Le lieutenant Hubert Germain (à gauche) avec le capitaine Paul Arnault, à El Alamein en Egypte en 1942. ©Musée de l'ordre de la Libération.

Hubert Germain est un résistant et homme politique français de la deuxième moitié du XXème siècle. Compagnon de la Libération, il est le dernier de son ordre à décéder en octobre 2021. 

 

Il était le dernier. Le seul survivant d’un ordre héroïque dont l’avant dernier représentant, Daniel Cordier a rejoint le ciel en novembre 2020. « Quand le dernier d’entre nous sera mort, la flamme s’éteindra. Mais il restera toujours des braises. Et il faut aujourd’hui en France des braises ardentes ! » déclarait Hubert Germain dans son ouvrage Espérer pour la France ; mémoires d’un compagnon de la libération paru en octobre 2020.

Né le 6 août 1920 à Paris, Hubert Germain est le fils d’un officier général des troupes coloniales. Son enfance est rythmée par les affectations de son père. Après la Syrie et l’Indochine, Germain rentre en France où il passe le baccalauréat à Paris au lycée Saint-Louis (6ème). A l’issue, il se tourne vers Bordeaux afin de préparer le concours de la prestigieuse Ecole Navale. En juin 1940, alors que les Allemands sont en passe de rentrer dans Paris, il rend copie blanche mettant un trait sur son concours sous prétexte de ne pas vouloir servir une armée soumise aux futurs occupants. Il rejoint fin juin l’Angleterre avec quelques camarades et s’engage dans les Forces françaises libres. Après  avoir suivi une formation d’officier de marine sur le cuirassé Courbet, il part en Palestine participer à la campagne de Syrie afin de se battre contre les troupes vichystes.

Affecté à la 13ème  demi-brigade de la Légion étrangère, il participe à la bataille de Bir-Hakeim où il est cité à l’ordre de l’armée puis à la bataille d’El Alamein quelques mois après. Traversant la Méditerranée, il est blessé lors de la campagne d’Italie en 1944 en dirigeant des tirs de mitrailleuses afin de couvrir un bataillon qui attaquait. Evacué, le général de Gaulle lui attribue personnellement la Croix de la Libération en juin. Remis sur pied, le lieutenant Germain débarque en Provence et participe à la libération de la France qu’il a quittée quelques années auparavant. Toulon, la vallée du Rhône, Lyon puis l’Alsace en direction de l’Allemagne, il termine la guerre dans les Alpes.  

 

Une carrière civile et politique

La guerre terminée, il est appelé par le général Kœnig, commandant les forces d’occupation en Allemagne à devenir son aide de camp. Démobilisé en 1946, il se reconvertit dans le civil et devient cadre dans différentes entreprises privées avant d’être élu maire de Saint-Chéron (actuel Essonne) en 1953 pendant 12 ans. Durant son mandat il est chargé de mission une première fois auprès du ministre des armées, Pierre Messmer de 1960 à 1962 avant d’être élu député sous étiquette UDR de Paris cette même année jusqu’en 1973. Il est nommé durant sa députation ministre des postes et télécommunications (PTT).

En 1975, un an après avoir quitté son poste de ministre, il est initié à la Grande Loge de France et entre dans la franc-maçonnerie. Il devient membre fondateur de la loge « Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération » et grand-maître d’honneur de la Grande Loge de France. Il est nommé la même année à la tête de la Société française de télédistribution jusqu’en 1982, avant qu’il ne prête officiellement sa retraite. Membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis décembre 2010, il est nommé chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération en 2020. En septembre 2021, il est le dernier compagnon de la Libération à recevoir le grade de caporal-chef honoraire de la Légion étrangère. Le 12 octobre 2021, Hubert Germain décède dans sa chambre de l’hôpital militaire des Invalides à l’âge de 101 ans. Enterré au mont Valérien, son inhumation a lieu le 11 novembre 2021.

 


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