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	<title>Espagne - Billet de France</title>
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	<title>Espagne - Billet de France</title>
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		<title>Juan Donoso Cortés : théoricien du conservatisme et prophète de la crise moderne</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/juan-donoso-cortes-theoricien-du-conservatisme-et-prophete-de-la-crise-moderne/16/07/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Benoît Garronay]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jul 2024 17:41:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Conservatisme]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Juan Donoso Cortés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/07/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/juan-donoso-cortes-theoricien-du-conservatisme-et-prophete-de-la-crise-moderne/16/07/2024/">Juan Donoso Cortés : théoricien du conservatisme et prophète de la crise moderne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Juan Donoso Cortés est un écrivain et homme politique espagnol. Il est principalement connu pour ses critiques acerbes du libéralisme et du socialisme, ainsi que pour ses prophéties sur les crises et les conflits à venir en Europe.</strong></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Juan Donoso Cortés naît dans une famille catholique prestigieuse ayant connu son heure de gloire lors des grandes épopées du XVIe siècle. Lointain descendant du vice-roi d&rsquo;Espagne et conquérant Hernán Cortés, il hérite d&rsquo;un nom illustre.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès l&rsquo;âge de 11 ans, Donoso Cortés se montre particulièrement studieux et curieux dans ses études. Il entre à l&rsquo;université de Salamanque en 1820, puis à Cáceres où il fait la connaissance de Manuel José Quintana qui lui fait découvrir les grands penseurs du siècle des Lumières. Donoso Cortés s&rsquo;imprègne de la philosophie du XVIIIe siècle, mais sa foi restera résolument ancrée vers Dieu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a></strong></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1824, après avoir étudié la philosophie, la théologie ainsi que la littérature, il poursuit des études de droit. Quatre ans plus tard, Juan Donoso Cortés est encore jugé trop jeune pour devenir avocat. Il rencontre sa femme Teresa Carrasco qui décédera avec sa fille cinq ans plus tard.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un engagement politique ferme</strong></span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Donoso Cortés s&rsquo;intéresse aux questions sociales et politiques de son pays. A cette époque, le royaume d&rsquo;Espagne connaît des rebondissements et l&rsquo;écho des idées de la Révolution française impacte les consciences. Le roi Ferdinand VII, voulant conserver l&rsquo;héritage de la monarchie face à un empire colonial dissout et affaibli, modifie la loi salique pour que sa fille Isabelle puisse lui succéder en 1833. Toutefois, le frère du roi, Don Carlos, conteste cette décision. Face à ce conflit intérieur, Donoso Cortés, se range du côté de la régente Marie-Christine, gouvernant au nom de la jeune reine Isabelle II.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Derrière le camp des Carlistes (ceux qui défendent la légitimité de Don Carlos) se cache un affrontement qui va bien au-delà d&rsquo;un conflit de pouvoir : une lutte entre deux mondes, la monarchie de droit divin traditionnelle et le libéralisme politique. Juan Donoso Cortés estimait que ce conflit devait être dépassé et suggérait au contraire une union des camps « pour mieux conserver ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès lors, il devient député de la circonscription de Cadix, siégeant au centre en 1837, et secrétaire des conseils des ministères présidés par Mendizábal. Toutefois, après de sanglants conflits, le général Espartero écrase les armées carlistes et met la monarchie sous tutelle. Donoso Cortés accompagne la régente Marie-Christine dans son exil en France et prépare son retour.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une carrière diplomatique au sein des grades puissances</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1843, le général Narváez renverse Espartero et laisse la régente reprendre les affaires du royaume. Donoso Cortés obtient le titre de marquis de Valdegamas et commence une carrière diplomatique, défendant les intérêts de la couronne d&rsquo;Espagne. Il négocie le mariage du roi Louis-Philippe de France avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, sœur de la régente. Le décès de son frère Pedro le pousse à la lecture des mystiques catholiques tels que Thérèse d&rsquo;Avila et Louis de Grenade.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nommé ambassadeur en Prusse en 1848, Donoso Cortés observe les événements liés au Printemps des peuples comme une épidémie pouvant contaminer l&rsquo;ensemble des institutions des États européens. Cet épisode marque un tournant fondamental dans ses idées politiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un plaidoyer pour le retour du conservatisme</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour bien comprendre Juan Donoso Cortés, il faut noter qu&rsquo;il utilise une méthodologie historique similaire à celle de Hegel et s&rsquo;inspire de la philosophie de Vico. Pour lui, la religion est l&rsquo;institution fondamentale expliquant le rythme et l&rsquo;évolution des civilisations. Cette vision de l’histoire rejette l’idée que les institutions politiques seules pourraient améliorer l’humanité. Au lieu de cela, il voit l’érosion des traditions comme un chemin vers le despotisme et l’anarchie, où les humains remplacent Dieu et deviennent esclaves de désirs illimités. Cortès est convaincu que le monde économique et libéral finira par piéger les peuples et qu&rsquo;il est important qu&rsquo;un ordre moral règne. Pour lui, « l&rsquo;ordre matériel n&rsquo;est rien sans l&rsquo;ordre moral ». Seul le dogme chrétien est une réponse convaincante pour sauver la civilisation.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un discours de janvier 1849, « Discours sur la dictature », il présente deux types de répressions : politique et religieuse. Il explique qu&rsquo;un déclin de la répression religieuse s&rsquo;accompagne d&rsquo;une hausse proportionnelle de la répression politique. Il présenta ce principe comme une loi de l&rsquo;histoire, l&rsquo;équilibre se poursuivant selon le « thermomètre » entre les deux pouvoirs, politique et religieux, dans le but de maintenir l&rsquo;ordre d&rsquo;un régime.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce discours a eu un fort retentissement dans les monarchies européennes, et lui permet de devenir une <a href="https://www.persee.fr/doc/mcm_1146-1225_1991_num_9_1_1035">figure </a>conservatrice influente de premier plan. Poursuivant son combat, il décide d&rsquo;écrire ses réflexions dans son livre : « Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Juan Donoso Cortés propose ainsi une revue historique de la lutte entre les pouvoirs politique et religieux, évoquant les tournants et querelles du Saint-Empire Romain Germanique contre la papauté, du début de la Renaissance avec le renforcement des monarchies et les débuts des États-Nations au détriment de l&rsquo;autorité papale.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il décède le 3 mars 1853 d’une crise cardiaque à la légation d’Espagne à Paris. Son influence perdure, notamment dans la pensée du juriste et philosophe du droit allemand Carl Schmitt qui s’intéressera à sa philosophie politique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>«Les chrétiens dans al-Andalus» : histoire de plusieurs siècles de soumission à l&#8217;Islam</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-chretiens-dans-al-andalus-histoire-de-plusieurs-siecles-de-soumission/06/11/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Nov 2020 17:20:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Andalus]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Cordoue]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Rafael Sanchez Saus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/11/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-chretiens-dans-al-andalus-histoire-de-plusieurs-siecles-de-soumission/06/11/2020/">«Les chrétiens dans al-Andalus» : histoire de plusieurs siècles de soumission à l&rsquo;Islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Rafael Sanchez Saus est professeur d’histoire médiévale à l’université de Cadiz. Auteur d’une douzaine d’ouvrages, il est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de la frontière entre maures et chrétiens dans l’Espagne médiévale. Il a été doyen de la faculté de philosophie et de lettres de l’UCA (1999-2004) et recteur de l’université San Pablo CEU de Madrid (2009-2011). Il est toujours membre de l’Académie royale hispano-américaine des sciences, des arts et des lettres après en avoir été le directeur.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avec ce nouvel ouvrage, sous-titré « <em>De la soumission à l’anéantissement </em>», Sanchez nous présente une vision complète de la situation de ces chrétiens espagnols, appelés mozarabes, unique peuple européen médiéval à avoir vécu pendant tant de générations sous la rigueur de la dhimma. Dans son avant-propos pour le lecteur francophone, Arnaud Imatz écrit: « <em>Quiconque veut connaître sérieusement la réalité de l’histoire des chrétiens dans al-Andalus devra désormais se référer à cette magistrale synthèse. On imagine sans peine qu’en publiant l’édition originale de ce livre en Espagne il ne s’est pas fait que des amis. Mais son courage intellectuel, sa rigueur et sa probité scientifiques ont été les meilleurs garants contre les attaques insidieuses et mensongères dont il n’a pas manqué d’être l’objet.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/esclavage-que-sest-il-reellement-passe-depuis-2000-ans/30/07/2020/">Esclavage : que s’est-il réellement passé depuis 2000 ans ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le préfacier poursuit : « <em>Al-Andalus est l’un des thèmes les plus représentatifs de l’interminable règlement de comptes qui déchire la communauté intellectuelle et culturelle espagnole depuis plus de deux siècles.</em> » A l’aune de cette belle et longue introduction d’Imatz, nous comprenons aisément que le terrorisme intellectuel frappe également de l’autre côté des Pyrénées. Le préfacier écrit : « <em>L’exemple de la France du tournant du XXIème siècle mérite d’être brièvement évoqué ici, parce qu’il est en partie similaire à celui de l’Espagne. On a pu voir dans l’Hexagone comment au cours des trois ou quatre dernières décennies, la nouvelle histoire transnationale ou mondialisée a accompagné le changement sociétal et tenter de s’imposer. Cette prétendue nouvelle histoire, paradoxalement anachronique et obsessionnelle, s’est avérée très vite beaucoup moins neutre que l’ancienne.</em> » Il énonce avec justesse que « <em>les thuriféraires de l’histoire transnationale ou mondialisée, indifférents au réel comme l’étaient avec eux les censeurs totalitaires, ont choisi de nier l’évidence des faits dans le secret et vain espoir de résoudre la crise actuelle du vivre-ensemble</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A cause d’une immigration musulmane très forte, certains estiment que changer la vision du passé améliorera les conditions de vie du présent. Comme Imatz le stipule très clairement : « <em>Les journalistes et pseudo-historiens sont les Gardiens jaloux des Nouvelles Tables de la Loi (mondialisme, multiculturalisme et droits de l’homme).</em> » Ainsi, il n’est guère étonnant de constater qu’une « <em>police de la pensée veille et verrouille. Olivier Pétré-Grenouilleau et Sylvain Gouguenheim, pour ne citer que deux cas instructifs en ont fait l’amère expérience</em> ». En Espagne comme en France, les partisans de la Liberté se montrent extrêmement virulents pour restreindre la liberté de ceux qui ne pensent pas comme eux, selon l’adage mensonger et bien connu de Saint-Just : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. » Le meilleur moyen de promouvoir l’idéologie du « vivre ensemble » reste de reconstruire le passé au mépris de la réalité historique. Ainsi, il n’est pas rare que des idéologues s’en prennent aux fondements civilisationnels des patries charnelles. Imatz dit « <em>que de nos jours, des légions d’intellectuels, de journalistes et d’historiens de la péninsule rabâchent au quotidien que la nation est une construction douteuse, une fiction romanesque, une illusion essentialiste dont la défense conduit immanquablement au pire, en d’autres termes à la xénophobie, au nationalisme et au fascisme</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/conflans-sainte-honorine-face-a-lislamisme-arretons-detre-laches/18/10/2020/">Conflans-Sainte-Honorine : face à l’islamisme, arrêtons d’être lâches !</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, Sanchez n’entend pas céder aux diktats idéologiques imposés par une certaine école de pensée. Il préfère étudier les sources et les confronter comme tout historien qui se respecte plutôt que de procéder par omission. Dès les premières lignes, il pose le cadre historique : « <em>La conquête de l’Espagne par les Arabes, menée à bien en 711 et 719, est sans doute l’événement qui a le plus puissamment marqué l’histoire espagnole : d’abord de façon directe durant huit cents ans, puis de façon indirecte jusqu’à aujourd’hui.</em> » L’auteur continue son propos en expliquant que « <em>la conséquence immédiate la plus importante de cette conquête a été l’apparition d’al-Andalus et la constitution d’un système qui ne s’est jamais réellement proposé de créer un pays à vocation intégrative pour la population conquise, pluriel en matière ethnique et religieuse. Il s’agissait plutôt d’un moyen de perpétuer une domination mise en place par une petite minorité de guerriers musulmans orientaux et nord-africains sur une population de plusieurs millions de chrétiens autochtones.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sanchez développe l’idée que « <em>cette domination s’est appuyée sur une norme (la dhimma ou protection) elle-même fondée sur la doctrine coranique. Cette norme consacrait l’idée d’une soumission politique et religieuse ainsi que celle d’une infériorité juridique et morale des chrétiens, dont les personnes et les biens étaient plus ou moins à la merci de leur maîtres musulmans et qui étaient traités au gré des circonstances, lesquelles pouvaient incliner ces derniers vers plus ou moins de tolérance</em> ». Comme souvent, « <em>il est certes vrai que les avantages octroyés aux personnes converties à l’Islam ont poussé de nombreux chrétiens à l’apostasie. Il est tout aussi vrai que beaucoup d’entre eux ont préféré émigrer plutôt que de vivre comme des parias sur leur propre terre</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/eloge-de-la-force-lorsque-laurent-obertone-appelle-les-francais-a-resister/26/10/2020/">«Éloge de la force» : lorsque Laurent Obertone appelle les Français à «résister»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Quand on étudie la conquête arabo-musulmane de la péninsule ibérique, une question se pose au sujet du sort réservé au christianisme nord-africain. N’oublions pas que l’Afrique du Nord a servi de base arrière pour les expéditions en Espagne. Sanchez écrit : «<em> Comment concevoir que toute une région chrétienne qui s’appuyait sur près de six cents diocèses, qui comptait dans ses rangs des figures de l’envergure de saint Augustin ou de Saint Cyprien et dont les martyrs étaient nombreux ait pu disparaitre en relativement peu de temps sans laisser de trace ?</em> » L’auteur propose des pistes de réflexions intéressantes, même s’il concède que « <em>nous ne disposons quasiment d’aucune source qui nous permette d’éclairer les circonstances de cette disparition</em> ». Toutefois, il note que « <em>l’expansion musulmane ne peut être comprise sans la prise en compte du système de la dhimma comme moyen de contrôle et d’exploitation des populations soumises, ainsi préparées progressivement à leur islamisation</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sanchez étudie avec soin cette société islamique espagnole, et notamment le sort des opprimés. A l’aune de ses travaux exhaustifs, il peut écrire : « <em>Il n’existe pas aujourd’hui un seul historien digne de ce nom qui puisse présenter al-Andalus comme un exemple de cohabitation et de tolérance entre religions, ethnies et cultures différentes.</em> » Il cite également un fin connaisseur de l’Espagne médiévale en la personne de Francisco Garcia Fitz. Les deux spécialistes se rejoignent, car Garcia note : « <em>Les vestiges qui nous permettent d’étudier les traits caractéristiques des relations entre chrétiens, musulmans et juifs ne confirment en rien cette image idyllique de la société hispanique médiévale. L’idée d’une Espagne où aurait lieu une rencontre bienveillante entre les trois cultures semble répondre à besoin sociologique ou anthropologique de disposer d’un mythe, d’une fiction allégorique rassurante.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur constate que le statut de dhimmi ne visait pas à « <em>configurer un cadre de cohabitation et de tolérance entre les fidèles des religions monothéistes mais à garantir la soumission des protégés</em> ». Sanchez rappelle à juste titre que l’idéologie musulmane «<em> divise les peuples en deux groupes irréconciliables : les musulmans qui habitent le dar al-islam, c’est-à-dire les pays soumis à la loi islamique ; et les infidèles, qui habitent le dar al-harb, les pays de la guerre, lesquels sont voués à passer sous contrôle islamique par la conversion de leurs habitants, soit par la conquête armée</em> ». En définitive, Sanchez dresse la conclusion suivante : « <em>Comment est-il possible que la société et la civilisation qui ont imaginé et imposé cet effrayant système de soumission et de dégradation que nous connaissons sous le nom de dhimma puissent être présentées comme des modèles de tolérance entre cultures et religions ?</em> » Il précise néanmoins qu’il « <em>ne s’agit pas ici de nier les réussites de l’Islam d’al-Andalus, mais nous voulons en revanche lutter contre la tendance si marquée aujourd’hui d’idéalisation d’Al-Andalus par exécration de l’Espagne chrétienne</em> ». Il faut impérativement admettre que beaucoup de propagandistes sont attachés au mythe des Trois Cultures. De fait, ils nient la réalité historique : la majeure partie de la population fidèle à la religion chrétienne vivait dans un système mettant en avant la ségrégation sociale, l’exploitation économique et fiscale voire l’humiliation dans certains cas.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cet ouvrage permet de parfaitement comprendre le sort très peu désirable des chrétiens vivant sous le joug musulman. Les exemples et les démonstrations limpides foisonnent. Cette étude permet de détruire le mensonge de la convivialité pacifique entre les cultures et les religions construit à l’exact opposé de la vérité de l’histoire. Nous laissons le mot de la fin à Sanchez : « <em>Aujourd’hui plus que jamais, face au mythe, la vérité s’avère nécessaire.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Espagne : deux ans après son investiture, quel bilan pour Pedro Sánchez ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/espagne-deux-ans-apres-son-investiture-quel-bilan-pour-pedro-sanchez/05/06/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucas Dubois Jandot]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2020 17:25:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Franco]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux après avoir prêté serment, le président du gouvernement d’Espagne Pedro Sánchez&#160; peine à rassembler....</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/espagne-deux-ans-apres-son-investiture-quel-bilan-pour-pedro-sanchez/05/06/2020/">Espagne : deux ans après son investiture, quel bilan pour Pedro Sánchez ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Deux après avoir prêté serment, le président du gouvernement d’Espagne Pedro Sánchez&nbsp; peine à rassembler. Il vient tout juste d’arracher auprès du Parlement un prolongement de l’état d’alerte jusqu’au 21 juin prochain pour lutter contre le coronavirus. Retour sur son bilan depuis deux ans.&nbsp;</strong></span></p>
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<p><span style="color: #000000;">En 2018 le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy est renversé en Espagne. Une motion de censure a été votée par le Parlement espagnol (<em>Cortes Generales</em>) contre son parti, le Parti Populaire, sur fond de corruption interne au groupement politique. Le Parlement met à la tête de l’exécutif espagnol, le 02 juin 2018, le socialiste Pedro Sánchez (<em>PSOE</em>), opposition directe au Parti Populaire. Pedro Sánchez veut montrer une image neuve de l’Espagne avec un gouvernement plus féminisé, aidant les migrants avec l’accueil de l’Aquarius d’SOS Méditerranée et s’inscrivant dans un engagement encore plus profond de l’Espagne vers une fédération européenne rêvée. </span></p>
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<p><span style="color: #000000;">Pour autant ses prises de position se révèlent, comme bien souvent, inadaptées et révèlent l’incompétence de politiciens n’ayant pas de vision à long terme. Et lorsque le mur des apparences s’effrite, l’ombre de Franco ne peut que resurgir ; dernière tentative de distraction de l’électeur.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un nouveau monde semblable à l’ancien</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La première chose que l’on peut souhaiter d’un gouvernement nouvellement nommé par le Parlement après que le dernier fut écarté pour corruption c’est qu’il ne soit pas lui-même entaché par des scandales financiers. Manque de chance le 13 juin 2018, quelques jours seulement après la prise de pouvoir des socialistes, le Ministre de la Culture et des Sports Màxim Huerta est sommé de partir de son ministère pour avoir été condamné un an plus tôt pour fraude fiscale. Il fut redevable de pas moins de 200 000€ au Trésor public espagnol.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;">Plus tard, exactement cent jours après la prise de pouvoir de Pedro Sánchez, c’est au tour du ministre de la Santé, Carmen Montón, d’être inquiétée. Cette fois ce n’est pas une histoire de gros sous mais de « qualification » qui fait défaut. En effet, la ministre aurait obtenu de manière frauduleuse son Master interdisciplinaire sur le genre de l’Université Roi Juan Carlos de Madrid. La ministre démissionne le lendemain dans la soirée et est remplacée dans la foulée.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ces deux affaires célèbres sont des images saisissantes montrant que la politique nouvelle voulue par Pedro Sánchez ressemble terriblement à l’ancienne dont il souhaitait s’écarter.&nbsp;Pour autant, malgré ces déconvenues, la politique économique de Sanchez semblait, elle, porter ses fruits.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une politique économique viable un temps</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Pedro Sánchez a, dès le début de son mandat à la présidence du gouvernement,&nbsp; augmenté les dépenses de l’État afin de lutter contre l’austérité et le chômage. La dette publique et le chômage, par la suite, baissent de manière nette et indéniable. Le produit intérieur brut augmente quant à lui en 2018 pour atteindre 2,6 %. Pour autant en 2019 ce même produit intérieur brut chute et retombe à 2 %. La crise du coronavirus, en plus d’être un désastre humain en Espagne, entraîne un appauvrissement important de la population espagnole. Le gouvernement Sanchez fit passer une loi interdisant le licenciement et mit en parallèle un « revenu minimum vital ». La pauvreté semble acquérir ainsi une valeur légale.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;">A la suite du confinement, des dons monétaires massifs sont répandus en Espagne pour panser l’économie. Mais cette manière de faire ne peut pas durer indéfiniment.&nbsp; Comme l’affirmait Margaret Thatcher «&nbsp;<em>Le problème avec le socialisme c’est qu’on arrive vite à court d’argent des autres</em>&nbsp;». Nous ne pouvons dès lors que nous demander&nbsp;: qu’arrivera-t-il lorsque l’État espagnol ne pourra plus fournir d’argent&nbsp;? Le gouvernement ne semble pas vouloir oser se poser la question et préfère se cacher derrière les chimères d’un passé révolu.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>La politique du bouc émissaire</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Face à ces quelques exemples d’une liste significative d’échecs politiques, Pedro Sánchez se voit dans l’obligation de trouver un bouc émissaire&nbsp;; une personne détestable qui rendra sa politique invisible face à la haine que cette personnalité générera. La France a le spectre hitlérien, l’Espagne le mort-vivant franquiste. Après ses premiers échecs politiques et des réélections plus ou moins difficiles le gouvernement espagnol mit en œuvre l’exhumation du corps du <em>Caudillo</em>. Tradition de la gauche espagnole que de déterrer des cadavres, celui-ci fut exhumé 24 octobre 2019 au mépris des profondes tensions identitaires que provoque cette décision. Après cet acte, le fantôme de Franco semblait avoir définitivement disparu des esprits. Le bouc émissaire aussi.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;">Mais après la gestion désastreuse de la crise du coronavirus Pedro Sánchez devait se faire oublier. La génération d’un autre conflit tout aussi fantasque et symbolique que le dernier apparut dans son esprit. Cette fois Pedro Sánchez est déterminé à supprimer les titres nobiliaires donnés sous la dictature franquiste. Enlever des médailles, voilà une ambition bien étrange dans un pays où le chômage réapparaît aussi vite qu’il avait disparu et où les fractures sociétales se multiplient. Avec cette affaire des titres l’ombre fasciste réapparaît et celle du gouvernement disparaît dans un tour de passe-passe déjà trop usité. La mémoire est devenue le nouvel instrument politique à la mode. Elle permet de faire peur et d’agiter les foules sur un passé douloureux afin que celui qui invoque ladite mémoire puisse préserver son siège. Le spiritisme, voilà la politique de ceux qui n’en n’ont pas.</span></p>
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