Infrastructures routières : une tendance à l’écologie pour dynamiser les territoires

Publié le 02/04/2021

Autoroute A 63. Image d'illustration. ©gasdub / Flickr

Si certains rêvent d’une vie sans voiture, la route reste le premier mode de déplacement des Français. Indispensable pour des millions d’entre eux, elle est souvent l’unique possibilité pour se rendre sur leur lieu de travail ou pour aller effectuer des achats de première nécessité. La route joue un rôle prépondérant dans la mobilité, le dynamisme et l’économie de notre pays et veiller à son bon état est donc primordial.

 

Le maillage routier de notre pays est l’un des plus denses d’Europe et continue de s’étendre. De 962 000 kilomètres en 1995, le réseau routier français est passé à 1 073 000 kilomètres en 2014, puis à 1 103 745 kilomètres en 2018. À cela, une raison simple : même s’il est effectivement très développé, certaines parties du territoire français restent malgré tout isolées. Dans ces cas-là, la construction d’une nouvelle route s’impose souvent comme une évidence. Ce fut le cas, notamment, dans la région Nouvelle-Aquitaine où l’autoroute A65 a finalement vu le jour en 2010 entre Pau et Langon après des années d’attente. Le Vice-président du conseil régional, Bernard Uthurry, alors chargé des transports, y voyait « vingt ans de retard rattrapés pour des territoires enclavés ».

 

LIRE AUSSI → ITER : un programme qui vise à maîtriser la fusion nucléaire

 

Un exemple qu’espèrent suivre 1 400 chefs d’entreprise du département de la Haute-Vienne qui, désespérant de voir naître une ligne de train à grande vitesse entre Limoges et Poitiers, militent depuis plusieurs années pour la création d’une autoroute reliant les deux villes afin de désenclaver leur département et ainsi favoriser le développement économique de leur région. Leur vœu pourrait bien être exaucé puisque le gouvernement a fait savoir le 28 novembre 2020, par la voix du ministre délégué aux transports Jean-Baptiste Djebbari, que des « études de faisabilité d’une concession autoroutière » allaient être menées afin d’envisager la construction de cette fameuse autoroute « qui fait aujourd’hui défaut dans le maillage autoroutier national».

 

La route comme alliée indispensable à l’emploi

Outre son rôle de facilitateur de mobilité, la route est aussi une alliée de poids de l’emploi en France. À elle seule, l’industrie routière représente plus d’un tiers des travaux publics dans l’Hexagone. En effet, selon les statistiques de la Fédération Nationale des Travaux Publics, les travaux routiers ont engendré 15,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, soit 34,4 % des 44,5 milliards du secteur, loin devant les terrassements, les canalisations, les travaux électriques et les voies ferrées. Derrière ces milliards d’euros, il y a bien sûr des milliers d’emplois, parfois à destination de personnes qui ont des difficultés à trouver du travail. C’est le cas sur le futur chantier d’élargissement de deux à trois voies de l’autoroute A57, dans le Var, entre les échangeurs de Benoît-Malon et Pierre-Ronde, où le maître d’ouvrage, en lien avec ses partenaires, va injecter 70 000 heures d’insertion pendant les quatre années que vont durer les travaux, soit l’équivalent de 44 emplois à plein temps. Par ailleurs, « le chantier aura aussi un impact sur l’emploi d’un certain nombre de personnes qui résident sur Toulon, voire à proximité », se félicite Evence Richard, préfet du Var.

 

LIRE AUSSI → Trottinette électrique : une hérésie écologique au service de l’individualisme

 

Lorsqu’elle ne fournit pas directement un emploi, la route n’en est pas moins essentielle à la vie professionnelle de nombreux Français qui, sans infrastructure routière, ne pourraient tout simplement pas se rendre sur leur lieu de travail. Bien que l’idée d’un recul de la voiture soit séduisante dans les centres-villes, il n’est pas toujours possible ou aisé d’utiliser les transports en commun pour aller travailler. Selon un sondage Ipsos paru en avril 2019, 75 % des Français utilisent leur voiture pour se rendre au travail, contre seulement 9 % qui prennent le bus, 7 % le métro et 6 % le vélo. Et cela est d’autant plus vrai que, pour nombre de travailleurs, aucune alternative n’existe. Selon l’étude Auto Parc 2019 de Kantar, si seulement 11 % des habitants de l’agglomération parisienne disent ne pas pouvoir aller au travail sans leur voiture, ce taux monte à 26 % dans les métropoles de plus de 100 000 habitants, à 30 % dans les villes de 20 000 à 100 000 habitants, à 46 % dans les petites agglomérations de moins de 20 000 habitants et à 59 % en zone rurale. Pour ne prendre qu’un seul exemple, en Bourgogne-Franche-Comté, neuf personnes sur dix utilisent la route pour se rendre sur leur lieu de travail et le télétravail, désormais privilégié avec la crise sanitaire, n’est pas possible dans bien des cas.

 

Des routes de plus en plus vertes

Bien qu’indispensable à la mobilité des Français, au dynamisme des territoires et pourvoyeuse d’emplois, la route est régulièrement sous le feu des critiques. Le principal reproche qui lui est fait : elle pollue ! Si l’on ne peut pas nier que le transport routier représente plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France, il semble tout de même bien difficile de trouver une alternative sérieuse et à grande échelle, surtout lorsque l’on sait que 87 % des trajets en France s’effectuent sur les routes. Le gouvernement a bien compris qu’il était utopique de se passer des centaines de milliers de kilomètres de routes pour circuler, parce qu’elles sont « le support de la mobilité quotidienne » de nombreux Français, comme il est écrit dans France Relance, le plan de relance publié le 3 septembre 2020. Quelques propositions y sont donc faites afin de verdir les déplacements sur le réseau routier. Cela passe par le développement de bornes de recharge sur les routes nationales et les autoroutes, mais aussi la promotion du report modal de la voiture vers les transports en commun et les modes partagés en réservant, par exemple, des voies aux bus et aux véhicules pratiquant le covoiturage, en construisant des parkings réservés au covoiturage ou en favorisant les pôles d’échanges multimodaux. Autant de dispositions qui ne sont pas sans rappeler le concept d’autoroute bas carbone développé par Vinci Autoroutes.

 

LIRE AUSSI → Infrastructures routières : le «patrimoine de mobilité» français ne cesse de se dégrader

 

Enfin, outre la circulation des véhicules, un autre facteur entre en ligne de compte dans la pollution générée par les routes : il s’agit de leur conception. En effet, que ce soient les matériaux ou les engins utilisés sur les chantiers, à toutes les étapes de leur construction, les routes sont source de pollution, comme le signalait récemment l’Autorité de régulation des Transports dans son rapport consacré à l’économie des concessions autoroutières. Or, on sait déjà que, dans les années à venir, de nombreux travaux vont devoir être entrepris sur le réseau routier géré par l’État, sans quoi 60 % des chaussées seront très dégradées d’ici 2037, selon un audit externe commandité par le ministère des Transports. C’est pour cette raison que de nombreux acteurs du secteur ont mis au point des produits et techniques afin de réduire leur impact sur l’environnement : liant végétal pouvant se substituer au bitume, enrobé à l’empreinte carbone neutre conçu avec 40 % d’agrégats recyclés et un liant végétal ou encore enrobé 100 % recyclé, les solutions ne manquent pas pour rendre nos routes plus vertes tout en veillant à ce qu’elles restent en bon état. La route peut se renouveler et effacer peu à peu ses effets négatifs tout en préservant ses atouts utiles à des dizaines de millions de Français.

 


Vous avez apprécié l’article ? Aidez-nous en faisant un don

Laisser un commentaire

RSS
Share
Instagram