Baccalauréat : un nivellement par le bas 100% français

95.7% des 745.900 candidats ont reçu leur diplôme à l'issue de la première session de rattrapage. Image d'illustration.

Avec près de 96 % de réussite au baccalauréat, la cuvée 2020 promet d’être une grande année. Un record ! Il faut dire que le ministère de l’Éducation nationale a mis les moyens. Il s’est battu pour que chaque petit français puisse aller à l’école, une obligation pour libérer les parents et relancer ainsi la machine économique du navire en détresse « France ».
L’usine à bachelier a marché comme prévu, la production a été bonne. Une vraie entreprise céréalière ! Mais quid de la qualité ? Dans quel niveau de gamme vont entrer ces nouveaux bacheliers sur le marché de l’enseignement supérieur ? Bas de gamme, moyenne gamme ou haut de gamme ? Notre modèle d’enseignement est-il si bon que cela et nos jeunes si excellents pour ainsi arriver à ce chiffre pharaonique de 96 % (95,7% exactement) ? Ou alors le niveau du baccalauréat a-t-il été considérablement abaissé afin de tendre vers une dictature productiviste au mépris de la qualité ? Il suffit de demander aux Français pour avoir la réponse : chacun en est conscient, personne n’est dupe.

 

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Choisir, c’est discriminer !

Ce qui est rare est précieux. Le baccalauréat comme d’autres diplômes à une mission : sanctionner un acquis. Sans ce diplôme, il n’est pas possible de continuer dans les études supérieures. De même, trouver un travail « qualifié » sans celui-ci est difficile. Quoi de mieux que de le « donner » pour que certains jeunes déscolarisés puissent trouver plus facilement un emploi au lieu de « traîner » dans la rue ?
Autrefois, le baccalauréat était cette passerelle « discriminatoire » entre le lycée et les études supérieures. Question de place oblige ! Il était facile d’incorporer les étudiants pour deux raisons : l’une parce que cette épreuve triait naturellement les candidats et l’autre parce que les filières professionnelles étaient encouragées. Aujourd’hui, dans une société du tertiaire effrayée par certains mots, le terme « discriminé » est blasphématoire. Pourtant, le réel étant capricieux, cette discrimination continue de s’opérer insidieusement. Il faut bien choisir ! Avec le nombre de nouveaux bacheliers, les candidats sont sélectionnés « autrement ». « Une véritable loterie » diront certains. Alors pourquoi être le meilleur quand sa place dans une université française n’est même pas assurée ? Un véritable nivellement par le bas. Zéro pointé.

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