Un policier de la Force d'Intervention de la Police Nationale (FIPN) lors de la visite de Bernard Cazeneuve à l'hôtel de Police de Toulouse en 2015. ©Gyrostat

Un policier de la Force d'Intervention de la Police Nationale (FIPN) lors de la visite de Bernard Cazeneuve à l'hôtel de Police de Toulouse en 2015. ©Gyrostat

Un appel d’offres a été lancé pour l’acquisition d’un nouveau fusil d’assaut destiné à la Force d’intervention de la Police nationale (FIPN), qui regroupe le RAID et la BRI. Derrière ce renouvellement ciblé, se profile aussi la question plus large du remplacement des FAMAS encore en service au sein de la Gendarmerie nationale.

 

La modernisation de l’armement individuel des forces de sécurité intérieure se poursuit. Le 31 décembre dernier, une procédure d’appel d’offres a été lancée pour l’acquisition d’un nouveau fusil d’assaut destiné aux unités de la Force d’intervention de la Police nationale (FIPN), qui regroupe notamment le RAID et la Brigade de recherche et d’intervention (BRI).

 

Un marché de 4,6 millions d’euros

Le besoin exprimé porte sur l’acquisition de 500 fusils d’assaut de calibre 5,56 x 45 mm pour les opérateurs de la FIPN en intervention. Le marché comprend également les chargeurs, les accessoires, les kits de maintenance ainsi que des prestations de formation destinées aux utilisateurs et aux armuriers.

 

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Plusieurs options sont prévues, parmi lesquelles l’achat de réducteurs de son et de désignateurs d’objectif électroniques. L’ensemble s’inscrit dans le cadre d’un accord-cadre de 48 mois, dont le plafond financier est estimé à 4,6 millions d’euros. Si l’appel d’offres mentionne explicitement la FIPN, certains documents font référence à une « force d’intervention de la sécurité intérieure » aux contours plus larges, qui pourrait inclure les unités spéciales de la Gendarmerie nationale.

 

L’impasse du FAMAS

Ce lancement intervient alors que la Gendarmerie nationale fait face à une problématique bien plus structurelle concernant son armement individuel. Lors d’une audition sénatoriale fin octobre, le directeur général de la gendarmerie nationale, le général d’armée Hubert Bonneau, a alerté sur l’état du parc de FAMAS, en service depuis plus de quarante ans. Ces équipements, bientôt impossibles à entretenir faute de soutien industriel, arrivent en fin de vie.

Deux rapports parlementaires soulignent que les armées ne maintiendront plus le FAMAS au-delà de 2030. Dès 2026, la gendarmerie pourrait être contrainte de « cannibaliser » ses propres fusils pour en maintenir une partie en état opérationnel, réduisant progressivement le nombre d’armes disponibles.

 

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Alors que les armées ont remplacé le FAMAS par le HK 416F à partir de 2017, la gendarmerie envisage un successeur dans le cadre du programme « Système d’arme de demain ». Ce projet, qualifié d’« enjeu majeur », reste toutefois à un stade exploratoire, les travaux portant pour l’heure sur la définition des besoins techniques.

Si les dépenses d’investissement de la gendarmerie sont annoncées en hausse pour l’an prochain, aucun financement n’est encore identifié pour ce programme. À l’approche de l’échéance de 2030, plusieurs parlementaires appellent désormais à engager sans délai les arbitrages budgétaires nécessaires afin d’éviter une rupture capacitaire sur un équipement jugé essentiel à l’exercice des missions de sécurité publique.

 


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