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	<title>Artsakh - Billet de France</title>
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	<title>Artsakh - Billet de France</title>
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		<title>Haut-Karabagh : pour la libération des prisonniers arméniens détenus à Bakou</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/haut-karabagh-pour-la-liberation-des-prisonniers-armeniens-detenus-a-bakou/23/12/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Dec 2023 22:30:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Ruben Vardanyan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 23/12/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/haut-karabagh-pour-la-liberation-des-prisonniers-armeniens-detenus-a-bakou/23/12/2023/">Haut-Karabagh : pour la libération des prisonniers arméniens détenus à Bakou</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Dans une lettre ouverte, plus de 150 personnalités dans le monde appellent à la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers arméniens illégalement détenus par Bakou à la suite de l&rsquo;invasion et de la prise de contrôle de la région du Haut-Karabagh par l&rsquo;Azerbaïdjan en septembre dernier. Huit prisonniers politiques arméniens, anciens dirigeants du gouvernement du Haut-Karabagh figurent sur la liste. Plus d&rsquo;une douzaine d&rsquo;autres prisonniers de guerre arrêtés pendant le conflit sont également toujours en détention.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Cet appel collectif fait écho aux préoccupations croissantes concernant les conditions et le traitement de ces prisonniers arméniens, dont fait partie Ruben Vardanyan, homme d&rsquo;affaires et philanthrope arménien de premier plan. Leur arrestation fait suite à une campagne de nettoyage ethnique menée par les forces azerbaïdjanaises. Si la libération, le 7 décembre 2023, de 32 prisonniers de guerre arméniens est une première étape, tous les autres doivent également être libérés. Le fait que Bakou n&rsquo;ait pas libéré les 8 prisonniers politiques restants soulève de profondes inquiétudes quant aux motifs du régime d&rsquo;Ilham Aliyev pour leur <a href="https://www.senat.fr/leg/exposes-des-motifs/ppr20-540-expose.html">maintien en détention</a>. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une violation des Droits de l&rsquo;homme</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les violations des droits de l&rsquo;homme constatées à la suite du conflit du Haut-Karabagh exigent une attention et une action urgentes</em> », a déclaré Noubar Afeyan, l’un des signataires et cofondateur de l&rsquo;initiative humanitaire Aurora. « <em>Le président Ilham Aliyev choisit la rétribution politique plutôt que la justice. Nous croyons à la dignité et aux droits inhérents de chaque individu et appelons la communauté internationale à se joindre à nous pour condamner cette injustice</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/">REPORTAGE – Mobilisation pour l’Artsakh : «nous nous battrons jusqu’à la mort»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Noubar Afeyan collabore depuis longtemps sur des projets humanitaires et de développement économique régionaux et mondiaux avec Ruben Vardanyan, un symbole de la lutte pour la liberté politique et la dignité humaine dans la région. Son emprisonnement injustifié pousse parmi les voix les plus respectées au monde à défendre sa cause et celle des autres prisonniers arméniens injustement détenus.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Nous appelons le président Ilham Aliyev à remplir ses obligations en matière de règles et de droit internationaux, en veillant à ce que les personnes injustement emprisonnées puissent retourner en toute sécurité auprès de leurs familles</em> », a déclaré Paul Polman, vice-président du Pacte mondial des Nations unies et ancien PDG d&rsquo;Unilever. « <em>Tous les habitants du Haut-Karabagh ont le droit de vivre dans la paix et la sécurité, et de disposer de la liberté de se déplacer sans entraves ni restrictions ou avec le spectre menaçant d&rsquo;un traitement inhumain. Compte tenu de la candidature de l&rsquo;Azerbaïdjan pour accueillir la COP 29 en 2024, j&rsquo;espère sincèrement que les Nations unies ne donneront leur accord que si Bakou libère tous ces prisonniers.</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/guerre-au-haut-karabagh-les-enseignements-pour-la-france/20/08/2021/">Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>La détention injuste de Ruben Vardanyan et de tant d&rsquo;autres personnes à Bakou viole leurs droits fondamentaux</em> », a déclaré Mary Robinson, ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de l&rsquo;homme. « <em>Pour que le gouvernement d&rsquo;Azerbaïdjan soit respecté par la communauté internationale, il est essentiel qu&rsquo;il respecte l&rsquo;État de droit, en particulier à la lumière du nettoyage ethnique du Haut-Karabagh. Il doit libérer ces détenus immédiatement</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une véritable paix est-elle possible ?</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ces dernières semaines, les membres du Parlement européen et du Conseil européen ont cherché à obtenir un accord de paix entre l&rsquo;Arménie et l&rsquo;Azerbaïdjan. En octobre, le Parlement européen a adopté une résolution appelant l&rsquo;Azerbaïdjan à libérer tous les habitants du Haut-Karabagh arrêtés depuis le 19 septembre, y compris les anciens fonctionnaires de la région, et à s&rsquo;engager à leur accorder une large amnistie. Le Parlement européen a également demandé des sanctions contre les membres du gouvernement azerbaïdjanais responsables des multiples violations du cessez-le-feu et des droits de l&rsquo;homme dans le Haut-Karabagh, ainsi que des enquêtes sur les abus commis par les forces de Bakou qui pourraient constituer des crimes de guerre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>REPORTAGE – Mobilisation pour l’Artsakh : «nous nous battrons jusqu’à la mort»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Oct 2023 22:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
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		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
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		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9408</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-mobilisation-pour-lartsakh-nous-nous-battrons-jusqua-la-mort/03/10/2023/">REPORTAGE – Mobilisation pour l’Artsakh : «nous nous battrons jusqu’à la mort»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Plusieurs milliers d’arméniens étaient rassemblés à Bruxelles ce dimanche 1er octobre devant la Commission européenne pour exiger des sanctions à l’égard du régime de Bakou, accusé de génocide en Artsakh.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ils sont venus de toute l’Europe défier les plus hautes instances de l’Union. En ce début d’automne, une clameur trouble le calme installé par la vacance dominicale des institutions européennes. Des milliers de membres de la diaspora arménienne, dont environ 2 500 franciliens, laissent éclater leur juste désespoir face à l’assourdissant silence émanant de la haute tour de verre qui abrite la Commission européenne, à Bruxelles. Le collectif « Europeans for Artsakh », lequel regroupe plus de 500 organisations arméniennes dans toute l’Europe, entendait alerter les responsables politiques avant le troisième sommet de la Communauté politique européenne prévu ce 5 octobre. Cette rencontre réunira Nikol Pashinyan, Premier ministre de la République d’Arménie et Ilham Aliyhev, président de la République d&rsquo;Azerbaïdjan, en présence notamment d’Emmanuel Macron, de Charles Michel et d&rsquo;Olaf Scholz.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-armenie-les-consequences-douloureuses-de-la-defaite/15/04/2021/">REPORTAGE – Arménie : les conséquences douloureuses de la défaite</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>« Ils veulent nous supprimer mais nous nous battrons jusqu’à la mort »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Souvent entrecoupées par de dignes larmes, les paroles de la chanson d’ouverture du rassemblement ont été reprises tout l’après-midi par les membres de la communauté arménienne. Résolus, tous affichaient leur désespoir vis-à-vis de la situation catastrophique de plus de 100 000 habitants d&rsquo;Artsakh (sur 120 000) que les troupes azéries ont poussé sur les routes ce mois-ci. Femmes, hommes et enfants déploient chants, slogans et drapeaux et demandent unanimement une chose : l’aide de l’Europe, jadis consciente d’être liée au premier royaume chrétien du monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9413" aria-describedby="caption-attachment-9413" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-9413 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=640%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=1024%2C498&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=300%2C146&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=768%2C373&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?resize=1536%2C746&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-2P45ub82.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9413" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La foule accuse le président de l&rsquo;Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, de meurtrier en Artsakh. © Arthur Ballantine</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">« Je ne comprends pas » déclare le président des Arméniens de Belgique, Karen Tadevosyan à la lecture de la réponse faite à une lettre adressée il y a plus de deux mois à Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères. Pour la foule, la « prise de note des mesures proposées » est aussi insuffisante qu’incompréhensible. L’inaction européenne laisse place, sur toutes les lèvres, au slogan « complicité européenne ». Partout, des groupes de manifestants agitent des pancartes, dont les messages se répondent : « L’Azerbaïdjan commet tous les jours des crimes de guerre » &#8211; « La communauté européenne se tait » &#8211; « Reconnaissez l’Artsakh ! ». Si le président de la République d&rsquo;Azerbaïdjan Ilham Aliyhev est qualifié partout de « dictateur », de « criminel de guerre », de « terroriste » auteur d’un « nettoyage ethnique », ce sont bien les dirigeants de l’Union européenne et l’indifférence de la communauté internationale qui sont au centre de l’évènement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/guerre-au-haut-karabagh-les-enseignements-pour-la-france/20/08/2021/">Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>« Ils font couler le sang du peuple arménien en Artsakh »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les organisateurs du rassemblement ont qualifié les dirigeants européens de « criminels » faisant « couler le sang du peuple arménien ». Une attitude générale de défiance envers le personnel politique de l’UE s’est bien vite installée, tel un ordre de marche. Sont notamment visés la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que Charles Michel, président du Conseil européen. Outre leur mutisme sur la situation, c’est l’achat par l’Union européenne de gaz azéri qui scandalise. Ce choix politique lié au conflit russo-ukrainien était le cœur de l’analyse de la situation par les différents intervenants, qui s’exprimaient devant une bannière portant l’inscription « Stop fueling the armenian genocide, cancel the gas deal, sanction Azerbaïdjan ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9414" aria-describedby="caption-attachment-9414" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-9414 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ-1024x498.jpeg?resize=640%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=1024%2C498&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=300%2C146&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=768%2C373&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?resize=1536%2C746&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-esxwrZqJ.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9414" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Des milliers de manifestants ont dénoncé la collusion de l’Union Européenne et de l’Azerbaïdjan ce dimanche à Bruxelles. © Arthur Ballantine</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le message des différents intervenants montés à la tribune est clair : il enjoint les européens à l’action à l’encontre du régime azéri. « Nous nous tenons face aux institutions européennes pour soutenir nos compatriotes d&rsquo;Artsakh, soumis à une dictature fasciste. Nous exigeons des sanctions de l’Union européenne à l’égard de Bakou et de sa politique génocidaire ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/armenie-le-cri-dalerte-face-aux-agressions-de-lazerbaidjan/25/09/2022/">Arménie : le cri d’alerte face aux agressions de l’Azerbaïdjan</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’espoir d’une Nation, le devoir d’une Civilisation</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les femmes, ainsi que les jeunes hommes, sont les participants les plus investis dans ce rassemblement. Beaucoup nous font part d’histoires personnelles. Tous sont liés à la terre de leurs frères et de leurs ancêtres, déjà victimes en 1915 d’une entreprise génocidaire. « Nous ne voyons que trop peu de signaux en notre faveur. Chaque jour qui passe, une mauvaise nouvelle arrive », nous confie une étudiante de 19 ans, membre de la communauté arménienne du Val-de-Marne. Une seule solution semble s’offrir chez ces hommes et femmes : combattre, par tous les moyens, usant de toute échelle disponible, et préparer l’avenir. « Nous ne pouvons pas nous éteindre, nous n’en avons pas le droit. Nous devons nous battre pour que vivent nos enfants et la nation arménienne » clame une intervenante, fortement acclamée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9415" aria-describedby="caption-attachment-9415" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-9415" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW-1024x498.jpeg?resize=640%2C311&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="311" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=1024%2C498&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=300%2C146&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=768%2C373&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?resize=1536%2C746&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/10/pro-eoUDyTGW.jpeg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9415" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Plus de 100 000 habitants de l&rsquo;Artsakh ont déjà quitté leur territoire face à l&rsquo;avancée de l&rsquo;Azerbaïdjan. © Arthur Ballantine</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une chose surprend lors de ce rassemblement : d’« Européens pour l’Artsakh » nous ne trouvons trace. Si la diaspora arménienne mêle tous les âges et toutes les citoyennetés européennes, les <a href="https://blogs.letemps.ch/pierre-d-herbes/2021/08/27/haut-karabagh-le-retour-de-la-vraie-guerre-partie-ii-aspects-diplomatiques/">Européens</a> restent très rares. C’est d’ailleurs le premier constat d’un manifestant belge, spontanément venu nous en entretenir et s’estimant « très surpris du manque de soutien, au moins par la présence, des français en général et des catholiques en particulier. C’est pourtant notre devoir d’Européens de venir soutenir ces gens ». Une mission humanitaire, la première depuis trente ans, a été dépêchée ce dimanche dans le Haut-Karabagh en vue de rendre compte des besoins des populations restantes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Haut-Karabagh : le président Arayik Haroutiounian en recherche d’un «soutien moral et concret» à Paris</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/haut-karabagh-le-president-arayik-haroutiounian-en-recherche-dun-soutien-moral-et-concret-a-paris/09/12/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Dec 2022 22:49:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Arayik Haroutiounian]]></category>
		<category><![CDATA[Artsakh]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
		<category><![CDATA[Caucase]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<category><![CDATA[Hovhannès Guévorkian]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=8457</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 09/12/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/haut-karabagh-le-president-arayik-haroutiounian-en-recherche-dun-soutien-moral-et-concret-a-paris/09/12/2022/">Haut-Karabagh : le président Arayik Haroutiounian en recherche d’un «soutien moral et concret» à Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>A l’occasion de sa venue en France début décembre, le président de la République du Haut-Karabagh, <b>Arayik Haroutiounian</b>, a donné une conférence de presse à Paris afin d’alerter sur les grands défis sécuritaires de sa région.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En ce mercredi 7 décembre 2022, une vingtaine de journalistes et quelques arméniens, parmi lesquels le représentant en France de la République d’Artsakh, Hovhanès Guévorkian, étaient réunis rue du Faubourg Saint-Honoré, dans les salons du Cercle de l’Union Interalliée. Une semaine après l’adoption par l’Assemblée Nationale d’une résolution appelant le gouvernement à envisager des sanctions contre l’Azerbaïdjan en cas de poursuite des attaques contre l’Arménie, le président de la République du Haut-Karabagh Arayik Haroutiounian a alerté la presse quant aux possibilités d’actions françaises vis-à-vis de la sécurité de ce territoire transcaucasien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">« Nous sommes peu, mais ce peu, on l’appelle ‘Arméniens’ »</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Soixante ans après, les vers du poète Parouïr Sévak (1924-1971) étaient dans tous les esprits au commencement de la conférence de presse du président Arayik&nbsp;Haroutiounian. Les 150 000 habitants de la République autodéterminée du Haut-Karabagh, s’ils sont en effet bien peu, attirent l’attention du monde depuis 1991 et le début d’une quête pour une reconnaissance internationale. Victime d’une attaque menée par les forces armées azerbaïdjanaises le 27 septembre 2020, la petite région du sud caucasien a dû concéder les trois quarts de son territoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Seule une médiation russe a permis la signature d’un cessez-le-feu le 9 novembre, arrêtant l’avancée de troupes « <em>soutenues par la Turquie et épaulées par des mercenaires djihadistes</em> ». C’est bien le constat d’une « <em>politique ethnique de désarménisation</em> » que souligne le président Haroutiounian en guise de propos introductifs : si en 1980 le Haut-Karabagh comptait 95% d’arméniens ethniques, ce chiffre était déjà descendu à 75% huit ans plus tard.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Plus frappant encore, l’exemple du devenir de la République autonome du Nakhitchevan, au pied du mont Ararat, où l’on ne compte aujourd’hui plus aucun arménien, est avancé. Le Haut-Karabagh s’affirme donc clairement comme la victime d’une « <em>ambition de terreur et de nettoyage ethnique</em> », l’Azerbaïdjan ne cachant en rien son intention d’établir une continuité territoriale et culturelle avec la Turquie par le biais d’un couloir établi depuis le Nakhitchevan.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour cela, les moyens azéris s’illustrent par les craintes qu’ils nourrissent : outre la peur du génocide, ce sont 1 500 monuments historiques et culturels qui pourraient disparaître. Le président Haroutiounian qualifie ce plan poursuivant une politique panturquiste de « <em>monstrueux</em> » et alerte sur les « <em>conséquences graves pour la stabilité internationale</em> » d’un lien territorial turc avec la mer Caspienne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Défis et menaces pèsent plus que jamais sur le Haut-Karabagh</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Réaliste</em> ». Arayik Haroutiounian l’a martelé, la situation est telle qu’elle exige d’affronter avec lucidité le constat de menaces toujours plus pesantes. « <em>Depuis le 9 novembre 2020, ce sont près de 200 violations du cessez-le-feu qui ont été commises par l’Azerbaïdjan</em> » a-t-il rappelé, faisant référence aux nombreuses annexions sanglantes de décembre 2020, à la disparition de la population arménienne du village de Parukh en mars 2022 ou encore, en août dernier, à l’évacuation de la population arménienne des communes de Latchine, d’Aravno et de Sous.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les assassinats fréquents de paysans et ouvriers résidant au Haut-Karabagh par les forces armées azerbaïdjanaises « <em>entretenant délibérément une atmosphère d’insécurité visant à empêcher la reprise d’une activité normale</em> » retardent la relance économique d’une région qui ne peut ainsi croire en la possibilité d’une autre issue que celle de la reprise du conflit. « <em>Aliev aura une démarche définitive pour parvenir à ses fins</em> » a affirmé le président Haroutiounian, soulignant ainsi le sérieux de la menace pesant non seulement sur l’Arménie, mais aussi sur la stabilité internationale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_8493" aria-describedby="caption-attachment-8493" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-8493" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?resize=1536%2C1025&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?resize=2048%2C1366&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/12/DSC_1107-r-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8493" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Une mère de famille arménienne pleure le décès de son fils. ©Lydia Kasparian</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le Haut-Karabagh n’est actuellement relié à l’Arménie qu’au travers d’un corridor de 5 kilomètres de large établi à partir de Latchin. Seule la présence russe empêche l’asphyxie. Les appels du pied pour que ce couloir bénéficie d’une protection internationale sont donc au cœur de la communication de Stepanakert. Arayik Haroutiounian s’arme alors d’une rhétorique simple : «<em> lorsqu’un peuple est en danger existentiel, la communauté internationale a des mécanismes concrets lui permettant d’agir</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A l’intégrité territoriale et au non-recours à la force s’ajoute le droit des peuples à l’autodétermination, ce dernier devant faire réagir la communauté internationale. « <em>Nous restons convaincus que la reconnaissance et le respect du droit à l’autodétermination sont des pas essentiels pour la préservation de la paix. Cela ouvrirait la voie à des programmes économiques sur place, voire, pourquoi pas, à un soutien militaire dans le but de permettre une consolidation politique. Cette politique de soutien pourrait se manifester par des sanctions concrètes à l’encontre de l’Azerbaïdjan</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La saisine de la Cour pénale internationale demandée mi-novembre par les sénateurs français pour les crimes de guerres commis à l’égard des populations du Haut-Karabagh est un premier pas vers l’assurance d’une « <em>solution négociée et durable du conflit</em> », vers laquelle souhaite tendre le président Haroutiounian.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un déplacement en pays « ami » afin d’alerter la communauté internationale</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les appels d&rsquo;Arayik Haroutiounian envers la communauté internationale nous ont poussés à l’interroger au sujet de la préparation militaire du conflit de 2020 et de l’existence de projets pour doter à nouveau l’Arménie et l’Artsakh de structures propres à se défendre. Tout en saluant « <em>une question extrêmement complexe qui amène à des réflexions importantes</em> », le président a pointé du doigt une situation ayant évolué en fonction de l’addition des soutiens matériels en faveur de l’Azerbaïdjan.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>En 2016 ou en juillet 2020, lorsque l’Azerbaïdjan était seule face à l’Arménie et l’Artsakh, sans l’aide de la Turquie, les résultats n’ont pas été les mêmes, ce qui veut dire que la situation n’était peut-être pas si mal gérée que ça. Si on regarde du côté de l’Ukraine, le pays est lui, presque aidé par le monde entier, avec des moyens financiers, militaires et économiques. Ce qui n’était pas le cas en 2020 de l’Artsakh et de l’Arménie qui étaient coupés du monde. L’Azerbaïdjan a employé des armements technologiques de pointe en provenance, d’Israël, du Canada, de la France et de la Russie. Le revers de cette question est que nous étions pratiquement seuls, en face d’une réelle coalition. Les moyens de l’Arménie ne sont pas très importants et ne lui permettent pas de soutenir un budget de défense colossal. Faire face à une coalition aussi importante à tous points de vue est extrêmement difficile : c’est cette faiblesse qui doit pousser la communauté internationale à être plus vigilant à la sécurité de l’Arménie et du Haut-Karabagh</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si le Haut-Karabagh se dit prêt à « <em>se défendre jusqu’au bout</em> », le président Haroutiounian a alerté sur le fait qu’il « <em>escomptait un soutien moral mais aussi concret</em> » de la part de « <em>la France amie et de la communauté internationale</em> ». Tout au long de la conférence de presse, Arayik Haroutiounian a souligné combien il lui tenait à cœur d’adresser ses remerciements aux journalistes ayant couvert le conflit réouvert depuis 2020. Les parlementaires français ont également été salués pour les deux résolutions adoptées ces dernières semaines. L’invitation à la reconnaissance du Haut-Karabagh formulée par le Sénat, qui s’est exprimé à 295 voix contre une pour une résolution appelant le gouvernement à sanctionner l’Azerbaïdjan pour agression, a été particulièrement saluée comme une « exception sur le plan international ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A l’occasion de son mot de conclusion, le représentant de la République d’Artsakh en France, Hovhannès Guévorkian, a souligné son attachement à la relation « <em>exclusive et exceptionnelle dans le monde</em> » qu’entretiennent les responsables arméniens avec la France. Paris a « <em>la possibilité de montrer la voie</em> » en faveur de la reconnaissance du Haut-Karabagh sur la scène internationale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/guerre-au-haut-karabagh-les-enseignements-pour-la-france/20/08/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Léo Bonnemaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Aug 2021 19:05:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Artsakh]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Arlette Carlotti]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Cigolotti]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 20/08/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/guerre-au-haut-karabagh-les-enseignements-pour-la-france/20/08/2021/">Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>La guerre du Haut-Karabagh, qui a opposé l’Azerbaïdjan à la république d’Artsakh soutenue par l’Arménie, a redonné naissance à un conflit territorial ancien. Les hostilités ont pris la forme d’une guerre interétatique moderne. Ce conflit a bouleversé le paradigme d&rsquo;un ordre et d&rsquo;une stabilité internationale idéalisant la paix. Ainsi, quelles leçons les autres États, et notamment la France, peuvent-ils tirer d’un tel conflit ? Pour répondre à cette problématique, Olivier Cigolotti et Marie-Arlette Carlotti, membres de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat ont remis le 7 juillet 2021 à la présidence de la chambre haute un <a href="http://www.senat.fr/rap/r20-754/r20-754.html">rapport d’information</a> dégageant «&nbsp;dix enseignements&nbsp;» de ce «&nbsp;conflit qui nous concerne&nbsp;».</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’implication de la Turquie, qui a participé à la préparation de l’armée azerbaïdjanaise, et a déployé 1 500 à 2 000 mercenaires syriens, a joué un rôle déterminant dans le conflit. Pour autant, le phénomène de mercenariat n&rsquo;est pas nouveau. On pourrait citer l&rsquo;exemple des États-Unis avec Blackwater ou encore plus récemment, celui de la Russie avec la société Wagner.&nbsp; Le soutien de la Turquie à l’Azerbaïdjan lui permet d’étendre son influence dans le Caucase, région clef reliant la mer Caspienne à la mer Noire, où la Russie et l’Iran ont également des aspirations.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Face à la Turquie qui utilise de plus en plus son influence de manière belliqueuse, le rapport soutien «&nbsp;<em>qu&rsquo;il est regrettable que le gouvernement français ait, initialement, cru devoir adopter une position de</em> « <em>neutralité</em> ». De cette manière, le document propose que «&nbsp; <em>La question du Haut-Karabagh doit figurer à l’agenda de nos relations avec la Turquie, dans toutes les enceintes pertinentes (négociation bilatérales, congrès, sommets, etc.)</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En dehors des ingérences turques, la Russie aménage la sécurité du territoire dans la région. Selon les chiffres énoncés par le rapport, les forces russes seraient présentes dans les trois pays du Caucase du sud avec un effectif d’environ 20 000 hommes. Cependant, la crainte réside dans la tentation expansionniste de l’Azerbaïdjan qui souhaiterait aller plus loin que les territoires récemment acquis. Cette crainte est loin d&rsquo;être infondée si l’on prend en compte la nature belliciste des discours des dirigeants azéris. Il est bon de rappeler que l&rsquo;Arménie reste toujours alliée à la Russie, ce qui lui vaut une certaine protection. Mais pour combien de temps ? Dans ce contexte, le rapport plaide pour un soutien de la France à l’Arménie afin de stabiliser la région («&nbsp;<em>La France qui a laissé pendant longtemps le leadership russe s’exercer dans cette région doit entreprendre un dialogue renforcé avec la Russie afin de l’inciter à jouer un rôle constructif</em> »).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Devoir de protection du patrimoine de l’humanité</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans une autre mesure, cette guerre nous enseigne la nécessité de protéger une partie du patrimoine de l&rsquo;humanité. Le conflit récent suscite de fortes inquiétudes. Près de 1 500 monuments arméniens seraient passés sous le contrôle de l’Azerbaïdjan, dont 161 monastères et églises. Si l’on peut espérer une préservation des monuments les plus connus, les risques de destruction du petit patrimoine (comme les cimetières) ou encore la dénaturation de ceux-ci, paraissent en revanche élevés et n&rsquo;entraîneraient pas un apaisement des tensions, bien au contraire. La mission d&rsquo;inventaire proposée par l’UNESCO est vue comme une nécessité. Cette dernière pourrait donner suite à d&rsquo;autres missions plus importantes encore pour protéger le patrimoine.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour résumer, cette mission a pour objet d&rsquo;envoyer des experts internationaux dans le but de dresser «&nbsp;<em>un inventaire préliminaire des biens culturels</em>&nbsp;» pour ensuite assurer «&nbsp;<em>une protection effective de la région</em> ». Toutefois, des désaccords subsisteraient encore concernant les sites visités. Une rancœur due à la décision tardive d&rsquo;agir pour le patrimoine serait en cause. Les Arméniens ont toujours en mémoire l&rsquo;inaction de l&rsquo;UNESCO lors de l&rsquo;effacement de patrimoine arménien du Nakhitchevan par l’Azerbaïdjan entre 1997 et 2006. De la même manière, Erevan reste prudente concernant les négociations dans la mesure où Bakou occupe une place de plus en plus forte au sein de l&rsquo;UNESCO, et possède des liens étroits avec deux anciens directeurs généraux : Koichiro Matsuura et Irina Bokova.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En France, l’Institut National du Patrimoine s’efforce de rapprocher experts arméniens et azerbaïdjanais. En outre, le rapport affirme qu&rsquo;il serait utile de créer un groupe de contact, impliquant des experts internationaux susceptibles de servir d’intermédiaires afin qu’un dialogue puisse s’instaurer entre les parties.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Vers une guerre du XXIème&nbsp; siècle&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le rapport met également l&rsquo;accent sur l&rsquo;usage de drones, devenu une ressource incontournable dans les guerres modernes (ex&nbsp;: la guerre du Donbass en Ukraine). Ces drones ont l&rsquo;avantage de remplir les mêmes fonctions que d&rsquo;autres engins aériens – comme le renseignement ou encore la frappe pour ne citer que ces deux exemples – pour un coût plus bénéfique. Leur emploi continue toutefois d’évoluer. Au cours des conflits récents, ils ont progressivement été intégrés à de vastes dispositifs offensifs, en coordination avec l’artillerie. Le conflit du Haut-Karabagh est symptomatique d’une étape intermédiaire entre la « <em>dronisation des forces</em> », qui s’est imposée depuis 30 ans, et le « <em>combat collaboratif en essaim</em> », qui pourrait devenir une réalité dans 30 ans.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le rapport rappelle que la France continue, pour sa part, d’avoir un emploi « <em>stratégique</em> » de ses drones. Certes, le système de drones tactiques (SDT) doit arriver dans les forces à partir de 2022, et une partie de notre retard dans le domaine des drones de contact a commencé à être rattrapé (les forces devraient être équipées de plus de 1 000 drones d’ici trois ans). Mais le document précise qu&rsquo;il reste à tirer tous les&nbsp; « <em>enseignements des conflits récents, s’agissant des drones et munitions télé-opérées d’emploi tactique, au profit des unités de première ligne, et de l’usage de matériel moins coûteux, pouvant être considéré comme consommables, au moins sur de courtes périodes</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par conséquent, le rapport souligne l&rsquo;importance de la défense en particulier les défenses sol-Air, et la lutte anti-drone. En effet, les défenses arméniennes pourtant solides, ont été dépassées par l’offensive aérienne azérie. Le document propose ainsi d&rsquo;anticiper des situations dans lesquelles nos forces seraient la cible d’actions impliquant l’emploi de drones.&nbsp; Dans cette perspective, le document insiste sur la nécessité des évolutions des moyens de défense surface air basse couche (SABC).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce conflit nous enseigne, une nouvelle fois, que la guerre de haute intensité, implique la mise en œuvre de toute la gamme matérielle à disposition des armées. Ainsi, la guerre de haute intensité est une guerre de stock. Le camp, dont la logistique est plus efficace et le stock plus rempli, part avec un avantage. Car ce type de guerre est consommateur et destructeur. Les chiffres du rapport en témoignent&nbsp;: «&nbsp;<em>4 000 soldats arméniens tués, c’est un chiffre considérable pour un pays qui compte moins de 40 000 naissances par an (environ 10 % d’une classe d’âge)</em> ». Le document rappelle que les armées françaises ont subie des choix budgétaires dans l&rsquo;optique de privilégier du matériel utilisable en opération extérieur. Cependant, une partie du matériel utile face à une guerre de type haute intensité a été délaissé. Ainsi, le rapport insiste sur un développement matériel spécifique à ce type de conflit au sein de nos armées pour retrouver une dynamique croissante des stocks. Par ailleurs, repenser en profondeur l&rsquo;arbitrage entres les ressources matérielles et technologiques ainsi que l&rsquo;effectif des forces constituerait un des principaux enjeux des programmes militaires venir, comme le programme TITAN.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une paix précaire</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Depuis ces dix dernières années, certains événements ont démontré que la paix n&rsquo;est que précaire. Des situations paraissant stables peuvent très vite s&#8217;embraser. On peut citer la prise de Mossoul par l’Etat islamique, l&rsquo;annexion de la Crimée ou encore la chute de l’Afghanistan et la prise de Kaboul par les Talibans en quelques semaines… Ces deux derniers s&rsquo;inscrivent dans cette ligne de « surprises stratégiques ». Le rapport insiste donc sur la nécessité d&rsquo;opter pour une politique visant à anticiper et être plus réactif. En d&rsquo;autres termes, il y a une importance à renforcer l&rsquo;intégration des acteurs au sein d&rsquo;un conflit afin d&rsquo;éviter une inertie. Cela vaut aussi pour le renseignement dont le but serait de solidifier les analyses.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La multiplication des acteurs et des intérêts divers au sein d&rsquo;un conflit ont tendance à rendre la question diplomatique plus complexe. L&rsquo;exemple que l&rsquo;on peut tirer du conflit est celui du partenariat, tout aussi paradoxal, entre Israël et l’Azerbaïdjan. Le rapport développe le fait que cette complexification du conflit «&nbsp;<em>aggraverait les violences</em>&nbsp;» (mercenariat, vente d’armes etc.). Concernant la question du mercenariat, le rapport rappelle que la France, par la loi du 14 avril 2003 réprime cette activité. Par ailleurs, depuis 2008, la France est signataire du Document de Montreux sur les entreprises militaires et de sécurité privées (EMSP) qui vise à promouvoir le respect du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme dans tous les conflits armés où interviennent des EMSP. Cependant, une fois encore, ces conflits nous montrent que le droit est un «&nbsp;tigre de papier&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>ENTRETIEN EXCLUSIF – Hayk Khanumyan : «L’Azerbaïdjan mène une politique de chantage en Artsakh»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-exclusif-hayk-khanumyan-lazerbaidjan-mene-une-politique-de-chantage-en-artsakh/07/05/2021/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-exclusif-hayk-khanumyan-lazerbaidjan-mene-une-politique-de-chantage-en-artsakh/07/05/2021/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Pierre d'Herbès]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 May 2021 20:30:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Artsakh]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Blondin]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<category><![CDATA[Hayk Khanumyan]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre d’Herbès]]></category>
		<category><![CDATA[Stepanakert]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/05/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-exclusif-hayk-khanumyan-lazerbaidjan-mene-une-politique-de-chantage-en-artsakh/07/05/2021/">ENTRETIEN EXCLUSIF – Hayk Khanumyan : «L’Azerbaïdjan mène une politique de chantage en Artsakh»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>ENTRETIEN. À l’issue de la guerre avec l’Azerbaïdjan, l’Artsakh a vu son territoire diminuer de 75% affaiblissant considérablement la région. Le ministre de l’administration des territoires et des infrastructures du Haut-Karabagh, Hayk Khanumyan, revient pour Billet de France sur les conséquences de ce conflit.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>Billet de France : Quelle est la situation humanitaire, plusieurs mois après le conflit avec l’Azerbaïdjan ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>Hayk Khanumyan</b> : Il y a actuellement beaucoup de projets gouvernementaux en cours dans le but de limiter l’impact de la crise humanitaire. Je ne les apprécie pas tellement car je considère que ces projets manquent de stabilité et ne s’orientent pas toujours vers le développement. Avant la guerre, j’étais dans l’opposition et j’ai critiqué le gouvernement au sujet de ces projets qui existaient déjà à l’époque. Aujourd’hui, je trouve particulièrement inquiétant leur augmentation car ils créent de nombreux problèmes sur le plan du développement économique. Ils ont créé une véritable inflation dans un certain nombre de secteurs comme l’immobilier.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-armenie-les-consequences-douloureuses-de-la-defaite/15/04/2021/">REPORTAGE – Arménie : les conséquences douloureuses de la défaite</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Outre l’inflation, à quels autres défis êtes-vous confrontés en Artsakh ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b>. : Ce que je souhaite c’est ne pas nous limiter à l’angle humanitaire où les ONG distribuent des médicaments, de la nourriture et des produits de premières nécessités. La guerre a considérablement affaibli nos infrastructures. Aujourd’hui, nous avons besoin d’infrastructures électriques, en partie détruites. Nous avons pris des mesures temporaires comme des groupes électrogènes et des générateurs mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin d’investisseurs économiques dans la région. Beaucoup de personnes ont perdu leur emploi et leur commerce.</span><br />
<span style="color: #000000;">Avant la guerre, nous avions une activité d’extraction d’or et de cuivre. Aujourd’hui, cela ne marche plus ou très peu. Nous produisions également 300 millions de kilowatts d’électricité par an. Aujourd’hui, nous avons perdu plus de la moitié de ce que nous produisions en électricité. Nous recevons actuellement de l’électricité de l’Arménie alors que nous les fournissions auparavant. À terme, je pense qu’il faudra se concentrer sur la production d’énergie solaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Quelle est votre relation avec le premier ministre arménien, Nikol Pashinyan ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : Avec mon parti, nous avons salué l’arrivée au pouvoir du premier ministre arménien Nikol Pashinyan en 2018. Le problème est que ce gouvernement est très faible sur la question sécuritaire. Avant la guerre, nous avions proposé des réformes plus importantes dans ce domaine et en particulier dans l’armée. Il y en a eu mais ces avancées se sont limitées à de petites choses comme la façon dont les soldats se nourrissent. Nous voulions des réformes plus profondes avec de l’achat d’armes plus modernes. Nous pouvions ne pas perdre&nbsp;!</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/">Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l’Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Pourquoi Erevan ne reconnait pas l’Artsakh ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : Je ne sais pas vraiment. Je pense que certaines élites arméniennes au pouvoir à Erevan ne comprennent pas bien le problème de l’Artsakh et la logique de ce conflit. Pourtant, ils viennent nous voir ici à Stepanakert. Je pense que cette incompréhension a en partie créé cette guerre que nous avons malheureusement perdue. Le fait qu’ils ne semblent pas comprendre les enjeux m’inquiète beaucoup. Une partie de ces élites pense même que l’Artsakh est un problème, qu’il y a eu trop de victimes et qu’il ne faut plus envoyer ses enfants dans l’armée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Sur qui pouvez-vous compter finalement ? Sur la Russie ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K.</b> : L’armée russe est ici en mission de la paix. Dans ce cadre, ils déploient également des services annexes qui travaillent en collaboration avec nos propres services sur plusieurs sujets. Cela peut-être de la sécurité civile mais aussi des unités du génie qui collaborent dans le déminage. Si nous parlons de de garantie sécuritaire, nous pouvons compter sur la mission de paix de la Russie. Celle-ci est la plus efficace bien que je trouve que les missions et les moyens mis en place sont trop limités. Au-delà, je pense que nous pouvons principalement compter sur nous-même.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/">ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : Avez-vous des relations avec la France ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : L’Artsakh a du mal à travailler avec des pays étrangers à cause des obstacles qui sont sur notre route. Le principal obstacle est le chantage que mène l’Azerbaïdjan. Avant nous avions des petits projets avec des villes françaises jumelées. Il y avait une coopération décentralisée mais les opportunités me paraissent également limitées. En France, certaines municipalités ont donné de l’argent pour le Haut-Karabagh au travers de la Croix-Rouge. Cette action n’est pas très efficace car cela met sous perfusion notre économie avec la fameuse aide alimentaire dont je vous parlais précédemment. Au niveau économique, la diaspora arménienne en France nous aide financièrement à hauteur de 2 millions d’euros par an. La principale aide financière que nous avons provient de l’Arménie avec un équivalent de plus de 100 millions d’euros chaque année.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><strong>BDF : En novembre 2020, le Sénat français a ouvert une proposition de résolution appelant à la reconnaissance de la république d’Artsakh. Quel est votre avis ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;"><b>H. K</b> : Cette procédure a été ouverte dans un certain nombre de pays dans le monde autre que la France. Nous en avons beaucoup entendu parler, c’est une bonne chose. Maintenant, est-ce que ce processus aboutira, je ne le sais pas mais je l’espère ! Le fait que nous ayons perdu la guerre rend plus difficile notre reconnaissance. Certaines personnes utilisent contre nous le fait que même l’Arménie ne nous reconnaît pas. La première chose que nous devons faire est de travailler davantage avec Erevan, plutôt que Paris pour influer sur notre reconnaissance par eux.</span><br />
<span style="color: #000000;">Nous devons également élargir la zone de sécurité du Haut-Karabagh. Outre le conflit armé, cet élargissement peut se faire par la voie diplomatique en créant des alliances ou des accords avec les autres acteurs de la région et… pourquoi pas avec l’Azerbaïdjan.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: 150%;"><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a> et <a href="https://www.billetdefrance.fr/tag/pierre-dherbes/">Pierre d’Herbès</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>REPORTAGE – Arménie : les conséquences douloureuses de la défaite</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-armenie-les-consequences-douloureuses-de-la-defaite/15/04/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Pierre d'Herbès]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 14:29:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
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		<category><![CDATA[EliseCare]]></category>
		<category><![CDATA[Fonds arménien]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<category><![CDATA[Hayk Khanumyan]]></category>
		<category><![CDATA[Nikol Pachinian]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre d’Herbès]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[SOS Chrétiens d&#039;Orient]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5053</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 15/04/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-armenie-les-consequences-douloureuses-de-la-defaite/15/04/2021/">REPORTAGE – Arménie : les conséquences douloureuses de la défaite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>REPORTAGE. La guerre entre l&rsquo;Arménie et l’Azerbaïdjan a fait plusieurs milliers de victimes. Entre les morts, les blessés et les conséquences liées à l’utilisation d’armes chimiques, le conflit a (re)mis en évidence les relations parfois compliquées entre l’Arménie et l’Artsakh.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’atmosphère est pesante. Une véritable scène de film. Le temps paraît s’être arrêté sur le cimetière militaire d’Erablur, situé sur les hauteurs d’Erevan. Les drapeaux arméniens flottent sur les sépultures des soldats tombés durant la guerre. En cette matinée de janvier, les proches des victimes arpentent les lieux pas à pas et cherchent pour certains leur fils, leur petit-fils, leur frère, leur sœur. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Impossible de circuler sans avoir un regard de compassion pour ces familles. Un soldat cherche désespérément son frère d’arme tandis qu’une jeune femme pleure à genoux devant la sépulture de son fiancé. L’émotion est palpable. Certaines dates de naissance affichées sur les tombes font froid dans le dos. 2000, 2001 2002 ! Fauchés dans la fleur de l’âge, certains n’avaient que 18 ans. Une génération marquée à jamais.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_5312" aria-describedby="caption-attachment-5312" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5312" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098.jpg?resize=640%2C429&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="429" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?resize=1024%2C687&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?resize=300%2C201&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?resize=768%2C516&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?resize=1536%2C1031&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?resize=2048%2C1375&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0098-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-5312" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une jeune femme pleure son fiancé au cimetière militaire arménien d&rsquo;Erablur. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un peu plus loin, des pelleteuses continuent encore de creuser. Chaque jour, de nouvelles dépouilles arrivent au cimetière. Plus de deux mois après le cessez-le-feu du 10 novembre 2020, les forces de sécurité arméniennes retrouvent chaque semaine de nouvelles victimes. Quelques jours auparavant, pas moins d’une vingtaine de corps de soldats et de civils a été retrouvée en Artsakh (Haut-Karabagh). </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Tous les corps ne sont pas identifiables et certains ne sont pas entiers, victimes de l’artillerie azerbaïdjanaise. Les familles et les militaires vont et viennent parmi les milliers de tombes que compte le cimetière, qui recueille une partie des soldats morts pour la défense du Haut-Karabagh depuis 1988. Une exposition photo retrace d’ailleurs cette victoire à l’extérieur du cimetière.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un conflit sans fin depuis 1994</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’histoire de la région est à la fois complexe et simple. Les Bolcheviks donnent le Haut-Karabagh en 1921 à l’Azerbaïdjan, dans le cadre de l’institution de la fédération de Transcaucasie (ex vice-royaume de l’empire-Russe), elle-même constitutive de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). En 1991, à la chute du bloc soviétique, l’Azerbaïdjan garde la région, respectant <em>de facto</em> le « droit international » tandis que l’Arménie se fonde sur ce que l’on peut appeler en français la « préséance du passé ». </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Territoire peuplé en majorité d’Arméniens (94% en 1921), les deux pays se disputent le Haut-Karabagh dans une guerre sanglante, au prix de plusieurs dizaines de milliers de morts. En 1994, l’Arménie « récupère » son enclave, la sécurise avec une « zone de protection » reliée à son territoire par un corridor, le couloir de Latchin, et évacue les civils azerbaïdjanais. Dans la foulée, le territoire prend officiellement son indépendance. La République de l’Artsakh est proclamée. Elle n’est cependant pas officiellement reconnue par l’Arménie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_5315" aria-describedby="caption-attachment-5315" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5315" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-544-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-5315" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le couloir de Latchine entre l&rsquo;Arménie et le Haut Karabagh est sous protection des forces russes. ©Pierre d&rsquo;Herbès</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis cette date, le conflit n’a jamais véritablement pris fin. Les deux pays se regardent en chien de faïence et de nombreuses escarmouches se déroulent sans que la presse internationale n’en fasse écho, si ce n’est à quelques montées de températures ponctuelles, comme en 2016. Des destructions de matériels, violations du territoire, échanges de tirs et parfois des morts sont le quotidien de cette « drôle de guerre ». </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le conflit couvait. Bakou n’allait pas se résoudre à accepter, au-delà de sa défaite militaire de 1994, ce qu’elle considère comme étant une « violation du droit international » avec la partie ouest de son territoire occupé. Une préparation demande du matériel, de l’entrainement et … une démographie adéquate. C’est l’affaire d’une génération, soit 25 ans.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une guerre éclair aux conséquences funestes</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 27 septembre 2020, profitant de la crise du coronavirus et des conséquences économiques désastreuses en Arménie, l’Azerbaïdjan passe à l’offensive. A Stepanakert, la capitale de l’Artsakh, les premiers obus tombent. Les positions de défense sont pilonnées. Dans la foulée, le Premier ministre arménien décrète la loi martiale. Les hommes et femmes sont mobilisés et, pour certains, rejoignent un front qui se rétrécit de jour en jour. La propagande de guerre se met en place et le conflit s’internationalise. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les ambassades prennent le relais de la communication étatique. En France, la diaspora arménienne se mobilise et organise des manifestations aux abords de l’ambassade de l’Azerbaïdjan, aux cris de « <em>l&rsquo;Artsakh est à nous</em> ».  Des dizaines de millions d’euros sont envoyés et des volontaires rentrent dans leur pays d’origine pour « défendre leur histoire ». « <em>Une partie de nos fonds provient de la diaspora, en particulier américaine</em> », témoigne Nune Grigoryan, directrice de la communication de la Croix-Rouge en Arménie.</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/">Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l’Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</a></span></strong></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré la communication étatique, la réalité du terrain n’est pas favorable à Erevan. L’armée arménienne peine à contenir les forces azerbaïdjanaises. L’équipement, et plus largement l’armement, ne fait définitivement pas le poids face au matériel récent de l’adversaire. Les anciens de la guerre de 1994 décrochent leur AK-47 et font front commun avec la nouvelle génération. Pour défendre à tout prix le terrain perdu, ils s’enterrent et creusent des tranchées. Dans certaines zones, le portable est interdit en première ligne de peur de se faire repérer par l’ennemi. Fraîchement achetés à Israël et à son indéfectible allié turc, les drones font des ravages et sont la hantise des soldats.</span></p>
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<figure id="attachment_5316" aria-describedby="caption-attachment-5316" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5316" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154.jpg?resize=640%2C429&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="429" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?resize=1024%2C687&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?resize=300%2C201&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?resize=768%2C516&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?resize=1536%2C1031&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?resize=2048%2C1375&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0154-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-5316" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les visages des militaires morts pour la défense du Haut-Karabagh sont affichés à Stepanakert, la capitale de la République d&rsquo;Artsakh. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’Arménie, territoire chrétien orthodoxe enclavé dans le Caucase, paye sa différence technologique et démographique – 3 millions d’Arméniens contre 10 millions d’Azéris – face à son voisin musulman turcophone azerbaïdjanais. La crise économique et les décisions gouvernementales depuis plusieurs années ont réduit les capacités opérationnelles de l’armée. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">À l’instar de l’Allemagne dans les années 30, l’armée azerbaïdjanaise a profité de sa croissance économique, dopée par sa rente pétrolière, pour moderniser considérablement son armée. « <em>Le problème est que le gouvernement arménien est très faible sur la question sécuritaire</em> », pointe du doigt le ministre des infrastructures de l’Artsakh, Hayk Khanumyan, qui nous accordé un entretien : « <em>Nous avions proposé des réformes plus importantes dans ce domaine et en particulier dans l’armée. Il y en a eu mais ces avancées se sont limitées à de petites choses […] Nous voulions des réformes plus profondes avec de l’achat d’armes plus modernes </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une génération sacrifiée</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre déclarée, le système des alliances s’est mis en marche. Du côté de l’Azerbaïdjan, la Turquie a redéployé ses mercenaires djihadistes, d’abord envoyés en Syrie puis en Lybie, sur le front en Artsakh. Des officiers turcs encadrent mêmes certaines troupes. Du côté arménien, le bilan est lourd mais les chiffres ne sont pas définitifs (3 500 morts). Il ne s’agit donc pas d’une déroute totale, les Azéris ont payé chèrement le terrain conquis avec près de 2 500 tués. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Des milliers de soldats et de civils tués, des centaines (milliers ?) de disparus, plus de 90 000 civils (sur une population de 150 000 habitants) ont dû fuir les combats en rejoignant pour une partie Erevan, chassés de leurs terres « <em>comme des chiens</em> », selon les propos tenus par le président azerbaïdjanais, Illham Aliev. Ces déplacés n’ont plus rien. Il leur manque de tout. « <em>Nous avons fourni du matériel, de la nourriture, des fournitures médicales, des vêtements, mais aussi un soutien post-traumatique</em> », continue Nune Grigoryan. Des familles ont même brûlé leur maison pour que celles-ci ne tombent pas entre les mains des Azéris. Honneur oblige.</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/ethiopie-et-tigre-une-impossible-reconciliation-aux-consequences-nefastes/01/03/2021/">Ethiopie et Tigré : une impossible réconciliation aux conséquences néfastes</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans les hôpitaux, des soldats et des civils sont blessés, certains par balles, par éclats d’obus et d’autres par … des attaques chimiques, dont la communauté internationale parle peu contrairement à celles commises en Syrie. « <em>L&rsquo;armée azerbaïdjanaise a également utilisé des armes à sous-munitions interdites dans des zones peuplées, faisant des victimes civiles</em> », dénonce un rapport de l’ONG Human Rights Watch. Des bombes à poussière de métal ont été employées dans certaines munitions, ainsi que du phosphore blanc dans d’autres. Ne se remarquant pas à l’œil nu, la poussière de métal se dépose sur les plaies. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quand ces dernières cicatrisent, des douleurs surviennent sans que l’on en comprenne la cause, jusqu’à la gangrène puis l’amputation. Le phosphore blanc est un produit qui s’enflamme au contact de l’air lors de l’explosion de la bombe. Il a pour particularité de provoquer de nombreuses brûlures et des problèmes osseux. Mais d’autres conséquences sont à déplorer, comme l’infertilité. Compte tenu de l’importance de la démographie dans les processus de conflictualité et de guerre, l’opération est particulièrement perfide : en plus de ces milliers de jeunes décédés, une partie des blessés devrait souffrir d’infertilité.</span></p>
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<figure id="attachment_5319" aria-describedby="caption-attachment-5319" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5319" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/Armenie-janv-344-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-5319" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le christianisme est la religion de plus de 90% d&rsquo;Arméniens. ©Pierre d&rsquo;Herbès</span></figcaption></figure>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">À cela s’ajoutent les nombreux prisonniers de guerre détenus par les Azéris, certains soumis à des abus. « <em>En violation grave du droit humanitaire, des soldats azerbaïdjanais ont soumis des prisonniers de guerre arméniens à des violences physiques et à des actes d&rsquo;humiliation, qui ont été filmés et largement diffusés en ligne </em> », dénonce le même rapport de l’ONG Human Rights Watch. Officiellement, Erevan et Bakou assurent n’avoir plus de prisonniers. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Officieusement, selon plusieurs responsables politiques et humanitaires arméniens, leur voisin détiendrait encore entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de prisonniers de guerre. Ceux-ci seraient utilisés comme monnaie d’échange dans le cadre des négociations toujours en cours sur le tracé de la nouvelle ligne de démarcation officialisant la perte effective de 75% du territoire de l’Artsakh.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une présence française modérée</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alors que le monde entier luttait contre la pandémie de Covid-19, la France a participé à l’aide humanitaire d’urgence. À la demande du président Emmanuel Macron, la France est intervenue avec l’envoi de matériel médical d’urgence – fournis principalement grâce à la coopération d’entités privées – par avion-cargo ainsi que d’une équipe de chirurgiens. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur place, les associations internationales comme la Croix-Rouge, EliseCare, le Fonds arménien ou encore l’ONG SOS Chrétiens d’Orient œuvrent pour aider les populations locales, victimes du conflit. « <em>En plus de l’aide matérielle de premières urgences que nous avons pu fournir, nous dispensons des cours de français</em> », nous confie Corentin Clerc, chef de mission de l’association française SOS Chrétiens d’Orient en Arménie. « <em>Notre présence sur place consiste également à favoriser et développer les liens historiques entre la France et l’Arménie</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/">ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La réaction du gouvernement français a paru manquer d’audace à une grande partie de notre opinion publique. Pourtant, la majorité des personnes rencontrées soulignent les paroles du président Macron qui dénonçait en octobre 2020 « <em>l’agression des Turcs et des Azéris</em> » en révélant les transferts de djihadistes de Syrie et de Libye vers le front arménien. Des propos particulièrement appréciés compte tenu de la situation sur place. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quelques semaines après, le ministère de l’Intérieur annonçait la dissolution des Loups Gris, association turcophone islamiste appelant ouvertement à la violence contre la communauté arménienne en France. Une goutte d’eau pour les Français, victimes eux aussi du terrorisme islamiste, mais une bouteille à moitié pleine pour les Arméniens, qui se sentent désespérément isolés : « <em>la France a été la seule à nous soutenir</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Des relations diplomatiques internes compliquées</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans la capitale arménienne, les mines sont sombres. La défaite et la météo (-10°) n’aident pas à la bonne humeur. Tous ont perdu, ou connaissent une personne qui a perdu, un être cher dans cette guerre éclair de 6 semaines. L’heure des comptes a sonné. Pourquoi l’armée n’était-t-elle pas préparée ? Pourquoi a-t-on perdu ? Comme à chaque drame, il faut des bouc-émissaires. Peu après l’annonce du cessez-le-feu du 10 novembre 2020, une foule de plusieurs centaines de personnes a envahi l’Assemblée Nationale et dénoncé la « traîtrise » du Premier ministre Nikol Pachinian. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’homme fort de la révolution de 2018 est désormais sur la sellette. Contrairement à ses prédécesseurs, ses détracteurs l’accusent de ne pas être né au Haut-Karabagh et de ne pas avoir de compassion pour l’Artsakh, quitte à laisser l’Azerbaïdjan prendre la main dessus. À Goris, une ville proche du couloir de Latchin, unique voie d’accès pour quiconque veut se rendre au Haut-Karabagh, le maire a même été arrêté pour avoir voulu empêcher Pachinian de visiter la ville.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_5320" aria-describedby="caption-attachment-5320" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-5320" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147.jpg?resize=640%2C429&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="429" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?resize=1024%2C687&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?resize=300%2C201&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?resize=768%2C516&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?resize=1536%2C1031&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?resize=2048%2C1375&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/04/DSC_0147-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-5320" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La ville de Goris a accueilli de nombreux déplacés de l&rsquo;Artsakh. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette vision est partagée par le ministre des infrastructures de l’Artsakh, Hayk Khanumyan. Après avoir accueilli favorablement Pachinian en 2018, il dénonce désormais une influence néfaste de certains cercles politiques « <em>qui ne semblent pas comprendre les enjeux liés à l’Artsakh</em> ». Une « guerre » d’influence aurait même lieu entre la diaspora particulièrement militante et une partie de la population arménienne qui dénonce des budgets trop importants pour son voisin du Haut-Karabagh, pour un résultat que l’on connaît. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré quelques critiques, le ministre reconnaît que l’Arménie a alloué une enveloppe de 100 millions d’euros pour l’Artsakh en 2020 et dénonce une sorte de résiliation. « <em>Une partie de ces élites pense même que l’Artsakh est un problème, qu’il y a eu trop de victimes et qu’il ne faut plus envoyer ses enfants dans l’armée</em> », continue-t-il. Une fracture qui illustre les disparités au sein même du camp arménien.</span></p>
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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/haut-karabagh-limperialisme-ottoman-derdogan-cherche-a-simposer-dans-la-region/20/10/2020/">Haut-Karabagh : «L’impérialisme ottoman d’Erdogan cherche à s’imposer dans la région»</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est dans les mois qui viennent que se jouera l’avenir de l’Artsakh. Outre l’aspect économique, la défense de cet état non reconnu par la communauté internationale ne peut se faire que par une reconnaissance de cette jeune république, seule garantie d’existence et de pérennisation dans cette enclave. Si la France souhaite reprendre pied au Moyen-Orient, c’est une nécessité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l&#8217;Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2021 14:43:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 20/01/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/">Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l&rsquo;Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>ENTRETIEN. La guerre éclair de six semaines menée par l’Azerbaïdjan entre septembre et novembre 2020 au Haut-Karabagh a fait plusieurs milliers de victimes. Retour sur le bilan de ce conflit avec le <a href="https://haut-karabagh.com/le-representant/">représentant</a> français du Haut-Karabagh, Hovhannès Guévorkian, fervent défenseur de la reconnaissance de cet état dans la région.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Charles de Blondin : Suite à la guerre au Haut-Karabagh, quel bilan tirez-vous de ces sept semaines de conflit ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Hovhannès Guévorkian : </strong>Le bilan est assez sombre naturellement. L&rsquo;objectif annoncé de l&rsquo;Azerbaïdjan était de détruire la république d&rsquo;Artsakh. Celle-ci est un élément central de la sécurité des Arméniens vivant dans cette région. En effet, l&rsquo;État que nous avons construit nous a permis d’assurer notre sécurité et de continuer à exister au Haut-Karabagh. C&rsquo;est précisément pour cette raison que la dictature azerbaïdjanaise a visé toutes les composantes de cet État : sa population, en la terrorisant pour l&rsquo;obliger à quitter son territoire – un territoire qu&rsquo;elle est parvenue à morceler et à amputer – ; les institutions et les infrastructures pour mettre fin à l&rsquo;existence des Arméniens dans cette région.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/haut-karabagh-limperialisme-ottoman-derdogan-cherche-a-simposer-dans-la-region/20/10/2020/">Haut-Karabagh : «L’impérialisme ottoman d’Erdogan cherche à s’imposer dans la région»</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Aujourd&rsquo;hui la ville de Chouchi, la région de Hadrout et de nombreuses communes d&rsquo;autres régions de l&rsquo;Artsakh se trouvent sous occupation armée de l&rsquo;Azerbaïdjan. Par ailleurs, l&rsquo;Artsakh est en situation d&rsquo;enclave intégrale et son lien terrestre avec l&rsquo;Arménie est fragilisé. Les communes artsakhiotes ont subi beaucoup de destructions. Or, la précarité des logements et des infrastructures due à l’agression azerbaidjanaise ne favorise pas le retour des réfugiés qui ont fui leur commune dans la précipitation. Pour information, les trois quarts de la population artsakhiote ont été contraints de prendre le chemin de l’exode vers l’Arménie. Pour résumer, l&rsquo;Artsakh est fragilisé aujourd&rsquo;hui, politiquement, économiquement et sur un plan territorial et sécuritaire.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">CDB : Un conflit de cette ampleur était-il prévisible avec l’Azerbaïdjan et ses alliés ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> Le conflit était prévisible. L&rsquo;Azerbaïdjan n&rsquo;a jamais fait mystère de son intention de supprimer l&rsquo;État d&rsquo;Artsakh, et ce depuis son accession à l&rsquo;indépendance en 1991 et malgré le cessez-le-feu instauré en 1994. D&rsquo;ailleurs, bien que le conflit ait semblé gelé pendant des années, les épisodes d&rsquo;affrontements armés n&rsquo;ont pas manqué. L&rsquo;Azerbaïdjan s&rsquo;est surarmé pendant de nombreuses années, son objectif étant déclaré d&rsquo;avance. Simplement, cette fois-ci le contexte géopolitique était sans doute très favorable au déclenchement d&rsquo;une guerre massive avec la diversion que constituaient les troubles liés au processus électoral américain et la crise sanitaire de la Covid. Le pouvoir azerbaïdjanais n&rsquo;a pas hésité à se saisir de l&rsquo;opportunité pour parvenir à ses fins. La Turquie y a joué un rôle décisif.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Pensez-vous que la communauté internationale et en particulier la France a été à la hauteur des enjeux lors de ce conflit ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> D’habitude, une guerre sonne l&rsquo;échec de la diplomatie. Il est difficile de ne pas en convenir. Avec cet acte d&rsquo;agression, l&rsquo;Azerbaïdjan a ignoré les efforts de médiation que menait la communauté internationale dans le cadre du Groupe de Minsk de l&rsquo;OSCE coprésidé comme vous le savez par la France, les États-Unis et la Russie.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/afrique/armee-francaise-au-sahel-quel-est-lavenir-de-loperation-barkhane/19/11/2020/">Armée française au Sahel : quel est l’avenir de l’opération « Barkhane » ?</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Un des objectifs du Groupe de Minsk était précisément d&rsquo;éviter la guerre et de parvenir à une solution négociée et pacifique du conflit. De ce point de vue, la communauté internationale a été écartée indéniablement. Dans les limites qui sont les siennes, la France, par la voix du Président Macron, a cependant clairement établi et dénoncé les responsabilités. Aucun autre État n’est allé aussi loin.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : La République d’Artsakh n’est actuellement pas reconnue par la communauté internationale. Cependant, le 25 novembre 2020, le Sénat français a voté pour une proposition de résolution appelant à la reconnaissance de la république du Haut-Karabagh. Pourquoi souhaitez-vous que ce territoire soit reconnu ? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> La reconnaissance internationale de la République d&rsquo;Artsakh a toujours été considérée comme le moyen le plus efficace de mettre la population arménienne d’Artsakh sous la protection juridique de la communauté internationale et d&#8217;empêcher l&rsquo;Azerbaïdjan de commettre l&rsquo;irréparable. Autrement dit, nous avons toujours vu cette reconnaissance comme une garantie de sécurité. Et les récents événements nous ont donné raison dans le sens où l’absence de cette reconnaissance a encouragé l&rsquo;Azerbaïdjan à se considérer en droit d’agresser l’Artsakh. </span><span style="color: #000000;">Hélas, il a fallu que l’agression de l&rsquo;Azerbaïdjan et de la Turquie se matérialise, que les djihadistes mercenaires soient déployés durant cette guerre pour que des acteurs politiques internationaux prennent conscience de cette évidence.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/le-mouvement-des-pays-non-alignes-un-acteur-discret-mais-vivace-de-la-scene-internationale/24/07/2020/">Le Mouvement des pays non-alignés, un acteur discret mais vivace de la scène internationale</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Dans ce contexte, je tiens à saluer chaleureusement l&rsquo;adoption par le Sénat et l’Assemblée nationale français des résolutions sur la nécessité de reconnaitre la République d&rsquo;Artsakh, comme les nombreux appels, motions, vœux et déclarations adoptés par les collectivités territoriales françaises. Ce sont des initiatives très constructives qui, de manière lucide, appellent à protéger les vies désormais menacées des Arméniens de l’Artsakh.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Quelle place tient l’Arménie dans votre processus de reconnaissance ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> L&rsquo;Arménie s&rsquo;est déclarée garante de la sécurité de l&rsquo;Artsakh. Aujourd&rsquo;hui affaiblie, elle est amenée à partager ce statut avec les forces russes de maintien de la paix. Au risque de me répéter, je dois rappeler que la reconnaissance de la République d&rsquo;Artsakh demeure pour nous une garantie importante de sécurité qui mettrait l&rsquo;Artsakh à l&rsquo;abri de toute tentation de décider de son sort par la force.</span></p>
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<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : À terme, une paix est-elle réellement possible dans la région ? Si oui, comment y parvenir ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> Oui, elle l’est. Pour y parvenir il est indispensable de tenir compte des droits des Arméniens d’Artsakh, dont le droit à la vie. Pendant plus d&rsquo;un siècle, la Turquie et l&rsquo;Azerbaïdjan (ces deux États se considèrent comme une seule nation) ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens. Génocide, massacres de masse, nettoyages ethniques et autres pogroms jalonnent l&rsquo;histoire des Arméniens depuis la fin du XIXème siècle. Les temps changent, les acteurs et leurs objectifs sont les mêmes : prendre possession des territoires sans les Arméniens. C&rsquo;est probablement la manière turco-azérie de régler la question et d’instaurer la paix dans la région. Une alternative existe : admettre le droit à l&rsquo;existence et à la souveraineté nationale, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;Arménie ou de l&rsquo;Artsakh. Parvenir à une paix durable ou définitive ne se peut sans l&rsquo;acceptation de ces droits. C&rsquo;est ma profonde conviction.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a></span></p>
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<figure id="attachment_4633" aria-describedby="caption-attachment-4633" style="width: 946px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4633" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?w=946&amp;ssl=1 946w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4633" class="wp-caption-text">Le représentant du Haut-Karabagh en France, Hovhannès Guévorkian</figcaption></figure>
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