La Ligue arabe est une organisation régionale fondée le 22 mars 1945 au Caire par six pays et compte en 2015 vingt-deux États membres.

Le 31e sommet de la ligue arabe s’est tenu les 1er et 2 novembre 2022. Alors que celui-ci devait symboliser le retour en force de la diplomatie algérienne, celui-ci a manqué ses objectif en raison de l’absence de nombreux poids lourds dont le roi du Maroc au dernier moment. Comment expliquer cet échec ?

 

Grâce à ce sommet, l’Algérie voulait « unifier les rangs arabes ». L’appel est resté lettre morte, compte tenu des nombreuses défections. Mise à part l’Égypte, les chefs d’États des principales puissances du monde arabe n’étaient pas présents à Alger. Ainsi, ni le Roi Abdallah II de Jordanie, ni l’émir du Koweït, ni le Sultan d’Oman, ni le président des Emirats arabes unis, ni le roi de Bahreïn n’y ont participé. Quant au Roi du Maroc, Mohammed VI, il s’est aussi désisté au dernier moment.

Le désistement de près de la moitié des membres de la Ligue proviendrait, en partie, des divergences de vues autour de la posture à adopter vis-à-vis d’Israël. De fait, une partie du monde arabe, dont les Émirats arabes unis, le Maroc, Bahreïn et le Soudan, ont normalisé leurs relations avec l’État Hébreu. Une situation formalisée par les accords d’Abraham, signés sous l’égide des États-Unis en 2020. Une posture critiquée par l’Algérie.

 

L’Algérie, un catalyseur de tensions ?

Si les dissensions autour du conflit israélo-palestinien constituent bien un point de divergence au sein de la ligue arabe, elles ne suffisent pas à expliquer l’échec du sommet. La politique étrangère d’Alger en est également responsable. Le rapprochement diplomatique opéré depuis 2021, entre l’Algérie et l’Iran, a ainsi contribué au rafraîchissement des relations : notamment avec des pays du golfe comme l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis. Rivaux de Téhéran, ceux-ci s’opposent à l’action iranienne au Yémen, un pays arabe. Sans compter les contentieux territoriaux entre Téhéran et Abou Dhabi. Autre facteur de désaccords : la volonté initiale de l’Algérie d’inclure la Syrie, exclue de la ligue Arabe, au sommet.

La nouvelle proximité entre Alger et Téhéran aurait aussi débouché sur une aide militaire iranienne au front Polisario. Un mouvement indépendantiste situé dans la région marocaine du Sahara occidental, et de longue date soutenu par l’Algérie. Un écueil critique dans les relations entre le Maroc et l’Algérie. Les deux pays, rivaux, avaient suspendu leurs relations diplomatiques en août 2021.

L’Iran aurait surtout fourni des drones aux combattants du front Polisario. Un point qu’avait d’ailleurs voulu soulever, le 29 octobre, la délégation marocaine lors d’une réunion préparatoire du sommet. Ignorée, et cible, selon des sources de presse, de plusieurs provocations de l’Algérie, la délégation de Rabat aurait fini par claquer la porte. Deux jours plus tard, le Roi Mohammed VI annonçait qu’il ne se déplacerait pas à l’événement. Selon Rabat, Alger se montre toujours aussi vindicative sur le dossier du Sahara occidental. Ce qui ne plaide pas pour la volonté de l’Algérie de parvenir à la pacification des relations entre les deux pays.

Le soutien d’Alger aux indépendantistes sahraouis crispe aussi les relations avec la France et ses alliés de la « coalition pour le Sahel », dont la Mauritanie. Le mouvement fait régulièrement l’objet d’accusations pour ses liens avec les groupes armés terroristes de la sous-région. L’Algérie paye autant son isolationnisme passé que ses choix diplomatiques récents. Malgré sa volonté de rassembler, Alger a fait l’expérience, une fois de plus, de son isolement.

 


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