Supercalculateur d’IA : l’entreprise Fluidstack renonce à un projet de 10 milliards d’euros en France et se tourne vers les États-Unis
Publié le 21/03/2026
L'entreprise Fluidstack préfère investir aux États-Unis. ©Panumas nikhomkhai
Annoncé lors du sommet de l’intelligence artificielle voulu par Emmanuel Macron, le mégaprojet de centre de données porté par la start-up britannique Fluidstack ne verra finalement pas le jour en France. L’entreprise privilégie désormais le marché américain, plus riche en capitaux et en opportunités.
Le projet devait symboliser la montée en puissance de la France dans la compétition mondiale autour de l’intelligence artificielle. Mais le coup d’accélérateur espéré se transforme en coup de frein.
Une annonce emblématique de l’ambition française dans l’IA
La jeune entreprise britannique Fluidstack a décidé d’abandonner son projet de supercalculateur de 10 milliards d’euros dans l’Hexagone, initialement présenté lors du sommet de l’IA porté par Emmanuel Macron en février 2025. Selon des informations rapportées par Bloomberg, l’infrastructure devait être implantée à Bosquel, dans le nord de la France, tandis qu’un second site était envisagé dans le sud de Paris, notamment utilisé par Mistral AI.
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L’objectif était de bâtir l’un des plus puissants centres de calcul européens, capable de fournir un gigawatt de puissance informatique et d’héberger près de 500 000 puces de dernière génération. La première phase devait entrer en service dès 2026, dans le cadre d’un plan d’investissements de 109 milliards d’euros destiné à renforcer l’écosystème français de l’IA et des centre de données. À l’époque, Fluidstack avait signé un protocole d’accord avec l’État, promettant un supercalculateur « décarboné » capable de positionner la France parmi les champions mondiaux de l’infrastructure numérique.
Des infrastructures stratégiques mais complexes à déployer
Le site de Bosquel faisait pourtant partie des rares emplacements identifiés par RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, comme disposant d’un accès suffisant au réseau, un critère essentiel pour des installations énergivores comme les grands centre de données. Plus largement, sur les 109 milliards d’euros d’investissements annoncés lors du sommet de l’IA, environ 67 milliards auraient été sécurisés, et dix sites sur les treize envisagés seraient aujourd’hui confirmés par les autorités françaises.
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Malgré ces avancées, le projet porté par Fluidstack n’aboutira pas. L’agence Bloomberg ne mentionne ni blocage réglementaire ni rupture officielle des discussions, mais souligne plutôt un arbitrage économique : les États-Unis offrent un environnement bien plus dense en capitaux et en acteurs majeurs de l’intelligence artificielle.
L’attractivité américaine continue d’aimanter l’écosystème de l’IA
Originaire du Royaume-Uni, Fluidstack accélère désormais son développement outre-Atlantique. L’entreprise a notamment signé un contrat estimé à 50 milliards de dollars avec Anthropic, la société à l’origine de Claude, avec à la clé plusieurs centaines d’emplois attendus au Texas et dans l’État de New York. Dans le même temps, Google envisagerait d’investir près de 100 millions de dollars dans la start-up, tandis que celle-ci a officialisé le transfert de son siège à New York en décembre dernier.
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Ce choix stratégique illustre un phénomène déjà bien identifié : dans la course mondiale à l’IA, les États-Unis continuent de concentrer la majorité des financements, des infrastructures et des grands acteurs technologiques. Une dynamique qui, ces dernières années, a déjà conduit plusieurs entreprises européennes à privilégier l’écosystème américain pour accélérer leur croissance.
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