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	<title>Diplomatie - Billet de France</title>
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	<title>Diplomatie - Billet de France</title>
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		<title>Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Sep 2022 19:57:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Broglie]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert du Motier de La Fayette]]></category>
		<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/09/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-de-broglie-un-diplomate-espion-promoteur-de-la-fayette/29/09/2022/">Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Broglie est un militaire et diplomate français du XVIIIe siècle. Il est connu pour avoir été le chef du cabinet secret de Louis XV.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Le comte Charles de Broglie était d’une petite taille inversement proportionnelle à ses ambitions</em> » : tel était le chef du Secret de la Couronne de France au XVIIIe siècle. Militaire passé diplomate, agent secret promu ministre de l’ombre mais aussi industriel averti, Charles-François de Broglie incarna à sa manière toute une époque.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">On connaissait le nom des Broglie tout en omettant parfois de se pencher sur certains des prénoms portés par les membres de cette maison. Avec cette biographie intitulée Charles de Broglie. Un Ruffécois espion de Louis XV et promoteur de La Fayette, Alain Mazère rend un juste hommage à une figure du règne de Louis le quinzième, de la Charente à la Pologne en passant par Versailles… et un rêve d’Amérique.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>«&nbsp;Pour l’avenir&nbsp;»</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est des devises taillées pour les ambitieux. Celle de la maison Broglie en est une. Plus qu’un mot, c’est une réalité. On compte déjà des Broglie au service des rois de France au passé et au présent lorsque naît Charles-François le 19 août 1719, dans l’hôtel familial du 4, rue Saint-Dominique. Une lecture efficace de l’ouvrage consacré à ce nom par Jean de La Varende (<em>Les Broglie</em>. Fasquelle, 1950.) donne à cette biographie de Charles-François de Broglie une assise sûre. Famille piémontaise illustre, celle-ci semble avoir été l’un des piliers de la république de Quiers, près de Turin. Les Broglie rejoignirent la France à la suite du cardinal Mazarin (1602-1661), Francesco-Maria (1611-1656), premier comte du nom, commandant un régiment de cavalerie appartenant au conseiller de Louis XIII et parrain de Louis XIV.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">On compta ensuite, en la personne du grand-père de Charles-François, le premier maréchal de la famille et héros de la guerre des Camisards, le comte Victor-Maurice de Broglie (1647-1727). En août 1719, à la naissance de Charles-François, son père François-Marie (1671-1745) est un des grands officiers que compte le royaume, déjà remarqué à la bataille de Denain ainsi qu’au siège de Fribourg, durant la guerre de Succession d’Espagne. Une chose semble lier entre eux tous ces personnages&nbsp;: «&nbsp;Les Broglie possèdent un esprit indépendant et caustique, l’âpre franchise du langage, l’austérité des principes poussée jusqu’à la rudesse, et la fermeté des convictions, jusqu’à l’entêtement&nbsp;: c’était, disait-on, leur humeur héréditaire.&nbsp;» (Albert de Broglie, <em>Le Secret du roi</em>. Paris, 1878.).</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Gageons que, comme tout enfant de militaire et de gentilhomme de ce temps-là, Charles-François, tout comme son frère aîné Victor-François (1718-1804) ou ses deux autres frères François (1720-1757) et Charles (1733-1777) appris à affirmer son caractère aussi vite qu’à monter à cheval. A ce passé illustre, chacun des frères Broglie devait répondre fidèlement « Pour l’avenir » ! Très vite détaché, bien que cela soit contre son gré, du commandement militaire, le cadet de cette maison allait avoir un destin exceptionnel, au plus proche conseil du roi.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De «&nbsp;petits coqs de combat sans cesse dressés sur leurs ergots&nbsp;»</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">On attribua souvent à la fratrie des Broglie les attributs du coq, comparaison qui se poursuivit jusqu’à dernièrement et les écrits de Gilles Perrault (<em>Le Secret du roi,</em> T.1.<em> La passion polonaise</em>. Fayard, 1996.). Sans doute voulait-on moquer de grands mérites… Goethe, lui, aura l’honnêteté de voir en Victor-François un homme «&nbsp;d’une taille peu élevée, mais bien bâti, vif, prompt et regardant spirituellement autour de lui.&nbsp;». L’association de l’aîné et du cadet dans la moquerie ainsi qu’une éducation partagée dans les camps lia dès l’enfance les deux premiers frères de Broglie d’un attachement pur et jamais rompu.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Enfant, Victor-François et Charles-François partagèrent tout, dans la suite de leur père, nommé dès 1724 ambassadeur près la Cour de Londres afin de négocier le mariage de Louis XV et de la fille du prince de Galles. Durant trois ans, les deux enfants firent leurs humanités et accompagnèrent sans doute souvent à la chasse leur père et son équipage, reconstitution d’un corps de cavalerie qui lui manquait tant. Dès 1733, le manque fut comblé et les deux garçons, âgés de quatorze et quinze ans accompagnèrent leur père au sein de l’armée des Alpes qui reproduisait la route d’Hannibal, le maréchal de Villars à sa tête.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette guerre de Succession de Pologne fut l’occasion pour le comte de Broglie de recevoir, comme son père avant lui, le bâton de maréchal. Il repoussa les Autrichiens devant Parme, laissant douze mille ennemis sur le champ de bataille, et envoya son fils aîné, âgé de seize ans, porter au roi la nouvelle. En 1743, envoyé en Bavière durant la guerre de Succession d’Autriche, le maréchal, jugeant du mauvais état de ses troupes, s’essaya à gagner l’Alsace sans ordre. Louis XV, voulant laver l’affront fait à son allié Frédéric II de Prusse, le condamna à l’exil en ses terres de Normandie. Le maréchal, à qui le roi avait accordé le titre héréditaire de duc, devait s’éteindre en 1745, année de la terrible bataille de Fontenoy, laissant derrière lui trois fils aux destins tracés.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Son fils aîné, Victor-François, continua à servir sous le maréchal de Saxe : il sera gouverneur de Béthune et lieutenant-général du royaume en 1755 et ne cessera jamais de briller, les armes à la main. François, comte de Revel, sera tué à trente-sept ans à Rosbach en 1757. Le benjamin, Charles, sera évêque-comte de Noyon et pair de France. Son second fils, Charles-François, chevalier de Saint-Louis et brigadier en 1747 ne connut pas la même carrière militaire que son aîné. Pourtant, le 11 mars 1752, la vie du désormais comte de Broglie devait basculer, sans qu’il eût pu l’imaginer.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au cœur du Secret du roi</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce jour de 1752 donc, le comte de Broglie devenait ambassadeur près le roi et la république de Pologne. A cette époque, Louis XV entend appliquer son Pacte de Famille, une politique d’alliance entre tous les trônes occupés par le sang des Bourbons préférée à la guerre. En Pologne, la monarchie est alors élective et la succession du roi Auguste III (1734-1763) est déjà l’objet de spéculations. En France, Louis-François de Conti (1717-1776), cousin du roi et maître du Temple de Paris en sa qualité de Grand prieur pour la France de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem entend peser dans cette succession… qui n’est pas encore ouverte&nbsp;!</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Louis XV y voit un bon calcul mais est conscient de la nécessité de jouer un double jeu. Il s’agit de ménager ses relations avec le roi encore en place, tout en favorisant dans l’ombre ce parti français soutien de Conti, contre l’avis de ses propres secrétaires d’Etat aux Affaires étrangères, bien souvent pilotés par les maîtresses de Versailles. Le prince de Conti est donc chargé par Louis XV d’ériger un réseau d’ambassadeurs capables d’appliquer les instructions des Affaires étrangères en surface, tout en favorisant dans l’ombre la politique inverse&nbsp;! Ainsi naquit le Secret du roi.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le prince de Conti choisi des hommes parmi les plus fidèles, qui comme Broglie, ont stationné au Temple et ont servi au sein de l’armée du Rhin. Ce Secret devint très vite une organisation d’agents-doubles parmi les plus performantes de l’Histoire, grâce à un cloisonnement total. Ainsi, le comte de Broglie et le célèbre chevalier d’Eon (1728-1810), exerçant auprès de la cour de Russie, restèrent longtemps de parfaits inconnus l’un à l’autre. L’Europe entre alors sous l’égide nouveau du traité de Versailles du 1<sup>er</sup> mai 1756&nbsp;: la guerre franco-anglaise en Amérique conduit les Bourbons à se rapprocher des Habsbourg, régnant en Autriche.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès le 29 août, l’Europe s’embrasait, le roi de Prusse envahissant la Saxe pour mieux menacer l’Autriche. De ce feu qui dévora l’Europe sortirent, à la pointe des épées françaises, des étincelles de gloires. Pourtant, le traité d’alliance de Westminster conclu avec l’Angleterre favorisait la Prusse&nbsp;: le comte de Broglie fut rappelé 1758 non sans avoir été, preuve de bons services, fait chevalier du Saint-Esprit le 1<sup>er</sup> janvier 1757.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Directeur du Secret</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A Versailles, les ambitions de l’ambassadeur élevé au Secret étaient directement menacées par le nouveau ministre des Affaires étrangères le duc de Choiseul (1719-1785), protégé de la marquise de Pompadour (1721-1764). Malheureuse époque que celle-ci, à laquelle le royaume de France était le sein nourricier de tant de glorieux commandants… qui se révélaient incapables de s’entendre ! Les luttes de pouvoir de Versailles qui s’étendaient trop souvent sur les champs de bataille de l’est ne suffirent pas à séparer les frères de Broglie. Après avoir brillés lors du siège de Kassel en mars 1761, ils furent en juillet les victimes politiques de l’échec de Villinghausen et furent condamnés à l’exil sur leurs terres normandes. Depuis l’ombre provinciale, Charles-François de Broglie devait alors tirer les ficelles de la diplomatie du royaume.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec le traité de Paris du 10 février 1763 et la fin de la guerre de Sept Ans, la France se devait d’imaginer une revanche. Telle était la charge du comte de Broglie, qui fut alors partout, sans y être. On le verra inventeur d’un plan complet d’invasion de l’Angleterre, qui dû être ardemment protégé des voltes-faces des agents du Secret envoyés à Londres. Il s’imposa aussi en sauveur vis-à-vis de ce cabinet occulte, menacé d’être découvert et de compromettre le roi à la mort de Jean-Pierre Tercier (1704-1767), superviseur du Secret à la Cour.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Bien souvent hélas, le travail important du comte de Broglie fut réduit à néant, par hostilité des ministres et mutisme du roi. En 1764, après la mort de Madame de Pompadour, les Broglie revinrent à Versailles : le comte se surpris à rêver… du poste de ministre des Affaires étrangères. Laissé vacant après l’exil de Choiseul, ce portefeuille devait pourtant aller au duc d’Aiguillon (1720-1788). Après une campagne de calomnies, Broglie parti pour un nouvel exil en Charente, dans son marquisat de Ruffec.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le fermier gentilhomme</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au cours des exils qui marquèrent sa vie, le comte de Broglie fut aussi un aristocrate local, soucieux de la valorisation de son patrimoine et du bien-être de ses gens. Propriétaire depuis 1762 du colossal marquisat de Ruffec, sur les bords de la Charente, il eut un comportement alors rare en France, car uniquement observé à cette époque dans une Angleterre déjà industrielle. Il fit assainir les canaux de la ville, remonter les fortifications abandonnées au frais de ses vassaux, repris sur les habitants ses droits seigneuriaux. Très soucieux du devenir de ces derniers, il développa la culture de la pomme de terre et du riz et se fit accorder doit de foire. Propriétaire d’une forge, il pourvoyait aux besoins des ports de Brest, Toulon et Rochefort et faisait de la Charente une région sidérurgique de premier plan. Arthur Young (1741-1820), dans ses <em>Voyages en France</em> disait du comte de Broglie que «&nbsp;ses entreprises étaient d’un genre national, (…), prouvant qu’il avait des dispositions pour toutes les entreprises qui pouvaient (…) être utiles à sa patrie.&nbsp;».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rêves d’Amérique</span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 10 mai 1774, la face, sinon du monde, de la monarchie française, changeait : Louis XV expirait. Le comte de Broglie s’empressa d’informer Louis XVI de la diplomatie parallèle établie par son père. Hélas, le nouveau souverain s’y montra peu sensible et, après maintes tentatives de Charles-François pour regagner Versailles durablement, il le nomma commandant en second, auprès de son frère, de la province des Trois-Evêchés. A Metz, ce vieil officier de cinquante-six ans s’entoura de jeunes militaires, dont l’un d’eux, âgé de dix-sept ans, se trouvait être un certain Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834).</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Lors d’une réception à Metz du duc de Gloucester (1743-1805), encombrant frère du roi George III d’Angleterre (1760-1820), le jeune marquis se trouva captivé par un discours extrêmement hostile vis-à-vis des colons britanniques qui, là-bas, au loin, défiaient la toute-puissance de la Couronne. On se figurera la révélation qu’eut alors La Fayette à la lecture de ses <em>Mémoires&nbsp;</em>: «&nbsp;<em>Jamais si belle cause n’avait attiré l’attention des hommes. C’est le combat de la liberté, sa défaite ne lui eût laissé ni asile, ni espérance. Mon cœur fut enrôlé et je ne songeais qu’à joindre mes drapeaux.</em>&nbsp;». Hélas, les obstacles de l’âge et de la fortune, ainsi qu’un beau-père peu enclin à voir son nom associé à ces luttes faisaient du marquis un être démuni.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Fayette trouva alors en Charles-François de Broglie un allié, lui déclarant&nbsp;: «&nbsp;Eh bien, vengez-vous&nbsp;! Soyez le premier qui ira en Amérique&nbsp;; j’arrangerai cela.&nbsp;». L’arrangement allait bientôt devenir un bateau, la <em>Victoire</em>, qui devait porter en toute illégalité La Fayette vers son destin, tandis que son armateur recevait à Ruffec le frère du roi, futur Charles X ! Nombreux furent les rêves du comte de Broglie vis-à-vis de l’Amérique et de l’Angleterre. Si aucun ne se réalisa, la littérature qu’il produit à ces fins laisse la marque d’un travailleur acharné, convaincu tant de ses capacités personnelles que de la grandeur du royaume qu’il servait.&nbsp;Mort le 16 août 1781 à Saint-Jean-d’Angély, au milieu des marais qu’il souhaitait assécher et rendre à leurs habitants, il est inhumé dans la cathédrale d’Angoulême.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alain Mazère est membre de l’Académie d’Angoumois et du Cercle des auteurs charentais de Paris, est l’auteur de neuf monographies et d’une série policière et a collaboré à plusieurs ouvrages historiques. Avec cet ouvrage, qui répond à la visite à Ruffec le 5 novembre 2021 du consul des Etats-Unis Alexander Lipscomb lors d’une cérémonie en l’honneur de celui qui incita le marquis du Motier à devenir La Fayette, Charles de Broglie trouve enfin l’estime des hommes.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter wp-image-8212 size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="811" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/9782354983277_1_75.jpeg?resize=600%2C811&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-8212" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/9782354983277_1_75.jpeg?w=600&amp;ssl=1 600w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/9782354983277_1_75.jpeg?resize=222%2C300&amp;ssl=1 222w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Charles de broglie &#8211; Un ruffecois espion de Louis XV et promoteur de La Fayette &#8211; Alain Mazère &#8211; 2022 &#8211; Editions Douin</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<center><p></p>
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<p></p></center>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Suppression du corps diplomatique : un sabordage d&#8217;Etat</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/suppression-du-corps-diplomatique-un-sabordage-detat/22/04/2022/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/suppression-du-corps-diplomatique-un-sabordage-detat/22/04/2022/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Raphaël Lahlou]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Apr 2022 14:14:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Quai d&#039;Orsay]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=7593</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 22/04/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/suppression-du-corps-diplomatique-un-sabordage-detat/22/04/2022/">Suppression du corps diplomatique : un sabordage d&rsquo;Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Un décret paru au Journal officiel le dimanche 17 avril annonce la suppression du corps diplomatique. Une décision qui fait vivement réagir les organisations syndicales du quai d&rsquo;Orsay.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une diplomatie nécessaire est rayée d&rsquo;un trait de pauvre plume, aujourd&rsquo;hui en France, entre deux tours d&rsquo;échéance présidentielle, sans recours au Parlement, sans consultation solide, sans autre chose qu&rsquo;un bon plaisir « réformateur » et tout mauvaisement présidentiel. Cette diplomatie est absolument et dangereusement sacrifiée, coulée, réduite à néant, et tout cela par un ukase politique, présidentiel et pathétiquement : coupable !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une spécialité française</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Comment voulez-vous mener une politique étrangère sans spécialistes, sans professionnels, sans esprits formés solidement, sans recours ni à l&rsquo;Histoire ni à la géographie ? Le décret amputant le corps diplomatique français, supprimant l&rsquo;essentiel de ce corps, le confiant à des amateurs périlleux mais politiquement malléables et à des technocrates, voilà qui promet. Ce n&rsquo;est plus une politique héritière de bien des siècles, que l&rsquo;on assure avec ce torchon de papier officiel et entériné en fin de mandat par un Président et un système qui se font gloire de leur amateurisme, par un ex-candidat redevenu candidat, lequel se vantait en 2017 d&rsquo;ignorer Histoire et culture françaises.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Faute d&rsquo;avoir pu donner un ton précis et ajusté à la politique étrangère de la France, faute d&rsquo;avoir su faire autre chose que la proposition sans réalisation nette de petits entretiens de Trianon sans suite et sans réussite concrète, voilà donc que M. Macron et ses « réformateurs » coûteux sacrifient sans honte l&rsquo;un des piliers de notre tradition politique, à l&rsquo;heure même où la diplomatie et les enjeux géopolitiques confirment partout leur nécessité et leur emploi de haute évidence, et leurs dimensions urgentes et dans l&rsquo;urgence.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Vers une diplomatie « artificielle » ?</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">D&rsquo;autant plus que, par ailleurs, et cela depuis bien des décennies, aggravées par MM. Hollande, Sarkozy et Macron, nos moyens militaires, de réplique, engagement ou protecteurs directs sont faibles. M. Macron compte-t-il donc sur la « puissance diplomatique » exclusive de l&rsquo;Europe institutionnelle ? Remplacer l&rsquo;essentiel, le corps et l&rsquo;esprit de la diplomatie française, de haut et précis métier, par un corps formé ou créé hors sol, artificiellement, maladroitement, par copinage ou forces diverses, de robots choisis, sans formation claire et forte, par des cercueils sur pattes, tels que ceux dénoncés par Balzac. Voilà donc l&rsquo;enjeu, voilà l&rsquo;acte réalisé par ce décret tout frais mais qui, déjà sent le formol et le faisandé… Logique de mécanique glacée et de squelettes politiciens absurdes, voilà ce que nous connaissons et subissons aujourd&rsquo;hui !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sottise, sottise, mais pire que tout : sottise criminelle, irréaliste mais préméditée, à risque effarant et à principe coupable dans l&rsquo;avenir proche ou à moyen terme: source absolue et évidente de désastres. Fin de la puissance française, fin aussi de ses moyens d&rsquo;action et de pesée sur la diplomatie et face aux enjeux du monde ! La politique et la vision diplomatique de M. Macron, c&rsquo;est : après moi le déluge. C&rsquo;est un petit marquis Louis-XV à retardement ! Une fois encore, il le prouve. Aux détriments de la France et de la protection diplomatique de son peuple, dont il se fiche manifestement éperdument…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ces sabotages et sabordages forcés, imposés par décret correspondent à une certaine forme obscène de la politique et de l&rsquo;Histoire, cela tient aussi en un seul, strict et certain mot, celui, tout net et qui s&rsquo;impose hélas, de : trahison !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><center></p>
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<p></center></p>
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		<title>DOSSIER SPÉCIAL – Afghanistan : les Taliban et le djihad international</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/dossier-special-afghanistan-les-taliban-et-le-djihad-international/25/08/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre de Basquiat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2021 18:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Cole Bunzel]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Djihad]]></category>
		<category><![CDATA[Talibans]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=6047</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/08/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/dossier-special-afghanistan-les-taliban-et-le-djihad-international/25/08/2021/">DOSSIER SPÉCIAL – Afghanistan : les Taliban et le djihad international</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Afin d’apporter quelques éléments de compréhension au lecteur sur les dynamiques de l’écosystème djihadiste et sur les manières dont celui-ci perçoit l’arrivée au pouvoir des Taliban, Billet de France propose ici une traduction d’un article publié par Cole Bunzel, chercheur à l’université de Stanford, le 23 septembre 2020, sur le blog jihadica.com. Avec pour titre « <em>Réactions des djihadistes à l&rsquo;accord E.U-Taliban et aux pourparlers de paix en Afghanistan</em> », l&rsquo;article analyse les réactions de différentes organisations et théoriciens djihadistes à l’accord initial signé par les Taliban et les Etats-Unis en février 2020, ainsi qu’aux négociations de paix avec le gouvernement afghan lancées en septembre de la même année. Bien que la situation en Afghanistan ait changé depuis, les éléments présentés dans cet article restent d’actualité et apportent un éclairage précis sur la relation entre les Taliban et les grands pôles du monde djihadiste.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Par Cole Bunzel, traduction en français : Pierre de Basquiat</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><em>&nbsp;</em></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 12 septembre 2020, les Taliban et le gouvernement afghan commençaient des négociations au Qatar au sujet du futur politique de l’Afghanistan. Fidèles à l’ « Accord pour l&rsquo;instauration de la paix en Afghanistan », signé par les Etats-Unis et les Taliban le 29 février 2020, les négociations sont censées permettre « <em>un couvre-feu permanent et complet</em> » entre les parties afghanes en guerre, ainsi qu’un « <em>accord pour une future feuille de route politique pour l&rsquo;Afghanistan</em> ». En échange de la participation des Taliban aux négociations et aux garanties de leur part que « <em>le sol afghan ne sera pas utilisé contre la sécurité des Etats-Unis et de leurs alliés</em> », les Etats-Unis acceptent de retirer toutes leurs forces d’Afghanistan dans les quatorze mois suivant l’accord initial.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/afghanistan-la-chute-de-kaboul-et-larrivee-au-pouvoir-des-taliban/16/08/2021/">Afghanistan : la chute de Kaboul et l’arrivée au pouvoir des Taliban</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le monde du djihadisme sunnite, l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban ainsi que les pourparlers de paix associés ont suscité toute une série de réactions, allant de la célébration à la condamnation. Cette divergence de vues reflète le fractionnement du mouvement djihadiste, ou son caractère « tripolaire », divisé entre les trois pôles que sont l&rsquo;État islamique, Al-Qaïda et Hay&rsquo;at Tahrir al-Sham (HTS) en Syrie. Les opinions prudemment optimistes de certains théoriciens du djihad viennent ajouter une autre couche de complexité au tableau.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’État islamique</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;État islamique, rappelons-le, considère les Taliban comme un mouvement qui a abandonné l&rsquo;Islam pour embrasser la cause du nationalisme afghan. Ses médias présentent régulièrement les Taliban comme un groupe nationaliste et polythéiste, théologiquement imparfait, tolérant à l&rsquo;égard des chiites et proche des services secrets pakistanais. La « province de Khorasan » de l&rsquo;État islamique a d&rsquo;ailleurs combattu les Taliban à de nombreuses reprises. Il n&rsquo;est donc pas surprenant que l&rsquo;État islamique ait présenté le récent accord et les négociations comme une preuve supplémentaire de l&rsquo;apostasie des Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une première réponse a été donnée sous la forme d&rsquo;un éditorial paru dans le bulletin d&rsquo;information <em>al-Naba&rsquo;</em> de l&rsquo;État islamique à la mi-mars, dans lequel les Taliban étaient condamnés pour avoir pris les « <em>croisés</em> » (c&rsquo;est-à-dire les Américains) comme leurs « <em>nouveaux alliés</em> ». L&rsquo;éditorial se vantait que, contrairement aux Taliban, l&rsquo;État islamique ne cesserait d&rsquo;attaquer les Américains en Afghanistan, citant une récente attaque de l&rsquo;État islamique contre la base aérienne de Bagram. Selon lui, il s’agissait d&rsquo;un message informant les croisés que la guerre de l&rsquo;État islamique contre eux se poursuivra, malgré l&rsquo;accord de paix avec les Taliban « <em>apostats</em> », qui continueront également à être pris pour cible.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/bons-ou-mauvais-citoyens-quand-le-credit-social-chinois-simplante-en-europe/02/06/2022/">Bons ou mauvais citoyens : quand le crédit social chinois s’implante en Europe</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un discours prononcé deux mois plus tard, en mai 2020, le porte-parole officiel de l&rsquo;État islamique, Abu Hamza al-Qurashi, a commenté plus en détail l&rsquo;accord américano-taliban, dénonçant une conspiration entre les deux parties pour détruire l&rsquo;État islamique en Afghanistan. « <em>L&rsquo;accord concernant le retrait de l&rsquo;armée américaine d&rsquo;Afghanistan est la couverture d’une alliance permanente entre la milice apostate des Taliban et les croisés pour combattre l&rsquo;État islamique, ainsi qu’une base pour établir un gouvernement national qui rassemble les Taliban apostats, les Rejetants polythéistes [c&rsquo;est-à-dire les chiites] et d&rsquo;autres sectes apostates et incroyantes</em>. » a-t-il déclaré. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Selon lui, l&rsquo;accord devrait être compris à la lumière d&rsquo;une prétendue alliance préexistante entre les États-Unis et les Taliban pour éradiquer le « <em>califat</em> » en Afghanistan. Ce que les Taliban rechercheraient, c&rsquo;est un « <em>gouvernement national</em> » auquel ils pourraient participer. L&rsquo;État islamique, cependant, s&rsquo;opposerait à tout cela, résolu à combattre « <em>les croisés et les apostats</em> » jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un véritable régime islamique soit établi dans tout le pays.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Al-Qaïda</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Al-Qaïda a dépeint l&rsquo;accord sous un jour totalement différent. Le 12 mars, la « direction générale » du groupe a publié une déclaration qualifiant l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban de « <em>grande victoire historique</em> » pour ces derniers, en mettant l&rsquo;accent sur le retrait prévu de toutes les forces américaines d&rsquo;Afghanistan. Selon la déclaration, en restant inébranlables et fidèles à leur foi, les Taliban ont vaincu et fait tomber un ennemi de taille et de force bien supérieure, ce qui est une leçon à retenir pour tous les djihadistes qui luttent contre l&rsquo;oppression et l&rsquo;occupation.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette déclaration ne mentionnait toutefois pas l&rsquo;engagement des Taliban à l&rsquo;égard d&rsquo;al-Qaïda [<em>ndlr : contre la présence du groupe djihadiste en Afghanistan</em>] ni les négociations prévues avec le gouvernement afghan. Al-Qaïda a réagi comme si tout cela n&rsquo;avait pas d&rsquo;importance. Comme par le passé, l&rsquo;organisation a présenté les Taliban comme initiateurs du futur califat, c&rsquo;est-à-dire comme « <em>le noyau de l&rsquo;État islamique qui régnera par la loi pure de Dieu </em>».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis 2014, al-Qaïda a présenté à plusieurs reprises l&rsquo;Émirat islamique d&rsquo;Afghanistan – le nom officiel des Taliban – comme la base du califat annoncé et le chef des Taliban comme le calife en devenir. En juillet 2014, par exemple, l&rsquo;organisation a publié un bulletin d&rsquo;information renouvelant la <em>bay&rsquo;a </em>(c&rsquo;est-à-dire le serment d&rsquo;allégeance) au mollah Omar [<em>ndlr : le chef des Taliban à cette époque</em>], affirmant « <em>qu&rsquo;al-Qaïda ainsi que toutes ses antennes sont des soldats de son armée agissant sous sa bannière victorieuse</em> ». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quelques mois plus tard, lors de la création d&rsquo;al-Qaïda dans le sous-continent islamique, son chef a souligné qu&rsquo;il avait remis la <em>bay&rsquo;a </em>à la fois à al-Zawahiri [<em>ndlr : chef de al-Qaïda</em>] et au mollah Omar. L&rsquo;année suivante, lorsqu&rsquo;on a découvert que le mollah Omar était en fait mort depuis 2013, al-Zawahiri a publié un message audio donnant la <em>bay&rsquo;a </em>à son successeur, le mollah Akhtar Muhammad Mansur. L&rsquo;exercice a été répété pour le chef taliban suivant, Haybat Allah Akhundzadah, après que le mollah Akhtar ait été tué dans une frappe aérienne, au cours de l’année 2016.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/france-kazakhstan-un-partenariat-strategique-entache-par-une-polemique/28/10/2022/">France – Kazakhstan : un partenariat stratégique entaché par une polémique</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans ces deux déclarations, al-Zawahiri a indiqué que toute personne qui donne la <em>bay&rsquo;a </em>au chef d&rsquo;al-Qaïda la donne en fait au chef des Taliban, et que cette dernière doit être comprise comme la <em>bay&rsquo;a al-&lsquo;uzma</em>, ou la « <em>bay&rsquo;a suprême</em> », c&rsquo;est-à-dire le type de <em>bay&rsquo;a </em>que l&rsquo;on donne à un calife <em>[ndlr : le chef de l’oumma, la communauté de tous les musulmans</em>]<em>.</em> En 2017, lorsqu’a été créé l&rsquo;un des groupes subsidiaires d&rsquo;al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Jama&rsquo;at Nusrat al-Islam al-Muslimin, son chef a prononcé trois <em>bay&rsquo;as </em>&#8211; une pour le chef d&rsquo;AQMI, une pour al-Zawahiri et une pour Akhundzadah. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans ses discours, al-Zawahiri a continué à insister sur la <em>bay&rsquo;a </em>d&rsquo;al-Qaïda à Akhundzadah. Cette question a même joué un rôle dans le débat entre al-Qaïda et HTS, l&rsquo;ancienne branche d&rsquo;al-Qaïda en Syrie, concernant la décision de cette dernière de quitter al-Qaïda. Dans un discours prononcé en novembre 2017, al-Zawahiri a condamné la démarche de HTS, en disant : « <em>Ô frères. Par la grâce et la faveur de Dieu, vous appartenez à une union plus grande que celle que vous connaissez. Vous êtes dans le groupe Qa&rsquo;idat al-Jihad qui s&rsquo;est engagé dans la bay&rsquo;a envers l&rsquo;Émirat islamique dans une confédération djihadiste expansive. </em>» Un argument qui n&rsquo;a cependant pas suffi à convaincre. Dans une réponse, le représentant de HTS a rejeté l&rsquo;idée que le groupe syrien ait été un jour loyal envers les Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme le montre tout ceci, pour al-Qaïda, sa relation avec les Taliban est d&rsquo;une importance capitale. Selon l&rsquo;image qu&rsquo;elle se donne d&rsquo;elle-même, al-Qaïda ne serait guère plus qu&rsquo;une unité militaire mondiale au service d&rsquo;Akhundzadah <em>[ndlr : l’actuel chef des Taliban</em>]<em>,</em> qu&rsquo;elle considère comme son quasi-calife. Ce serait donc un coup très dur pour al-Qaïda, en termes matériels et de propagande, si les Taliban devaient couper tous leurs liens avec lui. Ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;exige le texte de l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban, mais il s&rsquo;en rapproche. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;accord stipule que les Taliban « <em>empêcheront tout groupe ou individu en Afghanistan de menacer la sécurité des États-Unis et de leurs alliés, les empêcheront de recruter, de former et de collecter des fonds et ne les accueilleront pas conformément aux engagements pris dans le cadre de cet accord. </em>» Cependant, menacer les États-Unis et leurs alliés est la raison d&rsquo;être d&rsquo;al-Qaïda, et les Taliban sont censés être leurs « <em>hôtes suprêmes</em> ». Si les Taliban devaient honorer cet engagement – et ils ont dit à plusieurs reprises qu&rsquo;ils le feront – ce serait embarrassant pour al-Qaïda.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Hay’at Tahrir al-Sham</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 13 septembre, le chef du comité de la <em>charia </em>de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), Abu &lsquo;Abdallah al-Shami (alias &lsquo;Abd al-Rahim &lsquo;Atun), a publié une déclaration félicitant les Taliban pour le début des négociations avec le gouvernement afghan. « <em>Cette grande victoire que les musulmans d&rsquo;Afghanistan ont remportée</em> <em>nous réjouit comme elle réjouit tout musulman libre et passionné. </em>» lit-on dans la déclaration. La clé du succès des Taliban, selon al-Shami, outre leur extraordinaire persévérance à résister aux occupants américains, a été leur capacité à traduire les succès militaires en gains politiques, en maintenant un front uni. Ces propos d&rsquo;al-Shami laissent entendre que la stratégie des Taliban est un modèle pour HTS. Récemment, les factions djihadistes les plus dures de Syrie ont reproché à HTS de chercher à obtenir le monopole de la violence sur le territoire qu&rsquo;il contrôle. Une telle approche, semble dire al-Shami, est justifiée par l&rsquo;expérience des Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">D&rsquo;autres voix au sein de HTS ont fait des commentaires similaires, certains d&rsquo;entre eux présentant encore plus explicitement les Taliban comme un modèle à suivre pour leur organisation. Le 14 septembre, un autre responsable de la <em>charia </em>au sein de HTS, Muzhir al-Ways, a déclaré que « <em>l&rsquo;exemple des Taliban</em> » est « <em>une source d&rsquo;inspiration pour tous</em> », ces derniers étant « <em>un modèle de djihad et d&rsquo;activité politique, un modèle de méthodologie, d&rsquo;approche et de respect des connaissances religieuses et de la jurisprudence </em>». Bien que « <em>chaque théâtre ait ses particularités</em> », a-t-il ajouté, « <em>et qu&rsquo;aucun exemple ne doive être imité dans son intégralité, le cas des Taliban offre des leçons dignes d&rsquo;intérêt</em> ».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les partisans d&rsquo;al-Qaïda n&rsquo;ont pas tardé à répondre que HTS et les Taliban n&rsquo;avaient en réalité rien en commun. « <em>L&rsquo;assimilation des Taliban à [HTS] n&rsquo;est absolument pas valable</em> », a écrit Jallad al-Murji&rsquo;a sur Telegram. Dans un autre message, il étaye son affirmation en citant l&rsquo;exemple de la coopération de HTS avec « <em>l&rsquo;armée turque laïque […] qui a participé à la guerre contre les musulmans en Afghanistan sous la bannière de l&rsquo;Amérique et de l&rsquo;alliance croisée de l&rsquo;OTAN</em> ». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre partisan d&rsquo;al-Qaïda souligne que HTS, dans sa coopération avec la Turquie et la Russie, a été victime du « <em>jeu de la politique internationale. Ce qui est tout à fait contraire à l&rsquo;expérience réussie des Taliban</em> ». « <em>Ne vous laissez pas tromper par ce que vous avez fait et ne vous enorgueillissez pas de vos victoires, dont nous n&rsquo;avons vu que destruction et dévastation</em> » écrit-il. « <em>Comme est grande la différence entre s&rsquo;humilier devant les infidèles et humilier les infidèles.</em> » écrit un autre.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En réponse à ces commentaires, al-Ifriqi al-Muhajir, un partisan de HTS, s&rsquo;est insurgé contre ceux qui qualifient la politique des Taliban comme étant celle d&rsquo;un djihadisme sans compromis. Selon lui, «<em> il y a des éléments de la politique des Taliban que ces voix n&rsquo;ont pas compris, les Taliban n&rsquo;étant même pas francs quant à leur relation avec Al-Qaïda</em> ». Il a cité un extrait d&rsquo;une lettre de l&rsquo;idéologue d&rsquo;al-Qaïda &lsquo;Atiyyat Allah al-Libi (mort en 2011), qui a écrit la chose suivante sur la nature des relations des Taliban avec al-Qaïda : « <em>Bien sûr, la politique des Taliban est d&rsquo;éviter d&rsquo;être vus avec nous ou de révéler toute coopération ou tout accord entre eux et nous. C&rsquo;est dans le but d&rsquo;éviter toute pression internationale et régionale et par égard pour la dynamique régionale. Nous nous en remettons à eux à cet égard.</em> »</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Réactions des théoriciens</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les principaux érudits du mouvement djihadiste, dont les Palestiniens-Jordaniens Abu Muhammad al-Maqdisi et Abu Qatada al-Filastini, ont exprimé à la fois des louanges et des inquiétudes quant aux récentes réalisations des Taliban. Bien que profondément divisés sur la question de HTS – auquel Abu Qatada est globalement favorable, al-Maqdisi farouchement opposé – les points de vue des deux hommes sur le présent sujet ne sont pas si éloignés.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/en-thailande-lancien-premier-ministre-thaksin-shinawatra-remonte-sur-le-ring/17/07/2025/">En Thaïlande, l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra remonte sur le ring</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En février dernier, Abu Qatada a félicité les Taliban pour avoir signé l&rsquo;accord avec les États-Unis. Dans une déclaration sur Telegram, il a écrit que « <em>la situation afghane</em> [est] <em>un modèle important</em> » et qu&rsquo;elle « <em>mérite d&rsquo;être étudiée</em> ». Tout en rejetant l&rsquo;idée que chaque groupe djihadiste devrait suivre la voie des Taliban « <em>étape par étape</em> », il a souligné plusieurs aspects « <em>admirables</em> » de l&rsquo;approche des Taliban. Parmi lesquels figure l&rsquo;engagement des Taliban à « <em>tenir un cap</em> » sur le champ de bataille, leur lien étroit avec la société dans laquelle ils évoluent et le fait qu&rsquo;ils soient un mouvement érudit. Le 13 septembre, Abu Qatada a poursuivi cette idée dans une autre déclaration, saluant le succès des Taliban après qu’ils aient obtenu la libération de milliers de prisonniers. « <em>C&rsquo;est une victoire djihadiste comme on n&rsquo;en a jamais vu dans notre histoire moderne</em> », a-t-il écrit.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Toutefois, en ce qui concerne les négociations entre les Taliban et le gouvernement afghan, il était beaucoup moins enthousiaste. « <em>Le fait que les Taliban acceptent de s&rsquo;asseoir avec le gouvernement</em> [afghan] <em>est une victoire américaine</em> », écrit-il dans le commentaire du 13 septembre. « <em>Il faut le reconnaître</em> ». Pour Abu Qatada, il s&rsquo;agit d&rsquo;une évolution potentiellement inquiétante, car toute concession au gouvernement afghan à partir de maintenant priverait les Taliban de leur statut d&rsquo; « é<em>mirat légitime pour l&rsquo;Afghanistan</em> ». Le pire résultat possible, selon lui, serait que les Taliban concluent un accord de partage du pouvoir. Il a toutefois jugé cette possibilité lointaine, espérant que les négociations ne se poursuivraient que comme une « <em>tactique</em> » pour obtenir le retrait américain.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Al-Maqdisi s&rsquo;est également félicité de l&rsquo;accord initial des Taliban avec les États-Unis. Fin février, il a écrit que seule la « <em>volonté de combattre</em> » des Taliban avait contraint les États-Unis à négocier avec eux, et que c&rsquo;était une « <em>leçon claire</em> » pour les djihadistes. Selon lui, cela montre que « <em>la solution n&rsquo;est pas dans la démocratie et les urnes ! Elle est plutôt dans le djihad et les caisses de munitions</em> ».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le lendemain, le 1er mars, al-Maqdisi a publié une « lettre ouverte aux Taliban », plus critique et plus prudente. Dans cette lettre, il s&rsquo;oppose à la nature illimitée de l&rsquo;accord conclu par les Taliban avec les États-Unis, y compris la clause concernant al-Qaïda, en faisant valoir qu&rsquo;un pacte de non-agression avec des infidèles ne devrait pas durer plus de dix ans, conformément à la tradition prophétique. Il ne s&rsquo;agit, selon lui, que d&rsquo;une « <em>transgression jurisprudentielle</em> ». Les Taliban ont certainement le droit de restreindre al-Qaïda, a-t-il ajouté, d&rsquo;autant plus que le mollah Omar n&rsquo;a jamais donné sa bénédiction aux attentats du 11 septembre. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais si l&rsquo;« accord de paix » avec les États-Unis devait conduire à l&rsquo;abrogation du djihad, cela dénoterait un problème plus profond, plus théologique, concernant les Taliban. Al-Maqdisi reproche également aux Taliban d&rsquo;avoir remercié le Qatar, le Pakistan et la Chine, entre autres, dans une déclaration publiée par leur chef lors de la signature de l&rsquo;accord. « <em>De telles expressions de gratitude envers des États dont les dirigeants sont en guerre contre l&rsquo;Islam laissent planer le doute sur d&rsquo;éventuels changements dans la méthodologie</em> [<em>ndlr : religieuse</em>] <em>des Taliban</em> » écrit-il.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/hydrocarbures-en-azerbaidjan-les-enjeux-energetiques-occidentaux-et-eurasiatiques/20/03/2024/">Hydrocarbures en Azerbaïdjan : les enjeux énergétiques occidentaux et eurasiatiques</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Selon lui, la clause de l&rsquo;accord qui stipule que les États-Unis et les Taliban « <em>cherchent à établir des relations positives entre eux et s&rsquo;attendent à ce que les relations entre les États-Unis et le nouveau gouvernement islamique afghan après la réinstallation</em> […] <em>soient positives</em> » est particulièrement troublante. « <em>Peut-être que tout cela n&rsquo;est rien de plus que des manœuvres et des étapes politiques pour atteindre des intérêts importants.</em> » spécule-t-il. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais comme Abu Qatada, il s&rsquo;inquiète de ce qui se passera une fois que les Taliban et le « <em>gouvernement afghan client</em> » se seront assis pour négocier. Plus récemment, après le début des négociations en septembre, al-Maqdisi a réitéré ses inquiétudes. « <em>Ce qui m&rsquo;inquiète ce n&rsquo;est pas le fait de s&rsquo;asseoir [à la table des négociations] en soi, mais plutôt les résultats de cette assise !</em> » a-t-il écrit sur Telegram le 12 septembre. Il attend cependant que les résultats soient clairs et documentés pour porter un jugement.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre spécialiste du djihad, l&rsquo;Égyptien Hani al-Siba&rsquo;i, installé à Londres et proche d&rsquo;al-Maqdisi sur le plan idéologique, s&rsquo;est montré un peu plus optimiste dans sa réaction aux récentes actions des Taliban. Il a également apporté un point de vue légèrement différent sur l&rsquo;engagement des Taliban concernant al-Qaïda. Dans une prêche prononcée en mars, al-Siba&rsquo;i a souligné que « <em>les Taliban, et c&rsquo;est tout à leur honneur, ne se sont pas dissociés d&rsquo;al-Qaïda et ne les ont pas livrés</em> [aux Américains] ». L&rsquo;engagement des Taliban dans l&rsquo;accord ne serait en réalité pas nouveau, puisque les Taliban interdisaient déjà à al-Qaïda de lancer des attaques contre les Etats-Unis depuis le sol afghan.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un sermon plus récent, à la mi-septembre, al-Siba&rsquo;i a ajouté quelques commentaires sur la question de la <em>bay&rsquo;a </em>d&rsquo;al-Qaïda au chef des Taliban. « <em>La bay&rsquo;a est conditionnelle</em> » a-t-il expliqué. Lorsque al-Zawahiri a donné la <em>bay&rsquo;a </em>à Akhundzadah, il a stipulé certaines conditions, notamment que les Taliban adhèrent à la charia. Par conséquent, si les Taliban devaient s&rsquo;écarter de leur voie actuelle, al-Qaïda serait en droit de retirer la <em>bay&rsquo;a</em>. Pour al-Siba&rsquo;i, cependant, il s&rsquo;agissait du pire des scénarios, et d&rsquo;un scénario lointain. « <em>Attendons et voyons ce qui se passe. Car pour l&rsquo;instant, les Taliban n&rsquo;ont rien concédé</em> » a-t-il suggéré.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une absence de consensus, un avenir incertain</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Si une chose est claire dans cet assortiment de points de vue concernant l&rsquo;accord des Taliban avec les États-Unis et leurs négociations avec le gouvernement afghan, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a guère de consensus dans le monde djihadiste sur la nature réelle des Taliban. Pour l&rsquo;État islamique, les Taliban sont un mouvement impie prêt à renoncer au djihad et à partager le pouvoir avec le gouvernement afghan. Pour al-Qaïda, c&rsquo;est le futur califat islamique. Et pour HTS, c&rsquo;est un modèle de <em>realpolitik </em>djihadiste. Pour leur part, les théoriciens, qui se méfient de l&rsquo;issue des négociations, témoignent d&rsquo;une profonde incertitude quant à l&rsquo;avenir des Taliban. Leur pire crainte est que les Taliban fassent la paix avec le gouvernement afghan et perdent leur caractère d&rsquo;« émirat islamique d&rsquo;Afghanistan ». Leur plus grand espoir est que les négociations s&rsquo;avèrent être une ruse pour gagner du temps. Ils ne sont toutefois pas optimistes au point de considérer ce résultat comme acquis.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong><a href="https://www.jihadica.com/jihadi-reactions-to-the-u-s-taliban-deal-and-afghan-peace-talks/">Article accessible ici</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Ferdinand de Lesseps : le constructeur du canal de Suez</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-lesseps-le-constructeur-du-canal-de-suez/30/06/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jun 2021 21:17:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Canal de Panama]]></category>
		<category><![CDATA[Canal de Suez]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Ferdinand de Lesseps]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 30/06/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-lesseps-le-constructeur-du-canal-de-suez/30/06/2021/">Ferdinand de Lesseps : le constructeur du canal de Suez</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Ferdinand de Lesseps est un diplomate et entrepreneur français du XIXe siècle. Il est à l’origine de la construction du canal de Suez et du canal de Panama pour lequel un scandale éclata.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le canal de Suez en Egypte est une place stratégique mondiale. Avec environ 10% du commerce international qui transite par cet endroit, le canal assure au pays des pharaons d’importants revenus (500 000$ par passage pour les gros containers) et un poids géopolitique conséquent. Construit de 1859 à 1869, le projet a été piloté par le diplomate et entrepreneur français Ferdinand de Lesseps, comte de Lesseps.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Né à Versailles le 19 novembre 1805, Ferdinand de Lesseps grandit dans une famille fraîchement anoblie par Napoléon Ier. Son père, Mathieu de Lesseps est diplomate et se trouve en poste en Italie lors de sa naissance. La famille connaît en personne la future impératrice Eugénie qui se trouve être une cousine de Ferdinand, qui la rencontre lors de voyages à Madrid.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une carrière diplomatique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le jeune Ferdinand fait ses études à Paris au lycée Henri IV et devient bachelier à Amiens où il s’adonne à son sport favori : l’équitation. Celui-ci lui vaudra de bons rapports auprès des cavaliers arabes. Sur les conseils de son oncle, Ferdinand de Lesseps s’oriente rapidement vers la diplomatie. Il le rejoint à Lisbonne en 1825 où il est attaché d’ambassade pendant deux ans avant de rejoindre son père à Tunis en tant que vice-consul auxiliaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1832, il devient vice-consul à Alexandrie. Le nouveau vice-roi d’Egypte Mehmet Ali, qui doit en partie sa position à Mathieu de Lesseps, père de Ferdinand, accueille très favorablement la présence du jeune diplomate. L’année suivante, il est nommé consul au Caire puis consul général à Alexandrie en 1835. Pendant cette période, il sera chargé par le vice-roi d’Egypte de l’éducation de son fils Mohammed Saïd. Ces années-là sont aussi un moment tragique où une épidémie de peste s’abat sur la région, tuant entre 15 000 et 60 000 civils à Alexandrie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Rotterdam en 1839, Malaga en 1840, Barcelone en 1842, Ferdinand de Lesseps enchaîne les nominations. En Catalogne, il se distingue particulièrement en protégeant les Français et étrangers lors de l’insurrection sanglante qui provoque le bombardement de Barcelone. Ses talents de diplomate permettent d’alléger les dégâts physiques et économiques sur la ville ainsi que sur la population. En guise de récompense, une place de Barcelone porte son nom. Il démissionne de ses activités diplomatiques en 1849 lorsqu’il sert de bouc émissaire pendant la campagne française en Italie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le canal de Suez</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Désormais sans affectation, il gère son domaine de la Chesnaye dans l’Indre. En 1853, il perd successivement son épouse avec qui il a eu 5 enfants et son fils d’une épidémie de scarlatine. En même temps que la gestion de ses terres, Ferdinand de Lesseps en profite pour se replonger dans ses dossiers de l’époque de ses missions diplomatique en Egypte. Parmi ceux-ci, un projet le hante : le percement de l&rsquo;isthme de Suez étudié quelques décennies auparavant par des ingénieurs français lors de la campagne d’Egypte de Bonaparte.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1854, il apprend le décès d’Abbas Ier, gouverneur d’Egypte et du Soudan, et l’accession de Mohammed Saïd, celui dont il a assuré en partie l’éducation. Il lui envoie une lettre de félicitations. Par retour, le nouveau gouverneur lui envoie une invitation qu&rsquo;il accepte en novembre de la même année. Quelques jours plus tard, Ferdinand de Lesseps est autorisé à créer une société pour le percement du canal et l’exploitation de celui-ci entre les deux mers. Le canal de Suez est né et celui-ci sera franco-égyptien. Ce projet provoque la colère des Anglais qui tentent de suspendre sa construction.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’accord signé, il reste à créer une société, affiner les mesures techniques du projet ainsi que trouver les fonds nécessaires. Soutenu par l’empereur Napoléon III dans son projet, il lève 120 millions de francs à la Bourse de Paris tandis que le gouvernement égyptien souscrit pour 80 millions de francs. Commencé en 1859, le percement du canal est terminé en 1869. On estime que près de 1,5 million d’égyptiens ont participé à ce projet et qu’une partie décéda de diverses maladies dont le choléra. Le canal est officiellement inauguré le 17 novembre 1869 par l’impératrice Eugénie. Il est reçu à l&rsquo;Académie des Sciences en 1873.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une fin de carrière houleuse</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">En 1879, Ferdinand de Lesseps est nommé président du comité français pour le percement d’un canal interocéanique en Amérique Centrale. C’est le canal de Panama. Contrairement à celui de Suez, le projet de Panama ne se déroule pas comme prévu et aboutit à un scandale et une crise politique. L’émission permettant le financement du projet est un échec et ne permet pas de récolter la somme demandée. Les travaux commencent tout de même en 1881 mais de nombreuses maladies surviennent (malaria, fièvre jaune causant de nombreux morts parmi les ouvriers). Les accidents de terrain non prévus ralentissent durablement le projet qui se retrouve rapidement à court de financement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour trouver de nouveaux financements, Ferdinand de Lesseps fait appel à son réseau d’hommes d’affaires, de juristes et de journalistes pour faire la promotion du projet. Dans le but d’obtenir des financements publics, refusés compte tenu des rapports négatifs des différents ingénieurs sur place, ils organisent un vaste système de corruption de parlementaires. Malgré ce procédé, la compagnie ne peut redresser la barre et entraîne la faillite de dizaines de milliers de souscripteurs. Une enquête est ouverte et les responsables, dont Ferdinand de Lesseps, sont condamnés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Selon l’enquête, pas moins de 104 parlementaires et plusieurs ministres auraient touché des pots-de-vin, permettant l’obtention de subvention publics. Lesseps est condamné à 5 ans de prison, qu’il n’effectue pas pour vice de forme.</span><br />
<span style="color: #000000;">Les Américains rachètent la compagnie criblée de dettes et reprennent à leur compte les travaux déjà commencés. Ils achèveront la percée du canal en août 1914 alors que, sur le Vieux Continent, la Première guerre mondiale éclate.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ferdinand de Lesseps meurt le 7 décembre 1894 dans son Château de La Chesnaye dans l’Indre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Étienne de Silhouette : le ministre des finances de Louis XV devenu un fantôme de l&#8217;histoire de France</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/etienne-de-silhouette-le-ministre-des-finances-de-louis-xv-devenu-un-fantome-de-lhistoire-de-france/28/04/2021/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/culture/etienne-de-silhouette-le-ministre-des-finances-de-louis-xv-devenu-un-fantome-de-lhistoire-de-france/28/04/2021/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Apr 2021 19:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Étienne de Silhouette]]></category>
		<category><![CDATA[Fantôme]]></category>
		<category><![CDATA[Louis XV]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Maugenest]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Étienne de Silhouette est un philosophe, homme politique et diplomate français du XVIIIe siècle. Ministre...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/etienne-de-silhouette-le-ministre-des-finances-de-louis-xv-devenu-un-fantome-de-lhistoire-de-france/28/04/2021/">Étienne de Silhouette : le ministre des finances de Louis XV devenu un fantôme de l&rsquo;histoire de France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Étienne de Silhouette est un philosophe, homme politique et diplomate français du XVIIIe siècle. Ministre des finances éphémère de Louis XV, son nom s’est vu banni de l’Histoire de France lorsqu’il a voulu faire payer des taxes à la noblesse et aux financiers de l’époque.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Supprimer des privilèges financiers et réformer un État proche de la banqueroute, voici le pari insensé d’Étienne de Silhouette. Comme Scotch, Frigidaire, Rustin (rustine) ou encore Kleenex, Silhouette fait partie des rares personnes et marques dont le nom propre est devenu un nom commun.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/louis-rustin-linventeur-de-la-rustine/26/03/2021/">Louis Rustin : l’inventeur de la rustine</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 5 juillet 1709 à Limoges, Étienne de Silhouette est le fils d’Arnaud de Silhouette, receveur général des impôts. Il fait ses études au collège jésuite de Sainte-Marie et découvre l’œuvre de Confucius qui le marquera toute sa vie. À l’âge de 20 ans, il publie son premier ouvrage consacré à la philosophie du penseur chinois :<em> Idée générale du gouvernement et de la morale des Chinois tirée des ouvrages de Confucius</em>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Voyageur, diplomate et espion</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le jeune aristocrate sillonne ensuite pendant un an la France et l’Italie, où il rencontre le pape Benoît XIII. Il voyage également en Espagne d&rsquo;où l&rsquo;un de ces ancêtres a rejoint la France et francisé son nom de Zuloeta en Silhouette. En Catalogne, il découvre les ravages de la révolte du peuple contre les hausses d’impôts. Il en déduira de la nécessité de la réforme fiscale en France afin de ne pas tomber dans la guerre civile comme son voisin du sud.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/roland-garros-portrait-dun-aviateur-qui-donna-son-nom-a-un-terrain-de-tennis/28/02/2021/">Roland Garros : portrait d’un aviateur qui donna son nom à un terrain de tennis</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Très rapidement, il est envoyé par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Germain-Louis Chauvelin, marquis de Grosbois, en mission diplomatique à Londres où il rédige des notes économiques et militaires, renseignant sur l’état de l’armée anglaise. Devenu officier traitant rattaché à l’ambassade de France au Royaume-Uni, il quitte le pays en 1741.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un humaniste</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Ses prises de positions qui nient le fatalisme du péché originel lui attirent des ennuis de la part de l’Église. Néanmoins, cela lui permet de passer de l’ombre à la lumière et de lui ouvre les salons parisiens où de grandes personnalités le soutiennent. Proche de la favorite de Louis XV, Madame de Pompadour, Silhouette devient Commissaire général auprès de la compagnie des Indes, puis chancelier de la maison d’Orléans.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-poubelle-portrait-dun-prefet-qui-donna-son-nom-a-une-boite-a-ordures/24/01/2021/">Eugène Poubelle : portrait d’un préfet qui donna son nom à une boîte à ordures</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En mars 1759, il est nommé contrôleur général des finances royales, véritable poste clé dans un État où les finances sont au plus bas. Silhouette veut frapper fort et milite pour la suppression des dépenses qu’il juge inutiles, en premier lieu certaines rentes indues de la noblesse. Il met en place une taxation des « privilégiés ». En quelques semaines, il réduit les déficits de l’État, au plus grand soulagement du peuple et de son roi.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="color: #000000;">Un ministre condamné à l’oubli</span></strong></h3>
<p><span style="color: #000000;">Malheureusement, sa manière de faire est jugée très sévèrement par la cour qui refuse de s’acquitter des nouvelles taxes. Même Voltaire, qui le soutenait quelques temps auparavant, se désolidarise de lui et se range du côté de la noblesse et des milieux financiers qui organisent son éviction. En novembre 1759, c’est chose fait. Silhouette démissionne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/henri-de-foucaucourt-portrait-dun-officier-banquier-journaliste-et-moine-francais-epris-daventure/18/12/2020/">Henri de Foucaucourt, portrait d’un officier, banquier, journaliste et moine français épris d’aventure</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Mais son départ ne suffit pas à ses détracteurs. Ces derniers mettent en place une campagne d’effacement de son nom dans les mémoires et de ridiculisation. Avec des pamphlets et des chansons diffusées en France et en Europe, le nom propre de Silhouette tend à devenir un nom commun à caractère péjoratif. </span><span style="color: #000000;">Quelques mois après son évitement du pouvoir, il acquiert en 1769 le château de Bry qu’il reconstruit. Baron local, il applique la politique qui lui a été refusée à l’échelle nationale. Il construit des greniers à blé collectifs pour lutter contre les conséquences des mauvaises récoltes, rénove l’église locale et organise la vie de la cité. À son décès en 1767, sa fortune, ainsi que celle de sa femme, sera léguée aux pauvres conformément à sa volonté.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Personnage inconnu, l’écrivain Thierry Maugenest lui accorde une biographie : É<em>tienne de Silhouette : le ministre banni de l&rsquo;histoire de France</em> en 2018.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Syrie : le retour en grâce de Bachar Al-Assad ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Aoun]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jan 2020 18:00:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar Al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/01/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/syrie-le-retour-en-grace-de-bachar-al-assad/07/01/2020/">Syrie : le retour en grâce de Bachar Al-Assad ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Malgré les huit années de guerres, le maintien d’une poche djihadiste dans la région d’Idlib et le durcissement des sanctions occidentales, le régime de Bachar Al-Assad semble renaître de ses cendres. De plus en plus fréquentable aux yeux de ses voisins arabes, Damas sort peu à peu de son inertie diplomatique.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès novembre 2011, sous la pression des Etats-Unis et de l’Union européenne, la Syrie de Bachar Al-Assad avait été suspendue de la Ligue arabe. En parallèle, la majeure partie des voisins arabes avait fermé leurs ambassades en raison de leur soutien officiel à la rébellion syrienne. Le Qatar et l’Arabie Saoudite étaient les principaux bailleurs des différentes mouvances djihadistes en Syrie. Seul le Liban avait maintenu ses frontières ouvertes avec la Syrie, nonobstant l’afflux massif de réfugiés dès 2012. L’Irak, embourbée dans la lutte contre l’État islamique, avait tant bien que mal conservé des relations avec son voisin baathiste [1].</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/terrorisme-le-groupe-etat-islamique-au-nigeria-decapite-onze-chretiens/28/12/2019/">Le groupe Etat islamique au Nigéria décapite onze chrétiens</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis la libération d’Alep en novembre 2016, des pourparlers au sein des chancelleries arabes avaient laissé sous-entendre un possible dégel des relations avec Damas. Après la reprise de la quasi-totalité du pays par l’armée syrienne et ses alliés, les régimes du Golfe savaient qu’ils avaient perdu le pari du <em>« regime change ».</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Renforcement des alliances préexistantes</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour autant, c’était une victoire à la Pyrrhus pour le pouvoir syrien. Il a, certes, consolidé les alliances d’hier, mais il était englué dans un isolement diplomatique. C’est l’ancien Président soudanais, Omar el Béchir, qui brisa cette apathie arabe envers Damas. Ce dernier s’est rendu en Syrie en décembre 2018. Il devait être suivi le mois suivant par le Président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, mais en raison des pressions américaines, <a href="https://www.lefigaro.fr/international/2019/02/26/01003-20190226ARTFIG00257-l-amerique-et-l-europe-frappent-la-syrie-au-portefeuille.php">la visite a été ajournée</a>. En février dernier, le chef de la sécurité nationale syrienne s’est rendu au Caire. Quant à lui, le Président du parlement était en voyage à Amman en Jordanie pour un congrès panarabe. D’ailleurs, Damas a reçu les chefs d’états-majors iraniens et irakiens pour consolider <em>« l’axe de la résistance »</em> face au terrorisme. La réunion a été suivie de très près par les Israéliens et les Américains.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De surcroît, le voyage de Bachar Al-Assad à Téhéran en avril 2019 a sanctuarisé un peu plus cette alliance protéiforme. Les deux pays ont signé une série de 11 accords, dont un sur la future gestion du port de Lattaquié <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1162866/liran-sinstalle-a-lattaquie-la-russie-voit-rouge.html">au profit de l’Iran</a>. Cet accord vient parachever la réussite de la politique perse au Levant. Le port de Lattaquié est une aubaine pour l’Iran qui doit faire face aux embargos occidentaux. En effet, des marchandises iraniennes pourront être acheminées en mer Méditerranée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/etat-islamique-vs-daesh-une-guerre-semantique/22/05/2019/">État Islamique vs Daesh : une guerre sémantique</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Compte tenu de l’influence grandissante iranienne au Levant, les pays du Golfe s’activent pour renouer des relations avec Damas. La réouverture de la frontière jordanienne en octobre 2018 et les récentes réouvertures des ambassades émiratis et bahreïnis en janvier 2019 s’inscrivent dans cette logique. Le Président libanais, Michel Aoun a proposé de créer un fond d’investissement arabe <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1153468/sommet-economique-aoun-propose-une-strategie-de-reconstruction-pour-le-developpement-des-pays-arabes.html">pour la reconstruction de la Syrie</a>. Il a milité avec l’Irak pour un retour de Damas au sein de la Ligue arabe. En raison des nombreuses tensions qui planent sur le monde arabo-musulman, ces appels sont restés sans suite.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une opposition occidentale qui perdure</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">&gt;L’Occident reste en retrait en dépit des déboires d’une politique jusqu’au-boutiste. Non seulement, les Etats-Unis et l’Europe ont fait le choix d’une politique sunnite au détriment d’une indépendance et d’une neutralité souhaitable. Mais aujourd’hui, le renforcement des sanctions est là pour rappeler que leurs objectifs ne sont pas atteints. Les aides occidentales imparties à la Syrie concernent uniquement <a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/soutien-au-peuple-syrien-dans-le-nord-est-de-la-syrie-la-contribution-de-la/">les régions non contrôlées par Damas</a>.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Deux blocs bien distincts se sont formés suite au conflit syrien. La fracture s’est accentuée. Le monde dominé par Washington et ses différents relais locaux s’oppose à une vision multilatérale. Même la Chine, très discrète jusque là, a réaffirmé son intention de participer à la reconstruction de la Syrie, en s’abstenant d’ingérences politiques. Bien qu’ayant des objectifs parfois opposés (Russes et Iraniens notamment), les alliés du gouvernement syrien scellent un axe « <em>anti impérialiste ».</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/la-reconversion-de-letat-islamique/04/04/2019/">La reconversion de l’État Islamique I</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quant au voisin turc, il ne nie aucunement ses intentions et ses desseins panturquistes. La lutte contre le YPG kurde dans le Nord de la Syrie n’est qu’un prétexte pour s’ingérer dans les affaires syriennes. Le lent départ des forces américaines du Nord-Est de l’Euphrate laisse les Turcs seuls face aux milices arabo-kurdes. Intrinsèquement divisés, ces milices doivent faire un choix ; soit elles doivent retourner dans le giron de l’armée gouvernementale syrienne et délaisser leur volonté indépendantiste, soit, elles risquent d’être occupées par l’armée turque. Participant respectivement aux sommets d’Astana en novembre 2018 et de Sotchi en février 2019 pour le règlement politique et militaire en Syrie, la Turquie n’entend pas faire de concession à Damas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Vers un retour progressif de la diplomatie syrienne au Moyen-Orient ?</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Forcées d’admettre la victoire militaire du régime syrien, les chancelleries arabes ont débattu le 31 mars dernier à Tunis, lors du 30<sup>ème</sup> sommet de la Ligue arabe, sur le potentiel retour de la Syrie comme membre de l’organisation. Le Président tunisien, Beji Cadi el Sebsi, <a href="https://arabic.sputniknews.com/arab_world/201903281040087439-الرئيس-تونس-عودة-سوريا-الجامعة-العربية/">a déclaré</a> : <em>« les chefs d’États meurent, les nations restent »</em><em>.</em> Malgré son absence, la Syrie a été au cœur des discussions. L’annonce programmée et non fortuite de Donald Trump en avril dernier sur la souveraineté israélienne du Golan, a ravivé un discours d’appartenance panarabe. La condamnation est catégorique et officiellement non négociable selon les différentes chancelleries.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La conjoncture régionale rappelle tant bien que mal le bien-fondé de la Ligue arabe. Initialement cette organisation devait faire bloc contre toutes formes d’ingérences d’un pays tiers. Les exactions israéliennes en Palestine et les violations territoriales sur l’un des pays membre font l’objet de discours en apparence unitaire. En raison de l’annonce hasardeuse de l’administration américaine sur le Golan, Damas redevenait <em>« fréquentable »</em> pour ses voisins arabes. À ce sujet, la presse libanaise avait évoqué la possibilité d’une visite présidentielle de Michel Aoun à Damas dans les prochains mois. Pour autant, ce retour diplomatique, source de nombreuses tensions régionales, n’est qu’à une phase embryonnaire.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aujourd’hui, asphyxiée par les sanctions, l’économie syrienne est littéralement exsangue. Or, Bachar Al-Assad, conscient des difficultés internes, tente de sortir son pays de l’autarcie diplomatique et économique avant les prochaines échéances politiques, prévues à la fin de son troisième mandat en 2021.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[1] Il s’agit du parti Baath, créé par Michel Aflak en 1947 en Syrie. Le slogan du parti est « unité, liberté, socialisme », il reprend soigneusement les thèmes du panarabisme du siècle dernier. Ce parti arrive au pouvoir en 1963 en Syrie sous la houlette de la famille Assad et en 1968 en Irak avec le règne de Saddam Hussein. Le parti Baath fera l’objet d’un article détaillé prochainement.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alexandre Aoun est diplômé en géopolitique. Arabisant, il est le rédacteur en chef du site</span> <a href="https://www.monorient.fr/">MonOrient.fr</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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