L’identité : une notion mal comprise et mal-aimée

Village de Rocamadour - Lot

Les défenseurs actuels de la philosophie des Lumières entendent lutter contre ce qu’ils appellent « l’assignation identitaire ». Ce faisant ils se rallient à cette fiction d’un homme universel qui serait comme une matière neutre à laquelle on pourrait ou non « assigner » une identité.

 

Limitant ainsi la notion à un choix strictement individuel avec une relativisation à l’extrême de ses critères, l’identité transmise est désormais vécue comme aliénante et l’homme moderne lui préfère la très narcissique « autodétermination ».

C’est au fond une négation totale du rôle des communautés naturelles – essentiellement la famille, la nation et le village – dans l’édification de l’homme. C’est également un refus de l’héritage et des responsabilités auxquelles il engage. Pour répondre, j’en reviens à l’enseignement contre-révolutionnaire :

Si je suis homme, c’est parce que je suis membre d’une famille et d’une nation

…parce que j’ai reçu des groupes auxquels j’appartiens un langage, une éducation, une pensée particulière, des mœurs, des connaissances, des savoir-faire, un patrimoine. Tout cela est une part essentielle de mon identité. Tant d’éléments culturels qui en fait me précèdent dans mon humanité et la permettent.

L’identité regroupe donc un ensemble de conditions de notre humanité, si bien que défendre une identité, c’est défendre véritablement l’homme. Pas dans un sens universel, déraciné et finalement abstrait, mais dans sa réalité concrète, comme le fruit nécessaire d’un groupe humain. S’il y a une universalité dans la nature humaine, elle ne vient pas avant mais après l’identité.

Il faut en conclure que l’identité n’est pas qu’une « assignation » posteriori, mais la cause même de notre être : être nécessairement social, étant le produit d’une civilisation singulière.

Il n’existe aucun homme sans identité. On ne saurait contester cette affirmation quand on l’individualise. Alors quelle déraison ne faut-il pas pour nier l’existence d’une identité collective, pour condamner qu’on la défende ou nier le nécessaire sentiment d’appartenance, puisqu’au fond c’est le groupe qui fait l’homme. Le groupe dépositaire d’une mémoire, d’un imaginaire, d’une poésie et en somme d’un dépôt civilisationnel qui impacte profondément chacun de ses membres.

L’identité c’est la culture et la culture c’est l’homme. Par conséquent, quand ces philosophes entendent lutter contre « l’assignation identitaire », c’est contre les hommes eux-mêmes qu’ils combattent, encore illusionnés par la chimère rousseauiste du bon sauvage.

J’ajoute encore que résumer l’identité à une ethnie est très limité et je souligne la mauvaise foi de nos contradicteurs lorsqu’ils la caricaturent ainsi. Car par cette objection simpliste, ils en profitent pour isoler l’individu de ses origines, comme si les générations d’ancêtres ayant vécu et répété une tradition donnée pendant des siècles avaient laissé leur progéniture immaculée de tout atavisme. C’est un point de vue de déraciné.

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