Le mobilier ancien a-t-il encore une valeur ?

Vente aux enchères du mobilier du château de Villepreux en 2016

La notion de mobilier ancien renvoie aux meubles réalisés entre la haute époque (XIVe siècle) et le XIXe siècle. La tendance actuelle du marché pour le meuble ancien est assez mauvaise sauf pour les pièces exceptionnelles. Les meubles que s’arrachaient nos parents et grands-parents chez les antiquaires réputés du quai Voltaire, des puces de Saint-Ouen et chez les grands commissaires-priseurs ne se vendent plus. Leur prix est tellement dérisoire que, bien souvent il faut renoncer à les vendre et se résoudre à les stocker, provisoirement croit-on, dans une grange ou un garde meuble… où ils finissent très souvent bien tristement leur vie.

Les meubles de la haute époque attirent de moins en moins d’amateurs, même s’ils représentent un pan de notre histoire et qu’ils trouvent toujours bonne place dans nos maisons de campagne ou propriétés familiales. On peut trouver actuellement sur le marché des petites tables dites de changeur, en noyer, du XVIIe siècle pour 400/500 euros mais aussi de jolies armoires du XVIIe siècle, époque Louis XIII, pour quelques centaines d’euros…

Un mobilier délaissé

Cette petite commode dite arbalète en noyer du XVIIIe siècle, un peu provinciale, que votre grand-mère a fait cirer pendant des années, qui brille tant que l’on peut se regarder dedans, avec ses jolies poignées et chutes d’angle de bronze ; c’est un bijou, un souvenir de famille, le bien inestimable que les enfants se disputeront. Ce raisonnement est hélas celui de la génération qui nous précède. La commode, jadis signe de richesse et de goût n’est plus qu’un vulgaire meuble dont la nouvelle génération n’a que faire. En l’état actuel du marché, ce type de commode se négocie entre 300 et 500 euros. Imaginez le travail pour réaliser cette commode. Imaginez qu’elle a traversé la Révolution Française et toutes les guerres qui ont mutilé notre territoire.  Imaginez qu’elle s’est transmise fièrement de génération en génération et qu’elle vaut à peine le prix d’un vulgaire meuble sorti d’une chaîne de production de type Ikéa ! La France regorge de mobilier et objets d’art de grande qualité que s’arrachent toutes les puissances étrangères. Les prix sont si bas pour les meubles anciens que la France s’est dépouillée irrémédiablement depuis des années de son patrimoine mobilier, exporté aux quatre coins du monde.

 

Une perte de valeur à relativiser

Pour autant, tous les meubles anciens n’ont pas perdu leur valeur. Ceux que l’on appelle les grands meubles se vendent toujours très bien. Ces grands meubles sont ceux qui sont notamment sortis des ateliers royaux et impériaux d’ébénisterie, mais pas seulement. Ces grands meubles sont ceux qui peuvent se justifier d’une belle provenance, d’une qualité d’exécution exceptionnelle et d’un état irréprochable. Cette semaine, un cabinet attribué à Pierre GOLE, a été acquis 995 400 € par un particulier français à Drouot (Pescheteau-Badin). Ce meuble exceptionnel datant de 1675-1680 a été exécuté par Pierre Gole, d’origine hollandaise, qui fut l’ébéniste de Mazarin et surtout l’ébéniste du Roi Louis XIV pour qui il fabriqua de nombreux meubles pour son palais de Versailles. Dans le même registre, il faut aussi se souvenir de cette adjudication à 1.200.000 euros le 25 novembre 2013 chez Me Daguerre pour un Cabinet en palissandre de Rio par Edouard Lelièvre (1829-1886).

Globalement le marché du meuble ancien se divise en deux secteurs : celui de l’exceptionnel, nécessairement rare et, le reste : le mobilier dit « courant ». Toutefois mobilier courant ne veut pas dire mobilier de mauvaise facture ou mobilier laid, c’est une tendance un peu absurde du marché qui rejette le meuble ancien.

Si vous aimez les belles pièces, n’hésitez pas à investir, vous ne pourrez pas y perdre. Le marché est si bas qu’il ne pourra que remonter d’ici quelques années. Si vous avez la chance d’être propriétaire d’une belle gentilhommière à la campagne, il est temps de la meubler avec du mobilier d’époque qui lui rendra tout son lustre d’antan !

1 thought on “Le mobilier ancien a-t-il encore une valeur ?

  1. La mondialisation permet la fabrication de grande quantité de produits sur machine dans des pays avec une main d’oeuvre peu rémunérée mais, dans les autres pays ou la main d’oeuvre artisanale ou sur machine est deux ou trois fois plus rémunérée, on ne peut que constater que tout produits devient plus cher que le travail fournis par cette main d’oeuvre ouvrière.
    Comment ne pas comprendre qu’il y a moins de travail bien rémunéré et uniquement des produis à moindre prix sot disant pour permettre à un plus grand nombre de se les procurer
    Dévaluation de travail et des produits Voila comment la mondialisation innove!

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