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Suicide des étudiants : le drame d’une génération sacrifiée

Université Avignon ©Camille Stromboni / Flickr

D’après le Centre national de ressources et de résilience, sur un échantillon de 70 000 étudiants, 11,4 % d’entre eux ont eu des pensées suicidaires au cours de ces derniers mois et près de la moitié souffrent de solitude. En France, le suicide chez les jeunes serait la deuxième cause de mortalité après les accidents de la route. Mais qu’est-ce qui explique que des personnes dans la fleur de l’âge souhaitent mettre fin à leur vie ? Comment expliquer ce phénomène et comment le combattre ? Voici quelques pistes.

 

Deux explications sociétales majeures peuvent expliquer le suicide chez les jeunes : un manque d’insouciance ne leur permettant plus d’être de jeunes adultes épanouis et un manque d’espérance ne leur permettant pas d’être des adultes accomplis.

 

Une violence physique, intellectuelle, sentimentale et sexuelle

La première violence est une violence physique. Elle se compose d’une part du terrorisme qui endeuille les familles et meurtrit la joie de vivre si douce à notre patrie. La population reste sur un qui-vive permanent ne sachant pas quand la menace frappera. Elle se compose aussi d’autre part d’une violence quotidienne : viols, braquages à main armée, règlements de comptes en pleine rue, vols à la sauvette, insultes et attaques physiques permanentes dans les métropoles et les villes moyennes de notre pays. Une génération de délinquants et de meurtriers prospère au sein de nos sociétés civilisées comme les bandits de grands chemins des forêts de nos aïeux. Le sentiment d’insécurité  ne semble pas expliquer les marques physiques bien réelles des victimes à l’issue de leurs agressions.

La seconde violence est une violence intellectuelle. Dans les campus universitaires et dans la société tout entière, la division menée par des jeunes prenant bien souvent l’étendard d’une gauche anticapitaliste, bien qu’étant nés avec une cuillère en argent dans la bouche, prospère. Ils aiment aider les minorités en les mettant dans des cases et en les séparant encore plus de la société qu’elles ne l’étaient déjà. Ils provoquent la séparation des sexes, des ethnies, des religions et s’insurgent contre les communautés tout en faisant prospérer le communautarisme. La fracture entre les étudiants se démocratise pour une population déjà bien seule. D’un autre côté, l’État lui-même a fait peser sur la jeunesse une violence intellectuelle majeure. Les étudiants sont devenus en l’espace de quelques mois les propagateurs d’un virus mortel qui peut tuer leur famille, leurs amis, leurs grands-parents, voire l’humanité si l’on écoute ses représentants. La vie est prohibée tandis que la peur et la déférence sont obligatoires.

La troisième et dernière violence est une violence sentimentale et sexuelle. La sexualité est apparemment libérée et la France serait « fille aînée de la révolution sexuelle ». Pourtant, jamais la misère affective et sexuelle ne fut plus grande qu’à notre époque. L’amour et la sexualité se sont transformés en commerce (pornographie) inhibant les instincts naturels de recherche de l’être aimé. La promotion de la différence sexuelle engendre des générations de marginaux, réprouvant leurs instincts car sommés de choisir. La transsexualité se développe ainsi que les suicides qui vont avec : certains se sentent mieux au sein de leur « nouvelle identité », d’autres cherchent continuellement l’Eldorado de la définition personnelle et ne trouvent qu’une misère égale à être homme ou femme, ce qui ne change pas leur situation d’un iota. Enfin il faut également parler d’un certain féminisme, qui construit depuis de nombreuses années un imaginaire de l’homme fautif de tous les maux de la Terre. Ce féminisme empêche les jeunes hommes de séduire sous peine de la menace d’une répression pénale et interdit socialement aux jeunes femmes d’aimer être séduites. Pour autant, ces principes généraux de la haine de l’homme n’empêchent pas un certain nombre de ces mêmes féministes d’épouser physiquement et spirituellement la personnalité la plus masculine qu’il leur était possible de voir…

 

Une difficulté accrue d’être des adultes accomplis

La première espérance perdue est celle des études. Les étudiants ont peur de ne pas réussir leurs examens et donc de ne plus pouvoir progresser vers l’échelon supérieur : le diplôme. Le confinement et la mauvaise administration de la plupart des universités ont rendu le travail des étudiants difficile voire… misérable. Vivre dans un 9m², y manger, y dormir, y faire ses études et s’y laver, ce n’est plus vivre mais survivre. Le bruit ambiant des cités universitaires (ou pour ceux qui ont eu la chance de revenir chez eux, les attraits de la vie de famille et des distractions diverses) empêche bien souvent les étudiants de travailler dans des conditions optimales. Ajoutons-y la précarité étudiante (ceux qui ne peuvent pas se chauffer correctement, manger à leur faim ou encore ceux qui ont des difficultés à payer leur logement) démultipliée à cause des confinements (plus de la moitié des étudiants travaillent durant leurs études) et vous aurez un portrait presque parfait du niveau de vie exécrable d’un étudiant moyen.

La seconde espérance perdue est celle de l’emploi. Certains pensent à tort ou à raison que leur diplôme ne vaudra plus rien une fois passé. La cause ? Un diplôme qui peut être parfois considéré comme superficiel du fait des enseignements à distance. Aggravez ce phénomène par une sous valeur générale des diplômes dans le monde du travail actuel (si tout le monde est diplômé, la valeur de ce dernier baissera), par des doctorants qui ne trouvent pas de travail (parfois sous le motif d’être surdiplômés !) et un chômage de masse qui ne demande qu’à s’accroître à cause de la crise du coronavirus, voilà le portrait qu’un étudiant peut se faire de ses études même s’il les accomplit avec brio.

Dans certains milieux étudiants, une idée de revenu universel alloué à la jeunesse se propage. Celui-ci serait synonyme de panacée universelle du malheur estudiantin. Mais cela serait faire affront à la jeunesse que de proposer une telle réforme. Celle-ci ne veut pas de cette aumône insignifiante, enfant illégitime du chômage de masse. La jeunesse ne demande pas la charité mais bien d’être rémunérée pour un travail leur apportant une dignité. Car c’est aussi bien ce que recherche la jeunesse : une dignité.

Évoquons aussi succinctement la troisième espérance perdue qui est celle de la liberté de circuler. Chaque étudiant, notamment en province, passe par l’épreuve du permis de conduire qui est le sésame pour obtenir un emploi dans nombre de secteur ou tout simplement pour aller sur son lieu d’études. Les confinements ont mis un frein à l’apprentissage de la conduite et ont rendu la situation des étudiants d’autant plus insupportable.

 

Une jeunesse qui ne croit et n’espère plus en rien

La jeunesse ne croit en rien car elle a été éduquée à ignorer toute transcendance. Elle n’espère en rien car contrairement à ses aînés, elle a su rester réaliste en ne noyant pas ses problèmes par des explications chimériques. Le monde actuel semble donc bien déprimant et sans espoir apparent. Mais avant d’exposer un message d’espoir désignons les responsables de ce déclin qui mène au suicide de notre jeunesse.

Les responsables de cette désespérance apparente sont de divers ordres : la violence imposée par le terrorisme et la délinquance de tous les jours ainsi que celle des idéologies de la séparation (du séparatisme ?) et de la déconstruction ; le chômage et l’abaissement de la valeur du diplôme ainsi que la précarité étudiante. Mais ces phénomènes sont la résultante d’actions de personnes bien réelles.

La violence est le produit d’une politique et d’une justice qui se veulent faibles avec le fort et fortes avec le faible. La misère affective et sexuelle qui résulte de divers lobbies, groupes de pressions et encore une fois de médias qui génèrent plus d’argent sur les problématiques sexuelles de leurs enfants qu’ils ne règlent de problèmes liés à la discrimination. Nous avons pu déjà énoncer les coupables de la séparation des étudiants entre eux, les portes paroles de la gauche dite intellectuelle, mais faisons entrer au champ de culpabilité la droite dite morale qui ne réagit pas face aux assauts de cette gauche déconstructiviste et anti-fraternelle. Faisons aussi entrer au champ de culpabilité les familles qui ne se souciaient guerre de leur progéniture, ne les nourrissant pas de l’autorité et de l’amour que chaque enfant doit recevoir pour devenir un adulte stable. Nommons aussi l’arrière-garde des vieux de la vieille qui, si elle a connu de grands combattants qu’il faut honorer, nous a aussi offert de vieilles choses acariâtres nées sous la magnificence gaullienne et le plein emploi et qui se permettent de traiter de fainéants les jeunes qui cumulent parfois deux emplois et leurs études, adversité qu’ils ne peuvent qu’ignorer, jouisseurs égoïstes que certains d’entre eux ont été. Citons aussi et enfin le président de la République lui-même qui, à la lettre de détresse d’une étudiante, oppose une fin de non-recevoir avec cette sentence ignoble « Il va falloir encore tenir ». La jeunesse se meurt, son protecteur lui demande de patienter encore un peu avant de se sectionner les veines.

 

Refaire corps, redevenir une jeunesse unie

Mais j’aimerais dire à la jeunesse de survivre. Car il ne s’agit plus de vivre, de même qu’il ne s’agit pas de mourir. La vitalité a été détruite par plusieurs générations qui ont davantage pensé à leur bonheur immédiat qu’à celui de leurs enfants. Jouir instantanément et voir le monde qui les entoure se détruire depuis leur tombe est la philosophie depuis 1968. Heureusement, elle commence à se dissiper peu à peu aux abords de notre génération. Abhorrons cet esprit et revenons-en à celui de bâtisseurs de cathédrales. Posons la pierre d’une société nouvelle dont nous ne verrons peut-être pas l’édification, mais cessons cet individualisme mortifère. Réunissons-nous entre étudiants pour bâtir la société d’hier et de demain et ne nous laissons pas entraîner par le flot de la mort et de la distanciation physique, sociale et intellectuelle. Nous sommes un peuple et devons faire corps. Si vous nécessitez de l’aide, « demandez et l’on vous donnera », mais par pitié, survivez.

Mais il faut le dire ! Nous ne pouvons plus nous permettre de seulement vivre et laisser perdurer ces politiques qui nous plongent vers l’abîme. « Faire barrage » n’est pas un acte de résistance ou de politique mais d’abandon de son libre arbitre. Choisissez intelligemment, soyez libres mais souciez-vous de votre entourage, de vos amis, de votre famille, de votre nation. Devenez les héros de demain car là où la société se meurt, seuls des héros peuvent la relever. A défaut d’être l’homme providentiel qui sauvera la France, soyez au moins l’homme providentiel de votre échelle. Soyez l’homme providentiel de votre ville, de votre quartier, de votre rue. Aidez votre vieille voisine à transporter ses courses, aidez votre voisin qui est dans la même filière d’étude et qui ne comprend pas la matière enseignée, fêtez la vie et arrêtez la division.

La première bataille à mener doit être la demande massive de la part des étudiants de réouverture des facultés, pour mettre fin à la fracture numérique et humaine que causent les réunions Zoom ou Teams. Les enseignants sont de notre côté, mettons fin à ce délire.

A partir de cet instant, trois chemins s’offriront à nous :

« La jeunesse est faite pour l’héroïsme. C’est vrai, il faut de l’héroïsme à un jeune homme pour résister aux tentations qui l’entourent, pour croire tout seul à une doctrine méprisée, pour oser faire face sans reculer, pour résister à sa famille et à ses amis, pour être fidèle contre tous. Ne croyez pas que vous serez diminué, vous serez au contraire merveilleusement augmenté. C’est par la vertu que l’on est un homme. La vie vous paraîtra alors pleine de saveur. » Paul Claudel

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