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	<title>Sorbonne - Billet de France</title>
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	<title>Sorbonne - Billet de France</title>
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		<title>L’enseignement supérieur, un outil d’influence : l’exemple franco-émirati</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/lenseignement-superieur-un-outil-dinfluence-lexemple-franco-emirati/13/11/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Yves de Cara]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Nov 2023 22:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
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		<category><![CDATA[Sorbonne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 13/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/lenseignement-superieur-un-outil-dinfluence-lexemple-franco-emirati/13/11/2023/">L’enseignement supérieur, un outil d’influence : l’exemple franco-émirati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’enseignement supérieur constitue désormais un marché international. La mobilité des étudiants à travers le monde incite les établissements d’enseignement à attirer des étudiants étrangers, parfois par des formations spécifiques, ou inversement à projeter leurs offres de formation à l’étranger. Dans le second cas le défi est d’une tout autre ampleur. L’Amérique, l’Asie, le Proche Orient sont des régions cibles privilégiées avec des fortunes diverses liées notamment à la langue et à la culture locale. Dans le golfe arabo-persique, l’ouverture de la Sorbonne à Abou Dabi a suscité une curiosité narquoise, des espoirs, des imitations puis une certaine concurrence.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A l’échelon fédéral des Émirats arabes unis (EAU), existaient plusieurs institutions. L’Université des EAU avait été créée sitôt après l’indépendance, en 1976, à Al Ain, couvrant les humanités et sciences sociales, l’éducation, les sciences administratives et politiques, le droit et la Shari’ah, l’agriculture et la santé. Elle a été suivie par les Higher Colleges of Technology en 1988 pour satisfaire des besoins de productivité, d’autonomie et de formation technique, puis par l’université Zayed (1998) et celle d’Al Ain en 2004, de nature pluridisciplinaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A côté de cet embryon d’enseignement supérieur, des établissements privés apparaissent sous l’impulsion d’entreprises, comme l’université Khalifa de sciences et technologie dont la création en 1989 est liée au développement des télécommunications puis à l’industrie pétrolière et à laquelle s’est ajoutée une branche recherche en 2007 (KUSTAR) ; par la suite l’Institut Masdar de recherche et de formation dans le secteur des énergies nouvelles et du développement durable y a été associé. Un décret de 2017 fusionne l’université et les centres de recherches Masdar et l’institut du pétrole.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A l’échelon de chaque émirat, des établissements d’enseignement supérieur sont établis ; ils sont tantôt publics (Ajman, Fujeirah, Dubai, Charjah…), tantôt privés comme l’American University of Sharjah fondée par l’émir Cheikh Sultan bin Mohammed al Qasimi ou l’université Al Ghurair de Dubaï du nom de la famille qui l’a créée en 1999 et qui a fermé ses portes en octobre 2022. Certains établissements sont pluridisciplinaires et proposent des formations générales qui se spécialisent à l’échelon du master, d’autres sont spécifiques et liées à une activité locale (Emirates Aviation university, Emirates Academy of Hospitality à Dubaï, Emirates Institute for Banking and Financial Studies à Charjah). Cette trentaine d’universités nationales traduit la volonté des autorités de conduire le développement du pays et de dégager une élite nationale destinée à se substituer aux étrangers qui participent à l’encadrement du jeune État.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un programme ambitieux</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’ambitieux programme de développement et d’internationalisation de l’enseignement supérieur s’est donc fait jour très tôt aux Émirats. Néanmoins, la place des expatriés était et demeure dominante dans les secteurs de pointe du développement économique, technique, administratif et de l’éducation. Les nationaux représentent moins de 12% d’une population d’environ dix millions d’habitants. Or, il importe encore de former les cadres nationaux appelés à intervenir dans les différents domaines visés par les plans stratégiques de 2030, 2050 ou pour la 4e révolution industrielle (Mohamed bin Zayed university of artificial intelligence), et de créer des centres de recherche.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ce contexte, l’entrée d’universités étrangères sur le marché de l&rsquo;enseignement supérieur aux Émirats est encouragée. Sans doute est-elle soumise à des contraintes administratives notamment d’accréditation du ministère de l’Éducation. Elle doit s’inscrire aussi dans la perspective du développement durable des Émirats tout en assurant l’accès aux humanités, à une formation juridique adaptée et aux techniques avancées de la finance. A cette fin, a été établi The University Leadership Council présenté comme un hub chargé d’identifier les entreprises ou les projets innovants et de coordonner les principaux intéressés avec le monde académique pour renforcer les capacités de la jeunesse nationale (BUNYAN initiative for the capacity building of the youth).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un intérêt stratégique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’arrivée de ces universités étrangères aux Émirats peut servir leurs intérêts financiers, leurs ambitions de développement international (American University in the Emirates 2006, University of Wollongong 1993), ou une stratégie politique. Elles résultent parfois de l’amitié des princes (Université Mohammed V). La création de</span> <a href="https://www.sorbonne.ae/fr/">Paris Sorbonne Abou Dhabi</a> <span style="color: #000000;">en 2006, à l’initiative inspirée du Président Jean-Robert Pitte et sous le patronage du Prince héritier Cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan, a un sens diplomatique ; elle s’inscrit aussi dans la tendance des universités françaises à s’internationaliser. Mais en raison d’une tradition anglo-saxonne plus ancienne dans la région et pour des raisons culturelles et linguistiques, la mission est périlleuse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pour les EAU, il s’agit de la volonté d’offrir aux élites de l’Émirat, de la Fédération et du Golfe, une option entre la formation anglo-saxonne traditionnelle dans cette région, orientée vers la technique, la gestion, les affaires, et une formation française classique, ouvrant la voie à l’esprit critique, à l’éducation des femmes et permettant aux Émirats d’affirmer leur indépendance face aux alliances traditionnelles, tout en se proclamant « un pont entre les civilisations ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour la France, l’ouverture de la seule université francophone du Golfe arabique favorise à terme un rayonnement culturel et politique. Elle complète le projet de construction d’un ensemble de musées dont le Louvre. Elle est étroitement liée aux autres projets dont la Sorbonne est le symbole et son succès dans l’esprit des autorités de l’État hôte, la condition de la poursuite des autres projets : militaire, contrats, investissements, art et culture…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le rapprochement avec la France</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Fondée par un accord de partenariat entre l’Université Paris Sorbonne et l’Émirat d’Abou Dabi, et par une loi de l’Émirat, l’université Paris Sorbonne Abou Dhabi (PSUAD) est un établissement émirati, dont le campus définitif est installé en 2009 sur l’île de Reem. Aussitôt, il est apparu que les programmes ne correspondaient pas à l’attente des Émiratis. Il fallut compléter le projet par une formation juridique et économique confiée en 2007 à la Faculté de droit de l’université Paris Descartes aux termes d’une convention particulière entre les deux universités parisiennes. Cette dernière, au départ simple prestataire de services est devenue le premier département académique de l’université par le nombre d’étudiants. Elle a contribué largement à l’implantation de l’université dans la région, par le succès de ses formations de troisième cycle et en assurant la majeure partie des ressources financières propres de l’établissement, dans des circonstances difficiles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Celles-là tenaient à la situation régionale dominée par les intérêts et la présence enracinée des pays anglo-saxons, aux différences culturelles profondes, à l’absence de tradition linguistique française, à l’engagement incertain du partenaire français, dès 2008 lors de la succession de Jean-Robert Pitte. Dans ces circonstances, la convention a été renouvelée en 2016 mais elle a été amendée de telle sorte que l’établissement n’est plus Paris Sorbonne mais bien la Sorbonne d’Abu Dhabi. A la faveur des évolutions de l’université en France, l’établissement s’est affirmé comme une institution nationale dans sa direction et son administration et elle s’est élargie aux formations scientifiques en mathématiques en physique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Néanmoins, la concurrence a été stimulée. Du côté français, outre quelques tentatives avortées, l’université Paris 2 Panthéon Assas poursuit son programme d’internationalisation en ouvrant, en 2018, une nouvelle antenne de son École internationale de droit, après l’île Maurice et Singapour. Son projet s’attache à répondre aux besoins de la région avec une offre plus sélective, ouverte aux étudiants diplômés en droit, relations internationales et diplomatie. Aux termes d’une convention avec la Dubaï International Financial Centre Authority, elle propose une formation au droit international des affaires au niveau du master sanctionnée par un LLM.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les universités anglo-saxonnes</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">New York University s’est établie sur de toutes autres bases que les universités françaises. Avec efficacité, détermination et unité d’action elle s’est imposée par son sens de l’adaptation, la diversité de ses actions culturelles et sa volonté d’ancrage dans la société locale, n’ouvrant ses premiers cours qu’en 2010, trois ans après son arrivée. Les établissements étrangers se sont multipliés, anglais, américains, australiens, canadiens avec, parfois, des replis obligés telle que Georges Mason University ouverte en 2005, fermant en 2009 mais dont le campus est repris par le Cheikh Saud bin Saqr el Qasimi pour constituer l’American University Ras al Khaima.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le marché est étroit : 295 000 étudiants inscrits avec un taux de défection important, dont 242 000 en licence, 27 420 en master. Les thèses entreprises visent davantage le titre de docteur que l’ébauche d’un travail de recherche à long terme. La connaissance des langues étrangères, notamment du Français est approximative, alors même que les Émirats sont membre associé de l’organisation internationale de la francophonie. Ce fait paradoxal et l’intérêt porté par les cheikhs à la présence d’universités étrangères aux Émirats dénotent combien l’enseignement supérieur participe désormais de la diplomatie culturelle des États.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>L’affaire Mardirossian, symbole de la fin de la liberté d’expression ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/laffaire-mardirossian-symbole-de-la-fin-de-la-liberte-dexpression/02/11/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2020 17:43:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Aram Mardirossian]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage homosexuel]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage pour tous]]></category>
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		<category><![CDATA[Université]]></category>
		<category><![CDATA[Zoophilie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a quelques semaines un professeur de droit s’est fait insulter par un nombre...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Il y a quelques semaines un professeur de droit s’est fait insulter par un nombre impressionnant d’internautes. La cause ? Une opinion controversée touchant aux mœurs et au droit.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le mardi 29 septembre, le professeur d’histoire du droit Aram Mardirossian ne savait pas encore la tournure qu’allait prendre ces propos. Lors d’un cours de droit à l’université Paris I, le professeur a été accusé d’avoir comparé le mariage homosexuel, auquel il s’est dit être « opposé » tout en admettant « que des gens soient pour », à de la zoophilie. Filmée par une étudiante, la scène s’est retrouvée sur la Toile et une vive polémique s’est enclenchée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Maintenant, il va y avoir forcément quelqu’un un jour qui va aller devant un tribunal et qui va dire</em> «&nbsp;<em>Voilà, je suis discriminé&nbsp;! J’ai une jument, je l’adore, je ne peux pas l’épouser, c’est un scandale, c’est une discrimination</em>&nbsp;». <em>Attendez, non je ne rigole pas ! Alors vous me direz monsieur oui,&nbsp; il y a un problème monsieur, la jument elle n’a pas la personnalité juridique. Oui, pour l’instant</em>.&nbsp;»</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true">
<p lang="fr" dir="ltr">Le prof d&#39;histoire du droit Aram Mardirossian utilise sa position à <a href="https://twitter.com/SorbonneParis1?ref_src=twsrc%5Etfw">@SorbonneParis1</a> pour s&#39;opposer au mariage pour tous et agite le spectre de la zoophilie pour se justifier 🤢 <a href="https://twitter.com/VidalFrederique?ref_src=twsrc%5Etfw">@VidalFrederique</a> <a href="https://twitter.com/jmblanquer?ref_src=twsrc%5Etfw">@jmblanquer</a> @FPotier_Dilcrah <a href="https://twitter.com/1ElisaMoreno?ref_src=twsrc%5Etfw">@1ElisaMoreno</a> <a href="https://twitter.com/Defenseurdroits?ref_src=twsrc%5Etfw">@Defenseurdroits</a>   <a href="https://t.co/dv0UcKz7ud">pic.twitter.com/dv0UcKz7ud</a></p>
<p>&mdash; ADFH (@ADFH_asso) <a href="https://twitter.com/ADFH_asso/status/1311284504284327936?ref_src=twsrc%5Etfw">September 30, 2020</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<h3>&nbsp;</h3>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Que signifiaient véritablement les propos incriminés&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans son cours, Aram Mardirossian explique de manière très simple la chose suivante : au nom de la discrimination, des militants homosexuels ont fait part de leur volonté d’avoir le même accès au mariage que les hétérosexuels. Prenant cet argument quasiment unique sur le plan juridique, le professeur Mardirossian utilise un argument classique de la pensée conservatrice, à savoir celui de la pente glissante. Si la discrimination est un argument juridique valable, alors il sera utilisé pour tout et n’importe quoi. Enseignant le droit de la famille, il reprend l’idée de la formation familiale et explique que dans un futur proche, un homme, par le fait même de se sentir discriminé, pourra faire évoluer la loi. Pour le meilleur et pour le pire. Ainsi, il mène sa réflexion vers une idée qui peut sembler folle mais qui se tient sur le plan juridique, à savoir l’apparition de « nouvelles formes familiales » entre humains et équidés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un double&nbsp;</strong></span><span style="color: #000000;">problème</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le problème était simple et se concentre en deux branches :</span></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">d’une part, le cours a été filmé ; acte illégal, violant la liberté d’expression et la propriété intellectuelle du professeur ;</span></li>
<li><span style="color: #000000;">d’autre part, il a été mal interprété, de manière parfois honnête, mais bien souvent malicieuse. Le professeur Mardirossian aurait dit que l’union d’une jument et d’un homme était la même chose que celles de deux hommes du même sexe. La haine se déchaîne : accusation d’homophobie, de transphobie, etc. Une instrumentalisation d’une partie ignorante et sincère de la population par une autre partie intelligente de cette même population, qui utilise la victimisation comme moyen d’expansion de son idéologie.</span></li>
</ul>
<h4>&nbsp;</h4>
<h3><span style="color: #000000;">Qu&rsquo;en retenir ?</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le Professeur Aram Mardirossian s’est exprimé de manière provocatrice sur de nombreux points dans son cours, pour autant ces propos visent à capter l’attention de son public. Quand il nous dit que c’est, d’une manière, dommage que les Vikings se soient calmés au profit d’un peuple scandinave féminisé à l’extrême, il titille plus son auditoire qu’il n’apporte une vérité absolue. Le « c’est peut-être pas plus mal d’ailleurs » montre ainsi son intention de revenir sur des propos plus sérieux. Tout son discours est formé ainsi, mélange d’humour et d’une pensée juridique indéniablement intéressante.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le problème n’est pas l&rsquo;homophobie présumée d’un professeur de droit mais bien la difficulté pour une certaine partie de la population à accepter que l’on puisse penser d’une autre manière que la sienne (un point que le professeur aborde dès le début de son cours, comme une funeste prophétie). Le problème est que le professeur Mardirossian n’accepte pas l’évolution juridique qu’est le mariage homosexuel et qu’il le fait savoir. Le problème est la pensée indépendante du professeur et son humour certain.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant la pensée indépendante est nécessaire à la transmission du savoir. Sans indépendance d’esprit il n’y a pas de réflexion. Le dogme empêche de penser et de raisonner. Il empêche de progresser.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Importance de l&rsquo;humour dans l&rsquo;apprentissage</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant l’humour est une nécessité dans l’apprentissage : l’un de mes professeurs nous avait, par exemple, fait part de l’existence d’une loi sur la chasse dans un pays de <em>Common Law</em>. Les mammifères pouvaient être chassés selon certaines conditions et ce professeur nous indiquait que rien dans la loi n’interdisait de prendre un humain pour un mammifère (même s’il était évident que non). Il cita ainsi une personne politique que nous pourrions donc décider de chasser. Humour noir poussé à l’extrême, pour autant personne ne s’est indigné. Pas de protestation pour apologie de crime ou autres bêtises. L’humour permet de développer l’apprentissage. Cette histoire nous a permis de nous souvenir définitivement que toute loi peut être comprise de manière totalement différente, parfois de manière absurde et pourtant juridique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La liberté de pensée et de rire n’est pas une option, elle est un droit à valeur constitutionnelle. Dans une époque où l’insulte émerge de la pensée dissidente d’un professeur, dans une époque où la mort vient frapper le professeur montrant par les traits de l’humour que la liberté d’expression est nécessaire à la formation d’esprits sains, nous nous devons de dénoncer les apôtres du mutisme et de la déraison, du prêt-à-penser et de la violence qui semblent, en tout cas en ce point, animés du même objectif : la disparition de la concurrence intellectuelle par la violence, fût-elle des mots ou des corps.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A la mémoire du regretté Samuel Paty,</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour la défense du professeur Mardirossian.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><span style="color: #000000;"><strong>Que dit la loi sur la liberté d’expression des enseignants-chercheurs&nbsp;?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">La liberté d’expression des enseignants-chercheurs a notamment valeur constitutionnelle et légale. Elle permet à ces enseignants de transmettre leur savoir sans subir de pressions extérieures et donc d’empêcher l’altération de leur pensée au profit d’une personne, d’un groupe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le Conseil constitutionnel, par une décision du 20 janvier 1984 (n°83-165DC), arrête : Considérant [NDLR : n°19] dès lors que, par leur nature même, les fonctions d&rsquo;enseignement et de recherche non seulement permettent mais demandent, dans l&rsquo;intérêt même du service, que la libre expression et l&rsquo;indépendance des personnels soient garanties par les dispositions qui leur sont applicables ; que l&rsquo;article 57 de la loi fait, dans leur principe, droit à ces exigences en disposant : « Les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs jouissent d&rsquo;une pleine indépendance et d&rsquo;une entière liberté d&rsquo;expression dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions d&rsquo;enseignement et dans leurs activités de recherche, sous les réserves que leur imposent, conformément aux traditions universitaires et aux dispositions de la présente loi, les principes de tolérance et d&rsquo;objectivité ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le Conseil constitutionnel, par une décision du&nbsp; 28 juillet 1993 (n°93-322DC), arrête : « <em>par leur nature, les fonctions d’enseignement et de recherche exigent, dans l’intérêt même du service, que la libre expression et l’indépendance des enseignants-chercheurs soient garanties</em>&nbsp;», puis il précise immédiatement «&nbsp;<em>qu’en ce qui concerne les professeurs, la garantie de l’indépendance résulte en outre d’un principe fondamental reconnu par les lois de la République [NDLR : principe à valeur constitutionnelle]</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’article L952-2 du Code de l’éducation dispose «&nbsp;<em>Les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs jouissent d&rsquo;une pleine indépendance et d&rsquo;une entière liberté d&rsquo;expression dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions d&rsquo;enseignement et de leurs activités de recherche, sous les réserves que leur imposent, conformément aux traditions universitaires et aux dispositions du présent code, les principes de tolérance et d&rsquo;objectivité.</em>&nbsp;»</span></p>
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