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	<title>Ukraine - Billet de France</title>
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	<title>Ukraine - Billet de France</title>
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		<title>Armes pour Kiev : le compromis européen qui fragilise la ligne française</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/armes-pour-kiev-le-compromis-europeen-qui-fragilise-la-ligne-francaise/23/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 10:29:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
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		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 23/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armes-pour-kiev-le-compromis-europeen-qui-fragilise-la-ligne-francaise/23/01/2026/">Armes pour Kiev : le compromis européen qui fragilise la ligne française</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Malgré l’insistance de Paris pour réserver les commandes d&rsquo;armes à l’industrie européenne, l’Union européenne a finalement opté pour une ligne plus souple. Grâce aux 90 milliards d’euros de prêts accordés par Bruxelles, Kiev pourra, si nécessaire, se tourner vers des fournisseurs extra-européens, notamment américains, pour renforcer son effort de guerre.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est un arbitrage stratégique qui illustre les tensions persistantes entre souveraineté industrielle européenne et impératif militaire immédiat. En autorisant l’Ukraine à acheter, en cas d’urgence, des armements non européens avec des fonds issus de prêts de l’Union, Bruxelles a tranché en faveur de l’efficacité opérationnelle. Une décision qui marque un revers pour la France, fervent défenseur d’une préférence européenne stricte, et qui confirme le rôle toujours central des États-Unis dans l’architecture de sécurité du continent.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une préférence européenne… mais sans exclusivité</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur les 90 milliards d’euros de prêts décidés par les dirigeants européens en décembre, l’Ukraine pourra consacrer jusqu’à 60 milliards d’euros au renforcement de ses capacités militaires en 2026 et 2027. Présentant le dispositif, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur la priorité accordée aux industriels européens, afin de soutenir la base industrielle et technologique de défense de l’Union.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/defense-renault-va-produire-des-drones-militaires-avec-turgis-gaillard/20/01/2026/">Défense : Renault va produire des drones militaires avec Turgis Gaillard</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Avec 60 milliards d’euros d’aide militaire, l’Ukraine peut tenir bon et, dans le même temps, s’intégrer plus étroitement à la base industrielle de défense européenne </em>», a-t-elle affirmé. L’enjeu est double : répondre aux besoins urgents de Kiev en termes d&rsquo;armes tout en générant un retour sur investissement pour l’Union, en termes d’emplois, de recherche et de développement. Mais cette préférence reste volontairement flexible. Si l’offre européenne s’avère insuffisante ou inadaptée, Kiev pourra se tourner « à l’occasion » vers des fournisseurs extérieurs à l’UE, au premier rang desquels les États-Unis, notamment pour des systèmes de défense antiaérienne.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un compromis politique au détriment de la ligne française</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette ouverture n’était pas la priorité de Paris. La France, soutenue par plusieurs États membres, plaidait pour une conditionnalité stricte en faveur des industriels d&rsquo;armes européens, dans une logique de souveraineté stratégique. Une position contestée par Kiev et par d’autres capitales, qui mettent en avant l’urgence du champ de bataille et la capacité américaine à répondre rapidement à certaines demandes critiques.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armement-bruxelles-tente-dimposer-un-controle-sur-les-exportations-militaires-francaises/17/01/2026/">Armement : Bruxelles tente d’imposer un contrôle sur les exportations militaires françaises</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un responsable européen résume le compromis : la préférence européenne existe, mais elle ne doit pas devenir un obstacle à l’efficacité militaire ukrainienne, à un moment où les États-Unis restent incontournables pour certaines capacités clés. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les 30 milliards d’euros restants du prêt serviront, eux, au financement du budget ukrainien, sous réserve de réformes liées à l’État de droit et à la lutte contre la corruption. Les premiers versements sont attendus dès avril. Le remboursement du prêt n’interviendra qu’une fois d’éventuelles réparations versées par la Russie, tandis que les intérêts – environ trois milliards d’euros par an – seront pris en charge par le budget de l’Union. À noter que trois pays, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, ont obtenu une exemption de ce mécanisme. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Derrière ce montage financier inédit, une réalité s’impose : l’Europe investit massivement, mais n’a pas encore les moyens industriels de s’imposer seule comme arsenal du conflit ukrainien.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l’article ? Aidez-nous en faisant un&nbsp;<a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1">don</a>&nbsp;ou en&nbsp;<a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2025-billet-de-france">adhérant</a></span></p>



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		<title>ENTRETIEN – Guerre en Ukraine : un volontaire français raconte</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-guerre-en-ukraine-un-volontaire-francais-raconte/07/12/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille Casarotto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 14:44:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Volontaire français]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=12112</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/12/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-guerre-en-ukraine-un-volontaire-francais-raconte/07/12/2025/">ENTRETIEN – Guerre en Ukraine : un volontaire français raconte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis sa chambre d&rsquo;hôpital à Lviv, un jeune volontaire français blessé sur le front nous raconte par téléphone l&rsquo;enfer de la guerre en Ukraine. Une musique mécanique, en bruit de fond, rend la scène irréelle. Sa voix grave au léger accent la rend plus vraie que jamais.</span></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Domitille Casarrotto&nbsp;: Où êtes-vous actuellement&nbsp;? Racontez-moi.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Volontaire français</strong>&nbsp;: Je suis à l’hôpital, à Lviv. C’était une belle ville, la plus grande et la plus proche de l’Occident. Très européenne, loin de la guerre. Les gens sont un peu déconnectés, il y a une ambiance très étrange. Ici, il y a des voitures de luxe, des touristes lambda qui viennent, et qui rentrent chez eux, et qui diront « j’ai été dans un pays en guerre ». Alors qu’on n’y voit rien du tout.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-odessa-entre-memoire-et-conflit/01/02/2025/">RÉCIT – Ukraine : Odessa, entre mémoire et conflit</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mon bataillon se situe dans le même oblast, mais caché dans une forêt. Je suis dans le troisième bataillon d’artillerie. Je reviens des environs Kharkiv, vers l’Est, pas loin de Poltava. Le déroulé de nos missions est simple&nbsp;: une compagnie part, et malheureusement, elle se fait dissoudre la plupart du temps. Parce que beaucoup des mecs sortent blessés ou meurent. Alors on rentre à la base et tout recommence : on reforme une compagnie avec ceux qui restent. Nous sommes restés deux mois là-bas et ils ont fait rentrer ceux qui n’étaient pas blessés. Moi, j’ai été évacué après une opération.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Qu’est-ce qui vous a poussé à partir&nbsp;au front&nbsp;? Comment êtes-vous arrivé là-bas ? </strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Ma motivation principale, c’est la défense de l’Europe et ça au-delà des questions politiques. On peut critiquer Zelenski, mais moi je suis venu pour défendre l’Europe, combattre pour le peuple ukrainien qui a été très éprouvé et pas seulement dans l’histoire récente. Quand tu parles avec des Ukrainiens, que tu t’assoies avec eux, qu’ils t’offrent un verre, ils commencent à te parler de l’histoire du pays. Tu te rends compte que cette guerre, ces problèmes entre la Russie et l’Ukraine, ce n’est pas une question récente.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il y a un écart énorme entre les très riches et les très pauvres ici. Quand tu entres dans la zone de combat, tu rencontres les familles qui sont toujours dans leur village. Ils n’ont pas envie de le quitter parce qu’ils n’ont nulle part où aller. Ou tout simplement parce qu’ils se disent&nbsp;: «&nbsp;c’est ma terre, je n’ai pas envie de partir, je veux vraiment mourir ici&nbsp;». C’est aussi dans ces moments que tu vois l’extrême gentillesse et la simplicité de ces personnes-là. Ces personnes qui n’ont rien et qui ont tout en même temps.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Tu vois leur mode de vie très solidaire, pas seulement avec les étrangers, mais avec tous les soldats. C’est ce que j’ai vécu. Ces vieilles mamies qui voient le patch français, qui savent que tu ne comprends rien, mais qui t’abordent, puis le lendemain te ramène quelques poissons, et puis le surlendemain des œufs ou du fromage. Des petits détails comme ça qui font chaud au cœur. Ce sont ces personnes-là que je défends.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/guerre-en-ukraine-moscou-expose-ses-trophees/09/05/2024/">Guerre en Ukraine : Moscou expose ses «trophées»</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Même si je ne suis pas Français d’origine, dans ma démarche, j’ai choisi de me battre aux côtés des Français. Je voulais représenter la France et porter le patch français, pour essayer de rendre à la France ce qu’elle a fait pour moi ces dernières années. J’ai eu la chance et l’honneur de porter le patch français sur le front.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Comment êtes-vous arrivé là-bas ? </strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Pour arriver ici, c’est assez simple. Il y a un site où tu soumets ta candidature, puis deux semaines après, on te contacte et tu as un rendez-vous avec un recruteur. On te pose quelques questions sur tes raisons de venir, ton expérience militaire, puis on te dit ok et on t’envoie une lettre d’acceptation qui te permet de traverser la frontière plus facilement.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour traverser la frontière à pied, je suis allé à Medyka du coté Pologne, puis je suis passé de l’autre côté vers Shehyni. Une fois que tu y arrives il y a un bureau d’accueil de la légion. A partir de ce moment, tu es pris en charge, logé, nourri et tu vas vers le centre d’entraînement. Ils proposent ensuite à ceux qui ont déjà de l’expérience de sauter cette étape, et d’aller directement dans un bataillon de la légion.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il y en a quatre, le quatrième est le bataillon d’entraînement. On m’a proposé d’aller dans celui de mon choix et j’ai rejoint une unité du troisième bataillon, en novembre. Je ne sais pas si j’ai choisi la bonne période. Apparemment, la légion a aussi de plus en plus de difficulté à recruter, car c’est de plus en plus connu que les missions sont à très haut risque. Il faut savoir que tout le front est difficile, mais il y a des zones ou c’est beaucoup plus chaud.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">On est souvent déployés dans les secteurs où les Russes sont en train de pousser fort. Il y a beaucoup de légionnaires qui meurent. Mais c’est normal&nbsp;: beaucoup d’Ukrainiens meurent aussi. Et un étranger qui meurt à la place d’un ukrainien, c’est mieux pour les stats. On se fait charcuter quand on va là-bas, mais pour les autres, c’est pareil.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Est-ce que des éléments, des situations de cette guerre de haute intensité vous ont surpris,</strong> <strong>malgré vos expériences de combat précédentes&nbsp;? </strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La camaraderie. Il y a des liens qui se créent forcément. Cette notion de frère d’arme, de camaraderie, c’est incroyable&nbsp;! Ça prend une dimension complètement différente quand tu sais que le mec à côté de toi est prêt à mourir pour te sauver, et que tu es prêt à mourir pour lui aussi. Je ne peux pas en dire plus. Une fois qu’on est sur le front, les questions politiques sont mises de côté, cela devient une question de survie.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-ukraine-dodessa-a-mykolaiv-un-calme-oppressant/11/11/2022/">REPORTAGE – Ukraine : d’Odessa à Mykolaïv, un calme oppressant</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Et puis les drones, la puissance d’artillerie. Ce n’est pas ma première guerre, mais c’est la première fois que je participe à une guerre de haute intensité comme c’est le cas ici. Ça a complètement changé la logique de la guerre. Le combat d’infanterie classique devient assez rare. La plupart des dégâts sont causés par des drones, donc par des opérateurs qui sont à plusieurs kilomètres et qui vont te tuer de loin. C’est très dur, mais visiblement la guerre prend cette voie-là&nbsp;: une guerre technologique.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">J’espère qu’après cette guerre, on essaiera d’encadrer l’usage des drones. Si tu as la malchance de te faire suivre par un drone FPV (kamikaze), tu l’entends quand il va exploser, donc tu l’entends quand tu n’as déjà plus beaucoup de chances de survie et ça, c’est terrible. Et puis il y a les drones qui lâchent des grenades ou des munitions de RPG, tu les entends pendant longtemps, car ils se posent sur toi et font des calculs avant de lâcher les explosifs. C’est une sensation qui fait très peur, quand tu es entouré de drones et que tu entends toutes les explosions autour de ta position. Et le pire, c’est que tu ne peux rien faire contre ça.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Pouvez-vous nous raconter une de vos missions&nbsp;?</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Oui, la dernière fois que je suis allé au front par exemple. J’ai survécu par miracle. Je me suis retrouvé en lisière, au milieu d’une attaque d’artillerie, il faisait moins 20 degrés, je n’avais pas de manteau, rien sur moi. Ce jour-là, il y avait eu une évacuation et je devais être évacué avec cette voiture. J’ai décidé de donner ma place à un Ukrainien blessé à qui nous avions effectué les premiers secours, et de partir plus tard dans la journée. C’était un monsieur de cinquante ans, il avait un poumon perforé et des éclats de grenade ou de mortier un peu partout.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/france-maurice-un-rapprochement-des-relations-bilaterales-est-necessaire/18/10/2025/">France-Maurice : un rapprochement des relations bilatérales est nécessaire</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Je lui ai laissé ma place dans le véhicule et je suis resté encore un jour sur la position. Mais j’avais mis mes affaires dans le véhicule avant qu’il ne parte, mon casque et mon sac à dos avec le peu d’eau qu’il me restait, et ma veste. Quand le véhicule est parti, je me suis retrouvé sur le front sans casque et sans veste d’hiver, sans mon équipe qui avait évacué. Je me suis retrouvé seul sur le point d’extraction et cette nuit-là, il y a eu une grosse attaque d’artillerie qui a duré 4h.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une attaque d’artillerie, c’est un coup toutes les deux ou trois minutes, puis ça s’arrête et ça reprend. Ils recalibraient pour être plus précis et tiraient. Et ça continuait, ça continuait. Toutes les deux ou trois minutes, un obus tombait à côté de moi. Et les tirs au mortier que tu n’entends pas. Pour l’artillerie, tu entends un sifflement qui vient du ciel. Plus il est long, plus ça va tomber proche de toi. J’entendais les sifflements très longs et à chaque fois, je me disais que c’était la fin. Je n’avais pas vraiment peur&nbsp;: j’avais déjà accepté ma mort et je me disais: «&nbsp;j’ai tourné mon cœur vers Dieu et je demande pardon à maman&nbsp;», parce que je ne lui pas dit que j’étais au front.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Et ça à chaque fois que j’entendais le sifflement, je me disais juste que c’était la fin de ma vie, le dernier chapitre. Je n’aurais pas aimé que ça finisse comme ça. J’avais encore des choses à faire de ma vie. Me marier, avoir des enfants… Mais je me disais ça y est, mon histoire finit comme ça, et c’est honorable, au moins, je serais mort mon arme à la main, pour défendre ma vision du monde. Et ça pendant 4 h, par à-coups. Comme si toutes les trois minutes, je mourrai à chaque fois, en acceptant que c’était la fin pour moi.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Comment êtes-vous rentré vivant finalement ?</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Dieu m’a sauvé. Pour me cacher des drones à la fin de l’attaque, j’ai creusé dans le sol, il faisait -20° et je n’avais pas de pelle, rien. J’avais seulement mon fusil et l’espoir que j’allais y échapper. J’ai essayé de gratter, de faire un trou avec mes ongles. La terre était congelée. J’avais du sang sur les mains, mes ongles étaient éclatés, mes doigts saignaient. Puis j’ai aperçu une petite cahute dans un grand arbre qui était tombé là, couché. Et je me suis caché là.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/outre-mer-des-territoires-francais-sous-exploites/21/10/2025/">Outre-mer : des territoires français sous-exploités</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">J’ai juste pris les branches tombées autour et j’ai tenté de me faire un petit abri comme ça. Je suis sûr que c’était un miracle, il n’y avait aucun moyen d’en sortir vivant. A chaque fois qu’un obus tombait et s’éclatait, je voyais le flash blanc à quelques mètres, la terre qui retombait sur moi. Je me suis pris beaucoup de blast. Je suis sorti blessé, c’est là que je me suis blessé la jambe et j’ai eu de contusion de la tête et du thorax, j’étais très mal.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A chaque fois que je partais en mission, j’avais surtout l’envie de ne pas mourir parce que ma motivation c’était ça, sortir vivant pour un jour raconter à ma mère la vérité. Pendant cette mission-là par exemple, pendant que je parlais à Dieu, je lui ai promis que si je sortais vivant de là, je ferai tout pour voir ma mère et lui dire la vérité.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Et à quoi pense-t-on au cœur de l’attaque&nbsp;?</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Mon expérience m’est personnelle, en tant que catholique et engagé volontaire. Dans les moments durs, je n’avais pas peur. Tout ce que je me disais, c’était que j’acceptais ma mort et que c’est Dieu qui avait décidé que je ne resterai pas là. Tout ce que je faisais c’était cela, accepter ma mort, prier et combattre. J’espérais seulement que j’irai au paradis. C’est une situation assez particulière, mais je n’avais pas peur, car j’avais accepté sciemment le grand risque que l’on prend quand on vient ici.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Pour vous, de quelle manière est-ce que le combat change une personne&nbsp;?</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La guerre ça te change forcément. Quand tu vois les premiers blessés, les premiers morts, ça te touche de près… C’est ton camarade qui est mort. Celui qui s’est entraîné avec toi pendant des mois. Ça te marque à jamais. Je dirais que ça change ta vision de la vie. Ça m’a sûrement fait apprécier la vie beaucoup plus maintenant qu’avant. Certains aiment les conduites à risque, la bagarre, l’alcool ou la drogue, les choses comme ça. Ce n’est pas mon cas. Mais à vrai dire, après avoir survécu par miracle plusieurs fois, j’ai envie de profiter de tous les moments de la vie.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/mamadi-doumbouya-du-legionnaire-au-prince-devoye-de-guinee/18/09/2025/">Mamadi Doumbouya : du légionnaire au prince dévoyé de Guinée</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Je profite de mon chocolat chaud du matin, du petit thé que je bois le soir, des petites choses qui étaient un peu banales avant, mais que j’apprécie beaucoup aujourd’hui. D’un coup, le chocolat a un meilleur goût. D’un coup, tu n’as pas la flemme d’appeler ta maman, tu apprécies bien plus les petits messages que tes amis t’envoient, les petits coucous pour savoir si ça va. Tu goûtes tout ça bien plus qu’avant quand tu sais que tu aurais pu mourir sans dire au revoir aux personnes qui te sont chères. Ça change à vie oui…</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Avez-vous pu tisser des liens avec des Ukrainiens rencontrés entre deux missions&nbsp;?</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La grande majorité des Ukrainiens que j’ai rencontrés sur le front avaient plus de 45 ans. J’ai vu des messieurs de cinquante ans qui avaient du mal à se relever, à courir. La mobilisation passe par le service militaire obligatoire, à 25 ans. Dans l’une des nombreuses nuits que j’ai passé dans un bunker avec des Ukrainiens, un d’entre eux m’a raconté qu’il était là pour éviter que son fils n’ait à s’engager dans l’armée. C’est une démarche héroïque parce que ces gens n’étaient pas militaires avant. Cela faisait deux ou trois ans qu’il était à la guerre, avant il travaillait sur des chantiers. Les vieux préfèrent aller faire la guerre pour sauver la vie des jeunes.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Et puis il y a le système de dons aux volontaires&nbsp;: on ne reçoit aucun supplément au bataillon, mais par contre ce dont on peut profiter, c’est ce qu’on reçoit des soutiens que l’on a sur place. Chaque soldat se crée son propre réseau. Par exemple, tu commences à parler avec des Ukrainiens, tu sympathises avec eux, on te met en relation avec une autre personne qui voulait parler avec un français et cette personne-là te fais des dons. Quand j’ai été évacué de la zone de combat, je suis allé à Kiev parce qu’il y avait les funérailles d’un camarade. J’y suis resté trois ou quatre jours. C’est en me promenant simplement dans la ville, qu’on m’a abordé. Je cherchais un salon de tatouage, pour me faire tatouer mon groupe sanguin, vrai truc de milouf ou de mercenaire.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un gars d’une association m’a mis en contact avec une dame et sa fille, qui parle français. Je leur ai raconté mon histoire et celle de mon binôme qui n’a plus ses jambes. Ça les a touchées, elles m’ont proposé de l’aide très vite. Et samedi dernier, la dame et sa fille sont venues me voir et m’ont demandé ce que je voulais. Je leur ai demandé de quoi faire un apéro, ça me manquait beaucoup, et elles m’ont ramené du pâté Henaff, des petits paquets de chips, des bières. C’était génial&nbsp;! Et pour mon collègue, elles ont acheté des vêtements et de quoi manger. Elles m’envoient des messages tous les jours pour savoir comment ça va, elles viendront me voir après l’opération pour m’apporter un repas fait maison. C’est très généreux.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: En s’engageant, on se crée parfois beaucoup de mythes sur la guerre. Est-ce que vous avez croisé des personnes qui étaient venu par romantisme et qui n’ont pas supporté sa réalité&nbsp;?</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Beaucoup arrivent avec une idée très différente de ce qu’est la guerre. Certains ont l’air physiquement plutôt solide, mais au check-point, quand tu entres dans la zone de combat et que tu commences à entendre des explosions, ça laisse un aperçu de ce qui se passe sur le front et on commence à voir les têtes changer, des gars qui ne sourient plus, qui deviennent plus pâles… Certains ont reconnu après leur première mission qu’ils n’étaient pas faits pour ça. Et c’est bien normal, le front, c’est très effrayant&nbsp;! C’est normal d’avoir peur. Il y a beaucoup de gens qui acceptent de ne pas être fait pour faire la guerre.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/logiciels-espions-les-etats-unis-sont-devenus-les-premiers-investisseurs-mondiaux/15/09/2025/">Logiciels espions: les États-Unis sont devenus les premiers investisseurs mondiaux</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">J’ai un très bon camarade dont le véhicule a roulé sur une mine papillon, dès sa première mission. Une mine qui n’explose pas tout à fait le véhicule. Le véhicule a été renversé. Ils sont sortis vivants, avec quelques bleus. Et lui, il est retourné en disant qu’il avait eu trop peur. C’est mieux que de déserter. Déserter, c’est très mal vu, tu es considéré comme un lâche, car tu abandonnes et tu n’assumes pas de ne pas avoir le courage de combattre… Mais il y a aussi y a des gars qui n’ont aucune expérience militaire, qui arrivent à la légion, partent au front assez vite et on se rend compte que ce sont de très bons soldats, très solides mentalement.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre tue les gens au hasard. C’est parfois de notre faute, ça ne pardonne pas quand tu commets une erreur. Même pour les meilleurs soldats, les mieux préparés. Dans l’unité, les deux plus jeunes d’entre nous sont morts assez rapidement. En fait, parmi toute l’unité, c’était les mecs qui méritaient le moins ça, enfin façon de parler&#8230; Ça arrive, on est venus pour ça, on a signé pour ça. Mais c’est très difficile, ça te touche plus ou moins selon tes affinités avec la personne.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En l’occurrence avec le camarade qui avait vingt ans, nous étions très proches, on était ensemble depuis le début. Il était solide, c’était un très bon soldat qui effectuait bien les ordres. Mais ce type de choses&nbsp;: les pertes, les camardes blessés et tombés, tout ce qu’on vit ici, les familles qu’on rencontre dans les villages… c’est des choses qui changent notre mentalité. Ça donne envie de rester, de continuer le combat.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: Comment voyez-vous votre retour en France, dans la vie civile&nbsp;?</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: Je ne sais pas comment mon retour à la vie civile se passera. Par exemple, je pense à tous les problèmes que je rencontrais avant. Maintenant, en ayant failli mourir plusieurs fois, tous ces problèmes-là qui avaient l’air très importants, tout cela parait très futile. Mais je ne sais pas si c’est une bonne chose de relativiser autant. La guerre, ça désensibilise. Justement, je n’ai pas envie de revenir, de retrouver mes amis, de penser que leurs petits soucis, ce n’est rien comparé à la guerre. L’enjeu est un peu autour de ça, je pense. Je ne sais pas quel sera exactement le changement que j’ai vécu. Ça m’inquiète un peu, mais j’ai hâte de reprendre mon métier. J’étais assistant social dans ma vie civile. Je n’ai jamais arrêté d&rsquo;aider les gens.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est juste que ma manière de les aider ait changé un petit peu. Je suis venu aider des Ukrainiens, je suis toujours au service. Si Dieu le veut, je vais retrouver mon métier et je pourrai aider les personnes en difficulté. C’est ce que je trouve beau&nbsp;: la création de lien. Et c’est ce que j’ai retrouvé ici. Quand tu es dans la zone de combat et que tu vis dans des villages où il reste encore quelques civils, un soir, ils viennent te saluer avec curiosité.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-serbie-subotica-une-ville-frontiere-aux-portes-de-leurope/18/12/2024/">REPORTAGE – Serbie : Subotica, une ville frontière aux portes de l’Europe</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le lendemain, ils t’apportent des œufs, te ramènent un matelas. Cela nous conduit à connaître ce peuple ukrainien qui subit la même chose que nous. Quand un village se fait attaquer, nous sommes équipés, mais les civils sont toujours là, ils n’ont rien pour se défendre et ils attendent en silence. Les lendemains d’attaque, je vais voir s’ils sont toujours en vie, si tout va bien pour eux. C’est ça ma vocation, aider, mais aider de près, sur le terrain.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>D.C&nbsp;: En regardant en arrière, avez-vous parfois quelques regrets sur votre engagement ici&nbsp;? </strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>VF</strong>&nbsp;: La seule chose que je regrette, c’est d’être allé m’engager à la légion des étrangers plutôt que dans un autre régiment. J’ignorais qu’on recrutait des étrangers partout. Quand je suis arrivé, je le savais. C’est connu, que la légion envoie les étrangers à la mort, façon de dire.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après mes quelques mois de service, je vois aussi toutes les failles et les défauts liés au jeune âge des cadres qui la plupart n’ont pas d’expérience de combat. Beaucoup d’amateurisme et d’improvisation, à la légion. Ça rend le travail plus difficile. Par exemple, nous avons tout l’équipement anti-drone mais on ne peut pas l’emporter en mission parce que ça coûte trop cher. C’est un sac à dos muni de plusieurs antennes qui bloque les drones qui t’entourent. Mais on ne peut pas toujours s’en servir… Ça signifie que la vie d’un légionnaire vaut moins que son matériel.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec mon binôme, on voulait aller ensemble à Azov. Mais on dirait qu’il y a une phrase maudite ici : quand on dit « je fais ma dernière mission et après, j’irai faire ceci ou cela ». C’est ce qu’on s’est dit. On l’a faite cette dernière mission, et il a perdu ses deux jambes et moi, je ne suis pas sûr de pouvoir reprendre le combat bientôt. C’était mon binôme depuis le début, on s’est bourré la gueule hier soir encore. Ça faisait des mois qu’on combattait ensemble, on avait pris beaucoup de risques ensemble.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/souverainete-lindustrie-de-defense-europeenne-nexiste-pas/18/06/2024/">Souveraineté : « l’industrie de défense européenne n’existe pas »</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A part ça non, aucun regret. Ou peut-être si. Ma famille. A part mon frère, ils ne savent pas que je suis là, il n’y a que mon frère qui est au courant. Mon seul regret, c’est peut-être d’avoir caché ça à mes parents, surtout à Maman. Ça aurait été terrible si j’étais mort sur le front, elle aurait reçu un jour un appel et d’un coup, on lui aurait expliqué que son fils était en Ukraine depuis plusieurs mois. Mort au combat. L’apprendre comme ça aurait été sûrement trop brutal pour elle. Maintenant ma mission principale, c’est d’aller voir Maman et après ça, on verra.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/domitille-casarotto/">Domitille Casarotto</a>.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Sommet de l’Alaska : la fermeté française, entre réalisme et vigilance</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/sommet-de-lalaska-la-fermete-francaise-entre-realisme-et-vigilance/16/08/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Octave de Latour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Aug 2025 10:45:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
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		<category><![CDATA[Sommet de l’Alaska]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/08/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/sommet-de-lalaska-la-fermete-francaise-entre-realisme-et-vigilance/16/08/2025/">Sommet de l’Alaska : la fermeté française, entre réalisme et vigilance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le sommet de l&rsquo;Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine, s’est achevé dans une impression de vide. De son côté, la France persiste et signe : elle restera ferme face à la Russie.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il était présenté comme une étape décisive pour la paix en Ukraine. Pourtant, ce sommet de l&rsquo;Alaska entre les États-Unis et la Russie n&rsquo;a rien donné. Aucun cessez-le-feu, aucun calendrier, aucune garantie. Pourtant, dans ce paysage brouillé, la France a choisi une ligne claire : fermeté, vigilance et coordination avec Kiev.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI <span style="font-family: Georgia; color: #003446;">→ </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/azerbaidjan-amnesty-international-denonce-une-intensification-des-violations-des-droits-humains/11/08/2025/">Azerbaïdjan : Amnesty International dénonce une intensification des violations des droits humains</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette position n’est pas seulement morale, elle est stratégique. Paris sait qu’un cessez-le-feu imposé sans l’Ukraine reviendrait à entériner un rapport de force dicté par Moscou, au détriment de l’ordre international. En rappelant que Kiev doit être partie prenante de toute négociation, Emmanuel Macron évite le piège d’une diplomatie de coulisses où les pays européens seraient relégués au rang de spectateurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un pari français risqué</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Certes, cette fermeté française peut sembler isolée face à la tentation de Washington de privilégier la « grande entente » avec Moscou. Mais elle s’inscrit dans une logique de long terme : préserver l’intégrité territoriale d’un État agressé, et rappeler que la paix ne peut pas naître d’un marchandage entre grandes puissances au-dessus de la tête des premiers concernés. La preuve est là : le sommet de l&rsquo;Alaska n&rsquo;a été qu&rsquo;un tremplin permettant à Vladimir Poutine de revenir sur la scène internationale alors même qu&rsquo;il est visé par un mandat d&rsquo;arrêt international.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI <span style="font-family: Georgia; color: #003446;">→ </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/souveraine-tech-organise-son-3e-colloque-sur-la-souverainete-technologique-a-saint-malo/15/07/2025/">Souveraine Tech organise son 3e colloque sur l’innovation technologique à Saint-Malo</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le pari français est risqué : sans avancée immédiate, la lassitude pourrait gagner les opinions publiques européennes. L&rsquo;Ukraine n&rsquo;a plus de territoire russe à négocier et quelques troupes de Moscou ont récemment réussi à s&rsquo;enfoncer dans le dispositif ukrainien. Mais céder aujourd’hui serait plus dangereux encore : cela signifierait qu’en Europe, les frontières se redessinent par la force.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En se tenant aux côtés de Kiev, la France défend donc davantage que l’Ukraine : elle défend une certaine idée de l’Europe et du droit international. Reste à voir si ses partenaires sauront suivre cette ligne de crête, ou céder à la tentation du compromis hâtif.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>RÉCIT – Ukraine : Odessa, entre mémoire et conflit</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-odessa-entre-memoire-et-conflit/01/02/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 11:26:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Odessa]]></category>
		<category><![CDATA[Récit]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=11204</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 01/02/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-odessa-entre-memoire-et-conflit/01/02/2025/">RÉCIT – Ukraine : Odessa, entre mémoire et conflit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Près de trois ans après le début de la guerre, la Russie poursuit sa guerre du froid. Le bombardement des infrastructures énergétiques de l’Ukraine répond à un objectif simple : briser le moral de la population. De son côté, Kiev accentue sa politique d’effacement de la culture russe commencée à la chute de l’Union Soviétique notamment à Odessa.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La nuit tombée, le vacarme des générateurs continue. En cette fin d’année, le thermomètre affiche des températures négatives à Odessa. Le froid, la neige et le vent s’invitent pour la 3<sup>e</sup> année consécutive à cette guerre qui a déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes (morts, blessés et disparus) sans qu’aucune source officielle n’en confirme véritablement le nombre. Les températures extérieures entraînent une augmentation des besoins électriques, mais la production peine à suivre. La moitié de la capacité de production électrique de l’Ukraine a été soit détruite, soit endommagé, soit est sous contrôle russe selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11213" aria-describedby="caption-attachment-11213" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-11213" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Generateur-Odessa-1-1-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11213" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les rues sont parsemées de générateurs de divers tailles pour alimenter les commerces en électricité. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le fatalisme de la guerre</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A Odessa, les coupures électriques sont le quotidien des habitants. Des générateurs ont été mis à disposition par les autorités locales pour faire face à la demande privatisant de plus en plus l’électricité. Au Parc Chevtchenko, le plus grand espace vert de la ville, les éclairages publics sont éteints. Dans le centre-ville, de nombreuses rues ne sont éclairées qu’avec les feux des voitures qui passent ou par les vitrines des commerces branchées sur générateur.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-bethleem-une-messe-de-noel-tournee-vers-lesperance/13/01/2024/">REPORTAGE – Bethléem : une messe de Noël tournée vers l’espérance</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Nos équipements peuvent tomber en panne pour une durée indéterminée en raison des pics de charge » prévient l’hôtel dans lequel nous sommes descendus et qui dispose lui aussi d’un générateur suffisamment imposant pour l’ensemble du bâtiment lorsque l’électricité publique est en panne. « Pour éviter la surchauffe des générateurs de l’hôtel et leur défaillance, nous sommes obligés de mettre en place des horaires de fonctionnement des générateurs. » précise une fiche explicative présente dans l’ensemble des chambres.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré la guerre, les habitants d’Odessa continuent de vivre « presque » comme avant depuis déjà presque trois ans. Une habitude qui pose des problématiques de sécurité que l’hôtel rappelle explicitement dans une note : « N’ignorez pas les sirènes de raids aériens ! Si vous entendez un signal sonore, veuillez vous rendre dans l’abri de l’hôtel ».</span></p>
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<p><figure id="attachment_11216" aria-describedby="caption-attachment-11216" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-11216" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276-1024x768.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Papiers-Hotel-Odessa--scaled-e1737905942276.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11216" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;hôtel appelle à respecter les mesures de sécurité en vigueur. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre entraîne également son lot de destructions. En cette fin d’année, plusieurs zones résidentielles de la ville ont déjà été touchées faisant une dizaine de morts en novembre dernier. Dans le but de faciliter l’accès aux mécanismes d’assistance internationale d’urgence, le centre historique d’Odessa a été inscrit le 25 janvier 2023 sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco. L’objectif est de prévenir des « menaces de destruction » russes sur la ville. Un panneau rappelle cette inscription à côté du musée maritime.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>De Richelieu à Catherine II</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis notre passage à Odessa en août 2022, peu de choses ont réellement changé hormis la situation sur le front qui s’est fortement dégradée côté ukrainien. Il y un peu plus de deux ans, il était impossible d’accéder aux marches de Potemkine, entrée officielle de la ville depuis la mer, rendue célèbre par le film de propagande soviétique, « Le Cuirassé Potemkine ». Des points de contrôles empêchaient de se rendre sur le port, considéré comme stratégique pour l’exportation de matières premières ukrainiennes. L’armée en contrôlait son accès, protégeant les millions de tonnes de céréales, majoritairement du blé qu’il renfermait dans ses silos, mais aussi dans les cales de ses navires empêchés de sortir.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11215" aria-describedby="caption-attachment-11215" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-11215" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Duc-de-Richelieu-Odessa--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11215" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La statue du Duc de Richelieu, face au port, est enveloppée. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-saint-sepulcre-les-franciscains-des-gardiens-de-leternite/25/05/2024/">REPORTAGE – Saint-Sépulcre : les Franciscains, des gardiens de l’éternité</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En haut de ces 192 marches, la célèbre statue du Duc de Richelieu (1766-1822) trône toujours, mais sous une couche de protection attachée à des sacs de sable pour éviter les dégâts liés aux explosions. Le duc est l’un des fondateurs et gouverneur français d’Odessa et de la Nouvelle-Russie au XIXe siècle. Située à 200 mètres de là, la statue de Catherine II (1729-1796), impératrice de Russie, en face de l’hôtel qui porte son nom, a subi un destin différent. A la suite d’un sondage où plus de 4 000 habitants se sont prononcés pour le démantèlement fin 2022, la statue a été déboulonnée et placée dans les réserves d’un musée. Une stèle où est inscrit « Liberté pour les défenseurs d’Azovstal » remplace celle de l’ancienne princesse allemande qui a financé la construction de la ville.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11219" aria-describedby="caption-attachment-11219" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11219" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Statue-Catherine-de-Russie-Odessa-1-2-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11219" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dix mois après le début de la guerre, la statue de Catherine II de Russie a été déboulonnée. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette statue qui a déjà fait couler beaucoup d’encre est lourde d’histoire et de débats au sein même de la population Odessite dont la très grande majorité est russophone. Pour les uns, elle symbolise l’impérialisme russe sur l’Ukraine, pour les autres, elle fait simplement partie de l’histoire de la création de la ville sous son règne. Enlevée en 1920 par le régime soviétique, elle a été réinstallée en 2007 en partie grâce à des financements culturels russes. Paradoxe de la guerre, les conservateurs ukrainiens protègent également ces œuvres russes des bombardements de son voisin.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une politique de « dérussification »</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme cette statue, d’autres monuments et symboles ont également été retirés dans le cadre d’un processus de « désoviétisation » commencé lors de l’indépendance du pays en 1991 et de « dérussification » à partir de 2014 lors du soulèvement de Maïdan. Une commission dont la mission est d’étudier les noms de lieux à débaptiser a même été mise sur pied, mais les monuments en lien avec cet héritage russe sont nombreux. Tout retirer reviendrait à dénaturer l’histoire de la ville.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-serbie-subotica-une-ville-frontiere-aux-portes-de-leurope/18/12/2024/">REPORTAGE – Serbie : Subotica, une ville frontière aux portes de l’Europe</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Certains lieux symboliques restent ainsi toujours en place. Le palais de la famille Voronstov, du nom du gouverneur russe de la région qui s’est illustré contre les Ottomans est toujours là, bien qu’en mauvais état, comme sa statue devant la cathédrale de la Transfiguration d’Odessa, détruite en grande partie par un bombardement russe en juillet 2023 et encore en travaux à l’intérieur. L’effigie de l’écrivain Alexandre Pouchkine devant la mairie d’Odessa reste également sur place. Il en est de même pour le monument d’Orange représentant l’empereur russe Paul Ier tenant une des milliers d’oranges envoyées par les Odessites pour le convaincre de financer la fin de la construction du port d’Odessa commencée sous Catherine II. Histoire oblige.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11220" aria-describedby="caption-attachment-11220" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11220" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Le-monument-dOrange-representant-lempereur-russe-Paul-Ier-a-Odessa--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11220" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le monument d&rsquo;Orange représentant l’empereur russe Paul Ier à Odessa. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est également au tour de l’écriture d’être victimes des conséquences du conflit. Sur le marché aux livres du centre-ville, lieu de vie particulièrement agréable pour les flâneurs en quête de quelques ouvrages, contes et légendes, la littérature russe ne trouve plus réellement sa place. Les Tolstoï, Dostoïevski et autres grands écrivains russes sont aux abonnés absents et sont relégués au placard. Rare sont les libraires qui en vendent encore sauf à l’arrière-boutique pour quelques curieux.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’Ukrainien, une langue officielle</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette politique de « dérussification » s’est accentuée avec la <a href="https://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/ukraine-loi-lng-2019OK.htm#:~:text=La%20loi%20entrait%20en%20vigueur,institutions%20et%20les%20divers%20organismes.">loi de 2019</a> prévoyant que la langue ukrainienne soit la seule langue adoptée officiellement dans les administrations et les entreprises sur l’ensemble du territoire sauf la Crimée. Le russe, comme les autres langues locales, reste néanmoins une langue régionale protégée par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, adoptée par Kiev en 1996.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-afrique-du-sud-une-traversee-de-johannesburg/23/12/2024/">RÉCIT – Afrique du Sud : une traversée de Johannesburg</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Bien qu’interdit dans les échanges publics, la langue russe reste néanmoins adoptée par différentes personnalités de la sphère politique ukrainienne parfois malgré eux simplement par facilité d’usage et de compréhension. En 2022, un <a href="https://suspilne.media/odesa/260441-prosiv-pereklad-rosijskou-u-gennadia-truhanova-ta-se-troh-posadovciv-z-odesi-zafiksuvali-porusenna-movnogo-zakonu/">rapport</a> du Commissaire à la protection de la langue ukrainienne, Taras Dmytrovys, dénonce les personnalités qui ne respectent pas cette nouvelle loi, dont certains hommes politiques d’Odessa.</span></p>
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<p><figure id="attachment_11229" aria-describedby="caption-attachment-11229" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-11229" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/01/Cours-de-francais-a-linstitut-francais-dOdessa--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-11229" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans la rue Richelieu, l&rsquo;apprentissage de la langue française est mis en valeur. Derrière, un générateur alimente un commerce. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est le cas du maire d’Odessa, Gennady Trukhanov, qui aurait ainsi violé 11 fois la loi en communiquant en russe à des journalistes et en leur demandant de traduire dans cette langue leurs questions. Mais il n’est pas le seul. Son maire adjoint, mais aussi le directeur adjoint du département de l’Économie d’Odessa sont également pointés du doigt pour non-respect de la loi. Dans le cadre d’une interview du maire adjoint par intérim par des journalistes allemands, le traducteur a relayé des questions à l’élu en russe.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une situation qui illustre une autre facette de cette guerre où les choix linguistiques deviennent le reflet d&rsquo;une volonté d’émancipation, susceptible de se solder par une rupture définitive avec l&rsquo;héritage culturel russe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Guerre en Ukraine : Moscou expose ses «trophées»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/guerre-en-ukraine-moscou-expose-ses-trophees/09/05/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 May 2024 08:43:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Chars]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Moscou]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[T-14 Armata]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 09/05/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/guerre-en-ukraine-moscou-expose-ses-trophees/09/05/2024/">Guerre en Ukraine : Moscou expose ses «trophées»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Depuis le 1<sup>er</sup> mai, plusieurs dizaines de blindés occidentaux sont exposés à Moscou. Une manière pour le Kremlin de mettre en avant sa « guerre patriotique » au moment des célébrations du 9 mai 1945.</strong></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ils sont calcinés, criblés d’impacts ou bien presque neufs. Depuis début mai et pour un mois, plusieurs dizaines de blindés capturés par l’armée russe en Ukraine sont exposés en plein air sur la grande esplanade de la Victoire à Moscou. Appelé « Les trophées de l’armée russe », cette exposition est destinée à montrer aux milliers de Moscovites qui viennent la voir quotidiennement, les prouesses de son armée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une guerre de communication</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Plusieurs nationalités européennes sont représentées, dont un char AMX 10 RC français (capturé en juin 2023) mais aussi des blindés américains, allemands, britanniques, tchèques, finlandais ou encore australiens. Les deux figures majeures de l’exposition sont le char américain Abrams complètement détruit et son homologue allemand, le Léopard II. Sur chaque véhicule, des drapeaux ont été rajoutés pour que les visiteurs puissent identifier les constructeurs ainsi que les caractéristiques de chacun. Une plaque OTAN a même été rajoutée pour signifier si le pays en question en est membre. La majorité des blindés sont d’un point de vue extérieur en bon état.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10389" aria-describedby="caption-attachment-10389" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10389" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348088-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10389" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Char M1 Abrams américain. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Des soldats qui reviennent du front donnent quelques spécificités sur chaque véhicule et la façon, dont chacun d’entre eux a été capturé. Leur version est identique à chaque fois : la plupart des équipages ukrainiens se sont enfuis en laissant le matériel sur place. Une manière de promouvoir la supériorité des armées russes face aux armes occidentales fournies à l’Ukraine depuis l’invasion en 2022.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/monde/ukraine-une-fete-dindependance-sous-haute-tension/24/08/2022/">Ukraine : une fête d’indépendance sous haute tension</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette guerre de communication est également utilisée du côté de Kiev. Lors de notre passage en août 2022 dans la capitale, des blindés russes calcinés étaient exposés dans le centre-ville. Certaines images de la guerre sont également montrées pour vanter la puissance de l’armée. Le message global est très clair : la Russie est en guerre contre l’Occident et l&rsquo;OTAN. Une manière qui permet au Kremlin de justifier le fait que la Russie ne remporte pas de victoires décisives pour le moment.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10390" aria-describedby="caption-attachment-10390" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10390" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715185348100-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10390" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un adolescent est fier de poser avec son drapeau russe devant le Léopard II allemand. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, une exposition s’était également tenue à Moscou pour montrer à la population les panzers de l’Allemagne nazie capturés par l’Armée rouge. Un narratif qui permet à la Russie de faire un parallèle historique d’une époque où les armées soviétiques affrontaient aussi… l’Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le blindé, un matériel obsolète ?</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En avril, le Pentagone a annoncé que les chars Abrams, dont au moins 5 sur les 31 ont été détruits par les Russes, allaient quitter le front. L’omniprésence des drones ennemis a rendu difficile l’emploi de ces chars insuffisamment protégés, dont la valeur unitaire est d’environ 8 à 9 millions de dollars. Considéré parfois comme obsolète vu du ciel, l’utilisation du char reste néanmoins indispensable sur le champ de bataille pour protéger les troupes au sol. Il reste l’unique moyen pour percer les défenses adversaires.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10391" aria-describedby="caption-attachment-10391" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10391 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337.jpg?resize=640%2C481&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="481" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337-scaled.jpg?resize=1024%2C769&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337-scaled.jpg?resize=768%2C577&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337-scaled.jpg?resize=1536%2C1154&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337-scaled.jpg?resize=2048%2C1538&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1715205280337-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10391" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un véhicule blindé australien calciné est également exposé à Moscou. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis le début de la guerre, la Russie aurait perdu de son côté plus de 2 500 chars de combat. Le coût important du T-14 Armata, estimée entre 4 et 6 millions d&rsquo;euros, est considéré comme étant trop précieux pour être envoyé sur le front. L’armée russe préfère ainsi utiliser des modèles plus anciens, moins technologiques mais plus faciles à produire à moindres frais.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-ukraine-dodessa-a-mykolaiv-un-calme-oppressant/11/11/2022/">REPORTAGE – Ukraine : d’Odessa à Mykolaïv, un calme oppressant</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le conflit ukrainien met également en avant la faiblesse de certains équipements militaires comme les hélicoptères qui ont disparu du champ de bataille. Une guerre qui permet aux États-majors de réfléchir en profondeur sur l’utilisation et la transformation de leurs matériels. Dans un conflit de haute intensité couplée d’une attrition très forte, la nécessité de disposer d’une masse d’hommes, d’équipements, de munitions et d’une logistique implacable s’avère essentiel.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/guerre-en-ukraine-moscou-expose-ses-trophees/09/05/2024/">Guerre en Ukraine : Moscou expose ses «trophées»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cercle de Réflexion Interarmées]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jun 2023 21:42:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Cercle de Réflexion Interarmées]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Pacifique]]></category>
		<category><![CDATA[Taïwan]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8924</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 04/06/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Dans ce contexte de tensions entre la Chine et Taïwan, des généraux français regroupés au sein du <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/cercle-de-reflexion-interarmees/">Cercle de réflexion interarmées</a> ont</strong><strong>&nbsp;rédigé un rapport </strong><strong>mettant en lumière les enseignements de la France dans ce conflit. Présent dans le Pacifique, Paris doit protéger ses intérêts dans la région et jouer un rôle important pour éviter toute escalade.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La guerre en Ukraine voit l’affrontement entre les États-Unis et leurs alliés otaniens, contre la Russie, considérée, par Washington, comme héritière des ambitions de l’URSS. Il s’agit en fait, au nom de la liberté et de la défense des valeurs des démocraties, de mettre à bas un concurrent possible à la suprématie américaine. Cette opération devrait être le prélude à un antagonisme, déjà montant, avec la Chine, le nouvel et puissant adversaire, dont les ambitions hégémoniques ne font aucun doute sur Taïwan et dans le monde. Les États-Unis refusant, pour des raisons historiques, toute contestation de leur statut de maître du monde, vont chercher à entraîner, dans un face-à-face dangereux, une fois encore, leurs alliés de l’OTAN.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En dépit des statuts de cette organisation la réservant à la défense d’un membre qui aurait été agressé, une majorité semble se dessiner pour suivre Washington dans cette aventure. Le basculement de l’intérêt stratégique sur l’Indo Pacifique va nécessairement impliquer le destin de la France, d’autant qu’elle est un des rares pays européens à avoir des intérêts majeurs dans cette zone.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une puissance française dans le Pacifique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">De part son histoire, la France est présente territorialement en Indo-Pacifique. Elle conserve des liens culturels forts avec certains pays de la zone comme le Vietnam, le Cambodge, le Laos et même la Corée du Sud. Ses intérêts économiques, humains et géopolitiques y sont beaucoup plus directs et notables qu’en Ukraine. Elle n’y est donc pas une nation étrangère. Sa parole peut encore compter même si elle est en butte, dans cette région, sinon à l’hostilité, du moins à la méfiance du monde anglo-saxon. Il en résulte, pour elle, un dilemme. Elle devra évoluer entre les ambitions avérées de la Chine et les soupçons de ses partenaires au sein de l’Alliance.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une cristallisation des oppositions entre les deux volontés hégémoniques chinoise et américaine sur Taïwan devrait permettre à la France, impliquée cette fois territorialement, économiquement et, in fine, stratégiquement, de renouer avec une géopolitique souveraine, ce que ne lui permet pas l’Union Européenne, trop inféodée aux États-Unis. La France pourrait tirer bénéfice de la crise qui s’annonce à condition d’être mesurée et de rechercher l’appui de pays partageant avec elle le souhait de ne pas sombrer dans la dépendance de l’un ou de l’autre des adversaires.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Confrontée à une approche anglo-saxonne risquant de s’avérer sans nuance dans les relations avec la Chine , la France devrait retrouver les ressorts de son indépendance politique. Elle devrait évidemment prendre ses distances avec l’OTAN, en rien concernée par ce conflit naissant, tout en restant fidèle à l’Alliance Atlantique. Elle devrait faire de même avec une UE, rendant la politique étrangère des nations membres inaudible, sans pour autant rejeter les nécessaires rapports entre les États. Pour défendre son vaste et riche domaine océanique, elle pourra s’appuyer sur le capital de respect et d’amitié en sa faveur, et susciter des alliances et des renforcements de cet héritage historique. Dans cette même optique, elle pourrait avec les partenaires désireux de bâtir un monde plus équilibré, poursuivre une volonté de donner, à nouveau, tout son sens à l’organisation des Nations Unies.</span></p>
<p><strong><a href="https://anonfiles.com/J5c3s8vdz9/De_l_Ukraine_a_Tai_wan_quels_enseignements_pour_la_France_Avril_2023_pdf">Lire le rapport</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><center></p>
<hr width="50%">
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<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>REPORTAGE – Ukraine : d’Odessa à Mykolaïv, un calme oppressant</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-ukraine-dodessa-a-mykolaiv-un-calme-oppressant/11/11/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Pierre d'Herbès]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Nov 2022 21:17:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Blondin]]></category>
		<category><![CDATA[Kiev]]></category>
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		<category><![CDATA[Pierre d’Herbès]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
		<category><![CDATA[Voloymyr Zelensky]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 11/11/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-ukraine-dodessa-a-mykolaiv-un-calme-oppressant/11/11/2022/">REPORTAGE – Ukraine : d’Odessa à Mykolaïv, un calme oppressant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>REPORTAGE. Après 6 mois de guerre*, les villes d’Odessa et de Mykolaïv s’adaptent au conflit. Autrefois prisées par les touristes pour leur accès à la mer Noire, elles ne sont aujourd’hui plus que l’ombre d’elles-mêmes.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les alarmes retentissent une nouvelle fois à Odessa. Mais les fidèles de la cathédrale de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie ne semblent pas s’en soucier. Dans cette bâtisse du XIXe siècle, remplie de fidèles, l’heure est d’abord à la prière et au recueillement. La guerre est proche et pourtant, le désir de « vivre comme avant » demeure fort.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8369" aria-describedby="caption-attachment-8369" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8369" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev-.jpg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev--scaled.jpg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev--scaled.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev--scaled.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev--scaled.jpg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev--scaled.jpg?resize=2048%2C1153&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Blinde-dans-le-centre-ville-de-Kiev--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8369" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Des carcasses de blindés russes sont exposées dans le centre-ville de Kiev en août. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Quelques jours en arrière, nous arrivions depuis Kiev dans l’oblast d’Odessa. La ville méridionale et sa région furent abondamment bombardées dès les premiers jours du conflit. A peine arrivés, nous décidons de faire un détour par la petite ville touristique de Zatoka. Son pont ferroviaire, véritable nœud logistique stratégique reliant à la Roumanie, fait l’objet d’attaques russes. De nombreux pâtés de maisons y sont totalement détruits, certains seulement quelques jours avant notre passage. Aux abords de la ville et du pont, les soldats sont particulièrement méfiants, et les barrages sont nombreux. La fouille de notre voiture est de rigueur : certains nous soupçonnent même d’être des espions russes !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8377" aria-describedby="caption-attachment-8377" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8377" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky-.jpg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky--scaled.jpg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky--scaled.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky--scaled.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky--scaled.jpg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky--scaled.jpg?resize=2048%2C1153&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Statue-de-Bohdan-Khmelnytsky--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8377" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Face aux risques de bombardements, les statues sont protégées d&rsquo;éventuels dégâts collatéraux. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Odessa, une ville marquée par la guerre</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En ce dimanche les rues de cette ville portuaire sont désertes. Avec la guerre, les touristes ont fui cette station balnéaire fondée ex nihilo en 1794 par Catherine II de Russie et le Français Armand-Emmanuel du Plessis, duc de Richelieu. Tous deux bénéficient d’une présence conséquente dans la ville mais la célèbre place où trône fièrement celle du Duc est fermée au public. Et pour cause, elle est la porte d’entrée du port d’Odessa, lui aussi fermé d’accès. Quelques semaines auparavant, l’attention du monde entier était rivée sur les cargos de blé ukrainien, bloqués sur ses docks. Impossible également d’accéder aux célèbres 192 marches de l’escalier du Potemkine, devenu célèbre grâce au tournage du film « Le Cuirassé Potemkine », en 1925.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8374" aria-describedby="caption-attachment-8374" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8374" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine-.jpg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine--scaled.jpg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine--scaled.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine--scaled.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine--scaled.jpg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine--scaled.jpg?resize=2048%2C1153&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Route-Ukraine--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8374" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">De nombreuses casemates viennent ponctuer la route entre Kiev et Odessa. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Traumatisée par l’invasion russe, plus de la moitié de la population a fui la ville au printemps. Mais le quotidien a repris ses droits. Aujourd’hui, les habitants continuent à vivre au rythme des alertes. Les chauffeurs de bus touristiques, qui tournent autour du grand théâtre d’Odessa, bien reconnaissables à leurs formes originales, sont presque vides. Rares sont ceux qui effectuent encore des rotations touristiques, au grand dam de leurs chauffeurs. « Les touristes qui font des circuits sont généralement des Ukrainiens ayant fui leur région et profitent de s’être installé dans la ville pour visiter » nous explique Katya, docteur en langue anglaise et professeur associé à l’Université Nationale d’Odessa, qui nous accompagne. D’origine russe mais profondément ukrainienne, elle s’inquiète du mouvement de dé-russification opéré par le gouvernement et craint que la statue de Catherine II de Russie ne disparaisse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8375" aria-describedby="caption-attachment-8375" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8375" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa-.jpg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa--scaled.jpg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa--scaled.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa--scaled.jpg?resize=768%2C433&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa--scaled.jpg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa--scaled.jpg?resize=2048%2C1154&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sable-a-Odessa--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8375" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Malgré les températures de saison, les plages d&rsquo;Odessa sont vides. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A l’Est d’Odessa, on trouve les plages de la ville et leurs restaurants habituellement bondés et déserts cette année. Auparavant, la ville accueillait jusqu’à plusieurs millions de touristes en haute saison. Les touristes ont laissé la place aux mines installées par l’armée ukrainienne : placées là dans l’éventualité d’un débarquement russe au plus fort de l’avancée des troupes moscovites sur le territoire ukrainien en février dernier. Désormais, des panneaux « Danger ! Mines » interdisent l’accès à ces plages. Pour pallier ce manque, certains irréductibles Odessites étendent leur serviette de plage sur le bitume et bronzent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La « Marseille d’Ukraine »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’histoire de la ville, grande station balnéaire, est riche. Ses surnoms sont nombreux et flatteurs : la « Perle de la mer », la « capitale du sud », la « capitale de l’humour », la « Palmyre du Sud » ou encore la « Marseille d’Ukraine ». Ils témoignent tous du prestige de la ville dans l’histoire de la région. D’abord port franc de 1819 à 1858, la ville devient un important port de commerce et accueille une base navale durant l’ère soviétique. L’architecture historique de style méditerranéen est fortement influencée par les styles français et italien avec un mélange d’Art nouveau, de renaissance et de classicisme.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8376" aria-describedby="caption-attachment-8376" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8376" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev-.jpg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev--scaled.jpg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev--scaled.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev--scaled.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev--scaled.jpg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev--scaled.jpg?resize=2048%2C1153&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Sacs-de-sable-dans-le-metro-a-Kiev--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8376" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Des sacs de sable sont entassés dans les couloirs du métro à Kiev. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La beauté méridionale de l’architecture subsiste. Le prestige de la ville, qui était encore récemment sous blocus de la flotte russe, demeure ; mais sans que la haute saison ne remplisse et ne fasse fonctionner l’économie locale. Les hôtels sont vides. Seuls les Ukrainiens occupent l’espace et profitent de l’atmosphère estivale, ainsi que quelques journalistes en quête d’exclusivités. « Autrefois, le monde entier, en particulier les Russes et les Turcs, venaient dépenser leur argent le temps d’un week-end ou de quelques jours dans la ville. Mais maintenant, c’est terminé » nous explique Katya.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La ville accueille officiellement 90 000 réfugiés venant de la zone de Kherson. «<em> Ce chiffre est sous-estimé</em> » rétorque Sergei Kostian , qui gère The Way home, une association venant en aide aux familles de réfugiés. D’origine russe, et arborant une coiffure de cosaque, Sergeï est arrivée à l’âge de 3 ans en Ukraine. Son cœur appartient désormais à son pays d’adoption dont il accueille les réfugiés en provenance de Kherson et Mykolaïv. « <em>Grâce à l’entraide, nous avons pu accueillir des milliers de réfugiés. La majorité de nos dons proviennent de grandes associations</em> » nous indique-t-il. Hommes, femmes, enfants, la structure peut accueillir 45 personnes et dispose de 16 centres dans l’oblast dont quatre à Odessa. Julia, une des réfugiés accueillis nous raconte son histoire. Sa prunelle, livide et hagarde, est celle de ceux qui en a trop vu. « Je devais partir pour sauver mes enfants » nous dit-elle. Avant d’ajouter, fataliste : « <em>Je ne sais pas ce qu’il adviendra dans le futur</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un calme en trompe l’œil</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La légèreté de l’atmosphère de la ville contraste avec la guerre qui se poursuit à une centaine de kilomètres de là. Dans un jardin du centre-ville, des enfants réalisent une chorégraphie sous le regard attendri de leurs parents. Ils apportent de la légèreté au quartier dont les bars et restaurants sont ouverts et à la recherche de clients. Les passants marchent tranquillement et les jeunes gens, déambulent, consomment et s’attablent en petits groupes. Tout semble faire oublier les combats qui saignent le pays. Mais, par-delà cette artificielle festivité, les regards sont fermés, les traits sont tirés.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8368" aria-describedby="caption-attachment-8368" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8368" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Draeau-.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8368" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Certains drapeaux ukrainiens ornent le local d&rsquo;Alexander à Odessa. ©Pierre d&rsquo;Herbès</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Parallèlement, la ville subit de plein fouet la crise économique. A peine sommes-nous attablés dans un bar que le directeur de l’établissement s’enquiert de nos moyens de paiement. « <em>Aujourd’hui, nous n’acceptons que le paiement en espèces</em> » nous prévient-il. Dans ce pays en guerre, les espèces sont rares et très recherchées. Quelques jours plus tôt, à Kiev, les distributeurs de billets plafonnaient nos retraits à 500 Hryvnia (équivalant à 13,50€). L’objectif ? Limiter l’inflation en réduisant les retraits d’argent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une ville en posture de défense</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le contraste entre la guerre et le calme qui règne dans la ville est perturbant sans être surprenant. Même la guerre ne peut venir à bout de la vie quotidienne. Odessa n’en contribue pas moins à l’effort de guerre. Certains habitants participent de manière active au conflit. Katya nous emmène dans une rue assez calme d’Odessa non loin du port à la rencontre d’Alexander**, un ancien guide touristique reconverti dans l’aide humanitaire. De l’extérieur, rien ne laisse présager l’existence de ses locaux pourtant célèbres dans tout le pays. Et pour cause, la localisation est tenue secrète, le lieu étant considéré par les Ukrainiens comme un objectif militaire. Avec d’autres amis, Alexander a décidé d’aider les Ukrainiens, civils ou militaires, qui manquent de matériels. Le but est bien d’équiper tous les volontaires qui partent combattre l’armée russe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8372" aria-describedby="caption-attachment-8372" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8372" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/GIlet-.jpg?resize=640%2C853&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="853" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/GIlet-.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/GIlet-.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/GIlet-.jpg?resize=1152%2C1536&amp;ssl=1 1152w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/GIlet-.jpg?resize=1024%2C1365&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/GIlet-.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/GIlet-.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8372" class="wp-caption-text">Du matériel de protection est stocké par les volontaires. ©Pierre d&rsquo;Herbès</figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Couvertures, kit de premiers secours tactiques, médicaments, équipements de camouflage, protections balistiques, détecteurs de métaux : les installations disposent de l’ensemble du matériel nécessaire à un combattant, les armes à feu en moins. « <em>Nous recevons du matériel et de l’aide du monde entier, dont la France. Le plus gros des dons provient de Pologne</em> ». Alexander insiste : l’immense majorité de son matériel est issue de dons privés. « <em>Chaque demande est étudiée et nous fournissons le matériel gratuitement à ceux qui nous le demandent. De nombreux soldats manquent de tout. Nous sommes là pour les aide</em>r » nous explique-t-il. Alexander revendique ainsi avoir équipé plus de 7 000 combattants : un record en Ukraine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8370" aria-describedby="caption-attachment-8370" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8370" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible-.jpg?resize=640%2C853&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="853" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible--scaled.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible--scaled.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible--scaled.jpg?resize=1152%2C1536&amp;ssl=1 1152w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible--scaled.jpg?resize=1536%2C2048&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible--scaled.jpg?resize=1024%2C1365&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Cible--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8370" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Une affiche du président russe Vladimir Poutine dans le local. ©Pierre d&rsquo;Herbès</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avec des dizaines de milliers de morts, disparus ou blessés, Kiev paie le prix d’une guerre de haute intensité. La guerre est totale, du côté ukrainien. La stabilisation du front depuis plusieurs mois avait participé à la violence des combats. Au moment où nous nous y trouvons, les deux camps souhaitaient « relancer » la guerre de mouvement et se livraient à des duels d’artillerie pour écraser les positions et les arrières logistiques adverses. « <em>Certains soldats souffrent psychologiquement du décalage avec le front lorsqu’ils reviennent pour leur permission</em> » nous précise Katya. « <em>Mais nous ne pouvons pas nous empêcher de vivre normalement. C’est ce qui nous fait tenir</em> ». Quelques jours après notre départ, l’Ukraine lançait une offensive dans la région de Kherson, suivi plus tard par l’offensive de Kharkov.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Mykolaïv, une ville aux portes du front</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A quelques dizaines de kilomètres d’Odessa, se trouve la ville de Mykolaïv, aux abords de la mer Noire. C’est la dernière ville avant le front qui ne se situe qu’à une vingtaine de kilomètres. Malgré la guerre, la route M14 est relativement facile d’accès et se trouve être en parfait état. Sur le trajet, des dizaines d’Ukrainiens profitent de la chaleur de cette fin du mois d’août pour se baigner. De quoi mettre le conflit de côté le temps d’une après-midi. Sur plusieurs dizaines de minutes de trajet, des centaines de camions végètent sur le bas-côté, attendant de rentrer dans un entrepôt. Très vite, nous sommes de nouveaux seuls sur la route, un calme entrecoupé par le passage des voitures se dirigeant vers Odessa. Plus tard, nous traversons un hameau plein à craquer de camions qui nous coupent la voie. Autour de nous passent locaux et voyageurs qui se dirigent vers les rares commerces du lieu. Puis passent des militaires bedonnants, armés jusqu’aux dents et fiers d’exhiber leur matériel.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8391" aria-describedby="caption-attachment-8391" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-8391 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo-.jpg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo--scaled.jpg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo--scaled.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo--scaled.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo--scaled.jpg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo--scaled.jpg?resize=2048%2C1153&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo--scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Zoo--scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8391" class="wp-caption-text">Malgré la guerre, le zoo de Mikolaïv est ouvert au public. ©Charles de Blondin</figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La ville surprend par son calme oppressant. Dans la plupart des quartiers, c’est une ville morte. Hormis les voitures qui circulent sur les grands axes, les habitants se font rares. Sur la place de la mairie, des barrages et des obstacles antichars sont dressés. Un convoi passe et puis plus rien. Quelques personnes sortent d’un supermarché barricadé ; des palissades en bois ont été apposées sur les fenêtres pour les protéger d’éventuels souffles d’explosions. « <em>La moitié des habitants de Mykolaïv a quitté la ville</em> » nous indique Cyril, un habitant resté sur place. « Dans cette église, il n’y a plus que quelques dizaines de paroissiens qui s’y rendent encore » nous raconte-t-il en nous montrant une église luthérienne. « <em>La plupart de ceux qui ne sont pas partis n’en avaient soit pas les moyens soit n’avaient pas de familles chez qui résider en Ukraine</em> » précise ce professeur d’économie qui a choisi de rester, « car la situation est encore tenable ». La ville est régulièrement frappée par l’armée russe ; mais les bombardements ne sont pas très intensifs. Les destructions sont bien présentes, et au cœur du centre-ville, sans être très nombreuses. La majorité des frappes se concentrent dans l’arrière-pays.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8392" aria-describedby="caption-attachment-8392" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8392" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Eglise-.jpg?resize=640%2C853&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="853" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Eglise-.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Eglise-.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Eglise-.jpg?resize=1152%2C1536&amp;ssl=1 1152w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Eglise-.jpg?resize=1024%2C1365&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Eglise-.jpg?w=1536&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/11/Eglise-.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8392" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;église luthérienne du Christ-Sauveur à Mikolaïv. ©Pierre d&rsquo;Herbès</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A la sortie de la ville, en direction de Kherson, les barrages de l’armée se multiplient. Les traits durs, et les expressions méfiantes, les soldats contrôlent les véhicules pendant que d’autres se reposent dans leurs casemates. Des mannequins habillés de treillis y sont aussi positionnés, tels d’immuables gardiens. Les panneaux de propagande, et de recrutement, à la gloire de l’armée jalonnent les bas-côtés des routes et des avenues.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A Mykolaïv, les alertes sont très fréquentes, jusqu’à rythmer la vie des habitants presque tous les jours. En ce dimanche, celles-ci retentissent alors que nous sommes attablés dans un des rares cafés de la ville encore ouvert. Mis à part deux tables, la terrasse est quasiment vide. La serveuse nous demande, ainsi qu’à quelques clients de rentrer. Les sirènes se dissipent quelques minutes plus tard. Le soir même, un bombardement fera 2 morts et 11 blessés. Un quotidien qui pourrait changer en fonction de l’offensive ukrainienne dans la région. L’esprit de défense semble bien présent, même si plus sobrement exprimé qu’à Kiev.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">* A la suite de notre visite fin août 2022</span><br />
<span style="color: #000000;">** Le prénom a été changé</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu : le fondateur d’Odessa</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/armand-emmanuel-du-plessis-de-richelieu-le-fondateur-dodessa/18/10/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2022 20:13:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu]]></category>
		<category><![CDATA[Odessa]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 18/10/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/armand-emmanuel-du-plessis-de-richelieu-le-fondateur-dodessa/18/10/2022/">Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu : le fondateur d’Odessa</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu est un officier, diplomate et homme politique français. Il est célèbre pour avoir fondé et gouverné la ville d’Odessa sur la mer Noire.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les premiers liens entre l’Ukraine et la France remontent au milieu du XIe siècle. A cette époque, une délégation française est envoyée pour demander la main d’Anne de Kiev pour le compte du roi de France, Henri Ier. Leur union permettra de perpétuer la dynastie des Capétiens qui règnent sur le royaume de France. Depuis, les relations se sont distendues. Quelques milliers de Cosaques seraient venus s’enrôler dans l’armée du Grand Condé au XVIIe siècle. Mais il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle avec l’arrivée du duc de Richelieu pour qu’une présence française&nbsp; se développe au travers de la ville d’Odessa qui accueillit des émigrés français ayant fui la terreur révolutionnaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le « père fondateur »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Né le 25 septembre 1766, Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu est le petit-fils du maréchal de Richelieu. En 1785, il est admis dans les régiments de dragons de la reine Marie-Antoinette. Capitaine dans un régiment de Hussards en 1789, Marie-Antoinette lui demande de rejoindre Vienne l’année suivante pour s’entretenir avec l’empereur Joseph II d’Autriche lequel pourrait être un allié de taille en pleine révolution française. L’empereur Joseph étant mort à son arrivée, Richelieu participe au couronnement de son successeur, Léopold II et en profite pour rejoindre l’armée russe contre les Ottomans. Il participe à la prise de la ville d’Izmaïl, non loin d’Odessa et reçoit pour bravoure de la main de Catherine II de Russie, l’ordre de Saint-Georges. Après un bref retour en France au service de Louis XVI puis un passage dans l’armée des émigrés, il rejoint les troupes russes où il est promu général de corps d’armée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1803, le nouvel empereur de Russie, Alexandre Ier le nomme gouverneur de la ville d’Odessa et de la « Nouvelle Russie », territoire comprenant une partie de l’actuel Moldavie, le long de la Mer Noire, jusqu’à Donetsk en mer d’Azov. Très vite, il mène une politique de développement de ce qui est encore un village et qui deviendra en quelques années une capitale de province. Aujourd’hui encore, Odessa garde le souvenir de cette figure populaire dont une statue trône dans le centre-ville, non loin du port. Actuellement, la guerre en Ukraine rend difficile sa visibilité, le port étant fermé à toute circulation. En 1812, alors que la peste fait des ravages, il reste fidèle à son poste et prend les décisions nécessaires pour sortir la ville du cauchemar.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le retour en France</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1814, Richelieu se voit rétablir ses anciennes charges par le nouveau roi Louis XVIII. Il est nommé Pair de France et premier gentilhomme de la Chambre. Lors du retour de Napoléon de l’île d’Elbe, il reste fidèle au roi et va défendre ses intérêts auprès du tsar Alexandre. Lors de la Seconde restauration, il rentre en France et se met au service du roi en tant que chef de gouvernement. La mission est délicate : les tensions entre royalistes, républicains et bonapartistes est à son comble. Ses liens avec la Russie lui permettent d’obtenir quelques concessions lors de la signature du second traité de Paris. Il perçoit ce document comme une humiliation : la France est ramenée à ses territoires de 1790, elle doit subir pendant 3 ans une occupation militaire et doit s’acquitter d’une indemnité de guerre de 700 millions de francs.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La même année, les milieux royalistes s’agitent contre les partisans des Cent-Jours. La loi sur les cris et écrits séditieux est votée en novembre 1815. Qualifiée de « terreur légale » par ses détracteurs, elle permet d’arrêter des dizaines de milliers de personnes et de destituer de très nombreux fonctionnaires. Cette période se termine par la condamnation à mort du maréchal Ney. Après avoir pressé l’Empereur Napoléon Ier d’abdiquer à Fontainebleau, il est l’un des premiers maréchaux à se rallier aux Bourbons en 1815 ce qui lui vaut autant de respect de la part de Louis XVIII qui le comble d’honneur, que de mépris par la classe aristocratique. Ney se rallie à nouveau à Napoléon pendant les Cent-Jours après avoir promis au roi de le « ramener dans une cage de fer ». Richelieu en profite pour faire voter une loi d’amnistie ce qui lui attire les foudres des ultras-royalistes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La difficulté du pouvoir</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1818, le Traité d’Aix-la-Chapelle est signé. Son objectif est de réviser et de solder le traité de Paris de 1815 en diminuant les indemnités de guerre à payer, à accélérer le retrait des forces d’occupation notamment. Le succès de ce traité va permettre aux différentes forces politiques de favoriser l’ébranlement ministériel. Ces tensions ont pour conséquence la démission de Richelieu laquelle est refusée par le roi qui préfère éloigner son ministre de la Police Decazes. Malgré le remaniement, le nouveau gouvernement désormais plus à droite ne tient que quelques jours. Richelieu remet sa seconde démission à Louis XVIII qui l’accepte. L’ancien ministre de la Police Decazes est chargé de nommer le nouveau gouvernement en décembre 1818.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’assassinat du duc de Berry, prince de la maison de Bourbon et fils du futur Charles X provoque le retour de Richelieu. Rappelé aux affaires une seconde fois, il est désapprouvé par son aile gauche et son aile droite et perd le soutien du roi. Il démissionne une nouvelle fois en décembre 1821. Sa santé déclinant peu à peu, il meurt d’apoplexie le 17 mai 1822 sans héritier direct.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
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<p></center></p>
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		<title>Ukraine : une fête d&#8217;indépendance sous haute tension</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/ukraine-une-fete-dindependance-sous-haute-tension/24/08/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Pierre d'Herbès]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Aug 2022 21:25:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Blondin]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Kiev]]></category>
		<category><![CDATA[Marioupol]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre d’Herbès]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Voloymyr Zelensky]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 24/08/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/ukraine-une-fete-dindependance-sous-haute-tension/24/08/2022/">Ukraine : une fête d&rsquo;indépendance sous haute tension</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Alors que l&rsquo;Ukraine fête son indépendance ce 24 août, les rassemblements ont été interdits. Les autorités craignent un regain offensif des forces russes sur le territoire cette semaine.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 24 août, l&rsquo;Ukraine célèbre sa fête nationale, 31 ans après son indépendance de l&rsquo;URSS. Cette date correspond également au début de l&rsquo;invasion russe débutée il y a 6 mois sur le territoire ukrainien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Vers une intensification des bombardements&nbsp;? </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les autorités ukrainiennes ont annoncé en début de semaine craindre une intensification des attaques russes sur le territoire. « <em>Nous devons être conscients que, cette semaine, la Russie pourrait essayer de faire quelque chose de particulièrement odieux, quelque chose de particulièrement cruel</em>. » a annoncé le président Ukrainien, Voloymyr Zelensky dans un discours samedi soir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Alors que le 23 et 24 août, le gouvernement a interdit tout célébration afin d&rsquo;éviter de potentiels risques pour la population, l&rsquo;ambassade américaine a appelé ses ressortissants à quitter immédiatement le pays « <em>en utilisant les moyens de transport terrestres privés disponibles si cela est possible sans danger</em> ». Selon les renseignements américains, la Russie devrait « <em>intensifier ses efforts pour lancer des frappes contre les infrastructures civiles et les installations gouvernementales de l&rsquo;Ukraine dans les prochains jours.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Même si la&nbsp; physionomie du théâtre d’opérations ne laisse guère présager une&nbsp; offensive massive des russes, des bombardements ayant occasionnés des pertes civiles ont été signalées par Kiev. Selon le président Zelensky, une gare ferroviaire aurait été frappée dans la région de Dniepropetrovsk, entrainant la mort d’au moins 22 personnes et une cinquantaine de blessés. Alors même que le Premier ministre britannique, Boris Johnson est en visite surprise dans la capitale pour le jour de l’indépendance.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Procès à Marioupol </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Simultanément, la télévision russe diffusait des images susceptibles d&rsquo;indiquer la tenue d&rsquo;un procès à Marioupol ces jours-ci. Moscou souhaite juger les « criminels nazis » de l&rsquo;organisation Azov capturés dans l&rsquo;usine Azovstal. Qualifié de « méprisable » par le président Ukrainien, ce procès constituerait une ligne rouge dans les processus de négociation. « <em>Si ce procès méprisable a lieu, si nos compatriotes sont amenés dans ces lieux en violation de tous les accords, de toutes les règles internationales, il y aura des abus. Ce sera la ligne au-delà de laquelle aucune négociation ne sera possible. La Russie se coupera des négociations. Il n&rsquo;y aura plus de dialogue</em> », a prévenu Voloymyr Zelensky.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8019" aria-describedby="caption-attachment-8019" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8019" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3.jpeg?resize=640%2C361&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="361" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3-scaled.jpeg?resize=1024%2C577&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3-scaled.jpeg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3-scaled.jpeg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3-scaled.jpeg?resize=1536%2C865&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3-scaled.jpeg?resize=2048%2C1153&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3-scaled.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/08/processed-47b79ce1-ded3-4684-9467-5f6319298485_2uNjPgH3-scaled.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8019" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Une affiche appelant à la libération des combattants d&rsquo;Azovstal est placardée en face de l&rsquo;exposition des blindés détruits. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans son discours de la fête du drapeau mardi, le président a réaffirmé sa volonté de voir flotter les couleurs nationales sur l&rsquo;ensemble du territoire y compris la Crimée. Le lendemain, jour de la fête nationale,&nbsp;il a rappelé que l&rsquo;Ukraine se battra « <em>jusqu’au bout</em> »&nbsp;sans « <em>aucune concession ni compromis</em> » avec la Russie. Dans le même temps, une banderole appelle à la libération sans condition de ces prisonniers de guerre sur l&rsquo;avenue Khreschatyk dans le centre-ville de Kiev. Sur cette avenue, des dizaines de blindés russes de tous types, détruits et récupérés à l’ennemi, ont été installés afin de servir de trophées. Une démonstration de force destinée à faire valoir la détermination du président face à la Russie, sûr de son soutien des pays occidentaux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans un message vidéo diffusé mardi, le président français a exprimé sa volonté de soutenir l’Ukraine dans la durée et a rappelé son souhait de défendre la souveraineté de l’Ukraine. Le même jour, Emmanuel Macron interpellait son homologue russe dans le but de planifier une rencontre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) au sujet de la centrale Zaporija. La Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement de bombardement sur cette installation critique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
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<p></center></p>
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		<title>Guerre en Ukraine : vers un coup d’arrêt de l’hégémonie américaine ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/guerre-en-ukraine-vers-un-coup-darret-de-lhegemonie-americaine/04/04/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Henri Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Apr 2022 22:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Biden]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 04/04/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/guerre-en-ukraine-vers-un-coup-darret-de-lhegemonie-americaine/04/04/2022/">Guerre en Ukraine : vers un coup d’arrêt de l’hégémonie américaine ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Depuis 2014, et en dépit des avertissements de la Russie et d’autres pays sur le risque de conflit, les Européens ont mal&nbsp;</strong><b>analysé la situation.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Poursuivant le barrage otanien de la Russie, les États-Unis ont suscité la demande d’adhésion de l’Ukraine. Il est évident que la Russie ne pouvait admettre l’incorporation de ce pays dans l’OTAN. Le gouvernement de Moscou aurait non seulement été totalement cerné par une organisation qui lui est hostile, avis partagé par les Russes du Donbass qui souhaitent conserver leur relation privilégiée avec la Russie. Le gouvernement de Kiev était d’ailleurs sur le point de lancer une offensive pour les soumettre et, en février, avait massé ses troupes face à ce territoire. Il y avait donc urgence pour Moscou d’agir. Washington souhaitait cette « opération militaire spéciale ». Elle allait permettre à la fois de prouver la dangerosité de la Russie, de consolider le lien de subordination des Européens et affaiblir économiquement la Russie puis l&rsquo;Europe au profit des États-Unis.&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">L&rsquo;objectif russe</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Au bilan provisoire, l’armée russe ne permettant pas l’occupation de l’ensemble du terrain adverse, s’est trouvée confrontée à la difficulté de faire plier immédiatement le gouvernement ukrainien soutenu par ses alliés. Compte tenu de ses effectifs limités, ses chefs n’avaient aucunement l’intention d’occuper la totalité du territoire ukrainien mais bien de provoquer une remise à plat de la politique de l’Ukraine en isolant les principaux centres urbains, dont Kiev, capitale historique des deux pays, et en détruisant les sites stratégiques. Méconnaissant l’âme slave, les « Occidentaux », ne pouvant pas intervenir militairement au risque d’un conflit majeur, ont pris toutes sortes de sanctions contre Moscou pour affaiblir l’économie du pays. Désormais, l’Ukraine sera vraisemblablement finlandisée, la Crimée sera admise comme telle et les deux républiques du Donbass seront reconnues. Au bilan, les Russes auront gagné.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une guerre déjà remportée ?</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Poussés vers les Chinois, ils s’échapperont de l’impérialisme du dollar et entraîneront probablement avec eux des pays pesant économiquement. Ces pays émergents auront compris leur vulnérabilité lors de la neutralisation des fonds de la banque centrale russe. Les réserves russes en dollars sont tombées à moins de 50% et avec la Chine, la Russie achète massivement de l’or. Incidemment, remarquons que le groupe Wagner au Mali se fait rétribuer par l’octroi de concessions aurifères. Le monopole anglo-saxon dans la gestion monétaire et financière mondiale cessera, ce qui nuira largement à la puissance américaine. L’OTAN subira un échec, mais survivra car les États-Unis en ont besoin et certains pays européens y croiront encore ; mais jusqu’à quand ? Quant aux gouvernements des principales puissances européennes, peut-être réaliseront-ils les dangers que le suivisme américain leur fait courir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous avons, notamment pu constater que le gaz russe était indispensable à l’Allemagne et à quelques autres, et que les échanges commerciaux avec la Russie étaient loin d’être négligeables. L’importance de la Russie, dans nos échanges est telle, qu’aucune ambassade « occidentale » à Moscou n’a été fermée ou l’ambassadeur rappelé.&nbsp;En Ukraine, si nous faisons abstraction des sites stratégiques détruits, le pays continue à vivre tant bien que mal. Les voitures circulent, les commerces fonctionnent, les gens vaquent à leurs occupations. Et la France dans cette affaire ? Nous avons bien vu que certaines entreprises rechignaient, à juste titre, à quitter la Russie et que le chef de l’État (d’autres auraient fait de même) continuait fort justement à parler avec M. Poutine.&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Vers un retour aux États-Nations</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">D’ores et déjà, il est évident que le retour aux États-Nations est devenu une nécessité. Observons, incidemment, le paradoxe de ces européistes actuellement au pouvoir, qui encouragent le renforcement du nationalisme ukrainien… La protection des entreprises et l’indépendance dans tous les domaines stratégiques, dont au premier chef dans les aspects strictement militaires, viennent de recevoir une seconde preuve de leur pertinence après les errements de la lutte contre le Covid-19. La France devra donc au plus vite se retirer du commandement militaire intégré de l’OTAN, organisme devenu incertain et dangereux, comme l’avait fait le général de Gaulle en 1966, et réfléchir aux modalités d’une possible coopération future avec l’Alliance Atlantique. Elle devra également récuser le système européen actuel dans sa dérive fédéraliste initiée avec le traité de Lisbonne et privilégier, dans un cadre général, de nations souveraines, des relations bi ou multilatérales avec des partenaires qui souhaiteront ces relations.</span><br />
<span style="color: #000000;">Et si cette crise était une chance pour la France ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><center></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p></center>&nbsp;</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/guerre-en-ukraine-vers-un-coup-darret-de-lhegemonie-americaine/04/04/2022/">Guerre en Ukraine : vers un coup d’arrêt de l’hégémonie américaine ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>RÉCIT &#8211; Ukraine : au cœur d&#8217;un convoi humanitaire français</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-au-coeur-dun-convoi-humanitaire-francais/21/03/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Baptiste Ramat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Mar 2022 17:42:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[ONG]]></category>
		<category><![CDATA[Pologne]]></category>
		<category><![CDATA[Récit]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Tous Entrepreneurs pour la Paix]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=7406</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 21/03/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-au-coeur-dun-convoi-humanitaire-francais/21/03/2022/">RÉCIT &#8211; Ukraine : au cœur d&rsquo;un convoi humanitaire français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b>Alors que la guerre fait toujours rage à l’Est, notre journaliste Jean-Baptiste Ramat a suivi deux volontaires français dans un convoi humanitaire qui apporte de l’aide aux réfugiés de guerre ukrainiens. Récit.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Dimanche 6 mars 2022, Gare de Massy Palaiseau</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le bruit, la foule, le bitume. L’Oise ? Connais pas ! Bienvenu en banlieue parisienne, Massy Palaiseau, succursale de Paname rattachée à la Ville Lumière par le RER. Tout autour des immeubles de bureaux, un bar, le très original « Café de la Gare », des individus indifférenciés courant dans un sens unique, loin de la gare ! Et surtout des voitures, partout des effluves de gazole et le cri strident des klaxons, plusieurs axes autoroutiers juste à côté, pas de verdure ; l’Enfer Urbain.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Fort heureusement, l’attente est terminée ! Une Citroën Jumpy marron triomphe des multiples feux tricolores pour se caler dans une rue adjacente, Loïc et Helen sortent de l’engin tout sourire. Les deux sont bénévoles dans une association catholique « <a href="http://entrepreneurspourlapaix.net/">Tous Entrepreneurs pour la Paix</a> », fondée en 2007 à Beaupréau-en-Mauges, charmante commune du Maine-et-Loire, venant en aide aux plus pauvres. Une dernière cigarette, et c’est parti pour Varsovie, environ quinze heures de route, le temps de traverser Belgique et Allemagne. La Citroën est chargée d’avant en arrière et jusqu’au toit : des boissons, des couvertures, des cartons, et surtout, beaucoup de conserves.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Helen m’explique que nous sommes suivis de quelques dizaines de kilomètres par un semi-remorque dépêché par l’association, qui contient l’essentiel des vivres récoltés : « <em>D’habitude nous distribuons surtout aux communautés religieuses et familles françaises, mais vu l’actualité on a décidé de monter un convoi pour les réfugiés de guerre ukrainiens. Il nous a fallu trouver un camion polonais pour transporter les trente-trois palettes de nourriture et produits d’hygiène que nous avions préparés</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le but de l’opération est d’apporter une partie des vivres à Varsovie, la première étape, avant de les acheminer à la frontière puis en Ukraine, où des sœurs Franciscaines se chargeront de la distribution.</span><br />
<span style="color: #000000;">A 18 h 30, nous réussissons enfin à nous extraire du périph’, merveilleux embouteillages si typiques de la région parisienne, le soleil finit de décliner, le crépuscule commence accompagné par la lumière jaunâtre des réverbères autoroutiers ; 1 600 kilomètres à prendre, la nuit va être longue.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Lundi 7 mars 2022, Varsovie</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Fourbus mais contents, nous arrivons à l’université d’Etat « Cardinal Stefan Wyszyński », où nous attend le contact de l’association française : Kazimierz Szałata, professeur de philosophie et d’éthique médicale, accessoirement francophone accompli. Homme affable et grisonnant, rien ne semble pouvoir entacher sa formidable motivation, vieux baroudeur de l’humanitaire, il est président de la fondation Raoul Follereau en Pologne. Se dépensant sans compter depuis le début de la guerre, la Pologne ayant accueilli plus d’un million de réfugiés, il détaille la situation dans son bureau après nous avoir offert un repas, le café et les gâteaux. Hospitalité slave oblige !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Après avoir déposé chez lui notre chargement en vivres, nous partons arpenter la Varsovie des réfugiés : la Gare Centrale et l’ancienne usine « Polska », renommée « Global Expo » et transformée en centre d’accueil.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La gare est bondée, partout des femmes et de jeunes enfants, couchant à même le sol, arrivant par trains entiers de Lviv ou de Kiev, attendant de prendre d’autres trains pour aller encore plus à l’Ouest. La police est présente partout en nombre, Kazimierz me dit qu’ils sont sur les nerfs « <em>Il y a des espions russes et des saboteurs qui sont arrivés dans les flots de réfugiés !</em> » m’assure-t-il. Ils essayent de repérer ceux qui prennent en photo les réfugiés. La paranoïa est de mise. Une mère ukrainienne, la trentaine, me fixe du regard, elle m’a vu prendre des photos. Je lui explique que je suis journaliste. Elle s’approche empreinte d’une froide dignité et me répète plusieurs fois en anglais « <em>Nous ne sommes pas SDF !</em> ». Ses trois petits sont juste derrière elle, assis sur une petite couverture, juste à côté d’une petite valise de voyage, tout ce qu’elle a pu emporter.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_7437" aria-describedby="caption-attachment-7437" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-7437 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/Entrepot-ou-sont-entreposes-les-dons-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-7437" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Entrepôt où sont entreposés les dons à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne. ©Jean-Baptiste Ramat</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Au centre d’accueil, l’ambiance est différente, morose, résignée. Contrairement à la gare, ici on ne cherche pas à partir, puisqu’on ne sait où aller. Nous sommes dans l’Est de Varsovie, sur la rive droite de la Vistule ; 1 300 lits occupent cette ancienne usine, c’est propre, l’odeur des désinfectants imprègne l’intérieur. Des dizaines de volontaires en gilet jaune, médecins, bénévoles parfois adolescents, et professionnels organisent le centre : un service de transport, un vestiaire, une distribution de biens et de vivres au quotidien. Les réfugiés, eux, sont hagards, désorientés. Parmi les hommes ukrainiens, on trouve un nombre significatif de sourds-muets et d’handicapés, ou de vieillards, accompagnés de femmes de tous âges et d’enfants. Il y a bien des hommes jeunes ou dans la force de l’âge, majoritairement des Afghans.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Mardi 8 mars 2022, frontière ukrainienne</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La petite gare de campagne tourne à plein régime depuis deux semaines, deux kilomètres plus à l’Est c’est l’Ukraine. Impossible de s’y rendre par hasard, les barrages de police et de l’armée polonaise quadrillent la zone. Le froid est plus intense, ici l’hiver n’est pas terminé. Sous un ciel bleu pâle parsemé de nuages gris, les familles débarquent, immédiatement prises en charge par un cortège de volontaires polonais et internationaux : médecins israéliens, membres de « Caritas », et même, des Témoins de Jéhovah. De grandes tentes remplies de matériel sont disposées un peu plus loin. Soudain, c’est l’agitation. Une dizaine de journalistes arrivent en trombe, suivis de policiers cagoulés et de voitures blindées. La première dame du pays, Agata Kornhauser-Duda, vient faire une visite opportune.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Mercredi 9 mars 2022, Varsovie</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dix heures, le matin du départ. Kazimierz a confié à Helen et Loïc le soin de ramener une famille ukrainienne en France, ils seront pris en charge par « Tous Entrepreneurs pour la Paix » une fois dans l’Ouest. Une « famille » est un bien grand mot pour nos passagers : deux enfants de moins de quatre ans, et Vera, leur mère. Hébergés jusque-là chez le professeur, nous rencontrons Vera dans la cuisine. Les traits tirés, ses grands yeux noirs jettent des regards vifs et inquiets, presque apeurés, elle nous fixe avec un demi-sourire crispé, pleine d’espoir. Son plus petit est un nourrisson de quelques mois, qu’elle ne quitte jamais et serre dans ses bras comme un réconfort.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_7438" aria-describedby="caption-attachment-7438" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-7438" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-768x1024.jpg?resize=640%2C853&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="853" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-scaled.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-scaled.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-scaled.jpg?resize=1152%2C1536&amp;ssl=1 1152w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-scaled.jpg?resize=1536%2C2048&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-scaled.jpg?resize=1024%2C1365&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/03/femme-avec-enfant-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-7438" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Une mère de famille ukrainienne tenant son enfant dans ses bras à à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne. ©Jean-Baptiste Ramat</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">J’échange avec elle quelques mots en russe, ses iris s’illuminent de curiosité, nous arrivons à nous comprendre. Son père a réussi à la suivre hors d’Ukraine, il est avec elle chez le professeur, mais leur chemin se sépare ici ; elle a l’espoir de rejoindre son frère, établi dans un pays lointain. Le père retourne en Ukraine rejoindre son épouse restée là-bas. Un dernier adieu, et c’est reparti pour la route.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Jeudi 10 mars 2022, Paris</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">De retour sur le bitume au milieu des réverbères, il fait nuit noire, Loïc et Helen viennent de me déposer, eux continuent avec Vera jusqu’au Mans. Vera et les petits ont jusque-là bien tenu le voyage, ils tiendront bien deux heures de plus ; pour moi ça s’arrête ici, dans le froid humide d’un mois de mars parisien, à quatre heures du matin, à réfléchir comment je vais pouvoir raconter ça dans un article.</span></p>
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<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/recit-ukraine-au-coeur-dun-convoi-humanitaire-francais/21/03/2022/">RÉCIT &#8211; Ukraine : au cœur d&rsquo;un convoi humanitaire français</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>Guerre en Ukraine : prenons de la hauteur pour comprendre le conflit</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/guerre-en-ukraine-prenons-de-la-hauteur-pour-comprendre-le-conflit/07/03/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Henri Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Mar 2022 09:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[OTAN]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=7347</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/03/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/guerre-en-ukraine-prenons-de-la-hauteur-pour-comprendre-le-conflit/07/03/2022/">Guerre en Ukraine : prenons de la hauteur pour comprendre le conflit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Abasourdis par le déversement d’informations monochromes des chaînes grand-public courant après une surenchère d’images et de commentaires destructeurs de la plus élémentaire objectivité, prenons quelques distances avec eux sur le sujet ukrainien. Le larmoiement dans un flot commun des journalistes et leur adhésion sans réflexion aux thèses de Biden et de ses commis ont fini par en lasser plus d&rsquo;un.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il m’apparaît ainsi que l’action conduite aujourd’hui par la Russie est davantage une guerre indirecte et défensive face à l’OTAN, que contre l’Ukraine. L’Ukraine n’étant qu’un théâtre très visible d’opérations et de prétextes. Il s’agit de ce que nous pouvons nommer un coup d’arrêt à l’expansionnisme américano-otanien. De ce seul point de vue, elle est donc justifiée pour Moscou.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une appartenance à l&rsquo;Occident</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Faisons une remarque essentielle : la Russie appartient à l’Occident traditionnel. Il suffit de relire l’histoire de ces derniers siècles pour le vérifier. Nous autres Français sommes particulièrement bien placés pour le savoir. Elle a été pleinement impliquée dans tous les événements qui ont marqué l’Europe, toujours par le biais d’alliances avec les unes ou les autres nations du continent. Cette implication s’est arrêtée en 1917 avec la révolution bolchevique qui l’a séparée, principalement, de la France et du Royaume-Uni. Seule la période soviétique l’a isolée, ainsi que les pays de l’Europe de l’est, de l’Europe dite de l’ouest, sauf évidemment lors de la seconde guerre mondiale face à la puissance hitlérienne où la part russo-soviétique à la libération de l’Europe a été tout aussi déterminante que le débarquement en Normandie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette période de soixante-dix ans s’est heureusement terminée, mais a provoqué des bouleversements qui empêchent toujours la Russie de retrouver sa nature et redevenir pleinement une puissance européenne. Quand le général de Gaulle parlait d’une Europe de « l’Atlantique à l’Oural », il n’affirmait pas autre chose que l’appartenance de la Russie au monde européen. Or la période de l’utopie marxiste a permis aux États-Unis, pays extérieur au continent, d’asseoir leur domination militaire, politique et financière sur le monde dit « libre ». L’effondrement de l’URSS en 1991, regardé comme leur victoire dans la guerre froide, a développé chez les stratèges étatsuniens une ambition démesurée. Leur orgueil outrancier, leur excessive certitude de détenir la vérité, ou, pour utiliser un terme grec aujourd’hui à la mode, leur hubris, les a amenés à tout faire pour développer une position hégémonique de plus en plus contestable et, d’ailleurs, contestée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une position hégémonique américaine</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ils ont cru pouvoir agir à leur gré dans le monde, imposer leurs principes politiques et économiques en entrainant avec eux, pour une sorte de légitimation de leurs actions, les pays d’une Alliance Atlantique maintenue. Ce furent toutes sortes d’interventions hors de la zone de l’Alliance, qui se soldèrent par des pertes humaines, militaires et civiles, en nombre considérable, des destructions et des échecs; Irak, Syrie, Libye, Afghanistan…avec, à l’appui de leurs opérations, des mensonges éhontés sur les risques que faisaient courir leurs victimes. Ils provoquèrent la dislocation de sociétés et de pays comme la Yougoslavie et contribuèrent à l’affirmation de la menace du totalitarisme islamique. Toutefois, la propagande de Washington, sans véritable possibilité de contestation, réussit toujours à minimiser les faits, voire à les présenter comme des réussites. Dans chacune de ces guerres, contre ses règles constitutives, l’OTAN a été impliquée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette alliance, rappelons-le, avait été créée le 4 avril 1949 pour assurer la Défense de ses membres nord-américains et ouest-européens face à la volonté expansionniste soviétique puis face au Pacte de Varsovie, lui même constitué 6 ans plus tard, le 14 mai 1955. Cette menace et le Pacte de Varsovie disparus, l’OTAN n’avait strictement plus aucune raison d’exister. Cependant il s’est avéré, aux yeux des gouvernements successifs étatsuniens, que l’OTAN représentait un instrument fort commode pour maintenir sous tutelle les pays européens et agir, si nécessaire, hors des contraintes onusiennes et du plus élémentaire respect du Droit international. Sa survie aidait, avant tout, à maintenir l’illusion d’une Russie dangereuse héritière de l’URSS, l’empêchant ainsi de se rapprocher des autres États du continent et de rendre à l’Europe sa force et son rôle. Cette puissante désinformation appuyait le déploiement d’un arsenal considérable hors de toute logique simplement sécuritaire. Il s’agissait de vendre de l’armement, d’imposer des normes communes liant dans la durée les États partenaires, de s’assurer d’une puissance dominatrice et de maintenir les subordinations.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un jumelage UE-OTAN</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Il est patent qu’une conjonction d’intérêts, une sorte de jumelage, existe désormais de manière étroite entre l’UE et l’OTAN. En conséquence nous découvrons, à l’occasion de la crise ukrainienne, un affichage ostentatoire de cette intimité de l’UE avec les États-Unis que nous pourrions retrouver aussi, plus subtilement, dans l’origine et le fonctionnement de cette organisation internationale. Il n’est donc pas étonnant que face à la Russie, une action unitaire décidée par Washington, relayée par ses protectorats européens, ait été pensée et mise en place.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans l’affaire ukrainienne, cette mauvaise foi et cette prétention démesurée à juger et à vouloir gérer le monde, est particulièrement évidente pour qui s’abstrait des images et commentaires médiatiques. Si nous revenons sur l’histoire récente, nous découvrons que le président russo-soviétique Gorbatchev avait reçu, en 1990, l’assurance que les pays de l’Europe de l’est, libérés de la tutelle de l’URSS, ne rallieraient pas l’OTAN. Nous savons ce qu’il est advenu de cette promesse… La Russie d’Europe est désormais presque totalement cernée par des pays incorporés à l’UE et à l’OTAN. La dernière pièce de cet encerclement, le territoire majeur offrant un contact immédiat avec elle, l’Ukraine, devenait donc un enjeu stratégique. Elle apparaissait comme une émanation de la Russie historique et comme voisine immédiate de la nouvelle Russie. Elle en est une nation sœur et la guerre actuelle, malgré les affirmations nationalistes des dirigeants ukrainiens, peut être considérée davantage comme une guerre civile que comme un conflit inter-étatique, tant les imbrications culturelles, économiques et humaines sont grandes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les penseurs étatsuniens y voyaient un atout sérieux pour contenir la Russie en jouant sur cette proximité et cette interpénétration. Si nous faisons un bref aperçu de l’Ukraine depuis la dislocation de l’URSS et son indépendance, nous sommes amenés à constater qu’elle n’a pas réussi à faire son unité et s’est très vite trouvée en proie à la corruption et à des violences internes, ce qui a inévitablement paralysé son développement. Plusieurs fautes majeures ont été commises par ses différents gouvernements qui ont aggravé l’insécurité. La première a été de substituer, l’ukrainien à la langue russe, comme langue officielle du pays ce qui a intensifié la révolte du Donbas peuplé de Russes et mécontenté une part non négligeable du reste de la population. Cette politique a légitimé la récupération de la Crimée, en 2014, par la Russie. Cette province était évidemment russe et n’avait été rattachée administrativement à l’Ukraine qu’en 1956 par Nikita Khrouthchev. Français comme Britanniques savent parfaitement que cette terre est russe s’ils veulent bien se souvenir de la guerre de Crimée (1854-1855) et du siège de Sébastopol, port d’attache de la Marine impériale russe qui menaçait alors la Méditerranée, ou encore du fait d’arme de la prise de la redoute de Malakoff. Époque où le déclin de l’empire ottoman avait aiguisé les appétits du Tsar…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le tournant 2014-2015</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Face à une situation extrêmement délabrée, le gouvernement ukrainien a été obligé d’accepter de signer le 12 février 2015 les accords dits de Minsk II succédant à une première tentative. Ils consacraient la victoire de la Russie en actant la partition de l’Ukraine, la création d’un protectorat russe sur le Donbass partagé en deux « républiques » indépendantes, celle de Donetsk et celle de Lougansk et de fait la neutralisation du pays, ce que souhaitait la Russie. Mais sous l’influence des États-Unis, en juin 2017, le parlement ukrainien adopta une loi stipulant que l’adhésion à l’OTAN était devenue un objectif stratégique de la politique étrangère et de sécurité du pays. L’amendement inscrivant cet objectif dans la constitution ukrainienne entra en vigueur en 2019. La mise en œuvre de l’accord Minsk II, qui était en sommeil durant la présidence ukrainienne de Petro Porochenko, fut relancée en décembre 2019, lors d’une rencontre dite au format « Normandie » entre Volodymyr Zelensky, élu président de l’Ukraine en avril 2019, et les chefs d’États et de gouvernement allemand, français et russe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais en septembre 2020, Volodymyr Zelensky approuva la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’Ukraine prévoyant le développement du partenariat spécifique OTAN-Ukraine en vue de l’adhésion du pays à l’Organisation. Cette adhésion entrainant, de facto, en perspective, l’adhésion à l’UE… Si cette décision avait été suivie d’effet, l’Ukraine devenue membre de l’OTAN aurait accueilli sur son sol des unités occidentales à la frontière même de la Russie. Ce qui pour Moscou s’avérait, évidemment, inacceptable, tant l’OTAN n’a cessé de prouver son évolution en alliance à vocation désormais offensive au service des intérêts étatsuniens. L’Ukraine aurait été protégée par l’article 5 du traité constitutif de l’Alliance qui affirme qu’une attaque contre un pays membre équivaut à une attaque contre l’Alliance dans son ensemble. Dès lors la Russie et le président Poutine ne disposaient que d’un délai réduit pour agir afin d’éloigner cette menace, d’autant plus que la situation intérieure en Ukraine ne cessait de se dégrader.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Russie avait donc plusieurs raisons d’agir. Elle avait pourtant envoyé des signes sur le retour de sa puissance et sur sa volonté de se protéger et de jouer à nouveau un rôle indépendant puisque « l’Occident » n’avait pas voulu d’elle. Elle avait montré son efficacité en Syrie en raffermissant le régime de Bachar el Assad; elle avait soutenu l’Iran. Et face à nous, Français, elle avait envoyé sa milice para-militaire Wagner, en RCA et au Mali. Ne pouvant se manifester contre les Anglo-saxons, trop solidaires et réactifs, hormis par le rapprochement avec la Chine, elle choisit donc de se montrer dans notre zone d’action traditionnelle. Il s’agissait, sans doute, d’un appel au gouvernement français à plus de circonspection dans ses relations avec elle. Mais la suffisance ou l’incompétence ou encore le tropisme européo-otanien exacerbé des dirigeants actuels, les ont rendus sourds et aveugles à ce signal fort.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Quelles perspectives</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Que va t-il se passer ? Difficile à dire… La guerre s’arrêtera évidemment un jour. Il y aura eu des morts et des destructions, c’est certain. Mais sans doute en bien moindre importance que sous les bombardements américains, français et britanniques au Moyen-Orient. Les sanctions économiques n’auront aucun impact sur la suite militaire et politique de l’opération en cours. D’une part, la Russie a prouvé dans le passé la forte capacité de résilience de son peuple et, d’autre part, ces sanctions atteignent aussi, par ricochet, les économies de ceux qui les ont décidées notoirement celles de l’UE. Or, nous savons combien la finance, dirigée par les Anglo-saxons, est sensible à tout ce qu’elle ne peut contrôler. Gaz, pétrole, matières premières, blé… venus de Russie sont nécessaires, directement ou indirectement, aux économies. Certes, avec le temps nous pourrions nous en passer, en revenant à un système plus protectionniste, mais le monde d’aujourd’hui fonctionne encore dans l’immédiateté et l’interdépendance. À moins que cette crise soit vécue comme une véritable leçon des risques que cette approche mondialisée fait courir et qu’une véritable évolution ne s’ensuive.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Après l’expérience désastreuse du Covid-19 qui mit en exergue les tares du système, il serait possible qu’un prudent changement des relations internationales se mette en place. Le constat des défaites de l’OTAN, de ses provocations et de son inefficacité dans cette crise, pourraient mener à une prise de conscience après la très provisoire illusion d’une unité. Elle pourrait conduire à l’idée d’une alliance militaire européenne et, à terme, à un rapprochement voire une extension de cette future alliance avec la Russie aux ambitions stabilisées par la reconnaissance de la réintégration de la Crimée à son territoire et des républiques du Donbass. Quant à l’Ukraine, elle pourrait, alors, avec la Russie, participer à cette nouvelle approche de la dimension européenne. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. L’OTAN aura perdu, mais certains continueront à y croire et à l’encenser. Il faudra donc que la France et les principales nations européennes investissent dans leur défense, pour peser davantage dans la sécurité du monde, car, depuis la nuit des temps, à la paix succède toujours une guerre, souvent là où l’on ne s’y attend pas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Guerre en Ukraine : appel à la vocation spirituelle du peuple russe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Varangot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Mar 2022 22:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/03/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/guerre-en-ukraine-appel-a-la-vocation-spirituelle-du-peuple-russe/03/03/2022/">Guerre en Ukraine : appel à la vocation spirituelle du peuple russe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’Histoire abreuve les pensées humaines dans son intégralité, qu’elles soient politiques, philosophiques ou spirituelles. A la lumière des évènements dramatiques dont souffre l’Ukraine, le regard doit être porté à travers ce que l’Europe occidentale ne sait plus cultiver : le spirituel. Si les décisions d’un Etat sont d’abord le fruit de la volonté de ses dirigeants, le peuple n’est pas moins responsable dans l’édification du monde, et ce grâce à sa force spirituelle. Le peuple russe aussi.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Peuple russe, te voilà coupable. Le monde te regarde et retient son souffle, devant le drame dans lequel tu t’élances. Et la sentence est désormais tombée et les foules te bannissent. Tu n’as pas cédé devant les sirènes du monde moderne, tu as voulu montrer aux yeux des peuples ta force après tant d’années de servitudes et, à nouveau, tu risques la condamnation. L’injure sertit sur ton front depuis que tu as mis au tombeau ta foi en 1917, tu pensais t’en être débarrassé. Tu croyais que, affranchi de la pensée dégradante d’êtres sans foi ni lois, ta dignité allait être reconnue par les puissances européennes. Mal t’en a pris de croire que l’Occident allait te faire cet hommage. Car tu as choisi de retrouver le chemin de la grandeur à travers celle de la force et de la foi. Vois le fossé qui s’est creusé entre l’Occident et toi. Tu as cru à nouveau en l’éternité, nous, nous croyons seulement en l’humanité. Ces deux parties d’une même espérance qui faisaient la grandeur de nos peuples, se retrouvent face à face, comme deux âmes se cherchant dans le noir. Incompris l’une de l’autre, nous risquons de nous blesser mortellement tous deux, fautes de nos frustrations réciproques. L’un crie inlassablement sa douleur d’être mis au ban de ses frères, tandis que l’autre ferme les yeux sur ses propres faiblesses, refusant de contempler son frère grandir dans la foi pour ne pas voir qu’elle perd la sienne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>La terreur et les larmes</h3>
<p><span style="color: #000000;">Mais si nos erreurs sont bien là, peuple russe, tu as cru pouvoir vainement te défaire des tiennes. Et les voilà qu’elles reviennent sous le masque de la terreur et des larmes. Le labeur de toute une génération qui s’est libérée de la longue période soviétique et athée risque de devenir une peine de plus. Devant les frustrations et les rancœurs, l’homme risque de tomber dans les mêmes péchés. Il en est de même pour une nation. Ta foi te sauve, mais, si tu la perds, elle te condamne à revenir à ton état antérieur, la mort. Votre réveil, après un lent sommeil bercé par les mensonges et les utopies, risque de ne point durer. Et si les calomnies sont malheureusement l’apanage des peuples bouffis par leur égocentrisme, le mensonge revient à grands pas dans cette guerre qui ne dit pas son nom. Pensant vous défendre des chimères de notre monde, vous voilà amené à écraser le voisin pour éviter qu’il devienne le bras armé du temple du Progrès, à savoir la nation américaine. Mais dans toute situation dégradée, il faut en revenir aux fautes de chacun. Sans un examen de conscience, aucune paix ne peut advenir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Et dans ce cataclysme, les contradictions se font jour. Les Etats-Unis, faux prophète de la paix et de la sécurité, en vient à allumer les mèches de la discorde pour ensuite tirer profit du butin. L’Ukraine, nation fière, s’est retrouvée tiraillée entre l’Union Européenne et les Etats-Unis d’un côté, la Russie de l’autre. En est venu une guerre fratricide dont les régions de l’Est ont beaucoup souffert depuis plusieurs années, dans l’indifférence générale des Etats européens. Le fruit pourrissait, l’Occident attendait qu’il tombe entre les mains des Etats-Unis, mais la Russie s’est mise sous l’arbre. Enfin, l’Europe occidentale, évacuant l’histoire et son cortège de tragique et de sublime s’est laissée bercer par son propre enivrement. La richesse endurcit les cœurs, comme le confort amollit la raison. L’Occident veut se croire plus forte dans l’assouvissement de ses désirs les plus vils, l’amenant à faire la leçon à ceux qui n’accepterait pas une vision déracinée et désacralisée du monde ; les peuples d’Europe centrale le savent bien. Et voilà que nos Etats si condescendants devant les âmes qui font rimer peuple avec patrie, en viennent à applaudir sans rougir la lutte d’un pays pour garder son intégrité en tant que nation, avec ses frontières, ses lois, sa foi. Lourde est donc la responsabilité de chacun devant les périls à venir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Des peuples frères</h3>
<p><span style="color: #000000;">Mais, peuple russe, souviens toi que tu es sorti des bords du Dniepr, et que l’Ukraine est faite du même sang que toi. Tout les deux vous&nbsp; avez traversé la violence et la barbarie du communisme et du nazisme, sans renoncer à votre fierté nationale. Ainsi, votre vocation commune ne peut advenir par l’écrasement de l’une ou de l’autre, mais au contraire par l’aspiration au même désir, celui de redonner de la lumière à l’Occident. L’Ukraine ne doit pas sombrer dans le matérialisme occidental et le nationalisme moribond, et la Russie dans ses retranchements totalitaires et impérialistes. Ces deux états détruisent toute possibilité de paix et enlèvent aux peuples leurs vocations spirituelles. Car oui, ce que toi, peuple russe, tu dois impérativement retrouver et garder, c’est bien ta foi. Celle qui a fait la grandeur de l’Occident et dont seul l’Europe de l’Est en est aujourd’hui le dépositaire. Le peuple russe doit être la première des nations à redonner vie à l’Europe qui se meurt lentement mais sûrement. Le sang de l’Ukraine doit être la source d’un renouveau de la foi russe et son Eglise doit revenir aux sources de son baptême, celle de Rome. Des hommes à l’Ouest veulent croire qu’il existe une Sainte Russie et que l’espérance viendra de l’Est.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi, peuple russe, notre destin est lié au tien, et tu sais au fond de toi que le chemin qu&#8217;empruntent tes chefs peut mener au cercueil. La souffrance ukrainienne est la manifestation de l’appel à l’unité de l’Europe pour vaincre les ennemis de demain. Saches que ce n’est pas l’Union Européenne, ni la démocratie et le progrès qui retrouvent de la vigueur, mais bien l’idée d’une Europe grande, belle et spirituelle encadrée par deux sentinelles, deux anciens empires, deux Filles ainées de l’Eglise d’Orient et d’Occident, la France et la Russie. Désormais, le pire comme le meilleur est à venir pour nos deux mondes qui n’aspirent pourtant qu’à l’unité. Mais elle ne le peut que par une seule chose, la foi.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><center></p>
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