Roger Frison-Roche : portrait d’un alpiniste amoureux du désert

Roger Frison Roche devant son chalet à Chamonix

Roger Frison-Roche est un alpiniste, écrivain et explorateur français. Il est notamment connu pour ses romans d’aventures dans la montagne (Premier de Cordée, La Grande Crevasse, Retour à la montagne) ainsi que dans le Sahara (La Piste oubliée, La Montagne aux écritures).

 

Né le 10 février 1906 à Paris dans le 8ème arrondissement, Roger Joseph Fernand Frison-Roche est issu d’une famille savoyarde installée à Paris depuis 1870. Son père est restaurateur. Entre 1916 et 1920, il étudie au lycée Chaptal qu’il quitte pour devenir groom à l’agence de voyages Cook dans laquelle il apprend l’anglais et l’italien.

 

Un amoureux de la montagne

Il arrive à Chamonix en 1923. Très vite connu des milieux locaux qui le surnomment « Grand Sifflet » ou « Frisson », il devient Secrétaire du Syndicat d’initiatives et du Comité Olympique l’année de son arrivée. Il pratique intensément tous les sports d’hiver comme le ski, le saut, le bobsleigh, la luge ou encore le ski joring ainsi que les sports d’été tels que l’équitation et la natation et participe aux premières courses de ski avec Daniel Souverain, un ami parisien. En 1924, il est secrétaire des premiers Jeux Olympiques d’hiver à Chamonix et commence à écrire pour le journal Le Savoyard de Paris. Il participe à l’organisation de toutes les disciplines hivernales. En 1925, c’est le début de la consécration lorsque Joseph Ravanel, surnommé « le Rouge », le choisit comme porteur pour l’ascension du Mont-Blanc.

 

La  réalisation de son rêve

Entre 1926 et 1927, il fait son service militaire à Grenoble au 93ème régiment d’artillerie. A son départ de l’armée jusqu’en 1930, il est directeur du Syndicat d’initiatives et du Comité des Sports d’hiver de Chamonix. En parallèle, il crée avec Alfred Couttet l’école d’escalade des Gailland en 1928. En 1930, Frison-Roche réalise son rêve en intégrant la Compagnie des Guides de Chamonix. Major de sa promotion, il est le premier non Chamoniard à y être admis.

En 1928, il rencontre la skieuse Marguerite Landot avec laquelle il aura 3 enfants. La même année, il fonde l’agence chamoniarde du Petit Dauphinois. Il inaugure la rubrique ski du journal. En 1931, il est secrétaire de l’Aéro-Club de Chamonix-Mont-Blanc. En 1932, il participe en tant que reporter à la première émission radiophonique depuis le sommet du Mont-Blanc. Il est le premier moniteur à être officiellement diplômé par la Fédération Française de Ski en 1933. L’année suivante, il enquête sur l’affaire Stavisky en localisant la vallée où est caché l’escroc pour le compte du Petit Dauphinois.

 

Premières expéditions

En 1935, Frison-Roche réalise sa première expédition dans le Sahara en compagnie du capitaine Coche, guide de l’expédition alpine Française au Hoggar. Ils effectuent la première ascension de la Garet El Djenoun (la Montagne des Génies). Cette expérience lui inspirera son premier livre L’Appel du Hoggar en 1936 chez Flammarion. En 1937, il traverse en chameau le Grand Erg Occidental, un massif de dunes dans le Sahara algérien qui s’étend sur 80 000 km². Il en profitera pour faire du ski sur les dunes de sable.

 

Résistant pendant la Seconde Guerre Mondiale

En 1938, Frison-Roche part s’installer à Alger avec sa famille où il est journaliste pour La Dépêche. En 1941, son feuilleton Premier de Cordée paraît dans La Dépêche avant d’être édité l’année suivante en Métropole. En 1942, il est correspondant de guerre aux côtés des alliés sur le front de Tunisie avant d’être capturé par les Allemands. Après avoir passé un mois dans une cellule de condamné à mort, il parvient à se libérer grâce à une connaissance influente qu’il a dans le gouvernement de Vichy. Il entre dans la clandestinité en 1943 et devient officier de liaison auprès des FFI puis à l’état-major de la 5ème demi-brigade de Chasseurs Alpins. Cet épisode lui inspirera Les Montagnards de la nuit (1968). Ce n’est qu’à la fin de la guerre que Frison-Roche parvient à revoir sa famille en Algérie.

 

La reprise des expéditions

Dès lors, il va mener une carrière de conférencier pendant une quinzaine d’années. Il rentre en France en 1955 où il travaille pour Nice-Matin. La même année, il traverse le Sahara en reliant Alger à Nyamey en 2CV. En 1956, il est président du Syndicat National des Guides de France et entame pour la première fois des expéditions dans le Grand Nord (en Laponie et dans le Grand Nord canadien notamment). De 1964 à 1970, il est président fondateur du Syndicat international des Guides. En 1974, il est membre de l’Académie de Savoie et en 1981, il publie son autobiographie Le Versant du Soleil.

Il est commandeur de la Légion d’honneur depuis le 15 août 1992. Il décède le 17 décembre 1999 à Chamonix. Les guides portent le cercueil de leur doyen, de l’église au cimetière.

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