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	<title>Angleterre - Billet de France</title>
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	<title>Angleterre - Billet de France</title>
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		<title>Fusion nucléaire : VINCI remporte un contrat clé pour le projet STEP au Royaume-Uni</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/economie/fusion-nucleaire-vinci-remporte-un-contrat-cle-pour-le-projet-step-au-royaume-uni/21/03/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 13:46:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Contrat]]></category>
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		<category><![CDATA[Vinci]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 21/03/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/fusion-nucleaire-vinci-remporte-un-contrat-cle-pour-le-projet-step-au-royaume-uni/21/03/2026/">Fusion nucléaire : VINCI remporte un contrat clé pour le projet STEP au Royaume-Uni</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le partenariat industriel britannique UK Fusion Energy confie au groupement ILIOS, dirigé par Nuvia (VINCI Construction), la conception et la construction des infrastructures du programme STEP Fusion (fusion nucléaire) dans le Nottinghamshire.</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Royaume-Uni accélère dans la course mondiale à la fusion nucléaire. Le partenariat industriel UK Fusion Energy a sélectionné le groupement ILIOS, piloté par Nuvia, filiale de VINCI Construction spécialisée dans les projets nucléaires, pour concevoir et construire les infrastructures du programme STEP Fusion</span>, dans le Nottinghamshire.</p>



<p>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un contrat à 230 millions d&rsquo;euros</strong></span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce contrat, d’une durée de quatre ans et demi et d’une valeur de 200 millions de livres sterling (environ 230 millions d’euros), constitue la première phase d’un projet pionnier destiné à soutenir la transition énergétique bas carbone du Royaume-Uni. L’objectif du programme STEP est ambitieux : développer d’ici 2040 un prototype de centrale capable de produire de l’électricité grâce à l’énergie de fusion. Dans le détail, cette première phase prévoit la conception et la construction de l’ensemble des bâtiments, infrastructures et installations du site, dont environ la moitié du contrat sera réalisée par Nuvia.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/exosens-decroche-un-contrat-de-352-millions-de-dollars-avec-larmee-americaine/03/03/2026/">Exosens décroche un contrat de 352 millions de dollars avec l’armée américaine</a></span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’attribution de ce contrat illustre la reconnaissance internationale du savoir-faire de VINCI Construction dans les grands projets d’infrastructures énergétiques de haute complexité. Les équipes du groupe sont déjà mobilisées sur ITER, l’un des programmes scientifiques et technologiques les plus ambitieux au monde dans le domaine de la fusion nucléaire, actuellement en construction à Cadarache en France.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://media.licdn.com/dms/image/v2/D4E22AQGYynPXWUkbuQ/feedshare-shrink_800/B4EZzSUiqRJkAc-/0/1773055126494?e=1774483200&amp;v=beta&amp;t=URKodsv4BzGb5CMqF9F_kX-dmuk8K9D_pTwyBKq3cIk" alt=""/></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-text-align-center"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous avez apprécié l’article ? Aidez-nous en faisant un&nbsp;<a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1">don</a>&nbsp;ou en&nbsp;<a href="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/adhesions/adhesion-2025-billet-de-france">adhérant</a></span></p>



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		<title>«Au revoir Madame, tous les peuples vous pleurent»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/au-revoir-madame-tous-les-peuples-vous-pleurent/10/09/2022/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/au-revoir-madame-tous-les-peuples-vous-pleurent/10/09/2022/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Sep 2022 13:23:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Château de Balmoral]]></category>
		<category><![CDATA[Écosse]]></category>
		<category><![CDATA[Élisabeth II]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 10/09/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/au-revoir-madame-tous-les-peuples-vous-pleurent/10/09/2022/">«Au revoir Madame, tous les peuples vous pleurent»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 8 septembre 2022, la Reine Elisabeth II décède dans son château de Balmoral en Ecosse. Une page de l&rsquo;Histoire qui se tourne.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">De telles circonstances poussent à une métaphore depuis longtemps écrite : « London Bridge is Down ». Au-delà de ce mot, c’est un monde tout entier qui s’est écroulé : la reine Elizabeth II, souveraine du Royaume-Uni et du Commonwealth n’est plus. Elle brilla toute sa vie, sans ombre aucune, d’une lueur inimitable, qui toucha un jour au moins chacun de tous les êtres du monde et restera dans le plus profond souvenir humain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>A chaque instant retentirent les cloches</h3>
<p><span style="color: #000000;">Les cloches des 16 000 églises du royaume ont sonné une heure durant après l’annonce de la mort de la souveraine, une première depuis la mort du roi Georges VI en 1952. Elles recommenceront le jour des funérailles de la tête couronnée la plus puissante du monde, comme une dernière salve de tocsin pour que l’âme montante n’oublie jamais son peuple. Il semble d’ailleurs que des cloches accompagnèrent toujours Elizabeth Windsor, de son plus jeune âge à Buckingham au soir de sa vie à Balmoral.&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Née le 21 avril 1926, Son Altesse Royale la princesse Élisabeth d&rsquo;York n’est tout d’abord pas destinée à régner. Elle a pourtant déjà l’étoffe d’une souveraine, car en plus d’en avoir le sang, elle en a, dès l’âge de deux ans et selon les observations de Winston Churchill, la nécessaire force : « <em>Elle a un air d&rsquo;autorité et de réflexion époustouflant pour un enfant.</em> ». Heureuse nouvelle car bien vite, dès 1936 et en l’espace de quelques mois, la princesse Élisabeth devient héritière présomptive du trône. Le 20 janvier 1936, la mort de son grand-père le roi Georges V est suivie de près par l’abdication de son oncle Edouard VIII (1894-1972) le 11 décembre suivant. Deux salves de cloches retentissent en moins d’un an sur le Royaume-Uni : l’une pleure la fin de l’héritage victorien avec la mort du petit-fils de l’impératrice, l’autre gronde longtemps du bourdonnement du scandale. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une troisième inaugure vite un beau règne, sur une période hélas sombre. L’avènement au trône de Georges VI (1895-1952) fut bien vite rattrapé par la guerre et ses conséquences sur la vie londonienne. Sans doute ce fut le Blitz qui forgea le caractère de l’héritière du trône. La famille royale ayant refusé la fuite, elle partagea, entre Londres et Windsor et avec son peuple, les bombes, le rationnement et la peur : elle n’en fut que plus grande. En 1940, à l’âge de 14 ans, la princesse prononce au micro de la BBC une allocution destinée aux enfants : « <em>Nous essayons de faire tout ce que nous pouvons pour aider nos valeureux marins, soldats et aviateurs et nous essayons également de porter notre part du danger et de la tristesse de la guerre. Nous savons, chacun de nous, que tout se terminera bien.</em> ». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">En février 1945, à l’âge de 18 ans, alors qu’elle est l’un des cinq conseillers d’Etat capables d’assurer seule un déplacement de la Couronne à l’étranger, elle s’engage au sein de l’<em>Auxiliary Territorial Service</em> et y reçoit des enseignements en mécanique. Avec Georges VI s’éclipsaient définitivement les flamboiements du XIXème siècle : après la guerre, l’Empire n’était plus et, avec le <em>Commonwealth of Nations</em>, naissait un âge nouveau, duquel devaient successivement se détacher la Birmanie, la Palestine et la république d’Irlande. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le roi devait être celui de la difficile transition entre deux époques. La princesse Elizabeth, duchesse d’Édimbourg depuis le 20 novembre 1947 et son mariage avec le prince Philip Mountbatten, incarnera enfin le XXème siècle, entré si tardivement à Buckingham Palace. Cette même année 1947, à 21 ans, lors de son premier voyage en Afrique australe, elle fait don de sa personne à son peuple en des mots qui resteront gravés dans de nombreux cœurs : « <em>Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu&rsquo;elle soit longue ou brève, à votre service et au service de la grande famille impériale dont nous faisons tous partie.</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 6 février 1952, une page se tourne définitivement sur l’histoire de la Grande-Bretagne et du monde. Durant une escale au Kenya de leur tournée du Commonwealth, le prince Philip vient d’annoncer à son épouse la mort du roi Georges VI. Choisissant « évidemment » son prénom comme nom de règne, Elizabeth II rentre en Europe et est proclamée nouveau monarque du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d&rsquo;Irlande du Nord ainsi que des autres royaumes du Commonwealth, de leurs territoires et dépendances. Largement épaulée en ce début de règne particulièrement éprouvant par son mari, elle consent à faire diffuser à la télévision une partie de son couronnement. En imposant son mari et ses idées nouvelles aux conservateurs poussiéreux de Westminster, elle s’affirme très vite comme une femme d’énergie, largement récompensée par l’amour de tout un peuple.&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8134" aria-describedby="caption-attachment-8134" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-8134" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/Elizabeth_II__Philip_after_Coronation.jpg?resize=480%2C650&#038;ssl=1" alt="" width="480" height="650" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/Elizabeth_II__Philip_after_Coronation.jpg?w=480&amp;ssl=1 480w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/Elizabeth_II__Philip_after_Coronation.jpg?resize=222%2C300&amp;ssl=1 222w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption id="caption-attachment-8134" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Portrait officiel de Sa Majesté la reine Elizabeth et de son mari le duc d’Edimbourg lors du couronnement le 2 juin 1953. La robe de couronnement dessinée par Norman Hartnell est brodée avec les emblèmes floraux des pays du Commonwealth : la rose Tudor anglaise, le chardon écossais, le poireau gallois, le trèfle irlandais, la feuille d&rsquo;érable canadienne, le mimosa doré australien, la fougère argentée néo-zélandaise, la protée royale sud-africaine, la fleur de lotus pour l&rsquo;Inde et Ceylan et le blé, le coton et le jute pakistanais. Tout un monde est représenté dans cette photographie.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>«&nbsp;Le rocher sur lequel la Grande-Bretagne moderne s’est construite&nbsp;»</h3>
<p><span style="color: #000000;">L’éloge prononcé par le Premier ministre Mary Elizabeth Truss quelques dizaines de minutes après l’annonce de la mort du monarque est une affirmation, sans appel, sans doute, sans tremblement. Cette simple phrase, prononcée deux jours après l’entrée en fonction du Premier ministre pourrait surprendre tant elle s’impose d’elle-même comme une évidence. Il n’y a pourtant aucun hasard à cela. En 70 ans de règne, Elizabeth II s’est plus qu’imposée : elle a porté le poids d’un peuple entier, marquant chacun de ses seize chefs de gouvernement successifs d’un indélébile souvenir. L’unique audience accordée par la reine à ce nouveau Premier ministre, le 6 septembre dernier, a suffi pour que la conservatrice sache comment réagir deux jours plus tard. Point de mystère là-dedans, cela n’est qu’un résultat, celui du fonctionnement sain et pur d’un système, sans doute l’un des plus puissants du monde : la monarchie britannique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La grandeur de la monarchie britannique au XXème et au XXIème siècle ne peut être vue autrement que par le prisme des soixante-dix années du règne de la reine Elizabeth. A 96 ans, le plus ancien monarque en exercice, la première des souverains britannique à célébrer son Jubilée de platine en juin dernier incarne à elle seule la Grande-Bretagne pour une écrasante majorité de ses sujets, qui n’a connu qu’elle. Les politiciens se sont succédés les uns après les autres, faisant face avec plus ou moins de brio aux différentes crises. Une seule chose n’a jamais changé entre 1952 et 2022 : la place de la Couronne. Recevant son Premier ministre pour une audience hebdomadaire depuis toujours, elle fut toujours un conseiller avisé de ses chefs de gouvernement, sachant les blâmer ou les alerter sur des points oubliés. Car tout élu du peuple qu’ils aient été, aucun de ces hommes et femmes qui furent à la tête du Royaume-Uni n’eut la capacité de mieux sonder le cœur vibrant des sujets britanniques. Mieux que de prétendre, la reine <em>est</em>, dans le plus simple appareil du verbe.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En plus d’être, la reine fit. Elle fut partout, parfois même là où on ne l’attendait pas. Avec le Commonwealth, forte de la volonté de son père d’en finir avec l’ancien monde, elle devient une boussole constitutionnelle pour de nombreux Etats ainsi qu’un repère de liberté pour une multitude de nations. Premier monarque canadien à introduire une session parlementaire en 1957, inaugurant le premier bain de foule royal en Australie en 1970, ayant survécu à trois attentats, tendant de prévenir l’invasion américaine sur Grenade en 1982, soutenant la contre-révolution des Fidji en 1987, premier souverain britannique à s’adresser au Congrès des Etats-Unis après la guerre du Golfe en 1991, instigatrice dans l’ombre de la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud, pacificatrice en Irlande après cent ans d’hostilité, la reine a une influence hors norme. Son silence lui-même est scruté en 2014 et 2016 lors des référendums portant sur l’indépendance de l’Ecosse et sur le Brexit. Avec 170 visites au sein des territoires du Commonwealth et une centaine dans les Etats n’en faisant pas partie, la reine Elizabeth est aussi le chef d’Etat ayant le plus voyagé de l’Histoire entière. Si la reine fit, la reine fit bien, tant d’ailleurs que peu de choses lui seront reprochées en matière politique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8135" aria-describedby="caption-attachment-8135" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-8135" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=640%2C429&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="429" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?w=1024&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=300%2C201&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=768%2C515&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/President_Ronald_Reagan_riding_horses_with_Queen_Elizabeth_II_during_visit_to_Windsor_Castle.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8135" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">La reine Elizabeth et le président américain Ronald Reagan le 6 aout 1982 à Windsor Castle : de l’art de discuter de choses compliquées en faisant des choses simples… et belles !</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">«&nbsp;A Dieu&nbsp;!&nbsp;» des milliards de petit-enfants lèvent les yeux vers le ciel</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Elizabeth II, c’était la Grande-Bretagne à elle seule, c’était ce flegme inimitable que le monde, et les Français les premiers, chercheront toujours à apprivoiser. Elizabeth II c’était une allure aristocratique parmi les plus pures, un élixir de sang mêlé aux plus belles dynasties d’Europe, le même que celui des rois normands et écossais, que celui des empereurs romains germaniques, allié au plus pur-sang des hellènes en la personne de celui qui fut sans doute le plus grand prince du XXème siècle, feu le duc d’Édimbourg. C’était un maintien à cheval assuré de l’œil expert de celui qui a su se faire petit pour apprendre. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’était une capacité à passer de l’hermine au treillis de toile avec brio, à porter robe de bal comme Barbour d’écurie, à être conduite en Rolls à Buckingham et à prendre le volant d’un Range à Balmoral, c’était vivre au-dessus des autres sans oublier ce que c’est de vivre à leur niveau. C’était être l’un des ponts entre Dieu et les hommes. C’était être ferme avec les puissants, dur avec les méchants, bon avec les gens simples, grand avec les faibles.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’était un trône saxon ayant les pieds posés dans la tourbe d’un pays celte, c’était une monarchie normande évoluée au plus juste équilibre, c’était une dynastie issue du Saint-Empire toujours renforcée des plus belles alliances, c’était un empire toujours en mouvement, présent sur tous les continents, c’était des milliards d’âmes en quête du moindre geste d’un souverain qui n’est plus. Elizabeth II éteinte, c’est au moins un monde qui pleure, si ce n’est hélas, un monde qui n’est plus. &nbsp;&nbsp;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elizabeth II enfin c’était le Lord dansant avec le punk, c’était un peuple incarné, c’était grand, c’était beau, c’était l’outre-Manche, et on en avait envie ! Cela prenait aux tripes parce que c’était majestueux et cela nous fait maintenant pleurer parce que cela laisse place à un inconnu, appréhendable sans doute uniquement par les corbeaux d’Ecosse qui planent au-dessus de la tour du château de Balmoral. Pourquoi l’humanité en perdition a-t-elle toujours laissé ses yeux emplis de larmes monter vers le ciel lorsqu’elle apprenait un deuil nouveau ? Parce que la Nature est bien faite et qu’il est des choses qui ne meurent pas, qui ne bougent pas, et qui tiennent le Ciel afin que celui-ci n’atteigne pas nos têtes ! Heureusement donc, lorsqu’une reine du Royaume-Uni expire, la Couronne ne vacille pas, elle est déjà sur une autre tête.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_8137" aria-describedby="caption-attachment-8137" style="width: 900px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-8137" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=640%2C402&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="402" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=300%2C189&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=768%2C483&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2022/09/abaca_714652_001.jpg?resize=540%2C340&amp;ssl=1 540w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-8137" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">L’avenir de la Couronne britannique est incarné par trois générations successives : le prince Charles, désormais Sa Majesté le roi Charles III ; Son Altesse Royale le prince William, duc de Cornouailles et de Cambridge et bientôt prince de Galles ; Son Altesse Royale le prince Georges de Cornouailles et de Cambridge.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Décédée en son château de Balmoral le 8 septembre à l’âge de 96 ans, la reine sera célébrée durant une période de deuil national de dix jours et sa dépouille exposée au palais de Westminster vingt-trois heures par jour, avant de reposer en la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, aux cotés de son père Georges VI et de son mari, le prince Phillip, ainsi que de tous ses prédécesseurs.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il était de coutume en France que le peuple lui-même témoigne des Deux Corps du Roi en s’écriant « le Roi est mort, vive le Roi ! ». La reine a beaucoup donné à notre peuple orphelin. Il est donc à présent un devoir moral pour tout français honnête de s’époumoner et de prier en faveur du prince Charles et de son fils le prince William :</span></p>
<p><span style="color: #000000;">God save the King&nbsp;!</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><center></p>
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		<title>Royaume-Uni : la Reine s’en est allée</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/actualites/royaume-uni-la-reine-sen-est-allee/09/09/2022/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Maximilien Varangot]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Sep 2022 13:07:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Château de Balmoral]]></category>
		<category><![CDATA[Élisabeth II]]></category>
		<category><![CDATA[Monarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 09/09/2022</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/actualites/royaume-uni-la-reine-sen-est-allee/09/09/2022/">Royaume-Uni : la Reine s’en est allée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>La Reine nous a quitté. Il serait presque inutile de préciser son nom, ou de quel royaume elle tient sa fonction, tant sa renommée fait d’elle la seule qui puisse porter aussi majestueusement le titre. Le monde s’arrête pour rendre hommage à celle qui a le mieux incarné la monarchie britannique. C’est une vie donnée à un pays, à un peuple et à des nations, à sa famille et peut-être, un peu, à chacun de nous. Élisabeth II part en ayant l’assurance d’avoir gravé son nom dans l’éternité et l’Histoire en est éprise de vertiges.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Élisabeth II, reine de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord vient de rendre l’âme à Dieu ce jeudi 8 septembre 2022 à Balmoral, palais écossais qu’elle chérissait tant. Entourée de sa famille, c’est dans la plus grande dignité et l’amour de ses proches qu’elle laisse un pays profondément meurtri et endeuillé. Son état de santé, jugé préoccupant par les médecins, avaient mis en émoi l’ensemble de la planète qui retenait son souffle pour laisser s’élever, dans un dernier moment de grâce, celui de la plus populaire des monarques. L’opération London Bridge a été déclenchée, signal du début des obsèques qui s’annoncent être aussi impressionnants que ceux d’un pape. L’ensemble des gouvernants du monde entier rend un hommage appuyé, et salue leur aînée dans la fonction.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Car, en 70 ans de règne, elle a été le témoin privilégié des grands événements mondiaux depuis le siècle dernier : de la Seconde Guerre mondiale à la guerre en Ukraine, de la guerre froide à la disparition de l’URSS, de la construction de l’Europe au Brexit, des Trente Glorieuses à la crise économique de 2008. C’est aussi 16 Premier ministres qui ont servi sous son règne, de Winston Churchill à la toute dernière en date, Liz Truss. Ce morceau d’histoire laisse rêveur les mémorialistes, qui peuvent y dresser une vie en mille volumes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La Reine d’Angleterre a incarné la fonction à la fois avec grandeur et humilité. Certes, le rôle du monarque au Royaume-Uni est plus symbolique que politique, mais ses devoirs ont toujours été remplis avec exigence, comme s’il en allait de l’avenir du peuple britannique. Toute sa vie a été donnée en sacrifice, exigence royale, pour le bien de son pays. Avant même d’être reine, Élisabeth s’était rendue au chevet de la population assaillie par les bombes qui pleuvaient sur Londres. A chaque épreuve, la Reine était pour les Britanniques la mère qui vient apporter réconfort et courage. Désormais, ce sont les Britanniques qui viennent témoigner de leur soutien à la famille royale. Jamais un souverain et un peuple n’avaient connu autant d’unité, redorant ainsi l’image de la monarchie anglaise qui a traversé des épreuves difficiles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La France a toujours gardé une tendresse et un respect profond pour Élisabeth II, tant elle aimait notre pays, et nous redonnait un peu de merveilleux et de sacré dans une République un peu fade et désolante. Le pays perd donc une alliée et une amie. L’annonce de son décès a d’ailleurs été reçue comme un drame national. Nous pouvons cependant regretter le manque de convenances et d’élégance des médias qui n’ont pas manqué d’enterrer la Reine avant même qu’elle ne se soit éteinte. Cette précipitation dans l’évènement, laisse à penser que la Reine a sûrement connu des moments plus dignes dans le respect des mourants. Mais l’heure n’est plus aux litiges, seulement au silence.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La mort n’est là que pour nous révéler les vertus et les mérites des hommes. La Reine n’avait pas besoin de cela pour être élevée au rang de la sagesse et de la bonté. Gageons cependant que son départ vers le dernier royaume, n’aura que plus d’effet sur ses mérites et donnera inspiration pour ceux à qui incombe les responsabilités d’un État. Car là est le trésor d&rsquo;un souverain, laisser en héritage le plus bel exemple d&rsquo;abnégation face à ses devoirs, et transmettre la beauté et la joie du service auprès de ses sujets. La foi profonde de la Reine Élisabeth a inspiré ses actions et laisse en témoignage un désir ardent de régner chrétiennement, dans l’espérance de rendre justice et bienfaits à son pays.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Souhaitons maintenant, au peuple britannique de trouver consolation et réconfort devant la communion unanime et universelle des nations, et au nouveau souverain le roi Charles III, de régner dans l’exemple et le souvenir de sa mère. Que Dieu protège le Roi, que Dieu accueille la Reine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Mort du Prince Philip : requiem de la bêtise ambiante</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/mort-du-prince-philip-requiem-de-la-betise-ambiante/16/04/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucas Dubois Jandot]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Apr 2021 16:09:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Duc d’Edimbourg]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Philip Mountbatten]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/04/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/mort-du-prince-philip-requiem-de-la-betise-ambiante/16/04/2021/">Mort du Prince Philip : requiem de la bêtise ambiante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le cercueil n’est pas encore fabriqué, le peuple britannique n’a pas encore pu expirer le premier souffle funeste de l’appréhension de la nouvelle. Le corps était encore chaud quand certains médias trouvèrent intéressant de maudire le nouveau défunt qu’est <em>His Royal Highness</em> Philip Mountbatten, duc d’Édimbourg et époux de la reine Élisabeth II.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">La première salve a été donnée par les médias d’information en continu, exposant la vie et l’œuvre d’un homme d’exception et d’honneur narrée sur <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/adieux-au-duc-dedimbourg-de-la-beaute-du-titre-de-prince-consort/13/04/2021/">Billet de France</a>. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’advienne la partie de la nécrologie exposant les « bourdes » du prince.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le Monde, France Info, Le HuffPost</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Mais c’est peu de temps après qu’est advenu le florilège. La presse écrite s’est déchaînée, se soumettant à la culture de la repentance si chère à leur cœur (et à leur porte-monnaie) avant que le pauvre homme n’ait eu le temps d’expirer. La palme d’or de l’inconvenance revient au journal Le Monde titrant « <a href="https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/04/09/le-prince-philip-prince-de-la-bourde_6076172_3382.html">Philip, prince des bourdes</a> », diatribe quasiment lyrique réduisant à l’état d’aristocrate condescendant « voire de xénophobe ou de racis[t]e impérial » le prince Philip. L’article se propose de démontrer au travers d’un panégyrique inversé, à la gloire de la culture <em>woke</em>, le mauvais goût patent d’un prince consort doté d’un cerveau habilité à la mauvaise pensée. Le Monde a été suivi dans sa bêtise notamment par France Info avec son « <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/royaume-uni/royaume-uni-le-prince-philip-roi-des-derapages_4365729.html">Le prince Philip, roi des dérapages</a> » et par Le HuffPost « <a href="https://www.huffingtonpost.fr/entry/prince-philip-phrases_fr_607044e0c5b634fd437d0f54">Le prince Philip expert en blagues (de mauvais goût)</a> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Voilà ce qu&rsquo;a retenu une partie des médias français de la vie du prince Philip, modernisateur de la monarchie britannique, premier conseiller de la Reine Élisabeth II, fondateur du WWF au Royaume-Uni et marin remarquable.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un manque de morale</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Il ne s’agit pas de faire l’éloge du prince Philip mais de « rendre à César ce qui appartient à César ». En résumant ainsi la vie de l’un des plus grands britanniques du siècle dernier, les médias français se sont une fois de plus ridiculisés et soumis, de leur propre chef, à une idéologie. Ils ont ainsi, à ce titre, nié les principes élémentaires de la justice et de la morale européenne. Ils ont préféré la moraline, la mémoire, face à l’histoire. En hommes civilisés que nous sommes, nous saurons reprocher au prince ses défauts dans nos livres d’histoire mais aussi pleurer le grand homme qu’il fut, en cet instant. Le deuil n’admet pas l’idéologie, c’est la seule chose que nos journalistes devaient avoir à l’esprit, une fois encore c’est l’incorrection la plus totale qui prime. Mais comment leur en vouloir ? Après tout, « ils ne savent pas ce qu’ils font » !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>On fait aussi l’éloge de la loi de Solon qui défend de dire du mal des morts. La piété veut en effet qu’on regarde les défunts comme sacrés, la justice, que l’on ne s’attaque pas à ceux qui ne sont plus, et la politique, que les haines ne soient pas éternelles.</em> ». (Vie parallèles, La Vie de Solon, Plutarque)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Adieux au duc d’Edimbourg : de la beauté du titre de Prince consort</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/adieux-au-duc-dedimbourg-de-la-beaute-du-titre-de-prince-consort/13/04/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 10:16:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Duc d’Edimbourg]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Philip Mountbatten]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=5273</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 13/04/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/adieux-au-duc-dedimbourg-de-la-beaute-du-titre-de-prince-consort/13/04/2021/">Adieux au duc d’Edimbourg : de la beauté du titre de Prince consort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Ce matin du 9 avril 2021, l’Opération Forth Bridge est enclenchée : Son Altesse Royale, le prince Philip, duc d’Edimbourg, n’est plus. Une onde de chagrin envahit les rues de Windsor, tandis qu’à Buckingham Palace, l’Union Jack en berne, des foules convergent vers le lieu de résidence principal de la Couronne. En deux jours, des milliards d’individus et des dizaines d’États ont rendu hommage à l’une des plus célèbres figures du XXe siècle. Portrait d’un homme qui, toute sa vie, brilla dans l’ombre de son épouse, la reine Elisabeth II, souveraine du Royaume-Uni et du Commonwealth.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 10 juin 1921 au palais de Mon Repos de Corfou, sur les rivages de la mer Ionienne, le prince Philippe de Grèce et de Danemark ne grandit pas dans l’aisance et la facilité pourtant dues à son rang. Si jamais on ne l’entendit s’en plaindre, le lecteur nostalgique de Chateaubriand peut, à la lecture des récits de l’enfance de ce prince hellène, considérer qu’on lui « infligea la vie ». Petit fils du roi Georges Ier de Grèce, celui qui épousa la plus puissante couronne du monde eut une enfance des plus difficiles. Son père, André de Grèce, soutient durant la Première Guerre Mondiale une politique de neutralité et tente de compenser les accents bellicistes du premier ministre de son père, Elefthérios Venizélos, partisan des Alliés, en soutenant à Paris et à Londres la capacité des hellènes à se tenir écartés des empires centraux. Échouant à cette tâche, il ne peut se rendre à nouveau en Grèce qu’au rappel au pouvoir de son frère Constantin Ier. Militaire, il s’engage avec fougue dans le conflit gréco-turc à propos de la domination de la Ionie et est tenu pour responsable de l’échec hellène dans la bataille de la Sakarya, qui l’oppose en 1921 aux troupes de Mustafa Kemal. Dans la douleur de la défaite qui le traduit en cour martiale, il parvient à échapper l’année suivante à la peine de mort mais doit entamer une vie de bannissement, assortie de la déchéance de nationalité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Âgé d’un an, allongé dans une caisse à oranges, le prince Philippe est secouru par le HMS Calypso, navire britannique qui offre à la famille déchue la possibilité de rejoindre la France. A Saint-Cloud, la famille du prince André vit de la charité de son frère, le prince Georges de Grèce et de Danemark, fils cadet du roi Georges Ier, marié depuis 1907 à la princesse Marie Bonaparte. Le désargentement des parents du prince Philippe est tel que le jeune prince n’a pas de manteau pour sortir lors de la récréation. Si le passage en France du jeune hellène est l’occasion de ses premiers instants de bonheur, que l’innocence de l’enfance lui accorde enfin, sa situation familiale, elle, ne suit pas le même chemin. Tentant de justifier sa politique au travers de la Première Guerre Mondiale, son père, le prince André, devient une figure extrêmement controversée, notamment à partir de 1930 et de la parution de son ouvrage <em>Vers le désastre</em>. Sa mère, la princesse Alice de Battenberg, sourde de naissance mais lisant sur les lèvres en quatre langues différentes, connait la même année une période de mysticisme exacerbé, qui la tient éloignée de sa famille jusqu’en 1937. L’éclatement du mariage de leurs parents conduit les sœurs de Philippe à se marier au plus tôt, telle Sophie, liée dès 1930 au prince&nbsp;Christophe de Hesse-Cassel. Ainsi, Marguerite de Grèce épouse dès 1931 le prince héréditaire&nbsp;Gottfried de Hohenlohe-Langenbourg, suivie de près par sa sœur Théodora, mariée au margrave Berthold de Bade ainsi que par Cécile, épouse de Georges-Donatus, prétendant au trône de Hesse-Darmstadt.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Délaissé par son père et subissant l’éloignement de sa mère et de ses sœurs, le prince Philippe est placé par sa grand-mère maternelle Victoria de Hesse-Darmstadt auprès du frère de sa mère, Lord George Mountbatten, marquis de Milford Haven. Balloté entre plusieurs écoles, le jeune prince est surpris à dessiner des maisons, seule chose dont il rêve. Finalement placé au bord du lac de Constance dans l’internat de l’éducateur juif Kurt Hahn, le prince Philippe découvre une nouvelle forme d’éducation, alors extrêmement novatrice. Désigné comme extrêmement progressiste, son nouveau tuteur est connu pour placer au même rang de priorité l’apprentissage du savoir académique et l’éducation physique. Les changements politiques de l’Allemagne des années 1930 obligent Kurt Hahn à l’exil en Ecosse, qui y fonde le collège de Gordonstoun. Ce premier contact de longue durée avec le monde anglo-saxon produit chez le jeune prince une émulation incomparable, qui le poursuivra toute sa vie. Sportif accompli, il devient un mentor pour ses camarades : d’abord capitaine de l’équipe de hockey, puis de celle de cricket, il est nommé préfet des élèves. Hélas, les décès prématurés de sa sœur Cécile et de ses deux fils dans un crash d’avion en 1937 ainsi que la disparition de son oncle George Mountbatten en 1938 achèvent de couper les liens qui unissent le prince à sa famille.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Rencontre avec Louis Mountbatten&nbsp;: «&nbsp;On ne comprend pas Philip sans le connaitre&nbsp;» </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Une nouvelle fois, la grand-mère maternelle du prince Philippe intervient et place son petit-fils auprès du dernier frère de sa mère, le capitaine de vaisseaux Louis « Dicky » Mountbatten. D’une réputation sulfureuse chez les conservateurs britanniques, ce prince a choisi l’Angleterre au plus tôt et accompli une brillante carrière au sein de la Royal Navy. Commandant de la cinquième flottille de destroyers, dont il est à l’origine des derniers modèles, ce dernier s’attache vite à son neveu, qu’il avouera trouver <em>« férocement drôle et l’aimer énormément »</em>. En quittant Gordonstoun en mai 1939, le prince Philippe rejoint la Royal Navy, où il se distingue l&rsquo;année suivante au Britannia Royal Naval College de Dartmouth comme le meilleur cadet de sa promotion. C’est en tant que cadet et à Dartmouth que Philippe fait la rencontre la plus marquante de sa vie : celle du roi Georges VI mais surtout de sa lointaine cousine, la princesse héritière Elisabeth. Au départ du bateau de Sa Majesté, un jeune viking, blond et grand, poursuit frénétiquement l’escorte à la rame. Sans doute ce jour-là, la future reine vit en Philippe de Grèce et de Danemark le premier de ses serviteurs.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, c’est dans bien ce nom que réside la plus grande difficulté de la position du prince Philippe. Sans réel nom de famille, issu d’une dynastie déchue et d’une famille éclatée, sous la protection de la famille Mountbatten, le prince n’est pas porté dans le cœur de tous. Cependant, les aptitudes de commandement du sous-lieutenant sont remarquées pendant la guerre, notamment après l’invasion de sa terre natale par l’Italie. Cité à l’ordre de la Royal Navy, décoré de la Croix grecque de la Vaillance et de la Croix de guerre française, premier dans quatre des cinq catégories du concours militaire de Portsmouth, il incarne au sein de la marine anglaise une modernité, tant dans la stratégie que dans son habilité à conduire les destroyers. Lié à la princesse Elisabeth par une correspondance régulière, il bénéficie de l’amitié du roi Georges VI, qui reconnait avec admiration un marin remarquable. L’opposition à cette relation trouve sa source à la fois au sein de la famille royale, au sein de laquelle la reine consort Elizabeth Bowes-Lyon multiplie les rencontres entre ses filles et des aristocrates britanniques, mais aussi chez les conservateurs anglais. Choisi par le gouvernement travailliste afin de superviser la sortie de l’Inde du Commonwealth, l’ancien vice-roi des Indes Louis Mountbatten est soupçonné de ne rien voir d’autre en son neveu qu’un cheval de Troie pouvant insuffler une politique nouvelle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>20 novembre 1947&nbsp;: Son Altesse Royale Philip,&nbsp;duc d&rsquo;Édimbourg, comte de Merioneth et baron Greenwich</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Contre toute attente de la part de ses opposants, le prince Philippe demande, au cours de l’été 1946, la main de sa fille au roi Georges VI. Dans l’attente de l’annonce officielle au mois d’avril suivant, le prince Philippe de Grèce et de Danemark demande à devenir sujet britannique, est naturalisé, se convertit à l’anglicanisme et renonce à ses titres royaux grecs et danois, ainsi qu’à son allégeance à la couronne grecque. Le 18 mars 1947, Philip Mountbatten est né. Le 10 juillet 1947, les fiançailles de la princesse Elisabeth, âgée de vingt-et-un ans, sont annoncées au public. La veille de son mariage, le roi George VI décerne à Philip le prédicat d&rsquo;altesse royale et le matin du mariage, le 20 novembre 1947, il est fait duc d&rsquo;Édimbourg, comte de Merioneth et baron de Greenwich. L’abbaye de Westminster voit en ce jour triompher l’amour de deux jeunes gens mais aussi, par l’arrivée du prince Philip, une nouvelle ère pour la monarchie britannique. Au travers des 200 millions de personnes qui, depuis leur écran de télévision, furent les témoins de cette union, la Couronne, tant mise à mal depuis la Première Guerre Mondiale, renaissait.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La renaissance du Royaume-Uni semble en effet, à l’aube de l’après-guerre, être celle d’un homme, Philip Mountbatten. À Malte, sur les bords de la Méditerranée, le couple le plus en vue de la planète s’établit et s’épanouit : le prince a trouvé une maison. Connaissant une ascension fulgurante au sein de la Royal Navy, le prince Philip goute à ses premiers moments de liberté, chef responsable d’une famille traditionnelle agrandie par la naissance de Charles en 1948 puis d’Anne en 1950. Promu premier commandant de frégate, le prince Philip se dévoue à ses enfants mais est bien souvent rattrapé par la réalité. En 1952, il suit son épouse, représentante de son père le roi Georges VI, pour un tour du Commonwealth.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>«&nbsp;Ma force et mon guide&nbsp;»&nbsp;: 74 ans de conseil privé auprès de la Reine</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le 6 février 1952, le rêve éveillé du couple s’effondre : le roi Georges VI s’éteint, la reine Elisabeth II accède au trône. Dès les premières secondes, le prince Philip comprend l’avenir et ses certitudes, il annonce à la princesse qu’elle est devenue reine. À vingt-six ans, le nouveau monarque précède son mari de deux pas lors de sa descente de l’avion qui la ramène du Kenya. Si lors de leur mariage la princesse avait promis devant Dieu et les hommes de <em>« l’aimer, de l’honorer et de lui obéir »</em>, le prince Philip perçoit dès son retour à Londres qu’une page de sa vie vient de se tourner. Le 2 juin 1953, lors du couronnement de la reine, c’est à genoux et le premier, qu’il prononce les mots qui dicteront sa position pour le reste de sa vie : « <em>Moi Philip, duc d’Edimbourg, je deviens votre obligé pour la vie et promet de vous vénérer, je vous témoignerais confiance et fidélité, vivrai et mourrai comme tous vos sujets</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La symbolique attachée au rôle de reine consort et à celle d’époux de la reine ne peut être la même, Philip Mountbatten l’observera vite. Dès la cérémonie d’<em>Opening of Parliament</em>, le trône du prince consort est remplacé par une simple chaise. Bien vite, le prince est seul, prononçant comme un cri d’alarme la formule : « <em>Que suis-je ? Je suis donc le seul homme du pays qui ne peut donner son nom à ses enfants ?</em> ». Après un tour du monde qui le tient éloigné de sa famille, le prince choisit de briller… dans l’ombre de la reine. Premier serviteur de la reine, il devient « un roc », sur lequel le monarque ne cessera jamais de s’appuyer. Finalement fait prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d&rsquo;Irlande du Nord le 22 février 1957, le prince Philip entame la nouvelle décennie avec entrain et élan : il a trouvé sa voie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un grand-père pour tous</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Il apparaît que le rôle de grand-père fut pris très au sérieux par le prince Philip, qui n’hésita jamais à soutenir ses petits-enfants, ce malgré son « retrait de la vie publique », annoncé le le 4 mai 2017, en se rendant notamment aux mariages du prince Harry le 19 mai 2018, de la princesse Eugénie le 12 octobre suivant et enfin celui de la princesse Beatrice, le 17 juillet dernier. Les relations entretenues par le prince avec ses enfants furent, parfois sans pudeur, affichées comme des trophées par certaines rédactions. Pourtant, il apparait primordial de souligner le rôle important, guidé par le bon sens et l’affection d’un chef de famille, de souligner l’attachement que lui témoignèrent ses petits-enfants William et Harry, qui n’acceptèrent de marcher derrière le cercueil de leur mère qu’en présence du grand-père qui les aimait tant. La beauté du prince consort, au-delà de celui de conseil de la reine, c’est aussi l’incarnation de la famille chez chaque homme, femme ou enfant du Royaume-Uni, mais aussi du monde.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En lui accordant au sein de leur couple le pouvoir qu’il ne peut tenir en public, la reine Elisabeth a trouvé un allié qui, en soixante-quatorze ans, lui montrera son amour et son admiration au travers de 22 000 déplacements, 5 500 discours et 637 visites à l’étranger. Fondateur et premier président du WWF-Royaume-Uni de 1961 à 1982, puis président du Fonds mondial pour la nature (WWF) international de 1981 à 1996, le prince s’engage pour la jeunesse avec, sur les principes de son mentor Kurt Hahn, la création du <em>Duke of Edinburgh Award</em>, qui rassemble, dans cinquante pays à travers le monde, plus de cinq millions de jeunes. Outre un réel attachement à la jeunesse, le prince est un grand amateur de sport, qu’il veut ériger en principe de vie pour tous. Joueur de polo, il crée en 1955 le <em>Household Brigade Polo Club</em> et préside, de 1964 à 1986, la Fédération équestre internationale, devant laquelle il concourt de nombreuses fois dans les catégories d’attelage. Engagé contre le brutalisme de la fin du siècle, il accorde un prix à l’élégance au travers du <em>Designer price</em>. &nbsp;Ce qui frappe en réalité chez cet homme à l’enfance difficile, qui parvint à trouver un rôle au sein d’une des institutions les plus rigides de la planète, c’est en réalité son attention envers les autres. Reconnu comme dieu vivant et esprit du volcan sur l’île de Tanna, il n’hésite pas à répondre aux sollicitations de ses adorateurs et à s’afficher avec leur canne traditionnelle. Proche du peuple, les exemples, comme celui révélé dernièrement par <em>France bleue</em> de sa rencontre avec le penn-bagad de Lann Bihoué, où il s’est rendu par pur intérêt, sont nombreux et attestent de l’amour d’un homme simple pour les gens, notamment les plus jeunes et les plus humbles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le prince Philip est aussi une incarnation d’un siècle que nous aimons tant, où la tradition fut malmenée par la modernité et l’horreur et dont seuls l’impertinence et le style permettent une bonne approche. Désargenté mais rêveur, renonçant à sa carrière pour l’amour d’une femme, d’une reine et d’un pays, il a su s’accrocher à son <em>« premier, second et ultime emploi, ne jamais laisser tomber la reine »</em>. Défenseur de l’environnement, de la jeunesse, amoureux du sport, beau et élégant, le prince Philip demeurera un exemple à suivre : être engagé mais garder la subtilité et l’amour de l’enfant, du mari, du père, du grand-père et du prince consort.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Décédé « paisiblement » au château de Windsor, le 9 avril 2021, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, le prince consort sera célébré durant une période de deuil national de huit jours, avant des obsèques militaires en la chapelle Saint Georges de Windsor, le 17 avril prochain.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En cette période douloureuse, plus que jamais :</span></p>
<p><span style="color: #000000;">God save the Queen !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une minute de silence est demandée par la Couronne à 15 heures, heure de Londres, le 17 avril.</span></p>
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		<title>Brexit : rendons le français à l’Europe !</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/brexit-rendons-le-francais-a-leurope/09/02/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Feb 2021 18:28:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Arthur Ballantine]]></category>
		<category><![CDATA[Brexit]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
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		<category><![CDATA[Langue française]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le Brexit est prononcé, la France n’aurait-t-elle pas le devoir de tout mettre...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/brexit-rendons-le-francais-a-leurope/09/02/2021/">Brexit : rendons le français à l’Europe !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Alors que le Brexit est prononcé, la France n’aurait-t-elle pas le devoir de tout mettre en œuvre afin de restaurer la grandeur de sa langue sur le continent européen ?</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le 31 décembre 2020, le Royaume-Uni faisait ses adieux définitifs à l’Union européenne. Un départ certes mouvementé et difficile, mais qui a rappelé à certains dirigeants, européens et français, que les nations européennes ne sont pas les jouets d’un Bruxelles désintéressé et destructeur. La célèbre formule de Nigel Farage « <em>We love Europe, we just hate the European Union</em> » fera sourire tout souverainiste européen, rêvant d’un monde où arborer, certes non sans un gout particulièrement britannique, une cravate aux couleurs de son pays ne signifie pas une exclusion pour « désobéissance » du sacro-saint hémicycle. Comment ne pas se laisser séduire par une posture telle que celle-ci, qui, réfléchie, sait aimer l’Europe en lui montrant d’abord du respect ? Comment résister à l’envie de faire de l’Union européenne post-Brexit un espace où les peuples et les nations sont les premières considérées ? L’un des éléments de ce combat est celui de la langue.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_4775" aria-describedby="caption-attachment-4775" style="width: 1280px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4775" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/image.jpg?resize=640%2C360&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="360" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/image.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/image.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/image.jpg?resize=1024%2C576&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/image.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4775" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Député européen de 1999 à 2020, dirigeant de l’UKIP de 2006 à 2016 et fondateur en 2019 du Parti du Brexit, Nigel Farage signera le 29 janvier 2020 une des plus belles déclarations souverainistes, disant « aimer l’Europe » mais « haïr l’Union européenne ».</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le français, une langue européenne diplomatique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Le XVIIIème siècle est à la langue française ce que le château de Versailles est à l’histoire de la monarchie française, c’est-à-dire l’apogée de sa gloire et de son rayonnement dans le monde entier.</em> » Ainsi s’exprime le linguiste Claude Hagège lorsqu’il raconte l&rsquo;histoire du français dans une émission en neuf volets diffusée sur « La Cinquième » en 1996, d&rsquo;après son livre <em>Le Français, histoire d&rsquo;un combat</em>. En effet, comprendre l’importance du français en Europe et au sein de l’Union européenne nécessite une étude chronologique d’une montée en puissance diplomatique reposant sur la puissance militaire et économique de la France, depuis le XVIIème siècle.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 7 octobre 1571, la victoire de la Sainte ligue sur les Ottomans à Lépante fera trembler les mers aux rythmes de l’Invincible Armada espagnole, finalement défaite le 6 aout 1588 face à la flotte du corsaire anglais Francis Drake (1540-1596). Sur le continent apparaissent alors, avec l’expansion voulue par Louis XIV et Colbert au Canada, au Québec et aux Antilles ainsi que par la fondation de la Compagnie des Indes, les prémices des luttes économiques entre le royaume de France et les Provinces-Unies. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">De 1672 à 1678, les affrontements de la guerre de Hollande déchirent les deux puissances et aboutissent à la signature des Paix de Nimègue. Ces traités, au nombre de sept, et dont cinq seront signés par le royaume de France, fondent une nouvelle diplomatie, « à la française », où la France, portée par son hégémonie militaire, imposera sa langue et effacera l’usage millénaire du latin. Le 6 mars 1714, le traité de Rastatt, mettant fin à la guerre de succession d’Espagne, est signé par Louis XIV et l’empereur Charles VI (1685-1740) : la France accepte de céder ses places fortes construites à l’est du Rhin. Défaite territoriale marquant la fin du règne du Roi Soleil, le traité de Rastatt pourrait pourtant être vu comme l’apogée diplomatique du royaume de France : parlé par les vaincus, le français s’impose naturellement dans la rédaction du traité et devient ainsi la langue de la diplomatie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le XVIIème siècle ayant été le temps de l’installation du français comme langue de la diplomatie, le XVIIIème en sera la plus belle illustration. Peu à peu, et avec une approche quasi-naturelle, les cours d’Europe adoptent le français. Depuis le XVème siècle, sur le modèle de l’attachement des états marchands de Venise et Florence à installer dans les capitales européennes des ambassades, le royaume de France a construit peu à peu un corps diplomatique devenu au XVIIIème siècle le plus puissant d’Europe. Consécration, le nonce apostolique envoyé par le Saint-Siège à Versailles rompra avec la tradition en s’adressant à Louis XV en français et non plus en latin. Les qualités de rigueur et de méthode du français, illustrées par les écrits des Lumières, lus dans toute l’Europe, fournissent des garanties contre les ruses linguistiques : le français s’impose comme une langue fiable, juste et digne. Plus étonnant encore, les échanges diplomatiques du continent entier se font désormais en français. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1718, une convention entre la Hollande et l’Empire est signée à la Haye. En 1719 puis 1720, la Grande Guerre du Nord se solde par la signature des traités de Stockholm, entre les rois de Suède, de Prusse et du Hanovre, et du traité de Frederiksborg entre les royaumes de Suède et de Danemark-Norvège. En 1774, le traité de Koutchouk-Kaïnardji lie Catherine II de Russie à l’Empire Ottoman, dont les ambassadeurs ne parlent que le français. Bien sûr, lors de ces sommets, on ne se contente pas de rédiger des traités en français, on les discute. Pour la plus grande gloire de la diplomatie française, notre langue est celle utilisée pour les échanges entre les délégations. Ainsi, lors du Congrès de Paris mettant fin à la Guerre de Crimée en 1856 et lors du Congrès de Berlin réglant les questions d’Orient en 1878, le français s’impose et évite les conflits. Contre la guerre, les monarques et dirigeants européens choisirent longtemps la langue de Molière.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le XXème siècle : déclin français, règne de l’anglais</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Je crois que la France peut vivre sans Québec.</em> » écrivait Voltaire (1694-1778) au ministre Choiseul (1712-1785). Une phrase d’apparence si simple qui devait illustrer une erreur fatidique. Le Traité de Paris, mettant, en 1763, un coup d’arrêt aux prétentions françaises en Amérique du Nord et aux Indes, devait être le point de départ d’une chute vertigineuse de l’influence française hors de l’Europe. En 1805, la bataille de Trafalgar suit de près la vente, en 1803, de la Louisiane : en cédant la domination maritime mondiale à l’Angleterre, l’Empereur condamne sans le savoir le français diplomatique à un long sursis. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si le XIXème siècle reste, en Europe, celui du français, l’hydre britannique s’emploiera lentement à en réduire l’influence. En 1814, le Congrès de Chatillon, où s’illustre Caulaincourt (1773-1827), suivi le 9 juin 1815, par le Traité de Vienne, illustrent dans la défaite la gloire de la langue du pays rédacteur du Code civil. Les conquêtes du Second Empire en Algérie, Indochine ou au Sénégal ne rattraperont pas les pertes irréversibles de la Louisiane et des Antilles. Les dix millions de kilomètres carrés de l’empire ne sont que peu peuplés de francophones : seules les élites s’attacheront à apprendre la langue des colons. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le XXème siècle, qui s’ouvre en Europe dans l’horreur de la Première Guerre Mondiale, voit en l’arrivée des forces diplomatiques américaines une terrible ingérence. Les Quatorze Points du président Woodrow Wilson (1856-1924), d’abord adressés aux américains comme un programme de politique extérieure, révèlent lors de la Conférence de la Paix à Paris en janvier 1919, leur importance pour la diplomatie européenne. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Réunis au Quai d’Orsay, les dirigeants Lloyd George (1863-1945) et Woodrow Wilson, ne parlant pas le français, obligent Georges Clemenceau (1841-1929) à avoir la courtoisie d’utiliser l’anglais. Conséquence directe, l’anglais s’impose aux côtés du français le 28 juin 1919 dans la rédaction du Traité de Versailles. L’orgueil français est touché. S’il ne s’en relèvera pas, notons tout de même les bons mots de l’académicien Robert de Flers (1872-1927), qui verra dans cet évènement une véritable « <em>éviction, d’un privilège que le Monde nous a reconnu et que l’Histoire ne nous a pas disputé, c’est à quoi nous ne saurions nous résoudre en silence !</em> » ainsi que la formule du linguiste Antoine Meillet (1866-1936), remarquant que « lorsque l’on lit le texte français, on a l’impression qu’il est traduit de l’anglais. ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_4778" aria-describedby="caption-attachment-4778" style="width: 900px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4778" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/signature_du_traite_de_versailles-c00c1.jpg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/signature_du_traite_de_versailles-c00c1.jpg?w=900&amp;ssl=1 900w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/signature_du_traite_de_versailles-c00c1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/signature_du_traite_de_versailles-c00c1.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/02/signature_du_traite_de_versailles-c00c1.jpg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4778" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">« Signature du traité de Paix par la délégation allemande le 28 juin 1919 dans la Galerie des Glaces », 1919, par William Orpen, tableau auquel nous associerons la formule d’Antoine Meillet ; « <em>La fin d’une guerre, dans laquelle la France a joué le premier rôle militaire, a consacré la ruine du privilège qui faisait du français la première langue diplomatique dans le monde.</em> ».</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Notre langue, défi du XXIème siècle …</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Après la Seconde Guerre Mondiale, la main mise américaine sur la diplomatie mondiale et l’installation du modèle libéral en Europe, l’anglais s’est imposé dans nos vies, ayant le monopole des échanges économiques et diplomatiques. Au sein de l’Union européenne, le français est langue officielle depuis 1958, l’anglais depuis 1973, cela au même titre que vingt-deux autres langues. Toutes ces langues sont considérées comme des langues de travail et peuvent ainsi être utilisées de plein droit au sein des institutions. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le règlement CE n°1/1958 du 15 avril 1958 fixe le régime linguistique et définit les langues officielles et de travail dans les institutions européennes, ce qui entraine une obligation pour les règlements de l’Union européenne, les textes de portée générale et le Journal officiel de l’Union européenne d’être publiés dans toutes les langues officielles. En outre, les dispositions de l’article 41-4 de la Charte des droits fondamentaux protègent le multilinguisme des institutions : « <em>Toute personne peut s&rsquo;adresser aux institutions de l&rsquo;Union dans une des langues des traités et doit recevoir une réponse dans la même langue.</em> ». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Selon le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, se targuant d’exercer une véritable « représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne », ce principe se trouve freiné « dans le cadre du multilinguisme intégral maîtrisé ». Pour traduire les textes rédigés dans toutes les langues, le Parlement européen a mis en place un système de langue relais qui consiste à faire traduire d’abord les textes dans les langues les plus utilisées », que sont l’anglais, le français et l’allemand. Des « langues de travail privilégiées » existent et constituent en pratique un obstacle au multilinguisme garanti juridiquement. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Que l’on soit pour ou contre ce recul manifeste du droit, l’argument pratique reste convaincant, notamment dans le cadre de l’exercice parlementaire. De plus, et selon les chiffres du Figaro publiés le 25 février 2017, parmi les 17 millions d&rsquo;élèves, âgés de 11 à 15 ans, qui étudiaient une langue étrangère ou plus, la plupart, soit 97,3 %, apprenait l’anglais et, y ajoutait bien souvent, pour 33,8 %, le français ou, pour 23,1 %, l’allemand. Une hiérarchie dans l’apprentissage des langues est réelle et nous pousse à pencher là encore pour l’argument confortable du « plus grand nombre ». Le travail parlementaire pouvant se révéler réellement lourd, il est envisageable d’entendre l’anglais comme un moyen d’expression facile, notamment en ce qu’il est compris par un grand nombre de locuteurs.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pourtant, cette conclusion, qui pourrait certes être discutable, doit être mise face à la réalité : le Royaume-Uni s’est séparé de l’Union Européenne le 31 décembre 2020. Bien sûr, l’anglais demeure la langue officielle de l’Irlande et de Malte, ce qui équivaut à 1,2% des locuteurs européens, un pourcentage qui était de 13% avant le Brexit. Le français représente quant à lui le chiffre de 15% et reste parlé au sein de l’Union européenne par quelques 118,8 millions de personnes, selon le rapport de l’Observatoire de la langue française.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"> Prenons du recul et interrogeons-nous de manière plus large encore : quelle est la place du français dans le monde ? Le chiffre de 220 millions de francophones, sans doute tronqué par le statut de langue officielle du français dans plusieurs pays, ce qui ne fait pas de leurs habitants des locuteurs réels, témoigne néanmoins d’une place non négligeable. Une étude approfondie de la place et de l’évolution de notre langue dans le monde pourrait être menée mais il nous parait plus urgent d’en évaluer la place dans une Union européenne post-Brexit.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>… se révélant un modèle antisystème&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A Bruxelles, enclave francophone en territoire flamand, l’anglais domine aujourd’hui tout en étant la langue maternelle d’1,2% de ses citoyens. Le contexte mondial libéralisé a poussé depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale l’Union européenne à s’angliciser, l’Europe entière à s’américaniser. En témoignent nos parlementaires. L’anecdote la plus marquante, celle des débats menés en 2000 au sujet de l’entrée des pays de l’Est par le ministre chargé des Affaires européennes Pierre Moscovici, est navrante. Emportés par leur bon sens, ces pays y ont dépêché des ambassadeurs parlant français ! Quelle ne fut pas leur surprise lorsque la France, alors dépositaire de la présidence tournante de l’Union européenne, se trouve alors représentée par un ministre s’exprimant en anglais. Le poids britannique se faisait-il donc ressentir au point de voir nos représentants se priver eux-mêmes de leur droit d’user de leur langue ? Triste constat.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si nous avons l’indulgence de pardonner et l’intelligence de nous tourner vers l’avenir, nous ne pouvons, le Brexit mené à son terme, continuer à nous résigner à parler une langue qui nous est, de fait, subordonnée. Le français est factuellement la langue de l’Union européenne et doit le devenir en droit et en pratique ! Remarquons d’ailleurs que cette revendication n’est pas uniquement française, en témoigne la juste interrogation du quotidien italien <em>Il Foglio&nbsp;</em>: «&nbsp;<em>Comment peut-on se dire en effet européen quant on parle la langue de ceux qui ont refusé l’Europe&nbsp;?</em>&nbsp;». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans un article du 9 janvier 2021, le journal déclarait sa flamme aux écrivains français d’aujourd’hui. La France restera-t-elle insensible à cet appel ? Enfin, remarquons le regard proposé dans un remarquable entretien intitulé « Notre langue contre la pensée unique », mené pour la revue <em>Front populaire</em> par Henri de Monvallier. Le linguiste Claude Hagège y livre un manifeste contre la domination en Europe d’une « pensée unique véhiculée par la diffusion mondiale de l’anglo-américain ». Comme lui, comme nos voisins européens, comme tout pays de bon sens, sachons faire du français la langue post-Brexit !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Témoins d’une histoire diplomatique, dépositaires d’une littérature extraordinaire, faisons nôtres les mots d’Anatole France (1844-1924) : « <em>la langue française est une femme et cette femme est si belle, si fière, si modeste voluptueuse, noble, folle, sage, que l’on aime de toute son âme que l’on n’est jamais tenté de lui être infidèle.</em> ».</span></p>
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		<title>«L’Esprit impérial» : le livre de Robert Gildea qui retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/litterature/lesprit-imperial-le-livre-de-robert-gildea-qui-retrace-lhistoire-des-empires-coloniaux-anglais-et-francais/11/06/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck Abed]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2020 18:17:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[L’Esprit impérial]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Gildea]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Robert Gildea est un historien britannique, professeur à l’université d’Oxford, spécialiste de la France des...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Robert Gildea est un historien britannique, professeur à l’université d’Oxford, spécialiste de la France des XIX<sup>ème</sup> et XX<sup>ème</sup> siècles. Il a notamment commis <em>Comment sont-ils devenus résistants&nbsp;? Une nouvelle histoire de la Résistance, 1940-1945. </em>Avec ce nouvel ouvrage intitulé <em>L’Esprit impérial</em> et sous-titré «&nbsp;<em>passé colonial et politiques du présent</em>&nbsp;», il retrace l’histoire des empires coloniaux anglais et français, notamment leurs origines et les mythes qui les ont accompagnés.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dès les premières pages, l’auteur explique que «&nbsp;<em>l’empire fut à la fois un rêve de gloire et une chronique de l’angoisse</em>&nbsp;». Il précise ensuite son idée de la manière suivante : «&nbsp;<em>prises ensemble, cependant, ces deux approches laissent entendre que les termes empire et colonialisme ont aujourd’hui encore de multiples résonances&nbsp;</em>». Effectivement, chacun sera libre de constater les tensions qui existent «&nbsp;<em>aujourd’hui encore</em>&nbsp;» dans les anciens pays colonisateurs dès que la colonisation et la décolonisation sont traitées par les politiques, les intellectuels, les médias et les arts en général. Il est quasiment impossible d’en parler sérieusement et sereinement sans tomber dans l’invective ou l’utilisation de raccourcis historiques forcément dangereux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/racismes-et-violences-policieres-la-dissolution-de-la-police-de-minneapolis-est-une-manoeuvre-bassement-politique/08/06/2020/">Racismes et violences policières : «la dissolution de la police de Minneapolis est une manœuvre bassement politique»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il apparaît ainsi que personne ou presque ne semble avoir tourné la page, alors que rares sont les acteurs de cette époque à être encore en vie. Des ressentiments tenaces persistent malgré les années qui passent. Sans compter qu’en France le pouvoir politique s’est emparé de mauvaise manière de ce sujet avec la promulgation de la Loi dite Taubira du 21 mai 2001. Nous considérons que ce n’est pas au législateur d’inscrire dans le marbre des «&nbsp;vérités&nbsp;» historiques. Pierre Vidal-Naquet dans le quotidien <em>Le Monde</em> avait fait observer&nbsp;une remarque pleine de bon sens : «&nbsp;<em>Est-ce que les Grecs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui vont décréter que leurs ancêtres les Hell</em><em>è</em><em>nes commettaient un crime contre l&rsquo;humanité car ils avaient des esclaves&nbsp;</em><em>?</em><em>&nbsp;</em>» Joseph Savès avait écrit&nbsp;: «&nbsp;<em>En stigmatisant l&rsquo;esclavage et la traite pratiqués par l&rsquo;ensemble des Européens et eux seuls, la loi Taubira racialise le phénom</em><em>è</em><em>ne et le réduit à une opposition entre Blancs d&rsquo;Europe et Noirs, au mépris de la vérité historique. Elle oublie tout simplement aussi que la plupart des Franç</em><em>ais de m</em><em>étropole n&rsquo;ont dans leur passé familial aucun rapport avec la traite atlantique&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La traite arabe a été la plus longue et la plus régulière des trois traites, ce qui explique qu&rsquo;elle fut la plus importante en nombre d&rsquo;individus asservis : 17 millions de personnes selon l&rsquo;historien Olivier Pétré-Grenouilleau, du VII<sup>ème</sup> siècle à 1920. Certains pays n&rsquo;ont adopté une législation interdisant l&rsquo;esclavage qu&rsquo;au XX<sup>ème</sup> siècle (Maroc, Irak, Arabie Saoudite, Mauritanie…).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/david-colon-la-propagande-est-fille-de-la-democratie/30/12/2019/">David Colon : « La propagande est fille de la démocratie »</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ceci étant dit, je confesse qu’avant de lire ce passionnant ouvrage, je me positionnais déjà contre le projet colonial. Sa lecture n’a fait que confirmer mes idées sur le sujet. Je rappelle qu’en France, il fut porté par la gauche républicaine et laïque. C’est souvent oublié, ignoré ou caché pour des raisons idéologiques. Mais il s‘agit d’un fait brut, historique et incontestable que Gildea a le mérite d’exposer librement et sans aucune réserve. Beaucoup connaissent la phrase que Jules Ferry prononça le 28 juillet 1885 à la tribune :&nbsp;«&nbsp;<em>Il faut dire ouvertement qu</em>’<em>en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures</em>&nbsp;»…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 6 avril 1943, en pleine Deuxième Guerre Mondiale, Churchill évoquant les relations internationales qui se développeront après ce conflit meurtrier prophétisa :&nbsp;«&nbsp;<em>Les empires du futur seront les empires de l’esprit&nbsp;</em>». Cette déclaration signifiait que le Premier Ministre du premier empire colonial au monde pensait sûrement que ce modèle dominants-dominés prendrait fin tôt ou tard. Effectivement, Churchill devait considérer, selon Gildea, que les futurs empires «&nbsp;<em>ne seraient plus des titans armés en guerre les uns contre les autres, mais plutôt des empires universels cohabitant dans la paix et l’harmonie</em>&nbsp;». En définitive, cette notion «&nbsp;<em>d’empires de l’esprit&nbsp;</em>» a de l’aveu même de l’auteur donné le titre du présent ouvrage.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/des-hommes-dhonneur-le-livre-de-vincent-haegele-qui-plonge-dans-la-france-dancien-regime/23/05/2020/">«Des hommes d’honneur» : le livre de Vincent Haegele qui plonge dans la France d’Ancien Régime</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Gildea énonce une théorie intéressante que nous relevons :&nbsp;«&nbsp;<em>Quoique protéiformes, les empires n’en prenaient généralement pas moins l’une des trois formes suivantes. Ils étaient soit commerciaux, soit coloniaux, soit territoriaux&nbsp;</em>». Dans le même ordre d’idée, l’auteur estime que «<em>&nbsp;l’empire ne fut jamais une réalité unique. Phénomène protéiforme, il fut improvisé avant même d’avoir été conçu comme un tout</em>&nbsp;». Nous notons également un trait révélateur des empires coloniaux : «&nbsp;<em>Il entraînait vers l’avant, mais on lui résistait et ainsi perdait-il du terrain. Plutôt que de se retirer quand il échouait sous une certaine forme, ou dans un domaine particulier, on le réinventait, on le rebâtissait à nouveau frais&nbsp;</em>».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, comme chacun sait, l’histoire nous transmet une seule leçon&nbsp;: les leçons de l’histoire ne sont jamais retenues. En partant de ce principe élémentaire, nous ne sommes guère surpris de lire le propos suivant :&nbsp;«<em>&nbsp;L’angoisse de tout perdre et la volonté de puissance et de prospérité étaient telles que les leçons de la défaite furent rarement apprises&nbsp;</em>». En définitive Gildea note que «&nbsp;<em>ce qui prédominait était plutôt la tendance à reproduire des formes du passé, aussi bien les pratiques que les institutions, et du même coup à prendre le risque de s’exposer de nouveau à la défaite</em>&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/litterature-rene-girard-promoteur-dune-science-des-rapports-humains/29/03/2020/">Littérature : René Girard, promoteur d’une science des rapports humains</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il est particulièrement utile que l’auteur revienne sur les mythes qui ont, selon lui, façonné l’esprit impérial à travers les âges :&nbsp;«&nbsp;<em>La mythologie impériale racontait comment des navigateurs intrépides et des investisseurs audacieux bâtirent des routes commerciales, comment des pionniers défrichèrent des plaines vierges pour les rendre fertiles, comment des administrateurs éclairés leur succédèrent et établirent au loin le gouvernement bienveillant de la Mère-Patrie&nbsp;</em>». Mais ici, nous ne suivrons pas en tout sa critique de ces «&nbsp;mythes&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le projet colonial fut certes contestable dès le départ parce qu’il reposait sur un certain eugénisme social ou un darwinisme assumé&nbsp;: nous le reconnaissons volontiers. Néanmoins, la colonisation ne fut pas que cela et heureusement. L’auteur n’évoque pas les routes, les écoles, les bâtiments publics, les hôpitaux, l’amélioration de l’alimentation, l’explosion de la démographie grâce aux progrès médicaux apportés par les colonisateurs. Par ailleurs, les habitants des anciens pays colonisés, malgré une rancune opiniâtre pour nombre d’entre eux envers les <em>anciens colons</em>, n’hésitent pas, comme chacun peut aisément le constater, à venir en masse en Europe pour profiter d’un confort de vie dont ils ne disposent pas dans leur propre pays «&nbsp;<em>libéré des</em> <em>chaînes du colonialisme</em>&nbsp;». Alors oui, on peut reprocher à juste titre, me semble-t-il, le fait que les deux empires aient maintenu des connexions parfois troubles avec leurs anciennes colonies, mais il convient aussi d’admettre que les descendants des colonisés mettent tout en œuvre pour maintenir un lien avec des pays qu’ils prétendent oppresseurs…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-temps-des-barbares-une-vertigineuse-odyssee/24/02/2020/">« Guérilla : le temps des barbares » : une vertigineuse odyssée</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">De fait, quand Gildea décrypte la question de l’immigration issue des anciens pays colonisés vers les métropoles, il semble oublier certains <em>aspects positifs</em> de la colonisation. Tout en prenant la défense de ces populations, il omet des réalités observables par tout le monde : délinquance, communautarisme, islamisation, racisme anti-blanc. Les torts sont partagés. Il n’est pas question ici de dire qui en a le plus. Cependant, tout mettre sur le dos des anciennes puissances coloniales me semble excessif et partisan.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Toutefois, il est vrai comme l’écrit Gildea que «&nbsp;<em>les colonies ne s’établissaient pas dans des terres vierges</em>&nbsp;», sauf à de très rares exceptions. Il poursuit : «&nbsp;<em>C’est par la force que le commerce était généralement imposé à des empires non européens récalcitrants ou à leurs vassaux. Et si les empires se plurent toujours à collaborer avec les souverains locaux et les chefs tribaux, les populations indigènes furent dans leur immense majorité systématiquement exclues de l’exercice du pouvoir, et durement opprimées quand elles revendiquaient d’y avoir part</em>&nbsp;». En son temps, Brennus avait dit «&nbsp;<em>Malheur aux vaincus&nbsp;</em>». Il faut également écrire &#8211; même si ce n’est pas le sujet du livre, et que l’auteur ne pouvait par conséquent pas en parler dans le cadre de cette étude &#8211; que les empires musulman ou chinois, par exemple, n’agirent pas autrement quand ils furent en position de dominer…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/guerilla-le-jour-ou-tout-sembrasa-un-scenario-realiste/11/01/2020/">« Guérilla : le jour où tout s’embrasa » : un scénario réaliste ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le colonialisme, en plus de provoquer des troubles dans des pays non européens, tout en y apportant certains bienfaits de <em>la civilisation, </em>fut également un motif de compétition guerrière en Europe. L’auteur note à ce propos le point suivant :&nbsp;«<em>&nbsp;Cette rivalité fut également un des principaux facteurs de déclenchement de la Première Guerre Mondiale, au moment où les empires britannique, français, belge, allemand, italien, russe étaient probablement à l’apogée de leur puissance</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il y a une certaine ironie dans cette relation contrariée relevée par Gildea :&nbsp;«&nbsp;<em>Les puissances impériales prétendaient combattre pour la liberté et la civilisation, les peuples colonisés qu’ils enrôlaient dans leurs armées par centaines de milliers ne tardaient pas à se revendiquer de la même cause</em>&nbsp;». Ainsi, des incompréhensions et des rancœurs naîtront entre les deux parties à cause de cette incohérence fondamentale. En effet, on ne peut pas demander à un individu de se battre pour la liberté d’autrui sans que celui-ci ne veuille se battre pour la sienne. Les combattants des pays colonisés finirent aussi par rêver de <em>libération </em>pour les leurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/contre-macron-le-livre-de-juan-branco-qui-denonce-le-macronisme/20/04/2020/">«Contre Macron» : le livre de Juan Branco qui dénonce le macronisme</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le souci est que, même après la décolonisation officielle, une nouvelle forme de colonisation naquit car «&nbsp;<em>les leviers de la puissance économique et militaire restèrent aux mains des anciens empires&nbsp;</em>» en dépit de la catastrophe économique, industrielle et politique provoquée par la guerre de 1939-1945. En conséquence, beaucoup parlèrent de «&nbsp;<em>néo-colonialisme</em>&nbsp;». En définitive, la deuxième déflagration mondiale fut tout de même un accélérateur de l’Histoire, car les empires coloniaux se sont retrouvés affaiblis sur les plans militaire, économique et diplomatique ce qui permit les luttes pour les indépendances.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans cette étude passionnante, l’auteur explore des sujets variés mais tous intimement liés entre eux : colonisation, décolonisation, néo-colonialisme, immigration, fracture sociale, identité nationale, etc. Les explications sur l’esprit colonial sont vraiment intéressantes. Nous n’approuvons pas toutes les idées personnelles exprimées par Gildea ou certains de ses regards historiques, mais ils ont le grand mérite de soulever de nombreux débats et de poser des questions pertinentes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/blanche-de-castille-une-reine-qui-figure-parmi-les-plus-illustres-femmes-de-pouvoir/13/12/2019/">Blanche de Castille : une reine qui figure parmi les plus illustres femmes de pouvoir</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Paradoxe de l’Histoire, les personnalités réclamant l’indépendance furent formées dans les écoles de la métropole. On peut même légitiment se poser cette question : Mohandas Karamchand Gandhi, sans ses études de droit en Angleterre et la fréquentation de la société britannique, aurait-il eu la carrière politique que tout le monde connaît ? Nous relevons une autre ironie : les intellectuels et les combattants dénonçant l’impérialisme et le colonialisme en ont appelé aux valeurs occidentales d’auto-détermination, de libéralisme, de démocratie pour justifier leurs combats et motiver leur opposition à la domination européenne. Napoléon avait dit : «<em>&nbsp;Il n&rsquo;y a que deux puissances au monde, le sabre et l&rsquo;esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit</em>&nbsp;». Finalement, à l’aune de l’exemple du Père de la Nation indienne et de tant d’autres chefs anti-impérialistes, <em>l’esprit impérial</em> ne finit-il pas par toujours l’emporter ?</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_3166" aria-describedby="caption-attachment-3166" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-3166 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?resize=640%2C972&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="972" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?resize=674%2C1024&amp;ssl=1 674w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2020/06/ftpimgresize.jpg?w=711&amp;ssl=1 711w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-3166" class="wp-caption-text">L&rsquo;Esprit impérial : Passé colonial et politiques du présent &#8211; Robert Gildea &#8211; Éditions Passés composés &#8211; 2020.</figcaption></figure></p>
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		<title>Angleterre : un ancien combattant de 99 ans collecte 15 millions d&#8217;euros pour les hôpitaux</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/actualites/angleterre-un-ancien-combattant-de-99-ans-collecte-15-millions-deuros-pour-les-hopitaux/17/04/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billet de France]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2020 10:03:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Ancien combattant]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Moore]]></category>
		<category><![CDATA[Vétéran]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un vétéran britannique de la Seconde Guerre mondiale parcourt des longueurs dans son jardin pour...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/actualites/angleterre-un-ancien-combattant-de-99-ans-collecte-15-millions-deuros-pour-les-hopitaux/17/04/2020/">Angleterre : un ancien combattant de 99 ans collecte 15 millions d&rsquo;euros pour les hôpitaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #000000;"><strong>Un vétéran britannique de la Seconde Guerre mondiale parcourt des longueurs dans son jardin pour collecter des fonds au profit du personnel soignant.</strong></span></h4>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il est la star des réseaux sociaux anglais. Un ancien combattant de 99 ans, le <a href="https://twitter.com/captaintommoore">capitaine Tom Moore</a> a décidé de faire des longueurs dans son jardin aidé par son déambulateur pour collecter des fonds destinés au corps médical en lutte contre le coronavirus. « <em>Pour tous ceux qui souffrent en ce moment : le soleil va briller de nouveau et les nuages vont partir</em> » a déclaré l&rsquo;ancien officier. La cagnotte s&rsquo;élève à 15 millions d&rsquo;euros au 16 avril.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true">
<p lang="en" dir="ltr">99-year-old veteran raises $15 million to help U.K. health service fight coronavirus.</p>
<p>Capt. Tom Moore set himself the target of walking 100 laps of his garden in England before his 100th birthday on April 30. <a href="https://t.co/BJXYPj5DHu">pic.twitter.com/BJXYPj5DHu</a></p>
<p>&mdash; NBC News (@NBCNews) <a href="https://twitter.com/NBCNews/status/1250735756072701952?ref_src=twsrc%5Etfw">April 16, 2020</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000;"><strong>Un soutien royal</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000;">Une initiative soutenue par le prince William et sa femme, la duchesse de Cambridge qui ont contribué à cette cagnotte en versant un montant tenu secret. Le couple royal lui a même envoyé un message de soutien pour le remercier. « <em>C&rsquo;est merveilleux que tout le monde ait été inspiré par son histoire</em> ». Autant dire que le vieil homme est ravi du soutien. « <em>Ce qui est incroyable, c&rsquo;est que mon super prince puisse dire quelque chose comme cela</em> » a-t-il répondu.&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true">
<p lang="en" dir="ltr">We sent <a href="https://twitter.com/hashtag/CaptainTomMoore?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#CaptainTomMoore</a> a special message from the Duke and Duchess of Cambridge. 🥰 Watch his reaction below&#8230;⤵️<a href="https://twitter.com/KensingtonRoyal?ref_src=twsrc%5Etfw">@KensingtonRoyal</a> <a href="https://twitter.com/captaintommoore?ref_src=twsrc%5Etfw">@captaintommoore</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/WalkWithTom?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#WalkWithTom</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/BBCBreakfast?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#BBCBreakfast</a><br />More here: <a href="https://t.co/wy1ixmuA2E">https://t.co/wy1ixmuA2E</a> <a href="https://t.co/U2oPdwbZA7">pic.twitter.com/U2oPdwbZA7</a></p>
<p>&mdash; BBC Breakfast (@BBCBreakfast) <a href="https://twitter.com/BBCBreakfast/status/1251029611942739968?ref_src=twsrc%5Etfw">April 17, 2020</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/actualites/angleterre-un-ancien-combattant-de-99-ans-collecte-15-millions-deuros-pour-les-hopitaux/17/04/2020/">Angleterre : un ancien combattant de 99 ans collecte 15 millions d&rsquo;euros pour les hôpitaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>Élisabeth II : décryptage de l&#8217;allocution d’une reine qui parle à son peuple</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/elisabeth-ii-decryptage-de-lallocution-dune-reine-qui-parle-a-son-peuple/07/04/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2020 16:50:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[Élisabeth II]]></category>
		<category><![CDATA[Reine]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume-Uni]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/04/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/elisabeth-ii-decryptage-de-lallocution-dune-reine-qui-parle-a-son-peuple/07/04/2020/">Élisabeth II : décryptage de l&rsquo;allocution d’une reine qui parle à son peuple</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Reine du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth depuis soixante-huit ans et deux mois aujourd’hui, la Reine Élisabeth II s’est adressée dimanche 5 avril à son peuple lors d’une allocution pour le moins extraordinaire, la cinquième de son règne.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Se positionnant aujourd’hui à la huitième place des pays les plus touchés par le coronavirus avec plus de 51 000 cas confirmés et plus de 6 200 décès, le Royaume-Uni a dépassé pour la première fois le 1<sup>er</sup> avril le seuil des 500 morts en vingt-quatre heures. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une prise de parole exceptionnelle dans un contexte exceptionnel</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Testé positif au coronavirus il y a dix jours, le Premier Ministre britannique a été admis à l’hôpital Saint Thomas de Londres vers 20h ce dimanche, par « <em>mesure de précaution</em> » selon la formule utilisée par la communication du 10, Downing Street. Placé sous assistance respiratoire, Boris Johnson, âgé de cinquante-cinq ans, s’était néanmoins rendu à l’hôpital sans ambulance et sans passer la porte des urgences, comme le rapportait le Times. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les nouveaux examens subis par le chef du parti conservateur lundi ont été moins rassurants : il a été transféré en soins intensifs dans la soirée et placé sous oxygène, sans toutefois bénéficier de l’aide d’un respirateur, comme l’a confirmé ce matin Michael Gove, le ministre d’Etat au Bureau du Cabinet. Boris Johnson a d’ailleurs été remplacé par le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab ce lundi lors de la réunion quotidienne à Downing Street à propos du coronavirus. Le chef du gouvernement a ensuite nommé ce dernier pour le remplacer jusqu’à une date non-définie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI→ <a href="https://www.billetdefrance.fr/idees-de-sorties/patrimoine-les-10-chateaux-a-visiter-pres-de-paris-apres-le-confinement/05/04/2020/">Patrimoine : les 10 châteaux à visiter près de Paris après le confinement</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au sein de la famille royale, le prince Charles a été testé positif le 25 mars dernier mais «<em> reste en bonne santé </em>», selon Clarence House. Âgé de 71 ans et donc des plus vulnérables, l’héritier de la couronne britannique s’est retiré en Ecosse avec son épouse la duchesse de Cornouailles, qui n’est pas atteinte. Le palais de Buckingham assure que le prince Charles n’a pas vu sa mère depuis le 12 mars, soit, compte tenu de la période d’incubation du virus, une époque où il ne pouvait être contagieux. La Reine Élisabeth II s’est retirée depuis le 19 mars à l’ouest de Londres, dans son château de Windsor, aux côtés de son époux le prince Philip.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>20h, the Queen is speaking</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est vingt heures ce dimanche 5 avril lorsque les micros de la BBC s’éteignent et laissent place à quatre minutes et trente secondes d’adresse de la Reine. Deux mots : « The Queen » et un décor, Windsor Castle, marquent avec solennité le début d’une allocution face-caméra de la Reine Élisabeth II. Vêtue de vert, portant un collier de perles et une discrète broche de diamants, la Reine a choisi, chose très rare, de ne pas positionner d’images de la famille royale en arrière-plan, marquant ainsi la solennité du moment.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/masques-de-la-peste-au-coronavirus-une-histoire-de-protection/01/04/2020/">Masques : de la peste au coronavirus, une histoire de protection</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette allocution est la cinquième d’un long règne, commencé en 1953 et marqué par de nombreux événements, que la Reine commentera rarement. A cinq reprises donc, la Reine choisira de s’exprimer : elle le fera pour la première fois le 24 février 1991 lors du déclenchement de l’opération « Tempête du désert » dans le cadre de la première Guerre du Golfe. S’ensuivent deux interventions plus funestes, l’une le 3 août 1997 au sujet du décès tragique de la princesse Diana sous le Pont de l’Alma, l’autre pour évoquer les disparitions successives de la princesse Margaret et de la Reine Mère Élisabeth Bowes-Lyon décédée le 8 avril 2002 à l’âge de cent-un ans. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Enfin, sa dernière apparition en date face à la caméra sera le 5 juin 2012, l’occasion de fédérer ses sujets autour de la commémoration de ses soixante-ans de règne. En prenant la parole en 1991, Élisabeth II décrivait en une minute sa fierté vis-à-vis des troupes britanniques, elle faisait taire les critiques et dissociait la peine d’une reine et celle d’une grand-mère le 5 septembre 1997, elle dressait avec émotion le portait d’une reine du XXème siècle en 2002 et remerciait en 2012 « <em>les innombrables gestes de bonté qui </em>[lui]<em> ont été montrés dans ce pays et dans tout le Commonwealth</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/patrimoine/vaux-le-vicomte-le-comte-patrice-de-vogue-sest-eteint-a-lage-de-91-ans/24/03/2020/">Vaux-le-Vicomte : le comte Patrice de Vogüé s’est éteint à l’âge de 91 ans</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En ce début d’avril 2020, la White Drawing Room de Windsor Castle prend une allure encore une fois différente.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>« <em>Je m&rsquo;adresse à vous en cette période difficile</em> »</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Droite, le regard fixe, la voix ferme mais apaisée, un débit vocal millimétré, une reine s’adresse à son peuple. Seize royaumes, cinquante-trois pays, plusieurs dizaines de millions de téléspectateurs répartis sur les cinq continents sont à l’écoute et attendent la prise de parole de la mère de la nation au sujet de la plus grande crise que traverse le royaume depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette situation est pleinement comprise par la souveraine qui, en rappelant son allocution à la radio en 1940, dans laquelle elle se voulait déjà rassurante pour les enfants de Londres quittant la ville, prononce aujourd’hui un discours au ton grave mais empli d’espoir, empreint des accents de son père le Roi Georges VI au début de la Seconde Guerre mondiale. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme en 1940, le ton est à l’unité : de nombreuses images du personnel hospitalier, de militaires, d’ouvriers construisant des espaces de soins, de citoyens applaudissant la mère patrie à leur balcon envahissent les écrans pour couvrir l’espace d’un instant la figure maternelle de la souveraine. « <em>Je veux vous rassurer et vous dire que si nous restons unis et résolus, nous surmonterons</em> [cette crise] » a-t-elle déclarée, s’imposant ainsi comme la protectrice d’un peuple divisé quant à l’approche de la crise par le Premier ministre. Confiante, la Reine, après avoir incité les britanniques à suivre les consignes de sécurité de moins en moins respectées à Londres à l’approche des beaux jours, s’est exclamée : « <em>We will meet again</em> ! ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un discours à l&rsquo;audience révélatrice</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De toute évidence, les britanniques ont massivement écouté leur reine ce dimanche, soit une audience de près de vingt-quatre millions de téléspectateurs outre-Manche selon la BBC. Le poids d’une allocution royale est significatif : si la Reine voit son discours d’ouverture du Parlement rédigé par son Premier ministre chaque année, elle réalise lors de cette crise une audience comparable à celle de Boris Johnson le 23 mars dernier, qui rassemblait près de vingt-sept millions de téléspectateurs paniqués par la propagation du virus. L’importance d’une prise de parole à Windsor Castle est donc encore conséquente en Grande-Bretagne : elle rassemble et insuffle l’espoir, à défaut d’avoir une quelconque incidence sur la manière pratique d’aborder la crise. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Certains diront que cela révèle un manque de souveraineté de la Couronne, sans pour autant réduire au folklore. Pourtant, n’est-ce pas là le rôle de la Reine à proprement parler ? Chef de l’Etat bienveillant, couronné, chef de l’Eglise anglicane, la Reine n’est-elle pas en réalité au cœur du pouvoir, celui ô combien important de sécher les larmes d’un peuple dirigé par des hommes et des femmes qui passent ? Si Downing Street n’héberge que des locataires, la Reine, elle reste intemporelle, et avec elle une nation toute entière. « <em>Ceux qui nous succèderont diront que les britanniques de cette génération étaient aussi forts que les autres</em> » a-t-elle déclaré, s’inscrivant ainsi dans la continuité d’un ordre établi et destiné à subsister.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/coronavirus-dans-ladversite-devenez-quelquun-de-meilleur/16/03/2020/">Coronavirus : dans l’adversité devenez quelqu’un de meilleur</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La presse française parle de l’« effet Élisabeth II ». Cette allocution n’y a pas échappé. Tous les médias français ont annoncé l’événement. Quid alors des autres chefs d’état européens ? Nos chaînes ont-elles interrompu leurs programmes pour retransmettre leurs discours à propos du coronavirus ? A l’heure où l’Europe semble ne plus être aussi solide et solidaire que prévu, deux millions trente-cinq milles français, soit plus de 8,5 % du public, se sont raccrochés à l’espoir de leurs meilleurs ennemis !</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En France, le monopole de l’espoir est disputé mais ne fait visiblement pas vivre le peuple. Le 12 mars à 20h, Emmanuel Macron est regardé par vingt-quatre millions huit cent mille téléspectateurs, un record. Le chef de l’Etat est aussitôt critiqué et accusé de tous bords de mauvaise gestion, drôle d’incarnation de la continuité de l’Etat que celui qui divise !</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Reine Élisabeth II n’a pas de réélection à envisager, seulement un peuple à consoler.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">God save the Queen!</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>«Perfide Albion» : petite histoire de nos meilleurs ennemis</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/histoire/petite-histoire-de-nos-meilleurs-ennemis-la-perfide-albion/28/05/2019/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Baptiste Ramat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2019 15:59:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/05/2019</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/petite-histoire-de-nos-meilleurs-ennemis-la-perfide-albion/28/05/2019/">«Perfide Albion» : petite histoire de nos meilleurs ennemis</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le Royaume-Uni, parfois surnommé « Perfide Albion », a toujours adopté une politique de retrait vis-à-vis du continent européen.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les cris retentissent dans le crépuscule, le sang gicle sur l’herbe humide de la plaine, la bataille fait rage depuis l’aube. Les deux armées atteignent leurs limites, les hommes sont épuisés, ils piétinent les corps refroidis de leurs camarades et adversaires. La boucherie atteint un <em>statu quo</em>, aucun des deux camps n’arrive à prendre un avantage définitif.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Soudain la nouvelle tombe : Harold Godwinson est mort, transpercé d’une flèche en pleine tête. Elle se répand comme une trainée de poudre dans les rangs anglais. C’est la panique ! L’armée Saxonne se désorganise et finit d’être massacrée par les envahisseurs d’outre-Manche. Les deux frères du roi ont été tués plus tôt dans la journée, la lignée des Godwinson ne survivra pas à la fin du siècle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/bernard-cabiro-portrait-dun-ancien-combattant-de-la-legion-etrangere/02/06/2020/">Bernard Cabiro : portrait d’un ancien combattant de la Légion étrangère</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Guillaume, le Duc de Normandie, observe le champ de bataille d’un air satisfait. L’Angleterre est désormais à lui, et il le sait. Pour ses contemporains il ne sera plus jamais Guillaume « Le Bâtard », mais bien Guillaume « Le Conquérant », premier roi normand d’Angleterre.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En ce 14 octobre 1066, Guillaume de Normandie sort victorieux de la bataille d’Hastings, mettant fin à la domination des rois saxons sur l’Angleterre, la <strong>« </strong>Perfide Albion <strong>»</strong>, et inaugurant pour le pays une période Normande de plus de trois siècles. Les conséquences de la Conquête sont incommensurables : posant les prémices de la Guerre de Cent ans, la modification du droit anglais sur le modèle normand, entraînant de fait l’entrée du royaume d’Angleterre sur la scène européenne, puis sa mise à l’écart bien des siècles plus tard.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/ignace-semmelweis-le-premier-medecin-a-imposer-le-lavage-des-mains/19/05/2020/">Ignace Semmelweis, le premier médecin à imposer le lavage des mains</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré sa volonté affichée d’interférer dans les affaires continentales, l’Angleterre s’est toujours vue moquée ou regardée avec méfiance, en a découlé un esprit très indépendant du peuple anglais. De fait, si les Saxons lors de l’Âge d’Or Britannique ont eu la maîtrise des océans, la <strong>« </strong>Perfide Albion <strong>»</strong> n&rsquo;a jamais réussi à prendre pied de manière définitive sur le continent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’Empire Plantagenet et la Guerre de Cent ans</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cet « empire » se forma par l’intelligence tactique et politique d’Henri II Plantagenet, descendant de Guillaume le Conquérant. Ce dernier naquit en 1133, fils de Geoffroy V comte d’Anjou et du Maine, et surtout Duc de Normandie (intégré au royaume Anglais). En 1151, à la mort de son père, Henri hérite d’un puissant territoire en Europe continentale, mais sa rivalité avec le roi de France Louis VII « Le Pieux » le pousse à chercher de nouvelles opportunités. Par son ascendance, il dispose d’une revendication légitime sur la couronne d’Angleterre, qui est tenue par Etienne de Blois, l’un de ses cousins également descendant du Conquérant. Le règne d’Etienne se passe mal, il n’arrive pas à affirmer son autorité sur les nobles anglo-normands, de plus la famine et les bandits ravagent le pays, achevant d’établir sa réputation de mauvais gouvernant. Henri, soutenu par les barons, décide de tenter sa chance et déclare la guerre à Etienne en intervenant dans la guerre civile anglaise (1135-1154).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/forteresse-de-saint-vidal-un-puy-du-fou-a-lauvergnate/09/05/2020/">Forteresse de Saint-Vidal : un Puy du Fou à l’auvergnate</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1153 la paix est signée avec le traité de Wallingford, où Etienne est contraint de reconnaitre Henri comme un potentiel successeur en l’adoptant. Coup de chance pour le Plantagenet, le fils biologique du roi, Eustache, vient de mourir. Son autre fils, Guillaume, ne s’intéresse guère au royaume, laissant Henri comme seul héritier. Le 25 octobre 1154, Etienne rend son dernier soupir, Henri est couronné roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II. Entre temps, en 1152, Henri avait subtilement manœuvré pour épouser Aliénor d’Aquitaine, le « meilleur parti du royaume » selon les chroniqueurs de l’époque. Ce mariage apporta à la <strong>« </strong>Perfide Albion <strong>»</strong> encore un peu plus la haine du roi de France Louis VII, qui était l’époux précédent de la demoiselle, mais surtout apporta aux Plantagenet l’immense duché d’Aquitaine allant de l’Auvergne au Poitou en passant par la Gascogne. Ce fut un cataclysme pour le royaume de France, qui perdit presque la moitié de son territoire au profit de la couronne anglaise.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/le-siege-de-lyon-en-1793-la-resistance-heroique-des-lyonnais/28/04/2020/">Le siège de Lyon en 1793 : la résistance héroïque des Lyonnais</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Bien des années plus tard, en 1328, le roi d’Angleterre Edouard III revendique la couronne de France. Petit-fils de Philippe IV le Bel, c’est son bon droit puisque quelques années auparavant Louis X de France est mort sans héritier mâle. Cependant la noblesse française refuse de voir le roi d’Outre-Manche monter sur le trône, cela signifierait l’union des deux couronnes, et donc une perte de puissance de cette même noblesse. L’accroissement démographique et le manque de terres cultivables dans les Îles poussent Edouard III à déclarer la guerre au roi de France Philippe VI. C’est le début de la guerre de Cent Ans.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Fin de la Guerre de Cent Ans et période Moderne</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’Angleterre dominera jusqu’en 1429, année où Jeanne d’Arc fera son apparition et arrivera à reprendre les trois quarts des territoires anglais en France. Ne subsisteront que la Normandie et la Guyenne (petit reste du duché d’Aquitaine) qui seront respectivement reconquises avec les batailles de Formigny (1450) et de Castillon (1453), boutant définitivement les Anglais hors de France. Après 1450, la couronne d’Angleterre continuera à revendiquer le trône de France et le duché de Normandie (jusqu’en 1801), alors que les descendants de Guillaume et des Plantagenet se sont depuis longtemps éteints. Cependant, malgré ces revendications d’usage, l’Angleterre (à partir des Tudors &#8211; 1485) se refermera de plus en plus sur elle-même, concentrant ses efforts à la conquête des Îles Britanniques (Ecosse, Irlande, Pays de Galles) et non plus du continent.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/art/a-la-decouverte-de-3-grands-joailliers-oublies/22/04/2020/">Histoire de l’art : partez à la découverte de 3 grands joailliers oubliés</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le divorce définitif de la <strong>« </strong>Perfide Albion <strong>»</strong> avec l’Europe est très certainement l’acte d’Henri VIII Tudor (1509-1547) de se proclamer chef de l’Église anglaise, créant l’Anglicanisme, en rompant avec le Pape pour épouser sa maitresse Anne Boleyn. Isolé politiquement et religieusement, restant de marbre pendant les Guerres de Religion (XVIe – XVIIIe) qui déchirent le continent, le royaume va se tourner vers l’Outre-Mer, et construire au fil des années l’une des plus puissantes marines de l’Histoire, la Royal Navy. Enfin, quand l’Europe continentale connaîtra des empires terrestres, l’Angleterre misera tout sur ses colonies, c’est d’ailleurs l’une des raisons de la défaite de la France lors de la Guerre de Sept ans (1754 – 1763).</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour finir, retenons Winston Churchill parlant à De Gaulle en pleine Seconde Guerre Mondiale : « Sachez-le, Général ! Chaque fois qu&rsquo;il nous faudra choisir entre l&rsquo;Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large ! ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Obwandiyag : un rebelle amérindien pour la France</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 May 2019 13:32:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Amérindiens]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
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		<category><![CDATA[Pontiac]]></category>
		<category><![CDATA[Révolte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 04/05/2019</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/obwandiyag-un-rebelle-amerindien-pour-la-france/04/05/2019/">Obwandiyag : un rebelle amérindien pour la France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Personnage de premier plan dans l’histoire de l’Amérique du Nord, Pontiac de son vrai nom Obwandiyag, est un chef amérindien de la tribu des Outaouais de Détroit ayant pris les armes, au profit de la France, pour la défense de la Nouvelle-France contre l’occupant anglais.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né autour de l’année 1714 probablement dans un village de la tribu des Outaouais (nul ne connaît la date et l’endroit exact de sa naissance), la première partie de la vie d’Obwandiyag est peu connue et demeure encore aujourd’hui un mystère. Grâce à ses talents de stratège et de communicant, il devient le chef des Ottawas et chef suprême de la confédération des Algonquins des Grands Lacs (actuel nord-est des États-Unis). Bien qu’ayant participé à de nombreuses batailles contre les Anglais au côté de la France, ce n’est qu’au départ de ceux-ci qu’il apparaît réellement sur le devant de la scène.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une situation révolutionnaire</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A cette époque, la France est en guerre contre son ennemi héréditaire, l’Angleterre, sur la partie Est des Amériques (guerre de la Conquête) donnant lieu à la guerre de sept ans (première « guerre mondiale ») puis au Traité de Paris en 1763. Suite à la défaite, le royaume de Louis XV cède la Nouvelle-France, premier empire colonial Français, aux Britanniques. Privilégiant une approche diplomatique, la France avait noué des liens très étroits avec ces peuples des Grands Lacs aussi bien culturels, certains apprenant les langues et coutumes des autochtones voire se mariant avec eux, qu’économique comme le commerce des fourrures. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/paul-emile-victor-portrait-dun-explorateur-polaire/04/06/2019/">Paul-Émile Victor : portrait d’un explorateur polaire</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La politique du nouvel occupant change la donne et tend à considérer les Amérindiens comme un peuple soumis. Les Anglais traitent ainsi leur ancien ennemi avec mépris et arrogance, dictent leurs règles commerciales et s’installent sur leur terre, au plus grand bonheur des spéculateurs fonciers, ce qui n’est pas au goût des nouveaux colonisés.</span></p>
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<p><figure id="attachment_820" aria-describedby="caption-attachment-820" style="width: 550px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-820" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/05/63LhDiN8kRfjPoYll8gdi7C6POk%40550x370.jpg?resize=550%2C370&#038;ssl=1" alt="" width="550" height="370" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/05/63LhDiN8kRfjPoYll8gdi7C6POk%40550x370.jpg?w=550&amp;ssl=1 550w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2019/05/63LhDiN8kRfjPoYll8gdi7C6POk%40550x370.jpg?resize=300%2C202&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 550px) 100vw, 550px" /><figcaption id="caption-attachment-820" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Obwandiyag appelle à la révolte contre les Anglais lors d&rsquo;un conseil de 1763.</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le soulèvement</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Obwandiyag, inspiré par les paroles du prophète Néolin – « <em>Si vous accueillez les Britanniques, vous n&rsquo;êtes pas mieux que morts. Les maladies, la variole et leur poison vous anéantiront</em> » – organise la résistance. Cet homme grand, fort et tatoué selon les traditions Outaouaise, comprit que le danger principal ne venait pas de la France mais de l’Angleterre. Dans cette perspective, Obwandiyag crée une coalition et appelle les tribus autochtones à chasser l’Anglais, ne cessant de s’étendre sur leur territoire, et à faire revenir les Français.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/jean-giono-portrait-dun-voyageur-immobile/04/07/2019/">Jean Giono : le voyageur immobile</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Remportant toute une série de victoires à partir de 1963, il écrase les britanniques dans la région des Grands Lacs et de la vallée de l’Ohio, capture des navires, intercepte des renforts anglais… L’attaque est fulgurante. Sur dix forts anglais, huit sont pris tandis que les deux autres sont assiégés. Profitant de l’effet de surprise, les Amérindiens gagnent l’ensemble des premières batailles poussant d’autres tribus à rejoindre la révolte.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une désintégration</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré les demandes insistantes des chefs rebelles amérindiens ne pouvant gagner sans eux, l’aide des Français ne vient pas, ces derniers invoquant le Traité de Paris de 1763. La guerre s’enlise. Les combats suivants tournent aux affrontements sanglants où massacres, captures et nettoyages ethniques dans les deux camps deviennent la règle. Pour les Britanniques, tous les moyens sont bons pour repousser ces rebelles, quitte à introduire certaines maladies comme la petite vérole à travers des couvertures infestées remises en guise de cadeaux lors de pourparlers.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/louis-bleriot-portrait-dun-pionnier-de-laviation/04/08/2019/">Louis Blériot : portrait d’un pionnier de l’aviation</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une première dans la guerre biologique. Les renforts Français ne venant pas, l’épuisement, les maladies sont autant de raisons qui épuisent la révolte et entraînent petit à petit une désintégration de l’alliance amérindienne. Après deux années de négociation, une paix est finalement trouvée en 1766. Quelques années après, le 20 avril 1769, le grand chef Obwandiyag est assassiné dans la ville de Cahokia par un jeune guerrier amérindien l’assommant avant de le poignarder. Il sera par la suite enterré sur les rives du Mississipi avec les honneurs militaires dus à son rang par des troupes françaises, commandées par le capitaine Louis Saint-Ange de Bellerive.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un symbole</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Bien qu’il soit coutume de dire que sa rébellion fut un échec, celle-ci a permis de démontrer aux nouveaux colons que les autochtones étaient encore maîtres de leur terre et souhaitaient le rester. C’est dans cette perspective qu’avant même le point culminant de la guerre, le roi Georges III prononcera la proclamation royale de 1763, affirmant les droits illimités des Amérindiens sur leurs terres et interdisant toute nouvelle colonisation au-delà des Appalaches (chaîne de montagnes à l’Ouest des treize colonies délimitant le territoire avec les Amérindiens).</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/romain-gary-portrait-dun-auteur-double-gagnant-du-prix-goncourt/04/09/2019/">Romain Gary : portrait d’un auteur double gagnant du prix Goncourt</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette mesure rendra furieux les marchands et spéculateurs fonciers et sera à l’origine de la révolution américaine quelques années après. La guerre d’Obwandiyag et son assassinat marquent le début de la légende de ce visionnaire voyant déjà les problèmes dont seront confrontés les Premières Nations pendant les premières générations, en particulier l’occupation de leurs terres. Ses successeurs le prendront pour modèle dans leur lutte contre la domination anglaise.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> « <em>La conquête des forts français ne donnait pas à l&rsquo;Angleterre le droit de posséder le territoire et de le coloniser à leur guise. Les Français étaient venus vivre parmi les Amérindiens en frères et non pas en seigneurs. La France ne nous a jamais conquis et nous a jamais acheté nos terres</em> ». &#8211; Obwandiyag</span></p>
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