Le « père du métro » parisien, l’ingénieur Fulgence Bienvenue (1852-1936) en 1928.

Fulgence Bienvenüe est un ingénieur français du XIXème et XXème siècle. Il est considéré comme étant le père du métro parisien.

 

C’est un des lieux de convergence bien connu des Parisiens et des voyageurs de passage. Construite il y a plus d’un siècle, la gare Montparnasse accueille chaque jour des centaines de milliers de visiteurs. Elle porte depuis 1942 le nom de « Montparnasse – Bienvenüe » en hommage au constructeur du métro parisien : Fulgence Bienvenüe.

 

Un breton à Paris

Née le 27 janvier 1852 à Uzel dans les Côtes-du-Nord (actuelle Côte d’Armor) en Bretagne, Fulgence Marie Auguste Bienvenüe est le 13ème et dernier enfant de sa famille. Passionné par l’histoire et l’archéologie, son père, notaire connu dans la région, lui transmet sa passion. Il entre au collège catholique de Valognes (Manche) où enseigne son frère ordonné prêtre puis rentre en Bretagne pour suivre ses études littéraires à Rennes. Il obtient à 15 ans son baccalauréat en philosophie.

Voulant accomplir son rêve, il part pour la capitale et prépare son baccalauréat scientifique qu’il obtient puis son concours d’entrée à la prestigieuse Ecole Polytechnique qu’il rate une première fois en 1869 avant de le réussir l’année suivante. Il fait partie de la trentaine d’élèves de l’école mobilisés par le gouvernement lors des événements de la Commune de Paris. Chargé de diffuser des messages, il est arrêté par les Communards et échappe de peu à une exécution sommaire par l’entremise de Georges Clémenceau. Il intègre ensuite l’Ecole des Ponts-et-Chaussés par la suite et donne des cours de mathématiques au jeune Charles de Foucault.

 

Un ingénieur rigoureux

A la sortie de son école en 1875, il est affecté dans l’Orne malgré son souhait de rentrer en Bretagne (inaccessible aux débutants). Il est notamment en charge de la construction du chemin de fer dont l’objectif est d’améliorer la communication des territoires principalement entre Fougères et Viré. Dans le cadre de ses travaux, il utilisera fréquemment une nouvelle invention pour venir à bout de certaines difficultés géographiques : la dynamite. En février 1881, il perd son bras dans un accident de chantier et plaisantera à ce sujet en disant avoir « été exproprié de son bras ». Le mois suivant, il reçoit la Légion d’honneur.

De retour en région parisienne, il dirige, à partir de 1884, les travaux de construction de la ligne Paris-Strasbourg jusqu’à Epernay. Mais l’ingénieur veut se rapprocher encore plus de la capitale et se fait affecter au service municipal de Paris. Dans le cadre de ses fonctions, il s’occupe des égouts des 19e et 20e arrondissements de Paris, fait percer l’avenue de la République, aménage le parc des Buttes-Chaumont, conçoit le tramway funiculaire de Belleville. En 1893, il devient ingénieur en chef de 2e classe.

 

Le métropolitain parisien

En 1895, il réalise un avant-projet de chemin de fer métropolitain souterrain pour la ville de Paris en reprenant un projet de 1851. Malgré la pression exercée par les compagnies de chemin de fer qui souhaitent un rallongement de leurs lignes dans la capitale, l’exposition universelle de 1900 oblige la municipalité à trancher en optant pour le métropolitain. En 1898, la Compagnie du chemin de fer métropolitain est créée et les travaux commencent en octobre de la même année. Le 19 juillet 1900, la première ligne est inaugurée. Elle relie la Porte de Vincennes à la Porte Maillot.

Le succès est tel qu’il est nommé officier de la Légion d’honneur et que les lignes 2 et 3 sont commandées dans la foulée. Le projet de la ligne 4 en 1903 est plus complexe car celui-ci prévoit de passer sous la Seine. Ce n’est qu’en 1910 que cette ligne est mise en service. Outre ses fonctions dans la construction du métropolitain, il assume la direction du Service de la Voie publique, de l’Éclairage et du Nettoiement.

Lors de la Première guerre mondiale, il est mobilisé comme colonel du Génie et doit participer à la défense du camp retranché de Paris. Au moment où la menace allemande s’affaiblit, il est démobilisé et continue les travaux du métropolitain pendant la guerre. A partir de 1917, Il assure également la direction du port de Paris. Dans ce cadre, il créé le port de Gennevilliers, aménage le canal Saint-Denis et élargit le canal de l’Ourcq. En 1929, il est fait Grand-Croix de la Légion d’honneur et choisit comme parrain le maréchal Foch, un camarade de Polytechnique.

Après plusieurs décennies de bons et loyaux services pour la ville de Paris, il prend sa retraite en 1932 à l’âge de 80 ans. En 1933, la station Maine est renommée en son honneur ainsi que la place du Maine. Fulgence Bienvenüe décède le 3 août 1936.

 


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