La France commande deux avions de surveillance au suédois Saab pour remplacer ses AWACS américains
Publié le 02/01/2026
Un avion Globaleye du suédois SAAB au décollage en 2023. ©Airwolfhound
Capables de détecter missiles hypersoniques, avions furtifs et drones sur un rayon de 550 kilomètres, les avions de surveillance GlobalEye de SAAB marquent une étape clé dans le renouvellement des capacités stratégiques françaises. Cette acquisition renforce également la coopération industrielle et militaire entre Paris et Stockholm.
Face à l’évolution rapide des menaces aériennes et à l’usure de ses moyens historiques de détection, la France engage le renouvellement de sa surveillance aérienne stratégique. La Direction générale de l’armement a confirmé la commande de deux avions GlobalEye auprès du groupe suédois Saab, pour un montant d’environ 1,1 milliard d’euros, avec une option pour deux appareils supplémentaires.
Un saut technologique pour remplacer les Awacs
Les GlobalEye sont appelés à succéder aux quatre E-3F Awacs actuellement exploités par l’armée de l’air et de l’espace. Conçus par Boeing et entrés en service au début des années 1990, ces appareils atteignent aujourd’hui les limites de leur potentiel opérationnel. Les livraisons des nouveaux avions sont prévues entre 2029 et 2032.
Basé sur un avion d’affaires Bombardier Global 6500, le GlobalEye incarne une nouvelle génération de systèmes aéroportés de détection et de commandement. Selon Saab, ses capteurs fonctionnent dès le décollage et résistent aux tentatives de brouillage électronique. En temps réel, l’appareil est capable de détecter des missiles hypersoniques, des avions de chasse furtifs ou encore des drones évoluant à basse altitude, jusqu’à 550 kilomètres à la ronde. Il pourrait également repérer le périscope d’un sous-marin à 185 kilomètres et dispose de moyens d’autoprotection, notamment des leurres.
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Déjà en service en Suède et aux Émirats arabes unis, le GlobalEye constitue une réponse aux difficultés rencontrées par Boeing pour développer le successeur de l’E-3 Sentry Awacs. Pour la France, ce choix représente un bond capacitaire majeur dans un contexte de menaces aériennes de plus en plus complexes.
Une coopération stratégique renforcée avec la Suède
La commande des GlobalEye s’inscrit dans un rapprochement plus large entre Paris et Stockholm. Une lettre d’intention avait été signée en juin dernier lors du Salon du Bourget, scellant la volonté des deux pays de renforcer leur coopération en matière d’équipements militaires. « Ce choix renforce l’engagement de la France en faveur de la souveraineté et de la protection globale de l’Europe », avait souligné Micael Johansson, directeur général de Saab.
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Cette dynamique se prolonge sur le terrain naval. La France figure parmi les candidats à l’appel d’offres lancé par la Suède pour l’acquisition de quatre frégates destinées à sa marine, avec un objectif de livraison d’ici à 2035. Naval Group est en concurrence avec Babcock, Navantia et Saab. Les autorités suédoises espèrent arrêter leur choix début 2026.
Fin novembre, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a affirmé que la France était en mesure de livrer une première frégate entièrement équipée dès 2030. Autant de signaux qui témoignent d’un renforcement des liens industriels et stratégiques franco-suédois, au service de la sécurité européenne.
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