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	<title>Littérature - Billet de France</title>
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	<title>Littérature - Billet de France</title>
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		<title>Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 17:04:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Cadets de Saumur]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Michon]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/08/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le colonel Charles Michon est un militaire français commandant les Cadets de Saumur qui, en juin 1940, ont résisté à l&rsquo;armée allemande avec leurs armes d&rsquo;instruction.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 20 juin 1940, une section de la Wehrmacht rend les honneurs militaires aux élèves aspirants de réserve de l’École de cavalerie de Saumur, après deux jours de combat pour la défense de la Loire : ils entreront dans l’Histoire sous le nom de « Cadets de Saumur ». Vétéran du Maroc, blessé de la Grande Guerre, leur chef, le colonel Charles Michon, qui est à l’origine de cet acte de résistance, reste pourtant méconnu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Ils s’instruisent pour vaincre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">François, Marie, Charles Michon naît le 17 juillet 1882 à Joigny, sur les bords de l’Yonne, d’un père lieutenant de dragons. Son ancêtre direct, Pierre Bénigne Michon fut fait chevalier d’Empire et mourut lors d’une campagne napoléonienne. Étudiant dans un collège jésuite de Dole, Charles Michon est tiré au sort pour le service militaire en 1902, à vingt ans. Catholique fervent, attiré par l’expansion coloniale de la France en Afrique et conquis par cette première expérience au sein des Armées, il présente le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr l’année suivante. Il intègre la promotion « La Tour d’Auvergne », décimée entre 1914 et 1918, plus d’un tiers des élèves ayant été déclaré « morts pour la France ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Affecté au 14ème régiment de chasseurs à cheval de Dole, le jeune sous-lieutenant est d’abord formé à Saumur, au sein de l’École de cavalerie. Noté « très bien » malgré un apprentissage laborieux de l’équitation militaire, il est déjà remarqué pour ses qualités d’officier et son aptitude au commandement. En 1906, après avoir choisi le 2ème régiment de chasseurs d’Afrique, unité qui répond au cri d’« En avant, tout est vôtre ! » depuis les combats face à Abd el Kader, il découvre l’Oranais et la frontière marocaine. Atteint d’une fièvre typhoïde, il devance la fin de sa convalescence pour vivre son baptême du feu lors de l’affrontement de Port-Say, où deux mille marocains assaillent les troupes françaises.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« C’est dans cet endroit délicieux que j’ai eu la vision nette de ce que peut être l’Enfer » [1]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marié en 1912 et père d’un premier fils l’année suivante, Charles Michon apprend l’attentat de Sarajevo à Beaune, où il sert au sein du 16ème régiment de chasseurs. Dès août 1914, il prend part à la bataille de la trouée de Charmes et assure la liaison téléphonique de sa division sous feu nourri durant trois jours. Cité à l’ordre de la division à la suite des combats d’Apremont et du bois d’Ailly, il est promu capitaine en février 1915. Volontaire pour « l’arme du martyre » déjà décimée, il est affecté au 106ème régiment d’infanterie en tant que commandant de compagnie, comme l’est alors Maurice Genevoix. Il rejoint son affectation cinq jours avant l’attaque des Éparges.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 26 avril 1915, à proximité de l’endroit où tombait, un an auparavant, l’écrivain Alain-Fournier, Charles Michon reçoit une balle qui lui transperce trois côtes. Enseveli durant deux jours sous les cadavres, il est porté disparu. Retrouvé par des soldats allemands, il est soigné à Stuttgart, avant d’être transféré, comme prisonnier de guerre, en Suisse, où le rejoint sa femme. Chevalier de la Légion d’honneur en 1917, Charles Michon souffrira toute sa vie du fait de cette blessure, qui l’invalidera à 30%.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nommé attaché militaire auprès du consulat français de Lausanne dès la fin de la guerre, le jeune capitaine est muté en Turquie, où les tendances nationalistes exacerbent les tensions avec la Grèce et occasionnent les massacres des chrétiens grecs et arméniens. Cette parenthèse diplomatique close, il reprend ses fonctions militaires dans plusieurs régiments de cavalerie, où il assure la formation des escadrons et se consacre à ses six enfants, nés au gré de ses différentes affectations. En 1935, il est affecté à l’École d’application de la cavalerie et du train à Saumur, dont il prendra le commandement en second cinq ans plus tard : commence alors un nouveau chapitre de sa vie, insoupçonné.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête des Cadets de Saumur</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mai 1940. Alors que le commandement des armées françaises, sous l’impulsion du général Weygand, tente d’enrayer l’irrésistible percée des troupes allemandes, échoie à l’École de cavalerie de Saumur la défense de quatre ponts à proximité de la ville. Minés, ces ponts offrent à des millions de réfugiés une porte de sortie vers le sud de la France. Le 14 juin, dans la cour de l’École, le colonel Michon convoque ses 768 élèves et clame : « On nous demande de combattre sur place pour sauver l’honneur de l’armée. Si vous êtes d’accord, vous le dites ! ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Devant l’assentiment général, il organise, en lien avec le Ministère, la défense de son secteur, au mépris du discours du maréchal Pétain et des réticences des édiles locales, qui déclarent Saumur « ville ouverte ». Après le départ de ses chevaux vers Montauban, l’École accueille plusieurs unités dispersées, portant à 1890 hommes les effectifs combattants.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré les difficultés annoncées de la mission, la bataille de Saumur s’engage le 19 juin, dans la nuit. Sacrifiant tout repos à la coordination des combats et aux destructions successives des ponts, le colonel Michon apprend, par épisodes successifs, les actes héroïques des Cadets de Saumur, ainsi baptisés par un officier allemand persuadé, à l’issue des combats de la ferme d’Aunis, d’avoir combattu un régiment entier. Après trois jours d’acharnement allemand et de faits d’armes français, le commandant de l’École décide, avec hauteur de vue, d’ordonner le repli général.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête d’une colonne surarmée, il se rend à Montauban, tandis que ses élèves sont déclarés libres par le commandement de la 1. Kavallerie Division, admiratif de l’impétuosité des jeunes élèves-officiers de réserve. Cité à l&rsquo;ordre de l&rsquo;armée le 24 août 1940 par le général Weygand, le colonel Michon entre dans l’Histoire : « Reflétant l&rsquo;âme de son chef, l&rsquo;École Militaire et d&rsquo;Application de la Cavalerie et du Train a combattu les 19, 20 et 21 juin 1940, jusqu&rsquo;à l&rsquo;extrême limite de ses moyens de combat, éprouvant de lourdes pertes, prodiguant les actes d&rsquo;héroïsme et inscrivant dans les fastes de la cavalerie une page digne entre toutes de son glorieux passé, a suscité, par sa bravoure l&rsquo;hommage de son adversaire ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur 560 élèves-officiers, 79 sont morts ou disparus, 47 sont blessés, 366 restent vivants. 12 officiers et 30 élèves recevront la Croix de guerre. Le colonel Michon est terrassé par une embolie pulmonaire à Montauban, le 26 octobre 1940. Son corps est inhumé, à Dole, dans le caveau de sa famille.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Nous vous avions confié nos enfants. Je vous remercie d’en avoir fait des hommes » [2]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En faisant des Cadets de Saumur un nom de légende, la Grande Histoire a failli, laissant le grand public ignorant du nom de leur chef. Réparation fut faite de cet oubli en 2020, lorsque sa petite-fille, Pascale Michon, publie, avec le journaliste et biographe Thierry Dromard, une biographie richement sourcée. Avec « Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice », ressuscite la vie héroïque d’un officier français resté debout, dans le tumulte des journées de juin 1940.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A l’occasion de la préface de cet ouvrage, le général de brigade Patrice Dumont Saint Priest, ancien commandant de l’École de cavalerie, souligne que « cette décision n’est pas celle d’un irresponsable ou d’un va-t-en-guerre, c’est au contraire celle d’un colonel d’expérience, ayant déjà beaucoup souffert, celle d’un homme de devoir, de caractère et de convictions, celle d’un officier de cavalerie qui n’avait rien à gagner et tout à perdre, et enfin celle d’un chef respecté par ses hommes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_11889" aria-describedby="caption-attachment-11889" style="width: 204px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-11889 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="204" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&amp;ssl=1 204w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=695%2C1024&amp;ssl=1 695w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=768%2C1132&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?w=950&amp;ssl=1 950w" sizes="(max-width: 204px) 100vw, 204px" /><figcaption id="caption-attachment-11889" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pascale Michon et Thierry Dromard, Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice, 2020, Éditions Lamarque, 207 p., 19 euros</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[1] Lettre du colonel Charles Michon à son épouse, 11 avril 1915. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice</em>, 2020, Éditions Lamarque, p. 19.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[2] Hommage du père de l’un des Cadets de Saumur au colonel Charles Michon. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>op. cit.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Cécile Chabaud : De femme et d’acier</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/cecile-chabaud-de-femme-et-dacier/10/11/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Chevalier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Nov 2024 15:58:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Cécile Chabaud]]></category>
		<category><![CDATA[Première Guerre mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=11039</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/11/2024</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le nouveau <a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/de-femme-et-dacier-prix-des-femmes-de-lettres-2024/9782359054002">roman</a> de Cécile Chabaud, <em>De femme et d&rsquo;acier</em> est fondé sur l&rsquo;histoire hors du commun de l&rsquo;unique femme médecin de la Première Guerre mondiale.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De femme et d’acier. L’une et l’autre sont conjugués à merveille par Cécile Chabaud qui retrace l’histoire d’une femme inconnue de la grande histoire. Cette femme, c’est Nicole Girard Mangin, première et seule femme médecin française à vivre la violence de la Grande Guerre.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une simple erreur de syntaxe sur les registres de la mobilisation a suffi pour faire naître un destin hors du commun. Un destin ou plutôt une épopée que seule Nicole a su manier au gré des affres de la guerre, de la bêtise des hommes et de la condition précaire des femmes de l’époque. De l’oubli à la mémoire, c’est la devise de Cécile Chabaud qui nous livre une histoire retentissante, empreinte d’amours déçus, d’ambition, de féminisme et de bravoure.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cécile Chabaud, professeur de lettres à Paris, nous livre un témoignage élégant. Il s’agissait de remettre à l’honneur un féminisme traversé par la lutte incessante pour le droit des femmes de l’époque. Nicole Girard en est la proue solide, ne se rabaissant jamais au mot de trop. Et c’est ce que défend Cécile Chabaud, « un féminisme plein de panache ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Tout commence par un amour déçu, d’un abandon total de Nicole à un homme pour qui elle donne tout et perd tout. Un amour fondé sur une trahison ou pire encore un simple « coup de dé ». On s’attendait à un amant rencontré dans les tranchées ou sur un lit d’hôpital comme dans les bonnes vieilles comédies romantiques, on y trouve bien mieux. On y trouve les faiblesses d’un homme et la naïveté d’une femme. On y trouve le deuil et la mort qui donnent naissance à l’espoir et à la réussite. De l’université au dispensaire, l’auteur dépeint la maladie, la misère et les conditions difficiles de la santé de l’époque. La guerre vient bouleverser l’équilibre, encore fragile, bâti par ces femmes aux talents multiples. Cette guerre révèle la fragilité et la force de chacune d’elle, mais surtout notre héroïne qui agit comme un véritable phare. Nicole Mangin, c’est une vie blessée en quelque sorte, mais une vie qui en vaut mille.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/citadelle-de-saint-exupery-une-allegorie-poetique-et-politique/31/08/2024/">« Citadelle » de Saint-Exupéry : une allégorie poétique et politique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans sa chère campagne des Bords de Seine jusque dans les salons de littérature parisiens, Cécile Chabaud obtient le prix des femmes de lettres. C’est la légèreté de son langage et la recherche acharnée qui l’ont porté jusque-là et qui nous porte désormais comme un chant d’espoir. Dans la violence, la blessure, il y a un cœur qui bat. Un être qui souhaite se mouvoir. Derrière chaque femme, il y a une Nicole Mangin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_11046" aria-describedby="caption-attachment-11046" style="width: 186px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="wp-image-11046 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/11/51GPO6cydL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=186%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="186" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/11/51GPO6cydL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=186%2C300&amp;ssl=1 186w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/11/51GPO6cydL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?w=621&amp;ssl=1 621w" sizes="(max-width: 186px) 100vw, 186px" /><figcaption id="caption-attachment-11046" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cécile Chabaud. De femme et d&rsquo;acier. Paris, L&rsquo;Archipel, août 2024, 240 p.</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2024 09:34:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Madeleine Fourcade]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvette Dionisi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/10/2024</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Seule femme en charge du renseignement militaire au sein de la Résistance, Marie-Madeleine Fourcade s’est hissée, à seulement trente ans, au sommet du réseau Alliance et de ses 3 000 membres. Mère de famille et dirigeante de presse, libre et engagée, elle mena, durant une grande partie de la Seconde Guerre mondiale, une « Arche de Noé » au service de la France.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marie-Madeleine Fourcade est née le 8 novembre 1909 à Marseille. Son père, directeur des Messageries maritimes françaises à Shanghai et membre du 2<sup>ème</sup> Bureau, y est rejoint par sa femme et ses enfants, choix original pour l’époque. La fratrie y reçoit une éducation moderne et cosmopolite : tandis qu’une <em>amah</em> leur enseigne la culture chinoise, une institutrice anglaise leur permet une émancipation précoce, due à la place tout à fait particulière qu’occupent les femmes au sein de la société britannique. Elevée dans la conscience du Premier conflit mondial, qui ne la touche en réalité que de loin, Marie-Madeleine (née Bridou) développe dès l’enfance un très fort attachement à sa patrie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/citadelle-de-saint-exupery-une-allegorie-poetique-et-politique/31/08/2024/">« Citadelle » de Saint-Exupéry : une allégorie poétique et politique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Orpheline de père dès 1922, elle intègre le couvent des Oiseaux à Paris, puis l’Ecole normale de musique, y étudiant le piano. Mariée à dix-sept ans au capitaine Edouard-Jean Méric, elle le suit au Maroc en 1925. Suivant son mari dans le bled, elle apprend l’arabe, l’équitation, la conduite automobile, les soins d’urgence et d’accouchement et gagne le respect des caïds et des femmes indigènes. Libre et féminine, elle marque les réceptions de l’état-major stationné à Rabat mais rentre dès 1933 à Paris, avec ses deux enfants, séparée de son mari. Rue Vanneau, elle mène une vie agréable, au cours de laquelle elle obtient une licence de pilote ainsi qu’un emploi à Radio-Cité comme publiciste, où elle côtoie Colette.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Rencontre avec Georges Loustaunau-Lacau</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fréquentant les salons catholiques parisiens, elle assiste chez sa sœur, Yvonne Georges-Picot, aux échanges qui opposent les deux grands officiers du temps, issus de la même promotion de l’Ecole de guerre, Charles de Gaulle et Georges Loustaunau-Lacau. Séduit par la personnalité de Marie-Madeleine Méric, qui n’hésite pas à intervenir lors des discussions stratégiques, ce dernier demande à la rencontrer. Persuadé que « nous allons être confrontés à une Seconde Guerre mondiale et [qu’]il faut s’y préparer », Georges Loustaunau-Lacau tait ses activités à la tête du réseau Corvignolles, qui chasse les communistes évoluant au sein des armées et lui présente son ambition de créer un réseau de renseignement en Belgique, en Suisse et en Allemagne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/napoleon-iii-lhistorien-thierry-lentz-celebre-la-modernite-inachevee-dun-illustre/15/02/2023/">Napoléon III : l’historien Thierry Lentz célèbre la modernité inachevée d’un Illustre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La publiciste de Radio-Cité, propriétaire d’une Traction Avant 11 chevaux, est toute indiquée pour établir des contacts avec des informateurs et ainsi prendre le pouls du pays. Très efficace, Marie-Madeleine Méric gère également le groupe de presse de l’officier, La Spirale, notamment orienté vers la propagande anticommuniste et antiallemande. En trois ans, elle s’impose auprès de Loustaunau-Lacau, qui la décrit ainsi : « <em>Elle est le chef d’état-major, le pivot sans lequel rien ne peut tourner : elle a une mémoire d’éléphant, une prudence de serpent, un instinct de fouine, une persévérance de taupe et elle peut être méchante comme une panthère</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un Hérisson à la tête de l’Arche de Noé</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En juin 1940, Marie-Madeleine Méric confie ses enfants à sa mère et rejoint, dans les Pyrénées-Atlantiques, « Navarre », Georges Loustaunau-Lacau, évadé et Châlons-sur-Marne. Se pose alors la question de l’entrée de chacun dans « l’Armée des Ombres ». Après un contact décevant avec le général de Gaulle, elle s’infiltre au sein des administrations déplacées à Vichy dans le double but de constituer des PC de renseignement opérationnels ainsi que de récolter des fonds. Fin 1940, le « réseau SR Alliance » passe dans la clandestinité totale et le quartier général déménage à Pau.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès l’été 1941, Marie-Madeleine Méric change de dimension : « Navarre » condamné à de la prison ferme pour avoir tenté de faire entrer l’Armée d’Afrique en dissidence, elle informe Londres et l’Intelligence Service, par un télégramme rédigé au masculin, qu’elle prend la tête du réseau. En octobre, les six premiers émetteurs livrés par les Britanniques sont en fonction. Liant des contacts avec l’ambassade de France à Madrid, elle surprend, comme femme, le monde des renseignements, qui lui fait cependant confiance du fait de ses résultats dans l’organisation du plus grand réseau en lien avec l’Intelligence Service. Elle y emploi de nombreuses femmes et y développe des couvertures inspirées de noms d’animaux : le groupe mené par « Hérisson » est surnommé par les Allemands « l’Arche de Noé ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/">«L’Europe au temps de Napoléon» : l’échec de l’unification raconté par Jean Tulard</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A une époque où un chef de réseau ne reste en place qu’en moyenne six mois, elle part pour Londres en juillet 1943, après trente-deux mois de commandement. Sommée de rester en Angleterre, où sa connaissance des organisations clandestines est requise, elle assiste à l’hécatombe qui atteint le BCRA, au sein duquel « Alliance » se fond en mars 1944. Les sections du réseau en Bretagne et en Méditerranée procurent d’importants renseignements à la Royal Navy, qui protège ses opérations des U-Boot. Une carte détaillée de dix-sept mètres de long détaillant les défenses allemandes sur les côtes normandes est apportée par l’un de ses agents à l’état-major britannique qui s’étonne du niveau de précision fourni.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Retour en France : l’honneur dans l’horreur</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En mars 1944, le MI6 informe Marie-Madeleine Méric qu’elle est autorisée à rejoindre la France, sous deux identités, qu’elle incarne en se grimant. Se rendant à Aix-en-Provence afin de préparer le prochain débarquement, elle est victime d’une rafle de grande ampleur : refusant de s’adresser à quelqu’un d’autre que le responsable de la Gestapo, elle gagne une nuit. Extrêmement amaigrie, elle parvient à se faufiler entre les barreaux de sa cellule et s’enfuie, pieds nus, dans la campagne. Rejoignant des amis, elle est informée de la vague d’assassinats qui marque les prisons : dans la panique des débarquements de Provence et de Normandie les Allemands liquident tous les suspects qu’ils détiennent. Au volant d’une ambulance de la Croix-Rouge, « Hérisson » suit de près l’avancée américaine dans l’espoir de retrouver les membres de son réseau.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur le millier de membres du réseau Alliance arrêtés, 438 disparaîtront. Avec grande dignité, Marie-Madelaine Méric affronte les deuils successifs : « <em>J’ai été couverte de honte toute au long de l’occupation par le manque de moyens qui m’empêchaient de sauver mes amis incarcérés. On finissait par admettre sauvagement l’inéluctable : un homme pris était un homme perdu </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">«La fin du Moyen Âge» : une époque d’une rare vitalité créative</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La vie de cette « inclassable » résistante ne s’est pas arrêtée en 1945. Le 20 novembre 1947, elle épouse l’homme d’affaires et Français Libre Hubert Fourcade, qu’elle avait rencontré à Londres, ce qui la rapproche de la nouvelle société gaulliste. Marie-Madeleine Fourcade</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> poursuit, quelques années après-guerre, son travail de renseignement au profit du MI6, portant son attention sur les réseaux communistes. En 1957, elle est présentée à Elisabeth II pour ses actions en faveur du renseignement britannique, à la demande du monarque. La <a href="https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/20635/Libre-et-resistante-Marie-Madeleine-Fourcade">biographie</a> que lui consacre en 2024 Sylvette Dionisi témoigne d’un engagement sans faille : animatrice de <em>La Voix de la Résistance</em>, elle préside la Comité d’action de la Résistance et s’engage politiquement en faveur du gaullisme.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Décédée à près de 80 ans au Val-de-Grâce, Marie-Madeleine Fourcade bénéficie, par l’intermédiaire du ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, d’une dérogation lui ouvrant le droit à des funérailles aux Invalides : elle est la première femme honorée en ce lieu. Durant l’homélie prononcée par le révérend Père Riquet, furent exaltée un esprit de Résistance hors du commun ainsi qu’une féminité sublimée par l’engagement : « <em>Admirable exemple d’un courage viril en cœur de femme, elle s’est dépensée jusqu’à son dernier souffle pour sauvegarder la mémoire des héros de l’Armée des ombres, mais également venir en aide à leurs veuves et à leurs orphelins ainsi qu’aux rescapés et handicapés […]. Elle avait le don des mots qui réconcilient et qui entraînent, avec la finesse et la grâce de sa féminité que la guerre n’avait pas compromise</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec <em>Libre et résistante. Marie-Madeleine Fourcade. L’inclassable</em>, l&rsquo;auteur poursuit un nécessaire devoir de mémoire, renouvelant au profit du grand public les précieux souvenirs de cette résistante de premier plan, publiés en 1968 sous le titre <em>L’Arche de Noé</em>. Sylvette Dionisi est présidente de <em>Res Femina</em>, association créée en 2009 afin de promouvoir l&rsquo;engagement citoyen des femmes dans la sphère publique et politique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10932" aria-describedby="caption-attachment-10932" style="width: 195px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-medium wp-image-10932" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=195%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="195" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=195%2C300&amp;ssl=1 195w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=667%2C1024&amp;ssl=1 667w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=768%2C1179&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?w=912&amp;ssl=1 912w" sizes="(max-width: 195px) 100vw, 195px" /><figcaption id="caption-attachment-10932" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sylvette Dionisi, <em>Libre et résistante</em>. Marie-Madeleine Fourcade. L’inclassable. Paris, Les éditions du Cerf, mai 2024, 239 p.</span></figcaption></figure>
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		<title>« Citadelle » de Saint-Exupéry : une allégorie poétique et politique</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/citadelle-de-saint-exupery-une-allegorie-poetique-et-politique/31/08/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille Casarotto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 Aug 2024 15:00:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine de Saint-Exupéry]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Citadelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10792</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/08/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/citadelle-de-saint-exupery-une-allegorie-poetique-et-politique/31/08/2024/">« Citadelle » de Saint-Exupéry : une allégorie poétique et politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Saint-Exupéry donne voix dans son ouvrage posthume <em>Citadelle</em> (1948) à un seigneur berbère, lointain cousin du Petit Prince peut-être. Il porte les méditations personnelles et spirituelles de l’auteur.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis 1936, Antoine de Saint-Exupéry vit avec en lui ce jeune souverain du désert et les conseils sages que ce dernier a hérité de son père. C’est ce que l’aviateur transcrit dans ce qui s’apparente à un recueil de réflexions sur les hommes, la cité, et l’art difficile de les faire chacun grandir. Le désert y est bien plus qu’une toile de fond, mais colore le récit de son parfum de liberté. Liberté d’ériger pour les hommes une noble citadelle. Liberté pour l’auteur, à la fois poète et philosophe, de n’être tenu par aucune contrainte, de laisser sa plume passer des aphorismes aux démonstrations politiques, des métaphores singulières et évocatrices aux pensées profondes d’un chef qui voudrait élever les siens.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → </strong><a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/saint-exupery/04/04/2019/"><strong>Antoine de Saint-Exupéry : portrait d’un rêveur </strong></a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A travers ses figures littéraires discrètes, ce ton humble qui mêle contemplation lucide de la réalité humaine et idéal, se dessine tout un art de gouverner. Son objectif est de guider les hommes, non pas vers le bonheur mais vers la grandeur, vers ce qui les dépasse. Une Citadelle à laquelle chacun contribue et où l’on s’anoblit en bâtissant. Le lecteur devient bâtisseur lui aussi, bâtisseur de sa citadelle intérieure à la lecture de cet ouvrage qui pousse aux considérations sur la communauté comme à une introspection silencieuse.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« N’est rien une victoire qui dure. Non plus vivifiante. Mais amollissante et ennuyeuse. Car il n’est point alors victoire mais simple paysage accompli », écrit Saint Exupéry sous les traits du jeune prince.  Au ton bref et mystérieux, ces mots imagés témoignent d’une esthétique épurée et profonde comme le sont les immensités de dunes. Il livre dans cet extrait les délibérations d’un stratège sur la victoire et ses conséquences, mais aussi les rêveries d’un homme qui revient sur sa vie et prend conscience de ce qu’elle lui a enseigné. Certains passages, succédant parfois à des explications sur la justice ou le courage dans la cité, ne sont pas toujours compréhensibles mais évoquent avec symbolisme un souvenir, une impression. C’est cette beauté diffuse, sans pourquoi, qui fait l’ardeur d’un peuple et lui donne son âme, car l’éthique et l’esthétique sont intimement liées.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → </strong><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/"><strong>Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel </strong></a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Ta cité mourra avant d’être achevée. Car ils vivaient non de ce qu’ils recevaient mais de ce qu’ils donnaient ». Comme les citadelles des hommes, le recueil de Saint Exupéry demeure inachevé. Il a été publié après sa mort par ses proches qui assemblèrent eux-mêmes ses notes. Mais chaque chapitre de ce qui se voulait d’abord être un poème contient à lui seul une grande puissance de réflexion sur des sujets variés que l’auteur traverse dans d’autres de ses ouvrages<a href="https://www.antoinedesaintexupery.com/ouvrage/citadelle-1948-2/">.</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>«VENI, VIDI, VICI» : Papacito-Rochedy et la Reconquista à la française</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/veni-vidi-vici-papacito-rochedy-et-la-reconquista-a-la-francaise/17/11/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Nov 2021 23:07:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Islamo-gauchisme]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Rochedy]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Papacito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Veni]]></category>
		<category><![CDATA[Vici]]></category>
		<category><![CDATA[Vidi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=6443</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 17/11/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/veni-vidi-vici-papacito-rochedy-et-la-reconquista-a-la-francaise/17/11/2021/">«VENI, VIDI, VICI» : Papacito-Rochedy et la Reconquista à la française</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Véritable&nbsp;pamphlet, le livre <em>Veni Vidi Vici</em> , sous-titré « <em>Menace sur les gauchistes</em> » des écrivains et vidéastes Papacito et Julien Rochedy, va créer quelques sueurs froides dans les milieux cossus de la bourgeoisie parisienne. Au fil de ces 264 pages, le lecteur pourra apprécier le Verbe minutieux et tranchant de deux esprits dialoguant dans la seule ambition de détruire les deniers mirages intellectuels façonnés par plusieurs décennies de pensée sinistrogyre.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ce qui frappe à la lecture de cet ouvrage pour les lecteurs compulsifs de Papacito et de Julien Rochedy, c’est bien le panachage stylistique des deux auteurs générant à la lecture une véritable symbiose littéraire. Les expressions rabelaisiennes du « <em>Roi des Wisigoths</em> » [NDLR : surnom attribué à Papacito] se mêlent inextricablement tout au long de l’ouvrage à la précision implacable de la plume de Julien Rochedy. A la fois simple à lire et exigeant dans certaines de ses références ou de ses réflexions, ce livre vise un public large. Public qui sera soumis à la seule condition préalable qu’est l’appréciation de «<em>&nbsp;la satire,</em> [de] <em>l’exagération et</em> [de] <em>la caricature</em> », «&nbsp;<em>magnifiques conquêtes de la liberté qui restent encore au peuple français&nbsp;</em>». Au détour de trois parties intitulées «&nbsp;Veni&nbsp;», «&nbsp;Vidi&nbsp;», «&nbsp;Vici&nbsp;», le lecteur pourra découvrir, ou constater de nouveau, l’état critique dans lequel se trouve la France mais aussi les moyens de sortir de cette «&nbsp;fausse route&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un constat clinique à la fois sinistre et réaliste</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La France va mal. Simplification à l’extrême d’un propos exposé sur plus de 200 pages et que d’aucuns auront déjà pu certainement observer. La force de cet ouvrage est d’aller au-delà du constat et de « <em>désigner l’ennemi</em> ». Ennemis de l’extérieur que sont les islamistes et dans une moindre mesure les clandestins foulant notre sol qui, en situation de masse, amènent avec eux « <em>la raison de</em> [leur] <em>fuite</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ennemis de l’intérieur aussi et surtout. Désignés dès le sous-titre de l’ouvrage, l’homme et la femme de gauche – si tenté qu’ils se définissent comme étant homme et femme – font l’objet d’une attention particulière de la part de nos deux auteurs. L’Homme de gauche, prototype du « <em>sous-homme houellebecquien</em> » «&nbsp;<em>a abdiqué une puissance à laquelle il n’a de toute façon pas accès&nbsp;</em>» pour finir par «&nbsp;<em>établir les modalités de</em> [son]<em> futur massacre&nbsp;</em>» au gré de son idéologie. Tandis que Papacito essaye de comprendre comment Frédéric Mitterrand et Napoléon Bonaparte ont pu vivre dans une «&nbsp;<em>même galaxie</em>&nbsp;» et un «&nbsp;<em>même espace-temps</em>&nbsp;», Julien Rochedy s’enquiert de «&nbsp;<em>juger les Français d’aujourd’hui selon le grade qu’ils auraient eu dans la Grande Armée</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La pensée dominante est par ailleurs critiquée qu’elle soit immigrationniste (prenant «&nbsp;<em>un tour mystique et inquisitoire</em>&nbsp;»), antiraciste (Julien Rochedy constatant à quel point les «&nbsp;<em>anti-essentialistes passent leur temps à nous essentialiser&nbsp;</em>» et Papacito d’ajouter que «&nbsp;<em>la « race » […] n’a jamais vraiment intéressé les Latins</em>&nbsp;») ou encore féministe («<em>&nbsp;les deux sexes n’ont plus rien à se dire tellement ils sont devenus tristement similaires</em>&nbsp;»). Les «&nbsp;boomers&nbsp;» ne sont pas en reste, ces derniers s’adonnant à leur activité favorite&nbsp;: «&nbsp;<em>pouvoir détruire l’avenir de la France une deuxième fois</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais comme dans toute histoire «&nbsp;Très-Chrétienne&nbsp;» et donc parfaitement française, des ténèbres surgit, si ce n’est la lumière, du moins la flamme de l’espoir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une ébauche de reconquête personnelle visant à une reconquête globale</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les deux auteurs de cet ouvrage, après avoir expliqué la façon dont ils ont goûté personnellement au charme de la rose avant d’arborer fièrement le réséda, ont, par la suite, établi les bases d’une morale de combat visant à refaire des Français. « <em>A Rome fait comme les Romains</em> » affirmait Saint Ambroise de Milan à Saint Augustin. Il semble qu’il faille de nos jours rappeler cette maxime aux autochtones de la terre franque et c’est ce à quoi s’attelle cet ouvrage. Le français est invité à « <em>faire bouillir ce sang incroyable</em> » qu’il possède et à « <em>choisir ses modèles à l’ancienne</em> » afin de redevenir un « <em>gentilhomme sachant aussi bien porter un livre, une fleur et une épée</em> ». « <em>Conquérir, contempler, transmettre</em> » est leur mot d’ordre et doit s&rsquo;appliquer d’abord individuellement afin qu’un jour ce cri de guerre puisse devenir celui d’un peuple unifié. Mais le chemin semble encore long, même individuellement, quand l’on sait que, sondés, les Français sont encore 64 % &nbsp;à solliciter le maintien du permis à points (Institut CSA), objet de racket qu’ils semblent apprécier ! Mais comme le dit le « Roi des Wisigoths », « <em>Se battre parce qu’on est sûr de gagner ne représente aucunement la moindre exaltation</em> ». Si tout ne semble donc pas « Vici », la voie semble être toutefois la bonne au vu des évolutions politiques actuelles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Seule ombre au cœur de cet ouvrage, une hérésie prononcée par Julien Rochedy à propos de la symbolique des êtres ronronnants :&nbsp; « <em>Le chat est devenu le fétiche de l’émasculé des villes</em> ». Nous contesterons donc cette affirmation en rappelant que le « lourd » Cardinal de Richelieu ne possédait pas moins de 14 chats et que cela ne l’a pas empêché d’assiéger La Rochelle afin de bouter le protestantisme anglois hors de France. François Maynard décrira ainsi « <em>le tyran mitré de la France</em> [qui] <em>trouva pourtant un cœur de chair près de la miaulante engeance</em> ». Mais n’ayant pas l’âme susceptible nous laisserons au « Mousquetaire de l’Ardèche » le mot de la fin :</span></p>
<p><span style="color: #000000;">«&nbsp;<em>On est plus souvent ouvert au changement pour le changement, à la rupture, au désir de transformer pour dénaturer, quand on ne se sent investi d’aucun devoir vis-à-vis de son enfance. Une belle enfance responsabilise, elle nous invite à la reproduction&nbsp;: on ne veut pas la trahir&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_6450" aria-describedby="caption-attachment-6450" style="width: 210px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6450 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/11/couverture-Veni-vidi-vici.jpg?resize=210%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="210" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/11/couverture-Veni-vidi-vici.jpg?resize=210%2C300&amp;ssl=1 210w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/11/couverture-Veni-vidi-vici.jpg?resize=718%2C1024&amp;ssl=1 718w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/11/couverture-Veni-vidi-vici.jpg?resize=768%2C1096&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/11/couverture-Veni-vidi-vici.jpg?w=841&amp;ssl=1 841w" sizes="auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px" /><figcaption id="caption-attachment-6450" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Veni, Vidi, Vici &#8211; Papacito et Julien Rochedy &#8211; 2021 &#8211; Editions Hétairie</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>«Le grand bonheur» de Nicolas Diat : immersion au cœur de la vie monastique à Fontgombault</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/le-grand-bonheur-de-nicolas-diat-immersion-au-coeur-de-la-vie-monastique-a-fontgombault/16/03/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2021 17:08:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Abbaye]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Éditeur]]></category>
		<category><![CDATA[Fontgombault]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Diat]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe de Villiers]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre de Villiers]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Sarah]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nicolas Diat est éditeur et écrivain. Ces dernières années, il a édité des livres qui...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Nicolas Diat est éditeur et écrivain. Ces dernières années, il a édité des livres qui ont suscité un réel engouement : <em>J&rsquo;ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu</em> de Philippe de Villiers, <em>Servir</em> et <em>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un chef</em> ? du général Pierre de Villiers ou <em>Le soir approche et déjà le jour baisse</em> du cardinal Robert Sarah.&nbsp;</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Son récit est vraiment de qualité. Il nous transporte littéralement au cœur de l&rsquo;abbaye bénédictine de Fontgombault. Elle est présentée ainsi par l&rsquo;auteur : «&nbsp;<em>Le monastère compte une soixante de moines. Ils sont venus de Solesmes en mai 1948 pour relever la vie contemplative. Depuis, Fontgombault a fondé et restauré six autres monastères</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Diat raconte, avec des mots justes et très souvent touchants, le quotidien des moines dans leurs différentes et nombreuses activités. Il confesse volontiers : «&nbsp;<em>Souvent, j&rsquo;ai contemplé, fasciné, le départ des moines lors d&rsquo;un après-midi de promenade. Franchie la porte dérobée du verger, les religieux se perdent dans la campagne. Ils marchent vite, par petits groupes, d&rsquo;un pas cadencé. Leurs habits noirs de laine fruste, les tuniques traditionnelles des fils de saint Benoît, forment des volumes étranges et impressionnants. Ils avancent, rient, se chamaillent gentiment. Les moines sont heureux&nbsp;</em>». L&rsquo;auteur ajoute également : «&nbsp;<em>Ces jours exceptionnels, ils se lancent dans de grandes conversations. Car le silence est habituellement une règle d&rsquo;or&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Diat nous révèle rapidement l&rsquo;objectif de son livre formulé par deux importantes questions :&nbsp;«&nbsp;<em>Comment comprendre ces hommes nimbés de mystère ? Les mots pourront-ils exprimer ce qui est d&rsquo;abord une aventure intérieure ?</em>&nbsp;» Les moines lui avaient alors répondu franchement :&nbsp;«&nbsp;<em>Votre tâche ne sera pas aisée&nbsp;</em>». Cependant, l&rsquo;auteur parvient à nous faire partager la vie des moines à travers des histoires enthousiasmantes et intimistes, bien que cet exercice se présente comme difficile. Pour celles et ceux ignorant tout des us et coutumes de la vie monacale, l&rsquo;auteur rapporte ce qui suit : «&nbsp;<em>Les sept offices du jour, et celui des matines, célébré la nuit, sont l&rsquo;ossature d&rsquo;un quotidien immuable. Il demeure jusqu&rsquo;à la mort. La nuit, il faut se lever à quatre heures trente du matin. Matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies se répètent, de jour en jour, de saison en saison&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A lire cette présentation, beaucoup considéreront que «&nbsp;<em>cette vie peut sembler humainement impossible&nbsp;».&nbsp;</em>De fait, elle ne peut être comparée à un long fleuve tranquille :<em>&nbsp;«&nbsp;Les embûches existent. Elles sont légion. Les moines de Fontgombault respirent pourtant la joie. La lumière de leur regard ne trompe pas. C&rsquo;est un bonheur simple. Car les contemplatifs ne sont pas des demi-dieux. Ils sont des hommes qui décident d&rsquo;orienter leurs jours vers Dieu&nbsp;</em>». L&rsquo;auteur précise :&nbsp;«&nbsp;<em>Leur programme est un voyage exaltant. Il ne se mesure pas&nbsp;</em>». Chaque personne doit avoir conscience qu&rsquo;en «&nbsp;<em>entrant dans un monastère, il faut abandonner les critères du monde. Le moine est un homme dépouillé, concentré sur les réalités d&rsquo;en haut, détaché des affaires terrestres. Sa vie n&rsquo;est plus la nôtre</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour tenter de percer les fondamentaux de leur existence, il convient de se répéter sans cesse la devise de saint Benoît : <em>Ora et labora</em>, «&nbsp;<em>Prie et travaille&nbsp;».&nbsp;</em>Diat explique à raison et avec conviction que&nbsp;<em>«&nbsp;le vrai bonheur ne se marchande pas, dans le monde comme dans un monastère. Pas à pas, en remettant son ouvrage sur le métier, le moine cherche le bon, le bien, le juste. La règle de saint Benoît est une quête inlassable de l&rsquo;équilibre. Equilibre du cœur, équilibre de l&rsquo;intelligence, équilibre de l&rsquo;âme. Pour ce faire, le moine fuit le méchant, l&rsquo;impie, le jouisseur et l&rsquo;avide. Rien de grandiose. Mais le combat est rude</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Diat précise que «<em>&nbsp;tous les travaux des moines sont enveloppés dans un grand tourbillon vers Dieu. Le père abbé donne une homélie, le frère s&rsquo;occupe d&rsquo;un bouquet de fleurs, le cellérier écrit un bilan comptable, le jardinier bine un rang de carottes ; ils ont tous une même importance. Chacun à sa place et à sa tâche, chacun à sa peine sous le regard du Très-Haut</em>&nbsp;». Ce récit passionnant nous invite à «&nbsp;<em>pénétrer dans un monde intemporel, une cité interdite, une société idéale&nbsp;</em>» qui nous permet de (re)découvrir le monastère dans ses différentes composantes : ferme, réfectoire, cellules, bibliothèque, hôtellerie, imprimerie, cloître, église, sacristie, chapitre…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Après avoir refermé cet ouvrage, les lecteurs qui ne connaissent pas encore Fontgombault désireront la découvrir sur place dans le Bas-Berry. Les autres, c&rsquo;est-à-dire ceux ayant déjà pu s&rsquo;y rendre en retraite, apprécieront du fond du cœur ce journal intime du monastère nous rappelant page après page, ligne après ligne, l&rsquo;importance de Dieu, de la prière, du travail bien fait et surtout de l&rsquo;humilité…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>6 février 1934 : une émeute antiparlementaire aux portes du palais Bourbon</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/6-fevrier-1934-une-emeute-antiparlementaire-aux-portes-du-palais-bourbon/06/02/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2021 12:51:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[6 février 1934]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Gilets jaunes]]></category>
		<category><![CDATA[Guillarme]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[palais Bourbon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/02/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/6-fevrier-1934-une-emeute-antiparlementaire-aux-portes-du-palais-bourbon/06/02/2021/">6 février 1934 : une émeute antiparlementaire aux portes du palais Bourbon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong><em>L’Emeute</em> est, comme le sous-titre l’indique, un roman sur le 6 Février 1934. Dès les premières lignes de son avant-propos, l’auteur pose une question à laquelle bien des historiens ont tenté d’apporter une réponse : « L’Histoire repasse-t-elle ou non les plats ? ». Pour quelles raisons Guillarme nous soumet-il cette interrogation ?</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il nous livre cette explication : « <em>Depuis le début de la crise dite désormais historiquement des Gilets Jaunes, on n’a pas manqué de part et d’autre de chercher dans l’Histoire de France le modèle d’un événement si extraordinaire qu’il semble avoir pris de court et stupéfié pour bien longtemps nos intellectuels A.O.C.</em> »</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est vrai que la grande majorité des dits intellectuels de notre époque ne méritent pas ce titre. Quant à la minorité qui n’a pas usurpé ce statut, force est de constater qu’elle ne brille pas par sa capacité à prévoir ou plus exactement à analyser les phénomènes sociaux et politiques de notre temps. Les intellectuels ayant correctement analysé les causes et les conséquences de ces « événements » n’appartiennent pas à la Nomenklatura.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/le-grand-bonheur-de-nicolas-diat-immersion-au-coeur-de-la-vie-monastique-a-fontgombault/16/03/2021/">« Le grand bonheur » de Nicolas Diat : immersion au cœur de la vie monastique à Fontgombault</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De fait, l’auteur fustige celles et ceux qui ont « évoqué le mouvement de mai 68 » comme référence des Gilets Jaunes. D’autres ont parlé de similitudes avec les Bonnets Rouges. En définitive, tout le monde opère des rapprochements, non pas selon un cadre intellectuel dénué d’idéologie, mais en fonction des idées défendues ici ou là, et rarement en allant au-delà des cinquante ou soixante dernières années. L’auteur rappelle que « <em>Christophe Castaner fut l’un des premiers à pousser des cris d’orfraie et à oser le rapprochement</em>… » avec les humeurs du 6 février 1934 !</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette posture confirme le propos que nous développions plus haut : l&rsquo;ancien ministre de l’Intérieur n’a pas produit une analyse objective de la situation, mais il est tombé dans le jeu des petits phrases politiciennes qui rabaissent la politique à des querelles de caniveau. Quoiqu’on pense des Gilets Jaunes quant à la pertinence de leurs actions et de leurs revendications, il faut vraiment ne pas être un fin connaisseur de la politique française et de l’Histoire de France pour opérer une comparaison entre ces deux mouvements, très différents sur la forme et le fond, dont l’un a duré un jour, et l’autre a continué plus d’un an après son lancement.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-fayette-le-destin-dun-heros-de-lindependance-americaine-raconte-par-gonzague-saint-bris/26/12/2020/">La Fayette : le destin d’un héros de l’indépendance américaine raconté par Gonzague Saint Bris</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le même ordre d’idées, Guillarme cite Emmanuel Macron, qui avait déclaré le 1er septembre 2018 : « <em>Je suis frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres</em> ». Proclamer cela, en tant que Président de la République, revient à montrer sa méconnaissance de l’Histoire et les raisons qui ont poussé des milliers de Français à manifester dans la rue chaque samedi ou presque pendant 2 ans.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’auteur estime « <em>qu’on ne peut pas comparer les revendications des Français d’aujourd’hui concernant le pouvoir d’achat à la volonté de redressement moral de la France qui poussait les anciens combattants de droite comme de gauche, dans la rue, ce soir du 6 février 1934</em> ». Pour autant, Guillarme considère malgré tout que si « <em>l’Histoire de repasse pas les plats, il y a tout de même en France des fièvres qui ne passent pas</em> ».</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’auteur nous offre un roman historique racontant les événements de cette journée si particulière. Il nous présente une vaste et intéressante galerie de personnages : militants marxistes, socialistes, orléanistes, royalistes, légitimistes, hommes politiques, gardes mobiles… Nous voyons, entre autres, Pujo, Maurras et Daladier agir, réfléchir et douter. Guillarme arrive à nous communiquer l’atmosphère du 6 février 1934 en produisant beaucoup de références historiques et en faisant plusieurs clins d’œil, parfois sympathiques, drôles ou acerbes.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il nous narre aussi une séance parlementaire au Palais Bourbon et décrit le trouble de Daladier qui « <em>monte à la tribune comme on monte à l’échafaud</em> ». Guillarme raconte également les réactions des forces de l’ordre et nous offre ainsi une immersion très vivante. L’ensemble du récit nous permet d’avoir les différents points de vue des nombreux protagonistes qui s’affrontent en ce mardi de février. Finalement, cette journée de manifestation dont le mot d’ordre était : « <em>A bas les voleurs ! A bas les assassins ! Exiger la justice et l’honneur</em> » tourne à l&rsquo;émeute, fait 15 morts et 2000 blessés le jour même. Elle entraîne la chute du second gouvernement Daladier. Il y aura une trentaine de morts supplémentaires en comptant les décès ultérieurs. L&rsquo;affaire Stavisky (1) avait donné de l&rsquo;écho à toutes ces protestations, car elle confirmait la crise d&rsquo;un régime instable soupçonné de corruption, de malversations et de détournements financiers majeurs.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-chretiens-dans-al-andalus-histoire-de-plusieurs-siecles-de-soumission/06/11/2020/">«Les chrétiens dans al-Andalus» : histoire de plusieurs siècles de soumission à l’Islam</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’auteur nous délivre beaucoup d’idées personnelles sur le sens de la vie, sa vision de l’Homme et de la Femme et de leurs rapports, l’amitié, l’engagement politique, les relations entre les militants. Ce dernier aspect respire le vécu… Il évoque également la royauté, la religion et le combat politique. Nous sommes en présence d’un roman historique et intimiste très intéressant, parce qu’il explore les ressorts de l’âme humaine en prenant appui sur un événement historique fort méconnu.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En fin de compte, la question n’est pas tant de savoir si cette action aurait pu amener la chute de la Troisième République que de comprendre les raisons de cette manifestation antiparlementaire. L’histoire reste le théâtre de l’imprévu et comme l’a écrit Blaise Pascal dans les Pensées « <em>Le nez de Cléopâtre s’il eût été plus court toute la face de la terre aurait changé</em> ». Chacun l’aura compris, les petites causes produisent souvent de grands effets…</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">(1) L&rsquo;affaire Stavisky est une crise politico-économique française survenue en janvier 1934, succédant au décès dans des circonstances mystérieuses de l&rsquo;escroc Alexandre Stavisky.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Sekigahara : la bataille de samouraïs qui changea l&#8217;histoire du Japon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Feb 2021 16:10:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Peltier]]></category>
		<category><![CDATA[Samouraïs]]></category>
		<category><![CDATA[Sekigahara]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Julien Peltier est féru d’histoire militaire. Il connaît très bien le Japon médiéval et la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Julien Peltier est féru d’histoire militaire. Il connaît très bien le Japon médiéval et la figure du samouraï. A ce titre, il a déjà commis le <em>Crépuscule des Samouraïs</em> et <em>Le Sabre et le Typhon</em>. Ce nouvel ouvrage intitulé <em>Sekigahara</em>, revient comme le sous-titre l’indique, sur «<em> la plus grande bataille de samouraïs</em> ».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Effectivement, l’auteur définit cette bataille comme une « <em>épreuve de gigantisme, toise de la formidable militarisation du Japon féodal, Sekigahara est une invite aux superlatifs</em> ». Il ajoute le propos suivant que nous trouvons très révélateur : « <em>Sans même faire mention des engagements mineurs qui émaillent la campagne, près de 170 000 combattants s’y sont taillés en pièces, laissant, à en croire les estimations les plus pessimistes, rien moins que 30 000 d’entre eux sur le carreau</em> ». Il précise qu’il « <em>faut attendre l’épopée napoléonienne, deux siècles plus tard, pour voir se lever des effectifs similaires sous nos latitudes</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous ouvrons une parenthèse pour vite la refermer : lors de la guerre de Succession d’Espagne, les batailles de Malplaquet (11 septembre 1709) et de Denain (24 juillet 1712) voient s’affronter respectivement 180 000 et 220 000 hommes. Cependant, cela n’enlève rien au fait que cette « grande bataille de samouraïs » reste un événement majeur de l&rsquo;histoire du Japon, de par les effectifs engagés pour l’époque, et par le fait qu’elle marque également la fin de l&rsquo;ère Sengoku et le début de l’ère d’Edo. Nous lisons donc avec intérêt ce constat : « <em>Sous la férule du shogunat établi à Edo, la future Tôkyô, l’empire se fige dans une société étroitement corsetée et traverse une forme d’âge d’or culturel, matrice de nombreux codes et stéréotypes dont nous persistons à affubler les Japonais</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, rien ne fut aisé pour les vainqueurs : « <em>Afin de parvenir à engranger les dividendes de la paix, il aura fallu tout risquer une ultime fois sur le tapis vert des rizières de Sekigahara, mince vallée sise en plein cœur de l’archipel, à la croisée des axes stratégiques reliant Kyôto, antique capitale impériale, à une plaine de Kantô devenue la plus vaste mégalopole au monde, rassemblant 43 millions d’hommes</em> ». Le corps à corps se régla au cours d’une bataille devenue légendaire et fondatrice : « <em>La suprême querelle se vide au matin du 15ème jour du 9ème mois de l’an 5 de l’ère Keichô, le 21 octobre 1600 du calendrier grégorien, mettant aux prises les meilleures capitaines et les plus vaillants champions de leurs temps</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette bataille provoquera de fortes répercussions sur la société japonaise. Peltier nous dit qu’à « <em>la charnière de deux siècles que tout oppose, Sekigahara bruit également du chant du cygne qu’entonnent malgré eux les guerriers de jadis. Car rien ne sera plus jamais comme avant. Le temps des seigneurs de guerre et des citadelles est révolu, tandis que débute à peine celui des marchands, qui feront bientôt prospérer de prometteurs centres urbains, mais aussi des maîtres de l’estampe, qui seront parmi les principaux bénéficiaires de l’essor d’une bourgeoisie citadine nouvelle</em> ». Dans cet ouvrage, nous voyons que « <em>les missionnaires ne manquent pas de relever des similitudes entre les organisations féodales insulaires et européennes, autre signe favorable confirmant à leurs yeux la fertilité du terreau japonais</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De fait, l’auteur décrit la montée des tensions entre les différents protagonistes et chefs de clans, tous issus de la haute noblesse. Certains restent fidèles au fils de l’Empereur défunt, d’autres veulent prendre le pouvoir pour évincer le rejeton de la dynastie : le conflit armé ne pouvait être évité. Peltier se montre vraiment pédagogue, car il parvient à nous immerger dans ce Japon médiéval en exposant les différents aspects qui nous permettent de bien comprendre le contexte et les nombreux enjeux soulevés par cette crise de régime. Les clans sont décrits avec leurs forces et faiblesses. Nous en apprenons également beaucoup sur « l’art de guerre japonais », car nous suivons véritablement l’évolution de la campagne sous nos yeux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les tableaux et surtout les cartes présentées contribuent grandement à la bonne compréhension et à la qualité de l’ouvrage. Il convient d’avoir à l’esprit que Sekigahara a provoqué « <em>un choc d’ampleur quasiment mythologique qui ne pouvait manquer de s’inscrire dans l’inconscient collectif insulaire, au point de s’ériger en repère essentiel, pour ne pas dire matriciel, peuplé d’un panthéon de héros devenus plus familiers que jamais par la grâce du petit écran</em> ». Après la passionnante description de bataille accompagnée de son lot de retournements de situations tous aussi surprenants les uns que les autres, Peltier nous narre avec force le combat pour la paix : Pax Tokugawa. Le vainqueur défendait une haute idée de la politique comme le découvrons au fil des pages. N’oublions pas qu’à la mort de Tokugawa Ieyasu en 1616, le système qu’il mit en place perdurera jusqu’en 1868 avec la restauration Meiji… Il sut donc gagner la paix et installer sa dynastie dans le temps.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A la guerre, la bravoure côtoie la traîtrise, et cette dernière, comme souvent, joue un rôle décisif dans la bataille. Peltier écrit que « les recherches se poursuivent, puisque bien des interrogations subsistent », à commencer par les circonstances de la trahison… L’auteur conclut : « <em>Sekigahara n’a pas encore livré tous ses secrets. La bataille pour la postérité, elle, semble d’ores et déjà gagnée</em> ». En effet, Sekigahara est encore étudiée par les historiens. Les romanciers et le septième art s’en sont également emparés. Il y a aujourd’hui un musée sur le champ de bataille, et les reconstitutions de grande ampleur rappellent « <em>la geste épique de Sekigahara, qui vit s’affronter la fine fleur des guerriers japonais, avec son lot de héros, de félons et de perdants magnifiques</em> ». Cette histoire d’un temps révolu est contée avec talent par Peltier pour le plus grand plaisir des lecteurs…</span></p>
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		<title>Procès et discussions de Socrate avec Criton</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/proces-et-discussions-de-socrate-avec-criton/05/01/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jan 2021 16:33:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[Anytos]]></category>
		<category><![CDATA[Criton]]></category>
		<category><![CDATA[Lycon]]></category>
		<category><![CDATA[Mélétos]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Platon]]></category>
		<category><![CDATA[Procès]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’œuvre de Platon est composée presque exclusivement de dialogues mettant en scènes les formulations classiques...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000000;">L’œuvre de Platon est composée presque exclusivement de dialogues mettant en scènes les formulations classiques des problèmes majeurs de l&rsquo;histoire de la philosophie occidentale.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Nous sommes en présence de deux textes majeurs, que nous apprécions grandement tant ils sont riches d’enseignements et de réflexions. Le premier raconte le procès de Socrate sous la forme d’un échange qui tourne au débat entre l’accusé et ses accusateurs. Le deuxième nous présente une discussion entre Socrate et son ami d’enfance Criton. Cet échange verbal se déroula dans la cellule de Socrate, là où il attendait son exécution capitale. Les deux (courts) livres sont très intéressants car ils évoquent des thèmes fondamentaux et donc toujours actuels : justice, injustice, religion, le pouvoir, l’amitié, l’attente face à la mort et la mort elle-même…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Prenons le temps de rappeler brièvement le contexte. En avril 399 av. J.-C., Socrate est accusé par Mélétos, et ses amis Lycon et Anytos, de trois crimes : ne pas reconnaître les dieux de la cité ; introduire des nouvelles divinités ; corrompre la jeunesse. Ce procès dépasse le seul cadre juridique « d’incroyance et d’impiété » comme nous le démontrerons. Athènes et Sparte, deux cités-états très puissantes se sont férocement livrées bataille de 431 à 404. Les combats se déroulèrent à la fois sur terre et sur mer. Les belligérants mirent tout en œuvre pour littéralement détruire l’ennemi. Victor Davis Hanson, un des plus grands spécialistes de la Guerre Antique, parle même de « conflit total » (1). Cependant, à la fin de la guerre, Sparte la brutale ne fera raser que les seuls murs d’Athènes, épargnant chefs-d’œuvre et citoyens.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Quoiqu’il en soit, la brillante et raffinée Athènes est vaincue par Sparte la guerrière, et l’empire athénien s’effondre de la même manière que tant d’autres avant et après lui. Cette défaite ne constitue pas en soi un mince revers. La guerre a duré presque trois décennies, au cours desquelles tous les coups ou presque furent permis. Athènes se vit dépossédée de sa flotte &#8211; or sa domination reposait entre autres sur cette capacité de projection &#8211; et elle perdit en outre un quart de ses citoyens. De plus, elle connut une dramatique crise financière et d&rsquo;importantes tensions politiques. De son côté, Sparte la victorieuse devenait la principale force dans le monde grec, mais son hégémonie fut de courte durée. En effet, une fois la victoire acquise très chèrement par Sparte, celle-ci subira rapidement le joug d’autres adversaires.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La reddition d&rsquo;Athènes en 404 est souvent considérée comme la fin de l&rsquo;âge d&rsquo;or de la Grèce antique. Cela en dit long sur l’état d’esprit qui animait les vaincus ayant dû subir l’occupation et les humiliations du vainqueur. Ainsi, certains Athéniens commencèrent à rechercher ou à désigner des coupables. Précisons qu’au début du conflit, une défaite athénienne ne semblait nullement envisageable, tant celle-ci apparaissait forte, puissante et riche. On sait ce qu’il advint. Pendant ce conflit que nous pouvons qualifier de fratricide, des voix à Athènes s’élevaient contre les tenants du pouvoir au point que certaines remettaient déjà en cause le régime démocratique. L’ingénieux tacticien et controversé Alcibiade, ami, disciple voire amant de Socrate selon certains, avait déjà tenté d’installer un régime oligarchique en 411. Lui aussi fut accusé d&rsquo;avoir moqué les dieux et mutilé des statues les représentant, et même d’avoir trahi les Mystères d’Eleusis. Ne voulant pas être jugé, Alcibiade préféra l’exil chez l’ennemi héréditaire Sparte, pour ensuite finir ses jours chez un satrape perse. Sa mort fut à l’image de sa vie (2)…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lorsqu’Athènes médita sa défaite, plusieurs jugèrent que la raison de cet échec se fondait dans l’abandon des valeurs traditionnelles. On se mit à accuser les modérés, les sophistes et certains philosophes. Certains rappelèrent que le très proche disciple de Socrate, Alcibiade, passa dans le camp spartiate en plein conflit, sans oublier son attitude &#8211; réelle ou inventée &#8211; peu respectueuse à l’égard des dieux. Les preuves s’accumulaient… D’après plusieurs disciples de Socrate, celui-ci avançait souvent des idées contre le régime démocratique estimant « que ce n&rsquo;est pas l&rsquo;opinion de la majorité qui donne une politique correcte, mais plutôt le savoir et la compétence professionnelle, qualités que peu d&rsquo;hommes possèdent », comme le lui fait dire Platon dans Criton. Socrate, par ailleurs, ne se privait pas de vanter les mérites des régimes non démocratiques de Sparte et de la Crète, ainsi que leurs lois.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les amis de Socrate voyant la tournure que prenaient les événements &#8211; une mort certaine &#8211; lui proposèrent de l’aide pour s’échapper. Or, Socrate ne voulait pas fuir et agir comme un vulgaire brigand. Il refusa en invoquant l’argument suivant : « Le respect des lois de la cité est plus important que ma propre personne ». Avait-il tort ? Raison ? Le respect d’une loi ou d’une décision de justice iniques est-il louable au sens de servir la Vérité et le Bien Commun ? Chacun aura son opinion… En revanche, nous partageons sans aucune réserve cette idée de Socrate : « Il est préférable de subir une injustice que de la commettre ». Cependant, son ami Criton voulut lui faire entendre raison et ne se contenta pas d’acquiescer aux paroles du maître. Il argumenta en expliquant que si Socrate mourait à cause d’une décision injuste, non seulement sa famille et ses amis seraient tristes, mais surtout, ses proches pourraient être accusés de n’avoir rien tenté pour le sauver. Les conséquences s’enchaînent : en plus d’éprouver une très grande tristesse due à la perte d’un être cher, ses amis et parents passeraient aux yeux des Athéniens pour des lâches et des personnes infidèles abandonnant l’un des leurs dans la difficulté.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Socrate répondit avec sa verve antidémocratique que l’opinion publique se trouve inconséquente car la Vérité (et heureusement dirons-nous) ne dépend pas d’elle. La recherche de la richesse, de la renommée, de bien paraître aux yeux du plus grand nombre ne constituent nullement les attributs des gens sages, selon Socrate. D’une manière générale, celui-ci ne voulait pas s’évader au risque de violer une des lois de la cité. Le dialogue avec Criton atteste sa volonté d’être digne face à l’injustice et de regarder son sort droit dans les yeux, en respectant les lois, même si celles-ci venaient de le condamner à mort… Il désirait, en quelque sorte, ne pas trahir le « Contrat social » passé tacitement entre sa cité et lui-même.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sans connaître le contexte politique et historique, il est impossible de comprendre comment une ville aussi majestueuse qu’Athènes, qui a éclairé l’Europe pour des millénaires, a pu juger et envoyer à la mort l’un de ses plus brillants philosophes. Ces deux joutes verbales et la présentation des événements qui conduisirent à ce procès permettent de saisir que la démocratie au sens large du terme, le pathos et le sentimentalisme, conduisent souvent à la catastrophe. N’oublions pas que le procès de Socrate eut lieu peu après la tyrannie des Trente &#8211; un gouvernement oligarchique composé de trente magistrats appelés tyrans &#8211; qui succédèrent à la démocratie athénienne. Il est évident, pour reprendre une appellation qui n’avait pas cours à l’époque, que Socrate fut victime d’une chasse aux sorcières. S’agissait-il, en quelque sorte, d’offrir un sacrifice pour calmer la colère des dieux et des Athéniens ? Non. Il fallait éliminer un ennemi politique gênant faisant figure d’icône et frapper d’effroi ceux qui approuvaient ses idées. Et là, nous en arrivons à René Girard et à sa thèse passionnante consacrée à la notion de bouc-émissaire (4)…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, la justice finit toujours par faire son office. Effectivement, à peine Socrate mort et enterré, le bannissement ou la mort frappèrent immédiatement ses trois accusateurs publics. Pouvons-nous parler de prise de conscience ? Nous ne le croyons pas. Nous pensons surtout à la versatilité d’une foule dans une période de choc émotionnel comme il s’en produit tant en de pareils cas (5). La mort et le bannissement de ces trois hommes rendent-ils à la vie à celui qui venait de mourir ? Non. Est-il juste d’envoyer trois hommes subir de tels châtiments alors que dans une assemblée de 501 personnes une majorité de jurés les suivit pour voter la mort de Socrate ? Non. Décidément, pouvoir au peuple, rhétorique émotionnelle et sentimentalisme sont de biens mauvais conseillers.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En définitive, que faut-il penser des accusations d’impiété et de corruption de la jeunesse lancées contre Socrate ? Ami et enseignant d’Alcibiade, de Critias et de Charmide, Socrate pouvait passer, sans trop de difficultés majeures, pour le vrai mentor de certains jeunes hommes politiques, dont les inclinations personnelles les amenaient à considérer avec respect l’oligarchie et à rejeter la démocratie. Socrate, à l’instar de plusieurs philosophes ou sophistes, valorisait davantage la logique que la foi. Les vieux Grecs voyaient sûrement en Socrate un anticonformiste qui devait forcément dévier de la religion traditionnelle. Pourtant, dans son « Apologie » et même dans le « Criton », Platon n’écrit nullement que Socrate est athée ou incroyant voire même impie, bien au contraire. L’accusation d’impiété et de corruption des jeunes générations cachait en fait des motifs politiques… Deux conceptions du pouvoir, du savoir et de la relation à l’Autre s’affrontaient.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Paradoxalement, ce procès ne marqua pas tant que cela les contemporains, hormis les milieux dits intellectuels adversaires et partisans de Socrate. Effectivement, les Athéniens, dans leur très grande majorité, devaient panser leurs nombreuses blessures et surtout reconstruire leur Ville, considérée déjà à l’époque comme un haut lieu du savoir et de la connaissance. Cependant, la mort de Socrate reste un événement marquant pour la civilisation occidentale. La dimension du temps a permis de donner à cette étonnante affaire la pleine mesure de la justice et de l’injustice (6). De fait, la représentation du philosophe victime de l’intolérance de ses concitoyens démocrates, mais remarquable de lucidité, de courage et de sagesse conserve encore toute sa pertinence aujourd’hui, même si nous vivons dans un espace civilisationnel qui a répudié depuis fort longtemps les antiques vertus…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
<p><span style="color: #000000;">(1) La guerre du Péloponnèse de Victor Davis Hanson</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(2) Alcibiade de Jacqueline de Romilly</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(3) Mémorables de Xénophon</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(4) Le bouc émissaire de René Girard</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(5) Psychologie des foules de Gustave Le Bon</span></p>
<p><span style="color: #000000;">(6) Le procès de Socrate : un philosophe victime de la démocratie ? de Claude Mossé</span></p>
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		<title>La Fayette : le destin d&#8217;un héros de l&#8217;indépendance américaine raconté par Gonzague Saint Bris</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-fayette-le-destin-dun-heros-de-lindependance-americaine-raconte-par-gonzague-saint-bris/26/12/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Dec 2020 19:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert du Motier de La Fayette]]></category>
		<category><![CDATA[Gonzague Saint Bris]]></category>
		<category><![CDATA[Indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Louis XVI]]></category>
		<category><![CDATA[Marquis de La Fayette]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Incontestablement, le marquis de La Fayette fut considéré de son vivant outre-Atlantique comme un héros,...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Incontestablement, le marquis de La Fayette fut considéré de son vivant outre-Atlantique comme un héros, un ami de ce jeune pays américain qui n’entendait pas rester une colonie de la Couronne Britannique. L’auteur, Gonzague Saint Bris, parle d’un attachement viscéral de La Fayette pour sa patrie spirituelle qui le lui rendra bien : il est l&rsquo;un des huit citoyens d&rsquo;honneur des Etats-Unis à ce jour. Quel honneur !</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En revanche, dans sa patrie charnelle ou naturelle, son image, son rôle, son aura semblent quelque peu écornée. Avant cette lecture intéressante, qui constitue en fin de compte une bonne entrée en matière pour découvrir ce personnage, je ne connaissais que de loin Gilbert du Motier de La Fayette. Pourtant, je m’étais habitué à le fréquenter, car lisant de nombreux ouvrages consacrés à la Révolution et l’Empire, j’ai toujours aperçu La Fayette. Quand j’ai analysé l’excellente étude de Sébastien Charléty intitulée : «&nbsp;<em>Histoire de la monarchie de Juillet&nbsp;</em>», je l’ai encore croisé au balcon de l’Hôtel de Ville embrassant Louis-Philippe d’Orléans. Chateaubriand dira :&nbsp;«&nbsp;<em>Le baiser républicain de La Fayette fit un roi</em>&nbsp;». En 1830, il représentait encore quelque chose sur le plan politique, au point que sa caution fut réclamée pour crédibiliser cette nouvelle dynastie – à défaut bien sûr de la rendre légitime…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette entre véritablement dans l’histoire, quand, à 19 ans, il décide de s’engager dans la guerre révolutionnaire en 1777, pour se «&nbsp;<em>couvrir de gloire</em>&nbsp;» comme il le confesse volontiers à ses proches parents et amis. Son beau-père le duc d’Ayen n’entend pas le laisser courir l’aventure dans les Amériques, d’autant qu’il vient de lui donner sa fille Marie Adrienne Françoise de Noailles en mariage. Il faut dire que La Fayette, nonobstant une éducation reçue inférieure à son rang, représente à 16 ans un excellent parti. Rappelons brièvement le contexte familial. A l’âge de 12 ans, La Fayette se retrouve orphelin, seul héritier potentiel de la fortune de son grand-père maternel, le marquis de La Rivière, qui meurt à son tour et lui laisse une rente de 25&nbsp;000&nbsp;livres. A la même époque un de ses oncles décède et lui lègue un revenu annuel de 120&nbsp;000&nbsp;livres&nbsp;; ces 145&nbsp;000&nbsp;livres de revenu font de lui un des hommes les plus riches de France…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette est très bien entouré par ses proches parents. Ces derniers gèrent pour lui son immense fortune et veillent parfaitement à ses intérêts. Dans une situation similaire, beaucoup auraient perdu les pédales, car l’argent, les terres, les rentes font souvent tourner les têtes. Il n’en est rien pour le futur héros de la Guerre d’Indépendance. Il reste simple, facile d’accès et n’oublie pas ses compagnons de jeunesse avec lesquels il jouait enfant, même si ceux-ci sont roturiers, fils de manœuvres et de paysans. Toute sa vie, il gardera cette conviction qu’il faut aider les plus faibles, les exclus, les opprimés. Quand le moment viendra, il prendra la défense des protestants, des juifs, des Peaux-Rouges, des esclaves…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Gonzague Saint Bris suit La Fayette dans ses nombreuses et passionnantes pérégrinations. Le style de l’auteur se montre très agréable et sa plume nous invite à découvrir un La Fayette humain, issu d’une famille prestigieuse, défendant toujours les plus humbles, en dépit d’une richesse qui le place largement au-dessus du commun des mortels. Après la lecture de cette biographie, j’ai saisi de nombreuses choses mais j’en garde en mémoire principalement deux. La première est la meilleure compréhension des raisons pour lesquelles cet homme fut considéré comme un héros aux Etats-Unis de son vivant et après sa mort. La seconde éclaire le fait qu’il fut, malgré tout, mal aimé en France durant une bonne partie de son existence…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur explique qu’il fut un maçon exemplaire, fidèle aux loges, sans malheureusement trop entrer dans le détail de ce que fut cette «&nbsp;<em>fidélité maçonnique </em>». Saint Bris écrit simplement que beaucoup de nobles entraient en maçonnerie pour le plaisir, pour faire comme tout le monde comme s’il s’agissait d’une mode. La Fayette, lui, croyait vraiment à cet idéal défendu par la franc-maçonnerie. Il a tellement marqué ses amis et «&nbsp;frères&nbsp;» américains que quatre dizaines de loges à l’époque portaient son nom. Aux Etats-Unis, plus de 600 lieux s&rsquo;appellent La Fayette&nbsp;! Une montagne, sept comtés et quarante localités portent notamment le nom de cet aristocrate français qui a combattu toute sa vie pour la <em>Liberté</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Rien ne lui a été épargné dans sa quête&nbsp;: son beau-père ne voulait pas le laisser partir et le roi Louis XVI, bien que sensible à la cause des <em>Insurgents</em> et soucieux de donner une leçon aux Anglais, était à cet instant hostile à l’idée que des membres de sa noblesse s’engageassent officiellement dans les rangs de la jeune armée américaine, dont beaucoup considéraient qu’elle plierait face à l’armée de métier expérimentée du gouvernement anglais. Le Roi attendait seulement le bon moment pour aider les Américains. Et malheureusement cette aide, qui coûta fort cher à la France, se retourna contre lui…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette se moquait des considérations diplomatiques. Il était conscient qu’il se passerait de grandes choses dans ces contrées et n’écoutant que son cœur, il tenta sa chance avec ses proches amis. Disposant de ressources financières conséquentes, il affréta un navire pour rejoindre les «&nbsp;<em>combattants de la liberté&nbsp;</em>». Après des débuts difficiles, car les dirigeants américains ne voulaient pas lui accorder leur confiance, La Fayette gagna le respect par son «&nbsp;<em>côté désintéressé et sa volonté de se battre même comme simple soldat&nbsp;</em>». La suite est connue : La Fayette joua un rôle décisif aux côtés des Américains lors de la victoire de Yorktown le 19 octobre 1781. La rencontre avec Georges Washington eut de fortes répercussions dans sa vie privée. La Fayette l’a rapidement considéré comme son père adoptif. Son influence sur lui fut très importante. En effet, le seul fils de La Fayette reçut comme prénom Georges Washington et le premier président des Etats-Unis fut son parrain. Lorsqu’il revint en Amérique en 1824, La Fayette se recueillit dignement sur la tombe de son héros et de son modèle…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De retour en Europe, il travailla également à l&rsquo;émergence en France d&rsquo;un pouvoir royal de tendance constitutionnelle, avant de devenir l’une des principales personnalités de la Révolution jusqu&rsquo;à son émigration, son arrestation et sa mise en prison pour cinq ans. Ironie de l’histoire, il sera libéré grâce à l’intervention d’un jeune général nommé Napoléon Bonaparte, lors des négociations du traité de Campo-Formio. Le futur Empereur exigea la libération de captifs français avant de poursuivre les discussions… Il eut gain de cause ! Mais comme Saint Bris le constate, il n’y eut pas de lune de miel entre Napoléon et La Fayette. Il traversa l’Empire dans une relative discrétion.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’une manière générale, cet ouvrage donne l’impression que La Fayette aurait pu laisser une trace majeure dans la vie politique française. L’homme avait de grandes ambitions, un nom illustre et une renommée acquise sur les champs de bataille. Pourtant il deviendra la cible des royalistes, des révolutionnaires, des bonapartistes et de certains républicains. Les premiers lui en voudront toujours du sort terrible de la famille royale, les deuxièmes d’avoir défendu le roi et les siens, les troisièmes d’avoir trahi Napoléon, les quatrièmes de ne pas être assez républicain. Saint Bris évoque toutes ces polémiques en les replaçant judicieusement dans leur contexte. Il rappelle que La Fayette a&nbsp; sauvé la Reine lors des journées du 5 et 6 octobre 1789. Peut-être que Marie-Antoinette n’appréciait que modérément de lui être redevable… Cet état de fait explique probablement les relations tendues et compliquées que La Fayette et le couple royal entretiendront par la suite.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Fayette défendait selon lui des «&nbsp;<em>idées nobles et généreuses</em>&nbsp;», mais on découvre aussi qu’il a souvent agi à contre-temps. Parfois il resta coi quand il aurait pu forcer <em>son destin</em>. Il a eu maintes occasions d’influencer le véritable cours des événements&nbsp;: c’est particulièrement vrai durant la Révolution. Mais, à regarder sa vie, il semble que La Fayette a davantage subi les événements qu’il ne les a conduits…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_4034" aria-describedby="caption-attachment-4034" style="width: 307px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4034" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/51WJG5GQQ6L._SX305_BO1204203200_.jpg?resize=307%2C474&#038;ssl=1" alt="" width="307" height="474" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/51WJG5GQQ6L._SX305_BO1204203200_.jpg?w=307&amp;ssl=1 307w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/51WJG5GQQ6L._SX305_BO1204203200_.jpg?resize=194%2C300&amp;ssl=1 194w" sizes="auto, (max-width: 307px) 100vw, 307px" /><figcaption id="caption-attachment-4034" class="wp-caption-text">La Fayette &#8211; Gonzague Saint Bris &#8211; 2006 &#8211; Éditions Télémaque</figcaption></figure></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/la-fayette-le-destin-dun-heros-de-lindependance-americaine-raconte-par-gonzague-saint-bris/26/12/2020/">La Fayette : le destin d&rsquo;un héros de l&rsquo;indépendance américaine raconté par Gonzague Saint Bris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>«L&#8217;Europe au temps de Napoléon» : l&#8217;échec de l&#8217;unification raconté par Jean Tulard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Dec 2020 14:14:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Empire français]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Tulard]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cet ouvrage collectif intitulé L&#8217;Europe au temps de Napoléon propose une étude véritablement magistrale de...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/">«L&rsquo;Europe au temps de Napoléon» : l&rsquo;échec de l&rsquo;unification raconté par Jean Tulard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Cet ouvrage collectif intitulé <em>L&rsquo;Europe au temps de Napoléon</em> propose une étude véritablement magistrale de notre glorieux et passionnant passé. Elle aidera certainement à mieux comprendre notre présent. Chacun sait que les vieilles monarchies européennes ont combattu la France de la Révolution et de l&rsquo;Empire. Napoléon a, de son côté, voulu dominer l&rsquo;Europe, afin de restaurer, toute proportion gardée, l&rsquo;Empire romain ou encore celui de Charlemagne. Le projet était-il possible ? Souhaitable ? Nous constatons seulement que l&rsquo;Europe française napoléonienne a échoué.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, Napoléon, en combattant ses ennemis et en voulant sauvegarder coûte que coûte les conquêtes territoriales de la Révolution, a réveillé l&rsquo;Europe. Une partie de l&rsquo;Europe l&rsquo;a certes haï, détesté, moqué, une autre, notamment après l&rsquo;expérience napoléonienne, l&rsquo;a vénéré, adulé, et l&rsquo;a même pris comme modèle, au point d&rsquo;en faire un Prométhée moderne ou l&rsquo;étendard des aspirations des sans grades et des contempteurs des différentes monarchies nationales, esseulés dans cette Europe post-1815 façonnée par la Sainte Alliance.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/napoleon-et-les-siens-le-livre-de-vincent-haegele-qui-retrace-lepopee-imperiale-sous-langle-familial-du-clan-bonaparte/26/06/2020/">«&nbsp;Napoléon et les siens&nbsp;» : le livre de Vincent Haegele qui retrace l’épopée impériale sous l’angle familial du clan Bonaparte</a></strong></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: inherit;"><br />
Dans sa pertinente préface, Jean Tulard rappelle que « </span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">durant deux décennies, la France a dominé l&rsquo;Europe. Une suprématie qui s&rsquo;explique par le poids de sa démographie, l&rsquo;universalité de sa langue, le caractère national de ses armées, ses innovations techniques…&nbsp;On parle de la Grande Nation puis du Grand Empire. Rome, Bruxelles, Hambourg, Cologne, Amsterdam sont françaises depuis 1811&nbsp;</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">». Il ajoute avec raison : «&nbsp;</span><em style="color: #000000; font-size: inherit;">Le destin des Suisses, des Allemands, des Italiens, de la majeure partie de l&rsquo;ancienne Pologne et de l&rsquo;Espagne se joue en réalité à Paris</em><span style="color: #000000; font-size: inherit;">&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour bien intégrer la prépondérance française d&rsquo;alors, Tulard écrit «&nbsp;<em>qu&rsquo;un maréchal français est choisi comme prince héritier de Suède et le Danemark se comporte en fidèle allié. L&#8217;empereur des Français épouse la fille de l&rsquo;ancien maître du Saint Empire romain germanique devenu plus modestement empereur d&rsquo;Autriche. En 1812, il lance contre la Russie une armée où l&rsquo;on trouve des contingents de tous les pays d&rsquo;Europe&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les victoires militaires françaises sont en réalité précédées par la victoire intellectuelle des idéaux révolutionnaires. Ces idées se diffusent dans toute l&rsquo;Europe par la presse, car l&rsquo;élite européenne de chaque pays parle la langue de Molière. L&rsquo;académie de Berlin en 1784 avait désigné le français comme «<em>&nbsp;langue universelle</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nous lisons donc sans surprise le propos suivant : «<em>&nbsp;La France, en étendant son influence sur les pays voisins, y a exporté non seulement les idées et les institutions révolutionnaires mais aussi sa culture. Dans ce domaine le chemin était frayé, car la langue française, véhicule de la culture française était alors considérée comme universelle et parlée par toutes les élites. Les émigrés qui avaient précédé les armées françaises, avaient aussi contribué à en répandre la langue</em>&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le point de fort de ce livre est qu&rsquo;il ne se consacre pas à la seule France. Napoléon et l&rsquo;Empire sont décryptés par des analyses prenant en compte le regard de nos voisins. Il est véritablement intéressant de savoir comment était vu l&rsquo;Empereur en Angleterre, Suisse, Italie, Portugal, Allemagne, Autriche, Russie, etc. Ces captivants chapitres nous éclairent sur les différents rapports que l&rsquo;Empire français entretenait avec ses alliés et ses différents ennemis. De même, les contributions font le point sur le rôle décisif de l&rsquo;armée napoléonienne, aussi bien sur le champ de bataille que dans la société. Elle fut à la fois un outil de conquêtes, de promotions et le symbole invincible de son illustre promoteur.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois les premières défaites, en particulier en Espagne, ne renversent pas totalement l&rsquo;opinion française et européenne, même si certains proches de l&rsquo;Empereur commencent à le mettre en garde, tandis que d&rsquo;autres conspirent (Fouché) ou trahissent (Talleyrand) dès 1808&#8230; Les conséquences de la guérilla espagnole et du blocus sont très bien étudiées. La Grande Armée s&rsquo;est véritablement épuisée en Espagne mais également aux quatre coins de l&rsquo;Europe en&nbsp;<em>jouant</em>&nbsp;aux gendarmes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Finalement, la maîtrise des mers et la révolution industrielle assurent à Albion des armes non négligeables. Tulard écrit :&nbsp;«&nbsp;<em>La Grande-Bretagne l&#8217;emporte sur Napoléon grâce à sa flotte mais aussi grâce aussi à ses manufacturiers et à ses négociants, à l&rsquo;esprit d&rsquo;invention de la City et à la force des traditions d&rsquo;une noblesse par ailleurs égoïste et brutale</em>&nbsp;». Il s&rsquo;agit d&rsquo;un constat factuel et par conséquent implacable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les pages dévolues à Metternich montrent, s&rsquo;il en était encore besoin, qu&rsquo;il fut vraiment un très grand diplomate et un serviteur exemplaire de la monarchie des Habsbourg. Ce livre permet entre autres de mieux et de bien mesurer l&rsquo;échec napoléonien. Il aborde aussi les nombreuses adversités que Napoléon dut subir durant toute sa carrière à la tête de la France. A nos yeux, Napoléon Bonaparte fut incontestablement un génie… mais à l&rsquo;impossible nul n&rsquo;est tenu, pas plus lui qu&rsquo;un autre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_4390" aria-describedby="caption-attachment-4390" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-4390" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=640%2C991&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="991" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=661%2C1024&amp;ssl=1 661w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=194%2C300&amp;ssl=1 194w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?resize=768%2C1189&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/12/71yyDDHjR5L.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4390" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L&rsquo;Europe au temps de Napoléon &#8211; Jean Tulard &#8211; 2020 &#8211; Éditions du Cerf</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>«Naissance du mythe gaulliste» : le regard critique d&#8217;Henri de Foucaucourt sur l&#8217;homme du 18 juin</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/naissance-du-mythe-gaulliste-le-regard-critique-dhenri-de-foucaucourt-sur-lhomme-du-18-juin/30/11/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov 2020 21:20:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Gaulle]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Henri de Foucaucourt]]></category>
		<category><![CDATA[Mythes]]></category>
		<category><![CDATA[Naissance du mythe gaulliste]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Guichard]]></category>
		<category><![CDATA[Romain Gary]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=4242</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 30/11/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/naissance-du-mythe-gaulliste-le-regard-critique-dhenri-de-foucaucourt-sur-lhomme-du-18-juin/30/11/2020/">«Naissance du mythe gaulliste» : le regard critique d&rsquo;Henri de Foucaucourt sur l&rsquo;homme du 18 juin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Henri de Foucaucourt est né en 1905 dans le Nord de la France. Il sort de Saint-Cyr en 1925. Quand l’armistice du 22 juin 1940 est signé, il se trouve dans le Sud tunisien. En congé de l’armée, ouvrier à Constantine, il participe alors à la formation de l’Armée de la Revanche. Avec cet ouvrage dont le titre ne laisse planer aucun doute concernant son avis sur Charles de Gaulle, l’auteur apporte un regard critique et des analyses solidement argumentées pour dénoncer «&nbsp;<em>le mythe gaulliste</em>&nbsp;». Il décèdera en 1996 sans jamais avoir renié ses idées.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il paraît difficile de s’attaquer à une légende comme celle qui entoure le Général, tant celui-ci semble intouchable. Souvent copié, toujours remis au goût du jour, De Gaulle reste encore en 2020 un modèle pour l’ensemble du corps politique officiel. Cependant, les admirateurs du premier président de la Cinquième République connaissent-ils vraiment son histoire ? L’auteur écrit :&nbsp;«&nbsp;<em>Bien des Français se détournent de l’histoire récente, ils ont le sentiment qu’une orientation partisane lui est imprimée par les divers pouvoirs qui dominent leur pays, à l’inst</em>ar des informations&nbsp;<em>quotidiennes dont ils sont gavés</em>&nbsp;». Le propos se veut implacable et se poursuit ainsi&nbsp;: «&nbsp;<em>Une fort contestable page d’histoire a été incorporée au patrimoine national et incrustée dans la mémoire collective des Français</em>&nbsp;». Sans compter que depuis sa mort survenue en 1970, il existe maintenant des lois qui répriment la liberté de recherche historique et d’expression.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Tous les ans, au 18 juin, les médias et les politiques encensent le chef de la France libre. Mais ce concert de louanges est-il mérité ou spontané ? Foucaucourt écrit : «&nbsp;<em>La Grande légende de Charles De Gaulle, en France tous en sont abondamment instruits ; dans le monde, les chefs politiques ainsi que bien d’autres hommes en ont eu connaissance. Elle est illustrée et fixée par des plaques apposées aux murs des villes, des villages de France et même de la plus belle place de Paris&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De fait, l’ambition de l’auteur est clairement exprimée :&nbsp;«&nbsp;<em>Avant de vivre les faits à travers lesquels De Gaulle est parvenu à la célébrité, il semble opportun d’évoquer des éléments qui ont cristallisé sur sa personnalité l’attente et l’admiration des Français&nbsp;</em>». L’auteur cite Romain Gary qui estimait que «&nbsp;<em>De Gaulle s’est créé comme Balzac créait ses personnages&nbsp;</em>». Il convoque aussi Olivier Guichard, un baron du gaullisme, qui écrivait au sujet de De Gaulle : «&nbsp;<em>celui-ci a trouvé son équilibre dans une sorte de dédoublement de sa personnalité</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi, Foucaucourt précise sa pensée :&nbsp;«&nbsp;<em>Je n’ai jamais été pétainiste, je n’ai jamais été gaulliste, restant réfractaire à ces embrigadements en iste et au culte de toute personnalité célèbre ou peu connue&nbsp;</em>». Il explique également ce qui suit :&nbsp;«<em>&nbsp;Je souhaite, m’écartant des acteurs et de la politique, présenter les faits minimes ou déterminants, révélateurs dans leurs effets des entreprises guerrières du Général. En réaction aux écrits plus ou moins flagorneurs, je revendique le droit d’exprimer, sans détour, ma pensée sur les thèmes de l’honneur et du courage manifestés, méconnus ou escroqués</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Des gaullistes pourraient rétorquer : cet individu est-il légitime pour commettre ce genre de livres ? Il leur a déjà répondu dans la première partie de son étude :&nbsp;«&nbsp;<em>Mon pedigree d’homme et de soldat m’y autorise. Je dois donc en dire quelques mots, j’aurais voulu l’éviter […] En novembre 1942, j’ai mené, avec une unité algérienne à peine équipée, de pénibles et meurtriers combats en Tunisie. Puis j’ai été engagé dans les dures attaques de la sanglante campagne d’Italie avec des tirailleurs</em>&nbsp;». Il fut notamment présent à Cassino, puis participa à la libération du territoire national.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Avant de se livrer à son réquisitoire, l’auteur dresse le bilan humain et politique de la Première Guerre mondiale en rappelant que «<em>&nbsp;la France, en 1939, reste meurtrie et diminuée par les formidables destructions et les pertes humaines que lui a coûtées sa victoire en 1918&nbsp;</em>».&nbsp; Ensuite, il explique la genèse de la Deuxième Guerre mondiale et revient sur la montée en puissance du III<sup>ème</sup>&nbsp;Reich qui aurait pu être stoppé en 1933 et à plus forte raison en 1936, quand l’armée allemande, ou plus exactement des unités armées allemandes occupent la Rhénanie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Foucaucourt analyse ainsi le comportement de notre allié anglais : «&nbsp;<em>Une réaction vigoureuse des Franco-Britanniques aurait porté un rude coup à la dictature naissante de Hitler et sans doute évité le désastre de 1940&nbsp;</em>». Tout le monde sait aujourd’hui qu’en 1936, et Hitler l’avait lui-même reconnu, les Allemands n’auraient pu s’opposer à eux : «&nbsp;<em>Si les Français avaient pénétré en Rhénanie, nous aurions été contraints de nous retirer car nos ressources milliaires étaient alors incapables de leur offrir la moindre résistance&nbsp;</em>».&nbsp; L’auteur critique et condamne le pacifisme de Chamberlain et des autorités politiques françaises.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Puis viennent la débâcle et l’effondrement de notre armée en quelques semaines. Les politiques et les militaires se divisent en deux camps : ceux qui veulent continuer les combats car la France doit «&nbsp;<em>demeurer dans la guerre</em>&nbsp;», ceux qui pensent que les combats doivent immédiatement cesser. De Gaulle opte pour la première option, Pétain pour la seconde :&nbsp;«&nbsp;<em>Le vieux soldat est hanté par le malheur de ses enfants, par la souffrance des familles fuyant sur les routes, des soldats peinant et tombant dans une lutte inégale et sans espoir</em>&nbsp;». Cette opposition politique majeure permit à De Gaulle de ne pas être considéré comme un défaitiste et de s’imposer comme l’un des chefs des futurs combats qui s’annonçaient. Foucaucourt présente de nombreux arguments pour expliquer que la France ne pouvait poursuivre la guerre. La continuer, selon lui, serait revenu à exposer notre pays à des destructions massives et à des souffrances bien plus grandes encore pour les Français.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur estime que De Gaulle fut prêt à tout pour recevoir «&nbsp;<em>la couronne</em>&nbsp;», quitte à poignarder ses anciens camarades militaires ou politiques. Il lui reproche la «&nbsp;<em>recherche de l’alliance privilégiée</em>&nbsp;» avec Moscou «&nbsp;<em>pour préserver le présent et l’avenir&nbsp;</em>», ainsi que l’aide apportée au Parti communiste français. Il n’approuve pas non plus la guerre franco-française ainsi que le démantèlement des structures de l’Empire. Foucaucourt regrette les tribunaux d’exception et l’élimination brutale des opposants politiques qui selon lui «&nbsp;<em>déchirent durablement la France&nbsp;</em>». Sur le temps long, il pense que De Gaulle «&nbsp;<em>ouvre la voie à l’emprise stérilisante de l’Etat sur les Français, en inoculant à la France le virus de l’inflation avec le concours de son fidèle et pâle Pleven&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Foucaucourt soulève la question suivante : «&nbsp;<em>Doit-on admirer sans réserve la prodigieuse stature de ce grand homme d’Etat ?</em>&nbsp;» L’auteur répond à sa propre interrogation rhétorique de la manière suivante : «&nbsp;<em>De Gaulle écrase sans hésitations – apparentes – tout ce qui s’oppose à lui, il fascine les pygmées du monde politique</em>&nbsp;». Cinquante ans après sa mort, toute la classe politique lui rend encore hommage. Ces mêmes politiques qui continuent de détruire la France par leurs trahisons, leurs compromissions et leurs lâchetés. Un adage enseigne qu’un peuple a les chefs qu’il mérite. En guise de conclusion, nous écrivons qu’un chef a également les soutiens qu’il mérite…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4272" aria-describedby="caption-attachment-4272" style="width: 329px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4272" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/unnamed.jpg?resize=329%2C512&#038;ssl=1" alt="" width="329" height="512" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/unnamed.jpg?w=329&amp;ssl=1 329w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/11/unnamed.jpg?resize=193%2C300&amp;ssl=1 193w" sizes="auto, (max-width: 329px) 100vw, 329px" /><figcaption id="caption-attachment-4272" class="wp-caption-text">Naissance du mythe gaulliste &#8211; Henri de Foucaucourt &#8211; 2020 &#8211; Éditions de Chiré</figcaption></figure>
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		<title>«Les chrétiens dans al-Andalus» : histoire de plusieurs siècles de soumission à l&#8217;Islam</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Nov 2020 17:20:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Al-Andalus]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Cordoue]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Rafael Sanchez Saus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=4037</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/11/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-chretiens-dans-al-andalus-histoire-de-plusieurs-siecles-de-soumission/06/11/2020/">«Les chrétiens dans al-Andalus» : histoire de plusieurs siècles de soumission à l&rsquo;Islam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Rafael Sanchez Saus est professeur d’histoire médiévale à l’université de Cadiz. Auteur d’une douzaine d’ouvrages, il est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de la frontière entre maures et chrétiens dans l’Espagne médiévale. Il a été doyen de la faculté de philosophie et de lettres de l’UCA (1999-2004) et recteur de l’université San Pablo CEU de Madrid (2009-2011). Il est toujours membre de l’Académie royale hispano-américaine des sciences, des arts et des lettres après en avoir été le directeur.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avec ce nouvel ouvrage, sous-titré « <em>De la soumission à l’anéantissement </em>», Sanchez nous présente une vision complète de la situation de ces chrétiens espagnols, appelés mozarabes, unique peuple européen médiéval à avoir vécu pendant tant de générations sous la rigueur de la dhimma. Dans son avant-propos pour le lecteur francophone, Arnaud Imatz écrit: « <em>Quiconque veut connaître sérieusement la réalité de l’histoire des chrétiens dans al-Andalus devra désormais se référer à cette magistrale synthèse. On imagine sans peine qu’en publiant l’édition originale de ce livre en Espagne il ne s’est pas fait que des amis. Mais son courage intellectuel, sa rigueur et sa probité scientifiques ont été les meilleurs garants contre les attaques insidieuses et mensongères dont il n’a pas manqué d’être l’objet.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/esclavage-que-sest-il-reellement-passe-depuis-2000-ans/30/07/2020/">Esclavage : que s’est-il réellement passé depuis 2000 ans ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le préfacier poursuit : « <em>Al-Andalus est l’un des thèmes les plus représentatifs de l’interminable règlement de comptes qui déchire la communauté intellectuelle et culturelle espagnole depuis plus de deux siècles.</em> » A l’aune de cette belle et longue introduction d’Imatz, nous comprenons aisément que le terrorisme intellectuel frappe également de l’autre côté des Pyrénées. Le préfacier écrit : « <em>L’exemple de la France du tournant du XXIème siècle mérite d’être brièvement évoqué ici, parce qu’il est en partie similaire à celui de l’Espagne. On a pu voir dans l’Hexagone comment au cours des trois ou quatre dernières décennies, la nouvelle histoire transnationale ou mondialisée a accompagné le changement sociétal et tenter de s’imposer. Cette prétendue nouvelle histoire, paradoxalement anachronique et obsessionnelle, s’est avérée très vite beaucoup moins neutre que l’ancienne.</em> » Il énonce avec justesse que « <em>les thuriféraires de l’histoire transnationale ou mondialisée, indifférents au réel comme l’étaient avec eux les censeurs totalitaires, ont choisi de nier l’évidence des faits dans le secret et vain espoir de résoudre la crise actuelle du vivre-ensemble</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A cause d’une immigration musulmane très forte, certains estiment que changer la vision du passé améliorera les conditions de vie du présent. Comme Imatz le stipule très clairement : « <em>Les journalistes et pseudo-historiens sont les Gardiens jaloux des Nouvelles Tables de la Loi (mondialisme, multiculturalisme et droits de l’homme).</em> » Ainsi, il n’est guère étonnant de constater qu’une « <em>police de la pensée veille et verrouille. Olivier Pétré-Grenouilleau et Sylvain Gouguenheim, pour ne citer que deux cas instructifs en ont fait l’amère expérience</em> ». En Espagne comme en France, les partisans de la Liberté se montrent extrêmement virulents pour restreindre la liberté de ceux qui ne pensent pas comme eux, selon l’adage mensonger et bien connu de Saint-Just : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. » Le meilleur moyen de promouvoir l’idéologie du « vivre ensemble » reste de reconstruire le passé au mépris de la réalité historique. Ainsi, il n’est pas rare que des idéologues s’en prennent aux fondements civilisationnels des patries charnelles. Imatz dit « <em>que de nos jours, des légions d’intellectuels, de journalistes et d’historiens de la péninsule rabâchent au quotidien que la nation est une construction douteuse, une fiction romanesque, une illusion essentialiste dont la défense conduit immanquablement au pire, en d’autres termes à la xénophobie, au nationalisme et au fascisme</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/conflans-sainte-honorine-face-a-lislamisme-arretons-detre-laches/18/10/2020/">Conflans-Sainte-Honorine : face à l’islamisme, arrêtons d’être lâches !</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, Sanchez n’entend pas céder aux diktats idéologiques imposés par une certaine école de pensée. Il préfère étudier les sources et les confronter comme tout historien qui se respecte plutôt que de procéder par omission. Dès les premières lignes, il pose le cadre historique : « <em>La conquête de l’Espagne par les Arabes, menée à bien en 711 et 719, est sans doute l’événement qui a le plus puissamment marqué l’histoire espagnole : d’abord de façon directe durant huit cents ans, puis de façon indirecte jusqu’à aujourd’hui.</em> » L’auteur continue son propos en expliquant que « <em>la conséquence immédiate la plus importante de cette conquête a été l’apparition d’al-Andalus et la constitution d’un système qui ne s’est jamais réellement proposé de créer un pays à vocation intégrative pour la population conquise, pluriel en matière ethnique et religieuse. Il s’agissait plutôt d’un moyen de perpétuer une domination mise en place par une petite minorité de guerriers musulmans orientaux et nord-africains sur une population de plusieurs millions de chrétiens autochtones.</em> »</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sanchez développe l’idée que « <em>cette domination s’est appuyée sur une norme (la dhimma ou protection) elle-même fondée sur la doctrine coranique. Cette norme consacrait l’idée d’une soumission politique et religieuse ainsi que celle d’une infériorité juridique et morale des chrétiens, dont les personnes et les biens étaient plus ou moins à la merci de leur maîtres musulmans et qui étaient traités au gré des circonstances, lesquelles pouvaient incliner ces derniers vers plus ou moins de tolérance</em> ». Comme souvent, « <em>il est certes vrai que les avantages octroyés aux personnes converties à l’Islam ont poussé de nombreux chrétiens à l’apostasie. Il est tout aussi vrai que beaucoup d’entre eux ont préféré émigrer plutôt que de vivre comme des parias sur leur propre terre</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/eloge-de-la-force-lorsque-laurent-obertone-appelle-les-francais-a-resister/26/10/2020/">«Éloge de la force» : lorsque Laurent Obertone appelle les Français à «résister»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Quand on étudie la conquête arabo-musulmane de la péninsule ibérique, une question se pose au sujet du sort réservé au christianisme nord-africain. N’oublions pas que l’Afrique du Nord a servi de base arrière pour les expéditions en Espagne. Sanchez écrit : «<em> Comment concevoir que toute une région chrétienne qui s’appuyait sur près de six cents diocèses, qui comptait dans ses rangs des figures de l’envergure de saint Augustin ou de Saint Cyprien et dont les martyrs étaient nombreux ait pu disparaitre en relativement peu de temps sans laisser de trace ?</em> » L’auteur propose des pistes de réflexions intéressantes, même s’il concède que « <em>nous ne disposons quasiment d’aucune source qui nous permette d’éclairer les circonstances de cette disparition</em> ». Toutefois, il note que « <em>l’expansion musulmane ne peut être comprise sans la prise en compte du système de la dhimma comme moyen de contrôle et d’exploitation des populations soumises, ainsi préparées progressivement à leur islamisation</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Sanchez étudie avec soin cette société islamique espagnole, et notamment le sort des opprimés. A l’aune de ses travaux exhaustifs, il peut écrire : « <em>Il n’existe pas aujourd’hui un seul historien digne de ce nom qui puisse présenter al-Andalus comme un exemple de cohabitation et de tolérance entre religions, ethnies et cultures différentes.</em> » Il cite également un fin connaisseur de l’Espagne médiévale en la personne de Francisco Garcia Fitz. Les deux spécialistes se rejoignent, car Garcia note : « <em>Les vestiges qui nous permettent d’étudier les traits caractéristiques des relations entre chrétiens, musulmans et juifs ne confirment en rien cette image idyllique de la société hispanique médiévale. L’idée d’une Espagne où aurait lieu une rencontre bienveillante entre les trois cultures semble répondre à besoin sociologique ou anthropologique de disposer d’un mythe, d’une fiction allégorique rassurante.</em> »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/">«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur constate que le statut de dhimmi ne visait pas à « <em>configurer un cadre de cohabitation et de tolérance entre les fidèles des religions monothéistes mais à garantir la soumission des protégés</em> ». Sanchez rappelle à juste titre que l’idéologie musulmane «<em> divise les peuples en deux groupes irréconciliables : les musulmans qui habitent le dar al-islam, c’est-à-dire les pays soumis à la loi islamique ; et les infidèles, qui habitent le dar al-harb, les pays de la guerre, lesquels sont voués à passer sous contrôle islamique par la conversion de leurs habitants, soit par la conquête armée</em> ». En définitive, Sanchez dresse la conclusion suivante : « <em>Comment est-il possible que la société et la civilisation qui ont imaginé et imposé cet effrayant système de soumission et de dégradation que nous connaissons sous le nom de dhimma puissent être présentées comme des modèles de tolérance entre cultures et religions ?</em> » Il précise néanmoins qu’il « <em>ne s’agit pas ici de nier les réussites de l’Islam d’al-Andalus, mais nous voulons en revanche lutter contre la tendance si marquée aujourd’hui d’idéalisation d’Al-Andalus par exécration de l’Espagne chrétienne</em> ». Il faut impérativement admettre que beaucoup de propagandistes sont attachés au mythe des Trois Cultures. De fait, ils nient la réalité historique : la majeure partie de la population fidèle à la religion chrétienne vivait dans un système mettant en avant la ségrégation sociale, l’exploitation économique et fiscale voire l’humiliation dans certains cas.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cet ouvrage permet de parfaitement comprendre le sort très peu désirable des chrétiens vivant sous le joug musulman. Les exemples et les démonstrations limpides foisonnent. Cette étude permet de détruire le mensonge de la convivialité pacifique entre les cultures et les religions construit à l’exact opposé de la vérité de l’histoire. Nous laissons le mot de la fin à Sanchez : « <em>Aujourd’hui plus que jamais, face au mythe, la vérité s’avère nécessaire.</em> »</span></p>
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		<title>«Éloge de la force» : lorsque Laurent Obertone appelle les Français à «résister»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Varangot]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2020 14:53:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditions Ring]]></category>
		<category><![CDATA[Eloge de la force]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Obertone]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Éloge de la force, le dernier ouvrage de Laurent Obertone, paru ce mois d’octobre aux...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong><em>Éloge de la force</em>, le dernier ouvrage de Laurent Obertone, paru ce mois d’octobre aux éditions Ring, ne laisse pas indifférent. Pire, il ne laisse pas indemne le lecteur qui ne sait pas encore que ses certitudes reposent sur un sable plus que jamais mouvant en ces temps d’orage.</strong> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Tel Moïse recevant les Tables de la Loi sur le mont Sinaï, Obertone descend de sa montagne vers la foule hagarde pour lui remettre entre les mains un arsenal de combat sous la forme de dix lois, dix conditions pour retrouver l’essentiel : notre force. Une leçon de vie, ou de survie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un livre pour nous guérir</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans cet ouvrage, Laurent Obertone s’adresse à nous comme à des enfants. Prenant l’apparence d’une voix intérieure, l’auteur nous parle sans détour, nous tutoie pour mieux nous prendre au dépourvu. Il nous enrobe comme le fait celui qu’il ne cesse d’appeler «&nbsp;Big Brother&nbsp;», concept développé par George Orwell dans son roman <em>1984</em>, et qu’il désigne explicitement comme l’ennemi. En effet, enfermés dans nos illusions, nos conforts, nos rêves d’adolescents, nous n’arrivons plus à vivre le monde ou à le penser, nous le subissons et Big Brother entretient cet état léthargique. Il est le régisseur de nos consciences et de nos vies. Ainsi, nous sommes désormais les enfants gâtés d’un État qui nous rend consommateurs et spectateurs, qui nous cajole et nous caresse, mais qui n’est pas capable de nous protéger. Tocqueville rit dans sa tombe de nous voir creuser la nôtre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-temps-des-barbares-une-vertigineuse-odyssee/24/02/2020/">« Guérilla : le temps des barbares » : une vertigineuse odyssée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Si cette situation est un symptôme de notre temps, l’auteur ne tarde pas à nous dévoiler quelle maladie en est la cause. Il s’agit avant tout de notre individualisme. Notre premier ennemi, c’est nous-même. L’auteur dépeint nos vices, nos lâchetés, nos faiblesses, et nous met devant un fait indéniable : nous ne sommes rien, ou bien peu face à un monde qui avance, sur une Terre qui compte des milliards d’anonymes, cette même Terre qui n’a pas attendu l’homme pour exister. Notre ego, notre naïveté, notre fierté mal placée sont mis au rebus, et il ne nous reste plus rien en entamant ce livre. Et l’auteur ne manque pas de nous rappeler que cette situation est le résultat de notre résignation : troupeau de moutons, grosses vaches, chiens serviles, voilà ce que nous sommes. Mais derrière l’animal domestiqué peut surgir la métamorphose des cloportes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>10 lois pour reconquérir</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Que reste-t-il quand nous sommes dépossédés de tout, même de notre propre pensée ? Tout l’enjeu de cet éloge est là, celui de faire remonter à la surface de notre inconscient ce qui fait la vraie valeur de la vie : la force. Cette vertu, rappelle l’auteur, a été reniée par notre société pour les mauvais atours qu’on lui prête : violence, orgueil, domination, haine. Pourtant elle est la clé de l’existence. A ce titre, les cinq premières lois que pose Laurent Obertone sont les conditions pour retrouver la force, et ainsi se réarmer face à nos démons : reconnaitre ses faiblesses, conjurer ses peurs, avoir de la volonté, retrouver l’indépendance et l’enracinement, voilà la véritable force.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> &nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-jour-ou-tout-sembrasa-un-scenario-realiste/11/01/2020/">« Guérilla : le jour où tout s’embrasa » : un scénario réaliste ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Mais une fois retrouvée, elle doit servir et en bien. Si ce discours semble sorti tout droit d’un conte de Tolkien – et l’auteur n’hésite pas à faire des parallèles avec <em>Le Seigneur des Anneaux –,</em> la réalité dépasse pourtant la fiction : l’œil de Big Brother guette nos moindres faits et gestes, et nous tient en sa possession par la pensée unique. Et voilà le deuxième serviteur à abattre : ceux qui entretiennent une idéologie dominante dont les plus représentatifs sont les minorités. Ils sont les porte-étendards du terrorisme de la pensée et empêchent toute opposition aux projets de Big Brother. Les cinq dernières lois donnent les moyens de partir à l’assaut de cet ennemi : d’abord le connaitre ; puis prendre la parole pour ne pas le laisser occuper tout l’espace, mais être stratège pour convaincre ceux qui sont susceptibles de rejoindre le camp de la force ; développer une contre-culture sans pour autant s’ostraciser (rester à l’intérieur de Big Brother pour le faire imploser) et enfin imposer les lois qui permettront de retrouver la liberté car «<em> si la France, si souvent contrepied du monde, veut retrouver son statut, elle doit rendre à l’homme son salut </em>».&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/conflans-sainte-honorine-face-a-lislamisme-arretons-detre-laches/18/10/2020/">Conflans-Sainte-Honorine : face à l’islamisme, arrêtons d’être lâches !</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi, le livre d’Obertone applique à lui-même ce qu’il édicte&nbsp;: retrouver son autonomie pour sortir des cases. Cet ouvrage n’est ni un évangile, ni un travail scientifique, il n’est ni une leçon de bien-être, ni un guide de spiritualité. Il est inclassable.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">S’il se fait éloge de la force, cet ouvrage est surtout une invitation à passer à l’action. Le temps de l’insouciance est révolu, le temps de la révolte est venu. Si le diable est Big Brother, le bon Dieu ne doit pas être bien loin. En tout cas une chose est sûre, Laurent Obertone se fait notre ange gardien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_3938" aria-describedby="caption-attachment-3938" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-3938 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/61IHKVfQIrL.jpg?resize=640%2C1005&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="1005" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/61IHKVfQIrL.jpg?resize=652%2C1024&amp;ssl=1 652w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/61IHKVfQIrL.jpg?resize=191%2C300&amp;ssl=1 191w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/61IHKVfQIrL.jpg?resize=768%2C1207&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/61IHKVfQIrL.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-3938" class="wp-caption-text">Éloge de la Force &#8211; Laurent Obertone &#8211; 2020 &#8211; Éditions Ring</figcaption></figure>


<p></p>
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		<title>«Histoire du Japon, des origines à nos jours» : l&#8217;empire du soleil raconté par Gérard Siary</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/histoire-du-japon-des-origines-a-nos-jours-lempire-du-soleil-raconte-par-gerard-siary/23/10/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2020 15:25:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérard Siary]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gérard Siary, docteur d’Etat et professeur de littérature comparée à l’université de Montpellier, travaille sur...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/histoire-du-japon-des-origines-a-nos-jours-lempire-du-soleil-raconte-par-gerard-siary/23/10/2020/">«Histoire du Japon, des origines à nos jours» : l&#8217;empire du soleil raconté par Gérard Siary</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Gérard Siary, docteur d’Etat et professeur de littérature comparée à l’université de Montpellier, travaille sur l’histoire des images croisées du Japon et de l’Occident. Avec cet ouvrage intitulé <em>Histoire du Japon</em> et sous-titré «&nbsp;<em>Des origines à nos jours</em>&nbsp;», il retrace avec un véritable talent «<em>&nbsp;le mouvement d’ouverture et de fermeture à l’ailleurs et à l’étranger qui a toujours rythmé l’évolution de l’archipel</em>&nbsp;».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il commence son livre par rappeler qu’« <em>aux yeux de l’Occident, le Japon a toujours été une sorte de mystère herméneutique, un indéchiffrable </em>empire des signes<em>, à l’apparence changeante, jamais ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, une sorte de kaléidoscope glaçant ou amusant, rebutant ou alliciant selon le goût, mais jamais univoque&nbsp;</em>».&nbsp;En définitive, le Japon est un dans sa diversité. Cependant, comment un Occidental se représente-t-il le Japon ? Est-il possible de le définir ?</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur écrit : «&nbsp;<em>Cipango aux murs couverts d’or, nouvelle dont parle Marco Polo et qui oriente Christophe Colomb autant qu’elle fait rêver plus tard Léopold II de Belgique ; la terre exemplaire de mission selon François Xavier, mais qui martyrise bientôt les chrétiens et les expulse ; l’empire soudain clos sur lui-même ou presque, mais qui importe en Europe, </em>via <em>le commerce hollandais, un artisanat raffiné, avec laques et porcelaines {…}, la victime des premières bombes atomiques ; la sobriété du zen, de l’ikebana ou des calligraphies ; le colossal adversaire technologique et commercial</em>&nbsp;». Cette rapide évocation du pays au soleil levant montre toute la difficulté de saisir l’essence même du Japon, au moment même où de nouvelles images remplacent «&nbsp;<em>ces images datées des années 1980. Près de quarante après, d’autres s‘ajoutent : les calamités naturelles comme Fukushima, les nouvelles empiricités du</em> soft power <em>ou</em> Cool Japan <em>(manga, anime, etc.), les rencontres internationales </em>(G20, JO, etc.).&nbsp;»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Des légendes dorées ou noires persistent dans l’imaginaire collectif. Quand une personne veut étudier une civilisation, il demeure fondamental d’écarter les représentations toutes faites qui nuisent à sa bonne compréhension. Siary nous en propose quelques-unes : «&nbsp;<em>Le Japon est une île aux antipodes, une terre exiguë sans ressources, que son insularité protège de l’étranger ; le Japonais fait tout avec frénésie, la guerre comme l’amour ; Le Japon est la Mecque de la haute technologie, des robots, des mangas , le Japonais vit en harmonie avec une nature inhospitalière ; le Japonais copie tout en lieux, mais n’y perd jamais son âme ; le Japonais se suicide plus qu’ailleurs ; le Japon est un outsider inquiétant</em>&nbsp;». Non sans ironie, l’auteur ajoute : «&nbsp;<em>Liste ouverte</em>…&nbsp;». Concrètement, je constate à regret que le regard occidental est souvent biaisé quand il s’agit d’appréhender et d’étudier les mondes extra-européens.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce livre permet de tordre le cou à certaines faussetés ou approximations historiques et sociologiques. L’auteur ne cache nullement son ambition :&nbsp;«&nbsp;<em>Ce livre s’adresse à l’honnête homme, qui a le plus souvent une image théorique et lointaine de l’Asie orientale en général et du Japon en particulier&nbsp;</em>». Il précise également «&nbsp;<em>qu’au fil des ans, au gré des recherches, au rythme des contacts avec le Japon, sans doute plus par incursion prolongée que par exposition permanente, je me suis fait de l’histoire du Japon une certaine idée, souvent émaillée de littérature et d’histoire des représentations</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il ajoute avec sobriété : «&nbsp;<em>Pour exposer cette matière, j’ai eu à cœur de dire l’origine de mes informations, d’où les références, plus fournies que dans les histoires complètes du Japon éditées à ce jour en France&nbsp;</em>». L’orientation bibliographique se montre conséquente et ravira tous ceux qui désirent creuser les nombreux sujets évoqués dans ce passionnant ouvrage, car les références proposées sont multiples, foisonnantes et intéressantes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Contrairement à l’image d’Epinal toujours véhiculée ici ou là, son insularité n’a point protégé le Japon de la Chine qui l’a envahi et dominé de nombreuses années. Les rapports avec l’Empire du Milieu furent et sont encore compliqués, pour ne pas dire conflictuels. Dans le même ordre d’idées, les samouraïs &#8211; terme signifiant servir &#8211; renvoient inévitablement à nos chevaliers en armure, de par leur fonction, leur statut et leur implication dans la société. Le Japon a aussi connu des guerres entre l’Empereur et certains puissants chefs provinciaux. Par conséquent, les échanges souvent armés entre les nobles et l’Empereur nous rappellent, sans le moindre doute, les incessants conflits en Europe entre les Rois et leurs féodaux. Que ce soit au Japon ou en France, il est arrivé plusieurs fois que le chef d’Etat légitime subisse la loi de séides bien plus puissants que lui.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans le même ordre d’idées, le poids de la religion bouddhiste ne doit pas être sous-estimé. Les puissants s’en servirent comme un outil d’encadrement et de domination du peuple, même si certains pratiquèrent sincèrement. Le bouddhisme servit donc à affermir l’autorité du chef. Et comme en Europe, les rapports entre le pouvoir gouvernemental et les religieux ne rimèrent pas toujours avec bienveillance et sympathie, même si en 592, après des luttes d&rsquo;influence avec le shintō, le bouddhisme fut déclaré religion d’Etat…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il serait difficile de résumer le Japon en quelques lignes. Toutefois, la présente citation &nbsp;paraît bien définir ce pays fascinant :&nbsp;«<em>&nbsp;La geste du Japon est d’abord celle d’un peuple épris de nouveauté, d’hétérogène origine, qui s’est civilisé au contact d’autres mondes pour se muer en Etat-nation impérial, puis industriel</em>&nbsp;». Siary explique que le Japon suivit «&nbsp;<em>un parcours entre ouverture et fermeture, stabilité et rupture, résilience et fatalisme, qui a toujours su puiser dans ses ressources internes pour affronter l’altérité du monde extérieur et lui opposer la sienne propre&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De fait, il me paraît important de relever que ce pays a connu des évolutions similaires à celles vécues par les pays européens. En effet, le Japon est passé d’une société esclavagiste à une société féodale, puis d’une société féodale à une société absolutiste, et enfin d’une société absolutiste à une société démocratique et libérale. La démographie japonaise et le vieillissement de sa population restent deux problèmes majeurs pour lesquels le gouvernement japonais devra vite trouver des solutions, sous peine de connaître un déclin peut-être inéluctable. Ce livre permet de bien comprendre ce qu’est réellement le Japon, et ce d’autant plus que des thèmes souvent peu évoqués sont ici traités avec sérieux et pédagogie : image du Japon en France et à l’étranger, mythes et mythologie, racisme et minorités, diaspora, etc.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois, à l’instar des pays européens, la société japonaise semble à bout de souffle, en fin de cycle. Siary écrit même :&nbsp;«&nbsp;<em>Peut-être que le Japon entame-t-il aujourd’hui une nouvelle étape de sa trajectoire historique, pris cette fois en étau entre la Chine et les Etats-Unis, dans un espace-temps mondialisé où, après une trentaine d’années de récession, ce pays toujours classé au troisième rang économique mondial doit retrouver un second souffle sous peine de disparaître&nbsp;</em>»…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_3946" aria-describedby="caption-attachment-3946" style="width: 337px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-3946" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/51GHLsAT2mL.jpg?resize=337%2C500&#038;ssl=1" alt="" width="337" height="500" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/51GHLsAT2mL.jpg?w=337&amp;ssl=1 337w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/51GHLsAT2mL.jpg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w" sizes="auto, (max-width: 337px) 100vw, 337px" /><figcaption id="caption-attachment-3946" class="wp-caption-text">Histoire du japon : Des origines à nos jours &#8211; Gérard Siary &#8211; 2020 &#8211; Éditions Tallandier</figcaption></figure></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/histoire-du-japon-des-origines-a-nos-jours-lempire-du-soleil-raconte-par-gerard-siary/23/10/2020/">«Histoire du Japon, des origines à nos jours» : l&#8217;empire du soleil raconté par Gérard Siary</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>Les mythes de la Seconde Guerre mondiale décryptées par Jean Lopez et Olivier Wieviorka</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-mythes-de-la-seconde-guerre-mondiale-decryptees-par-jean-lopez-et-olivier-wieviorka/17/10/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2020 15:58:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Lopez]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Wieviorka]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous avons lu ce livre collectif, que nous avons grandement apprécié, commis sous la direction...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Nous avons lu ce livre collectif, que nous avons grandement apprécié, commis sous la direction de Jean Lopez, fondateur et directeur de la rédaction de <a href="https://www.guerreshistoire.tv/FR/"><em>Guerres &amp; Histoire</em></a> et d’Olivier Wieviorka, membre de l’Institut universitaire de France et professeur à l’ENS Cachan. Cette étude revient sur «&nbsp;<em>les my</em><em>thes de la Seconde Guerre mondiale&nbsp;», </em>mythes qui empêchent la bonne compréhension des événements. A ce sujet, nous lisons dans l’introduction&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Si la Seconde Guerre mondiale est de jour en jour mieux connue, grâce aux recherches que mènent avec ténacité les historiens, bien des mythes ont la vie&nbsp;dure</em>&nbsp;».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La question à se poser est la suivante : pour quelles raisons les mythes perdurent-ils malgré la qualité de la recherche historique ? Lopez et Wieviorka pensent que «&nbsp;<em>la persistance de ces idées convenues, à défaut d’être conformes, témoigne d’une difficulté : les historiens, malgré leur talent, ne sont pas toujours parvenus à faire partager au grand public les fruits de leurs travaux</em>&nbsp;». Espérons que ce gros volume parvienne à casser les idées reçues.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cette somme «&nbsp;<em>se divise en deux parties inégales. La première se penche avant tout sur les opérations militaires, et tente de séparer le bon grain (la réalité historique) de l’ivraie (les idées reçues). Reprenant le même schéma, la seconde se veut plus sociale et plus politisée</em>&nbsp;». L’objectif de l’ouvrage est clairement affiché : « <em>Rétablir quelques faits en revenant, au crible de trente-sept chapitres, sur de grands mythes qui, pour être parfois considérés comme vérités d’Evangile, n’en restent pas moins erronés. Sans viser à l’exhaustivité, il espère contribuer à offrir aux lecteurs le fruit des recherches les plus récentes&nbsp;».</em></span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par exemple, nous entendons encore que «&nbsp;<em>l’économie soviétique ne pouvait rivaliser avec le potentiel du Reich</em>&nbsp;». Nous lisons que «<em>&nbsp;les plus récentes recherches invitent à poser un regard lucide sur ces deux systèmes productifs. Elles conforment qu’au rebours d’une image convenue l’Allemagne fut une puissance industrielle relativement faible tandis que l’Union soviétique, à l’inverse, sut développer un impressionnant outil productif à vocation militaire</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De même, il est encore enseigné que «&nbsp;<em>Pearl Harbor a signé une écrasante victoire de l’Empire Nippon sur les Etats-Unis</em>&nbsp;». L’étude factuelle des sources, des documents et des faits &#8211; non teintés d’idéologie &#8211; démontrent aisément le contraire. Une lecture partisane et partielle conduit certains à définir la guerre dans le Pacifique comme un front secondaire, alors qu’en réalité elle ne peut être vue ainsi : «&nbsp;<em>Loin d’être une part annexe d’une Seconde Guerre mondiale qui se serait jouée en Europe, la guerre du Pacifique est donc un conflit longtemps distinct de celle-ci et que l’on pourrait plus exactement appeler</em> guerre pour l’Asie&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le contributeur de ce chapitre ajoute :&nbsp;«&nbsp;<em>La géographie de la guerre du Pacifique, seule, interdit de la considérer comme secondaire, elle implique, directement ou indirectement &#8211; sans compter les Etats-Unis ! &#8211; plus de 40 millions de kilomètres carrés de surface terrestre &#8211; un gros quart des terres émergées -, abritant la moitié de la population mondiale en 1939, et un théâtre d’opération maritime représentant, si l’on y inclut l’océan Indien, près de 250 millions de kilomètres carrés, soit plus que l’ensemble des terres émergées, et près de la moitié de la surface de la Terre</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il est souvent écrit que «&nbsp;<em>la défaite de 1940 était inéluctable</em>&nbsp;». L’historien rappelle malgré tout que, lors de la percée de Sedan, l’armée française ne se présentait pas avec les meilleurs atouts pour gagner : mauvaise doctrine militaire, stratégie déficiente, rivalité entre l’armée de terre et de l’air, l’immobilisme durant la «&nbsp;<em>drôle de guerre</em>&nbsp;». Il précise surtout «&nbsp;<em>qu’il était possible d’éviter de subir une déroute quand la guerre a commencé en septembre 1939. Ainsi les Français ont-ils gaspillé huit mois…</em>&nbsp;»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un autre mythe est dénoncé avec moults arguments «&nbsp;<em>Les Allemands ont failli remporter la bataille d’Angleterre</em>&nbsp;». C’est faux ! La bataille a été perdue et bien perdue, à cause de mauvaises considérations tactiques et stratégiques voulues par la hiérarchie militaire allemande. Des raisons industrielles complètent l’analyse de l’échec : les Allemands se montraient incapables de produire plus ou autant d’avions que leurs adversaires. Voici les chiffres et ils ne souffrent d’aucune contestation possible. En 1940, les Allemands sortent <em>«&nbsp;seulement 1870 avions de chasse monoplaces de leurs usines contre 4823 pour les Britanniques. L’attrition au combat ne peut être comblée de la même manière&nbsp;</em>». Les autres années confirmeront et amplifieront l’écart de production.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce livre permet de comprendre qu’une seule bataille n’est jamais suffisante pour expliquer le déroulement d’une guerre, surtout une fois perçus ici la longueur et la multiplicité des fronts. Il n’existe pas une cause unique pour décrypter un événement mais plusieurs. Il convient de ne pas oublier les enchaînements et les rapports de cause à effet entre les différentes actions, militaires ou politiques.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, plus de 70 ans après les faits, chacun pourra constater que la propagande tourne à plein régime et qu’elle continue de faire des dégâts. Certains pensent vraiment que «&nbsp;<em>les homosexuels d’Europe furent déportés&nbsp;</em>» ou que les FTP &#8211; politiquement communistes &#8211; furent «&nbsp;<em>le fer de lance de la résistance armée</em>&nbsp;». Pour rappel, les cheminots ne constituèrent pas «&nbsp;<em>les fers de lance de la résistance française&nbsp;</em>». La manipulation gaulliste continue de produire des effets désastreux, même en 2020 : non, le cœur de la France libre ne battait pas à Londres et cela est brillamment démontré avec des arguments circonstanciés dans la présente étude. Koufra et Bir Hakeim furent des «&nbsp;<em>mythes fondateurs</em>&nbsp;» exploités par De Gaulle dans le contexte de la Débâcle et de l’Occupation : «&nbsp;<em>Koufra et Bir Hakeim demeurent les deux faits d’armes les plus célèbres des FFL. Ces succès ne sont pourtant ni les premiers, ni les plus importants&nbsp;</em>»…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’Histoire doit être étudiée et comprise loin des idéologies, de l’émotionnel et du sentimentalisme. Napoléon disait à juste titre :&nbsp;« <em>Qu&rsquo;est-ce l&rsquo;histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d&rsquo;accord</em> ? » Chacun tirera, ou non, les conséquences qui s’imposent…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_3861" aria-describedby="caption-attachment-3861" style="width: 400px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-3861" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/Les-mythes-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.jpg?resize=400%2C600&#038;ssl=1" alt="" width="400" height="600" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/Les-mythes-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/10/Les-mythes-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-3861" class="wp-caption-text">Les mythes de la Seconde Guerre mondiale &#8211; Jean Lopez &amp; Olivier Wieviorka &#8211; 2020 &#8211; Éditions Perrin</figcaption></figure>


<p></p>
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		<title>«La fin du Moyen Âge» : une époque d’une rare vitalité créative</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2020 16:17:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Joël Blanchard]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Âge]]></category>
		<category><![CDATA[Université du Mans]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 01/10/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">«La fin du Moyen Âge» : une époque d’une rare vitalité créative</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’auteur et professeur émérite </strong><strong>à l’Université du Mans Joël Blanchard, est un spécialiste reconnu des XIV</strong><strong><sup>e</sup></strong><strong> et XV</strong><strong><sup>e</sup></strong><strong> siècles. Avec cette nouvelle étude intitulée <em>La fin du Moyen Age</em>, il revient sur cette période souvent assimilée à tor</strong><strong>t «<em>&nbsp;au déclin et au désenchantement&nbsp;</em>». </strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’image suivante est souvent retenue pour représenter ces deux siècles : «&nbsp;<em>Guerres, épidémies, famines, violences s’abattent sur le royaume de France au fil d’un affrontement qui dura plus d’un siècle et demi, la guerre de Cent Ans. Après plus de trois siècles d’heureuse continuité et de glorieuse légitimité capétienne, crise de succession, révoltes populaires et princières se multiplient sous les premiers Valois, plongeant le royaume de France dans un cycle de désastres et de redressements</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce tableau se montre quelque peu effrayant, mais l’intention de l’auteur n’est pas de «&nbsp;<em>céder à cette image crépusculaire obligée&nbsp;</em>». De même, il n’adhère nullement à l’idée de Michelet qui évoquait en son temps «<em>&nbsp;l’agonie du Moyen </em><em>Âge afin d’illustrer ce passage chaotique vers une renaissance flamboyante</em>&nbsp;». Le but avoué de Blanchard ne se situe pas dans le fait d’accorder des bons ou des mauvais points sur ce temps historique, mais de dire tout simplement ce qu’il fut et ce qu’il ne fut pas. Il écrit à juste titre le propos suivant : «<em>&nbsp;Sans vouloir minorer les tourments et les aspirations d’une société politique ébranlée dans ses croyances et ses pratiques, le présent livre se propose de revenir sur ce Moyen </em><em>Âge tardif si singulier&nbsp;»</em>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span>&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/immobilier/la-chartreuse-du-glandier-un-monastere-a-acquerir-aux-encheres-pour-un-projet-decole-catholique/19/09/2020/">La Chartreuse du Glandier : un monastère à acquérir aux enchères pour un projet d’école catholique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En définitive, tout au long de ces trois cents pages riches et réellement intéressantes, Blanchard répond à cette question fondamentale :&nbsp;«&nbsp;<em>Le bilan ne serait-il pas moins négatif, moins marqué par un déclin qui semblait inéluctable aux yeux des historiens des deux derniers siècles ?&nbsp;</em>» Il développe dès le départ une analyse essentielle au sujet de l’Histoire :&nbsp;«&nbsp;<em>On sait la difficulté que présente la périodisation de l’histoire, les débats qu’elle suscite chez les historiens et, surtout pour le Moyen Age, la tendance actuelle à envisager l’existence d’un Moyen </em><em>Âge long du XIII</em><em><sup>e</sup></em><em> au XIV</em><em><sup>e</sup></em><em>&nbsp;siècle</em><em>s, qui correspond à la genèse et au développement de l’Etat moderne. Il commence au XIII</em><em><sup>e</sup></em><em> siècle, peut-être même avant, quand la réforme grégorienne, ce que l’on a coutume d’appeler le second christianisme, refonde l’Occident&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce n’est donc pas un hasard si l’auteur encadre son étude par la grande guerre d’alors. Il précise&nbsp;: «<em>&nbsp;Le choix du cadre plus traditionnel de la guerre de Cent Ans et de la disparition des principautés territoriales a le mérite d’aller à l’essentiel. Il correspond à un moment décisif de l’histoire intellectuelle, celui marqué par le développement des nouvelles formes de production écrite, dans les Cours et dans les chancelleries&nbsp;</em>». De fait, en étudiant cette période, l’erreur serait de ne se consacrer qu’à un seul phénomène. Cette posture intellectuelle aurait pour conséquence d’amener les analyses produites à des fourvoiements majeurs :&nbsp;«&nbsp;<em>S’en tenir à une seule explication empêche de circonscrire exactement le problème que pose le règne des premiers Valois. Car </em>les temps<em>, nous l’avons dit, sont à la crise : crise économique avec ses cycles de pénurie monétaire, </em><em>de thésaurisation pour les uns, d’endettement massif pour les autres ; crise politique et diplomatique avec son cortège de guerres endémiques ; dé</em><em>flation démographique liée aux épidémies&nbsp;</em>». Ainsi, l’auteur énonce que «<em>&nbsp;l’image des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse (guerre, famines, peste, bêtes fauves) fréquente dans les récits des chroniques médiévaux, constitue l’arrière-plan, la trame transparente de nos analyses&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span></strong><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/forteresse-de-saint-vidal-un-puy-du-fou-a-lauvergnate/09/05/2020/">Forteresse de Saint-Vidal : un Puy du Fou à l’auvergnate</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, il convient de ne pas avoir en tête que ces seuls aspects, car <em>la Fin du Moyen </em><em>Âge </em>s’avère être une époque «&nbsp;<em>inspirée, savante, bouillonnante d’idées neuves et traversé</em><em>e d’une rare vitalité créative</em>&nbsp;». Les idées circulent, certains réfléchissent à l’organisation d’une nouvelle société &#8211; sans pour autant remettre en cause la notion de royauté comme en 1789 &#8211; pendant que la grande noblesse réclame déjà plus de pouvoir. La bourgeoise grimpe tout doucement l’échelle sociale et aspire à contrôler la monarchie, à l’image d’Etienne Marcel prévôt des marchands de Paris, qui entend faire plier l’autorité royale. La question de la tyrannie semble occuper nombre d’esprits, d’où les envies de limiter les pouvoirs royaux. Il existe également de grandes controverses théologiques, philosophiques et intellectuelles qui animent cette époque. Blanchard les présente, les restitue dans leur contexte et nous comprenons à travers ces différentes joutes que ce furent deux siècles très riches.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Blanchard écrit que «&nbsp;<em>ce livre se présente moins comme une histoire des théories et des idées politiques que comme la tentative de saisir l’heure du danger, l’espace entre le dedans et le dehors. La liberté, la force d’anticipation de la fiction</em><em>, est capable de restituer ces moments rares où alternent espoir et crainte, à l’heure où tout menace de s’effondrer. Il s’agit moins de définir la dimension dogmatique de l’Etat que de lui restituer sa contingence</em>&nbsp;». Nous considérons cette étude comme la réhabilitation de deux siècles méconnus et surtout vilipendés pour de mauvaises raisons :&nbsp;«&nbsp;<em>La critique est aisée, mais l&rsquo;art est difficile</em>… »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2020 14:25:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Cédric Lewandowski]]></category>
		<category><![CDATA[Hôtel de Brienne]]></category>
		<category><![CDATA[Lucien Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon Bonaparte]]></category>
		<category><![CDATA[République]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cédric Lewandowski est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’université Paris VIII....</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/lucien-et-napoleon-bonaparte-une-relation-complique/14/09/2020/">Lucien et Napoléon Bonaparte : une relation compliquée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Cédric Lewandowski est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’université Paris VIII. Il a été directeur du cabinet civil et militaire du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à l’Hôtel de Brienne. Pour son premier ouvrage, il nous fait la grâce d’une très belle biographie consacrée à Lucien Bonaparte, frère de Napoléon, surnommé comme le sous-titre l’indique «<em>&nbsp;le Prince républicain</em>&nbsp;».</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans son <em>Histoire du Consulat et de l’Empire</em>, Louis Madelin écrit un propos élogieux au sujet de Lucien :&nbsp;«&nbsp;<em>Le plus intelligent des siens après Napoléon&nbsp;</em>». Il est toujours difficile lorsqu’on aborde l’épopée napoléonienne d’évoquer d’autres personnalités que celle de Napoléon. Dans la préface écrite par l’un des descendants de Lucien, nous lisons ce pertinent constat : «<em>&nbsp;Les inconditionnels de l’Empereur n’ont qu’un seul Dieu, Napoléon &#8211; et lui seul &#8211; et ceux qui ont osé se dresser contre lui ne méritent que l’opprobre et l’oubli.</em>&nbsp;» Pourtant, cette méthode qui consiste à ostraciser certains protagonistes du passé ne nous semble guère idéale pour étudier sérieusement et sereinement l’Histoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le préfacier atteste que l’une des nombreuses difficultés de l’historien tient au fait que beaucoup se montrent&nbsp;«&nbsp;<em>injustes avec la famille de Napoléon, et plus particulièrement avec Lucien, car il semble plus difficile à cerner que les autres</em>&nbsp;». De fait, Lucien fut l’un des membres de la famille Bonaparte qui évolua le plus loin de la sphère napoléonienne. Dans ces conditions, les historiens se sont probablement moins intéressés à cette figure, alors que Lucien reste un personnage important pour Napoléon, notamment dans la conquête du pouvoir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">De prime abord, il paraît difficile de le décrypter. Toutefois, Lewandowski arrive à nous présenter un Lucien Bonaparte dans toute sa complexité. En effet, certains le voient comme « <em>un irréductible opposant</em>&nbsp;», alors que d’autres le considèrent comme «&nbsp;<em>un précieux allié de son frère en bien des circonstances</em>&nbsp;». La vraie question à se poser est la suivante : qui fut réellement Lucien ? En parcourant les pages, nous découvrons «&nbsp;<em>un homme libre, profondément indépendant, doué d’un fort caractère, qui ne rentrait dans aucune case </em>». De plus, il montre souvent du courage. Il n’hésite pas à s’opposer à son illustre aîné lors de la vente de Louisiane et même à condamner l’exécution du duc d’Enghien. Il refuse également de voir Napoléon «&nbsp;<em>se comporter comme le chef de famille, apanage de Joseph, et bien sûr de divorcer de son épouse Alexandrine&nbsp;». </em>Lucien critique aussi <em>«&nbsp;la violence exercée contre le Pape, dont il était proche&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dès les premières lignes, Lewandowski s’interroge : «&nbsp;<em>Est-il possible de rendre hommage aujourd’hui à un homme dont la légende napoléonienne a tenté avec méthode d’effacer la moindre trace ? Comment rendre à Lucien Bonaparte la juste place qu’il mérite dans notre histoire ?&nbsp;</em>» Dans les biographies consacrées à Napoléon, Lucien est évoqué, mais souvent en filigrane, ou alors de très loin. L’auteur lui rend donc justice en publiant une étude passionnante qui ravira les passionnés d’histoire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il nous explique également comment est né ce projet d’écrire sur Lucien :&nbsp;«&nbsp;<em>Après avoir occupé pendant cinq ans son bureau à l’hôtel de Brienne et découvert la densité du personnage, j’ai souhaité faire partager à ceux qui éprouvent quelque curiosité pour cette époque l’incroyable destin du frère cadet de Napoléon. Tel est le défi que j’ai décidé de relever, peut-être imprudemment. </em>» Lucien ne s’est pas donné la peine que de naître, pour reprendre une idée développée par Beaumarchais dans <em>Le Mariage de Figaro</em>. L’auteur estime que «<em>&nbsp;la lecture des Mémoires de Lucien Bonaparte suffit pour se convaincre de la richesse intérieure du personnage qui dépasse largement le fait d’être né dans l’une des plus illustres familles des siècles passés.</em>&nbsp;»</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Effectivement, le parcours de Lucien donne «&nbsp;<em>le tournis</em>&nbsp;» pour reprendre l’expression de Lewandowski :&nbsp;«&nbsp;<em>militant politique, parlementaire, ministre, ambassadeur, tribun, grand amoureux, père aimant de ses douze enfants, écrivain, astrologue, archéologue, collectionneur, marchand d’art, parfois au pouvoir, le plus souvent en exil, notre homme échappe à toute classification, ce qui certes lui a offert la liberté dont il était si avide mais le perd dans la mémoire collective.</em>&nbsp;» Napoléon avait dit :&nbsp;«&nbsp;<em>Quel roman que ma vie&nbsp;!</em>&nbsp;» Cette maxime peut, sans forcer le trait, s’appliquer aussi bien à celle de Lucien.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur juge que «<em> Lucien était peut-être le plus doué des enfants de Charles et Laetizia Bonaparte. Mais l’heure était aux tourments de la guerre, et, dans ce domaine, Napoléon, le général, a tout emporté, tout dévoré et contraint sa famille et ses proches à subir son despotisme</em>&nbsp;».&nbsp; Néanmoins, Lucien aurait pu accepter la tutelle de Napoléon, à l’image de ses autres frères et sœurs mais «&nbsp;<em>son orgueil autant que son intelligence s’y sont refusés</em>&nbsp;». Il ne voulait «&nbsp;<em>laisser à personne le soin de lui dicter sa conduite</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lucien aide son frère qui, président du Conseil des Cinq-Cents, évite que le coup d’Etat du 18 brumaire ne se solde par un échec. La suite est connue ou se devine aisément. Les visions politiques de Lucien et Napoléon entrent trop souvent en confrontation, pour que les deux frères puissent travailler ensemble sur le long terme. Il existe aussi de sérieuses divergences, que l’un et l’autre expriment publiquement, à l’endroit de leurs vies privées respectives. Lucien n’aime pas «&nbsp;<em>la vieille&nbsp;</em>», comprendre Joséphine, Napoléon ne veut pas qu’une femme divorcée et de basse condition entre dans la famille. Alexandrine avait épousé en premières noces le banquier Hippolyte Jouberthon, dont elle était veuve. Napoléon entendait que sa fratrie intègre sans rébellion son <em>système</em>, notamment dans le cadre de sa politique matrimoniale, à l’instar des grandes et anciennes familles régnant en Europe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’auteur nous permet de suivre pas à pas Lucien en exil, de Rome à Londres. Nous le voyons mener de nombreux projets intellectuels et historiques que Lewandowski nous conte avec talent. Quand le voile couvrira le soleil impérial, durant les Cent-Jours, il croit et œuvre, comme d’autres, à un Empire réformé ou plus libéral. Dans le malheur des défaites et désastres, lui qui vécut en dehors de France et loin des siens, apporte son concours pour défendre l’œuvre napoléonienne. Beaucoup auraient laissé l’amertume les envahir et se seraient abstenus de tendre la main à un frère se débattant dans les plus grandes difficultés. Cet acte témoigne de la bonté de son cœur…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lui l’ardent républicain fut quand même pair de France, prince français, et prince de Canino par la grâce du Pape Pie VII. Cependant, comme nous l’apprenons en lisant cette belle biographie&nbsp;: «&nbsp;<em>il reste profondément attaché à la République qu’il espère voir triompher un jour. Républicain de cœur, prince de circonstance, Lucien Bonaparte est un prince républicain</em>&nbsp;». Lewandowski conclut de fort belle manière :&nbsp;« <em>Tout en sacrifiant à la réalité, notre héros n’a jamais abandonné ses rêves. </em>» A nos yeux, quoique l’on puisse penser de la République ou de l’Empire, force est de reconnaître que c’est quand même le plus important…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_4290" aria-describedby="caption-attachment-4290" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4290" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/09/cedric-lewandowski-lucien-bonaparte-le-prince-republicain.jpg?resize=300%2C455&#038;ssl=1" alt="" width="300" height="455" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/09/cedric-lewandowski-lucien-bonaparte-le-prince-republicain.jpg?w=300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/09/cedric-lewandowski-lucien-bonaparte-le-prince-republicain.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-4290" class="wp-caption-text">Lucien Bonaparte : Le prince républicain &#8211; Cédric Lewandowski &#8211; 2019 &#8211; Éditions Passés Composés</figcaption></figure>


<p></p>
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