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	<title>Empire français - Billet de France</title>
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	<title>Empire français - Billet de France</title>
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		<title>Corps préfectoral : une création de Napoléon bientôt supprimée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hugues de Courrèges]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 15:20:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Alphonse Daudet]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
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		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Préfecture]]></category>
		<category><![CDATA[Préfet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 12/05/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/corps-prefectoral-un-statut-cree-par-napoleon-bientot-supprime/12/05/2021/">Corps préfectoral : une création de Napoléon bientôt supprimée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Membres à part entière du corps préfectoral, les Sous-préfets ont été créés par la même loi que celle ayant institué les Préfets et les secrétaires généraux. Le portrait dessiné par Alphonse Daudet dans sa <a href="https://www.grinalbert.fr/images/telechargements/bibliotheque/daudeta/Sous-prefet_aux_champs.pdf">courte nouvelle le Sous-Préfet aux champs</a> est, comme on peut l’imaginer, loin de l’image que nous avons du corps préfectoral. Derrière les dorures des Préfectures, nous voyons ces agents de l’État d’un œil interrogateur, respectueux, mais parfois méfiant.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les préfets sont, dans une certaine mesure, les héritiers des intendants de l’Ancien Régime. Ces derniers avaient un rôle initial de contrôle et leur charge était temporaire. L’exercice de leurs prérogatives s’étendait sur une circonscription territoriale appelée « généralité ». A partir du XVIIe siècle, ces envoyés du Roi occupèrent un poste fixe davantage tourné vers l’administration. Ils étaient des outils de la centralisation monarchique, hommes du Roi dans la généralité mais aussi défenseurs des provinces auprès de ce dernier. Outre leur fonction d’administrateur, ils encourageaient les nouvelles techniques agricoles, les travaux publics, les nouvelles industries etc. Leur dénomination officielle était alors « intendants de justice, de police et finances ». La Révolution entraîna cependant la disparition des généralités et substitua aux anciens découpages territoriaux un nouveau maillage territorial uniforme, les départements.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Bonaparte […] reprend un schéma d&rsquo;administration territoriale qui préexistait à la révolution et qui correspond tout à fait à la construction historique, progressive et différente selon les provinces, de notre pays. Pour créer et maintenir une unité tout en considérant les particularités territoriales, le pouvoir central n&rsquo;a de meilleure organisation que de désigner un représentant, qui établit une sorte de cohérence entre le tout et la partie dont il a la charge. La révolution avait pensé à des fonctionnaires élus dans les assemblées locales. Le désordre qui en résulta aboutit à un mouvement inverse où le pouvoir central nommait tous ceux qui exerçaient des charges publiques, à commencer par les préfets qui proposaient ensuite les maires, les conseillers municipaux… C&rsquo;est le système administratif instauré par Bonaparte, ancien proche des Jacobins, très inspiré par ailleurs de ses conceptions militaires et des théories scientifiques de l&rsquo;époque. Faut-il rappeler que Bonaparte a été élu à l&rsquo;académie des sciences !</em> » explique M. Bernard*, haut-fonctionnaire du corps préfectoral.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1800, l’État est affaibli et la nécessité de recréer un corps pérenne d’agents représentant le pouvoir central se fait sentir. Bonaparte, alors premier consul, institue le corps préfectoral par la loi du 28 pluviôse an VIII dont l’article 2 dispose : « Il y aura dans chaque département un Préfet, un Conseil de préfecture et un Conseil général de département ». Doté d’une autonomie certaine dans son action, le Préfet « sera chargé seul de l’administration » et, afin de leur venir en aide, leur seront associés un Secrétaire général ayant « la garde des papiers » et s’occupant de la signature des expéditions, et un Sous-préfet par arrondissement. Les Préfets sont voulus par Bonaparte comme des outils de la centralisation, tout comme les intendants d’Ancien Régime l’ont été pour la Monarchie. En ce début de siècle, les priorités étaient au bon recouvrement de l’impôt, à l’application des directives venant de Paris et au ravitaillement des troupes en campagne. En un mot, le retour à l’ordre, à la stabilité et à la paix civile. « Militaire, Bonaparte recherche la rapidité et l&rsquo;efficacité et conçoit son administration pour manœuvrer. Il commande, transmet des ordres, qui sont exécutés. Le ministre ne connaît que le préfet et le préfet ne connaît que le ministre, comme il en était fait état dans les instructions. Ces courroies de transmission de l&rsquo;État correspondaient aussi aux recherches savantes sur l&rsquo;électricité, ce fluide qui circule vite et de façon directe. La rationalité de ce temps devait ainsi produire des institutions frappées d&rsquo;un esprit scientifique. » continue le fonctionnaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les premiers Préfets sont nommés par Bonaparte, seul, mais à partir d’une liste dressée par son frère Lucien, alors ministre de l’intérieur, et de son secrétaire général, Beugnot.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« La Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée ; elle est finie »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Au sortir de la Révolution, il est légitime de se demander si ces hauts fonctionnaires nommés par un homme seul ne l’ont pas été pour des raisons purement politiques. Fallait-il nommer des hommes qui seraient fidèles à un homme, Bonaparte, plus qu’à un régime ? Devaient-ils poursuivre le processus révolutionnaire ? Dans une lettre du 26 avril 1800, Lucien Bonaparte dira aux Préfets qu’ils sont « <em>appelés à seconder le gouvernement dans le noble dessein de restituer à la France son antique splendeur, d’y ranimer ce qu’elle a produit de grand et de généreux, et d’asseoir enfin ce magnifique édifice sur les bases inébranlables de la liberté et de l’égalité</em> ». Puis il tint ces quelques mots, rappelant que la haute fonction de Préfet ne saurait être exercée sans fidélité à l’État : « <em>Dans vos actes publics, et jusque dans votre conduite privée, soyez toujours le premier magistrat du département, jamais l’homme de la Révolution</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les préfets ont tantôt la figure de la loi qui contraint, et leur image peut déplaire, tantôt celle de l&rsquo;État qui protège, en première ligne des gestions de crises notamment.</em> » commente M. Bernard. « <em>Ils sont alors bien plus appréciés, bien que les préfets ne soient pas nommés pour être populaires ou pour songer à leur image, mais pour agir au service de l’État, dans le respect de la constitution et pour l&rsquo;intérêt général, notion très prégnante dans le corps préfectoral.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Des « empereurs au petit pied »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans l’esprit de Bonaparte, les Préfets sont des hommes de pouvoir, des « empereurs au petit pied » est-il écrit dans le Mémorial de Sainte-Hélène. L’importance de ces hommes est assise par leur préséance dans les cérémonies officielles. Ce sont notamment eux qui ont la charge d’accueillir l’empereur dans le cas d’une visite dans le département.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A la Restauration, l’administration départementale instituée par Bonaparte n’est pas remise en cause. Le rôle des Préfets en matière économique et sociale est cependant accru dans les années 1830, au cours de la Monarchie de juillet. Ils ont été au cœur des développements économiques, sociaux et sociétaux de leur temps. Le Préfet de la Seine, le comte de Rambuteau, par exemple, est à l’origine des premiers grands travaux de modernisation et d’amélioration de la salubrité de la capitale. Dans une lettre adressée à Louis-Philippe il dira « <em>Dans la mission que Votre Majesté m&rsquo;a confiée, je n&rsquo;oublierai jamais que mon premier devoir est de donner aux Parisiens de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air et de l&rsquo;ombre</em> ». Ces grands travaux d’aménagement ont préfiguré ceux du Baron Haussmann, au cours du Second Empire. Les Préfets eurent également à jouer un rôle essentiel dans le développement du chemin de fer, innovation correspondant pleinement à leurs attributions en matière de développement économique et industriel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malgré la multiplicité des régimes, des gouvernements et des aléas de l’Histoire des XIXe et XXe siècles, le corps préfectoral est une institution qui reste stable. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, durant l’occupation allemande, nombreux sont les Préfets à avoir fait preuve d’héroïsme. Si Jean Moulin, Préfet d’Eure-et-Loir, est le plus connu d’entre tous pour le rôle qu’il eût dans la résistance, ce sont 39 Préfets et Sous-préfets qui sont morts pour la France, fusillés, déportés ou morts au combat.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un rôle retrouvé par la crise du Covid-19, dans la réglementation…</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, le Préfet « est le représentant de tous les membres du gouvernement, et reçoit toutes leurs instructions. Il rend des comptes sur l&rsquo;action des services dont il a la responsabilité. Sa parole publique est vouée à défendre et expliquer l&rsquo;action du gouvernement, puisque la constitution qui le cite en son article 72 dispose aussi que l&rsquo;administration est à la disposition du gouvernement élu. » En outre, ils ont la charge de mettre en œuvre les politiques gouvernementales et de garantir l’ordre public et la sécurité des populations. Cette formule, simple d’apparence, cache une réalité délicate à exprimer et que tous les Français ont courageusement subi : les restrictions sanitaires. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>La mise en œuvre de la loi d&rsquo;urgence sanitaire et l&rsquo;application des mesures exceptionnelles (couvre-feu, interdiction de déplacements…) ont été naturellement confiées aux représentants de l’État chargés du respect de l&rsquo;ordre public. Ce « droit covid », né de la crise sanitaire et qui disparaîtra avec elle est d&rsquo;une grande complexité et donne lieu à toutes les interrogations</em> » témoigne M. Bernard. « <em>La communication est donc nécessaire, au grand public comme aux filières (hôtellerie restauration ou professionnels du spectacle par exemple). Avec les forces de l&rsquo;ordre, les préfets ont interdit des rassemblements, mis un terme à des événements de nature à générer des foyers épidémiques, fait sanctionner les entorses aux règles de protection sanitaire. Dans tous les cas, leur seul repère était l&rsquo;intérêt collectif, pour que des excès commis par quelques-uns ne nuisent pas au plus grand nombre. Ce rôle est celui de la répression des actes et comportements illégaux. Très récemment, les Préfets et les agents des préfectures ont été confrontés, et le sont encore, à une crise sanitaire imprévue et ayant mis à rude épreuve notre système de santé. Cette crise a illustré le rôle plein et entier des préfets. Peu à peu, ils ont été appelés à prendre en charge la collecte puis la distribution des équipements de protection, et désormais des vaccins, pour apporter à l&rsquo;État leur savoir-faire, celui du ministère de l&rsquo;Intérieur, qui est la gestion de crise</em> » développe le haut-fonctionnaire. « <em>La stratégie d&rsquo;ensemble reposait sur le ministère de la santé et les agences régionales de santé, lesquelles ont été vite dépassées, rendant aux préfets leur rôle premier, à la demande même des élus territoriaux, celui de chef de file de l&rsquo;action de l&rsquo;État au plan local.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Et dans la sauvegarde de l’économie</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Si nous voyons principalement les restrictions endurées, les Préfets ont renoué avec une fonction inhérente à leur position : celle d’encourager, de soutenir et de préserver les acteurs économiques et industriels de leur territoire. « <em>Les préfets et les services de l&rsquo;État se sont occupés du maintien de l&rsquo;activité économique et industrielle ou des services publics, essentiels pour fournir les biens de première nécessité (aliments, produits d&rsquo;équipement, travaux publics) ou des prestations indispensables (retrait des ordures ménagères). En lien avec les chefs d&rsquo;entreprise et les responsables publics, les maires notamment, car les préfets ne font rien seuls et leur premier savoir-faire est le travail en réseau, les conditions de la continuité de production ou de service ont été examinées, définies, consolidées pour apporter aux citoyens confinés les moyens de la subsistance. Ce travail est largement passé inaperçu, quand bien même il n&rsquo;aurait échappé à personne qu&rsquo;il était nécessaire s&rsquo;il n&rsquo;avait été effectué avec diligence.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Dans le même ordre d&rsquo;idée, les préfets ont assuré le déploiement des mesures de soutien aux entreprises à l&rsquo;arrêt avec deux mots d&rsquo;ordre : limiter la casse économique et préserver les emplois. Ils sont activement engagés en ce moment dans la relance de l&rsquo;économie, qui nécessite de pouvoir relier des entreprises ayant des projets (c&rsquo;est la préparation de l&rsquo;avenir) aux aides du plan de relance, de sorte que l&rsquo;argent public soit employé utilement. Ils ne sont pas seuls, là encore, et s&rsquo;appuient sur des analyses expertes. […] Leur contact de terrain avec les entrepreneurs a pour mérite de jauger, dans la réalité, les capacités d&rsquo;une entreprise à se développer, créer et offrir à notre pays les ressources industrielles dont il a besoin.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ces moments de crises sanitaires, économiques, sociales, sociétales, il sera toujours bon de rappeler qu’au fond, même si nous sommes éprouvés par les évènements : « <em>ce qui est en jeu est le contrat social, toujours renouvelé, et la vertu que l&rsquo;on accorde collectivement aux lois librement consenties, car votées par les représentants de la nation. Les préfets n&rsquo;ont de pouvoirs que dans la limite de la loi et pour son application</em>. » explique M. Bernard.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le fin mot de l’Histoire…</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">N’allons pas croire que de l’idée originelle de Bonaparte il ne reste rien. Cette idée de rapidité dans la transmission des ordres, gage de l’efficacité de l’action du gouvernement, est toujours présente.</span><br />
<span style="color: #000000;">« <em>Ces traits se retrouvent toujours dans la fonction préfectorale et dans [l’esprit] de l&rsquo;État, entre ses administrations centrales et son administration territoriale. […] Le préfet d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a pas l&rsquo;autonomie des intendants du roi, et ne peut se détacher d&rsquo;un lien étroit avec les ministères. En ce sens, l&#8217;empreinte de Bonaparte se fait toujours sentir. Pour autant, le mouvement de déconcentration qui accompagne celui de décentralisation est une attente forte des élus locaux comme des préfets qui désirent sans trop l&rsquo;avouer plus de degrés de liberté dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions et moins de contraintes imposées par un excès d&rsquo;instructions en tout genre et une gestion administrative encore largement exercée par les entités centrales.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Ce désir intime et pudiquement renvoyé au secret des consciences (preuve que Bonaparte n&rsquo;est pas si loin) semble partagé par les gouvernements successifs. Mais les évolutions sont lentes, comme si les plus bonapartistes n&rsquo;étaient pas les préfets eux-mêmes mais ceux qui trouvent somme toute confortable de disposer des services qu&rsquo;ils peuvent rendre, de leur permanence dans les missions qui leur sont données et de leur loyauté.</em> » conclu le fonctionnaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien que la figure de Bonaparte suscite de nombreuses controverses, il y a une chose que nous ne pouvons pas remettre en cause : plus de deux siècles après sa création, le corps préfectoral reste sans aucun doute l’un des plus importants legs de l’Empereur dans le domaine de l’administration territoriale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">* L’identité a été changée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Napoléon : le crépuscule de l’Empereur</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/napoleon-le-crepuscule-de-lempereur/06/05/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Varangot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 May 2021 16:22:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Bicentenaire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Longwood]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Northumberland]]></category>
		<category><![CDATA[Sainte-Hélène]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/05/2021</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 5 mai 1821, Napoléon rendait son dernier souffle après une lente et douloureuse agonie. Parti de France sur le navire anglais le Bellérophon dans l’espoir de trouver asile sur cette terre d’Angleterre qui n’avait jamais cessé de lui faire la guerre, c’est comme prisonnier que ses ennemis l’envoient au milieu de l’océan Atlantique. Sur l’île de Sainte-Hélène, loin d’une Europe désormais apaisée, s’éteignait ainsi l’homme qui fit trembler le continent. Retour sur les derniers instants de l’Empereur.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Napoléon et ses compagnons d’exil, après un long et âpre voyage de 71 jours sur le Northumberland, posèrent le pied sur Sainte-Hélène le 17 octobre 1815. Commence alors plusieurs années d’exil et une vie réduite à s’occuper le corps et l’esprit pour tromper l’ennui. Napoléon s’installe d’abord pour un court séjour dans le domaine des Briars, dont ses hôtes, la famille Balcombe, lui firent bon accueil. Napoléon en gardera un souvenir particulièrement heureux. Les taquineries et la gaité de l’une des filles Balcombe, la petite Betzy, donnèrent à l’Empereur un peu de distractions malgré les conflits qui l’opposent aux autorités anglaises, notamment sur la question de la maison qui lui est octroyée, Longwood. Demeure sans prétention, située sur un plateau balayé par les vents, éloignée de toute population et facile à surveiller, Napoléon en fait son dernier royaume.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il ne perdit pas l’exigence et la discipline qui le caractérisait et fit de sa petite compagnie une véritable Cour avec ses codes et son étiquette. D’ailleurs, son titre d’Empereur, que ne lui reconnaissaient pas les Anglais, fut son ultime point d’honneur auquel il ne transigera pas jusqu’à la fin. Les journées se ressemblent, entre promenades à cheval, parfois les rares visites de voyageurs, venant souvent par curiosité, ou bien les partis de jeux d’échec le soir après le dîner. Mais Napoléon doit aussi supporter les restrictions venant de ses geôliers, d’abord de l’amiral Cockburn qui tenta en vain, de garder une relation apaisée avec son illustre prisonnier, puis à partir de 1816, sir Hudson Lowe, plus intransigeant et dont Napoléon en fera son ultime adversaire. Les seuls instants dont il tira profit furent la rédaction de ses mémoires qui serviront à bâtir sa légende.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le déclin</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Napoléon, dès son départ vers Sainte-Hélène, donne des signes de faiblesses. Sa santé se dégrade au milieu de l’année 1816 où commence à poindre une douleur au flanc droit lui infligeant des évanouissements, et offre un spectacle désolant pour ses compagnons. La situation à Longwood a eu un impact dans cette dégradation. En effet, l’ennui s’installe chez cet homme, désormais animé seulement par ses souvenirs et doit subir les conflits incessants entre ses compagnons d’infortune, sur fond de jalousies et de fierté mal placée. Cela entraine le départ du général Gourgaud, et du discret et fidèle Las Cases, qu’appréciait particulièrement Napoléon, expulsé le 31 décembre 1816 pour tentative d’envoi de correspondances clandestines. Les observations du docteur O’Meara relevèrent une hépatite et les compagnons persuadèrent en vain le gouverneur Lowe de le rapatrier en Europe pour y être soigné, ce qu’il refusa, diagnostiquant quant à lui la comédie, et ne tarda pas à expulser le médecin de l’île. Mal lui en pris, car Napoléon, refusant toute aide de médecins anglais, laissa sa santé se dégrader. A partir de l’été 1820, Napoléon s’enferme de plus en plus chez lui et finit par s’aliter de longues heures durant en raison des douleurs affreuses à l’estomac. Sa situation ne laisse plus d’espoirs et c’est vers la mort que Napoléon se prépare.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les derniers jours du condamné</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Arrivé en 1819, le docteur Francesco Antommarchi, assisté du médecin anglais Arnott, parvient à peine à soulager le malade rongé par le cancer. Mais malgré ses absences et ses fatigues, Napoléon rassemble ses dernières forces pour dicter son testament au général de Montholon le 11 avril 1821. C’est par ces mots que commence celui-ci : « Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né il y a plus de cinquante ans. Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. » </span><span style="color: #000000;">En effet, il fit savoir qu’il souhaitait être enterré à Paris, et si cela ne lui était pas accordé, que son caveau soit placé dans un endroit de l’île, un ravin qu’il appréciait et qu’il avait surnommé « le val du Géranium ». Ses affaires arrangées, Napoléon se sait prêt à quitter ce monde.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">On installe le malade dans le salon. Un prêtre, l’abbé Angelo Vignali vient lui apporter les derniers secours de la religion catholique, et reçoit l’extrême-onction le 3 mai 1821. Dans la nuit du 4 au 5 mai commence l’agonie de Napoléon et on peut déceler d’une voix à peine perceptible les mots «à la tête de l’armée» ainsi que le nom de son fils. Il est entouré de ses derniers fidèles ainsi que de ses domestiques durant toute la journée du 5 mai. Le docteur Arnott informe le gouverneur à trois heures de l’après-midi que « les pulsions ne peuvent plus être senties au pouls ; la chaleur quitte la surface ; il ne durera que quelques heures ». Lowe est prêt à faire parvenir la nouvelle sur l’île par des sémaphores. Les minutes sont longues et durant les trois minutes avant de mourir, Bertrand constate que Napoléon rend trois soupirs. Son visage se fige après avoir rendu « à Dieu le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine » dira Chateaubriand. Madame Bertrand s’approche de la pendule, elle l’arrête à 17h49. Napoléon n’est plus.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>«L&#8217;Europe au temps de Napoléon» : l&#8217;échec de l&#8217;unification raconté par Jean Tulard</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Dec 2020 14:14:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Tulard]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet ouvrage collectif intitulé L&#8217;Europe au temps de Napoléon propose une étude véritablement magistrale de...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Cet ouvrage collectif intitulé <em>L&rsquo;Europe au temps de Napoléon</em> propose une étude véritablement magistrale de notre glorieux et passionnant passé. Elle aidera certainement à mieux comprendre notre présent. Chacun sait que les vieilles monarchies européennes ont combattu la France de la Révolution et de l&rsquo;Empire. Napoléon a, de son côté, voulu dominer l&rsquo;Europe, afin de restaurer, toute proportion gardée, l&rsquo;Empire romain ou encore celui de Charlemagne. Le projet était-il possible ? Souhaitable ? Nous constatons seulement que l&rsquo;Europe française napoléonienne a échoué.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, Napoléon, en combattant ses ennemis et en voulant sauvegarder coûte que coûte les conquêtes territoriales de la Révolution, a réveillé l&rsquo;Europe. Une partie de l&rsquo;Europe l&rsquo;a certes haï, détesté, moqué, une autre, notamment après l&rsquo;expérience napoléonienne, l&rsquo;a vénéré, adulé, et l&rsquo;a même pris comme modèle, au point d&rsquo;en faire un Prométhée moderne ou l&rsquo;étendard des aspirations des sans grades et des contempteurs des différentes monarchies nationales, esseulés dans cette Europe post-1815 façonnée par la Sainte Alliance.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/">«&nbsp;Napoléon et les siens&nbsp;» : le livre de Vincent Haegele qui retrace l’épopée impériale sous l’angle familial du clan Bonaparte</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: inherit;"><br />
Dans sa pertinente préface, Jean Tulard rappelle que « </span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">durant deux décennies, la France a dominé l&rsquo;Europe. Une suprématie qui s&rsquo;explique par le poids de sa démographie, l&rsquo;universalité de sa langue, le caractère national de ses armées, ses innovations techniques…&nbsp;On parle de la Grande Nation puis du Grand Empire. Rome, Bruxelles, Hambourg, Cologne, Amsterdam sont françaises depuis 1811&nbsp;</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">». Il ajoute avec raison : «&nbsp;</span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">Le destin des Suisses, des Allemands, des Italiens, de la majeure partie de l&rsquo;ancienne Pologne et de l&rsquo;Espagne se joue en réalité à Paris</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour bien intégrer la prépondérance française d&rsquo;alors, Tulard écrit «&nbsp;<em>qu&rsquo;un maréchal français est choisi comme prince héritier de Suède et le Danemark se comporte en fidèle allié. L&#8217;empereur des Français épouse la fille de l&rsquo;ancien maître du Saint Empire romain germanique devenu plus modestement empereur d&rsquo;Autriche. En 1812, il lance contre la Russie une armée où l&rsquo;on trouve des contingents de tous les pays d&rsquo;Europe&nbsp;</em>».</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Les victoires militaires françaises sont en réalité précédées par la victoire intellectuelle des idéaux révolutionnaires. Ces idées se diffusent dans toute l&rsquo;Europe par la presse, car l&rsquo;élite européenne de chaque pays parle la langue de Molière. L&rsquo;académie de Berlin en 1784 avait désigné le français comme «<em>&nbsp;langue universelle</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous lisons donc sans surprise le propos suivant : «<em>&nbsp;La France, en étendant son influence sur les pays voisins, y a exporté non seulement les idées et les institutions révolutionnaires mais aussi sa culture. Dans ce domaine le chemin était frayé, car la langue française, véhicule de la culture française était alors considérée comme universelle et parlée par toutes les élites. Les émigrés qui avaient précédé les armées françaises, avaient aussi contribué à en répandre la langue</em>&nbsp;».</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Le point de fort de ce livre est qu&rsquo;il ne se consacre pas à la seule France. Napoléon et l&rsquo;Empire sont décryptés par des analyses prenant en compte le regard de nos voisins. Il est véritablement intéressant de savoir comment était vu l&rsquo;Empereur en Angleterre, Suisse, Italie, Portugal, Allemagne, Autriche, Russie, etc. Ces captivants chapitres nous éclairent sur les différents rapports que l&rsquo;Empire français entretenait avec ses alliés et ses différents ennemis. De même, les contributions font le point sur le rôle décisif de l&rsquo;armée napoléonienne, aussi bien sur le champ de bataille que dans la société. Elle fut à la fois un outil de conquêtes, de promotions et le symbole invincible de son illustre promoteur.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois les premières défaites, en particulier en Espagne, ne renversent pas totalement l&rsquo;opinion française et européenne, même si certains proches de l&rsquo;Empereur commencent à le mettre en garde, tandis que d&rsquo;autres conspirent (Fouché) ou trahissent (Talleyrand) dès 1808&#8230; Les conséquences de la guérilla espagnole et du blocus sont très bien étudiées. La Grande Armée s&rsquo;est véritablement épuisée en Espagne mais également aux quatre coins de l&rsquo;Europe en&nbsp;<em>jouant</em>&nbsp;aux gendarmes.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Finalement, la maîtrise des mers et la révolution industrielle assurent à Albion des armes non négligeables. Tulard écrit :&nbsp;«&nbsp;<em>La Grande-Bretagne l&#8217;emporte sur Napoléon grâce à sa flotte mais aussi grâce aussi à ses manufacturiers et à ses négociants, à l&rsquo;esprit d&rsquo;invention de la City et à la force des traditions d&rsquo;une noblesse par ailleurs égoïste et brutale</em>&nbsp;». Il s&rsquo;agit d&rsquo;un constat factuel et par conséquent implacable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les pages dévolues à Metternich montrent, s&rsquo;il en était encore besoin, qu&rsquo;il fut vraiment un très grand diplomate et un serviteur exemplaire de la monarchie des Habsbourg. Ce livre permet entre autres de mieux et de bien mesurer l&rsquo;échec napoléonien. Il aborde aussi les nombreuses adversités que Napoléon dut subir durant toute sa carrière à la tête de la France. A nos yeux, Napoléon Bonaparte fut incontestablement un génie… mais à l&rsquo;impossible nul n&rsquo;est tenu, pas plus lui qu&rsquo;un autre.</span></p>
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