Coronavirus : la plus grande foire mondiale dédiée à l’art impactée par l’épidémie

Le stand doublé de marbre du marchand Christophe de Quenetain à la foire d'art TEFAF à Maastricht, aux Pays-Bas.

La TEFAF (The European Fine Art Fair) rassemble chaque année des dizaines de milliers de visiteurs sur une semaine à Maastricht (Pays-Bas). Lors de l’édition 2019, ce sont environ 80.000 personnes venues  du monde entier  qui ont déambulé dans les élégantes allées de la plus grande foire mondiale dédiée à l’art. Une édition 2020 entachée par le Coronavirus.

 

La TEFAF en quelques chiffres c’est un peu moins de 300 exposants dont la majorité vient d’Angleterre (76 exposants), en deuxième place viennent les galeries françaises (57 exposants), ensuite les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, la Chine etc. La TEFAF c’est trois hectares d’espaces d’exposition, où sont présentés les plus beaux objets d’art (et les plus chers aussi) qu’a produit l’homme en 7000 ans d’histoire.

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Chaque année les plus grands collectionneurs, les plus grandes institutions, les plus grands conservateurs se pressent dans la petite ville hollandaise qui, le temps d’une semaine, se transforme en paradis pour grandes fortunes. Les hôtels se remplissent, les restaurants multiplient les services, les rues se parent de berlines luxueuses et de 4×4 puissants. Les manteaux de vison et les costumes anglais paradent en ville. Un air de raffinement bourgeois emplit la charmante Maastricht.

 

Une édition 2020 touchée par le coronavirus

Hélas cette année, le climat épidémiologique a affecté les habitudes des habitants  qui se réjouissaient d’accueillir pour la 33e année de si nombreux visiteurs. Les conservateurs des musées américains ont été avertis par leur direction de l’interdiction de se rendre à la TEFAF, une grande partie des Italiens sont confinés chez eux. Fait le plus marquant, les visiteurs asiatiques sont totalement absents de la foire. Autant dire que les allées habituellement surchargées de visiteurs étaient clairsemées ce week-end. Le jeudi précédant le premier week-end de la foire, a lieu, comme à l’accoutumée, le vernissage : une soirée VIP où champagne et petits fours circulent entre les allées des prestigieux stands. La soirée eut bien lieu mais elle n’avait hélas pas la saveur des précédentes.

 

 

Toutefois il faut noter que malgré une baisse de fréquentation dûe au phénomène covid-19, la sélection des œuvres d’art demeure à un niveau élevé. Les plus grands noms de la peinture ancienne comme moderne cohabitent jalousement avec les plus grands ébénistes, maîtres joailliers. A l’étage de la foire, la partie art sur papier s’est agrandie. C’est un véritable musée éphémère où le visiteur peut admirer d’assez près,sans déclencher les alarmes, les œuvres des plus grands maîtres tels que Van Eyck, Poussin, Desportes, Monet, Manet, Sisley, Pissaro, Picasso, Hartung, Soulages… Une statue équestre de Louis XV par François Girardon, fait face à une commode Boulle époque Louis XIV. Trois allées plus loin c’est le mobilier de Paulin qui toise celui de Perriand ou encore du Corbusier. Dans la partie joaillerie, il est notamment possible d’admirer l’époustouflant diadème de diamants (100 carats) de la marquise d’Anglesay.

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Si la TEFAF accuse le contre coup de l’épidémie qui touche le monde, cette dernière a néanmoins résisté à la paranoïa générale en maintenant sa tenue alors que les grandes foires internationales (Salon international du livre de Londres, Salon de l’Automobile de Genève, Congrès mondial de la téléphonie mobile à Barcelone etc.) ont toutes été annulées au dernier moment.

Un événement à ne pas manquer qui se termine le dimanche 15 mars 2020. Prenez vos billets !

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