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	<title>Afghanistan - Billet de France</title>
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	<title>Afghanistan - Billet de France</title>
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		<title>DOSSIER SPÉCIAL – Afghanistan : les Taliban et le djihad international</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/dossier-special-afghanistan-les-taliban-et-le-djihad-international/25/08/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre de Basquiat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2021 18:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Cole Bunzel]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Djihad]]></category>
		<category><![CDATA[Talibans]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/08/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/dossier-special-afghanistan-les-taliban-et-le-djihad-international/25/08/2021/">DOSSIER SPÉCIAL – Afghanistan : les Taliban et le djihad international</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Afin d’apporter quelques éléments de compréhension au lecteur sur les dynamiques de l’écosystème djihadiste et sur les manières dont celui-ci perçoit l’arrivée au pouvoir des Taliban, Billet de France propose ici une traduction d’un article publié par Cole Bunzel, chercheur à l’université de Stanford, le 23 septembre 2020, sur le blog jihadica.com. Avec pour titre « <em>Réactions des djihadistes à l&rsquo;accord E.U-Taliban et aux pourparlers de paix en Afghanistan</em> », l&rsquo;article analyse les réactions de différentes organisations et théoriciens djihadistes à l’accord initial signé par les Taliban et les Etats-Unis en février 2020, ainsi qu’aux négociations de paix avec le gouvernement afghan lancées en septembre de la même année. Bien que la situation en Afghanistan ait changé depuis, les éléments présentés dans cet article restent d’actualité et apportent un éclairage précis sur la relation entre les Taliban et les grands pôles du monde djihadiste.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Par Cole Bunzel, traduction en français : Pierre de Basquiat</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><em>&nbsp;</em></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 12 septembre 2020, les Taliban et le gouvernement afghan commençaient des négociations au Qatar au sujet du futur politique de l’Afghanistan. Fidèles à l’ « Accord pour l&rsquo;instauration de la paix en Afghanistan », signé par les Etats-Unis et les Taliban le 29 février 2020, les négociations sont censées permettre « <em>un couvre-feu permanent et complet</em> » entre les parties afghanes en guerre, ainsi qu’un « <em>accord pour une future feuille de route politique pour l&rsquo;Afghanistan</em> ». En échange de la participation des Taliban aux négociations et aux garanties de leur part que « <em>le sol afghan ne sera pas utilisé contre la sécurité des Etats-Unis et de leurs alliés</em> », les Etats-Unis acceptent de retirer toutes leurs forces d’Afghanistan dans les quatorze mois suivant l’accord initial.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/afghanistan-la-chute-de-kaboul-et-larrivee-au-pouvoir-des-taliban/16/08/2021/">Afghanistan : la chute de Kaboul et l’arrivée au pouvoir des Taliban</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le monde du djihadisme sunnite, l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban ainsi que les pourparlers de paix associés ont suscité toute une série de réactions, allant de la célébration à la condamnation. Cette divergence de vues reflète le fractionnement du mouvement djihadiste, ou son caractère « tripolaire », divisé entre les trois pôles que sont l&rsquo;État islamique, Al-Qaïda et Hay&rsquo;at Tahrir al-Sham (HTS) en Syrie. Les opinions prudemment optimistes de certains théoriciens du djihad viennent ajouter une autre couche de complexité au tableau.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’État islamique</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;État islamique, rappelons-le, considère les Taliban comme un mouvement qui a abandonné l&rsquo;Islam pour embrasser la cause du nationalisme afghan. Ses médias présentent régulièrement les Taliban comme un groupe nationaliste et polythéiste, théologiquement imparfait, tolérant à l&rsquo;égard des chiites et proche des services secrets pakistanais. La « province de Khorasan » de l&rsquo;État islamique a d&rsquo;ailleurs combattu les Taliban à de nombreuses reprises. Il n&rsquo;est donc pas surprenant que l&rsquo;État islamique ait présenté le récent accord et les négociations comme une preuve supplémentaire de l&rsquo;apostasie des Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une première réponse a été donnée sous la forme d&rsquo;un éditorial paru dans le bulletin d&rsquo;information <em>al-Naba&rsquo;</em> de l&rsquo;État islamique à la mi-mars, dans lequel les Taliban étaient condamnés pour avoir pris les « <em>croisés</em> » (c&rsquo;est-à-dire les Américains) comme leurs « <em>nouveaux alliés</em> ». L&rsquo;éditorial se vantait que, contrairement aux Taliban, l&rsquo;État islamique ne cesserait d&rsquo;attaquer les Américains en Afghanistan, citant une récente attaque de l&rsquo;État islamique contre la base aérienne de Bagram. Selon lui, il s’agissait d&rsquo;un message informant les croisés que la guerre de l&rsquo;État islamique contre eux se poursuivra, malgré l&rsquo;accord de paix avec les Taliban « <em>apostats</em> », qui continueront également à être pris pour cible.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/bons-ou-mauvais-citoyens-quand-le-credit-social-chinois-simplante-en-europe/02/06/2022/">Bons ou mauvais citoyens : quand le crédit social chinois s’implante en Europe</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un discours prononcé deux mois plus tard, en mai 2020, le porte-parole officiel de l&rsquo;État islamique, Abu Hamza al-Qurashi, a commenté plus en détail l&rsquo;accord américano-taliban, dénonçant une conspiration entre les deux parties pour détruire l&rsquo;État islamique en Afghanistan. « <em>L&rsquo;accord concernant le retrait de l&rsquo;armée américaine d&rsquo;Afghanistan est la couverture d’une alliance permanente entre la milice apostate des Taliban et les croisés pour combattre l&rsquo;État islamique, ainsi qu’une base pour établir un gouvernement national qui rassemble les Taliban apostats, les Rejetants polythéistes [c&rsquo;est-à-dire les chiites] et d&rsquo;autres sectes apostates et incroyantes</em>. » a-t-il déclaré. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Selon lui, l&rsquo;accord devrait être compris à la lumière d&rsquo;une prétendue alliance préexistante entre les États-Unis et les Taliban pour éradiquer le « <em>califat</em> » en Afghanistan. Ce que les Taliban rechercheraient, c&rsquo;est un « <em>gouvernement national</em> » auquel ils pourraient participer. L&rsquo;État islamique, cependant, s&rsquo;opposerait à tout cela, résolu à combattre « <em>les croisés et les apostats</em> » jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un véritable régime islamique soit établi dans tout le pays.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Al-Qaïda</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Al-Qaïda a dépeint l&rsquo;accord sous un jour totalement différent. Le 12 mars, la « direction générale » du groupe a publié une déclaration qualifiant l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban de « <em>grande victoire historique</em> » pour ces derniers, en mettant l&rsquo;accent sur le retrait prévu de toutes les forces américaines d&rsquo;Afghanistan. Selon la déclaration, en restant inébranlables et fidèles à leur foi, les Taliban ont vaincu et fait tomber un ennemi de taille et de force bien supérieure, ce qui est une leçon à retenir pour tous les djihadistes qui luttent contre l&rsquo;oppression et l&rsquo;occupation.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette déclaration ne mentionnait toutefois pas l&rsquo;engagement des Taliban à l&rsquo;égard d&rsquo;al-Qaïda [<em>ndlr : contre la présence du groupe djihadiste en Afghanistan</em>] ni les négociations prévues avec le gouvernement afghan. Al-Qaïda a réagi comme si tout cela n&rsquo;avait pas d&rsquo;importance. Comme par le passé, l&rsquo;organisation a présenté les Taliban comme initiateurs du futur califat, c&rsquo;est-à-dire comme « <em>le noyau de l&rsquo;État islamique qui régnera par la loi pure de Dieu </em>».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis 2014, al-Qaïda a présenté à plusieurs reprises l&rsquo;Émirat islamique d&rsquo;Afghanistan – le nom officiel des Taliban – comme la base du califat annoncé et le chef des Taliban comme le calife en devenir. En juillet 2014, par exemple, l&rsquo;organisation a publié un bulletin d&rsquo;information renouvelant la <em>bay&rsquo;a </em>(c&rsquo;est-à-dire le serment d&rsquo;allégeance) au mollah Omar [<em>ndlr : le chef des Taliban à cette époque</em>], affirmant « <em>qu&rsquo;al-Qaïda ainsi que toutes ses antennes sont des soldats de son armée agissant sous sa bannière victorieuse</em> ». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quelques mois plus tard, lors de la création d&rsquo;al-Qaïda dans le sous-continent islamique, son chef a souligné qu&rsquo;il avait remis la <em>bay&rsquo;a </em>à la fois à al-Zawahiri [<em>ndlr : chef de al-Qaïda</em>] et au mollah Omar. L&rsquo;année suivante, lorsqu&rsquo;on a découvert que le mollah Omar était en fait mort depuis 2013, al-Zawahiri a publié un message audio donnant la <em>bay&rsquo;a </em>à son successeur, le mollah Akhtar Muhammad Mansur. L&rsquo;exercice a été répété pour le chef taliban suivant, Haybat Allah Akhundzadah, après que le mollah Akhtar ait été tué dans une frappe aérienne, au cours de l’année 2016.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/france-kazakhstan-un-partenariat-strategique-entache-par-une-polemique/28/10/2022/">France – Kazakhstan : un partenariat stratégique entaché par une polémique</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans ces deux déclarations, al-Zawahiri a indiqué que toute personne qui donne la <em>bay&rsquo;a </em>au chef d&rsquo;al-Qaïda la donne en fait au chef des Taliban, et que cette dernière doit être comprise comme la <em>bay&rsquo;a al-&lsquo;uzma</em>, ou la « <em>bay&rsquo;a suprême</em> », c&rsquo;est-à-dire le type de <em>bay&rsquo;a </em>que l&rsquo;on donne à un calife <em>[ndlr : le chef de l’oumma, la communauté de tous les musulmans</em>]<em>.</em> En 2017, lorsqu’a été créé l&rsquo;un des groupes subsidiaires d&rsquo;al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Jama&rsquo;at Nusrat al-Islam al-Muslimin, son chef a prononcé trois <em>bay&rsquo;as </em>&#8211; une pour le chef d&rsquo;AQMI, une pour al-Zawahiri et une pour Akhundzadah. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans ses discours, al-Zawahiri a continué à insister sur la <em>bay&rsquo;a </em>d&rsquo;al-Qaïda à Akhundzadah. Cette question a même joué un rôle dans le débat entre al-Qaïda et HTS, l&rsquo;ancienne branche d&rsquo;al-Qaïda en Syrie, concernant la décision de cette dernière de quitter al-Qaïda. Dans un discours prononcé en novembre 2017, al-Zawahiri a condamné la démarche de HTS, en disant : « <em>Ô frères. Par la grâce et la faveur de Dieu, vous appartenez à une union plus grande que celle que vous connaissez. Vous êtes dans le groupe Qa&rsquo;idat al-Jihad qui s&rsquo;est engagé dans la bay&rsquo;a envers l&rsquo;Émirat islamique dans une confédération djihadiste expansive. </em>» Un argument qui n&rsquo;a cependant pas suffi à convaincre. Dans une réponse, le représentant de HTS a rejeté l&rsquo;idée que le groupe syrien ait été un jour loyal envers les Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme le montre tout ceci, pour al-Qaïda, sa relation avec les Taliban est d&rsquo;une importance capitale. Selon l&rsquo;image qu&rsquo;elle se donne d&rsquo;elle-même, al-Qaïda ne serait guère plus qu&rsquo;une unité militaire mondiale au service d&rsquo;Akhundzadah <em>[ndlr : l’actuel chef des Taliban</em>]<em>,</em> qu&rsquo;elle considère comme son quasi-calife. Ce serait donc un coup très dur pour al-Qaïda, en termes matériels et de propagande, si les Taliban devaient couper tous leurs liens avec lui. Ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;exige le texte de l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban, mais il s&rsquo;en rapproche. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;accord stipule que les Taliban « <em>empêcheront tout groupe ou individu en Afghanistan de menacer la sécurité des États-Unis et de leurs alliés, les empêcheront de recruter, de former et de collecter des fonds et ne les accueilleront pas conformément aux engagements pris dans le cadre de cet accord. </em>» Cependant, menacer les États-Unis et leurs alliés est la raison d&rsquo;être d&rsquo;al-Qaïda, et les Taliban sont censés être leurs « <em>hôtes suprêmes</em> ». Si les Taliban devaient honorer cet engagement – et ils ont dit à plusieurs reprises qu&rsquo;ils le feront – ce serait embarrassant pour al-Qaïda.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Hay’at Tahrir al-Sham</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 13 septembre, le chef du comité de la <em>charia </em>de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), Abu &lsquo;Abdallah al-Shami (alias &lsquo;Abd al-Rahim &lsquo;Atun), a publié une déclaration félicitant les Taliban pour le début des négociations avec le gouvernement afghan. « <em>Cette grande victoire que les musulmans d&rsquo;Afghanistan ont remportée</em> <em>nous réjouit comme elle réjouit tout musulman libre et passionné. </em>» lit-on dans la déclaration. La clé du succès des Taliban, selon al-Shami, outre leur extraordinaire persévérance à résister aux occupants américains, a été leur capacité à traduire les succès militaires en gains politiques, en maintenant un front uni. Ces propos d&rsquo;al-Shami laissent entendre que la stratégie des Taliban est un modèle pour HTS. Récemment, les factions djihadistes les plus dures de Syrie ont reproché à HTS de chercher à obtenir le monopole de la violence sur le territoire qu&rsquo;il contrôle. Une telle approche, semble dire al-Shami, est justifiée par l&rsquo;expérience des Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">D&rsquo;autres voix au sein de HTS ont fait des commentaires similaires, certains d&rsquo;entre eux présentant encore plus explicitement les Taliban comme un modèle à suivre pour leur organisation. Le 14 septembre, un autre responsable de la <em>charia </em>au sein de HTS, Muzhir al-Ways, a déclaré que « <em>l&rsquo;exemple des Taliban</em> » est « <em>une source d&rsquo;inspiration pour tous</em> », ces derniers étant « <em>un modèle de djihad et d&rsquo;activité politique, un modèle de méthodologie, d&rsquo;approche et de respect des connaissances religieuses et de la jurisprudence </em>». Bien que « <em>chaque théâtre ait ses particularités</em> », a-t-il ajouté, « <em>et qu&rsquo;aucun exemple ne doive être imité dans son intégralité, le cas des Taliban offre des leçons dignes d&rsquo;intérêt</em> ».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les partisans d&rsquo;al-Qaïda n&rsquo;ont pas tardé à répondre que HTS et les Taliban n&rsquo;avaient en réalité rien en commun. « <em>L&rsquo;assimilation des Taliban à [HTS] n&rsquo;est absolument pas valable</em> », a écrit Jallad al-Murji&rsquo;a sur Telegram. Dans un autre message, il étaye son affirmation en citant l&rsquo;exemple de la coopération de HTS avec « <em>l&rsquo;armée turque laïque […] qui a participé à la guerre contre les musulmans en Afghanistan sous la bannière de l&rsquo;Amérique et de l&rsquo;alliance croisée de l&rsquo;OTAN</em> ». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre partisan d&rsquo;al-Qaïda souligne que HTS, dans sa coopération avec la Turquie et la Russie, a été victime du « <em>jeu de la politique internationale. Ce qui est tout à fait contraire à l&rsquo;expérience réussie des Taliban</em> ». « <em>Ne vous laissez pas tromper par ce que vous avez fait et ne vous enorgueillissez pas de vos victoires, dont nous n&rsquo;avons vu que destruction et dévastation</em> » écrit-il. « <em>Comme est grande la différence entre s&rsquo;humilier devant les infidèles et humilier les infidèles.</em> » écrit un autre.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En réponse à ces commentaires, al-Ifriqi al-Muhajir, un partisan de HTS, s&rsquo;est insurgé contre ceux qui qualifient la politique des Taliban comme étant celle d&rsquo;un djihadisme sans compromis. Selon lui, «<em> il y a des éléments de la politique des Taliban que ces voix n&rsquo;ont pas compris, les Taliban n&rsquo;étant même pas francs quant à leur relation avec Al-Qaïda</em> ». Il a cité un extrait d&rsquo;une lettre de l&rsquo;idéologue d&rsquo;al-Qaïda &lsquo;Atiyyat Allah al-Libi (mort en 2011), qui a écrit la chose suivante sur la nature des relations des Taliban avec al-Qaïda : « <em>Bien sûr, la politique des Taliban est d&rsquo;éviter d&rsquo;être vus avec nous ou de révéler toute coopération ou tout accord entre eux et nous. C&rsquo;est dans le but d&rsquo;éviter toute pression internationale et régionale et par égard pour la dynamique régionale. Nous nous en remettons à eux à cet égard.</em> »</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Réactions des théoriciens</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les principaux érudits du mouvement djihadiste, dont les Palestiniens-Jordaniens Abu Muhammad al-Maqdisi et Abu Qatada al-Filastini, ont exprimé à la fois des louanges et des inquiétudes quant aux récentes réalisations des Taliban. Bien que profondément divisés sur la question de HTS – auquel Abu Qatada est globalement favorable, al-Maqdisi farouchement opposé – les points de vue des deux hommes sur le présent sujet ne sont pas si éloignés.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/en-thailande-lancien-premier-ministre-thaksin-shinawatra-remonte-sur-le-ring/17/07/2025/">En Thaïlande, l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra remonte sur le ring</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En février dernier, Abu Qatada a félicité les Taliban pour avoir signé l&rsquo;accord avec les États-Unis. Dans une déclaration sur Telegram, il a écrit que « <em>la situation afghane</em> [est] <em>un modèle important</em> » et qu&rsquo;elle « <em>mérite d&rsquo;être étudiée</em> ». Tout en rejetant l&rsquo;idée que chaque groupe djihadiste devrait suivre la voie des Taliban « <em>étape par étape</em> », il a souligné plusieurs aspects « <em>admirables</em> » de l&rsquo;approche des Taliban. Parmi lesquels figure l&rsquo;engagement des Taliban à « <em>tenir un cap</em> » sur le champ de bataille, leur lien étroit avec la société dans laquelle ils évoluent et le fait qu&rsquo;ils soient un mouvement érudit. Le 13 septembre, Abu Qatada a poursuivi cette idée dans une autre déclaration, saluant le succès des Taliban après qu’ils aient obtenu la libération de milliers de prisonniers. « <em>C&rsquo;est une victoire djihadiste comme on n&rsquo;en a jamais vu dans notre histoire moderne</em> », a-t-il écrit.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Toutefois, en ce qui concerne les négociations entre les Taliban et le gouvernement afghan, il était beaucoup moins enthousiaste. « <em>Le fait que les Taliban acceptent de s&rsquo;asseoir avec le gouvernement</em> [afghan] <em>est une victoire américaine</em> », écrit-il dans le commentaire du 13 septembre. « <em>Il faut le reconnaître</em> ». Pour Abu Qatada, il s&rsquo;agit d&rsquo;une évolution potentiellement inquiétante, car toute concession au gouvernement afghan à partir de maintenant priverait les Taliban de leur statut d&rsquo; « é<em>mirat légitime pour l&rsquo;Afghanistan</em> ». Le pire résultat possible, selon lui, serait que les Taliban concluent un accord de partage du pouvoir. Il a toutefois jugé cette possibilité lointaine, espérant que les négociations ne se poursuivraient que comme une « <em>tactique</em> » pour obtenir le retrait américain.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Al-Maqdisi s&rsquo;est également félicité de l&rsquo;accord initial des Taliban avec les États-Unis. Fin février, il a écrit que seule la « <em>volonté de combattre</em> » des Taliban avait contraint les États-Unis à négocier avec eux, et que c&rsquo;était une « <em>leçon claire</em> » pour les djihadistes. Selon lui, cela montre que « <em>la solution n&rsquo;est pas dans la démocratie et les urnes ! Elle est plutôt dans le djihad et les caisses de munitions</em> ».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le lendemain, le 1er mars, al-Maqdisi a publié une « lettre ouverte aux Taliban », plus critique et plus prudente. Dans cette lettre, il s&rsquo;oppose à la nature illimitée de l&rsquo;accord conclu par les Taliban avec les États-Unis, y compris la clause concernant al-Qaïda, en faisant valoir qu&rsquo;un pacte de non-agression avec des infidèles ne devrait pas durer plus de dix ans, conformément à la tradition prophétique. Il ne s&rsquo;agit, selon lui, que d&rsquo;une « <em>transgression jurisprudentielle</em> ». Les Taliban ont certainement le droit de restreindre al-Qaïda, a-t-il ajouté, d&rsquo;autant plus que le mollah Omar n&rsquo;a jamais donné sa bénédiction aux attentats du 11 septembre. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais si l&rsquo;« accord de paix » avec les États-Unis devait conduire à l&rsquo;abrogation du djihad, cela dénoterait un problème plus profond, plus théologique, concernant les Taliban. Al-Maqdisi reproche également aux Taliban d&rsquo;avoir remercié le Qatar, le Pakistan et la Chine, entre autres, dans une déclaration publiée par leur chef lors de la signature de l&rsquo;accord. « <em>De telles expressions de gratitude envers des États dont les dirigeants sont en guerre contre l&rsquo;Islam laissent planer le doute sur d&rsquo;éventuels changements dans la méthodologie</em> [<em>ndlr : religieuse</em>] <em>des Taliban</em> » écrit-il.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/hydrocarbures-en-azerbaidjan-les-enjeux-energetiques-occidentaux-et-eurasiatiques/20/03/2024/">Hydrocarbures en Azerbaïdjan : les enjeux énergétiques occidentaux et eurasiatiques</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Selon lui, la clause de l&rsquo;accord qui stipule que les États-Unis et les Taliban « <em>cherchent à établir des relations positives entre eux et s&rsquo;attendent à ce que les relations entre les États-Unis et le nouveau gouvernement islamique afghan après la réinstallation</em> […] <em>soient positives</em> » est particulièrement troublante. « <em>Peut-être que tout cela n&rsquo;est rien de plus que des manœuvres et des étapes politiques pour atteindre des intérêts importants.</em> » spécule-t-il. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais comme Abu Qatada, il s&rsquo;inquiète de ce qui se passera une fois que les Taliban et le « <em>gouvernement afghan client</em> » se seront assis pour négocier. Plus récemment, après le début des négociations en septembre, al-Maqdisi a réitéré ses inquiétudes. « <em>Ce qui m&rsquo;inquiète ce n&rsquo;est pas le fait de s&rsquo;asseoir [à la table des négociations] en soi, mais plutôt les résultats de cette assise !</em> » a-t-il écrit sur Telegram le 12 septembre. Il attend cependant que les résultats soient clairs et documentés pour porter un jugement.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre spécialiste du djihad, l&rsquo;Égyptien Hani al-Siba&rsquo;i, installé à Londres et proche d&rsquo;al-Maqdisi sur le plan idéologique, s&rsquo;est montré un peu plus optimiste dans sa réaction aux récentes actions des Taliban. Il a également apporté un point de vue légèrement différent sur l&rsquo;engagement des Taliban concernant al-Qaïda. Dans une prêche prononcée en mars, al-Siba&rsquo;i a souligné que « <em>les Taliban, et c&rsquo;est tout à leur honneur, ne se sont pas dissociés d&rsquo;al-Qaïda et ne les ont pas livrés</em> [aux Américains] ». L&rsquo;engagement des Taliban dans l&rsquo;accord ne serait en réalité pas nouveau, puisque les Taliban interdisaient déjà à al-Qaïda de lancer des attaques contre les Etats-Unis depuis le sol afghan.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un sermon plus récent, à la mi-septembre, al-Siba&rsquo;i a ajouté quelques commentaires sur la question de la <em>bay&rsquo;a </em>d&rsquo;al-Qaïda au chef des Taliban. « <em>La bay&rsquo;a est conditionnelle</em> » a-t-il expliqué. Lorsque al-Zawahiri a donné la <em>bay&rsquo;a </em>à Akhundzadah, il a stipulé certaines conditions, notamment que les Taliban adhèrent à la charia. Par conséquent, si les Taliban devaient s&rsquo;écarter de leur voie actuelle, al-Qaïda serait en droit de retirer la <em>bay&rsquo;a</em>. Pour al-Siba&rsquo;i, cependant, il s&rsquo;agissait du pire des scénarios, et d&rsquo;un scénario lointain. « <em>Attendons et voyons ce qui se passe. Car pour l&rsquo;instant, les Taliban n&rsquo;ont rien concédé</em> » a-t-il suggéré.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une absence de consensus, un avenir incertain</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Si une chose est claire dans cet assortiment de points de vue concernant l&rsquo;accord des Taliban avec les États-Unis et leurs négociations avec le gouvernement afghan, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a guère de consensus dans le monde djihadiste sur la nature réelle des Taliban. Pour l&rsquo;État islamique, les Taliban sont un mouvement impie prêt à renoncer au djihad et à partager le pouvoir avec le gouvernement afghan. Pour al-Qaïda, c&rsquo;est le futur califat islamique. Et pour HTS, c&rsquo;est un modèle de <em>realpolitik </em>djihadiste. Pour leur part, les théoriciens, qui se méfient de l&rsquo;issue des négociations, témoignent d&rsquo;une profonde incertitude quant à l&rsquo;avenir des Taliban. Leur pire crainte est que les Taliban fassent la paix avec le gouvernement afghan et perdent leur caractère d&rsquo;« émirat islamique d&rsquo;Afghanistan ». Leur plus grand espoir est que les négociations s&rsquo;avèrent être une ruse pour gagner du temps. Ils ne sont toutefois pas optimistes au point de considérer ce résultat comme acquis.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong><a href="https://www.jihadica.com/jihadi-reactions-to-the-u-s-taliban-deal-and-afghan-peace-talks/">Article accessible ici</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Afghanistan : la chute de Kaboul et l’arrivée au pouvoir des Taliban</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/afghanistan-la-chute-de-kaboul-et-larrivee-au-pouvoir-des-taliban/16/08/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre de Basquiat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Aug 2021 09:35:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Islamistes]]></category>
		<category><![CDATA[Kaboul]]></category>
		<category><![CDATA[Taliban]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/08/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/afghanistan-la-chute-de-kaboul-et-larrivee-au-pouvoir-des-taliban/16/08/2021/">Afghanistan : la chute de Kaboul et l’arrivée au pouvoir des Taliban</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>En quelques semaines, les Taliban ont repris le contrôle de la plupart des provinces afghanes. Depuis dimanche, le mouvement islamique est entré dans Kaboul, la capitale, et menace l’aéroport international dans lequel se trouvent encore des centaines d’occidentaux (dont quelques dizaines de français) et plusieurs milliers d’Afghans qui souhaitent fuir le territoire par les airs.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dimanche 15 août, les informations en provenance d&rsquo;Afghanistan semblaient indiquer que le retour des Talibans au pouvoir était imminent. Depuis le départ des principales forces américaines qui s&rsquo;est conclu en mai 2021, le mouvement islamiste engrangeait les victoires stratégiques, jusqu’à conquérir, dimanche 15 août 2021, la dernière capitale régionale d’Afghanistan. Seule la capitale nationale, Kaboul, leur échappait encore mais, au vu des efforts déployés par les pays occidentaux pour terminer l&rsquo;évacuation de leurs ressortissants le plus rapidement possible, sa chute ne pouvait être plus qu&rsquo;une question d&rsquo;heures.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une offensive de quelques semaines</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L&rsquo;offensive éclair des Taliban sur tout le territoire afghan, au cours ces deux dernière semaines, leur a permis de prendre le contrôle de la totalité des postes frontières du pays, ainsi que des infrastructures aériennes nationales. Seul Kaboul, la capitale était encore contrôlée par les autorités gouvernementales. Mais dimanche soir, le palais présidentiel est tombé aux mains des combattants islamistes et ce lundi matin, Kaboul s’est réveillé quadrillé par des patrouilles de Taliban. Pour le moment, seul l&rsquo;aéroport de la ville échappe encore aux insurgés, sécurisé par au moins 5 000 soldats américains, d&rsquo;après les annonces de Washington, ainsi que par plusieurs centaines de soldats anglais et allemands. L&rsquo;enjeu pour les pays occidentaux étant de garder le contrôle de cette ultime tête de pont afin de permettre l&rsquo;évacuation des milliers de personnes piégées à Kaboul (ressortissants étrangers, personnel local des ambassades occidentales et citoyens afghans dont les demandes de visas ont été acceptées dans l&rsquo;urgence).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La rapidité de l&rsquo;offensive des Taliban sur Kaboul, permise par le délitement de l&rsquo;armée afghane, a surpris jusqu&rsquo;à l&rsquo;administration américaine qui ne prévoyait pas, il y a encore quelques jours, une chute de la capitale avant plusieurs mois. Preuve de l&rsquo;effet de surprise causé par cette offensive, le président américain, Joe Biden, a signé samedi soir un communiqué menaçant les Taliban de représailles s&rsquo;ils venaient à menacer voire attaquer des membres de l&rsquo;administration américaine qui n&rsquo;auraient pas le temps de quitter le territoire afghan avant l&rsquo;arrivée des insurgés dans la capitale. A l&rsquo;inverse, alors que des frappes aériennes semblent avoir été menées par l&rsquo;armée américaine ces derniers jours contre les combattants islamistes, les Etats-Unis auraient donné l&rsquo;assurance aux Taliban que l&rsquo;aéroport de Kaboul ne servirait pas à lancer de nouveaux bombardements.</span></p>
<div class="l60d2q6s d1544ag0 sj5x9vvc tw6a2znq l9j0dhe7 ni8dbmo4 stjgntxs e72ty7fz qlfml3jp inkptoze qmr60zad jm1wdb64 qv66sw1b ljqsnud1 odn2s2vf tkr6xdv7" role="none">
<div class="rq0escxv l9j0dhe7 du4w35lb __fb-dark-mode" role="none">
<p class="pbevjfx6 n3t5jt4f" dir="auto" role="none"><span style="color: #000000;">La question qui se posait dimanche était de savoir si les Taliban allaient attendre la fin de l’évacuation des ressortissants étrangers pour prendre le contrôle de la capitale. D’un côté, une temporisation par les Taliban de leur offensive sur Kaboul aurait amoindri les possibilités d’un face à face avec des unités occidentales qui aurait pu dégénérer rapidement. Mais, à l’inverse, après plus de vingt ans de guerre contre les Etats-Unis et leurs alliés, une entrée fracassante dans Kaboul aurait représenté une victoire majeure pour eux et un signal extrêmement fort envoyé au monde entier. Un report de l’offensive aurait aussi permis aux Taliban de mener une transition du pouvoir mieux organisée, à l’image de celles qui ont déjà eu lieu récemment, dans les capitales régionales qui se sont rendues sans résistance.</span></p>
</div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La prise de Kaboul</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Alors que dimanche matin, seuls quelques combattants Taliban circulaient calmement dans les quartiers périphériques de la capitale, des membres de la police de Kaboul avait déjà commencé à remettre leurs armes au mouvement islamiste ou à abandonner leurs uniformes. Les porte-paroles des Taliban avaient de leur côté indiqué qu&rsquo;ils ne prendraient pas tout de suite le contrôle de la capitale et qu&rsquo;ils garantiraient la sécurité des corps diplomatiques et des travailleurs humanitaires. Hors incident imprévu, ils ne devaient donc investir la capitale qu&rsquo;une fois les évacuations terminées. Cependant, le mouvement islamiste a pris encore une fois de court les Etats occidentaux et le gouvernement afghan, en investissant le palais présidentiel et prenant le contrôle des chaînes de télévision de la capitale, dimanche soir, une fois que l’exil de l’ancien président afghan, Ashraf Ghani, ait été rendu public.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La plupart des pays membres de l&rsquo;OTAN ont déjà clôt leurs représentations diplomatiques et leur personnel diplomatique a été évacué par l’aéroport, ou patiente encore avant d’embarquer dans des avions affrétés pour l’occasion. D&rsquo;après certaines sources locales, les Etats-Unis ont lancé des négociations intenses avec les Taliban, dimanche, pour obtenir que la route faisant la jonction entre leur ambassade et l&rsquo;aéroport reste libre, afin de permettre une évacuation sécurisée de leur personnel, en vain.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si au début de l’évacuation, des avions militaires et civils pouvaient encore décoller de l’aéroport, les Etats-Unis ont interdit dimanche, dans l’après-midi, le décollage des avions civils, bloquant sur place des centaines de voyageurs qui avaient réservé leur siège. Dans un même temps, un début d’incendie de l’aéroport international était signalé, ainsi que des tirs d’armes légères sur les avions au décollage. D’après les témoignages sur place, des rumeurs faisant état de places d’avions disponibles sans visas ont aussi provoqué un afflux de milliers de citoyens afghans espérant échapper aux Taliban. Cette vague humaine sur le tarmac de l’aéroport s’est heurtée aux forces américaines, qui ont tiré en l’air pour disperser la foule. Pour le moment, le bilan de ces mouvements de foule serait de trois morts, sans certitudes encore sur leur origine.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Selon les informations du Ministère de l&rsquo;Europe et des Affaires étrangères, l’ambassadeur de France en Afghanistan a été évacué dans la nuit. Quelques dizaines de Français encore sur place devraient être évacuées dans les heures qui viennent par l&rsquo;armée française. Illustrant la confusion sur place, des vidéos montrent l’ambassadeur du Royaume-Uni, encore dans l’aéroport, en train de tamponner des demandes de réfugiés politiques, afin qu’ils puissent être évacués eux-aussi d’Afghanistan. A l’inverse, la Russie a annoncé maintenir sa représentation diplomatique en Afghanistan et une rencontre officielle entre l’ambassadeur russe et des représentants Taliban est prévu ce lundi. La Chine devrait elle-aussi maintenir sa présence diplomatique sur place et il est probable qu’elle ait reçu, comme la Russie, des garanties sur la sécurité de son corps diplomatique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un désastre diplomatique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Déjà, aux Etats-Unis, des voix s&rsquo;élèvent pour demander aux uns et aux autres des comptes pour ce retrait désastreux d’Afghanistan. L&rsquo;ancien président Donald Trump a ainsi accusé jeudi dernier son successeur de ne pas avoir respecté les étapes prévues du retrait américain et d&rsquo;être ainsi responsable du délitement de l&rsquo;État afghan face aux Taliban. Dans son communiqué publié samedi soir, Joe Biden a réfuté ces accusations en affirmant que la guerre la plus longue de l&rsquo;histoire des Etats-Unis avait atteint ses objectifs (Oussama Ben Laden ayant été tué et al-Qaïda affaibli) et qu&rsquo;une intervention illimitée de forces américaines dans le cadre d&rsquo;une guerre civile lui semblait inacceptable alors même qu&rsquo;elle ne permettrait pas, in fine, de modifier le rapport de force entre les belligérants.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien que les Taliban aient pris le contrôle du palais présidentiel, ainsi que de tous les autres lieux d’exercice du pouvoir, ils n’ont pas encore proclamé la restauration de l’Emirat islamique d’Afghanistan, qui s’était achevé en 2001 avec l’intervention américaine. Pour l’instant, les évacuations se poursuivent dans l’aéroport international de Kaboul, toujours sous contrôle américain, alors que la confusion semble s’aggraver avec l’arrivée de milliers de citoyens afghans qui espèrent pouvoir fuir leur pays. La situation sur place étant imprévisible, les autorités américaines recommandent maintenant à leurs ressortissants de ne plus essayer de rejoindre l’aéroport. Pourtant, des centaines d’européens et américains (dont beaucoup de journalistes) sont encore bloqués à Kaboul. Les prochaines heures vont donc être cruciales, tant d’un point de vue politique qu’humain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>La guerre russo-afghane : un Viêt-Nam soviétique aux conséquences funestes</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/la-guerre-russo-afghane-un-viet-nam-sovietique-aux-consequences-funestes/27/02/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Baptiste Ramat]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Feb 2020 17:10:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[État Islamique]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre froide]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Tajbeg]]></category>
		<category><![CDATA[Talibans]]></category>
		<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 27/02/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/la-guerre-russo-afghane-un-viet-nam-sovietique-aux-consequences-funestes/27/02/2020/">La guerre russo-afghane : un Viêt-Nam soviétique aux conséquences funestes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’invasion de l’Afghanistan par les soviétiques en 1979 marque le dernier grand conflit de la guerre froide. Pendant dix ans (1979-1989) des factions rivales soutenues par les États-Unis ou encore l’Iran vont ensanglanter le pays, et poser les bases d’un nouvel islamisme radical.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En cette journée du 27 décembre 1979, Hafizullah Amin est inquiet. Le président de la « République Démocratique d’Afghanistan » et du « Conseil Révolutionnaire » a reçu des rapports indiquant que les troupes de l’URSS ont envahi plusieurs régions frontalières trois jours plus tôt (dans la nuit du 24 au 25 décembre). Bien que d’obédience communiste, Amin n’en est pas moins un féroce adversaire de Moscou, il désire contrôler seul la destinée de son pays. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour cette raison, il a pris le pouvoir quelques mois en arrière (septembre 1979) et fait assassiner son prédécesseur et rival, Nour Mohammad Taraki, qu’il trouvait trop timoré et surtout bien trop pro-russe. Admirateur de Staline, Amin purge le Parti Communiste Afgan et force la société musulmane traditionnelle au « progrès ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/le-goulag-un-instrument-de-la-terreur-communiste/08/07/2020/">Le Goulag : un instrument de la terreur communiste</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De plus en plus impopulaire, trop radical pour son peuple comme aux yeux du KGB, ses réformes (Athéisme d’État, interdiction du port du voile pour les femmes, collectivisation des terres paysannes…) finissent de le présenter comme un apostat aux yeux des Mollahs (érudits musulmans uniques au monde Turco-Persan). L’Iran voisin, qui a connu une révolution islamique la même année (février 1979) sous l’égide de l’Ayatollah Khomeini, commence à appeler au Jihad tous les musulmans d’Asie centrale contre le régime de l’Afghanistan . Moscou, mesurant le danger d’une république islamique à ses portes, se décide à intervenir militairement. Sa priorité ? Destituer Amin. Pour ce faire le KGB et les Forces Spéciales Soviétiques montent l’opération « Tempête 333 ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Amin de plus en plus inquiet en ce jour du 27 décembre 1979, prend toute la mesure de la situation quand des commandos Spetsnaz donnent l’assaut sur le Palais Tajbeg (Demeure présidentielle à l’extérieur de Kaboul) et viennent à bout de ses 2 200 gardes du corps avant de l’exécuter à son tour. Hafizullah Amin n’aura régné, en tout et pour tout, que trois mois.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/le-siege-de-lyon-en-1793-la-resistance-heroique-des-lyonnais/28/04/2020/">Le siège de Lyon en 1793 : la résistance héroïque des Lyonnais</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Les rebelles et les prémices d’un islamisme radical</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les Russes installent au pouvoir Babrak Karmal, plus modéré, et pion aux exigences de Moscou. Dans le même temps l’armée soviétique conquiert rapidement les grandes villes (55 000 hommes à Kaboul) mais peine à contrôler les zones montagneuses, où les blindés sont inefficaces. La première décision désastreuse de Brejnev (Dirigeant de l’URSS à l’époque) est de désarmer l’armée Afghane, dont une partie garde les armes et déserte dans les montagnes pour former une proto-résistance. Les États-Unis, notamment la CIA, financent et arment les candidats au Jihad venu de tout le monde musulman (Maghreb, Péninsule Arabique, Asie&#8230;), et soutiennent les Moudjahidines afghans. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les luttes ethniques (entre Pachtounes, Baloutches, Tadjiks…) prennent momentanément fin contre l’ennemi commun, l’URSS. Une grande « Alliance Islamique » internationale se forme avec l’appui des Occidentaux. Un certain Oussama Ben Laden est envoyé par les services secrets saoudiens pour organiser le Jihad pour les volontaires de la Péninsule Arabique. En 1983, malgré plus de 100 000 soldats dans le pays, l’Armée Rouge ne contrôle que les grands centres urbains, soit moins de 20 % du territoire. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les jihadistes occupant les campagnes et zones montagneuses, engagent une guérilla impitoyable contre les soviétiques. Bientôt ces derniers ne sont plus que retranchés dans leurs bases, sortant sporadiquement pour essayer de gagner quelques zones qu’ils perdent aussitôt. Cependant à partir de 1984 les Russes reprennent l’avantage grâce à leurs hélicoptères de combat, après plusieurs offensives meurtrières (et non victorieuses) ils pacifient (pour un temps) la vallée du Pandjchir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/etat-islamique-vs-daesh-une-guerre-semantique/22/05/2019/">État Islamique vs Daesh : une guerre sémantique</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1986, la balance penche du côté soviétique, mais les américains équipent bientôt les Moudjahidines du lance-missile FIM-92 Stinger, sorti tout droit des usines de l’Oncle Sam, et diablement efficace contre les hélicoptères. Les Russes en présence depuis plus de six ans, commencent à perdre patience et pratiquent systématiquement la politique de la « Terre Brulée » (destructions de tous les moyens de productions : champs, nourriture, bâtiments, usine…) pour empêcher le ravitaillement des rebelles, entérinant de cette façon les derniers soutiens dont ils jouissaient dans le pays. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Président Karmal est remplacé par Mohammad Najibullah, qui souhaite une « réconciliation nationale » avec les rebelles modérés. Pour cela il annonce le retrait des troupes soviétiques du territoire de l’Afghanistan. En 1988, Gorbatchev (dirigeant de l’URSS) en ayant assez du bourbier afghan précipite le rapatriement de l’Armée Rouge, et force le Pakistan à signer les Accords de Genève (14 avril 1988) qui promet de ne plus interférer dans les affaires afghanes (c’est-à-dire ne plus servir de base arrière pour les Jihadistes). Enfin en 1989, les Russes se retirent définitivement du pays.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/terrorisme-le-groupe-etat-islamique-au-nigeria-decapite-onze-chretiens/28/12/2019/">Terrorisme : le groupe Etat islamique au Nigéria décapite onze chrétiens</a></span></strong></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le Jihad jusqu’au bout</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Toutefois, les rebelles islamistes les plus radicaux refusent de déposer les armes, et forment une alliance nommée « Emirat Islamique d’Afghanistan », mieux connu sous le triste nom de « Talibans ». Ils prennent Kaboul en 1996, instaurent la Charia, et exterminent les rebelles plus modérés, comme ceux du Commandant Massoud, avec qui pourtant ils avaient combattu quelques années plus tôt. Sous l’égide de leur chef, le Mollah Omar, le pays deviendra un camp d’entrainement jihadiste à ciel ouvert, qui formera des terroristes, mais aussi des combattants qui se retrouveront sur divers front : l’Ex-Yougoslavie (Bosnie Herzégovine et Kosovo), les Philippines (Insurrection Moro), le Maghreb (principalement en Algérie avec le Front Islamique du Salut), et surtout récemment en Syrie et en Iraq au sein de l’État Islamique.</span></p>
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