Benoît Chassériau peint par son fils Théodore Chassériau en 1832 (Musée du Louvre).

Benoît Chassériau est un diplomate et agent secret français. Il est le premier diplomate français de la république de Colombie.

 

La contribution des Français à l’indépendance de l’Amérique du Nord avec La Fayette et Rochambeau est particulièrement célèbre. Pour autant, l’appui de Français à l’indépendance de l’Amérique du Sud a également comporté quelques noms dont l’Histoire ne retient que peu : Benoît Chassériau, Pierre Labatut, René Beluche, Jean Lafitte ou encore Louis-Michel Aury.

 

De l’Orient à l’Amérique du Sud

Né le 19 août 1780 d’une famille d’armateurs rochelais, Benoît Chassériau du Chiron est le dernier d’une fratrie de 17 enfants. Rapidement attiré par le grand large, il participe aux expéditions menées par Bonaparte en Orient à partir de 1798. Bien que particulièrement jeune, il administre comme contrôleur des Finances deux importantes provinces de la Haute-Égypte. En 1802, il est nommée Trésorier général lors de l’expédition de Saint-Domingue puis secrétaire général de la Colonie. Après avoir démissionné de son poste, il devient planteur de café à Samana. A la suite du soulèvement de la population, Chassériau est fait prisonnier. Il parvient à s’échapper et en profitera pour visiter les Antilles et une partie de l’Amérique du Sud.

En 1806, il épouse Marie Madeleine Couret de la Blaquière avec qui il aura 5 enfants dont Théodore Chassériau (peintre), Frédéric-Victor-Charles (conseiller et historiographe de la marine et Ernest (chef de bataillon d’infanterie de marine mort à la bataille de Bazeilles en 1870). En 1813, Benoît Chassérieau est nommé ministre de la Police de l’État libre de Carthagène des Indes. A ce poste, il sécurise les frontières et les routes maritimes du jeune État. L’année suivante, Chassériau dirige une expédition secrète contre Portobelo au Panamá afin de libérer la ville de la domination espagnole. Certains capitaines corsaires français comme Beluche et Aury se joignent à lui. Malheureusement, l’expédition se révèle être un échec complet, les Espagnols les repoussent.

 

L’agent secret

En 1815, il sauve indirectement la vie de Simón Bolívar à Kingston (Jamaïque) en lui donnant de l’argent et le conseillant de partir de son hôtel. La nuit même, son successeur de chambre fut assassiné, le tueur croyant que sa victime était Simón Bolívar. En 1816, Chassériau contribue financièrement à l’expédition de los Cayos coordonnée par Bolivar dont l’objectif était de libérer le Venezuela des forces espagnoles. En 1822, une mission un peu spéciale lui est confiée : garder un œil sur José Félix Ribas y Palacios, fils du héros de l’indépendance du Venezuela, José Félix Ribas y Palacios, et cousin de Simón Bolívar. Chassérieau l’envoie en pension à Paris.

La même année, le ministre des Affaires étrangères français, François-René de Châteaubriand l’envoie en mission en tant qu’agent de renseignements en Colombie. Pour celle-ci, Chassériau prend son fils en secrétaire. En 1824, il devient agent commercial et maritime et 1er diplomate auprès de la république de Colombie. Ses missions sont doubles : faciliter les relations diplomatiques entre le nouvel État et la France et favoriser les relations commerciales entre les deux entités notamment via la Martinique. Dans ce cadre, il fournit de nombreux renseignements à Paris sur la situation de la colonie espagnole afin de permettre à la France d’adopter une attitude favorisant indirectement l’indépendance.

En 1826, il est agent du Département de la marine sur l’île danoise de Saint Thomas. Cette petite île qui abritait de nombreux corsaires, pirates et flibustiers est devenu une zone franche. Depuis la deuxième partie du XIXe siècle, l’île, en proie aux ouragans, à la sécheresse et à la concurrence américaine est en déclin économique. Néanmoins, elles conservent une position géographique stratégique. En 1832, il est nommé Vice-consul à Saint Thomas puis consul honoraire et titulaire à Porto Rico. Benoît Chassériau décède à son poste à Porte Rico le 27 décembre 1844.

 


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