Le CETA ou la mort programmée de l’agriculture française

Le mardi 23 juillet, l’Assemblée nationale a été le théâtre de deux événements qui ont agité la sphère médiatico-politique : la venue de Greta Thunberg et la ratification du CETA.

 

L’activiste écologiste suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, a été invitée mardi dernier par les 162 députés d’Accélérons la transition écologique et solidaire, collectif monté par Matthieu Orphelin après avoir claqué la porte de La République en marche, remonté contre « ceux qui se bouchent les oreilles et préfèrent rester sourds aux appels de la jeunesse et des scientifiques ». La jeune fille a pris la parole au sujet de la crise climatique puis a assisté à la séance de questions-réponses au gouvernement.

 

« Vous n’avez pas compris »

Après plus d’une heure de débat, Greta Thunberg a remercié les députés ayant exprimé leur soutien en notant toutefois qu’ils n’avaient pas compris son message. « Vous n’avez pas bien compris ce que nous faisons. A la place de nous dire merci, faites quelque chose ! », a-t-elle lancé sous les applaudissements de la salle.

Quelques heures plus tard, sur les 162 députés présents à la réunion, 79 d’entre eux dont 64 issus des rangs de La République En Marche (LREM) ont ratifié l’Accord Économique et Commercial Global (AECG) plus connu sous la dénomination « CETA » (en anglais : Comprehensive Economic and Trade Agreement), accord de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne. A la question d’une journaliste sur le lien entre sa venue et cet accord, l’activiste écologiste considère n’avoir « aucune opinion sur le sujet ».

 

Un accord anti-écologique

Cet accord est un traité établi entre le Canada et les 28 États membres de l’Union européenne conclu le 18 octobre 2013 et signé le 30 octobre 2016. Ce n’est que mardi dernier que les députés français l’ont ratifié. Il porte principalement sur la suppression de près de 98% des droits de douanes installant une compétitivité nuisible notamment pour la filière agricole. Cet accord va ainsi permettre d’importer massivement de la viande bovine en France tout en créant une concurrence déloyale en raison de coûts de production moins élevés et de normes sanitaires moins exigeantes au Canada.

Les députés discutent de l’urgence climatique mais votent de l’autre un traité qui permettra de faire voyager des produits sur plus de 6 000 kilomètres alors que ces mêmes produits sont disponibles sur nos territoires ou ceux de nos voisins. « Le libre-échange est à l’origine de toutes les problématiques écologiques » a déclaré Nicolas Hulot en juin dernier.  A juste titre.



Une concurrence déloyale

Au Canada, les éleveurs bovins peuvent nourrir leur bétail avec des farines animales faites à partir de leurs propres congénères. Il s’agit plus précisément de poils, de sang ou de gras de bœuf transformés en aliments. Dans l’UE, ce type de procédé est interdit en vertu du principe de « non-cannibalisme ». Rien, pourtant, n’empêche que du bétail nourri de cette manière ne soit importé dans le cadre du CETA. Celui-ci n’impose même pas que le consommateur européen en soit informé.

266 députés dont 229 de la majorité présidentielle ont donc sciemment décidé de ratifier ce traité dont une des conséquences sera l’importation de viande de piètre qualité depuis le Canada mais également de soumettre nos éleveurs à une concurrence encore plus rude alors que la viande française est celle qui demande le plus haut coût de production dans le monde dû à nos normes sanitaires. 

Pour rappel, un agriculteur se suicide tous les deux jours en France.

 

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