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	<title>Jean Lopez - Billet de France</title>
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	<title>Jean Lopez - Billet de France</title>
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		<title>Les mythes de la Seconde Guerre mondiale décryptées par Jean Lopez et Olivier Wieviorka</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2020 15:58:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Lopez]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Wieviorka]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avons lu ce livre collectif, que nous avons grandement apprécié, commis sous la direction...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-mythes-de-la-seconde-guerre-mondiale-decryptees-par-jean-lopez-et-olivier-wieviorka/17/10/2020/">Les mythes de la Seconde Guerre mondiale décryptées par Jean Lopez et Olivier Wieviorka</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Nous avons lu ce livre collectif, que nous avons grandement apprécié, commis sous la direction de Jean Lopez, fondateur et directeur de la rédaction de <a href="https://www.guerreshistoire.tv/FR/"><em>Guerres &amp; Histoire</em></a> et d’Olivier Wieviorka, membre de l’Institut universitaire de France et professeur à l’ENS Cachan. Cette étude revient sur «&nbsp;<em>les my</em><em>thes de la Seconde Guerre mondiale&nbsp;», </em>mythes qui empêchent la bonne compréhension des événements. A ce sujet, nous lisons dans l’introduction&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Si la Seconde Guerre mondiale est de jour en jour mieux connue, grâce aux recherches que mènent avec ténacité les historiens, bien des mythes ont la vie&nbsp;dure</em>&nbsp;».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La question à se poser est la suivante : pour quelles raisons les mythes perdurent-ils malgré la qualité de la recherche historique ? Lopez et Wieviorka pensent que «&nbsp;<em>la persistance de ces idées convenues, à défaut d’être conformes, témoigne d’une difficulté : les historiens, malgré leur talent, ne sont pas toujours parvenus à faire partager au grand public les fruits de leurs travaux</em>&nbsp;». Espérons que ce gros volume parvienne à casser les idées reçues.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette somme «&nbsp;<em>se divise en deux parties inégales. La première se penche avant tout sur les opérations militaires, et tente de séparer le bon grain (la réalité historique) de l’ivraie (les idées reçues). Reprenant le même schéma, la seconde se veut plus sociale et plus politisée</em>&nbsp;». L’objectif de l’ouvrage est clairement affiché : « <em>Rétablir quelques faits en revenant, au crible de trente-sept chapitres, sur de grands mythes qui, pour être parfois considérés comme vérités d’Evangile, n’en restent pas moins erronés. Sans viser à l’exhaustivité, il espère contribuer à offrir aux lecteurs le fruit des recherches les plus récentes&nbsp;».</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par exemple, nous entendons encore que «&nbsp;<em>l’économie soviétique ne pouvait rivaliser avec le potentiel du Reich</em>&nbsp;». Nous lisons que «<em>&nbsp;les plus récentes recherches invitent à poser un regard lucide sur ces deux systèmes productifs. Elles conforment qu’au rebours d’une image convenue l’Allemagne fut une puissance industrielle relativement faible tandis que l’Union soviétique, à l’inverse, sut développer un impressionnant outil productif à vocation militaire</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De même, il est encore enseigné que «&nbsp;<em>Pearl Harbor a signé une écrasante victoire de l’Empire Nippon sur les Etats-Unis</em>&nbsp;». L’étude factuelle des sources, des documents et des faits &#8211; non teintés d’idéologie &#8211; démontrent aisément le contraire. Une lecture partisane et partielle conduit certains à définir la guerre dans le Pacifique comme un front secondaire, alors qu’en réalité elle ne peut être vue ainsi : «&nbsp;<em>Loin d’être une part annexe d’une Seconde Guerre mondiale qui se serait jouée en Europe, la guerre du Pacifique est donc un conflit longtemps distinct de celle-ci et que l’on pourrait plus exactement appeler</em> guerre pour l’Asie&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le contributeur de ce chapitre ajoute :&nbsp;«&nbsp;<em>La géographie de la guerre du Pacifique, seule, interdit de la considérer comme secondaire, elle implique, directement ou indirectement &#8211; sans compter les Etats-Unis ! &#8211; plus de 40 millions de kilomètres carrés de surface terrestre &#8211; un gros quart des terres émergées -, abritant la moitié de la population mondiale en 1939, et un théâtre d’opération maritime représentant, si l’on y inclut l’océan Indien, près de 250 millions de kilomètres carrés, soit plus que l’ensemble des terres émergées, et près de la moitié de la surface de la Terre</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il est souvent écrit que «&nbsp;<em>la défaite de 1940 était inéluctable</em>&nbsp;». L’historien rappelle malgré tout que, lors de la percée de Sedan, l’armée française ne se présentait pas avec les meilleurs atouts pour gagner : mauvaise doctrine militaire, stratégie déficiente, rivalité entre l’armée de terre et de l’air, l’immobilisme durant la «&nbsp;<em>drôle de guerre</em>&nbsp;». Il précise surtout «&nbsp;<em>qu’il était possible d’éviter de subir une déroute quand la guerre a commencé en septembre 1939. Ainsi les Français ont-ils gaspillé huit mois…</em>&nbsp;»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un autre mythe est dénoncé avec moults arguments «&nbsp;<em>Les Allemands ont failli remporter la bataille d’Angleterre</em>&nbsp;». C’est faux ! La bataille a été perdue et bien perdue, à cause de mauvaises considérations tactiques et stratégiques voulues par la hiérarchie militaire allemande. Des raisons industrielles complètent l’analyse de l’échec : les Allemands se montraient incapables de produire plus ou autant d’avions que leurs adversaires. Voici les chiffres et ils ne souffrent d’aucune contestation possible. En 1940, les Allemands sortent <em>«&nbsp;seulement 1870 avions de chasse monoplaces de leurs usines contre 4823 pour les Britanniques. L’attrition au combat ne peut être comblée de la même manière&nbsp;</em>». Les autres années confirmeront et amplifieront l’écart de production.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce livre permet de comprendre qu’une seule bataille n’est jamais suffisante pour expliquer le déroulement d’une guerre, surtout une fois perçus ici la longueur et la multiplicité des fronts. Il n’existe pas une cause unique pour décrypter un événement mais plusieurs. Il convient de ne pas oublier les enchaînements et les rapports de cause à effet entre les différentes actions, militaires ou politiques.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, plus de 70 ans après les faits, chacun pourra constater que la propagande tourne à plein régime et qu’elle continue de faire des dégâts. Certains pensent vraiment que «&nbsp;<em>les homosexuels d’Europe furent déportés&nbsp;</em>» ou que les FTP &#8211; politiquement communistes &#8211; furent «&nbsp;<em>le fer de lance de la résistance armée</em>&nbsp;». Pour rappel, les cheminots ne constituèrent pas «&nbsp;<em>les fers de lance de la résistance française&nbsp;</em>». La manipulation gaulliste continue de produire des effets désastreux, même en 2020 : non, le cœur de la France libre ne battait pas à Londres et cela est brillamment démontré avec des arguments circonstanciés dans la présente étude. Koufra et Bir Hakeim furent des «&nbsp;<em>mythes fondateurs</em>&nbsp;» exploités par De Gaulle dans le contexte de la Débâcle et de l’Occupation : «&nbsp;<em>Koufra et Bir Hakeim demeurent les deux faits d’armes les plus célèbres des FFL. Ces succès ne sont pourtant ni les premiers, ni les plus importants&nbsp;</em>»…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’Histoire doit être étudiée et comprise loin des idéologies, de l’émotionnel et du sentimentalisme. Napoléon disait à juste titre :&nbsp;« <em>Qu&rsquo;est-ce l&rsquo;histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d&rsquo;accord</em> ? » Chacun tirera, ou non, les conséquences qui s’imposent…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_3861" aria-describedby="caption-attachment-3861" style="width: 400px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-3861" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/Les-mythes-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.jpg?resize=400%2C600&#038;ssl=1" alt="" width="400" height="600" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/Les-mythes-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/Les-mythes-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-3861" class="wp-caption-text">Les mythes de la Seconde Guerre mondiale &#8211; Jean Lopez &amp; Olivier Wieviorka &#8211; 2020 &#8211; Éditions Perrin</figcaption></figure>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Histoire : l’opération Barbarossa par Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2019 17:54:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Lopez]]></category>
		<category><![CDATA[Lasha Otkhmezuri]]></category>
		<category><![CDATA[Opération Barbarossa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/12/2019</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Jean Lopez, directeur de la rédaction de <em><a style="color: #333399;" href="https://guerreshistoire.science-et-vie.com/">Guerres &amp; Histoire</a></em><em>, </em>et Lasha Otkhmezuri, docteur en histoire, ont commis une étude magistrale intitulée « <em>Opération Barbarossa »</em> et sous-titrée « <em>1941, la guerre absolue </em>». Retour sur la plus grande invasion de l’histoire militaire en termes d’effectifs engagés et de pertes cumulées.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nous avons en toute vérité énormément apprécié cette somme de 960 pages qui fourmille d’anecdotes, d’explications et d’analyses des plus éclairantes. Cette campagne peut en effet, de prime abord, sembler difficile à saisir dans son ensemble, car elle cumule les fronts, les attaques, les contre-attaques, les sièges, les retournements de situation les plus exceptionnels et improbables. Elle engloutit les soldats et ravage les terres. Des milliers de chars et d’avions entrent en service pour détruire l’ennemi. L’opération Barbarossa reste à ce jour la plus grande invasion de l’histoire militaire en termes d’effectifs engagés et de pertes cumulées.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/david-colon-la-propagande-est-fille-de-la-democratie/30/12/2019/">David Colon : « La propagande est fille de la démocratie »</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Lancée le 22 juin 1941, un an jour pour jour après la signature de l’armistice avec la République française, l&rsquo;opération Barbarossa fixe à quatre mois le délai nécessaire à l’anéantissement militaire de l’Union Soviétique. Pour l’anecdote, il faut savoir que Napoléon inaugura sa campagne de Russie le 24 juin 1812 avec la réussite que chacun connaît. De fait, les Allemands, conscients malgré tout du potentiel militaire russe à venir, veulent détruire rapidement les forces armées soviétiques, avant que celles-ci ne puissent déployer leurs forces dans toute leur étendue, et en exprimer toutes les dimensions.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès les premières lignes, nous lisons : « <em>la Wehrmacht entame une guerre d’extermination et de colonisation ; l’Armée rouge et la population soviétique se vident de leur sang, prises entre les feux d’un ennemi sans pitié et les assauts de la terreur stalinienne</em> ». Même au plus fort du conflit, Staline et les siens craignent des complots de l’intérieur alors que la majorité de la population russe ne pense qu’à une seule chose : survivre. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ainsi, les commissaires politiques soviétiques emprisonnent de nombreux russes, ce qui renforce leur défiance à l’endroit du régime. Des millions de prisonniers, politiques ou non, tentent de survivre au Goulag, tandis que la police politique &#8211; présente partout &#8211; est haïe. Sous le régime des soviets, la délation demeure une règle de savoir-survivre pour être bien considéré par les autorités.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-temps-des-barbares-une-vertigineuse-odyssee/24/02/2020/">« Guérilla : le temps des barbares » : une vertigineuse odyssée</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme l’expriment très bien les deux auteurs, « <em>l’opération Barbarossa cumule les particularités. A ce titre, elle occupe une place à part dans l’histoire militaire. Jamais, depuis les guerres de religion, un conflit militaire n’a été idéologisé à ce point. Des deux côtés des troupes politiques — SS/SD et NKVD – poursuivent des objectifs propres, dont de nombreux éléments sont néanmoins intériorisés par l’encadrement et la troupe. Les Allemands tentent de présenter leur aventure comme une croisade paneuropéenne, en appelant à eux les armées de l’Axe et contingents venus des pays occupés ; les Soviétiques font donner partout les partis communistes, leur cinquième colonne</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Lopez et Otkhmezuri relèvent également les caractéristiques propres des belligérants : « <em>Les Allemands apportent dans leurs bagages une tradition de violence contre les civils ennemis, l’obsession des francs-tireurs et des partisans, la primauté donnée au combat sur toute autre forme d’engagement militaire. L’Armée rouge est la créature d’un parti politique, dont elle intègre les organes et les méthodes de surveillance et de répression ; elle est indifférente au sang versé par ses soldats ou aux souffrances de ses propres citoyens</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-jour-ou-tout-sembrasa-un-scenario-realiste/11/01/2020/">« Guérilla : le jour où tout s’embrasa » : un scénario réaliste ?</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les nationaux-socialistes et les soviétiques s’appuient d’une même façon sur une vision politique qui se revendique absolue, totale, et seule légitime, juste et même bonne. Les auteurs estiment que « <em>les deux adversaires se nourrissent de mythes puissants &#8211; judéo-bolchevisme et complot capitaliste &#8211; qui marquent les opérations, la diplomatie, les buts de guerre</em> ». Cependant, avant d’en arriver à se combattre jusqu’à la mort, les deux blocs entretiennent des échanges cordiaux, qu’ils soient diplomatiques, politiques et économiques. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les auteurs démontrent avec des arguments et des preuves irréfutables que les deux gouvernements ont cherché à trouver des terrains d’entente. Prenons le temps de mentionner la signature du Pacte germano-soviétique – traité de non-agression entre l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Union soviétique –  qui regroupe un ensemble d&rsquo;accords diplomatiques et militaires signés le 23 août 1939 à Moscou, par les ministres des Affaires étrangères allemand, Joachim von Ribbentrop, et soviétique, Viatcheslav Molotov, en présence de Staline. Jusqu’à la fin de l’année 40, les diplomates allemands et russes discutent pour que les deux « empires » soient alliés.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le même ordre d’idée – et ce n’est malheureusement pas enseigné par oubli volontaire ou par méconnaissance historique –, les soviétiques – dans le cadre des accords commerciaux signés avec les nationaux-socialistes – leur ont livré du pétrole, des céréales et des matières premières. Les chiffres donnent le tournis : 900 000 tonnes de pétrole, 1,6 million de tonnes de céréales et 140 000 tonnes de minerai de manganèse. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Paradoxalement, les Russes ont donc participé à l’effort de guerre contre leur pays. Ces captivantes péripéties sont parfaitement décryptées dans l’ouvrage. Elles permettent de saisir tous les enjeux diplomatiques des années 30, trop souvent réduites dans l’enseignement officiel à un affrontement du bien contre le mal.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/contre-macron-le-livre-de-juan-branco-qui-denonce-le-macronisme/20/04/2020/">«Contre Macron» : le livre de Juan Branco qui dénonce le macronisme</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Toutefois, l’antagonisme pesait trop lourd entre le Reich et l’URSS pour qu’ils n’entrassent pas en conflit tôt ou tard. Lors de la montée des tensions débouchant sur la guerre totale, nous notons que «<em> des deux côtés on se berce d’illusions : de soi-disant fragilité, d’origine raciale, du système soviétique, ou de solidarité attendue des ouvriers sous uniforme allemand ; l’on sous-estime l’adversaire et l’on surestime ses propres forces à un point qui défie tout bon sens militaire ; l’on croit à une guerre courte et peu sanglante pour soi-même ; l’on applique des plans d’opérations ineptes, comme conçus par des dilettantes œuvrant dans un monde de purs concepts ; l’on croit détenir la formule magique de la victoire, qu’on la nomme Blitzkrieg allemande ou pensée opérative soviétique</em> ». </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il existe souvent un monde d’écart entre les discussions dans les bureaux confortables de l’état-major et la réalité du terrain comme l’apprennent à leurs dépens des millions de soldats. Un des nombreux points qui a également retenu notre attention : la volonté des auteurs de détailler les erreurs stratégiques et tactiques commises par les différents acteurs de ce drame.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Lopez et Otkhmezuri rappellent que « <em>le résultat de cette moisson de superlatifs est la création d’un brasier de proportions monstrueuses. Combats, exécutions, famines délibérées tuent en deux cents jours plus de 5 millions d’hommes, femmes et enfants, soldats et civils. Mille morts à chaque heure, nuit et jour. C’est, sur un seul front, le semestre le plus létal de la Seconde Guerre mondiale, et, sans doute, dans toute l’histoire humaine</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/un-russe-nomme-poutine-le-livre-dhelena-perroud-qui-retrace-la-vie-du-president-russe/30/04/2020/">«Un Russe nommé Poutine» : le livre d’Héléna Perroud qui retrace la vie du président russe</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les auteurs usent d’une métaphore pour montrer la réalité de cette guerre : « L<em>’enfer de Dante est une tiède géhenne comparé aux grands mouroirs à ciel ouvert qui s’égrènent le long de la ligne de front, dans Leningrad </em><em>assiégée, dans les 200 camps de prisonniers de guerre soviétiques, dans les villes occupées, ravagées par la faim. </em><em>Le nazisme et son armée donnent la pleine mesure de leur potentiel de destruction, de nature centrifuge : on tue l’autre. Pour survivre à l’assaut, le bolchevisme stalinien radicalise sa violence, de nature paranoïaque et centripète : on tue d’abord parmi les siens. Il utilise les armes avec lesquelles il a édifié une industrie, collectivisé l’agriculture, éliminé des classes sociales entières. Contrairement à ce que certains intellectuels soviétiques ont ressenti pour eux-mêmes, la guerre ne change pas le stalinisme : elle l’exalte</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour rédiger ce passionnant ouvrage les auteurs ont pu s’appuyer sur des authentiques sources d’informations. Ils nous disent que « <em>les matériaux abondent. Archives militaires et diplomatiques, mémoires, journaux d’unités et écrits personnels, rapports, enquêtes, interviews de vétérans menés par nous-mêmes, sont mis à profit, qu’ils aient été écrits en russe, en ukrainien, en allemand, en anglais, en géorgien, en italien ou en espagnol</em> ». </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Lopez et Otkhmezuri prennent le temps de décrypter leurs méthodes de travail. C’est vraiment intéressant de savoir que leurs recherches reposent sur l’étude de nombreux et différents types de documents, de surcroît écrit en plusieurs langues. Ils ajoutent que « <em>les journaux intimes constituent aussi des sources précieuses, notamment pour saisir les mouvements de l’opinion et ce produit phare de la société soviétique : la rumeur</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce livre répond à de nombreuses questions. Nous en reproduisons certaines : « <em>Comment l’Armée rouge, monstre pataud, dominée de la tête et des épaules, détruite deux fois, reconstruite deux fois, a-t-elle pu se sauver d’un désastre qui semblait au monde entier inévitable ? Comment la Wehrmacht a-t-elle pu pousser son effort jusqu’à tomber littéralement en morceaux ? Qui, comme Staline, s’est fait surprendre par une attaque qui se dessinait son nez, jour après jour et pendant des mois, et dont il avait été averti cent fois ? Qui, comme les chefs de la Wehrmacht, s’est refusé à voir que cet adversaire que l’on donnait pour mort allait sortir du tombeau et frapper avec vigueur ?</em> ». Les réponses à ces pertinentes interrogations se trouvent dans cette production intellectuelle d’excellente facture.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il ne faut pas perdre de vue que « <em>l’échec de l’opération Barbarossa a engendré des conséquences considérables et à longue portée. Elle renverse le sablier du conflit et permet d’apercevoir le terme de l’aventure nazie. L’Etat soviétique – suicidaire du fait des dérèglements même du système stalinien – prolonge son existence de quarante ans par sa victoire et le retentissement qu’il sait lui donner </em>». </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Lopez et Otkhmezuri estiment avoir «<em> voulu présenter une vision équilibrée des deux camps &#8211; et de leurs alliés respectifs -, passant du Kremlin à la Redoute du loup, des états-majors des Fronts à ceux des groupes armées, du NKVD aux Einsatzgruppen, des unités en marche aux usines et aux fosses d’exécutions</em> ». Néanmoins, ils précisent que « <em>la vision équilibrée signifie que les adversaires ont droit à une place équivalente, non que nous les renvoyions dos à dos </em>». Ils ajoutent que pour eux «<em> les morts de l’opération Barbarossa sont bien à la charge de l’Allemagne, le pays agresseur </em>».</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/le-nom-de-la-rose-une-quete-intellectuelle-menacee/13/05/2020/">«Le Nom de la rose» : une quête intellectuelle menacée</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette dernière idée exprimée peut quand même surprendre, étant donné que tous les spécialistes de cette période partent du principe, que tôt ou tard, les soviétiques auraient attaqué les nationaux-socialistes. De même, dans un souci de vérité et de justesse historiques, il s’avère effectivement impossible de renvoyer dos à dos deux systèmes politiques dont l’un a duré de 1933 à 1945, soit à peine douze ans, tout en étant limité à l’Allemagne ou à l’Europe centrale, alors que l’autre naquit en 1917 et a fini balayé par un vent de liberté en 1991 – soixante-douze ans de durée de vie –  après avoir essaimé en Chine, Corée, Vietnam, Cambodge, Cuba, Vénézuela, etc. Aujourd’hui encore, certains pays se réfèrent toujours au communisme. Ce constat est quand même très inquiétant au vu du bilan humain de ces différents régimes…</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En définitive, comment est-il possible de comprendre cette terrible tragédie ? Les mots manqueront toujours pour décrire l’horreur de la guerre et la folie des hommes. Pourtant, les deux historiens parviennent, grâce à un labeur de quinze ans, à restituer tous les enjeux de cette campagne militaire sur le sol russe en proposant une véritable enquête remontant aux origines du communisme et du national-socialisme. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ils analysent également la chronologie implacable de 1917 à 1940, quand tout se joue après la défaite de la France. Cette fresque historique retrace d’une manière limpide, nonobstant la masse d’informations à analyser et à comprendre, ce semestre effroyable où l’héroïsme se mêla aux plus viles actions humaines. Le récit se veut clair, pédagogique et véritablement instructif. Le lire permet de comprendre cette opération Barbarossa opposant « <em>les deux systèmes militaires les plus puissants et les deux régimes les plus brutaux</em> » de l’époque…</span></p>
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<p><figure id="attachment_1679" aria-describedby="caption-attachment-1679" style="width: 201px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-1679 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?resize=201%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="201" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?resize=201%2C300&amp;ssl=1 201w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?resize=687%2C1024&amp;ssl=1 687w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?resize=768%2C1145&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?resize=1030%2C1536&amp;ssl=1 1030w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?resize=1024%2C1527&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?w=1341&amp;ssl=1 1341w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/12/81N78izQZjL.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="(max-width: 201px) 100vw, 201px" /><figcaption id="caption-attachment-1679" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;Opération Barbarossa de Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri</span></figcaption></figure></p>
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