A la française, un projet d’amour pour la France

Faire le tour de la France à pieds pendant 11 mois pour rencontrer les acteurs du savoir-faire français, c’est le projet de deux étudiantes parisiennes. Une aventure humaine qui promet bien des surprises. Entretien.

 

Hermine et Magdeleine sont deux étudiantes, l’une en master Solidarités à l’ICP et l’autre en histoire à la Sorbonne. Amies d’enfance, elles se lancent toutes deux dans une aventure peu commune à partir d’août 2019 : faire en un an le tour de France à pied pour rencontrer les acteurs œuvrant au savoir-faire et aux initiatives écologiques français.

 

Comment est né le projet ?

En juin 2017, c’est la première fois que nous en parlons ensemble.  Étonnamment chacune de notre côté, nous avions ce désir de découvrir le France et de voyager à travers le pays. Hermine est la première à s’être lancée, elle a rapidement exprimé son envie de partir à la rencontre des acteurs de l’économie locale. Ce projet a résonné avec l’un des rêves de Magdeleine qui s’est ensuite lancée dans l’aventure. Nous avons pris le temps de mûrir le projet chacune de notre côté dans un premier temps. La date du départ, l’itinéraire, les entreprises à rencontrer, tout a été discuté à deux, un peu comme dans un couple qui fait des projets. Pendant une longue période, nous avons commencé à nous renseigner sur les milieux de l’écologie et sur l’industrie française, deux milieux que nous ne connaissions pas assez. C’est en avril 2018 qu’il a été décidé que nous partirions le 19 août 2019 !

 

Qui sont les personnes que vous avez prévu de rencontrer ?

Nous voulons, avec ce tour de France, découvrir et faire découvrir la France, son histoire et la culture de chaque région. Nous pensons que cette découverte passe notamment par la rencontre avec les artisans et les entreprises qui fabriquent français et tous les acteurs des initiatives écologiques en France. Nous ne pouvons pas donner de noms précis pour le moment. Une chose est sûre, c’est qu’il y a énormément de personnes à rencontrer. Il a suffi d’aller au salon du made in France pour réaliser la richesse de ce pays. On va rencontrer des artisans dans le textile, d’autres dans l’alimentation, les cosmétiques… Dans ce même salon, nous avons eu des très bons retours par rapport à notre projet et donc ça promet de belles rencontres l’année prochaine. On a hâte !

 

Ce périple ne serait-il pas un hymne à la décroissance ?

Plus largement, ce voyage est un hymne à la sobriété heureuse. Le terme décroissance ne nous convient pas vraiment puisqu’il induit un retour en arrière, un rejet d’une partie de notre histoire. Notre monde actuel ne repose pas que sur des mauvaises choses, heureusement ! Tout rejeter en bloc nous semblerait même dangereux. Vivre dans la sobriété heureuse, c’est apprendre à bien vivre en se contentant du nécessaire sans pour autant souffrir de privations. Ce mode de vie est une réponse à la crise écologique et sociale que nous vivons. C’est avant tout respecter la nature et retrouver les liens de proximités qui se sont rompus avec l’arrivée des multinationales, des zones commerciales […]. La délocalisation des zones économiques au sein des villes a entraîné une perte de vitalité des bourgs et des centres-villes et par conséquent a eu tendance à tuer les relations humaines au sein de ces entités géographiques.

 

Comment comptez-vous parcourir ces 5 000 Km sur 22 régions ?

Principalement à pieds ! La marche c’est se laisser du temps. Elle nous offre la possibilité de vivre au rythme de la nature et de rester ouvertes aux rencontres. En effet, quand on marche on est plus attentif à ce qui nous entoure. Nous avons choisi de découper notre itinéraire à partir des 22 régions. Cela nous permet de mieux appréhender les réalités de ces territoires avec leurs histoires, leurs savoir-faire et leurs coutumes. Concrètement, on passera en moyenne deux semaines par région où nous alternerons marche et temps de rencontre dans une entreprise, chez un artisan ou un agriculteur. Pour ce qui est des 5 000 km c’est évidemment un chiffre référence mais non-exact. En effet, nous partons sac au dos et à pied, avec un itinéraire précis certes, mais nous nous laissons une part d’inconnue qui nous semble indispensable pour rester ouvertes aux rencontres.

 

Comment comptez-vous exploiter les fruits de votre aventure par la suite ?

L’une des premières choses dont nous avons parlé et qui nous est apparu évidente, c’est qu’on ne voulait pas partir que pour nous. C’est sûr qu’au point de départ, c’est un désir personnel mais qui très vite est devenu un objet que nous voulons partager. On veut faire aimer la France. Montrer qu’aujourd’hui en 2019, on peut retrouver des liens de proximité, une économie plus humaine et respectueuse de la nature. Le premier fruit, c’est qu’on espère que ça va changer nos habitudes et qu’on va pouvoir vivre de ces liens, de cette sobriété dans nos vies quotidiennes pour encourager les autres à le faire.  Nous voulons également encourager les habitants de tel quartier, de telle ville ou de telle région à aller à la rencontre des acteurs de l’économie locale. Aujourd’hui nous n’avons plus ce réflexe d’aller voir ce qui se passe directement à côté de chez nous. Nous trouvons cela extrêmement dommage d’autant plus qu’avant même de partir nous savons que les français nous réservent de belles surprises.

 

Vous pouvez suivre l’aventure du groupe sur Facebook et Youtube.

Si vous souhaitez les aider à réaliser ce beau projet, une levée de fond participative a été créée afin de leurs permettre d’acquérir le matériel nécessaire.

 


Propos recueillis par Victor Hovasse

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