Racismes et violences policières : «la dissolution de la police de Minneapolis est une manœuvre bassement politique»

Une femme blanche tenant une pancarte marquée «Black Lives Matter» (en français« les vies noires comptent ») dans le centre-ville de Baltimore au États-Unis en 2016. ©John Lucia / Flickr

Alors que les tensions sont encore très vives après la mort de Georges Floyd, la ville de Minneapolis annonce le « démantèlement » de la police municipale. Retour sur les événements qui affolent la sphère médiatique.

 

L’affaire Georges Floyd

Une vie sacrifiée pour un paquet de cigarette et un prétendu faux billet de 20$. Tout le monde a en tête ces images passées en boucle sur les réseaux sociaux et chaines d’informations en continu. Un homme allongé face contre terre sur lequel plusieurs policiers posent leurs genoux, et cette phrase que personne n’oublie « je ne peux pas respirer ». Et de fait, Georges Floyd mourrait quelques heures après.

 

LIRE AUSSI → «L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français

 

La lutte mondiale contre le racisme

Les Etats-Unis et le monde se sont embrasés contre le racisme. La jeunesse s’est mobilisée pour rappeler l’égalité entre tous les hommes et le respect dû à chacun qu’importe sa couleur de peau. Les sportifs ont rendu hommage à Georges Floyd et dénoncé les exactions commises par les forces de l’ordre en posant un genou à terre. Au même moment en France étaient dévoilées des conversations entre policiers faisant l’apologie de la haine raciale, faisant ainsi renaître un cas similaire à celui de Floyd : l’affaire Adama Traoré. Jacques Toubon, défenseur des droits, reconnait dans les contrôles policiers de la capitale une « discrimination systémique » au faciès. Les stars de tous les pays se mobilisent contre le racisme, serait-ce suffisant ?

 

LIRE AUSSI → Affaire Floyd-Traoré : une globalisation des combats


Les violences policières

A l’heure du tout numérique, où tous les citoyens se voient progressivement filmés à leur insu dans l’espace public pour, soi-disant, leur sécurité (au mépris de leurs libertés individuelles); des députés LR demandent que les forces de l’ordre soient rendues non identifiables dans l’espace médiatique avec à la clé pour les contrevenants, une belle peine privative de liberté (1 an de prison et une amende jusqu’à 15 000 euros). Deux poids, deux mesures. Il est davantage facile de condamner les dénonciateurs que les fauteurs.

 

LIRE AUSSI → Donald Trump veut classer les «antifas» comme une «organisation terroriste»

 

La ville de Minneapolis annonce officiellement la dissolution de sa police municipale. La cause ? Selon les élus, elle ne serait « pas réformable ». Vous avez envie d’applaudir et de féliciter la clairvoyance de la ville de Minneapolis. Arrêtez-vous net ! Il ne s’agit pas d’une décision sage mais d’une manœuvre bassement politique. Il aurait été plus simple de sanctionner purement et simplement les fauteurs de trouble et de réformer cette police. Au lieu de cela, Minneapolis va supprimer la police et attendre que la population continue de s’enflammer sur les débats autour du racisme. Plus aucune force de l’ordre n’interviendra. La ville sera dans un tel déclin dans quelques semaines que la population des classes moyennes et de la haute bourgeoisie demandera le retour de la police. Ce sera alors l’occasion de mettre en place une nouvelle police encore plus coercitive, dotée de nouveaux pouvoirs et soutenue par la population… Alors bonne initiative ou manigances politiques ?

Laisser un commentaire

RSS
Share
Instagram