ITER : un programme qui vise à maîtriser la fusion nucléaire

Vue aérienne du projet ITER pendant sa construction en 2018 en Provence.

Je me souviens qu’étant enfant mon professeur de sciences nous affirmait que la seule méthode actuellement viable pour tirer de l’énergie des sources nucléaires était la fission nucléaire (génération d’énergie en brisant des atomes) et que la fusion nucléaire (réunion d’atomes pour créer de l’énergie) serait l’avenir si un jour elle venait à exister. Chose est désormais en cours avec le projet international ITER (pour International Thermonuclear Experimental Reactor). Actuellement en cours de construction à Cadarache, dans le Sud de la France, ITER se veut comme un modèle pour les centrales à fusion nucléaire du futur.

 

Le principe du projet ITER

Sous l’autorité de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique), le projet ITER a pour ambition de créer un petit soleil artificiel ! En effet les scientifiques cherchent à recréer la fusion nucléaire telle qu’elle peut être présente à la surface du Soleil. Deux isotopes d’hydrogène sont ainsi fusionnés pour générer de l’énergie. Tout ceci est réalisé dans un four géant, chauffé à 150 millions de degrés, à forme de donut, se nommant Tokamak (invention russe). Quant aux moyens nécessaires pour générer cette fusion nucléaire, ils sont présents en grande quantité sur Terre et sont au nombre de deux : l’eau (eau douce ou eau de mer) et le lithium (présent à foison dans la croûte terrestre et qui sert notamment à fabriquer les batteries de téléphones portables).

 

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Il est toutefois à noter que le projet ITER n’est qu’un projet à titre expérimental. Les véritables centrales à fusion nucléaire servant à alimenter nos maisons en électricité prendront le nom de DEMO (DEMOnstration power plant) et seront construites sur le modèle d’ITER.

En termes d’énergie, une centrale nucléaire produit aux alentours de 850 mégawatts (il y a 19 centrales nucléaires en France qui produisent 71,6% de l’énergie de notre pays) ; ITER devrait en produire 500 et à terme DEMO devrait en produire 1 500 !

 

Une histoire nationale et internationale

Le projet ITER commença par la volonté de Mikhaïl Gorbatchev de créer un réacteur à fusion nucléaire, véritable promotion de l’énergie du futur. Il présenta en premier lieu son projet au président français François Mitterrand puis essaya de convaincre les États-Unis de Ronald Reagan de participer au projet. Au fil de nombreuses discussions les deux pays acceptèrent et furent bientôt rejoints par l’intégralité de l’Union Européenne, par la Suisse, le Royaume-Uni, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde.

 

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Jacques Chirac fit ensuite en sorte, au moment de trouver un lieu d’implantation pour ITER, que celui-ci soit bâti à Cadarache, plus grand centre européen sur la recherche et le développement des énergies nucléaires (fission et fusion confondues). La solution fut bien entendu retenue.

 

Des critiques et des réalités

Des critiques émanèrent dans le camp des écologistes trouvant ce projet trop cher (ITER a triplé son budget initial pour atteindre la somme considérable de 20 milliards d’euros) et irréalisable.

Pour autant ceux-ci devraient se réjouir ! En effet ITER ne pollue pas, aucun déchet nucléaire n’est produit au cours du processus et la réalisation de la fusion nucléaire ne coûte que peu en matériaux. Si une catastrophe nucléaire devait se produire, l’énergie accumulée détruirait le centre nucléaire, ni plus ni moins, et les structures ne seraient polluées « nucléairement » parlant « qu’une dizaine d’années ». ITER devrait entrer en fonctionnement effectif entre les années 2025 et 2026.

Les centrales DEMO devraient, elles, entrer en fonctionnement aux alentours de 2060 selon Bernard Bigot (directeur général d’ITER Organisation). Cette énergie est-elle l’énergie qui sauvera notre planète ? Peu de personnes peuvent l’affirmer mais rien ne nous empêche de l’espérer.

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