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	<title>Empire - Billet de France</title>
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	<title>Empire - Billet de France</title>
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		<title>Rambuteau : le préfet bâtisseur oublié de Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 May 2021 20:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Louis-Philippe Ier]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
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		<category><![CDATA[Préfet de la Seine]]></category>
		<category><![CDATA[Rambuteau]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/05/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/rambuteau-le-prefet-batisseur-oublie-de-paris/31/05/2021/">Rambuteau : le préfet bâtisseur oublié de Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le préfet Rambuteau est une personnalité politique de la première moitié du XIXe siècle. En tant que préfet de la Seine sous Louis-Philippe Ier, il modernise en profondeur Paris.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Qui imaginerait Paris sans ses Champs-Elysées ? Pourtant, l’homme à l’initiative de la percée de la « plus belle avenue du monde » est bien moins connu : le comte de Rambuteau, préfet de la Seine.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 9 novembre 1781, Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau est issu d’une famille de militaires du sud de la France. Il grandit au château de Champgrenon (Saône-et-Loire).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Premier Empire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Rambuteau commence sa carrière en tant que haut-fonctionnaire sous le Premier Empire. D’abord tenté par la prestigieuse école polytechnique toute fraîchement crée, il y renonce suite au décès de sa mère. Il est nommé chambellan de Napoléon Ier en 1809 puis Comte d’Empire l’année suivante. En 1811, il remplit une mission en Westphalie et devient préfet du département Simplon en 1813. Dans le cadre de ses missions, il prend en charge la retraite de l’armée d’Italie. L’année suivante, il est préfet de la Loire. Il est maintenu à son poste lors de la Première Restauration.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lors du retour de l’Empereur en 1815, les Cent-Jours, il est préfet à Montauban. Destitué de sa charge lors de la Restauration, il retourne sur ses terres et fait reconstruire son château de Rambuteau. Après 12 ans sans charge administrative, il est élu député de Saône-et-Loire en 1827 et réélu en 1830. Ses idées plutôt libérales le font pencher pour une monarchie moins conservatrice. Il participe ainsi à l’instauration de la monarchie de Juillet en France.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Préfet de la Seine</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1831, il est de nouveau élu député. Le nouveau monarque Louis-Philippe Ier le nomme deux ans plus tard, en 1833, préfet de la Seine. Durant ses 12 années à la tête de la préfecture, le Comte de Rambuteau mène une politique de transformation de Paris. L’épidémie de choléra dans la capitale l’année précédant sa nomination a été une véritable prise de conscience pour mettre en place une politique hygiéniste. Les rues étroites et insalubres sont nettoyées et la percée de nouvelles artères plus larges est entamée. Remaniement des égouts, plantation d’arbres, généralisation de l’éclairage au gaz, développement du service des eaux et amélioration du service hospitalier parisien font partie des nombreux projets que Rambuteau met en place.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’autres projets voient également le jour. L’Arc de Triomphe et l’église de la Madeleine sont achevés tandis que d’autres églises comme la Sainte-Chapelle et Saint-Germain-l’Auxerrois sont restaurées. Rambuteau organise également la percée de la célèbre avenue des Champs Élysées. Les travaux qu’il mena, sans augmenter les impôts, sont aujourd&rsquo;hui parmi les lieux les plus populaires de Paris.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Révoqué en 1848, il se retire sur les terres de son domaine, pour lequel il travaille avec énergie afin d&rsquo;en remettre sur pied les comptes, déficitaires. Le Comte de Rambuteau décède le 11 avril 1869 à Charnay-Lès-Mâcon. Il est souvent considéré comme étant le Haussmann du gouvernement du roi Louis-Philippe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Corps préfectoral : une création de Napoléon bientôt supprimée</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/corps-prefectoral-un-statut-cree-par-napoleon-bientot-supprime/12/05/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hugues de Courrèges]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 15:20:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Alphonse Daudet]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Préfecture]]></category>
		<category><![CDATA[Préfet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5565</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 12/05/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/corps-prefectoral-un-statut-cree-par-napoleon-bientot-supprime/12/05/2021/">Corps préfectoral : une création de Napoléon bientôt supprimée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Membres à part entière du corps préfectoral, les Sous-préfets ont été créés par la même loi que celle ayant institué les Préfets et les secrétaires généraux. Le portrait dessiné par Alphonse Daudet dans sa <a href="https://www.grinalbert.fr/images/telechargements/bibliotheque/daudeta/Sous-prefet_aux_champs.pdf">courte nouvelle le Sous-Préfet aux champs</a> est, comme on peut l’imaginer, loin de l’image que nous avons du corps préfectoral. Derrière les dorures des Préfectures, nous voyons ces agents de l’État d’un œil interrogateur, respectueux, mais parfois méfiant.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les préfets sont, dans une certaine mesure, les héritiers des intendants de l’Ancien Régime. Ces derniers avaient un rôle initial de contrôle et leur charge était temporaire. L’exercice de leurs prérogatives s’étendait sur une circonscription territoriale appelée « généralité ». A partir du XVIIe siècle, ces envoyés du Roi occupèrent un poste fixe davantage tourné vers l’administration. Ils étaient des outils de la centralisation monarchique, hommes du Roi dans la généralité mais aussi défenseurs des provinces auprès de ce dernier. Outre leur fonction d’administrateur, ils encourageaient les nouvelles techniques agricoles, les travaux publics, les nouvelles industries etc. Leur dénomination officielle était alors « intendants de justice, de police et finances ». La Révolution entraîna cependant la disparition des généralités et substitua aux anciens découpages territoriaux un nouveau maillage territorial uniforme, les départements.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Bonaparte […] reprend un schéma d&rsquo;administration territoriale qui préexistait à la révolution et qui correspond tout à fait à la construction historique, progressive et différente selon les provinces, de notre pays. Pour créer et maintenir une unité tout en considérant les particularités territoriales, le pouvoir central n&rsquo;a de meilleure organisation que de désigner un représentant, qui établit une sorte de cohérence entre le tout et la partie dont il a la charge. La révolution avait pensé à des fonctionnaires élus dans les assemblées locales. Le désordre qui en résulta aboutit à un mouvement inverse où le pouvoir central nommait tous ceux qui exerçaient des charges publiques, à commencer par les préfets qui proposaient ensuite les maires, les conseillers municipaux… C&rsquo;est le système administratif instauré par Bonaparte, ancien proche des Jacobins, très inspiré par ailleurs de ses conceptions militaires et des théories scientifiques de l&rsquo;époque. Faut-il rappeler que Bonaparte a été élu à l&rsquo;académie des sciences !</em> » explique M. Bernard*, haut-fonctionnaire du corps préfectoral.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1800, l’État est affaibli et la nécessité de recréer un corps pérenne d’agents représentant le pouvoir central se fait sentir. Bonaparte, alors premier consul, institue le corps préfectoral par la loi du 28 pluviôse an VIII dont l’article 2 dispose : « Il y aura dans chaque département un Préfet, un Conseil de préfecture et un Conseil général de département ». Doté d’une autonomie certaine dans son action, le Préfet « sera chargé seul de l’administration » et, afin de leur venir en aide, leur seront associés un Secrétaire général ayant « la garde des papiers » et s’occupant de la signature des expéditions, et un Sous-préfet par arrondissement. Les Préfets sont voulus par Bonaparte comme des outils de la centralisation, tout comme les intendants d’Ancien Régime l’ont été pour la Monarchie. En ce début de siècle, les priorités étaient au bon recouvrement de l’impôt, à l’application des directives venant de Paris et au ravitaillement des troupes en campagne. En un mot, le retour à l’ordre, à la stabilité et à la paix civile. « Militaire, Bonaparte recherche la rapidité et l&rsquo;efficacité et conçoit son administration pour manœuvrer. Il commande, transmet des ordres, qui sont exécutés. Le ministre ne connaît que le préfet et le préfet ne connaît que le ministre, comme il en était fait état dans les instructions. Ces courroies de transmission de l&rsquo;État correspondaient aussi aux recherches savantes sur l&rsquo;électricité, ce fluide qui circule vite et de façon directe. La rationalité de ce temps devait ainsi produire des institutions frappées d&rsquo;un esprit scientifique. » continue le fonctionnaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les premiers Préfets sont nommés par Bonaparte, seul, mais à partir d’une liste dressée par son frère Lucien, alors ministre de l’intérieur, et de son secrétaire général, Beugnot.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« La Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée ; elle est finie »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Au sortir de la Révolution, il est légitime de se demander si ces hauts fonctionnaires nommés par un homme seul ne l’ont pas été pour des raisons purement politiques. Fallait-il nommer des hommes qui seraient fidèles à un homme, Bonaparte, plus qu’à un régime ? Devaient-ils poursuivre le processus révolutionnaire ? Dans une lettre du 26 avril 1800, Lucien Bonaparte dira aux Préfets qu’ils sont « <em>appelés à seconder le gouvernement dans le noble dessein de restituer à la France son antique splendeur, d’y ranimer ce qu’elle a produit de grand et de généreux, et d’asseoir enfin ce magnifique édifice sur les bases inébranlables de la liberté et de l’égalité</em> ». Puis il tint ces quelques mots, rappelant que la haute fonction de Préfet ne saurait être exercée sans fidélité à l’État : « <em>Dans vos actes publics, et jusque dans votre conduite privée, soyez toujours le premier magistrat du département, jamais l’homme de la Révolution</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les préfets ont tantôt la figure de la loi qui contraint, et leur image peut déplaire, tantôt celle de l&rsquo;État qui protège, en première ligne des gestions de crises notamment.</em> » commente M. Bernard. « <em>Ils sont alors bien plus appréciés, bien que les préfets ne soient pas nommés pour être populaires ou pour songer à leur image, mais pour agir au service de l’État, dans le respect de la constitution et pour l&rsquo;intérêt général, notion très prégnante dans le corps préfectoral.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Des « empereurs au petit pied »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans l’esprit de Bonaparte, les Préfets sont des hommes de pouvoir, des « empereurs au petit pied » est-il écrit dans le Mémorial de Sainte-Hélène. L’importance de ces hommes est assise par leur préséance dans les cérémonies officielles. Ce sont notamment eux qui ont la charge d’accueillir l’empereur dans le cas d’une visite dans le département.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A la Restauration, l’administration départementale instituée par Bonaparte n’est pas remise en cause. Le rôle des Préfets en matière économique et sociale est cependant accru dans les années 1830, au cours de la Monarchie de juillet. Ils ont été au cœur des développements économiques, sociaux et sociétaux de leur temps. Le Préfet de la Seine, le comte de Rambuteau, par exemple, est à l’origine des premiers grands travaux de modernisation et d’amélioration de la salubrité de la capitale. Dans une lettre adressée à Louis-Philippe il dira « <em>Dans la mission que Votre Majesté m&rsquo;a confiée, je n&rsquo;oublierai jamais que mon premier devoir est de donner aux Parisiens de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air et de l&rsquo;ombre</em> ». Ces grands travaux d’aménagement ont préfiguré ceux du Baron Haussmann, au cours du Second Empire. Les Préfets eurent également à jouer un rôle essentiel dans le développement du chemin de fer, innovation correspondant pleinement à leurs attributions en matière de développement économique et industriel.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Malgré la multiplicité des régimes, des gouvernements et des aléas de l’Histoire des XIXe et XXe siècles, le corps préfectoral est une institution qui reste stable. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, durant l’occupation allemande, nombreux sont les Préfets à avoir fait preuve d’héroïsme. Si Jean Moulin, Préfet d’Eure-et-Loir, est le plus connu d’entre tous pour le rôle qu’il eût dans la résistance, ce sont 39 Préfets et Sous-préfets qui sont morts pour la France, fusillés, déportés ou morts au combat.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un rôle retrouvé par la crise du Covid-19, dans la réglementation…</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd’hui, le Préfet « est le représentant de tous les membres du gouvernement, et reçoit toutes leurs instructions. Il rend des comptes sur l&rsquo;action des services dont il a la responsabilité. Sa parole publique est vouée à défendre et expliquer l&rsquo;action du gouvernement, puisque la constitution qui le cite en son article 72 dispose aussi que l&rsquo;administration est à la disposition du gouvernement élu. » En outre, ils ont la charge de mettre en œuvre les politiques gouvernementales et de garantir l’ordre public et la sécurité des populations. Cette formule, simple d’apparence, cache une réalité délicate à exprimer et que tous les Français ont courageusement subi : les restrictions sanitaires. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>La mise en œuvre de la loi d&rsquo;urgence sanitaire et l&rsquo;application des mesures exceptionnelles (couvre-feu, interdiction de déplacements…) ont été naturellement confiées aux représentants de l’État chargés du respect de l&rsquo;ordre public. Ce « droit covid », né de la crise sanitaire et qui disparaîtra avec elle est d&rsquo;une grande complexité et donne lieu à toutes les interrogations</em> » témoigne M. Bernard. « <em>La communication est donc nécessaire, au grand public comme aux filières (hôtellerie restauration ou professionnels du spectacle par exemple). Avec les forces de l&rsquo;ordre, les préfets ont interdit des rassemblements, mis un terme à des événements de nature à générer des foyers épidémiques, fait sanctionner les entorses aux règles de protection sanitaire. Dans tous les cas, leur seul repère était l&rsquo;intérêt collectif, pour que des excès commis par quelques-uns ne nuisent pas au plus grand nombre. Ce rôle est celui de la répression des actes et comportements illégaux. Très récemment, les Préfets et les agents des préfectures ont été confrontés, et le sont encore, à une crise sanitaire imprévue et ayant mis à rude épreuve notre système de santé. Cette crise a illustré le rôle plein et entier des préfets. Peu à peu, ils ont été appelés à prendre en charge la collecte puis la distribution des équipements de protection, et désormais des vaccins, pour apporter à l&rsquo;État leur savoir-faire, celui du ministère de l&rsquo;Intérieur, qui est la gestion de crise</em> » développe le haut-fonctionnaire. « <em>La stratégie d&rsquo;ensemble reposait sur le ministère de la santé et les agences régionales de santé, lesquelles ont été vite dépassées, rendant aux préfets leur rôle premier, à la demande même des élus territoriaux, celui de chef de file de l&rsquo;action de l&rsquo;État au plan local.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Et dans la sauvegarde de l’économie</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Si nous voyons principalement les restrictions endurées, les Préfets ont renoué avec une fonction inhérente à leur position : celle d’encourager, de soutenir et de préserver les acteurs économiques et industriels de leur territoire. « <em>Les préfets et les services de l&rsquo;État se sont occupés du maintien de l&rsquo;activité économique et industrielle ou des services publics, essentiels pour fournir les biens de première nécessité (aliments, produits d&rsquo;équipement, travaux publics) ou des prestations indispensables (retrait des ordures ménagères). En lien avec les chefs d&rsquo;entreprise et les responsables publics, les maires notamment, car les préfets ne font rien seuls et leur premier savoir-faire est le travail en réseau, les conditions de la continuité de production ou de service ont été examinées, définies, consolidées pour apporter aux citoyens confinés les moyens de la subsistance. Ce travail est largement passé inaperçu, quand bien même il n&rsquo;aurait échappé à personne qu&rsquo;il était nécessaire s&rsquo;il n&rsquo;avait été effectué avec diligence.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Dans le même ordre d&rsquo;idée, les préfets ont assuré le déploiement des mesures de soutien aux entreprises à l&rsquo;arrêt avec deux mots d&rsquo;ordre : limiter la casse économique et préserver les emplois. Ils sont activement engagés en ce moment dans la relance de l&rsquo;économie, qui nécessite de pouvoir relier des entreprises ayant des projets (c&rsquo;est la préparation de l&rsquo;avenir) aux aides du plan de relance, de sorte que l&rsquo;argent public soit employé utilement. Ils ne sont pas seuls, là encore, et s&rsquo;appuient sur des analyses expertes. […] Leur contact de terrain avec les entrepreneurs a pour mérite de jauger, dans la réalité, les capacités d&rsquo;une entreprise à se développer, créer et offrir à notre pays les ressources industrielles dont il a besoin.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ces moments de crises sanitaires, économiques, sociales, sociétales, il sera toujours bon de rappeler qu’au fond, même si nous sommes éprouvés par les évènements : « <em>ce qui est en jeu est le contrat social, toujours renouvelé, et la vertu que l&rsquo;on accorde collectivement aux lois librement consenties, car votées par les représentants de la nation. Les préfets n&rsquo;ont de pouvoirs que dans la limite de la loi et pour son application</em>. » explique M. Bernard.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le fin mot de l’Histoire…</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">N’allons pas croire que de l’idée originelle de Bonaparte il ne reste rien. Cette idée de rapidité dans la transmission des ordres, gage de l’efficacité de l’action du gouvernement, est toujours présente.</span><br />
<span style="color: #000000;">« <em>Ces traits se retrouvent toujours dans la fonction préfectorale et dans [l’esprit] de l&rsquo;État, entre ses administrations centrales et son administration territoriale. […] Le préfet d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a pas l&rsquo;autonomie des intendants du roi, et ne peut se détacher d&rsquo;un lien étroit avec les ministères. En ce sens, l&#8217;empreinte de Bonaparte se fait toujours sentir. Pour autant, le mouvement de déconcentration qui accompagne celui de décentralisation est une attente forte des élus locaux comme des préfets qui désirent sans trop l&rsquo;avouer plus de degrés de liberté dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions et moins de contraintes imposées par un excès d&rsquo;instructions en tout genre et une gestion administrative encore largement exercée par les entités centrales.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Ce désir intime et pudiquement renvoyé au secret des consciences (preuve que Bonaparte n&rsquo;est pas si loin) semble partagé par les gouvernements successifs. Mais les évolutions sont lentes, comme si les plus bonapartistes n&rsquo;étaient pas les préfets eux-mêmes mais ceux qui trouvent somme toute confortable de disposer des services qu&rsquo;ils peuvent rendre, de leur permanence dans les missions qui leur sont données et de leur loyauté.</em> » conclu le fonctionnaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien que la figure de Bonaparte suscite de nombreuses controverses, il y a une chose que nous ne pouvons pas remettre en cause : plus de deux siècles après sa création, le corps préfectoral reste sans aucun doute l’un des plus importants legs de l’Empereur dans le domaine de l’administration territoriale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">* L’identité a été changée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Montargis : des habitants se mobilisent pour défendre la caserne Gudin menacée de destruction</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/montargis-des-habitants-se-mobilisent-pour-defendre-la-caserne-gudin-menacee-de-destruction/27/04/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Apr 2021 08:39:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Caserne]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Étienne Gudin]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Gudin]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Montargis]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Smolensk]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 27/04/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/montargis-des-habitants-se-mobilisent-pour-defendre-la-caserne-gudin-menacee-de-destruction/27/04/2021/">Montargis : des habitants se mobilisent pour défendre la caserne Gudin menacée de destruction</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Des habitants de Montargis tentent de sauver la caserne Gudin de sa destruction par un promoteur immobilier pour y installer une résidence senior.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A Montargis, dans le Loiret, la résistance s’organise pour sauver une caserne militaire du XIXème siècle. Construite en 1876, la caserne Gudin porte le nom du général Charles Étienne Gudin, proche de Napoléon et originaire de Montargis. Infanterie, génie, transmission, la caserne voit passer divers régiments durant le XXe siècle.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Prévue pour regrouper 3 000 hommes, son activité rythme la vie des habitants. En 1994, la caserne Gudin est transformée en école de transmission pour l’Armée, jusqu’en 1995, date à laquelle s&rsquo;installe une école de gendarmerie jusqu’en 2009. Inoccupée depuis, l’État s’en sépare officiellement en avril 2019 au profit de l’Agglomération montargoise.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un projet de résidence senior</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 2019, le président de l’Agglomération montargoise Frank Supplisson soumet au vote une promesse de vente de la caserne Gudin au groupe Nexity « pour un euro symbolique ». Le promoteur immobilier prévoit de réhabiliter une partie de la caserne afin de la transformer en résidence senior. Un cabinet d’architecte est même consulté afin d’intégrer l’ensemble des structures existantes dans le projet. Pourtant, au mois d’octobre 2020, Nexity dépose son permis de construire. Celui-ci indique que le bâtiment principal sera détruit.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">« &nbsp;</span><em style="color: #000000;">On nous a affirm</em><em style="color: #000000;">é</em><em style="color: #000000;"> que le patrimoine sera&nbsp;</em><em><span style="color: #000000;">préservé</span></em><em><span style="color: #000000;">&nbsp;et que personne ne détruira&nbsp;le bâtiment de l</span></em><em style="color: #000000;">’</em><em style="color: #000000;">horloge</em><span style="color: #000000;"> », dénonce Alphonse Proffit, président de la liste Engagement citoyen pour le Montargois (ECM) et ferveur défenseur de la caserne. « </span><em style="color: #000000;">Nous avons constat</em><em style="color: #000000;">é</em><em style="color: #000000;"> dans le dossier que l</em><em style="color: #000000;">’</em><em><span style="color: #000000;">architecte des bâtiments&nbsp;de France est contre le projet. En plus du bâtiment de l</span></em><em style="color: #000000;">’</em><em><span style="color: #000000;">horloge, Nexity prévoit de démolir&nbsp;des bâtiments qui ne faisaient même pas parti du projet initial.</span></em><span style="color: #000000;"> »</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Recours administratif</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Apres avoir découvert le permis de construire, les défenseurs de la caserne écrivent au conseil communautaire de Montargis. L&rsquo;objectif est de sensibiliser ses membres sur le fait que le projet Nexity prévoit de détruire des bâtiments pour lequel ils n&rsquo;ont pas signé. Le même jour, le président d&rsquo;Agglomération dépose un permis de demande complémentaire prenant en compte ces changements. « <em>Cela a été fait sans en informer qui que ce soit</em> », précise Alphonse Proffit. Le maire de Montargis, Jean-Paul Billault, valide le 03 mars 2021 le nouveau permis de démolir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais les défenseurs de la caserne n’en restent pas là. Un recours contre le permis de construire est déposé et une demande d’instruction à la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) a été soumise. Une lettre a été envoyé à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, pour demander qu’une instance de classement soit mise en place afin de définir le niveau de protection adéquat. Une</span> <a href="https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/sauvons-rehabilitons-caserne-gudin-montargis-loiret/130444">pétition</a> <span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">a également été mise en ligne. Actuellement, un premier recours administratif avec comme co-requérant la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) – Sites &amp; Monuments, bloque provisoirement le projet de démolition. « </span><em style="color: #000000;">La </em><em style="color: #000000;">SPPEF</em><em><span style="color: #000000;">, certains élus et nous-mêmes avons été menacé par Nexity de nous attaquer en justice individuellement pour demander une réparation&nbsp;du préjudice lié&nbsp;au retard du projet</span></em><span style="color: #000000;"> » témoigne le président&nbsp;d’ECM.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une caserne historique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><span style="color: #000000;">La caserne Gudin fait partie d’un vaste projet de construction d’enceinte militaire peu après la chute du Second-Empire. Plus d’une centaine de casernes aurait vu le jour sur l’année 1874-1875. Une partie d’entre elles a été détruite, d’autres ont été défigurées ou réhabilitées tandis que d’autres sont tout simplement laissées à l’abandon. « </span><em><span style="color: #000000;">Aucune de ces casernes ne bénéficie&nbsp;pour le moment de régime&nbsp;de protection au titre de monument historique</span></em><span style="color: #000000;"> », continue Alphonse Proffit. « </span><em><span style="color: #000000;">La problématique de la sauvegarde des casernes commence à se faire ressentir partout en France, comme celle de Méribel à Verdun</span></em><span style="color: #000000;"> ». </span></span><span style="color: #000000;">Avec 3 bâtiments principaux imposants dont celui de l’horloge et une place d’armes de 100 mètres de côté, la caserne Gudin a conservé jusqu’à aujourd’hui son organisation originelle. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mort durant la campagne de Russie en 1812, le personnage à qui la caserne doit son nom a été retrouvé en 2019 à Smolensk par une équipe de chercheurs. Décédé dans les bras de Napoléon, celui-ci a ramené son cœur en France mais a laissé son corps sur place. Réputé pour être le seul à pouvoir tutoyer l’Empereur sur le champ de bataille, le général de division Charles-Étienne Gudin aurait dû être inhumé aux Invalides à Paris le 5 mai 2021, lors du bicentenaire de Napoléon Ier. Une occasion de faire avancer la cause de la caserne Gudin de Montargis ? Très probablement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>«L&#8217;Europe au temps de Napoléon» : l&#8217;échec de l&#8217;unification raconté par Jean Tulard</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Dec 2020 14:14:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Tulard]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet ouvrage collectif intitulé L&#8217;Europe au temps de Napoléon propose une étude véritablement magistrale de...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/">«L&rsquo;Europe au temps de Napoléon» : l&rsquo;échec de l&rsquo;unification raconté par Jean Tulard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Cet ouvrage collectif intitulé <em>L&rsquo;Europe au temps de Napoléon</em> propose une étude véritablement magistrale de notre glorieux et passionnant passé. Elle aidera certainement à mieux comprendre notre présent. Chacun sait que les vieilles monarchies européennes ont combattu la France de la Révolution et de l&rsquo;Empire. Napoléon a, de son côté, voulu dominer l&rsquo;Europe, afin de restaurer, toute proportion gardée, l&rsquo;Empire romain ou encore celui de Charlemagne. Le projet était-il possible ? Souhaitable ? Nous constatons seulement que l&rsquo;Europe française napoléonienne a échoué.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, Napoléon, en combattant ses ennemis et en voulant sauvegarder coûte que coûte les conquêtes territoriales de la Révolution, a réveillé l&rsquo;Europe. Une partie de l&rsquo;Europe l&rsquo;a certes haï, détesté, moqué, une autre, notamment après l&rsquo;expérience napoléonienne, l&rsquo;a vénéré, adulé, et l&rsquo;a même pris comme modèle, au point d&rsquo;en faire un Prométhée moderne ou l&rsquo;étendard des aspirations des sans grades et des contempteurs des différentes monarchies nationales, esseulés dans cette Europe post-1815 façonnée par la Sainte Alliance.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/">«&nbsp;Napoléon et les siens&nbsp;» : le livre de Vincent Haegele qui retrace l’épopée impériale sous l’angle familial du clan Bonaparte</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: inherit;"><br />
Dans sa pertinente préface, Jean Tulard rappelle que « </span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">durant deux décennies, la France a dominé l&rsquo;Europe. Une suprématie qui s&rsquo;explique par le poids de sa démographie, l&rsquo;universalité de sa langue, le caractère national de ses armées, ses innovations techniques…&nbsp;On parle de la Grande Nation puis du Grand Empire. Rome, Bruxelles, Hambourg, Cologne, Amsterdam sont françaises depuis 1811&nbsp;</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">». Il ajoute avec raison : «&nbsp;</span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">Le destin des Suisses, des Allemands, des Italiens, de la majeure partie de l&rsquo;ancienne Pologne et de l&rsquo;Espagne se joue en réalité à Paris</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour bien intégrer la prépondérance française d&rsquo;alors, Tulard écrit «&nbsp;<em>qu&rsquo;un maréchal français est choisi comme prince héritier de Suède et le Danemark se comporte en fidèle allié. L&#8217;empereur des Français épouse la fille de l&rsquo;ancien maître du Saint Empire romain germanique devenu plus modestement empereur d&rsquo;Autriche. En 1812, il lance contre la Russie une armée où l&rsquo;on trouve des contingents de tous les pays d&rsquo;Europe&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les victoires militaires françaises sont en réalité précédées par la victoire intellectuelle des idéaux révolutionnaires. Ces idées se diffusent dans toute l&rsquo;Europe par la presse, car l&rsquo;élite européenne de chaque pays parle la langue de Molière. L&rsquo;académie de Berlin en 1784 avait désigné le français comme «<em>&nbsp;langue universelle</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous lisons donc sans surprise le propos suivant : «<em>&nbsp;La France, en étendant son influence sur les pays voisins, y a exporté non seulement les idées et les institutions révolutionnaires mais aussi sa culture. Dans ce domaine le chemin était frayé, car la langue française, véhicule de la culture française était alors considérée comme universelle et parlée par toutes les élites. Les émigrés qui avaient précédé les armées françaises, avaient aussi contribué à en répandre la langue</em>&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le point de fort de ce livre est qu&rsquo;il ne se consacre pas à la seule France. Napoléon et l&rsquo;Empire sont décryptés par des analyses prenant en compte le regard de nos voisins. Il est véritablement intéressant de savoir comment était vu l&rsquo;Empereur en Angleterre, Suisse, Italie, Portugal, Allemagne, Autriche, Russie, etc. Ces captivants chapitres nous éclairent sur les différents rapports que l&rsquo;Empire français entretenait avec ses alliés et ses différents ennemis. De même, les contributions font le point sur le rôle décisif de l&rsquo;armée napoléonienne, aussi bien sur le champ de bataille que dans la société. Elle fut à la fois un outil de conquêtes, de promotions et le symbole invincible de son illustre promoteur.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois les premières défaites, en particulier en Espagne, ne renversent pas totalement l&rsquo;opinion française et européenne, même si certains proches de l&rsquo;Empereur commencent à le mettre en garde, tandis que d&rsquo;autres conspirent (Fouché) ou trahissent (Talleyrand) dès 1808&#8230; Les conséquences de la guérilla espagnole et du blocus sont très bien étudiées. La Grande Armée s&rsquo;est véritablement épuisée en Espagne mais également aux quatre coins de l&rsquo;Europe en&nbsp;<em>jouant</em>&nbsp;aux gendarmes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Finalement, la maîtrise des mers et la révolution industrielle assurent à Albion des armes non négligeables. Tulard écrit :&nbsp;«&nbsp;<em>La Grande-Bretagne l&#8217;emporte sur Napoléon grâce à sa flotte mais aussi grâce aussi à ses manufacturiers et à ses négociants, à l&rsquo;esprit d&rsquo;invention de la City et à la force des traditions d&rsquo;une noblesse par ailleurs égoïste et brutale</em>&nbsp;». Il s&rsquo;agit d&rsquo;un constat factuel et par conséquent implacable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les pages dévolues à Metternich montrent, s&rsquo;il en était encore besoin, qu&rsquo;il fut vraiment un très grand diplomate et un serviteur exemplaire de la monarchie des Habsbourg. Ce livre permet entre autres de mieux et de bien mesurer l&rsquo;échec napoléonien. Il aborde aussi les nombreuses adversités que Napoléon dut subir durant toute sa carrière à la tête de la France. A nos yeux, Napoléon Bonaparte fut incontestablement un génie… mais à l&rsquo;impossible nul n&rsquo;est tenu, pas plus lui qu&rsquo;un autre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4390" aria-describedby="caption-attachment-4390" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-4390" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=640%2C991&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="991" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=661%2C1024&amp;ssl=1 661w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=194%2C300&amp;ssl=1 194w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=768%2C1189&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4390" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;Europe au temps de Napoléon &#8211; Jean Tulard &#8211; 2020 &#8211; Éditions du Cerf</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>«Napoléon et les siens» : Vincent Haegele raconte l’épopée impériale du clan Bonaparte</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2020 17:26:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon et les siens]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Haegele]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=3267</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 26/06/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/">«Napoléon et les siens» : Vincent Haegele raconte l’épopée impériale du clan Bonaparte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">Avec cette étude intitulée « <em>Napoléon et les siens</em> », Haegele nous permet de suivre l’épopée impériale sous l’angle familial du clan Bonaparte.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Très souvent, les passionnés d’histoire napoléonienne suivent et étudient celle-ci en ne prenant en compte que la vision de l’acteur principal de cette tragédie, à savoir Napoléon. En agissant ainsi, ils se placent d’un point de vue partisan. En effet, ils peuvent oublier que les autres héros de l’épopée (frères et sœurs de l’Empereur et les maréchaux par exemple) disposent aussi d’avis différents et de leur libre arbitre. En couvrant d’un voile les pensées des acteurs de l’époque ou en occultant leurs contextes forcément particuliers, les historiens professionnels et amateurs passent sûrement à côté de l’essentiel et commettent irrémédiablement des erreurs d’analyse. L’intérêt de cette passionnante <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/napoleon-et-les-siens/9782262064433">lecture</a> de Haegele réside donc dans ce point précis : suivre l’évolution d’une famille française dans la tourmente révolutionnaire, en prenant en compte chacun de ses membres. N’oublions pas que les Bonaparte ont présidé aux destinées de la France voire de l’Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-nicolas-corvisart-le-medecin-personnel-de-napoleon-ier/24/01/2022/">Jean-Nicolas Corvisart : le médecin personnel de Napoléon Ier</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans la vie d’un individu, qu’est-ce qui compte le plus ? Nous citons Haegele qui écrit dès la première page : « <em>Tout oppose les partisans et les détracteurs du système né de la Révolution, excepté ce petit air : passent les régimes, la famille demeur</em><em>e quoiqu’il arrive</em> ». Il s’agit d’une loi anthropologique non écrite mais fondamentale qui remonte à la nuit des temps. Comment juger ou plus exactement comprendre Napoléon et sa famille ? L’auteur écrit : « <em>Que n’a-t-on pas dit et écrit sur la famille de l’homme dont le destin stupéfia le monde et changea radicalement le paysage européen, qui donna à la France des institutions pérennisées, une monnaie, un code ? A peu près tout et son contraire, mais une image domine toutefois, celle d’un clan avide d’argent, d’honneurs immérités et de dépouilles prélevées sur les cadavres d’antiques monarchies </em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le tableau paraît tranchant mais, cependant, reflète-t-il réellement la vérité ? Haegele poursuit son propos de la manière suivante : « <em>Des frères dissipateurs, des s</em><em>œurs ambitieuses et dépravées, des épouses indignes, des cousins sans scrupules et leurs entourages de courtisans… tous traîtres, dilapidateurs et voleurs : voil</em><em>à le portrait peu flatteur que beaucoup n’ont pas hésité à reprendre, à noircir à volonté </em>». Pourtant, comme le précise l’auteur, l’un des grands moralistes du siècle Joseph Joubert avait écrit : « <em>Il est impossible de manier les affaires sans se salir de cupidité </em>». Nous le laissons libre de son propos. Le plus important, nous semble-t-il, n’est pas dans la moralité ou l’immoralité de la famille Bonaparte. La question principale n’est-elle pas de savoir quelle place il faut accorder à la famille de Napoléon tout au long de son illustre et incomparable carrière ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/napoleon-le-crepuscule-de-lempereur/06/05/2021/">Napoléon : le crépuscule de l’Empereur</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A ce sujet, Haegele estime que « <em>dès le commencement</em><em>, le grand homme de son siècle est attaquable à travers sa famille : la publicité qui est faite de ses infortunes conjugales, les turpitudes avérées ou non de ses frères sont là pour mettre en péril un édifice aussi colossal que fragile, dont la légitimité est contestée. S’ajoute enfin la douloureuse question de l’hérédité et de la survivance. Voilà la faille.</em> » Indépendamment du sujet de la transmission du pouvoir, Napoléon a toujours été considéré comme un parvenu par les vieilles têtes couronnées, même si le Pape Pie VII participa à son sacre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De fait, Napoléon au début de sa carrière souhaite associer sa famille à sa réussite, à ses projets, à ses espérances, d’autant qu’il s’affirme vite comme le chef après la mort de leur père Charles, au grand désespoir de son frère aîné Joseph. Dans les biographies consacrées à Napoléon, Charles, se voit décrit comme un homme absent, lointain voire très effacé. Pourtant, c’était un père aimant ses enfants et un époux tendre, nonobstant des écarts conjugaux réputés. Très vite, Charles a compris que fonder ses espoirs sur une Corse indépendante relevait d’une chimère. Haegele évoque dans de longues pages le contexte géopolitique et intellectuel de la Corse et de l’Europe. Il précise également que les choix décisifs de Charles permettent à ses deux aînés d’obtenir une bourse et de suivre une scolarité sur le continent. La suite est connue…</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/">«L’Europe au temps de Napoléon» : l’échec de l’unification raconté par Jean Tulard</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une fois arrivé au pouvoir, Napoléon conscient des forces politiques en présence décide de rétablir la monarchie à son profit. Haegele note : « <em>Bien évidemment, nul ne peut construire une dynastie sans compter sur l’aide de son propre sang et c’est là le n</em><em>œud gordien de toute l’entreprise complexe et incomparable de Napoléon Bonaparte : ses frères et s</em><em>œurs ont accompagné, soutenu et parfois déterminé ce processus de conquêtes et de constructions civiles et militaires, partageant dès le début les douleurs de l’exil, la remise en cause systématique de leur place dans la société et les blessures d’amour-propre</em> ». Napoléon avait acquis sa gloire par ses propres mérites, mais ses frères et sœurs pouvaient-ils en dire autant ? Il y a peut-être ici un des paramètres qui expliquent la chute finale de l’aventure napoléonienne. Ses frères et sœurs, et nous pensons ici au monologue de Figaro, ne s’étaient-ils pas donnés que la peine de naître ? Louis, un des petits frères de Napoléon, refusait les honneurs et les prébendes en justifiant son choix par la réponse suivante : « <em>Je n’ai pas mérité cela… </em>»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, Haegele précise « <em>qu’il y a une mystique du pouvoir indéniable, qu’aucune Révolution ne pourra jamais abolir, et la force des Bonaparte est de l’avoir instinctivement mise en </em><em>œuvre dès les premiers succès en Italie. C’est la perfection fine de cette mystique qui a permis aux Bonaparte de se hisser au plus haut niveau avec une aisance qui a confondu leurs contemporains, et confond encore aujourd’hui les historiens</em> ». Tout au long de son entreprise, pour convaincre sa fratrie de la légitimité de ses actions, Napoléon parle toujours de « <em>son système </em>» sans vraiment jamais le définir. Toutefois, les Bonaparte ont conquis le pouvoir, et certains oublient que les succès de Napoléon, notamment le coup d’Etat du 18 Brumaire, ont parfois dépendu de ses frères et sœurs…</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Haegele nous propose une histoire de l’épopée napoléonienne à la fois originale et pertinente, car elle met en avant des analyses nouvelles sur le système familial impérial loin des images noires et dorées auxquelles certains semblent habitués. Pour finir, nous conclurons par une citation de Napoléon qui nous invite à méditer sur les destinées des Hommes : « <em>On peut s&rsquo;arrêter quand on monte, jamais quand on descend </em>».</span></p>
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<figure id="attachment_3270" aria-describedby="caption-attachment-3270" style="width: 351px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-3270" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/9782262064433ORI.jpg?resize=351%2C527&#038;ssl=1" alt="" width="351" height="527" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/9782262064433ORI.jpg?w=351&amp;ssl=1 351w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/9782262064433ORI.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w" sizes="(max-width: 351px) 100vw, 351px" /><figcaption id="caption-attachment-3270" class="wp-caption-text">Napoléon et les siens &#8211; Un système de famille &#8211; Vincent Haegele &#8211; Éditions Perrin &#8211; 2018</figcaption></figure>
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<hr width="50%" />
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		<title>«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2020 18:17:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[L’Esprit impérial]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Gildea]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Robert Gildea est un historien britannique, professeur à l’université d’Oxford, spécialiste de la France des...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Robert Gildea est un historien britannique, professeur à l’université d’Oxford, spécialiste de la France des XIX<sup>ème</sup> et XX<sup>ème</sup> siècles. Il a notamment commis <em>Comment sont-ils devenus résistants&nbsp;? Une nouvelle histoire de la Résistance, 1940-1945. </em>Avec ce nouvel ouvrage intitulé <em>L’Esprit impérial</em> et sous-titré «&nbsp;<em>passé colonial et politiques du présent</em>&nbsp;», il retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français, notamment leurs origines et les mythes qui les ont accompagnés.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dès les premières pages, l’auteur explique que «&nbsp;<em>l’empire fut à la fois un rêve de gloire et une chronique de l’angoisse</em>&nbsp;». Il précise ensuite son idée de la manière suivante : «&nbsp;<em>prises ensemble, cependant, ces deux approches laissent entendre que les termes empire et colonialisme ont aujourd’hui encore de multiples résonances&nbsp;</em>». Effectivement, chacun sera libre de constater les tensions qui existent «&nbsp;<em>aujourd’hui encore</em>&nbsp;» dans les anciens pays colonisateurs dès que la colonisation et la décolonisation sont traitées par les politiques, les intellectuels, les médias et les arts en général. Il est quasiment impossible d’en parler sérieusement et sereinement sans tomber dans l’invective ou l’utilisation de raccourcis historiques forcément dangereux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/racismes-et-violences-policieres-la-dissolution-de-la-police-de-minneapolis-est-une-manoeuvre-bassement-politique/08/06/2020/">Racismes et violences policières : «la dissolution de la police de Minneapolis est une manœuvre bassement politique»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il apparaît ainsi que personne ou presque ne semble avoir tourné la page, alors que rares sont les acteurs de cette époque à être encore en vie. Des ressentiments tenaces persistent malgré les années qui passent. Sans compter qu’en France le pouvoir politique s’est emparé de mauvaise manière de ce sujet avec la promulgation de la Loi dite Taubira du 21 mai 2001. Nous considérons que ce n’est pas au législateur d’inscrire dans le marbre des «&nbsp;vérités&nbsp;» historiques. Pierre Vidal-Naquet dans le quotidien <em>Le Monde</em> avait fait observer&nbsp;une remarque pleine de bon sens : «&nbsp;<em>Est-ce que les Grecs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui vont décréter que leurs ancêtres les Hell</em><em>è</em><em>nes commettaient un crime contre l&rsquo;humanité car ils avaient des esclaves&nbsp;</em><em>?</em><em>&nbsp;</em>» Joseph Savès avait écrit&nbsp;: «&nbsp;<em>En stigmatisant l&rsquo;esclavage et la traite pratiqués par l&rsquo;ensemble des Européens et eux seuls, la loi Taubira racialise le phénom</em><em>è</em><em>ne et le réduit à une opposition entre Blancs d&rsquo;Europe et Noirs, au mépris de la vérité historique. Elle oublie tout simplement aussi que la plupart des Franç</em><em>ais de m</em><em>étropole n&rsquo;ont dans leur passé familial aucun rapport avec la traite atlantique&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La traite arabe a été la plus longue et la plus régulière des trois traites, ce qui explique qu&rsquo;elle fut la plus importante en nombre d&rsquo;individus asservis : 17 millions de personnes selon l&rsquo;historien Olivier Pétré-Grenouilleau, du VII<sup>ème</sup> siècle à 1920. Certains pays n&rsquo;ont adopté une législation interdisant l&rsquo;esclavage qu&rsquo;au XX<sup>ème</sup> siècle (Maroc, Irak, Arabie Saoudite, Mauritanie…).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/david-colon-la-propagande-est-fille-de-la-democratie/30/12/2019/">David Colon : « La propagande est fille de la démocratie »</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ceci étant dit, je confesse qu’avant de lire ce passionnant ouvrage, je me positionnais déjà contre le projet colonial. Sa lecture n’a fait que confirmer mes idées sur le sujet. Je rappelle qu’en France, il fut porté par la gauche républicaine et laïque. C’est souvent oublié, ignoré ou caché pour des raisons idéologiques. Mais il s‘agit d’un fait brut, historique et incontestable que Gildea a le mérite d’exposer librement et sans aucune réserve. Beaucoup connaissent la phrase que Jules Ferry prononça le 28 juillet 1885 à la tribune :&nbsp;«&nbsp;<em>Il faut dire ouvertement qu</em>’<em>en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures</em>&nbsp;»…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 6 avril 1943, en pleine Deuxième Guerre Mondiale, Churchill évoquant les relations internationales qui se développeront après ce conflit meurtrier prophétisa :&nbsp;«&nbsp;<em>Les empires du futur seront les empires de l’esprit&nbsp;</em>». Cette déclaration signifiait que le Premier Ministre du premier empire colonial au monde pensait sûrement que ce modèle dominants-dominés prendrait fin tôt ou tard. Effectivement, Churchill devait considérer, selon Gildea, que les futurs empires «&nbsp;<em>ne seraient plus des titans armés en guerre les uns contre les autres, mais plutôt des empires universels cohabitant dans la paix et l’harmonie</em>&nbsp;». En définitive, cette notion «&nbsp;<em>d’empires de l’esprit&nbsp;</em>» a de l’aveu même de l’auteur donné le titre du présent ouvrage.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Gildea énonce une théorie intéressante que nous relevons :&nbsp;«&nbsp;<em>Quoique protéiformes, les empires n’en prenaient généralement pas moins l’une des trois formes suivantes. Ils étaient soit commerciaux, soit coloniaux, soit territoriaux&nbsp;</em>». Dans le même ordre d’idée, l’auteur estime que «<em>&nbsp;l’empire ne fut jamais une réalité unique. Phénomène protéiforme, il fut improvisé avant même d’avoir été conçu comme un tout</em>&nbsp;». Nous notons également un trait révélateur des empires coloniaux : «&nbsp;<em>Il entraînait vers l’avant, mais on lui résistait et ainsi perdait-il du terrain. Plutôt que de se retirer quand il échouait sous une certaine forme, ou dans un domaine particulier, on le réinventait, on le rebâtissait à nouveau frais&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, comme chacun sait, l’histoire nous transmet une seule leçon&nbsp;: les leçons de l’histoire ne sont jamais retenues. En partant de ce principe élémentaire, nous ne sommes guère surpris de lire le propos suivant :&nbsp;«<em>&nbsp;L’angoisse de tout perdre et la volonté de puissance et de prospérité étaient telles que les leçons de la défaite furent rarement apprises&nbsp;</em>». En définitive Gildea note que «&nbsp;<em>ce qui prédominait était plutôt la tendance à reproduire des formes du passé, aussi bien les pratiques que les institutions, et du même coup à prendre le risque de s’exposer de nouveau à la défaite</em>&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/litterature-rene-girard-promoteur-dune-science-des-rapports-humains/29/03/2020/">Littérature : René Girard, promoteur d’une science des rapports humains</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il est particulièrement utile que l’auteur revienne sur les mythes qui ont, selon lui, façonné l’esprit impérial à travers les âges :&nbsp;«&nbsp;<em>La mythologie impériale racontait comment des navigateurs intrépides et des investisseurs audacieux bâtirent des routes commerciales, comment des pionniers défrichèrent des plaines vierges pour les rendre fertiles, comment des administrateurs éclairés leur succédèrent et établirent au loin le gouvernement bienveillant de la Mère-Patrie&nbsp;</em>». Mais ici, nous ne suivrons pas en tout sa critique de ces «&nbsp;mythes&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le projet colonial fut certes contestable dès le départ parce qu’il reposait sur un certain eugénisme social ou un darwinisme assumé&nbsp;: nous le reconnaissons volontiers. Néanmoins, la colonisation ne fut pas que cela et heureusement. L’auteur n’évoque pas les routes, les écoles, les bâtiments publics, les hôpitaux, l’amélioration de l’alimentation, l’explosion de la démographie grâce aux progrès médicaux apportés par les colonisateurs. Par ailleurs, les habitants des anciens pays colonisés, malgré une rancune opiniâtre pour nombre d’entre eux envers les <em>anciens colons</em>, n’hésitent pas, comme chacun peut aisément le constater, à venir en masse en Europe pour profiter d’un confort de vie dont ils ne disposent pas dans leur propre pays «&nbsp;<em>libéré des</em> <em>chaînes du colonialisme</em>&nbsp;». Alors oui, on peut reprocher à juste titre, me semble-t-il, le fait que les deux empires aient maintenu des connexions parfois troubles avec leurs anciennes colonies, mais il convient aussi d’admettre que les descendants des colonisés mettent tout en œuvre pour maintenir un lien avec des pays qu’ils prétendent oppresseurs…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-temps-des-barbares-une-vertigineuse-odyssee/24/02/2020/">« Guérilla : le temps des barbares » : une vertigineuse odyssée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">De fait, quand Gildea décrypte la question de l’immigration issue des anciens pays colonisés vers les métropoles, il semble oublier certains <em>aspects positifs</em> de la colonisation. Tout en prenant la défense de ces populations, il omet des réalités observables par tout le monde : délinquance, communautarisme, islamisation, racisme anti-blanc. Les torts sont partagés. Il n’est pas question ici de dire qui en a le plus. Cependant, tout mettre sur le dos des anciennes puissances coloniales me semble excessif et partisan.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois, il est vrai comme l’écrit Gildea que «&nbsp;<em>les colonies ne s’établissaient pas dans des terres vierges</em>&nbsp;», sauf à de très rares exceptions. Il poursuit : «&nbsp;<em>C’est par la force que le commerce était généralement imposé à des empires non européens récalcitrants ou à leurs vassaux. Et si les empires se plurent toujours à collaborer avec les souverains locaux et les chefs tribaux, les populations indigènes furent dans leur immense majorité systématiquement exclues de l’exercice du pouvoir, et durement opprimées quand elles revendiquaient d’y avoir part</em>&nbsp;». En son temps, Brennus avait dit «&nbsp;<em>Malheur aux vaincus&nbsp;</em>». Il faut également écrire &#8211; même si ce n’est pas le sujet du livre, et que l’auteur ne pouvait par conséquent pas en parler dans le cadre de cette étude &#8211; que les empires musulman ou chinois, par exemple, n’agirent pas autrement quand ils furent en position de dominer…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-jour-ou-tout-sembrasa-un-scenario-realiste/11/01/2020/">« Guérilla : le jour où tout s’embrasa » : un scénario réaliste ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le colonialisme, en plus de provoquer des troubles dans des pays non européens, tout en y apportant certains bienfaits de <em>la civilisation, </em>fut également un motif de compétition guerrière en Europe. L’auteur note à ce propos le point suivant :&nbsp;«<em>&nbsp;Cette rivalité fut également un des principaux facteurs de déclenchement de la Première Guerre Mondiale, au moment où les empires britannique, français, belge, allemand, italien, russe étaient probablement à l’apogée de leur puissance</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il y a une certaine ironie dans cette relation contrariée relevée par Gildea :&nbsp;«&nbsp;<em>Les puissances impériales prétendaient combattre pour la liberté et la civilisation, les peuples colonisés qu’ils enrôlaient dans leurs armées par centaines de milliers ne tardaient pas à se revendiquer de la même cause</em>&nbsp;». Ainsi, des incompréhensions et des rancœurs naîtront entre les deux parties à cause de cette incohérence fondamentale. En effet, on ne peut pas demander à un individu de se battre pour la liberté d’autrui sans que celui-ci ne veuille se battre pour la sienne. Les combattants des pays colonisés finirent aussi par rêver de <em>libération </em>pour les leurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/contre-macron-le-livre-de-juan-branco-qui-denonce-le-macronisme/20/04/2020/">«Contre Macron» : le livre de Juan Branco qui dénonce le macronisme</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le souci est que, même après la décolonisation officielle, une nouvelle forme de colonisation naquit car «&nbsp;<em>les leviers de la puissance économique et militaire restèrent aux mains des anciens empires&nbsp;</em>» en dépit de la catastrophe économique, industrielle et politique provoquée par la guerre de 1939-1945. En conséquence, beaucoup parlèrent de «&nbsp;<em>néo-colonialisme</em>&nbsp;». En définitive, la deuxième déflagration mondiale fut tout de même un accélérateur de l’Histoire, car les empires coloniaux se sont retrouvés affaiblis sur les plans militaire, économique et diplomatique ce qui permit les luttes pour les indépendances.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans cette étude passionnante, l’auteur explore des sujets variés mais tous intimement liés entre eux : colonisation, décolonisation, néo-colonialisme, immigration, fracture sociale, identité nationale, etc. Les explications sur l’esprit colonial sont vraiment intéressantes. Nous n’approuvons pas toutes les idées personnelles exprimées par Gildea ou certains de ses regards historiques, mais ils ont le grand mérite de soulever de nombreux débats et de poser des questions pertinentes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/blanche-de-castille-une-reine-qui-figure-parmi-les-plus-illustres-femmes-de-pouvoir/13/12/2019/">Blanche de Castille : une reine qui figure parmi les plus illustres femmes de pouvoir</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Paradoxe de l’Histoire, les personnalités réclamant l’indépendance furent formées dans les écoles de la métropole. On peut même légitiment se poser cette question : Mohandas Karamchand Gandhi, sans ses études de droit en Angleterre et la fréquentation de la société britannique, aurait-il eu la carrière politique que tout le monde connaît ? Nous relevons une autre ironie : les intellectuels et les combattants dénonçant l’impérialisme et le colonialisme en ont appelé aux valeurs occidentales d’auto-détermination, de libéralisme, de démocratie pour justifier leurs combats et motiver leur opposition à la domination européenne. Napoléon avait dit : «<em>&nbsp;Il n&rsquo;y a que deux puissances au monde, le sabre et l&rsquo;esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit</em>&nbsp;». Finalement, à l’aune de l’exemple du Père de la Nation indienne et de tant d’autres chefs anti-impérialistes, <em>l’esprit impérial</em> ne finit-il pas par toujours l’emporter ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_3166" aria-describedby="caption-attachment-3166" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-3166 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?resize=640%2C972&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="972" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?resize=674%2C1024&amp;ssl=1 674w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?w=711&amp;ssl=1 711w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-3166" class="wp-caption-text">L&rsquo;Esprit impérial : Passé colonial et politiques du présent &#8211; Robert Gildea &#8211; Éditions Passés composés &#8211; 2020.</figcaption></figure>
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