est que l’économie britannique se trouve aujourd’hui au bord de la récession. Le FMI projette une baisse importante de l’économie pour 2023, avec une croissance estimée à 0,3%, là où celle de 2022 devait atteindre les 3,6%. D’où provient cette chute ? L’évolution idéologique malheureuse du parti conservateur britannique est en cause et sera peu surprenante pour le spectateur continental.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nigel Farage expliquait déjà en 2015 le succès de son mouvement UKIP, sécessionniste, par ces mots : « le vrai problème des conservateurs n&rsquo;est pas l&rsquo;UKIP. Leur vrai problème est que leurs sympathisants se rappellent ce dont le Parti conservateur avait l&rsquo;habitude de parler -la création de richesses, un niveau bas d&rsquo;imposition, l&rsquo;entreprise- et voient qu&rsquo;il discute désormais de mariage homosexuel et d&rsquo;éoliennes ». De cette dérive résulte un amateurisme en pratique (gestion des crises migratoires et sanitaires, énergie et coût de la vie notamment), que les Écossais analysent comme un manquement de l’Angleterre à ses devoirs envers eux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les Tories plongent, l’Écosse se lève, Farage rigole</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A Aberdeen, Nicola Sturgeon a annoncé la présentation d’un ambitieux programme économique censé garantir une économie écossaise stable dans le cas d’une indépendance. On attendait de l’ambition, on a eu, là aussi, de l’idéologie. Les annonces du SNP révèlent un programme reposant principalement sur les wave and tidal technologies, soit les technologies dépendant de l’énergie produite par la mer. La promesse de ce mois d’octobre renvoie à des investissements massifs en vue d’atteindre la neutralité carbone, financés par le pétrole et un emprunt. Avec un projet d’investissement à hauteur de 50 millions de livres, le Premier ministre écossais ne rompt en rien avec la tradition moderne du SNP : en 2011 déjà, son prédécesseur Alexander Salmond arguait que l’Écosse maitriserait son économie grâce à son pétrole ! Le problème de cette rhétorique reste justement que le Royaume-Uni est en pleine crise … du fait d’une dépendance énergétique !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le programme Sturgeon est depuis la risée des milieux conservateurs écossais et britanniques, qui pointent une idéologie sans but, si ce n’est celui de rester au pouvoir. Parmi les observateurs les plus pertinents sur cette situation, on trouvera le regard de l’ancien député européen Nigel Farage, ancien dirigeant de l’UKIP puis du Parti du Brexit et désormais figure principale de la chaîne de télévision GB News. Connu et apprécié pour ses sorties, il a commenté le discours d’Aberdeen dès le 10 octobre au soir ainsi : « Here we are Nicola ! Mettons des centrales éoliennes partout et l’Écosse sera indépendante ! », avant de mener une analyse démontrant des « projets dépourvus de sens, qui ne marcheront pas ». L’ancien député européen a aussi été très sévère vis-à-vis des Conservateurs, condamnés à être « chassés », comme en 1997, chose qu’ils « méritent, tout simplement ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le SNP actuel tranche avec celui qui militait contre le référendum de 1975 sur l&rsquo;adhésion du Royaume-Uni à l&rsquo;Union européenne. Depuis le tournant engagé à la fin des années 1980 et la ligne nouvelle, favorable à l’intégration européenne, le parti a subi l’évolution classique des partis europhiles, sacrifiant leurs idéaux sur l’autel libéral. Cette plongée vers une idéologie issue des universités américaines est pourtant plus triste encore que celle de nos partis libéraux continentaux. Pourquoi ? Parce que l’Écosse est un plus proche témoin du succès du Brexit, qui, malgré la cabbale menée par ses opposants, reste la plus sage décision prise par le peuple du Royaume-Uni.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si l’économie se porte mal Outre-Manche, il en est de même partout en Europe, Londres concentrant simplement désormais ses relations d’importation sur des pays extérieurs à l’Union. Enfin, si les premiers effets de la sortie de l’Union ont été des pénuries dues au manque de main d’œuvre, on observe que la situation tend à s’équilibrer. Le plein emploi allié au contrôle de l’immigration de travail étant les clés, laissons du temps au temps. Un tel exemple, si proche, ne permet pas aux Écossais de se bander les yeux, ils seraient, vis-à-vis des autres européens soumis à la folie libérale, doublement blâmables. Il est malheureusement illusoire d’envisager un changement de ligne au sein du SNP, nous ne pouvons que nous en attrister.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Saor Alba, pour une Écosse libre… quand même !</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Face à deux camps en voie de dégénérescence, quelle est la bonne lecture ? Pour l’Écosse, on ne peut que penser à l’indépendance ou, du moins, à une dévolution des pouvoirs plus respectueux de l’Union Act de 1707. Pour cela, on regretta surtout, car il ne peut y avoir de résultat heureux sans belles manières, que le SNP ait atteint une bassesse telle que l’on pourrait le confondre avec l’ensemble des mouvements pro-européens du continent, soumis aux pires dérives. Cette décentralisation reste d’ailleurs le fond politique du SNP, qui heureusement, n’a que la forme de ridicule. Eternels regrets donc vis-à-vis de la ligne première du parti, ayant regroupé en 1934 une multitude de partis indépendantistes et s’étant employé à dénoncer le « club de riches » que constituait « l’Europe capitaliste ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’Outre-Manche pourrait nous paraître bien loin depuis le Brexit. Pourtant, l’histoire commune qui lie nos trois pays, sous l’égide séculaire de l’Auld Alliance, ne nous permet pas d’ignorer le devenir d’une colonie ayant mal tourné. Français, nous prierons pour que le cri de « Saor Alba » retrouve sa dignité et ne soit plus celui d’un personnel politique à la dérive. Aux anglais, suivons la tradition en leur souhaitant bonne chance : et m… !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
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		<title>«Au revoir Madame, tous les peuples vous pleurent»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/au-revoir-madame-tous-les-peuples-vous-pleurent/10/09/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Sep 2022 13:23:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Château de Balmoral]]></category>
		<category><![CDATA[Écosse]]></category>
		<category><![CDATA[Élisabeth II]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/09/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/au-revoir-madame-tous-les-peuples-vous-pleurent/10/09/2022/">«Au revoir Madame, tous les peuples vous pleurent»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 8 septembre 2022, la Reine Elisabeth II décède dans son château de Balmoral en Ecosse. Une page de l&rsquo;Histoire qui se tourne.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">De telles circonstances poussent à une métaphore depuis longtemps écrite : « London Bridge is Down ». Au-delà de ce mot, c’est un monde tout entier qui s’est écroulé : la reine Elizabeth II, souveraine du Royaume-Uni et du Commonwealth n’est plus. Elle brilla toute sa vie, sans ombre aucune, d’une lueur inimitable, qui toucha un jour au moins chacun de tous les êtres du monde et restera dans le plus profond souvenir humain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>A chaque instant retentirent les cloches</h3>
<p><span style="color: #000000;">Les cloches des 16 000 églises du royaume ont sonné une heure durant après l’annonce de la mort de la souveraine, une première depuis la mort du roi Georges VI en 1952. Elles recommenceront le jour des funérailles de la tête couronnée la plus puissante du monde, comme une dernière salve de tocsin pour que l’âme montante n’oublie jamais son peuple. Il semble d’ailleurs que des cloches accompagnèrent toujours Elizabeth Windsor, de son plus jeune âge à Buckingham au soir de sa vie à Balmoral.&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Née le 21 avril 1926, Son Altesse Royale la princesse Élisabeth d&rsquo;York n’est tout d’abord pas destinée à régner. Elle a pourtant déjà l’étoffe d’une souveraine, car en plus d’en avoir le sang, elle en a, dès l’âge de deux ans et selon les observations de Winston Churchill, la nécessaire force : « <em>Elle a un air d&rsquo;autorité et de réflexion époustouflant pour un enfant.</em> ». Heureuse nouvelle car bien vite, dès 1936 et en l’espace de quelques mois, la princesse Élisabeth devient héritière présomptive du trône. Le 20 janvier 1936, la mort de son grand-père le roi Georges V est suivie de près par l’abdication de son oncle Edouard VIII (1894-1972) le 11 décembre suivant. Deux salves de cloches retentissent en moins d’un an sur le Royaume-Uni : l’une pleure la fin de l’héritage victorien avec la mort du petit-fils de l’impératrice, l’autre gronde longtemps du bourdonnement du scandale. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une troisième inaugure vite un beau règne, sur une période hélas sombre. L’avènement au trône de Georges VI (1895-1952) fut bien vite rattrapé par la guerre et ses conséquences sur la vie londonienne. Sans doute ce fut le Blitz qui forgea le caractère de l’héritière du trône. La famille royale ayant refusé la fuite, elle partagea, entre Londres et Windsor et avec son peuple, les bombes, le rationnement et la peur : elle n’en fut que plus grande. En 1940, à l’âge de 14 ans, la princesse prononce au micro de la BBC une allocution destinée aux enfants : « <em>Nous essayons de faire tout ce que nous pouvons pour aider nos valeureux marins, soldats et aviateurs et nous essayons également de porter notre part du danger et de la tristesse de la guerre. Nous savons, chacun de nous, que tout se terminera bien.</em> ». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">En février 1945, à l’âge de 18 ans, alors qu’elle est l’un des cinq conseillers d’Etat capables d’assurer seule un déplacement de la Couronne à l’étranger, elle s’engage au sein de l’<em>Auxiliary Territorial Service</em> et y reçoit des enseignements en mécanique. Avec Georges VI s’éclipsaient définitivement les flamboiements du XIXème siècle : après la guerre, l’Empire n’était plus et, avec le <em>Commonwealth of Nations</em>, naissait un âge nouveau, duquel devaient successivement se détacher la Birmanie, la Palestine et la république d’Irlande. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le roi devait être celui de la difficile transition entre deux époques. La princesse Elizabeth, duchesse d’Édimbourg depuis le 20 novembre 1947 et son mariage avec le prince Philip Mountbatten, incarnera enfin le XXème siècle, entré si tardivement à Buckingham Palace. Cette même année 1947, à 21 ans, lors de son premier voyage en Afrique australe, elle fait don de sa personne à son peuple en des mots qui resteront gravés dans de nombreux cœurs : « <em>Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu&rsquo;elle soit longue ou brève, à votre service et au service de la grande famille impériale dont nous faisons tous partie.</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 6 février 1952, une page se tourne définitivement sur l’histoire de la Grande-Bretagne et du monde. Durant une escale au Kenya de leur tournée du Commonwealth, le prince Philip vient d’annoncer à son épouse la mort du roi Georges VI. Choisissant « évidemment » son prénom comme nom de règne, Elizabeth II rentre en Europe et est proclamée nouveau monarque du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d&rsquo;Irlande du Nord ainsi que des autres royaumes du Commonwealth, de leurs territoires et dépendances. Largement épaulée en ce début de règne particulièrement éprouvant par son mari, elle consent à faire diffuser à la télévision une partie de son couronnement. En imposant son mari et ses idées nouvelles aux conservateurs poussiéreux de Westminster, elle s’affirme très vite comme une femme d’énergie, largement récompensée par l’amour de tout un peuple.&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_8134" aria-describedby="caption-attachment-8134" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-8134" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/Elizabeth_II__Philip_after_Coronation.jpg?resize=480%2C650&#038;ssl=1" alt="" width="480" height="650" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/Elizabeth_II__Philip_after_Coronation.jpg?w=480&amp;ssl=1 480w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/Elizabeth_II__Philip_after_Coronation.jpg?resize=222%2C300&amp;ssl=1 222w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption id="caption-attachment-8134" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Portrait officiel de Sa Majesté la reine Elizabeth et de son mari le duc d’Edimbourg lors du couronnement le 2 juin 1953. La robe de couronnement dessinée par Norman Hartnell est brodée avec les emblèmes floraux des pays du Commonwealth : la rose Tudor anglaise, le chardon écossais, le poireau gallois, le trèfle irlandais, la feuille d&rsquo;érable canadienne, le mimosa doré australien, la fougère argentée néo-zélandaise, la protée royale sud-africaine, la fleur de lotus pour l&rsquo;Inde et Ceylan et le blé, le coton et le jute pakistanais. Tout un monde est représenté dans cette photographie.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<h3>«&nbsp;Le rocher sur lequel la Grande-Bretagne moderne s’est construite&nbsp;»</h3>
<p><span style="color: #000000;">L’éloge prononcé par le Premier ministre Mary Elizabeth Truss quelques dizaines de minutes après l’annonce de la mort du monarque est une affirmation, sans appel, sans doute, sans tremblement. Cette simple phrase, prononcée deux jours après l’entrée en fonction du Premier ministre pourrait surprendre tant elle s’impose d’elle-même comme une évidence. Il n’y a pourtant aucun hasard à cela. En 70 ans de règne, Elizabeth II s’est plus qu’imposée : elle a porté le poids d’un peuple entier, marquant chacun de ses seize chefs de gouvernement successifs d’un indélébile souvenir. L’unique audience accordée par la reine à ce nouveau Premier ministre, le 6 septembre dernier, a suffi pour que la conservatrice sache comment réagir deux jours plus tard. Point de mystère là-dedans, cela n’est qu’un résultat, celui du fonctionnement sain et pur d’un système, sans doute l’un des plus puissants du monde : la monarchie britannique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La grandeur de la monarchie britannique au XXème et au XXIème siècle ne peut être vue autrement que par le prisme des soixante-dix années du règne de la reine Elizabeth. A 96 ans, le plus ancien monarque en exercice, la première des souverains britannique à célébrer son Jubilée de platine en juin dernier incarne à elle seule la Grande-Bretagne pour une écrasante majorité de ses sujets, qui n’a connu qu’elle. Les politiciens se sont succédés les uns après les autres, faisant face avec plus ou moins de brio aux différentes crises. Une seule chose n’a jamais changé entre 1952 et 2022 : la place de la Couronne. Recevant son Premier ministre pour une audience hebdomadaire depuis toujours, elle fut toujours un conseiller avisé de ses chefs de gouvernement, sachant les blâmer ou les alerter sur des points oubliés. Car tout élu du peuple qu’ils aient été, aucun de ces hommes et femmes qui furent à la tête du Royaume-Uni n’eut la capacité de mieux sonder le cœur vibrant des sujets britanniques. Mieux que de prétendre, la reine <em>est</em>, dans le plus simple appareil du verbe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En plus d’être, la reine fit. Elle fut partout, parfois même là où on ne l’attendait pas. Avec le Commonwealth, forte de la volonté de son père d’en finir avec l’ancien monde, elle devient une boussole constitutionnelle pour de nombreux Etats ainsi qu’un repère de liberté pour une multitude de nations. Premier monarque canadien à introduire une session parlementaire en 1957, inaugurant le premier bain de foule royal en Australie en 1970, ayant survécu à trois attentats, tendant de prévenir l’invasion américaine sur Grenade en 1982, soutenant la contre-révolution des Fidji en 1987, premier souverain britannique à s’adresser au Congrès des Etats-Unis après la guerre du Golfe en 1991, instigatrice dans l’ombre de la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud, pacificatrice en Irlande après cent ans d’hostilité, la reine a une influence hors norme. Son silence lui-même est scruté en 2014 et 2016 lors des référendums portant sur l’indépendance de l’Ecosse et sur le Brexit. Avec 170 visites au sein des territoires du Commonwealth et une centaine dans les Etats n’en faisant pas partie, la reine Elizabeth est aussi le chef d’Etat ayant le plus voyagé de l’Histoire entière. Si la reine fit, la reine fit bien, tant d’ailleurs que peu de choses lui seront reprochées en matière politique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_8135" aria-describedby="caption-attachment-8135" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-8135" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=640%2C429&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="429" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?w=1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=300%2C201&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=768%2C515&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8135" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La reine Elizabeth et le président américain Ronald Reagan le 6 aout 1982 à Windsor Castle : de l’art de discuter de choses compliquées en faisant des choses simples… et belles !</span></figcaption></figure>
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<h3><span style="color: #000000;">«&nbsp;A Dieu&nbsp;!&nbsp;» des milliards de petit-enfants lèvent les yeux vers le ciel</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Elizabeth II, c’était la Grande-Bretagne à elle seule, c’était ce flegme inimitable que le monde, et les Français les premiers, chercheront toujours à apprivoiser. Elizabeth II c’était une allure aristocratique parmi les plus pures, un élixir de sang mêlé aux plus belles dynasties d’Europe, le même que celui des rois normands et écossais, que celui des empereurs romains germaniques, allié au plus pur-sang des hellènes en la personne de celui qui fut sans doute le plus grand prince du XXème siècle, feu le duc d’Édimbourg. C’était un maintien à cheval assuré de l’œil expert de celui qui a su se faire petit pour apprendre. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’était une capacité à passer de l’hermine au treillis de toile avec brio, à porter robe de bal comme Barbour d’écurie, à être conduite en Rolls à Buckingham et à prendre le volant d’un Range à Balmoral, c’était vivre au-dessus des autres sans oublier ce que c’est de vivre à leur niveau. C’était être l’un des ponts entre Dieu et les hommes. C’était être ferme avec les puissants, dur avec les méchants, bon avec les gens simples, grand avec les faibles.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’était un trône saxon ayant les pieds posés dans la tourbe d’un pays celte, c’était une monarchie normande évoluée au plus juste équilibre, c’était une dynastie issue du Saint-Empire toujours renforcée des plus belles alliances, c’était un empire toujours en mouvement, présent sur tous les continents, c’était des milliards d’âmes en quête du moindre geste d’un souverain qui n’est plus. Elizabeth II éteinte, c’est au moins un monde qui pleure, si ce n’est hélas, un monde qui n’est plus. &nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elizabeth II enfin c’était le Lord dansant avec le punk, c’était un peuple incarné, c’était grand, c’était beau, c’était l’outre-Manche, et on en avait envie ! Cela prenait aux tripes parce que c’était majestueux et cela nous fait maintenant pleurer parce que cela laisse place à un inconnu, appréhendable sans doute uniquement par les corbeaux d’Ecosse qui planent au-dessus de la tour du château de Balmoral. Pourquoi l’humanité en perdition a-t-elle toujours laissé ses yeux emplis de larmes monter vers le ciel lorsqu’elle apprenait un deuil nouveau ? Parce que la Nature est bien faite et qu’il est des choses qui ne meurent pas, qui ne bougent pas, et qui tiennent le Ciel afin que celui-ci n’atteigne pas nos têtes ! Heureusement donc, lorsqu’une reine du Royaume-Uni expire, la Couronne ne vacille pas, elle est déjà sur une autre tête.</span></p>
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<figure id="attachment_8137" aria-describedby="caption-attachment-8137" style="width: 900px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-8137" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=640%2C402&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="402" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=540%2C340&amp;ssl=1 540w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8137" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L’avenir de la Couronne britannique est incarné par trois générations successives : le prince Charles, désormais Sa Majesté le roi Charles III ; Son Altesse Royale le prince William, duc de Cornouailles et de Cambridge et bientôt prince de Galles ; Son Altesse Royale le prince Georges de Cornouailles et de Cambridge.</span></figcaption></figure>
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<p><span style="color: #000000;">Décédée en son château de Balmoral le 8 septembre à l’âge de 96 ans, la reine sera célébrée durant une période de deuil national de dix jours et sa dépouille exposée au palais de Westminster vingt-trois heures par jour, avant de reposer en la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, aux cotés de son père Georges VI et de son mari, le prince Phillip, ainsi que de tous ses prédécesseurs.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il était de coutume en France que le peuple lui-même témoigne des Deux Corps du Roi en s’écriant « le Roi est mort, vive le Roi ! ». La reine a beaucoup donné à notre peuple orphelin. Il est donc à présent un devoir moral pour tout français honnête de s’époumoner et de prier en faveur du prince Charles et de son fils le prince William :</span></p>
<p><span style="color: #000000;">God save the King&nbsp;!</span></p>
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